Kikou, me revoilà après un long moment d'absence. Je suis very very desolée mais j'ai eut des problemes de famille mais bon, ca s'arrange doucement. enfin bref. bon, voila un chapitre qui je pense, va tous vous interesser, lol !
aller, bonne lecture !
Chapitre 25
> Faites bon voyage, mon amour… dit Folken en embrassant son compagnon sur la joue. Je viendrais vous attendre dans deux semaines, comme prévu.
> J'y compte bien, dit Allen. Un petit baiser ?
Folken regarda vers le vaisseau. Gadès, qui leur faisait face, leva les yeux vers lui puis reprit sa conversation avec le Roi Aston. Folken en profita pour embrasser son compagnon, mais il brisa bien vite le baiser et dit :
> Il y a trop de monde pour un baiser d'amour, Allen. Une autre fois.
Allen prit une moue boudeuse et Folken lui caressa la joue. Il passa ensuite son bras autour des épaules du blond et l'entraîna vers le vaisseau dont les moteurs vrombissaient déjà.
> Ah ! Allen ! Te voilà enfin, dit le Roi Aston. Aller, il est l'heure. Gadès vient à l'instant de me dire que tout était en ordre.
Gadès regarda Allen puis celui-ci hocha la tête et Gadès monta dans le vaisseau. Allen l'y rejoignit une minute plus tard, le temps d'écouter les derniers conseils du Roi, puis le Croisé s'éleva dans le soleil couchant et s'en alla vers le nord.
Aston remonta dans son carrosse et dit à Folken en fermant la porte :
> Messire Folken, j'aurais quelque chose à vous dire demain…
Folken fronça les sourcils. Il n'aimait pas trop le Roi d'Astria et celui-ci s'en rendit compte. Il se racla la gorge puis reprit :
> Venez demain matin au palais, vers dix heures, avec vos deux chattes, cela les concerne elles-aussi.
Folken s'abstint de répondre. Il se contenta de hocher la tête puis le carrosse s'ébranla et l'ancien Général se tourna vers Dilandau qui attendait, toujours juché sur son cheval.
Remontant en selle, il dit :
> Demain, Dilandau, tu m'accompagneras au palais, à dix heures.
> Ha bon ? Et quoi faire ? demanda l'ancien soldat en remettant ses étriers.
Le Roi m'a demandé de passer avec Naria et Eriya, il m'a dit que ce dont il voulait me parler les concernait également.
> Et tu veux que je vienne pourquoi ? demanda Dilandau.
> Au cas où, répondit Folken. Si jamais il a dans l'idée de m'enlever les filles, je ne pourrais rien faire, par contre, si tu es là…
> Ok, j'ai pigé, dit Dilandau avec un hochement de tête. Tu peux compter sur moi.
Folken hocha la tête à son tour puis ils prirent la route pour rentrer à la ville Shézar.
Le lendemain, comme prévu, Folken, à bord d'un petit carrosse aux armes des Shézar, se rendit au palais royal, accompagné de Dilandau, et de Naria et Eriya qui ne comprenaient pas trop ce que l'on voulait d'elles.
Arrivés dans la cours du palais, des gardes les aidèrent galamment à descendre du carrosse puis on les escorta tous les quatre jusque dans la salle du trône.
> Bienvenue, dit le Roi en apparaissant près de son trône, flanqué de deux Conseillers et de Meidden Fassa, son Ministre.
Il fit un signe de tête à Naria et Eriya qui lui répondirent de la même façon, puis Folken demanda :
> Bien, venez-en au fait, que voulez-vous à mes filles ?
Aston haussa un sourcil puis sourit grassement. Il regarda les deux Conseillers puis fit un geste de la main et des gardes saisirent aussitôt les deux chattes en leur bloquant les bras dans le dos.
> J'en étais sûr ! dit Folken en tirant son sabre. Relâchez-les tout de suite !
Dilandau tira son sabre et le passa sous le nez d'un des gardes qui releva la tête et déglutissant.
> Seigneur Folken, que se passe-t-il ? demanda Eriya en essayant vainement de se dégager de la poigne solide de l'homme derrière elle. Que nous veulent-ils ?
Naria, elle, était solidement maintenue par un bras sur sa taille et une main lui tenant le poignet dans le dos.
