Disclaimer : Comme d'habitude, rien ne m'appartient ! SAUF : Sam Beckett, Lou Vidal et Rose Fitzwilliam, qui m'appartiennent totalement ;)

Paring : Harry/Draco (principalement)

Rated : MA (Lemon)

Rappel : Cette fanfiction contient des OC (personnages originaux), fait mention de violence physique et morale, eeeet joue un chouïa avec le déroulement de l'oeuvre canon. Ainsi, pour le bon déroulement de cette histoire : Severus Snape, Albus Dumbledore, Sirius Black et Remus Lupin ne sont pas morts ; Cho Chang et Katie Bell sont de la génération d'Harry ; Tout événement sinistre s'est terminé en sixième année ; J'ai pris une certaine liberté avec la composition des équipes de Quidditch.

Nombre de chapitres : 1 prologue, 34 chapitres et 1 épilogue.

Guest (20/04/16) :
Wou ! Merci, ton enthousiasme fait plaisir à voir ! :D Comme tu peux le voir, c'est l'option qui a été retenue :3
Bonne lecture !

Chanoune :
Et le samedi ce fut ! \ o / J'espère qu'il te plaira :)

Toujours un grand merci à celles et ceux qui m'ajoutent en favoris/follow ! ;)

Enjoy !

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- Une semaine d'Enfer -

- Lundi 21 octobre -

Severus se réveilla ce matin-là avec la sensation désagréable de ne pas avoir assez dormi. Probablement parce que c'était le cas. Soupirant, il se redressa dans ses draps et repoussa ses couvertures. Il avait passé la soirée de la veille à finir de préparer l'interrogation surprise de départ en vacances de ses groupes de cinquième année.

Merlin, ce qu'il pouvait détester le lundi. Cette année plus encore. Parce que comme si avoir ses deux groupes de cinquième année le même jour – qui passaient leur BUSEs en juin – n'était pas suffisant, il avait aussi les septièmes années l'après-midi, qu'il devait préparer pour leurs ASPICs. C'était à se demander qui lui avait fichu un emploi du temps pareil… Quoi que ça, il en avait une petite idée. Il se leva et marcha au radar jusqu'à sa salle de bain. Il se mit de l'eau froide sur le visage pour se réveiller, et expira longuement dans sa petite serviette de bain.

Reposant la serviette près du lavabo, il releva les yeux vers son reflet dans le miroir. Est-ce que c'était des cernes ? C'était définitivement des cernes. Il scanna son visage, un moment. Merlin, ce qu'il avait l'air vieux. Il n'avait même pas encore quarante ans, et il avait la sensation d'en paraître cinquante. Est-ce que c'était les cheveux ? Est-ce qu'il devrait se couper les cheveux ? Morgane, pour ses cheveux il devrait commencer par s'éloigner de toute sorte de chaudrons dégageant vapeurs et fumées en tout genre. Vivement les vacances.

En parlant de chaudrons, il faudrait qu'il aille voir Pomona dans ses serres avant la fin de la journée – il serait bientôt à cours de tout un tas de trucs. Il alla vers la douche et enleva sa tenue de nuit. Damn, il n'aurait pas non plus craché sur un système de chauffage un chouïa plus performant. Il alluma l'eau chaude d'abord, l'eau froide ensuite, et prit soin d'être rapide.

Robes défroissées et baguette au chaud dans la poche intérieure de sa cape, Severus sortit de ses appartements en direction de la Grande Salle. Inutile d'aller immédiatement aux serres puisque le professeur Chourave devait encore être au Château pour le petit déjeuner. Et puis sans compter qu'il n'était pas à ce point pressé. Par contre, Merlin, il avait vraiment hâte de prendre ce café du matin.

Il entra dans la salle en question, et soudain regretta son enthousiasme pour ce café. Les élèves semblaient survoltés. Et puis il se souvint qu'Halloween approchait, et que c'était le cas tous les ans. Soupirant, il se dépêcha de contourner les tables pour pouvoir aller s'asseoir à la table professorale. Il y avait déjà Albus – bien sûr – Minerva, et en réalité tout le monde à l'exception de Lupin, qui devait s'offrir une grasse matinée involontaire. Severus eut un rictus. Ce ne serait pas lui qui lui enverrait une note pour le réveiller.

