Un autre petit chapitre qui nous amène un jour ou l'autre, vers la fin.
Merci pour vos nombreux commentaires ! Vous m'avez rassurée quant à mes propos un peu plus osés...
Mais Je réitère tout de même mon avertissement concernant le sujet un peu plus adulte de ce chapitre. J'espère ne pas offusquer personne !
Aryis : Merci pour ton encouragement ! Tu as raison, on a envie de voir nos amoureux...amoureux !
Valdel : Merci ! :)
Caliste : Belle hypothèse ! à voir bientôt !
Gwen Who : Merci pour ton commentaire et bien contente de ne pas t'avoir offusqué (e)!
Guest : Merci pour ton commentaire !
Guest :Super merci! contente de ne pas avoir été trop loin !
Ehlilou : Merci pour tes encouragements ! nous aurons bientôt des réponses concernant Lydia, Mr Bennet...les choses avanceront très bientôt :)
Darcy marchait en rond dans le salon de Bingley
-Mais que pourrais-je faire, Bingley ? Je ne pourrai pas attendre encore quatre mois. Mr Bennet m'épuisera par des voyages harassants …et…
Darcy se tut en tournant le dos à Charles. Il ne pourrait certainement avouer à son ami, son combat contre l'impudicité. Élizabeth était si généreuse avec lui et ne le privait d'aucun rapprochement, qu'il lui était difficile d'attendre un seul jour de plus. Son esprit s'était appliqué dernièrement -contre son gré- à trouver des stratagèmes afin de se retrouver seul avec Élizabeth. Il avait besoin d'examiner le corps de sa fiancée un peu plus attentivement et plus intimement. Les chaines qui l'empêchaient de déferler son affection sur elle, comportait de nombreuses failles.
-Je commence à bien connaitre Mr Bennet. J'ai bu avec lui, discuté avec lui. Et je sais que Miss Élizabeth est sa fille préférée. Cet homme a des idées bien arrêtées. Peut-être voit-il la séparation trop douloureuse pour l'accepter ?
-A ce point ?
-Peut-être pourriez-vous faire réserver quelques appartements à Pemberly pour la famille Bennet ? Il doit savoir qu'il est bienvenu en tout temps et qu'il peut visiter sa fille autant qu'il le souhaite.
-Hors de question. La famille Bennet n'emménagera pas à Pemberly.
-Évidemment, je vous comprends. Il n'y aurait pas une maison de campagne que vous pourriez louer pour eux ?
Darcy tournait en rond, piétinant toujours son impatience.
-Comment faites-vous pour supporter cette famille ?
-Nous habitons tout près, cela facilite les relations.
-C'est contradictoire
-Non non vous vous trompez. Vu leur proximité, ils nous visitent fréquemment mais très brièvement. Parfois quelques minutes seulement. Le reste du temps, nous ne les voyons pas. Tandis que vous… vu la distance qui vous sépare… quand ils vous visiteront, ils séjourneront directement avec vous. Plusieurs semaines, possiblement. Peut-être même des mois ! Rit Charles. Imaginez reconduire votre épouse à vos quartiers sous les yeux de son propre père ! Sourit Bingley fier de sa taquinerie pleine de sous-entendus.
Darcy blanchit.
-Je crois pouvoir trouver une petite maison de campagne où ils pourraient séjourner l'été.
Charles rit de bon cœur.
-Mr Bennet sera rassuré de voir les liens avec sa fille entretenues, il vous autorisera très bientôt le mariage.
OoOoO
-Mr Bennet, je voudrais vous parler d'une idée, commença Darcy alors que les deux hommes étaient réunis dans le bureau.
-Quoi donc ? Questionna le vieux dégoûté par la nouveauté
-Je crois avoir trouvé une maison de campagne qui pourrait convenir à votre famille tous les étés. En effet, sur les terres du Derbyshire, j'ai des amis qui délaissent leur maison de campagne pour séjourner à Bath tout l'été. Je leur ai écrit et ils sont d'accords pour que vous y séjourniez pendant leur absence.