> Lâchez-nous ! dit-elle en grondant de colère. Relâchez-nous tout de suite !
> Emmenez-les, dit Aston.
> Où les emmenez-vous ! s'exclama Folken. Lâchez ces chattes tout de suite où vous aurez à faire à moi !
> Qu'est-ce que je peux bien me ficher de vos injonctions, dit le Roi sur un ton badin en agitant une main désinvolte. Les chats ne sont pas les bienvenus dans mon royaume s'ils envisagent de s'y installer.
> Qu'allez-vous en faire ? Où les emmenez-vous ? demanda Dilandau. Où amenez-vous mes sœurs, vous allez les relâchez sinon…
> Sinon ? demanda Aston. Que feras-tu, petit ? Tu es bien trop gringalet pour affronter mes hommes, ils te briseront comme une brindille…
Sous l'insulte, Dilandau assura sa prise sur la garde de son sabre et Folken dit :
> Si les chats ne sont pas les bienvenus en Astria, pourquoi nous avez-vous laissés, Allen et moi, les inscrire dans votre Registre des Familles ?
> L'inscription des membres d'une famille dans le Registre n'est validée qu'un an et trois lunes après ladite inscription, dit alors Meidden en s'avançant. A ce moment là, toutes les inscriptions sont vérifiées une par une et les non-conformes sont retirées.
> Non…. Conforme ? demanda Folken. En quoi mes filles sont-elles non-conforme ? Je les ai élevées depuis qu'elles ont huit ans, pourquoi n'aurais-je pas le droit de les adopter officiellement ?
> Mais parce qu'elles ne sont pas humaines, très cher, dit Meidden avec un affreux sourire vicieux.
> Pas humaines… Pas humaines ! s'exclama soudain Dilandau. Regardez le nombre de pas-humains qui vivent sur les docks ! Des oiseaux, des chiens, des dragons ! Pourquoi ne pas les chasser eux aussi ?
> Mais tout simplement parce qu'ils sont les enfants légitimes d'Astrien légitimes, dit Meidden.
> Je vois, dit alors Folken. Simplement parce que je suis un Fanélien installé à Pallas, je n'ai pas le droit d'adopter des non-humains ? Vous savez comment j'appelle ce genre de politique ? Du chauvinisme !
> Oh là, là, dit Aston. Comme vous y allez… Nous en sommes loin de votre…chauvinisme.
Folken rangea alors son sabre et croisa les bras. Meidden dit alors :
> Ecoutez, Messire Folken, si nous vous promettons de bien traiter ces chattes en attendant de les renvoyer chez elles, partirez-vous d'ici sans vous énerver ?
> Les renvoyer chez elles ? demanda Folken. Le seul endroit qu'elles ont pour vivre, c'est chez Allen. C'est là-bas, leur « chez-elles ».
> Non, non, dit Meidden. Je parlais d'Irini…
> Irini est sur le territoire Fanélia, sur mon territoire donc, et en tant que Prince de ce Royaume, je ne vous autorise pas à passer les frontières. De toutes façons, Van est prévenu de l'arrivée d'Allen chez lui cette semaine. S'il voit qu'un autre vaisseau Astrien demande à entrer dans le pays, il le fera fouiller. Fanélia ne commerce pas avec Astria. De plus Naria et Eriya viennent des montagnes Floresta et non d'Irini.
> Tant pis, dit alors Meidden. Nous les renverrons à Zaibacher alors.
> Je vous en empêcherais, quitte à utiliser la force, dit alors Dilandau. Vous ne me prendrez pas ma famille !
> Dilandau, je t'en prie, dit Folken. Range ton sabre maintenant.
> Mais ? Folken…
Meidden regarda Aston avec un petit sourire suffisant, d'un air de dire « C'est dans la poche », mais Folken, une fois que Dilandau eut rangé son sabre en maugréant, se tourna vers le deux Astriens et dit :
> Alors comme ça, vous n'aimez pas les non-humains ? Et que dites-vous de ça ?
Aston écarquilla alors ses yeux et fut prit d'une quinte de toux. Meidden manqua s'étrangler lui aussi et Dilandau recula prudemment.
> Alors ? Qu'en dites-vous ? demanda Folken en étendant ses ailes. Vous plais-je ?
