Chapitre 26 : Paradis sombre

Mme Giry s'affairait dans l'appartement. Deux malles ouvertes sur son lit, elle était occupée à terminer de préparer les bagages. Ils étaient minces, en vérité. Christine n'avait rien ramené mis à part l'unique robe qu'elle portait. Toutes ses affaires se trouvaient à l'Opéra… et Mme Giry lui avait prêté deux ou trois robes que Meg n'avait pas emportées en épousant Raoul. Quant à ses propres biens, elle ne possédait pas grand-chose. Elle aussi avait beaucoup perdu dans l'incendie… Mais elle n'était pas matérialiste… Elle avait toujours su se contenter de peu. Elle mit au-dessus de ses robes les photos qu'elle avait réussi à sauver : celle de son défunt mari, celles de la jeunesse de Meg ainsi qu'une photo d'elle prise pour ses 14 ans, le jour où elle avait sauvé Erik.

Oh, qu'il était dur pour elle d'essayer de se montrer forte, de ne pas verser une larme. Elle s'était abandonnée à son chagrin ce matin même, lorsqu'elle avait vu son « frère » mourir. Mais, à présent, elle se devait de contrôler ses émotions. Elle l'avait fait pour Meg, lorsque son mari était mort. Elle s'était renfermée derrière un masque de froideur de d'intransigeance qui se mariait parfaitement bien avec son travail de chorégraphe. Elle se devait de faire la même chose pour Christine…

Malgré tout, ses mains tremblaient. Elle s'énervait de ne pas plier correctement ses robes, de ne pas trouver sa canne avec laquelle elle enseignait, alors qu'elle était toujours à sa place habituelle… C'était très difficile. Trop difficile. Et toujours, Christine qui fredonnait dans un murmure…

A bout de nerfs, Antoinette referma avec grand bruit les malles. Elle noua les attaches si fort pour arrêter ses tremblements, pour canaliser sa colère, contre elle-même, contre Raoul, contre le monde entier de ne pas avoir réussi à sauver Erik que les jointures de ses doigts étaient complètement blanche.

Elle ferma les yeux et inspira profondément pour essayer de se calmer. Leurs affaires étaient prêtes mais elle avait encore beaucoup à faire avant leur départ. Elle quitta sa chambre et se rendit au salon pour rejoindre Christine. Celle-ci était assise sur une chaise et regardait d'un air absent au dehors. Elle n'avait pas quitté sa cape de voyage et se balançait lentement d'avant en arrière sur le rythme lent qu'elle continuait de fredonner sans s'arrêter.

Mme Giry s'approcha lentement et s'agenouilla à côté de sa fille adoptive.

« Christine ? répéta-t-elle, encore une fois. »

Celle-ci ne répondit toujours pas, ne cilla pas. Elle continuait de chantonner pour elle-même.

La chorégraphe en était effrayée… Christine semblait avoir plongé dans la folie…

Lorsqu'elle l'avait recueillie à la mort de Gustave Daaé, la fillette de sept ans était à peu près dans le même état. Elle était réservée comme frappée de mutisme mais la chorégraphe savait qu'Erik l'avait immédiatement pris sous aile et dès lors, elle avait repris goût à la vie. Mais maintenant que son Ange l'avait quittée à jamais, que pouvait-elle faire pour l'aider à se relever ?

« Christine, reprit-elle d'un ton plus sec. Il faut que je finisse de préparer notre départ. Meg nous rejoint à 21 heures. Il me faut régler quelques détails avant cela… »

Toujours aucune réaction de la part de la jeune fille…

« Il faut que je me rende dans l'antre d'Erik pour récupérer l'argent qu'il avait. Il est à toi désormais… »

Christine cessa son balancement et son fredonnement au nom de son mari. Antoinette, encouragée par ce début de réaction, continua :

« Je connais sa cache. Il m'a expliqué où elle se trouve. Puis, il me faut aller rue des Tisserands pour récupérer César et le fiacre et voir ce que je peux faire d'Arpège et de Neige… Je vais essayer de les vendre ou de les donner à quelqu'un d'honnête. Nous ne pouvons les emmener avec nous. Je conduirai le fiacre le temps de notre voyage. Nous n'avons pas les moyens de continuer à louer les services d'un cocher comme nous l'avons fait ces derniers jours… Veux-tu venir avec moi ? »

Christine resta muette, un long moment, tout en ignorant sa mère adoptive.