Mr Bennet regarda son beau-fils ébahi devant cette généreuse attention.
-Toute la famille ?
-Eh bien…oui. Fit Darcy fièrement pensant être gagnant. C'est une jolie maison, pas très grande…mais jolie.
-C'est une erreur, Mr Darcy. Mes filles ne sont pas dignes de séjourner dans votre entourage. Certainement, elles passeront l'été à Pemberly et ne cesseront pas de vous faire honte…ainsi qu'à moi-même.
-Je crois qu'Élizabeth aimerait avoir sa famille près d'elle…quand nous serons mariés…et…
-Lui en avez-vous parlé ?
-Non…je voulais lui faire la surprise.
-C'est une mauvaise idée. C'est un bien grand dérangement pour autant d'inconvénients.
Darcy déçu de cet accueil retenta dans un élan de patience envers son beau-père
-Je veux que vous sachiez que vous êtes toujours bienvenu à Pemberly. Élizabeth…ainsi que moi-même… seront heureux de vous revoir…Réfléchissez à mon offre, je vous en prie.
Puis, Darcy tourna les talons et quitta Mr Bennet, ému de cette délicate attention.
oOoOo
Un carrosse bien connu à Longbourn arriva, mais c'est avec une mine bien anxieuse que Mr Gardiner demanda une rencontre privée avec Mr Bennet.
-Thomas que faites-vous, Dieu du ciel ! Pourquoi ne mariez-vous pas immédiatement Miss Élizabeth à Mr Darcy ! Commença nerveusement Mr Gardiner
-Ils sont fiancés, déclara placidement Mr Bennet, ils se marieront dans moins de quatre mois.
- Quand ma sœur m'a envoyé une lettre m'annonçant la nouvelle de leurs fiançailles, je n'ai pas été inquiet au premier moment. Mais à présent je suis tout retourné, mon ami! Pour l'amour de Dieu ! À quoi avez-vous pensé ? On parle déjà d'eux, au travers du pays!
-Ah ? Et qu'entends - t'on qui mérite que vous vous déplaciez jusqu'ici ?
-Que Mr Darcy n'épousera jamais Miss Élizabeth, qu'il profite d'elle ! Et qu'elle profite de lui ! On parle d'une union impudique et….oh Dieu du ciel….On dit qu'elle est sa maîtresse ! Chuchota Mr Gardiner d'une voix de gorge.
Thomas se leva de sa chaise, porto en main
-C'est ridicule. Vous savez fort bien que c'est faux. Élizabeth ne s'abaisserait pas à une telle imprudence. Qui plus est, c'est moi qui aie imposé une fiançailles aussi longue.
-Thomas ! Votre décision a de très mauvaises conséquences sur leur réputation! Et avez-vous pensé que l'amour vient automatique avec des…pensées impures ? Je vous conjure mon ami, de vous raviser et de les marier avant qu'un dommage permanent soit annoncé.
-Dommage permanent ? interrogea Mr Bennet, ne comprenant par cette hypothèse
-S'il advenait une grossesse importune ! Chuchota Mr Gardiner suspicieux
-Cela n'arrivera pas, je connais Élizabeth ! Oh…S'il venait qu'à toucher ma fille… Je le tuerai !
-Mais elle est amoureuse ! Êtes-vous à ce point âgé, que vous avez oublié la passion de la jeunesse ? Que certaines pulsions étouffent les manières et les convictions ? De plus, ces deux jeunes gens sont pleins de fougue et de vitalité. Oh Mr Bennet, je vous le dis, votre fille et votre futur gendre sont en danger!
- Vous ne pouvez m'accuser de m'assurer que ma fille soit heureuse avec et homme. Il est de mon devoir de la protéger! Et s'ils changeaient d'avis ! Ce sont deux personnes entêtées et instables…Élizabeth a une intelligence et une personnalité peu commune dans la société. Un mauvais mariage pourrait la gâcher.