> Folken… dit Dilandau, abasourdi. Mais pourquoi… ?
Folken fit un geste de la main à Dilandau, d'un air de dire « plus tard », puis il s'adressa à Aston et dit :
> Alors ? Qu'allez-vous faire ? Si vous portez la main sur moi, Allen le saura d'une façon ou d'une autre et ce ne sera pas joli à voir, j'ai eut de maintes occasions de le voir en colère, et je vous promets que si vous tenez à votre vie, n'essayez même pas d'ordonner à ces gardes de se jeter sur moi.
Aston se figea et regarda sa main avec laquelle il s'apprêtait de faire signe aux Gardes Astriens de saisir Folken.
> Vous êtes… dit Meidden.
> Oui, dit Folken. Je suis le Prince Héritier de Fanélia, et ma mère était une Descendante du Dieu Dragon… Je suis à moitié Dragon.
> Mais…
Meidden ne savait plus quoi dire. Il se tourna vers le Roi qui semblait paralysé, puis soudain, Aston se racla la gorge et dit :
> Très bien, puisque vous le prenez ainsi…
Il fit signe aux Gardes qui tenait les deux chattes de les relâcher, et il soupira :
> Ne vous méprenez pas sur mes intentions, je n'ai pas peur de vous, Folken. Simplement, je n'ai pas envie de perdre mon meilleur Chevalier Céleste.
Folken eut un petit sourire dédaigneux puis il replia ses ailes et dit :
> Vous ne me faites pas peur non plus, votre Majesté…
Il tendit les bras et Naria et Eriya vinrent près de lui. Il ajouta :
> Après tout, mes filles n'ont jamais eut besoin d'être inscrites dans quel Registre que cela soit pour rester à mes côtés. Vous pouvez les retirer du Registre des Familles, cela m'est égal.
Sur ce, il fit volte-face et Dilandau regarda le Roi et Meidden méchamment. Il fit alors mine de cracher sur le sol puis il suivit Folken.
> Va falloir me les surveiller ceux-là, dit Aston une fois qu'ils furent tous loin.
> Majesté, dit Meidden. Si je puis me permettre, je vous conseille de ne pas trop vous frotter à eux… Shézar les protège, n'oubliez pas…
Aston regarda Meidden de haut et celui-ci se recroquevilla. Aston soupira alors puis dit :
> Peut-être avez-vous raison, Meidden. Allez, oublions cette histoire, retirez les noms de chattes du Registre des Familles et cherchons quelqu'un d'autre à ennuyer.
Meidden hocha la tête puis disparut dans l'ombre et Aston soupira. Décidément, quand ce n'était pas Allen, c'était quelqu'un de sa famille qui lui causait des ennuis… Enfin…
Folken, les deux chattes et Dilandau rentrèrent à la villa à bord du carrosse, mais le silence qu'ils observaient était pesant. Folken ne décolérait pas et les deux chattes, encore choquée, n'avaient pas trop le cœur à parler. Seul Dilandau, qui regardait à tour de rôle Folken et les deux chattes, semblait tranquille. Il n'en était pas moins frustré, et se promit de demander à Folken, une fois rentré, pourquoi il avait ainsi montré sa vraie nature à Aston, le plus méprisable des rois jamais connus.
Arrivés à la villa, Folken alla aussitôt s'enfermer dans son laboratoire et Naria et Eriya montèrent dans leur chambre. Dilandau, lui, rejoignit Hitomi dans le salon et la jeune femme le questionna du regard mais il ne répondit que par un simple haussement d'épaules.
> Ca s'est si mal passé que ça ? demanda Hitomi en installant plus confortablement sa fille sur ses genoux. Qu'est-ce qu'il vous voulait Aston au fait ?
> Des conneries, répondit Dilandau en se laissant tomber dans le sofa. Il voulait renvoyer Naria et Eriya à Irini parce qu'elles sont des chattes.
> Non ?
> Et si. Mais Folken ne l'a pas laissé faire, il a…
Dilandau se tut soudain et détourna la tête, les sourcils froncés.
> Il a ? demanda Hitomi, étonnée.
> Il a… Il a dévoilé sa vraie nature à ce gros porc, dit l'ancien soldat entre ses dents.
> Quoi ! Non, tu rigole !
