Disclaimer : je ne possède pas Bleach (et je ne fais pas de cliffhangers, MOI !)

Pairing : Shunsui Kyouraku x Nanao Ise

Total : 1936 mots

Setting : pré-invasion de Soul Society par Ichigo & Co

Prompt : Cloth

Béta-lecture : Himatsubushi, Leikkona

Nanao avait fini par détester le kimono rose ridicule de son capitaine. Il était voyant, disgracieux, ridicule, et lui donnait l'air d'un imbécile sans aucun sérieux. Bon, la dernière partie était peut-être exacte, mais n'empêche, il aurait l'air d'un vrai capitaine respectable, sans cet accoutrement idiot. Ce n'était pas charitable de penser ça, tant pis. Lui trouvait certainement qu'il avait l'air original, distingué, peut-être fantaisiste, et que ça lui permettait d'attirer l'attention féminine. Nanao n'allait pas discuter le bien-fondé de cette idée, surtout qu'elle ne connaissait pas beaucoup de femmes qui s'intéresseraient à quelqu'un portant des vêtements de femme. Enfin, il devait y en avoir. Mais quelqu'un qui en portait un aussi tape-à-l'oeil ? Parce que la chose était tape-à-l'oeil, d'une couleur éclatante, et ornée d'une pléthore de fleurs, de papillons, de broderies, que savait-elle encore ? Même sur une femme, le vêtement aurait certainement été stupide. Mais sur lui... De temps en temps, elle rêvait qu'il se fasse détruire dans un combat (qui ne blesserait pas son capitaine, bien sûr !), et qu'il soit remplacé, s'il le fallait vraiment, par quelque chose de plus joli. Franchement, n'importe quoi serait mieux que ce chiffon dont les bords commençaient à s'effilocher. Mais jusqu'à présent, pas moyen de faire entendre raison au capitaine. Il se contentait de prendre ça avec humour et quelques "ma Nanao-chan est grognonne~" qui lui donnait envie de l'assommer avec son livre. Jusqu'ici, elle avait perdu la bataille, et le kimono rose était resté à sa place.

Ce jour-là, elle entra dans le bureau sans frapper, comme à son habitude. Ce n'était pas comme si le capitaine était là... Et en effet, il n'y avait personne sur la chaise, le pinceau était posé sur le bureau, et la paperasse profitait d'une brise pour voler jusqu'au sol. Elle les ramassa en soupirant et les reposa à leur place. La chaleur devait avoir poussé le capitaine à sortir prendre l'air et se trouver un endroit où dormir au frais, et elle n'avait vraiment pas envie de jouer à le chasser pour qu'il travaille, au mieux, une heure, avant de disparaître pour boire ou courir la gaudriole. Ca ne l'amusait plus depuis longtemps. Tant pis, ça voulait dire qu'elle devrait le faire. Elle allait réclamer une augmentation, ou des vacances. Quelque chose. Elle prit quelques feuilles et s'apprêtait à retourner dans son bureau, quand un éclair de rose attira son regard. Le capitaine était-il là, en fin de compte ? Elle fit le tour du bureau, mais il n'y avait pas de capitaine. Juste l'horrible kimono rose, abandonné par terre parce qu'il était bien trop chaud pour la journée. Si seulement il pouvait disparaître... Elle le ramassa également, plus par réflexe que parce qu'elle ne voulait pas qu'il s'abîme. Quelle horreur... quoique certaines parties étaient plutôt potables, mais le bas des manches et les bordures surchargées... Comment pouvait-il supporter de porter quelque chose comme ça ? Elle continuait de le tripoter, sans se résoudre à le poser. Le tissu était plutôt agréable, c'était vrai... et puis, il avait l'odeur de son capitaine... non pas qu'elle reconnaîtrait trouver ça agréable ! Mais... en enlevant les parties les plus laides... il y aurait peut-être moyen de le rendre appréciable...