Mr Gardiner compris soudainement qu'elle était le fond du cœur de son beau-frère. Il y a des silences et des regards plus expressifs que les mots.
-Thomas, mon cher ami, reprit Mr Gardiner avec un ton tout à fait différent. Je sais qu'Élizabeth est votre fille bien-aimée. Mais vous la reverrez. Vous ne la perdez pas définitivement…consola-t-il. Il est bien préférable de la laisser partir avec Mr Darcy que de risquer une excommunions ou une impudicité ! Son âme, oh doux Seigneur, devra rendre compte de votre nonchalance ! Si vous aimez votre fille, tel que je le crois, vous devez la laisser devenir une femme. Elle est forte et ne se laissera pas maltraiter. Mr Darcy a une fabuleuse réputation! Il la traitera aimablement, j'en suis certain.
À ces mots, Mr Bennet, retint une larme
-Je veux…je veux qu'elle soit heureuse,…lâcha t-il…Mais...
-Comme je vous comprends Thomas…c'est une difficile séparation. Seulement, elle sera heureuse, j'en suis certain. Ces deux jeunes personnes s'aiment profondément.
Thomas geint en silence encore quelques temps en tentant de réprimer les souffrances de son cœur
-Je suppose que vous avez raison. Je devrais la laisser partir. Mais quelle terrible douleur…Savez-vous ce que c'est que de vivre sous ce toit ? En fait,…ce n'est pas la charpente de cet immeuble le problème mais plutôt la compagnie qui s'y regroupe…Élizabeth est certainement la seule conversation valable qui mérite mon attention. Dites-moi, Gardiner, que seront mes jours lorsque je serai seule avec votre sœur ? Parlerons-nous de chiffons ? Parlerons-nous des péchés des voisins ? Je crains ce jour comme une calamité!
-Ce n'est pas une séparation définitive, mon ami, et vous le savez. Miss Élizabeth voudra certainement vous revoir. Elle se fera entendre. Accordez-leur un mariage sous peu. Vous sauverez leur réputation et peut-être pire scandale.
-Savez-vous ce que Mr Darcy nous a offert ? Questionna Mr Bennet sans attendre de réponse. Il nous a offert de séjourner dans une maison de campagne non loin de Pemberly. Il veut que nous passions l'été près d'Élizabeth.
-Comme c'est généreux. Vous voyez ? Il comprend votre relation et ne veut pas la ruiner.
-C'est un gentilhomme, nul doute que Élizabeth a bien choisi, confessa Mr Bennet
-Je savais que je vous ferai entendre raison mon ami.
-Je vous en remercie, Mr Gardiner. Vous avez raison, je leur donnerai ma bénédiction. Laissez-moi quelques jours pour trouver le moment idéal.
-Ne tardez pas, Thomas. Je pourrais moi-même trahir notre amitié et leur accorder contre votre gré, la permission du mariage. L'honneur de notre famille ne souffrirait pas d'un scandale.
-Ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris et je soumettrai.
OoOoO
-Oh ma chère Lizzy! Votre sœur Mme Bingley, vous invite à diner à Netherfield Park. Quel privilège vous avez! S'écriait Mme Bennet à Longbourn. Quelle est généreuse! Qui plus est, vous dinerez avec votre fiancé, taquina la mère. Soyez à votre meilleure ma fille, il faut continuer à lui plaire! Il pourrait encore retirer sa parole…Mettez votre robe verte, elle fait briller vos yeux.
Comme Jane était généreuse avec elle, se disait Lizzy. Enfin, elle pourrait le voir plus qu'une heure. La pluie les avait empêchés de marcher à l'extérieur. Brutalement, ils avaient perdu toute intimité. Les visites du futur époux étaient fréquentes mais toujours abrégées par quelqu'un qui s'ingérait dans leur conversation. La plupart du temps, Mr Darcy se sentait obligé de quitter Longbourn se trouvant la cause d'une ambiance chargée.