> Pas du tout, dit Dilandau en regardant sa jeune fiancée. Il l'a vraiment fait, il a déployé ses ailes devant Aston et aussi Fassa. J'en reviens pas. C'est une belle connerie qu'il a faite là.
> Allen ne va pas apprécier, dit Hitomi.
Elle se leva et donna l'enfant à Dilandau qui la prit sur ses genoux en disant :
> Quand rentre Allen au fait ?
La jeune femme haussa les épaules puis elle dit :
> Dans deux semaines je crois, mais je ne suis pas certaine. Et puis tu sais, avec les voyages en vaisseau, on peut s'attendre à tout.
> Je sais, soupira Dilandau en regardant sa fille qui partait à l'aventure sur le sofa.
Farfouillant sous un des coussins, elle tira un ruban bleu et Hitomi le lui prit des mains avant qu'elle ne le mette dans sa bouche.
> Non, non, bichette, les rubans, ce n'est pas pour tout de suite. Regarde, c'est pour maman, les rubans…
Hitomi noua alors le ruban dans ses cheveux et Shanna sourit. Elle s'assit et tapa dans ses mains. Dilandau sourit alors puis dit :
> On dirait qu'elle apprécie de te voir avec ce ruban dans les cheveux…
Hitomi sourit puis elle défit le nœud et le noua lâchement autour du poignet de la petite fille qui poussa un petit cri de plaisir en levant le bras vers son père.
> Oui ma chérie, tu es magnifique.
Il lui prit la main et l'embrassa dans la paume avant qu'Hitomi ne récupère l'enfant et ne l'emmène avec elle ailleurs. Dilandau resta seul dans le salon et il regarda par la fenêtre en soupirant.
L'après-midi, la maison Shézar fut dominée par le silence. Tout le monde vaquait à ses occupations habituelles : Folken était partit travailler, Hitomi surveillait sa fille en compagnie de la Gouvernante qui gardait un œil sur Karej, Naria et Eriya s'entraînaient à un petit combat au poignard derrière la maison et Dilandau faisait une sieste, allongé sur l'épaule de son Alseides stationné dans la cour devant la maison.
Dans la petite boutique du maître de Folken, monsieur Corason, l'ambiance était un peu plombée car Folken semblait faire la gueule. Corason s'en rendit compte mais il ne dit rien. Il savait par expérience que, se mêler des affaires d'autrui, n'attirait que des ennuis. Il laissa donc Folken à ses réflexions, du moment qu'il faisait son travail…
A la nuit, Folken quitta le pharmacien et prit, à pieds, le chemin pour regagner la villa. Il sortit de la ville au moment où des gardes fermaient les herses et il marcha tranquillement sur la grande route, les mains croisées sous son ample cape qui le faisait ressembler à une haute bougie noire ambulante à la flamme bleue.
Alors que la maison d'Allen était en vue, Folken s'arrêta de marcher et regarda autour de lui. Un étrange sentiment venait de lui chatouiller l'échine et il regarda calmement autour de lui. Soudain, il fit un bond en arrière et une flèche se planta dans le sol à l'endroit même où il se tenait la seconde précédente. Une autre flèche siffla aussitôt et frappa son bras droit mais rebondit et tomba au sol, sa pointe abîmée.
> Qui est là ? demanda Folken en portant une main au sabre qu'il portait devant lui. Montrez-vous. Qui ose s'en prendre au Général Folken de Zaibacher ? Qu'il se montre s'il est un homme !
> Dans ce cas je ne me montre pas, répondit une voix dure mais certainement pas masculine. Car je suis loin d'être un homme, Général.
Une femme sortit alors de l'ombre. Elle portait une longue cape noire comme celle de Folken, rabattue en arrière sur ses épaules pour lui permettre de manier son arc qu'elle tenait dans sa main gauche. De sa main droite elle tenait une flèche empennée de rouge qui se trouvait déjà engagée dans l'arc.
> Qui êtes-vous ? demanda Folken en resserrant sa prise sur son épée. Qui vous envoie ? Aston ?
> Hum… Nous dirons que je l'ignore, dit la femme avec un sourire machiavélique qui étirait ses fines lèvres colorées en rouge. Peu m'importe qui me demande de travailler pour lui, du moment que je suis payée en retour…
> Je vois, dit alors Folken en se redressant. Vous êtes une tueuse professionnelle.