Il perdit son sourire, aussi petit eut-il été, en faisant entrer son premier groupe de cinquième année dans sa classe. Ils étaient surexcités, Severus ne pouvait que craindre pour leurs résultats.

-Silence, ordonna-t-il pour faire cesser les jacassements.

Ses élèves s'assirent et il fit rapidement voler vers eux leurs sujets de devoir. Il y eut un oooh de déception commun à Serpentard et Gryffondor, mais c'était loin d'être son problème. S'ils voulaient avoir leurs BUSEs, il fallait qu'ils soient à la hauteur.

-Vous disposez des deux heures, annonça-t-il. Vous avez une partie pratique et une partie théorique, gérez votre timing. Il est huit heures trente-deux, rendu des copies et des chaudrons à dix heures trente-deux.

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Le fait d'avoir deux groupes de la même année à la suite avait un avantage : impossible pour eux d'avoir le temps de se refiler les consignes ou les réponses d'un devoir surprise. Mais il y avait aussi un sacré désavantage : le deuxième groupe ne pouvait entrer que lorsque le premier avait fini, Severus devait changer les chaudrons et les ingrédients des tables aussi rapidement que possible, et son deuxième groupe – qui empiétait déjà sur une heure de déjeuner – sortait forcément plus tard que pour un cours normal.

C'était ce à quoi il pensait alors qu'il remontait vers le rez-de-chaussée et la Grande Salle pour le repas du midi, à déjà une heure moins le quart et des poussières. Son ventre grogna, il en fit de même. Saloperie de lundi. Dire qu'il avait les septièmes années dans à peine plus d'une heure… c'était à souhaiter ne jamais s'être levé.

-Pomona, interpela-t-il en arrivant à table. Avant de reprendre les cours de cet après-midi, j'aimerais vous solliciter pour refaire quelques-uns de mes stocks si ça ne vous ennuie pas.

A vrai dire, il s'en fichait un peu que ça l'ennuie ou pas : il avait besoin de ces stocks. Elle eut le sourire de quelqu'un qui aurait pu, aussi, mieux dormir cette nuit-là.

-Pas de problème Severus, mais dépêchez-vous de manger parce que je reprends avec les troisièmes années dans trois quart d'heure.

C'était ainsi. Lui finissait normalement une demi-heure après le début du repas, elle reprenait une demi-heure avant. Résultat, il mangea en vingt minutes et se dépêcha d'aller retrouver sa collègue dans les serres de l'école. Il remarqua quelques plantes sous grillage qui ne l'étaient pas avant, mais ne dit rien pour ne pas subir d'explication.

-Voyez ça ? Fit Pomona en pointant du doigt lesdits grillages. Obligée de protéger mes spécimens ! Les élèves sont de plus en plus maladroits, ou de moins en moins respectueux – allez savoir.

Il se retint de lever les yeux au ciel, il n'avait pas comblé assez de sommeil pour supporter cette conversation. Elle alla en arrière cours pour lui chercher ce dont il avait besoin. Il avait énormément de respect pour ses collègues, mais certains jours il manquait cruellement de temps et d'envie de les écouter se plaindre.

-Rien que ce matin, continua Chourave en revenant avec deux caisses empilées l'une sur l'autre. Un élève de septième année a assommé une de mes Grandes Dionées !

Severus se retourna dans la direction qu'elle lui indiquait. Une plante carnivore en bac, de bien un mètre cinquante de haut. Si Severus avait bonne mémoire, c'était le groupe de septième année de Serpentard et de Serdaigle que sa collègue avait en premier ce jour-là – il le savait, bien sûr, parce que Draco en faisait partie. Connaissant le spécimen de la plante, cela dit, il était persuadé que lui aussi aurait frappé la chose si elle l'avait attaqué de front.

-Et voilà, fit sa collègue en poussant les caisses vers lui – et du même coup regagnant son attention. Mandragore, aconit, sisymbre, chou mordeur, raisin de couleuvre, champignon sauteur, belladone. C'était tout ?

-Oui, merci Pomona.

-Pas de soucis ! Maintenant oust, ils ne vont plus tarder.

Il sortit sa baguette, fit léviter les caisses devant lui et quitta les serres. Hors de question de porter tout ça à bout de bras jusqu'au château. Mieux valait garder des forces, la journée était loin d'être terminée.