Jane avait bien fait d'organiser cette journée. Elle pourrait voir Darcy une partie de l'après-midi, le repas ainsi que la soirée complète.
Darcy était heureux de cette initiative de Bingley, toutefois tracassé par son propre comportement. Comment pourrait-il se tenir près d'Élizabeth sans l'enlacer et l'embrasser ? Un défi l'attendait.
Les deux tourtereaux rayonnaient au salon quand Élizabeth enfin, arriva à Netherfield. Rapidement, les deux soupirants se lancèrent des regards complices et tentèrent des rapprochements alors que tous les yeux étaient détournés. Plus d'une fois, ils réussirent à s'agripper les mains ou se frôler furtivement. Sans que les Bingley ne s'en rendent compte. Du moins, ils ne démontrèrent pas qu'ils avaient compris leur manigance.
Darcy fut cependant déçu quand Bingley offrit à Darcy de prendre l'air sur la terrasse extérieure, laissant les dames s'entretenir seules à l'intérieur.
Les deux hommes restèrent un moment debout, l'un au coté de l'autre explorant des yeux la vallée devant eux.
-Bingley. Fit Darcy sur un drôle de ton. Quelles sont vos convictions en matière de… en matière de…convictions religieuses?
-La moralité ? Finit Bingley en souriant
Darcy hocha la tête tranquillement n'osant pas regarder son ami, un peu surpris qu'il ait compris son allusion dissimulée
-Comment avez-vous deviné ?
-Il vous suffit de vous regarder pour savoir que vous bruler d'envie. D'ailleurs, je devrais vous réprimander. Dit Bingley en s'approchant de son ami. Si vous agissez ainsi devant Mr Bennet, chuchota-t-il, il saura que vous avez trahi sa confiance et déshonoré sa fille.
-Je ne l'ai pas déshonoré, marmonna fermement Darcy. J'ai toujours été…convenable.
-Bien que je sois heureux de vous l'entendre dire, je ne peux m'empêcher de penser que puisque ce n'est pas le cas… c'est que vous n'en avez pas eu l'occasion. Plaisanta Bingley
Darcy regarda le sol, ne voulant pas confesser qu'il avait raison.
-Hum, continua Bingley en se balançant du talon aux orteils, donc…la moralité... Et bien…Il faut être prudent sur bien des égards. Évidemment, en ce qui concerne les réputations mais surtout pour ne pas effrayer la demoiselle. Si elle se sent brusquée, il pourrait y avoir des dommages permanents en matière… d'intimité.
Darcy acquiesça d'un simple geste, regardant autour de lui espérant que personne n'entende et regrettant avoir entamé une conversation aussi privée
-Vous voyez le bosquet là bas, fit Charles en pointant des yeux.
Darcy suivit le regard de son ami et approuva
-Invitons les dames à marcher dans les jardins. Prenez une minute d'avance. Je vous donne une seule minute. Insista Charles. Je crois que tout ce qui pourrait être inacceptable ne pourra pas être entamé en une seule minute. Taquina Bingley en levant les sourcils.
Darcy se racla la gorge ne pouvant rien déclarer de pertinent.
-Il ne faut absolument pas que Jane soit au fait, continua Bingley. Elle se scandalise facilement pour ce genre de chose…Il vous faut attendre encore presque quatre mois mon ami. Ne m'en demandez pas plus. Je ne voudrais pas être accusé si…
Bingley s'interrompit sachant qu'il était inutile de terminer sa phrase.
-Je ne vous ai rien demandé, mon ami, Badina Darcy
Bingley gloussa.
-Je suis définitivement trop généreux.
-Je ne m'en plaindrai pas, conclut Darcy heureux.
OoOoO
Pendant que les hommes discutaient à l'extérieur, les dames s'entretenaient de choses tout aussi importantes.