« Il faut que je m'en aille, Christine… Je reviens très vite. Je te le promets… »

La chorégraphe, pourtant peu encline au geste d'affection, entoura de sa main la joue de la jeune soprane mais cette dernière garda son regard fixé à la fenêtre.

« Tu verras tout s'arrangera, lui dit Antoinette pour essayer de la consoler. »

Elle ramassa, près de la chaise de Christine, sa cape de voyage et avant de partir, elle crut entendre un léger murmure :

« Mon Ange… Mon Ange est parti… Je n'entends pas sa voix… Je ne l'entends pas… »

La chorégraphe fit demi-tour pour revenir vers elle.

« Qu'as-tu dit, ma fille ? lui demanda-t-elle. »

Mais Christine redevint taciturne et reprit son balancement. Mme Giry, effrayée de ne pouvoir rien faire pour calmer le choc de la jeune femme, se hâta jusqu'à la porte de l'appartement.

« Je vais fermer la porte derrière moi, comme cela tu ne seras pas importunée. Et, je t'en supplie Christine, ne fais rien en mon absence que tu pourrais regretter. »

Elle jeta un dernier regard à sa protégée avant de partir. Celle-ci avait déjà repris son fredonnement.

Mme Giry fut parcouru d'un frisson. Elle avait un mauvais pressentiment. Il ne fallait pas qu'elle laisse Christine seule trop longtemps. Elle se hâta donc de sortir de l'immeuble et se dirigea d'un pas rapide vers l'Opéra.

Arrivée près de la place de l'Opéra, elle prit une rue adjacente pour prendre l'entrée du passage secret qu'elle connaissait bien. Erik avait été si astucieux que même les enquêteurs de la Police n'auraient pu retrouver son repaire sans aide. Elle espérait seulement qu'après son arrestation rien n'avait été abimé. Elle prit une torche au passage et l'alluma. Elle s'enfonça profondément dans les entrailles de l'Opéra.

Lorsqu'elle arriva dans l'antre, pourtant, tous ses espoirs s'envolèrent en fumée. Sa stupeur était telle qu'elle ne put s'empêcher de lâcher un petit cri d'étonnement. L'antre était vide… Il n'y avait plus rien. Il n'y avait aucune trace de pillage, rien de détruit… Il n'y avait seulement rien mis à part l'orgue imposant qui trônait, comme un roi solitaire dans un château sans vie. Que cela voulait-il dire ? Qui avait fait ça ?

Inquiète, elle se rendit dans l'annexe où Erik et Christine s'étaient terrés. Oui bien sûr, elle connaissait aussi cette cache, comme beaucoup de secrets d'Erik, elle était dans la confidence de l'existence de ce lieu de repli. Les meubles étaient là comme si son protégé n'était jamais parti. Elle examina les portes menant à la bibliothèque et à la pièce où il rangeait ses habits de Fantôme. Elles étaient toutes deux entrouvertes. Prudemment, elle entra dans la bibliothèque et à son grand étonnement, celle-ci aussi était déserte. Plus aucun livre ne trônait sur les étagères… Intriguée, elle se précipita vers l'autre salle. Il n'y avait également plus de trace d'habit, les mannequins étaient nus… plus de perruques, plus de masques…

Mme Giry était complètement perdue. Il n'y avait aucune trace d'effraction sur les portes alors qu'elle savait qu'Erik les fermait autrefois toujours à clé. Elle dut s'assoir à la table de cuisine pour mettre ses idées en ordre. Que signifiait tout cela ? Elle se mit à réfléchir…

Qui connaissait l'existence de ces lieux ?

Si la Police avait perquisitionné tout cela, il en aurait été fait mention pendant le procès.

La Carlotta ? Elle n'avait pas besoin de cela et, d'ailleurs, la connaissant cette diva aurait tout détruit.

