CHAPITRE 2 : LES CHEMINS QUI SERPENTENT

Non, rien n'avait obligé Alix à se rendre à Poudlard pour rencontrer Dolores Ombrage. Ce dossier qu'elle lui apportait… elle aurait pu le lui faire parvenir différemment. Et même… allez, reconnaissons-le… il n'était pas urgent… Mais elle mourrait d'envie de voir ce qui se passait au sein du collège, de se rendre compte de l'attitude de Dolorès et de la situation de Dumbledore.

Simplement… elle se demandait maintenant si réellement, elle n'aurait pas pu attendre une météo plus favorable ! Le ciel déversait des seaux d'eau ! Et malgré le sortilège de l'Impervius, elle était littéralement trempée alors qu'elle n'avait pas parcouru la moitié de l'allée qui montait au château.

« Ca t'apprendra à faire ta curieuse ! » grommela-t-elle intérieurement. Elle grelottait en entrant dans le hall… qui n'avait jamais été particulièrement chaleureux, il fallait bien le dire ! En montant l'escalier et en suivant les couloirs qui menaient au bureau du Professeur de Défense contre les Forces du Mal pourtant, elle ne put retenir un frisson qui n'avait rien avoir avec la température ambiante. A vrai dire, elle n'avait pas tout à fait réalisé jusque-là que Dolores occupait l'appartement qui avait été autrefois celui de Remus. Et c'est avec une appréhension bizarre, qui ne devait rien à la crainte mais tout à l'émotion, qu'elle toqua à la porte et entra en entendant la voix mielleuse de la Grande Inquisitrice.

« Alix, je suis si heureuse de vous voir !

- Bonjour Dolores. » répondit Alix.

Au moins, pensa-t-elle, la nostalgie ne risquait pas de la prendre dans cette pièce… Son décor n'avait plus rien à voir avec ce qu'elle avait connu ! C'était… exactement comme Dolores ! Cette constatation amena même un léger sourire sur ses lèvres… et elle baissa un regard amusé sur la petite femme replète qui s'était levée derrière son bureau.

« Avoir fait tout ce chemin pour me remettre ce dossier… !

- Vous savez ce que c'est… la nostalgie ! Mais vous n'avez pas cours ce matin ?

- Non… figurez-vous j'attends Dumbledore. Il doit me rejoindre d'un moment à l'autre. Il a besoin de me voir parait-il. Je lui ai fait savoir que je serai dans mon bureau … »

Plutôt que de se rendre dans le sien… compléta mentalement Alix. Voilà qui donnait déjà le ton de ce qui se jouait à Poudlard.

« Je ne serai pas longue. Je voulais également vous informer que nous avons reçu quelques courriers de plaintes quant aux cours de défenses contre les Forces du Mal.

- Vraiment ? »

Dolores plissa les yeux.

« Oui… certains parents s'étonnent qu'il n'y ait plus de travaux pratiques….

- Qui ? »

Alix mentit :

« Oh ! je n'ai pas les lettres ici et je ne me souviens plus des noms… Mais que faut-il leur répondre ?

- Mais que le Ministère a défini un programme de connaissances très précis et établit définitivement ce que devront savoir les élèves en sortant de Poudlard…

- Mais on apprend à lancer des sorts qu'en le faisant… tout ne s'apprend pas dans les livres, Dolores… »

Dolores eut un de ces rires agaçants :

« Ma chère, on croirait entendre le Professeur McGonagall ! »

Alix sourit intérieurement… décidément, la vieille chouette et elle…

« Je n'ai pas toujours été d'accord avec Minerva McGonagall, loin s'en faut, mais pour le coup, je n'arrive pas à comprendre comment vous comptez emmener vos élèves aux examens sans les faire pratiquer ?