-Élizabeth, laisse-moi te parler comme une grande sœur. J'ai vu comment toi et Mr Darcy vous vous regardez. Il n'est pas convenable que deux jeunes gens non mariés, sois aussi démonstratifs. Je te conseille de ne pas être trop généreuse avec Mr Darcy ! Dis-moi, a-t-il essayé de t'embrasser ?
-Il n'a rien fait que je ne lui ai permis, sourit Lizzy air espiègle
-Oh j'insiste Lizzy, si tu joues avec le feu, tu te bruleras! Souffla Jane offusquée. Tu ne devrais pas laisser à ton fiancé autant de privilèges. Tu lui permets ce qui n'est pas convenable hors mariage.
-Tu n'as pas laissé Mr Bingley t'embrasser avant votre mariage ? Chuchota Lizzy honteuse
-Je lui laissais poser ses baisers sur mes joues.
-Oh!
-Je ne te juge pas Lizzy, je t'avertis du danger ! Tu dois attendre encore plusieurs mois avant ton mariage. La liberté que vous vous permettez pourrait vous apporter bien des épreuves.
-Justement, à cause de papa, nous nous verrons que très peu pendant les prochains mois. J'ai envie de garder un bon souvenir de mon fiancé. D'ailleurs, pendant son absence, Je n'ai pas oublié la sensation de ses lèvres sur les miennes… badina Lizzy
-Élizabeth ! Cela suffit ! grogna tout bas Jane avant de reprendre son calme. Pardonne-moi Lizzy, je me suis emportée. Je n'ose te dire de quel danger je dois t'avertir.
-Pourquoi, je ne comprends pas. Est-ce si désagréable le mariage ?
-Non. Bien sûr que non. Voilà le danger, petite sœur. Ce n'est pas horrible comme maman le laisse présager.
Jane inspira profondément.
-Il y a une limite que tu ne dois pas dépasser Lizzy. Pour bien des raisons, mais la principale raison, la voici.
Jane prit les mains de sa sœur entre les siennes.
-Lizzy…c'est très agréable tu sais…et…quand tu ….quand tu « consens » à ce fruit défendu …il est très difficile de s'arrêter…C'est un moment extraordinaire encore plus doux que tu ne puisses l'imaginer…Ceci est…Ceci est merveilleux tant qu'il reste dans les limites du mariage. Insista Jane. Pourquoi regretterais-tu un si bel accomplissement hors mariage ? Non, je te le dis, tu dois attendre. Tu seras bien plus heureuse si tu cesses toute suite ta générosité envers ton fiancé.
Jane rougit ardemment
-Ne dis à personne que je t'ai dit ceci. Maintenant, fuyez la solitude. Sois toujours accompagnée quand tu es avec Mr Darcy. Tu es impulsive et tu pourrais t'en mordre les doigts. Les hommes ne peuvent retenir leur ardeur si on leur donne l'occasion de les réveiller.
Élizabeth regarda sa grande sœur avec étonnement. Loin de l'avoir convaincu de se tenir éloignée du danger. Elle avait attisé sa curiosité.
Les hommes arrivèrent ensemble dans la pièce.
-Que diriez-vous de vous dégourdir les jambes dans le parc, mesdames?
-Quelle merveilleuse idée, Mr Bingley. Je ne dirai jamais non à une promenade, déclara Lizzy
-Oh, je dirais que vous avez transmis votre amour pour la marche à mon ami. Il était très enthousiaste à l'idée. Taquina Bingley qui fit rougir son ami.
Les deux couples s'avancèrent près de la porte quand Bingley s'arrêta.
-Oh juste ciel, Jane. J'ai oublié de vous dire quelque chose de très important. Élizabeth et Darcy, Allez-y nous vous rejoindrons dans une minute.
Bingley agrippa le bras de Jane et la retint sur le pas de la porte, prétextant lui dire quelque chose d'absolument anodin.