Il y avait bien Raoul… son « gendre » aurait-il eu l'audace de dépouiller ce lieu ? De le rendre stérile comme si Erik n'avait jamais existé ? Elle ne comprenait pas bien son dessein, si cela était vraiment le cas…

Et si seulement… Une étincelle d'espoir jaillit soudain en elle… S'il s'agissait d'Erik ? Il lui aurait laissé quand même un message pour la prévenir. Elle le connaissait assez pour ça. Se pourrait-il qu'il soit quand même vivant ? Elle se remémora la tragédie du matin, son corps se balançant dans le vide… C'était lui qui avait été pendu. Elle l'avait bien reconnu. Alors aussi rapidement qu'elle était apparu la flamme de l'espoir s'éteignit dans son cœur.

Il fallait pourtant qu'elle éclaircisse ce mystère mais le temps pressait. Christine seule, Meg qui devait la rejoindre dans peu de temps et tout ce qui lui restait à faire… Elle se leva et se dirigea vers le lieu qui abritait la raison de sa venue.

Arrivée dans la chambre des miroirs, elle se souvint des paroles d'Erik, lorsqu'elle lui avait rendu visite la veille de son procès.

« Actionne le mécanisme trois fois à l'envers »

C'est ce qu'elle fît. Un des miroirs qui lui faisait face pivota sur lui-même et laissa place à une niche assez grande. Le cœur de Mme Giry manqua un battement car cette cache aussi était vide… Ce n'était pas possible… Qui avait fait ça ? Qui pouvait connaître cette cache en dehors d'elle et d'Erik…

Comment allait-elle faire pour subvenir aux besoins de leur voyage ? Elle espérait que Meg prendrait un peu d'argent avec elle…

Bouleversée, abattue et surtout très contrariée par ce qu'elle venait de découvrir, elle mit un moment pour entendre des voix et de la musique au-dessus de sa tête. Elle se ressaisit soudain. La chambre des miroirs donnait juste au-dessus du palier intermédiaire du grand escalier du hall d'entrée de l'Opéra. Que se passait-il ?

Dépitée, elle sortit de l'antre et rebroussa chemin mais sa curiosité piquée au vif, elle entreprit de se rendre sur la place de l'Opéra Populaire pour découvrir quelle était l'origine de ces bruits plutôt festifs… Le soleil baissait très lentement à l'approche de l'équinoxe d'été. Il était près de 18h30. Des fiacres allaient et venaient, des carrosses aux portières arborant des armoiries s'arrêtaient pour déposer leurs nobles propriétaires.

Mme Giry se serait crue revenue quelques mois en arrière avant que la vie de tous ceux qu'elle chérissait ne se transforme en drame.

Elle s'avança d'un pas résolu, fermement décidé de savoir ce que tramaient André et Firmin. Elle dépassa les mondains qui attendaient patiemment d'entrer. Ils semblaient tous tenir une invitation à la main. Malgré les remarques de certains sur son impolitesse à ne pas attendre derrière les autres, la chorégraphe fit la sourde oreille. Elle appartenait toujours à l'Opéra, même si ses plans étaient tout autres à présent.

« Le Comte et la Comtesse de Cherbourg… Oui vous pouvez entrer… dit un homme qui s'occupait de vérifier les invitations. »

Mme Giry vint se poster devant ce dernier. Lorsqu'il leva le nez de ses papiers, l'homme blêmit.

« - Madame… Giry… dit-il d'un ton légèrement embarrassé.

- Bonjour, Fernand, répondit-elle d'une voix impassible mais assez ferme.

- Que… Que faites-vous ici ? Que voulez-vous?

- Et bien il se trouve que je voudrai entrer…

- Mais… Mais… Vous n'êtes pas sur la liste des invités. Je ne peux pas… J'ai eu des ordres stricts.

- Des ordres ? s'exclama Antoinette. Fernand, écoutez-moi, je fais partie de l'Opéra Populaire depuis plus longtemps que vous. J'ai le droit de rentrer…

- C'est qu'il s'agit d'une réception…

- Une réception ? En quel honneur ? »

Fernand était visiblement mal à l'aise. Mme Giry avait du mal à se montrer calme et patiente avec tous les évènements de la journée.