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Kyouraku se faufilait sur la pointe des pieds vers son bureau. Il avait passé toute la journée avec Jyûshiro, sous l'un des arbres de son jardin, les pieds dans un étang, à attendre que la chaleur daigne passer. Un après-midi très agréable, beaucoup plus que s'il était resté chez lui à travailler. Bien sûr, Nanao-chan ne serait pas contente. Elle n'était jamais contente quand il s'échappait ainsi, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, la paperasse avait le don de le faire tomber de sommeil presque instantanément. Tant pis, il subirait les foudres de sa Nanao-chan, une fois de plus. Après tout, il en avait l'habitude. Tout ce qu'il voulait, pour le moment, c'était récupérer son kimono rose adoré et aller se coucher.

Il entra dans le bureau sans anicroche, et sans le moindre bruit. Bien. Par contre, le kimono n'était plus à sa place. Il n'était pas par terre, pas sur sa chaise, pas sur son canapé... Pas de kimono rose. Nulle part. Il aurait dû le savoir. Laisser son vêtement adoré et Nanao ensemble... Elle avait dû le prendre et le cacher, il en était sûr. Depuis le temps qu'elle le détestait ! Bon, il ne restait plus qu'une chose à faire : rentrer chez lui. Il lui demanderait... plus tard. Une fois qu'elle ne risquerait plus de lui faire manger son chapeau. Il prit donc la direction de chez lui, en se demandant s'il allait avoir des ennuis le lendemain. Ca, il pouvait y compter...

Quand il arriva, une surprise de taille l'attendait. Il y avait de la lumière chez lui, et plus particulièrement dans le salon qui conduisait à sa chambre. Etrange, personne ne l'attendait à des heures pareilles, les serviteurs étaient déjà tous partis se coucher. Et un assassin n'aurait pas pris le risque de se signaler ainsi. Mais alors, quoi ? Le meilleur moyen, c'était encore d'ouvrir la porte. Ce qu'il fit, pour découvrir...

Nanao-chan. Sa Nanao-chan. Et pas en colère, en train de l'attendre le sabre à la main. Non, elle avait l'air... presque impatiente de le voir. Elle se leva en le voyant entrer, et il put admirer le spectacle qui s'offrait à lui. Après tout, c'était la première fois, en toutes ces années, qu'il la voyait porter autre chose que son uniforme habituel assorti de son chignon sévère. Cette fois-ci, ses cheveux étaient lâchés, et retombaient élégamment sur les épaules de sa robe. Une bien belle robe au col montant, sans manches, et qu'il soit damné si elle n'était pas fendue jusqu'aux hanches, des deux côtés. Ca lui allait divinement. Il s'approcha, souriant, et c'est là qu'il remarqua les motifs qui ornaient la jupe. Des fleurs, des papillons. Des motifs qu'il connaissait bien. Il s'arrêta, interdit, et balbutia :

- Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu as fait à mon kimono ?

Nanao passa une main dans ses cheveux, moins pour le séduire que pour cacher qu'elles tremblaient. Elle avait quand même pris un risque en découpant un vêtement de son capitaine, et elle s'était demandé si c'était vraiment une bonne idée tout le temps qu'elle avait mis à la coudre. A ce moment-là, la réponse était "oui, cette chose est affreuse et je rends service au Seireitei tout entier". Mais maintenant, elle n'en était plus si sûre. Néanmoins, elle répondit d'un ton qu'elle espérait naturel :

- Je me suis contentée de le rendre plus... regardable.

- Tu as coupé une robe dans mon kimono ?!

- Mais... n'est-elle pas jolie ? demanda-t-elle en faisant deux pas vers lui.

C'est vrai que la robe était jolie, il ne pouvait pas le nier. Nanao-chan avait pris les parties les moins tape-à-l'oeil du kimono avec une adresse rare, et l'ensemble, il fallait bien le dire, était beaucoup plus regardable que son kimono. Enfin, il s'en faisait peut-être la remarque parce que c'était sa Nanao-chan qui la portait, et qu'elle la moulait à tous les endroits intéressants. Il reconnut :

- Elle est belle, oui. Mais... tu avais vraiment besoin de la couper dans mon kimono ?

- Capitaine, cette chose était affreuse. Quelqu'un devait faire quelque chose.

- Mais...

Maintenant, elle était devant lui, et elle prenait les bords de son haori pour jouer avec. Elle remarqua, taquine :

- Allons, capitaine... vous êtes trop vieux pour avoir un doudou, n'est-ce pas ?