-Charles, je t'en prie. Tu es un bien mauvais comédien. Crois-tu que je n'ai pas compris que tu désires laisser Mr Darcy seul avec ma sœur ?
Bingley la regarda stupéfait
-Je le trouve bien audacieux de te l'avoir demandé, continua Jane en maugréant.
-Il n'a rien demandé, je lui ai offert gentiment.
-Oh Charles ! Corrigea Jane. Je viens à peine d'exhorter Élizabeth à plus de retenue
-Plus de retenue ? Que vous a-t-elle donc avoué? Je me suis toujours demandé jusqu'où Darcy laisserait errer son comportement…
-Je ne le dirai pas. Et je n'approuve pas tes méthodes. Il n'est pas convenable de les laisser seuls.
-Laissons leur juste une petite minute. Rien de grave ne pourrait leur arriver. Darcy est tellement amoureux d'elle et ils sont si beaux ensembles. Il fallait bien leur donner un coup de main.
Jane grogna légèrement
-Bon. Cela suffit. Allons les rejoindre, je ne voudrais pas m'imaginer un scandale sous notre propre surveillance!
Charles embrassa Jane amoureusement
-Rappelles-toi de nos premiers baisers. Ce bosquet en a vu d'autres, si je puis le dire.
Jane s'empourpra.
-Oui, mais nous sommes mariés! Mr Darcy et Élizabeth doivent encore attendre plusieurs mois!
-Une seule petite minute ne les brulera pas, mon ange.
-Et demain, leur donneras-tu deux minutes ? Et le surlendemain, trois peut-être ? Tu es trop généreux et hasardeux.
-Tu sais fort bien ce qui est plausible de faire en une minute, plaisanta Charles- D'ailleurs, je te fais remarquer que la minute est terminée depuis fort longtemps. Dans les faits, c'est toi qui nous retiens ici par ton beau visage.
-Bon cela suffit, allons les rejoindre, conclut Jane joues rougies.
OoOoO
-Je me demande bien ce que Mr Bingley avait de si urgent à dire à Jane. Questionna Lizzy perplexe. Son comportement était plutôt étrange.
Darcy sourit largement se contentant de guider Élizabeth vers l'endroit indiqué.
Fébrilement, il l'entraina derrière le bosquet et s'empressa d'embrasser Élizabeth
-William! Que faites-vous ? Jane et Charles sont justes derrière nous
-Pas tout à fait, Charles nous a laissé une minute de solitude, fit il entre ses baisers.
-Vous lui avez parlé de…
-Non, non…il nous a offert gracieusement du temps de qualité.
-Une minute ce n'est pas suffisant. Murmura Élizabeth profitant de ce flot d'affection incontrôlable.
-Cessez de parler, mademoiselle. Taquina Darcy qui la pressait contre lui.
Élizabeth avait déjà exploré un peu le corps de son fiancé. Ses larges épaules étaient pour elle maintenant bien analysées. Mais alors qu'ils étaient tous deux plaqués l'un contre l'autre, elle crut que le corps qu'elle tenait dans ses bras, avait changé. Un changement non négligeable et pourtant agréable.
Définitivement, Jane aurait du taire ses conseils. Elle lui avait laissé quelques indices trop généreux, en ce qui concerne l'intimité matrimoniale. Sa curiosité était bien aiguisée, mais comme elle ne profitait que d'une seule minute, elle ne pouvait mieux étudier les changements chez son fiancé.
Comme elle aimait qu'il glisse ses lèvres sur son cou. Ses caresses étaient si douces qu'elle se croyait bientôt prête à en perdre l'esprit.
Darcy adorait l'odeur et la chaleur que le corps d'Élizabeth dégageait. Il déplaçait le col de sa robe, et la peau qui s'y dévoilait était toujours plus douce, plus chaude, plus agréable à embrasser.
Maudit soit la moralité. Maudit soient les conventions et la prohibition religieuse.