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- Mardi 22 octobre -

Debout devant le miroir de sa salle de bain, Severus se dit que non. Non, ce n'était pas les cheveux qui lui donnaient l'air vieux. C'était la fatigue, et le stress. Il n'y avait pas idée d'avoir choisi sa voix dans l'éducation.

Ce matin-là, il retrouvait les septièmes années de Serdaigle et de Poufsouffle qu'il avait quitté la veille en soirée. Il ne doutait pas que eux non plus n'aimaient pas l'idée de le revoir tout de suite – c'était comme avoir quatre heures de cours à suivre, coupées par une pause « dîner et nuit ». Vraiment pas des plus agréables, comme impression. Et pour couronner le tout, il poursuivait avec deux heures de sixième année – ce qui le faisait finir à midi et demi de nouveau.

Merde. La pensée venait de l'effleurer qu'il n'avait pas fini les sujets de devoir des septièmes années, justement. Mais c'était ses dernière deux heures avec Serdaigle et Poufsouffle, son dernier cours de la semaine avec eux ne durait qu'une heure et demie. Merde, merde, merde. Est-ce que ça voulait dire qu'il devait se dépêcher de finir les sujets pour les donner aux Serpentard et Gryffondor le lendemain pour leur propre heure et demie ? Ou est-ce qu'il les lâcherait vendredi une demi-heure plus tôt ? Damn, Severus n'aimait pas faire ça. Mais il ne pouvait décidemment pas leur laisser une demi-heure de plus que les autres – et il n'aurait pas le temps ce soir de terminer leur sujet.

Non, il n'aurait jamais le temps. Il devait déjà corriger son premier groupe de cinquième année, pour leur rendre leurs résultats mercredi avant qu'il ne les voit plus avant les vacances.

Quoi que… Ce ne serait pas si mal de lâcher son groupe de septième année une demi-heure plus tôt vendredi : ça lui ferait une pause avant de se replonger dans la bêtise maladive de ses deux groupes de première année. Soudain remotivé, il finit d'un coup d'un seul son grand bol de café et quitta la Grande Salle pour aller ouvrir sa salle de classe.

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La pause de midi vint et Severus avait un mal de crâne à réveiller un comateux. Toute motivation envolée, il se traîna jusqu'à la table des professeurs et commença par verser quelques goûtes d'anti-migraine dans un verre d'eau, qu'il but immédiatement. Vivement qu'il fasse effet.

-Ton filleul m'inquiète Snape.

Remus se laissa tomber sur la chaise à côté de lui et Severus grimaça sous le bruit que firent les quatre pieds de bois sur le parquet. Allons bon, qu'est-ce que Draco pouvait bien avoir dit ou fait qui avait attiré l'attention de Lupin au point de venir lui en parler… Severus rouvrit soudain les yeux. Cela voulait-il dire que ses soupçons étaient fondés, Draco était dans une mauvaise passe ? Il se retourna vers son collègue qui se servait déjà une part de gratin de potiron.

-Il ne t'a rien dit sur quelque chose qui pourrait, je ne sais pas, le perturber ? Demanda Remus, concerné.

Severus sentit son rythme cardiaque augmenter, de pair avec son inquiétude pour le garçon.

-Pourquoi, qu'est-ce qu'il a fait ?

L'anti-migraine commençait à faire effet et il n'aurait pas pu demander un meilleur timing. Remus repoussa le plat, se servit un verre d'eau, tout ça l'air très concentré sur la réponse qu'il s'apprêtait à fournir :

-C'est plutôt ce qu'il ne fait pas qui m'inquiète, à vrai dire.

Remus se rendit compte alors qu'il n'avait pas de fourchette, regarda à droite, à gauche, souleva son assiette et réfléchit un instant, avant de remarquer qu'il l'avait laissée dans le plat à gratin. Il étira le bras pour le rapprocher de lui de nouveau et récupérer son couvert, avant de se lancer à la recherche d'une serviette en papier. Severus fronça les sourcils.

-Comment ça ?

Vu l'effort que mettait Lupin pour avoir cette conversation tout en se dépêchant de se mettre à manger, il devait avoir cours avant quatorze heures – et vu qu'ils étaient arrivés en même temps, c'était non pas une demi-heure qu'il devait perdre sur le déjeuner, mais une heure entière.

-Il ne fait plus aucun duel en classe, lui répondit-il en allongeant le bras vers une petite serviette carrée. C'est comme si… enfin je ne sais pas, c'est comme s'il y avait quelque chose qui l'en empêchait. Ça a commencé avec Potter, et maintenant il préfère ne plus participer du tout.