- C'est parce que vous n'êtes pas professeur ! Si vous étiez professeur, vous sauriez qu'une lecture intelligente et approfondie d'un manuel bien choisi peut être aussi riche d'enseignement que n'importe quelle séance d'entraînement ! »

Alix ne sut s'il fallait en rire ! Elle, un professeur ? Mais Dolores continua, son sourire s'élargissant sur sa voix plus mielleuse encore :

« Mais vous devriez en parler avec Lucius… Lui et moi en avons parlé longuement… pendant votre absence. »

Alix amena sur ses lèvres un sourire faussement complice :

« Lucius et moi sommes très … proches sur … bien des terrains… mais pas sur celui-ci, j'en ai peur. »

Elle laissa passer une minute, le temps de la voir verdir de jalousie… avant de demander :

« Et les inspections se passent bien ?

- A l'heure qu'il est, il y a déjà un professeur à l'essai.

- Lequel ? »

Alix s'attendait à entendre le nom de Rubeus Hagrid.

« Le professeur de divination : Sybille Trelawney »

Oui… cela revenait au même. Personnellement, elle n'avait jamais suivi les cours de divination. Mais elle en avait beaucoup entendu parler.

« J'ai aussi inspecté le Professeur Rogue…Lucius m'en a dit beaucoup de bien.

- Le professeur Rogue est un bon professeur.

- Il parait que vous l'avez bien connu… quand vous étiez ici… »

Y-avait-il une allusion cachée… ? Alix n'eut pas le temps de se poser la question, on toqua à la porte et Dumbledore entra.

Il ne parut pas surpris le moins du monde de trouver Alix avec la Grande Inquisitrice. Il sourit largement à la jeune fille :

« Miss O'Brien, quel plaisir de vous revoir dans ces murs…

- Bonjour Professeur Dumbledore.

- J'ai appris pour votre promotion… je vous adresse mes sincères félicitations… Mais je ne suis pas surpris… La valeur n'attend pas le nombre des années, n'est ce pas ? »

Le sous-entendu était clair ! Elle lui rendit son sourire :

« Je vous remercie, Professeur. En ces temps difficiles où l'on parle de votre âge plus souvent que de votre valeur, ils me vont droit au cœur. »

Une lueur d'amusement brilla dans les yeux bleus du directeur.

« Miss O'Brien, vous n'avez pas perdu votre esprit dans les couloirs du Ministère… c'est déjà ça !

- Assurez-vous donc que le vôtre règne toujours dans les couloirs de Poudlard… avant de vous soucier de ce que devient mon esprit ! »

Il rit doucement. Dolores, qui se sentait probablement en dehors de cette petite joute, intervint avant qu'il n'ait ouvert la bouche pour répondre :

« Professeur Dumbledore, vous vouliez me voir ?

- Je vais vous laisser…

- Mais non, Alix, restez ! »

Il y avait quelque chose de mauvais dans le regard de Dolores.

« Oui. – Dumbledore se tourna vers la Grande Inquisitrice – Le Professeur McGonagall m'a informé du fait que vous n'aviez pas permis à l'équipe de Gryffondor de se reconstituer…

- En effet.

- Puis-je savoir pourquoi ? demanda le directeur, courtoisement.

- Parce que la Maison Gryffondor se montre particulièrement insolente et rétive aux nouvelles règles décidées par le Ministère, Professeur. Et l'équipe de Quidditch en est un magnifique échantillon !

- Je comprends… Toutefois, je pense que vous faites une erreur… le Quidditch, et la compétition annuelle pour la coupe font véritablement partie de l'âme du collège… il est difficilement concevable qu'une des maisons n'y participe pas.

- Mais c'est tout à fait concevable au contraire. Monsieur Potter et ses amis doivent prendre conscience que les lois de Poudlard ont changé…

- Je ne doute pas qu'ils l'aient compris… Et je me permets d'insister. Le collège est fondé littéralement sur quatre maisons. Vous ne l'ignorez pas… Il s'effondrerait si l'un de ses piliers venait à lui manquer.

- Comme c'est joli, ce que vous venez de dire professeur… ! Mais nous ne parlons que de Quidditch ! Ils constitueront une autre équipe l'année prochaine…

- Effectivement, Dolores, nous ne parlons que de Quidditch. J'ai du mal à comprendre le danger qu'une équipe sportive peut représenter pour le ministère… ?