Il sourit alors puis se mit à rire et la femme, offensée, s'exclama :
> Je ne vois pas ce qui te fait rire, démon !
> Démon ? répéta Folken en cessant de rire. Moi, un démon ? Allons, je ne suis qu'un humain parmi tant d'autres qui aimerait bien rentrer chez lui en un seul morceau.
> Un humain, toi ? Mon œil ! répliqua la femme en ajustant son arc. Si tu n'étais qu'un simple humain, tu aurais déjà détalé et tu ne serais pas armé.
> Je ne porte jamais qu'un sabre, dit Folken en repoussant les pans de sa cape.
La femme plissa les yeux puis elle dit :
> Je vois un poignard dans ton dos, dans la ceinture de ton habit et un couteau dans ta botte droite. Tu as aussi du poison dans ton bras droit et un autre poignard dans ta botte gauche.
> Joli, dit Folken calmement. Tu m'as dévoilé. Serais-tu devin ?
> Pas le moins du monde, beau gosse, dit la femme. Je connais mes victimes, c'est tout. D'ailleurs, je ressens une étrange énergie émanant de ton corps… Serais-tu magicien en plus d'être un maudit ?
> Magicien ? Et puis quoi encore ? Les Dragons n'ont pas de pouvoirs magiques, ce n'est bon que pour les sorcières, répondit Folken en haussant les sourcils.
La femme fronça les sourcils puis elle ferma les yeux et parut se concentrer. Soudain, elle décocha sa flèche, et celle-ci rebondit sur le ventre de Folken et tomba au sol, calcinée.
> Mais tu es folle ! s'exclama Folken en reculant d'un pas, une main sur le ventre.
> J'ai compris, dit alors la femme en baissant son arc, un vil sourire dévoilant ses dents blanches. Tu as porté, n'est-ce pas ?
> Qu… Quoi ? Mais qu'est-ce que tu raconte ? Porté quoi ? demanda Folken.
La femme soupira puis elle pencha la tête sur le côté et dit :
> Un enfant, crétin.
> Mais ça va bien, oui ? Je suis un homme, h-o-m-m-e, un homme, je ne peux pas porter…
> Garde tes excuses pour toi, démon, dit la femme en se recouvrant de sa cape. Je dirais que j'ai échoué.
> Echoué ? demanda Folken. Mais de quoi parle-tu ? Hé reviens ! Tu ne devais pas me tuer ?
> Je ne vais pas tuer un homme qui a attendu un enfant et qui pourra peut-être en avoir d'autres, dit la femme en se détournant.
> Hé ! Attend ! dit Folken en la suivant. Attend, dis-moi ce que tu sais sur les gens comme moi !
> Moi ? demanda la femme en s'arrêtant. Pas grand chose, si ce n'est que mon mari est comme toi, démon. Il a donné le jour à nos quatre enfants mais à la différence de toi, il n'est pas un démon… Il est humain.
> Cela n'aurait donc rien à voir avec ma race ? demanda Folken.
La femme le regarda puis elle cligna des yeux et s'éloigna.
> Hé ! Attend ! Comment tu t'appelle !
> Makarissa, dit la femme. Je suis une Amazone. Si tu veux en savoir plus sur ton « anomalie », rends-toi sur le plateau Ostaria, au sommer de la montagne Vista, sur Asguard. Tu y trouveras les réponses que tu veux. Sur ce, bonne route !
La femme prit soudain son élan et disparut dans les arbres qui bordaient le chemin. Folken la suivit mais, trop lourd, il ne put sauter sur la branche suivante et la femme lui échappa telle une ombre.
L'ancien Général Zaibach se laissa retomber au sol, regardant dans la direction qu'avait prise la mystérieuse femme puis il se secoua et regagna la villa.
> Tu en as mit du temps pour rentrer, dit Dilandau en l'accueillant. Tu es rentré à pieds ?
> Oui, j'avais besoin de réfléchir, répondit Folken en suspendant son manteau dans la penderie habillement masquée par un grand tableau représentant un aïeul Shézar. Je vais dans mon laboratoire, préviens-moi quand le dîner est servit et que l'on ne me dérange pas, j'ai du travail à finir pour demain, pour Corason.