Severus détourna les yeux vers la table des Serpentard, pensif. Alors c'était vrai, il avait vu juste. Quelque chose n'allait pas dans sa vie, en ce moment. Si seulement il voulait bien lui en parler… Lupin continuait.

-Et ça m'embête, t'imagines bien, parce qu'ils ont quand même une épreuve pratique à la fin du semestre.

Il mit enfin sa première fourchetée de gratin dans sa bouche et regretta un instant d'avoir vu si grand. Il mit un effort considérable à la mâcher puis à l'avaler, avant de se rendre compte que Severus ne lui avait rien répondu et de se retourner vers lui, ignorant sa soif soudaine :

-Tu m'écoutes ?

Snape répondit un vague hm-hm, essayant de voir s'il fallait qu'il retourne vers Draco ou s'il devait attendre qu'il fasse le premier pas vers lui. Après tout, il ne pouvait pas l'aider si Draco n'en avait pas envie. Il vit du coin de l'œil Remus se servir un grand vers d'eau, se demanda si leur conversation était terminée. Mais elle l'était surement parce que son collègue ne parla plus un instant, se contenta d'engloutir son repas et de quitter la table avant lui. En partant, tout de même, il lui lança :

-Et pense à ce que je t'ai dit !

Evidemment qu'il y penserait. Qu'il y pensait, d'ailleurs. Il soupira. Ça c'était une nouvelle dont il serait bien passé. Pour être honnête il n'avait qu'une hâte, que sa journée se termine. Mais ce n'était pas encore gagné : non seulement il enchaînait trois niveaux dans l'après-midi, mais en plus son dernier groupe de la journée était la deuxième partie de ses sixièmes années, qui dépassait des horaires jusqu'à la demi des six heures.

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- Mercredi 23 octobre -

A ce rythme-là, jamais il ne tiendrait jusqu'au week-end. Il avait passé la soirée de la veille à finir la correction des devoirs des cinquièmes années, et à avancer sur le sujet de ses septièmes. Il faudrait aussi qu'il pense à préparer un cours ultra-structuré pour la dernière heure de ses deux groupes de première année vendredi soir. Sinon, ils seraient infernaux avant le départ en vacances. En attendant, Severus soupira, et but une autre gorgée de son café chaud.

Mieux valait faire le plein d'énergie, il commençait avec une heure et demi de septième année, Gryffondor et Serpentard. Peut-être l'occasion de garder un œil sur Draco, mais surtout la dernière heure de cours effectif qu'il allait avoir avec eux avant les vacances puisqu'il comptait leur mettre un devoir sur l'horaire de fin de semaine.

-Severus, un mot ?

Minerva McGonagall poussa un peu son propre bol pour le rapprocher de lui et changea de chaise pour celle qui restait vacante entre eux. Elle avait l'air de seulement avoir remarqué sa présence à la table. Ce qui n'aurait pas été étonnant, puisqu'il n'était pas non plus dans ses habitudes d'arriver en grandes pompes.

-Je vous écoute, dit-il en reposant son café.

C'était plutôt rare, à vrai dire, que Minerva ait l'air aussi concernée dès le petit déjeuner. La vérité était qu'elle avait eu les Serpentard de septième année la veille et qu'il y avait quelque chose qu'elle devait lui dire avant qu'il les ait ce matin-même.

-Vous feriez sans doute mieux de garder un œil sur Miss Vidal aujourd'hui.

Et même, jusqu'aux vacances, ajouta-t-elle – et Severus fronça les sourcils. Elle aussi la trouvait louche ? Voilà qui était réconfortant. Et… en un sens… inquiétant… Sa collègue lui décrivit son attitude, en classe mais aussi à l'extérieur, et elle se demandait même si elle n'était pas en train d'entraîner Monsieur Zabini sur une mauvaise pente.

-Comme il est préfet de votre maison, je trouvais important de vous en parler, précisa-t-elle les lèvres pincées.

Lui aussi avait remarqué les messes-basses et les manigances. Cela dit, rien d'étonnant pour les amis de Draco, surtout s'ils voyaient eux aussi son manque de moral. A moins que ça eut été l'origine, et non la conséquence de son état… ? Hm. Il plissa un peu les yeux, réfléchissant, alors que Minerva quittait la table professorale.