- Oh ! Mais aucun danger Professeur ! – elle rit à nouveau – Simplement, les élèves de cette maison comprendront désormais bien mieux qui est le maître ici…

- J'ai bien peur, Dolores, de devoir vous rappeler que je suis toujours le directeur de Poudlard. Croyez que j'ai le plus grand respect pour votre statut de Grande Inquisitrice – le regard bleu brilla d'une flamme ironique – mais je suis toujours le garant des règles et de l'organisation de cet établissement.

- Oui, mais le décret N°24 stipule que c'est la grande inquisitrice qui dissout les groupes et accorde l'autorisation d'en créer… Je vous rappelle, Professeur, que Monsieur Potter lui-même et quelques uns de ses amis m'ont poussé à prendre une mesure aussi extrême.

- Monsieur Potter désirait seulement constituer un groupe de travail… dans la matière que vous enseignez justement. Vous êtes probablement le premier professeur de cette école à ne pas encourager le travail individuel… Mais il est vrai que vos méthodes sont si… novatrices… qu'on ne voie pas bien ce que vos élèves pourraient apprendre en dehors de vos cours ? »

Le sourire de Dolores se crispa. Dumbledore se tourna alors vers Alix.

« Qu'en pensez-vous Miss O'Brien, vous qui avez été une de nos élèves les plus studieuses… et qui avez enseigné vous aussi les Défenses Contre les Forces du Mal ? »

S'il avait cru la mettre mal à l'aise, il en fut pour ses frais. Alix répondit simplement :

« Je n'ai jamais beaucoup aimé les groupes de travail, Professeur. Quant à l'enseignement de cette matière précisément, Madame Ombrage sait déjà que nos points de vue diffèrent. Pour le reste, c'est à la Grande Inquisitrice de décider… en accord avec le décret d'éducation n°24. »

Dolores reprit de sa voix pointue :

« Vous voyez Dumbledore…

- Toutefois, l'interrompit Alix, toutefois, Dolores, il ne s'agit effectivement que d'une équipe de sport… Vos raisons sont tout à fait légitimes mais si elles ne sont pas exposées clairement aux élèves, cette interdiction peut paraître arbitraire…

- Je n'ai pas de compte à rendre à qui que ce soit sinon au Ministre directement !

- Bien sûr, commença Alix, cependant…

- … entre arbitraire et injuste, il n'y a qu'un pas. » compléta Dumbledore.

Leurs regards se croisèrent pendant une demi-seconde qui sembla surréaliste à la jeune fille. Il y eut un silence. Dolores dit enfin, d'un ton où pointait l'agacement :

« Je vais y réfléchir… Je vous donnerai ma réponse avant la fin de la matinée.

- Très bien. Je vais donc prendre congé – Dumbledore s'inclina légèrement – Miss O'Brien, c'était un plaisir. »

Alix fit un signe de tête et il sortit.

« Vous ne m'avez pas beaucoup aidé ! » remarqua méchamment Ombrage.

Alix sourit avec dédain.

« J'aime pourtant beaucoup vous aider à faire des erreurs, Dolores… mais quand celles-ci n'impliquent que vous. Ici, c'est la crédibilité du Ministère qui est en jeu. Politiquement, vous n'avez pas le droit de vous tromper.

- Politiquement ? Quel grand mot ! Ce ne sont que des enfants !

- Des enfants qui ont des parents, Dolores, et des enfants en passe de devenir des adultes pour la plupart… Interdire un groupe de travail… j'ai déjà du mal à comprendre comment vous comptez justifier ça… mais une équipe de sport ?

- Vous ne saisissez pas, Alix ! Harry Potter est un élément perturbateur puissant. Il peut fédérer autour de lui…. Et il a des contacts avec l'extérieur !

- Tous les élèves ont des contacts avec l'extérieur !