Au regard noir qu'elle reçut, elle se dit qu'elle était allée trop loin, mais il ne répondit rien. Elle ajouta alors, pour adoucir la perte :

- Je vous en rachèterai un. Un moins voyant, dans lequel je n'aurai pas à me tailler une robe pour le rendre regardable.

Cette fois-ci, il sourit. Difficile de résister à sa Nanao-chan, surtout quand elle était aussi jolie... Et qu'elle était venue chez lui pour le lui montrer, plutôt que de l'attendre demain de pied ferme. Est-ce que... C'était le geste qu'il attendait ? Depuis des mois, maintenant, leur relation avaient pris un virage étrange, plus personnelle, et ils se lançaient des piques avec une familiarité nouvelle. Mais jusqu'à présent, ces piques avaient pu être interprétées comme une avancée romantique aussi bien que comme deux personnes ayant une bonne atmosphère de travail. Mais là...

Il avança une main prudente, presque timide, et la posa sur la hanche de Nanao. En réponse, au lieu de la gifle qu'il attendait, elle passa les bras autour de son cou. Ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, maintenant, et les yeux qui le regardaient au travers des lunettes étaient un peu anxieux, et elle ne bougeait plus. Kyouraku décida de tenter sa chance, et se pencha pour l'embrasser. Nanao n'hésita qu'une seconde avant de se dresser sur la pointe des pieds pour le lui rendre. Il eut une petite pensée amusée pour leur différence de taille, vite résolue quand il la souleva dans ses bras, lui arrachant un petit hoquet de surprise. Un pas de shunpô les amena dans la chambre, et il déposa son précieux fardeau sur le lit. Elle avait l'air inquiète, tout à coup, et peut-être se demandait-elle si elle avait bien fait le bon choix. Kyouraku ôta son haori, le drapa sur sa lieutenante pour la protéger de l'air frais qui rentrait par la fenêtre ouverte, et prit le tout dans ses bras, souriant à nouveau en la sentant se blottir contre lui. Il serait toujours temps plus tard d'emmener les choses plus loin. Pour le moment, il était parfaitement content, ainsi, à enlacer sa Nanao-chan.

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Comme promis, Nanao racheta un kimono rose à son capitaine, moins voyant que le précédent. Personne ne nota la différence, ou alors ils étaient tous soulagés de la disparition de la précédente horreur. Ukitake se contenta de remarquer que celui-ci était plus discret, et Kyouraku sourit sans lui préciser ce qu'était devenu l'autre. En apparence, la relation du capitaine et de sa vice-capitaine n'avaient pas vraiment changé. Kyouraku fuyait le travail, Nanao le chassait pour le ramener de force devant son bureau, il lui lançait des piques plus ou moins tendancieuses, et elle répondait en le frappant avec ce qui lui tombait sous la main. Rien de plus normal. Mais le soir, quand il rentrait chez lui, Kyouraku retrouvait sa Nanao en robe rose, pour qu'ils puissent passer du temps tranquillement, en amoureux et profiter de leur compagnie mutuelle sans la contrainte du travail non-accompli. Et plus tard, dans la nuit, il prenait un grand plaisir à lui ôter sa robe, et à faire l'amour avec elle. Et souvent, quand il serrait Nanao contre lui ensuite, il se disait qu'elle avait définitivement eu une bonne idée en sabotant son horrible kimono rose...


Pauvre Kyouraku, Nanao elle lui a tout découpé son doudou ! Mais bon, si c'est pour avoir une Nanao-chan en jolie robe rose, hein, on peut pardonner beaucoup 8D

Depuis le temps que je veux faire un drabble avec le kimono de femme de Kyouraku ! (faudra qu'on me dise où il a trouvé un kimono de femme qui va à un homme d'1m92, mais enfin...) Et comme Himatsubushi me réclamait un drabble sur les deux, j'ai profité ! En plus, Nanao est la seule qui a le cran et le caractère pour couper dans le tas. Alors autant en faire quelque chose d'utile, n'est-ce pas ? :D

J'aime bien ce pairing, en fait, même si Kyouraku il est quand même un peu marié à Ukitake (mais un peu seulement). Nanao-chan, elle mérite des câlins parce qu'elle est cool !

Review ? :3