« Ecoutez, dites à Monsieur Firmin ou André que je dois leur parler. C'est urgent… »

L'homme hocha légèrement de la tête et se précipita à l'intérieur, en dépit des protestations de la file d'attente. La chorégraphe sourit très légèrement. Elle avait toujours eu de l'autorité sur les employés de l'Opéra… Mais cette esquisse de sourire s'effaça très vite à l'approche de Fernand qui revenait avec Gilles André.

«- Mme Giry, s'exclama celui-ci, avec un sourire forcé. Que nous vaut l'honneur de votre visite ?

- Je passais dans le quartier… Vu l'animation qui régnait ici, je suis venue voir ce qui se passait et pourquoi je n'étais pas au courant de votre… fête. »

André fixait, mal à l'aise, la coupe de champagne qu'il tenait à la main.

« - En fait, oui… C'est une petite réception, en fait…

- Et pourquoi ne m'y avez-vous pas convié ? Je fais partie intégrante de l'Opéra Populaire. Vous auriez pu au moins m'en informer…

- C'est que voyez-vous, vous n'êtes pas sans savoir que le Vicomte de Chagny nous a retiré son mécénat… et par chance, nous en avons trouvé un nouveau en la personne du Comte Wagner…

- Et ? demanda Mme Giry qui apparemment devait presque soutirer les informations qu'elle demandait. »

André tira la chorégraphe légèrement par le bras pour l'amener dans une petite alcôve du hall pour éviter aux invités d'entendre leur conversation.

Elle put se rendre compte que le hall avait été restauré à la va-vite. On avait placé des affiches des anciennes opérettes pour cacher encore les traces de l'incendie. Monsieur Reyer était là aussi et dirigeait un petit orchestre au niveau du palier du grand escalier.

A peine entrée, Richard Firmin quitta ses hôtes pour venir les rejoindre. Lui aussi n'avait pas l'air très enjoué de voir Antoinette et cette dernière se demanda en elle-même ce qui se tramait.

« - Bonjour Mme Giry ! dit-il, d'un ton faussement joyeux.

- Bonjour Monsieur Firmin, répondit-elle sèchement.

- J'étais en train de dire à Mme Giry que nous avions un nouveau mécène, coupa André, en regardant Firmin d'un regard qui appelait 'à l'aide'.

- Oui, tout à fait, le comte Wagner s'est montré très généreux envers l'Opéra, continua Firmin. En vérité, il avait assisté à la petite réunion que nous avions faite pour trouver de nouveaux investisseurs avec le Vicomte de Chagny… Vous savez ce jour où… nous avons découvert que Mlle Daaé n'était pas…

- Bref, le coupa André. D'où cette petite fête improvisée…

- Improvisée ? dit Mme Giry, en levant un de ses sourcils et en scrutant la foule qui entrait, d'un regard inquisiteur. Cela ne me semble pas improvisé…

- En fait c'est le Comte qui a décidé d'organiser cela aujourd'hui… »

Mais le directeur se figea en même temps que Firmin lorsqu'on entendit bruyamment des invités qui portaient un toast :

« A la mort du Fantôme ! »

Mme Giry devint livide. Ses doutes étaient bien fondés. Ils fêtaient la mort d'Erik pour faire de la publicité à l'Opéra.

Les directeurs comprirent tout deux qu'il était temps de passer aux aveux.

«- Ecoutez Mme Giry, lui dit André sur le ton de la confidence, vous savez nous avons reçu des instructions de la part de notre nouveau mécène. Il veut donner un regard neuf à l'Opéra. Maintenant que nous sommes débarrassés… Enfin, vous voyez… Il ne veut pas de mauvaise publicité…

- Ce qui veut dire ? S'impatienta Antoinette.

- Que nous devons nous séparer de certains anciens employés de l'Opéra… lâcha Firmin.