- Oui mais tous les élèves ne sont pas en contact avec Sirius Black ! J'ai tout lieu de penser qu'ils se sont parlé hier, via le réseau de cheminée ! J'ai intercepté la chouette de Potter qui lui donnait rendez-vous… Il n'y avait pas son nom mais je suis sure que c'était lui… »

Sirius Black… quand elle quitta Dolores, quelques minutes plus tard, Alix se demanda pourquoi elle avait frissonné en entendant ce nom. Le portrait de l'évadé d'Azkaban était placardé un peu partout et on en parlait souvent dans les journaux et au ministère… Mais jamais elle n'avait ressenti cette envie soudaine et fulgurante de le rencontrer. Peut-être était-ce le simple fait d'en parler avec quelqu'un qu'elle détestait… dans ce bureau qui avait été celui de Remus… Remus qui lui avait appris que son oncle était innocent des crimes dont on l'accusait.

Elle descendait le grand escalier en se préparant mentalement à affronter le mauvais temps quand elle vit une silhouette noire avancer en longues enjambées souples, sa grande cape flottant dans son sillage. Severus Rogue tourna machinalement la tête vers elle et stoppa net sa course.

« Alix O'Brien ! »

Elle sourit.

« Severus ! »

Oh ! Ca faisait chaud au cœur, soudain, de le trouver là ! Elle descendit rapidement les quelques marches qui la séparaient de lui. Le Maître des Potions ne souriait pas … mais son regard brillait.

« Que fais-tu ici ?

- Quelques dossiers à remettre au… professeur Ombrage. Comment vas-tu ?

- Eh bien… comme d'habitude… Y-a-t-il un moyen d'aller bien quand on passe toute l'année enfermé avec une bande de gamins ignares dont la plupart sont en plus des idiots patentés…

- On n'a pas tous les ans la chance d'avoir une Alix O'Brien comme élève … privilégiée…

- Dieu merci ! Une Alix O'Brien par carrière de professeur suffit largement ! »

Leur vieille complicité renaissait si vite… Ils avaient toujours parlé le même langage tous les deux.

« Tu restes déjeuner ? demanda-t-il brusquement.

- Non, je te remercie mais je n'en ai pas la moindre envie.

- Bon alors, je te raccompagne… »

Ils se dirigèrent vers la porte. Sur le perron, Rogue fit un geste de baguette et un bulle de chaleur les enveloppa tous les deux.

« Je ne sais pas comment tu fais… Je n'ai jamais réussi de sortilège d'Imperméabilité aussi parfait !

- Aurais-je encore quelques petites choses à apprendre à la grande Alix O'Brien ? » demanda-t-il d'un ton sarcastique.

Elle lui jeta un coup d'œil. Lui tendait-il une perche ? Mais le visage de son ancien professeur – et amant – était hermétiquement fermé. Et il était curieusement très rassurant de le trouver aussi inchangé. Une bouffée de tendresse l'envahit. Elle fit quelque chose qu'elle n'avait jamais fait avec lui : elle lui prit le bras. Elle le sentit tout d'abord se raidir, sous l'effet de la surprise, puis se détendre un peu.

« Alors, Professeur Rogue, avez-vous été inspecté ?

- Hier.

- Il est heureux que quelqu'un du ministère s'occupe un peu de vous apprendre votre métier ! ironisa-t-elle.

- Dolores Ombrage a toutes les qualités requises pour cela, n'est-ce pas ? J'imagine que tu as toi-même beaucoup appris à son contact…

- Tu n'imagines pas à quel point ! Et tu n'imagines pas à quel point elle me manque ! »

Ils marchaient lentement, insouciants de la tempête qui faisait rage autour de leur bulle.

« La situation doit être difficile ici… Je viens d'avoir un aperçu de ce que peuvent être les relations Dumbledore/Ombrage…

- Mais à quoi t'attendais-tu ? la coupa-t-il brutalement. Je te connais trop bien Alix ! Tu es venue par curiosité… pour te rendre compte. Les contes pour enfants sont pleins d'écervelées dans ton genre… perdues par leur curiosité !

- La curiosité me fait avancer, au contraire, et tu le sais très bien ! Mais c'est vrai, je suis venue voir…

- Et qu'as-tu vu ?