Il devrait garder l'œil ouvert.

En attendant, il avait un café qui refroidissait. Et il ne fallait pas qu'il néglige ses autres niveaux – les cinquièmes, quatrièmes et troisièmes années, qu'il avait ce jour-là aussi dans la foulée. Et même, particulièrement ses deux groupes de troisièmes années… il ne les avait qu'une fois par semaine, mais il y avait là deux ou trois élèves qui ne pouvaient pas s'empêcher d'être dissipés.

Severus grogna en pensant au fait que ses élèves trépignaient à l'approche des vacances, alors que lui passerait la semaine d'Halloween enfermé à Poudlard à corriger des copies. Cette semaine ne pouvait pas être plus frustrante que ce qu'elle était déjà.

Et encore, ça, c'était ce qu'il pensait avant d'avoir eu cours ce jour-là.

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- Jeudi 24 octobre -

La veille avait été infernale, les troisièmes années insupportables, et les sixièmes années qu'il avait eu en début de matinée étaient des abrutis. Dans la salle de classe du professeur Snape, à dix heures et demie du matin, on sentait bien que pour l'homme en noir le week-end semblait encore loin.

-On s'assoit, on sort un rouleau de parchemin, une plume, et c'est tout.

Les chaudrons des élèves avaient été préalablement installés sur les tables par ses soins, ce serait un travail individuel. Il plaça les amis loin les uns des autres, énonça les consignes, fit apparaître au tableau les questions et la recette qu'il évaluerait. Il préférait son groupe de Serdaigle-Poufsouffle de septième année à celui de Serpentard-Gryffondor. Sans offense aucune pour les élèves de sa propre maison, mais la dynamique était bien plus souple dans ce groupe-ci. Et puis les élèves avaient moins tendance à vendre la mèche pour l'énoncé.

-On ne peut pas déborder alors vous avez une heure et demi à partir de maintenant. Il est dix heures trente-quatre, rendu des parchemins et des chaudrons à midi quatre.

Au moins il ne déjeunerait pas trop tard. Et c'était une consolation sinon maigre du moins appréciable après cette insupportable semaine de pré-vacances. Quelques élèves se mirent immédiatement à noter les questions alors que d'autres commençaient à faire chauffer leurs chaudrons. Il laissa ses yeux balayer la salle. Eh bien, il pouvait déjà dire qui finirait dans les temps et qui serait rattrapé par la montre.

Il hésita un instant à aller s'asseoir à son bureau ou à passer dans les rangs, mais il se dit que se dégourdir un peu les jambes serait peut-être mieux que d'aller se planter tout de suite sur sa chaise. D'autant plus qu'il ne pourrait pas corriger, il devait garder un œil sur ses élèves – hors de question qu'on triche sous sa garde.

Et d'ailleurs il fit bien, parce qu'il ne passa même pas dix minutes avant qu'il ne voie une petite note volante dans le passage médian entre les tables. Il fronça les sourcils, augmenta la vitesse de ses pas et se dépêcha d'aller intercepter le message volant. Le changement soudain du rythme de ses pas alerta ses élèves, qui levèrent les yeux vers lui – étonnés.

-Je vous préviens, fit Snape de sa voix la plus autoritaire. Je vais ouvrir cette note, et si par malheur elle appartient à l'un d'entre vous, vous pouvez être assurés que cet élève aura des comptes à rendre pour tricherie en ASPICs blanc auprès de Dumbledore lui-même.

Il put presque voir sa classe frissonner devant lui. Quelques-uns cependant replongèrent bien vite dans leur examen – et ils avaient raison parce qu'ils n'avaient pas tant de temps que ça. Severus, le pas sec, remonta vers son bureau et déplia la note. Il fallait bien l'avouer, que l'un de ses élèves n'ait eu ne fut-ce que le cran d'essayer d'outrepasser sa vigilance l'enrageait au plus haut point.

« Mon Amour, »

Oh. Severus releva les yeux vers sa classe. Tous s'étaient remis à travailler, voilà qui l'arrangeait bien. Sa colère était retombée, et bien retombée.

« Mon Amour,

Je sais que tu ne rentres pas pour les vacances… Je suis dans tes appartements. Je t'embrasse. Là, là, et là aussi… »

Il rougit, pria pour que ça ne se voie pas et glissa le petit mot, bien à l'abri, au fond de sa poche.