- Tel que Monsieur Reyer, Mlle Diuticelli… ou moi… »

A ce moment-là, un rire perçant, à faire briser un miroir, se fit entendre dans le hall. Mme Giry n'eut pas besoin de deviner à qui il appartenait. Elle se pencha quand même et vit ce à quoi elle s'attendait : la Carlotta, au bras d'un homme élégamment vêtu, en train de trinquer ensemble, alors qu'à l'écart, elle put reconnaitre son garde du corps Marcello qui, visiblement, mourrait de jalousie en cet instant.

«- Et bien c'est que… commença André, qui tournait nerveusement entre ses doigts son verre.

- Ne vous fatiguez, Messieurs, lâcha la chorégraphe. Il s'agit uniquement de moi, c'est cela ?

- Et bien ma chère Mme Giry, oui, finit par avouer Firmin qui était visiblement soulagé qu'Antoinette ait compris leur sous-entendu. Vous savez le Comte Wagner n'a jamais été en bon terme avec le Vicomte et comme vous êtes sa belle-mère, cela le gênait que vous ayez un œil sur ce qui se passe à l'Opéra.

- Et, il y a…. continua André… il y a eu l'affaire que vous savez… Avec le procès, tout le monde a su que vous étiez lié avec l'histoire de… enfin vous savez qui. »

Le sang de la chorégraphe bouillait dans ses veines. Qu'il était difficile pour elle de garder son sang-froid face à ses deux incapables. Comment osaient-ils fêter la mort d'Erik ! Oh, elle avait bien des idées de vengeance dans sa tête mais sa nature lui interdisait de les mettre à exécution. Elle n'avait jamais réellement été une femme d'action mais elle n'allait pas partir sans leur laisser un dernier message.

«- Donc, vous me congédiez… Après tout ce que j'ai fait pour vous… Après toutes les mise en garde que je vous avais faites et que vous n'avez jamais écouté… Après l'aide que je vous ai apporté pour nettoyer les dégâts de l'incendie…

- Nous sommes désolés, Mme Giry, dirent en cœur les deux directeurs.

- Que vont devenir les filles du corps de ballet ? S'inquiéta-t-elle.

- Elles ont déjà été prises en charge par le Comte qui leur a trouvé une nouvelle directrice.

- Je vois que tout a donc été savamment préparé à l'avance… Quand comptiez-vous m'en parler ? »

Les deux hommes parurent gênés mais ne répondirent pas.

« Vous pensiez qu'après ce qui s'est passé ce matin, je n'allais pas revenir ? demanda-t-elle sur un ton rhétorique.»

Ils ne répondirent pas, la tête baissée comme deux enfants qu'on sermonnerait.

« Si vous me renvoyez, j'exige que vous me donniez mes gages. »

Antoinette n'avait pas le choix. Il lui fallait de l'argent pour le voyage. Les directeurs parurent surpris de sa demande.

«- Vos gages ? demanda Firmin, visiblement contrarié. Euh… c'est que le Comte n'a pas parlé de vos gages…

- Tant pis, dans ce cas-là, je vais aller en discuter tout de suite avec lui.

- Non ! s'exclamèrent-ils, en duo, lui barrant le passage.

- Non, je vais m'en charger… dit Firmin. Suivez-moi au bureau, Mme Giry. »

Elle lui emboîta donc le pas. Ils montèrent le plus discrètement possible le grand escalier et contournèrent l'orchestre. Reyer lui afficha un sourire contrit qu'elle lui renvoya. Une fois arrivés dans le bureau, Firmin chercha son portefeuille et lui tendit 10 francs.

Mme Giry ne le remercia pas. Elle connaissait le caractère avare de Firmin mais le fait qu'il prenne sur ses deniers personnels pour la payer signifiait bien que les directeurs n'avaient plus la mainmise sur l'Opéra. Ils devaient être tous deux dans de réelles difficultés financières pour être tenu ainsi par le Comte. Elle ne dit rien de la pauvreté de la somme qu'elle venait de recevoir. Elle la mit dans sa poche et suivit à nouveau le directeur pour redescendre les escaliers.