- J'ai vu le grand Dumbledore se déplacer dans le bureau de la Grande Inquisitrice pour obtenir qu'une équipe de quidditch se reforme !

- Oh ! Une broutille n'est ce pas ? Une gué-guerre ? »

Elle n'aimait pas le ton condescendant qu'il prenait soudain.

« Je ne suis pas assez stupide pour appeler cela une gué-guerre, Severus !

- Alors ton cas est moins désespéré que je ne le pensais ! On t'a mis le cerveau dans du coton, au ministère ? Ou es-tu si occupée avec Monsieur Malfoy que tu ne trouves plus un moment pour l'utiliser ? »

Estomaquée par une attaque aussi directe, elle s'arrêta de marcher et lui fit face.

« Je croyais que Lucius Malfoy était ton ami ?

- Mon amitié avec Lucius Malfoy ne m'empêche pas d'avoir des yeux et de voir ce qui se passe autour de moi ! »

Elle se radoucit immédiatement. Il mettait le doigt juste là où… Elle demanda plus doucement :

« Comment fais-tu pour être l'ami de Lucius et celui de Dumbledore ?

- Tu es une petite idiote ! Quand je pense au temps que je t'ai consacré pour ce pitoyable résultat !

- Je suis sure que Dumbledore est quelqu'un d'important pour toi. Et pourtant tu as l'estime de Lucius… ce qui est rare.

- Je ne suis l'ami de personne ! Tu n'as pas compris ça encore ? Toute relation est basée sur la méfiance ! Lucius ne te l'a pas appris ? »

Sa voix était plus douce toutefois. Elle dit presque à voix basse :

« Je crois que j'ai du mal à intégrer toutes ses leçons… »

Il y eut un silence.

« On ne peut pas être des deux cotés à la fois, Alix. Mais on peut essayer de n'être d'aucun côté !

- C'est ce que mon père avait fait… mais, je ne suis pas sure que ce soit possible. »

Ils arrivaient au portail.

« Quand tu es sortie d'ici, tu voulais changer le monde, petite oiselle prétentieuse que tu étais !

- Oui mais rien n'a changé.

- Toi, tu as changé – il soupira – Ce n'est pourtant pas difficile ! – il avait pris le ton exaspéré et sarcastique qu'il employait avec ses mauvais élèves – d'un côté, il y a nos valeurs et de l'autre… »

Elle le regarda d'un air interrogateur.

« Il faut identifier ce qu'il y a de l'autre ! martela-t-il excédé. Et après tu pourras choisir ! Mais si tu es venue dans l'espoir que je te dise ce que tu dois faire, tu te trompes lourdement. Chacun sa vie et ses problèmes ! »

Elle ne répondit pas. Elle s'apercevait seulement qu'il avait parfaitement raison : elle était aussi venue avec l'espoir de le rencontrer et de trouver une aide auprès de lui. Il la renvoyait sans ménagement à ses problèmes… mais elle sentit une vague de gratitude gonfler son cœur. Il reprit la parole, sans sarcasme cette fois.

« Suis ta voie, comme tu l'as toujours fait ! »

Non, ce n'est pas ce qu'elle avait fait. Et elle avait honte en face de lui. Il dut lire dans ses pensées car il ajouta d'un ton presque négligent :

« Nos chemins à toi et moi sont voués à serpenter… mais ils sont bien plus intéressants que les grandes avenues ! Même si on ne sait pas toujours sur quoi ils débouchent… »

Elle lui sourit timidement et un léger étirement du coin des lèvres lui répondit.

« Je vais continuer à me méfier de toi.» murmura-t-elle.

Elle lui prit la main une minute et il plongea son regard noir dans ses yeux gris clairs. Elle soupira et sortit de la bulle, sans rien ajouter. Comme elle atteignait le portail, elle l'entendit :

« Vraiment ? Que deviendras-tu ? Tu n'es même pas capable de te protéger correctement de la pluie ! »

Elle se retourna et fit un geste. Puis elle franchit le portail et disparut.

Il resta un moment immobile, les yeux fixés sur le vide, puis retourna vers le château. Cette petite…