> Très bien, dit Dilandau, un peu surprit. Comme tu voudras.
Folken hocha la tête puis il gagna son laboratoire et Dilandau rejoignit Hitomi dans la salle à manger
> Tu en fait une tête, chéri… dit la jeune femme en regardant son compagnon approcher. C'était Folken ?
> Oui, mais il est bizarre… On dirait qu'il m'a caché quelque chose…
> Tu veux j'aille lui parler ?
> Il ne te dira rien, il n'y a qu'Allen qui soit capable de le faire parler, et encore.
> Je peux toujours essayer, ça ne me coûte rien. Si ?
Dilandau haussa les épaules et Hitomi se leva. Elle lui donna Shanna puis quitta la salle à manger en tenant ses encombrantes robes de chaque côté.
> Folken ? demanda-t-elle en frappant contre le panneau de bois. Folken, c'est Hitomi, vous êtes là ?
Le verrou cliqueta alors et la porte s'ouvrit en grinçant légèrement. Hitomi poussa le panneau puis elle entra et trouva Folken assit à son bureau, sur l'un des hauts tabourets, la tête penchée sur des feuilles près desquelles bouillonnaient d'innombrables becs bunsen.
> Folken, je vous dérange ? demanda Hitomi.
L'ancien Général pivota sur son siège en secouant la tête puis il dit :
> C'est Dilandau qui t'envoie ?
> Non… Je… heu, je viens de moi-même, pourquoi ?
> Pour rien, excuses-moi.
Le jeune homme se retourna alors et Hitomi s'approcha.
> Folken, est-ce que tout va bien ? Vous semblez sur vos gardes… Est-ce que vous auriez fait une mauvaise rencontre en rentrant à la maison ? Vous pouvez m'en parler, vous savez…
> Je sais, Hitomi, dit Folken en se redressant. Merci, tu es gentille de t'inquiéter pour moi mais tout va bien, j'accuse simplement le départ d'Allen. C'est tout…
> Vous êtes sûr ?
> Mais oui, puisque je te le dis, dit Folken en souriant à la jeune femme. Aller, ne t'en fais pas, demain ça ira mieux. C'est simplement le premier jour…
> Si vous le dites, dit Hitomi avec un sourire. Bien, le dîner n'est pas encore servit, Dilandau viendra vous chercher quand ce sera l'heure.
> Très bien.
Hitomi lui sourit puis elle lui fit un signe de tête et quitta la petite pièce sombre. Elle retourna dans la salle à manger où Dilandau l'interrogea aussitôt.
> Non, il n'a rien, répondit sa jeune compagne en prenant sa fille dans ses bras. Tout du moins le dit-il.
> T'a-t-il dit la raison ? demanda Dilandau.
> Il dit qu'il accuse le départ d'Allen et que demain ça ira mieux. Mais je ne le crois pas. Je n'ai pas la capacité de sentir quand les gens mentent mais je sens quand ils essayent de dissimuler la vérité. Il y a quelque chose qui travaille Folken, c'est certain, mais quoi, je ne saurais le dire. Lui seul le peut.
> Plus facile à dire qu'à faire, dit Dilandau en faisant la moue.
> Mieux vaut peut-être le laisser tranquille un moment, dit Hitomi. C'est la première fois qu'Allen et lui sont séparés si longtemps, il lui faut un petit temps d'adaptation.
Dilandau haussa les sourcils une seconde puis il soupira et Hitomi engagea la conversation sur un chemin moins épineux.
Au dîner, Folken fut muet. Il se contenta de manger ce que contenait son assiette puis de quitter la salle à manger pour retourner dans son laboratoire. Vers onze heures, il gagna sa chambre, toujours dans le plus grand mutisme, sous les regards étonnés de Dilandau et Hitomi.