Elle avait le cœur gros… Quitter cet endroit qu'elle connaissait depuis toujours. Elle ne pouvait partir comme cela. Elle se devait de rendre une dernière fois hommage à Erik. Ce lieu semblait si vide sans lui.

L'orchestre était composé de trois violons, de deux clarinettes, d'un violoncelle, d'une flûte traversière, d'une harpe et surtout du petit piano droit qui servait aux répétitions.

Antoinette se souvint de la répétition du « Triomphe de Don Juan » et ce dont était capable ce piano arrangé par Erik. Elle s'arrangea pour le frôler et appuyer discrètement sur le centre de la décoration en marqueterie en forme de fleur qui ornait le côté de l'instrument.

Elle fit signe de la tête à Reyer qui ne s'était aperçu de rien pour lui dire un adieu muet et retourna au niveau de la petite alcôve où André continuait à les attendre Firmin et elle.

« Mme Giry, dit André, je pense que vous ne devriez pas vous attarder ici. Je crois que le Comte Wagner a surpris votre présence. Il se dirige vers nous. »

Mme Giry examina le grand homme qui se déplaçait dans la foule, en saluant tout le monde, la Carlotta à son bras. La diva avait enfin trouvé un mécène qui plierait à ses caprices… Ils semblaient tous avoir triomphé. Ils semblaient tous avoir gagné…

« Il me semble, finit par dire Antoinette aux deux directeurs, que vous avez éliminé un Fantôme pour en retrouver un autre… »

A ces mots, les deux hommes frissonnèrent…

«- Que voulez-vous dire ? demanda André.

- Il est évident que le Comte Wagner vous tient sous sa coupe, répondit-elle calmement. Puisqu'apparemment vous semblez exécuter le moindre de ses désirs…

- Non, non. Comment pouvez-vous dire cela ? Cela n'a rien avoir !

- Peut-être que non… peut-être que oui… En tous les cas, je peux vous affirmer, Messieurs, qu'en signant l'arrêt de mort d'Erik Delahaye, vous venez également de signer la fin de l'Opéra Populaire. Vous pouvez croire ce que vous voulez mais jamais votre Comte et la Carlotta ne lui redonneront sa splendeur d'antan. Cette splendeur qui commençait à éclater le jour où Christine est devenue votre première soprane. »

Le Comte était encore à quelques mètres d'eux et s'approchait. Mme Giry proféra ces dernières paroles qu'elle fit tinter comme une malédiction.

« Je vous promets que vous vous êtes tous trompés sur le compte d'Erik. Il savait ce qui était bon pour l'Opéra et vous n'avez jamais su l'écouter. Vous ne mettrez pas longtemps à comprendre que deux ferrailleurs comme vous n'avez pas les capacités à tenir le Populaire. Et si vous pensez que le Fantôme est mort ce matin, détrompez-vous… Vous l'avez peut-être exécuté mais son âme hantera cet Opéra jusqu'à la fin. Il vous fera payer pour ce que vous lui avait fait subir. »

Sans attendre une réponse de la part de Firmin et d'André, elle tourna les talons avant que le Comte ne vienne la congédier. Ce dernier n'en eu d'ailleurs pas l'occasion car une panique était en train de gagner l'orchestre. Les musiciens avaient interrompu leur musique et le pianiste était debout, émettant un cri d'effroi. Le piano… Le piano était en train de jouer tout seul, une musique sombre et désordonné… Une musque qu'Erik avait autrefois composé…

Mme Giry sortit à pas rapide de l'Opéra, laissant derrière les cris de stupéfaction et de terreur.

« Non ce n'est pas possible ! Le Fantôme est mort ! »

Elle reconnut les voix des directeurs et de la Carlotta. Mme Giry, au fond d'elle-même, ne put s'empêcher de sourire. Certes, sa vengeance était bien maigre face à ce qu'Erik aurait été capable de faire mais elle avait réussi à gâcher les festivités et à leur faire rappeler à tous qu'on n'élimine pas un Fantôme aussi facilement…

Elle se dépêcha de héler un fiacre. Le vide qu'elle avait découvert dans l'antre revenait la tourmenter. Un pressentiment lui disait qu'il en serait de même à l'entrepôt. Lorsqu'elle arriva enfin Rue des Tisserands, elle se hâta de prendre la clé pour ouvrir le bâtiment. Celui-ci était fermé. Peut-être qu'il était encore intact… Mais son espoir fut de courte durée car l'entrepôt avait bel et bien aussi été vidé. Où était le fiacre ? Et les chevaux ? Et tout ce qu'Erik y entreposait?