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La semaine n'aurait pas pu mieux se dérouler, Sam était extatique. Il était déjà midi et les professeurs Chourave et McGonagall leur avaient rendus leurs devoirs de la veille. Elle s'était bien moins raté que ce qu'elle aurait cru. Même, elle avait géré ! Elle savait par Lou que Binns ne donnerait pas d'interrogation cet après-midi – ce qui était une bonne nouvelle, parce que ses prises de notes laissaient franchement à désirer et qu'elle n'avait donc jamais relu son cours.

C'était encore possible qu'ils aient quelque chose de noté en Sortilège le soir venu, mais pour ça Sam ne s'inquiétait pas trop, les sortilèges elle ne maîtrisait pas trop mal. Par contre, une bonne nouvelle, c'était du côté du cours de Potion ! Snape prenait toujours deux heures pour ses devoirs et le premier groupe avait eu ses deux dernières heures la veille : rien ! Pas même une question ! En enlevant Potion de l'équation et en pensant – avec raison – que la participation aux duels du professeur Lupin compterait dans la note finale, pour l'instant Sam avait une moyenne de semestre plutôt géniale.

…Mais Rose s'apprêtait à casser son ambiance. Elle remontait des cachots quand elles se croisèrent pour la première fois de la journée devant les portes de la Grande Salle, pour aller déjeuner, et elle n'eut besoin que de deux mots :

-Devoir surprise.

-Quoi ?

Et le cri de surprise de Beckett fut aussi passablement indigné. Elle qui avait pensé à tout, n'avait pas pensé à ça : Snape était, en fait, imprévisible. Elle n'y crut pas tout de suite. Après tout, c'était tout-à-fait dans la nature de Rose de jouer avec ses doutes. Mais enfin bon… il fallait se rendre à l'évidence.

-Une demi-heure pour la première partie de la potion, trois quart d'heure pour répondre aux questions, et puis un quart d'heure pour finir la potion après cuisson.

La préfète de Gryffondor soupira lourdement. Ça voulait dire que le timing était important. Ugh, c'était pire que tout.

-Et la potion, c'est quoi ? Tenta-t-elle.

-Alors ça, tu peux être sûre que je ne te le dirai pas !

Sam grimaça, elle se doutait un peu que Rose dirait ça. Elle pouvait toujours chercher quelle potion mettait trois quart d'heure à pré-cuire, mais combien d'effort à déployer pour si peu de chance de tomber sur la bonne. Et puis, les instructions de Snape pendant les devoirs n'étaient pas si vagues, si… ? Si ? Elle soupira de nouveau.

-Je n'ai pas vraiment besoin des Potions pour mes ASPICs de toute façon.

Rose eut un petit rire, ne la soutenant pas le moins du monde. Dumbledore était en train de s'avancer sur l'estrade, ça sentait l'annonce de début de repas. Bougonnant légèrement, Sam alla retrouver ses amis à la table rouge et or. Ça ne faisait rien, elle n'allait pas laisser les plans de Snape mitrailler sa bonne humeur : bonne semaine c'était, bonne semaine ça resterait.

-Un petit mot, chers élèves, pour vous rappeler que l'école organise de nouveau une sortie au village de Pré-Au-Lard pendant les vacances pour ceux d'entre vous qui restent au château. Pour les mineurs, n'oubliez pas d'apporter de nouveau l'autorisation signée de vos parents !

Alors Sam se ratatina sur son banc. Elle n'eut pas même besoin de lever les yeux vers la table de Serpentard pour savoir que Lou se foutait de sa gueule. Elle leva les yeux au ciel et – ignorant les commentaires moqueurs de June et de Lise sur son assignation à résidence – elle se servit une grosse portion de hachis Parmentier. Au moins lui ne la décevrait pas.

-Motivé pour l'after de demain ? Demanda Blaise à Draco à la table de Serpentard.

-Evidemment, répondit Harry à Ron à la table de Gryffondor.

Evidemment.


Voilà voilà ! Comme c'était tout le principe du deal, j'imagine que ça ne vous étonne pas trop qu'il ne se soit pas passé grand chose... ^^' Cependant ! Car il y a un "cependant". x) La semaine prochaine devrait arranger tout ça !

Je reprends donc ma publication du mercredi, et vous dis à très vite (27/04/16) pour le chapitre 26 ! :)

Ciao ciao !
Chip.