Assit sur son lit, Karej endormit contre lui, Folken réfléchissait. Tout en caressant le dos de l'enfant âgé d'un an et demi, il songeait à celui qu'il avait porté durant deux lunes. Alors comme ça, cette faculté à porter des enfants ne serait pas spécifique à la race des descendants du Dieu Dragon ? Voilà une chose intéressante… Mais alors, pourquoi pourrait-il, lui, porter des enfants, et non pas Allen ou même Dilandau ? Et cette femme, Makarissa ? Elle a dit que son mari avait donné le jour à leurs quatre enfants mais qu'il était humain… Qu'elle étrangeté…
> Vista… souffla Folken en regardant par la fenêtre. Où est-ce, j'ai déjà entendu ce nom… Asguard… C'est une colonie Zaibach, ça, mais Vista… Aucune montagne appelée ainsi ne se trouve sur ce territoire au bout du monde… Pourtant ce nom me dit quelque chose, comme si j'y étais déjà allé… Pourtant je pense que j'en aurais le souvenir si j'avais mit les pieds sur Asguard… Une étendue de glace recouverte de neige, ce n'est pas commun sur Gaïa.
Karej soupira dans son sommeil et Folken lui caressa le dos. Il sourit à l'enfant qui suçait son pouce, puis, se levant, il alla le déposer doucement dans son petit lit en osier suspendu près de la fenêtre. Rabattant les moustiquaires, l'ancien Général dit :
> Ton papa sera bientôt de retour, ne t'en fais pas, mon poussin.
Il lui caressa la joue puis ouvrit la fenêtre et sortit sur le balcon. L'air était calme et la nuit semblait s'être endormie. Il n'y avait pas un bruit dans le champ sur lequel donnait la chambre d'Allen et Folken, mais de temps à autres une touffe d'herbe jaune remuait, témoignant que la vie était toujours là malgré l'épaisseur de la nuit et l'absence de lune.
Rentrant dans la chambre, Folken ferma la fenêtre et se dévêtit. Il passa une longue chemise de nuit blanche puis il s'enfila entre les draps frais du grand lit en pensant à Allen.
> Revenez-moi vite, mon amour, je m'ennuie déjà de vous alors que vous n'êtes parti que depuis hier.
Soupirant, Folken se tourna sur le flanc après avoir soufflé la bougie sur la table de chevet. Il tira ensuite les couvertures sur son épaule et ferma les yeux. Il ne tarda pas à s'endormir.
Cependant, à bien des kilomètres de là, à bord du Croisé, Allen veillait. Il avait déjà veillé toute la nuit précédente et il ferait encore une nuit blanche ce soir car il y avait des monceaux de papiers à trier et à ranger. Des papiers nécessaires au bon déroulement de la mission confiée par Aston.
Il était plus de deux heures du matin quand le Chevalier Céleste se décida à faire une pause. Quittant son bureau, il se rendit sur le pont principal sur la pointe des pieds et trouva Gadès accroché à son gouvernail, bâillant largement sans même prendre la peine de mettre sa main devant sa bouche.
> On voit tes amygdales, Gadès, dit Allen en s'approchant de la baie vitrée sombre qui s'était transformée en miroir.
> Mes quoi ? demanda le Capitaine du Croisé, coupé dans son bâillement. Dites Commandant, vous devriez aller vous coucher, vous n'avez pas fermé l'œil depuis hier soir…
> Je ne peux pas dormir, répondit Allen en se tournant vers son Capitaine.
> Vous pensez à Folken ?
> J'ai de quoi, non ? demanda Allen en haussant les sourcils. C'est la première fois que je le laisse à la maison et je ne sais même pas où je vais ni quand je vais rentrer. Il pourrait très bien se passer n'importe quoi avec les enfants, je ne serais même pas au courant.
> Il n'est pas tout seul à la villa, Commandant, dit Gadès sur un ton qui se voulait rassurant. Il y a Hitomi et Dilandau, et aussi tout votre personnel.
> Oui, je sais bien, mais que veux-tu, je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet, dit Allen avec un sourire.
> C'est normal, dit Gadès en renvoyant son sourire à son Commandant. Vous l'aimez, c'est normal.
Allen hocha la tête puis il envoya Gadès se coucher et s'installa à la barre.
L'aube se levait lorsque le Chevalier Céleste commença à fatiguer, aussi, dès qu'un de ses hommes fut levé, il lui refila la barre et alla se reposer dans sa cabine. Il dormit quatre heures d'affilée et fut réveillé par un coup sourd sur la coque qui le fit sursauter.
> Qu'est-ce que c'était ? demanda-t-il en montant sur le pont principal tout en enfilant sa veste.