-Cela suffit, fit Élizabeth d'une voix sans fermeté. Je crains que nous n'ayons outrepassé notre maigre minute. Si ma sœur me voyait ainsi…
-Vous avez raison. Il semble que je ne sache plus me contrôler. Dieu du ciel, Élizabeth… Conclut-il en s'éloignant d'un pas
Élizabeth tapota sa robe pour la défroisser
-Ma sœur me mépriserait si elle savait ce que nous faisions.
-Je pourrais lui demander pardon, plaisanta Darcy
-Je crains fort que vous n'aideriez pas à la situation, pouffa Lizzy.
-Venez vous assoir sur le banc, elle ne pourra pas nous soupçonner.
-Eh bien les amoureux ! S'écria Charles à portée de voix, pour avertir de leur arrivée.
-Nous sommes ici Charles! Répondit Élizabeth assise sur le banc
-Que vois-je ? Êtes-vous déjà lasse de la promenade?
-Non, nous vous attendions simplement, Mr Bingley, rougit Élizabeth qui connaissait que Charles était complice de cet écart.
Jane mimant ne rien comprendre continua en agrippant le bras de sa sœur.
-Venez Élizabeth, je dois vous montrer ce magnifique jardin.
Et les deux femmes s'éloignèrent
-Et puis ? Questionna Charles à voix basse. C'était suffisant?
-Ce ne sera jamais suffisant. Cette femme m'aura fait perdre la tête de bien des façons.
-Les femmes ont toutes le pouvoir de nous faire perdre la tête. Quant à vous, vous n'avez autorisé qu'une seule femme à vous rendre fou. Les autres, vous les avez ignorées.
-Ne me faites pas douter de vous, Bingley. Il me semble que vous avez cessé de regarder les autres femmes.
-Effectivement, l'amour est un mystère bien étrange. Quand je vous ai connu, vous étiez si indifférent aux regards des demoiselles que je ne vous croyais pas capable d'aimer, mon ami.
-Et pourtant ! Rit Darcy. Notre seul obstacle pour le moment est son père qui nous prive de notre dénouement. S'il ne nous bénit pas bientôt, je crains qu'une minute suffise à grand mal, Bingley.
-Pensez-vous à vous enfuir avec elle ? Je vous en prie, ne le faites pas sous notre surveillance!
-Non, bien sûr que non! Je pensais à une licence spéciale ou peut-être la permission de son oncle Mr Gardiner. Mais je préfèrerais la volonté de Mr Bennet. Je crains qu'Élizabeth ne soit malheureuse de cette situation. Ne le dites pas, mais j'ai déjà une licence en ma possession. Je suis prêt à toute éventualité. Je suis fin préparé à l'amener avec moi à Pemberly.
-Avez-vous terminé les travaux dans ses quartiers ?
-Non, ils ne sont pas commencés. C'est un détail qui me convient parfaitement. Elle peut très bien partager les miens. Un seul lit devrait suffire, Ébroua Darcy en jouant avec ses boutons de manchette
Bingley s'esclaffa
-Je trouve que notre relation d'amitié prend une toute nouvelle dimension, mon ami. Si on m'avait dit que nous entretenions ce genre de conversation, il ya tout juste six mois…non , je vous le dis, je n'y aurais pas cru.
-Pardonnez-moi, j'ai erré. Ce n'est pas convenable de parler ainsi de votre sœur selon la loi. Fit Darcy soudainement saisi pas la timidité.
-Puisque vous désirez changer de sujet, mon ami, continua Charles sur un autre ton, Jane m'a dit être inquiète pour sa jeune sœur Lydia.
-Oui, je sais. Élizabeth et moi avons l'intention d'enquêter sur son comportement. Je vous confesse bien humblement avoir profité de ses mystérieuses escapades, mais il est temps de connaître la vérité.
-Que croyez-vous qu'elle fasse en cachette ?
-Certainement rien de bon. Cette demoiselle n'a pas qu'un comportement douteux. Son jugement et sa malveillance sont aussi à questionner.