> Des roches flottantes, Commandant, dit Reedden, qui tenait la barre. L'une d'elles nous a frôlés et un morceau caché derrière a cogné la coque mais je crois qu'il n'y a rien.
> Allez quand même vérifier, dit Allen. Je prends la barre, je suis plus habile pour sortir des champs de roches flottantes.
Reedden hocha la tête puis il passa la barre à son Commandant et avec Gadès ils se rendirent dans les soutes pour vérifier qu'il n'y avait de trou nulle part sur la coque. Il n'y en avait pas mais la coque avait été fragilisée par le choc et ils durent remettre quelques planches à l'intérieur, au cas où.
Pas fâchés d'être enfin sortis du champ de roches flottantes, Allen et son équipage purent se concentrer sur leur route et, mettant toute la puissante des Energistes dans les moteurs, ils gagnèrent plusieurs précieuses heures de voyage, surtout que le temps commençait à changer, et pas en mieux.
Au bout de quatre jours de voyage, les réserves d'eau commencèrent à baisser et Allen décida de faire halte dans la prochaine ville ou le prochain village qu'ils verraient. Cela ne tarda pas et le Croisé se posa sur un plateau creusé dans la falaise et servant de place commune au village troglodyte perché dans la montagne tout autour. Les habitants du vaisseau furent accueillis chaleureusement et on les invita à passer quelques jours sur la terre ferme pour se reposer un peu de leur voyage. Allen accepta après de longues secondes de réflexion et on repartit les Croisés dans les maisons alentours afin qu'ils prennent un bon déjeuner et éventuellement un bon bain.
Allen, lui, fut invité à séjourner dans la maison du chef du village, une modeste maison de taille supérieure aux autres du village, mais contenant un minimum de confort, dont une salle de bain et de l'eau chaude qui parut à Allen comme un luxe qu'il ne pouvait se refuser après quatre jours de voyage.
Rafraîchi et reposé, Allen fut invité à déjeuner, puis à souper par le maître de la maison, en compagnie de la famille de ce dernier. Allen eut donc tout loisir de faire connaissance avec Eva, la fille aînée de la famille et Juo, le cadet, de deux ans plus jeune que sa sœur.
> Eva va avoir vingt ans, Seigneur Shézar, dit le père et chef du village en prenant la main de sa fille dans les siennes. Elle va bientôt se marier, d'ici quelques semaines. Juo à dix-sept ans et, malheureusement pour nous, il est loin de suivre la voie de sa sœur.
> Père, je t'en prie, dit le garçon en fronçant les sourcils. Messire Shézar n'a nullement envie d'entendre nos histoires de famille, j'en suis certain. Après un tel voyage, il doit être épuisé, n'est-ce pas ?
> Vous avez raison, jeune Seigneur, dit Allen avec un sourire en regardant le garçon. Je vais donc prendre congé de vous, Messire Marôn.
> Je vous souhaite donc une bonne nuit, Seigneur Shézar, dit Marôn en inclinant la tête. Juo, accompagne le donc à sa chambre et va te coucher, tu as l'école demain.
> Oui, père, dit le garçon en se levant. Venez, messire, je vais vous montrer votre chambre. Suivez-moi.
Allen suivit le garçon dans un dédale de couloirs et il se demanda sérieusement comment il allait faire pour retrouver son chemin le lendemain.
Comme lisant dans ses pensées, Juo dit :
> Ne vous inquiétez pas, messire Shézar, le chemin pour regagner la salle à manger est plus court dans l'autre sens, mais je vous le montrerais demain matin.
Allen sourit au garçon en hochant la tête puis le garçon s'arrêta devant une porte en bois clair qu'il ouvrit. Il entra ensuite dans la pièce et éclaira les innombrables torches fixées au mur avant de retourner vers la porte en disant :
> Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ma chambre se trouve dans le couloir parallèle à celui-ci. Vous prenez à gauche en sortant de votre chambre, puis sur la droite et encore à droite. Ma chambre et la première porte du couloir, vous ne pouvez pas vous tromper, c'est écrit dessus.
Juo sourit alors et Allen lui souhaita une bonne nuit. Le garçon quitta la chambre puis Allen se coucha dans un vaste lit aux draps frais et il songea à Folken qui devait lui aussi dormir seul dans leur grand lit, à la villa Shézar, à des milliers de kilomètres de là.