Mais enfin qui avait pu faire une chose pareille? Personne n'était au courant pour cet entrepôt !

Elle scruta la rue et avisa un homme qui déchargeait une charrette dans un bâtiment proche de celui d'Erik. Ce n'était peut-être pas prudent de poser des questions mais il fallait qu'elle trouve des indices sur celui qui avait fait ça.

« - Bonjour, Monsieur, lui dit-elle. Excusez-moi de vous importuner mais savez-vous quand l'entrepôt numéro 5 a été vidé ?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ma petite dame ? demanda l'homme, visiblement agacé qu'on l'interrompt dans sa tâche. J'suis pas là à me croiser les bras pour fouiner dans la rue…

- Mais peut-être qu'avec ceci, la mémoire vous reviendra… »

Antoinette lui tendit la moitié de l'argent que Firmin venait de lui donner. Le bonhomme examina les pièces et visiblement satisfait lui répondit :

«- Plusieurs hommes sont venus peu avant midi pour tout vider.

- Vous savez de qui il s'agissait ? demanda-t-elle.

- Je n'en ai aucune idée. Ils avaient les clés. Ils ont pris les chevaux, le fiacre et d'autres frusques. C'est tout ce que j'ai vu. De toute façon, j'connais pas le propriétaire…

- Et il n'y a rien que vous ayez entendu ? Un indice qui pourrait me dire qui est celui qui a fait vider le bâtiment ?

- J'ai bien compris qu'ils parlaient d'un Monsieur Y mais c'est un bien drôle de nom, j'ai pas les oreilles qui traînent, vous savez…

- Oh ce n'est pas grave, Je vous remercie quand même… »

Mme Giry s'éloigna… Monsieur Y, oui c'était bien le pseudonyme qu'Erik avait pris pour louer l'entrepôt… mais cela ne l'avançait pas.

« Ah et je me souviens que les gars parler aussi d'un baron ou de quelqu'un comme ça… dit l'homme. »

Antoinette se retourna vivement.

«- Il ne s'agirait pas plutôt d'un Vicomte ? S'exclama-t-elle.

- Maintenant que vous me le dites, je crois que oui.

- Merci, pour votre aide, Monsieur. »

Mme Giry se précipita vers le fiacre qui l'attendait. Tout se mettait en place dans sa tête. Raoul avait tout manigancé depuis le début ! Elle se souvint qu'au matin, il avait fait demi-tour au Palais de Justice pour retourner vers la cellule d'Erik ! Qu'avait-il tramé pour que celui-ci lui confie tous ses secrets et toute la fortune qu'il possédait ? Elle savait ce qu'il s'était passé avec la Vicomtesse Eugénie. Celle-ci était partie en coupant les vivres de son fils ! Il espérait ainsi faire des biens d'Erik son trésor de guerre, une preuve qu'il était un homme et qu'il avait réussi à manipuler le Fantôme comme celui-ci l'avait fait autrefois avec lui. Voilà donc pourquoi il n'était pas présent à l'exécution ! Pendant que celui qui lui avait fait un tant soit peu confiance rendait son dernier souffle, ''son gendre'' (pensa-t-elle avec dégoût) devait déjà être en train de se servir dans les richesses qu'Erik avait mis si longtemps à accumuler. Elle ne pouvait le laisser faire.

« A l'Hôtel de Chagny ! Au plus vite, s'il vous plaît ! ordonna-t-elle au cocher. »

Raoul de Chagny était un manipulateur et un lâche. Elle sursauta lorsqu'elle vit l'heure en passant près d'une église : 20h30. Qu'en était-il de Meg ? Il avait dû découvrir qu'elle voulait partir et elle se doutait qu'il ne laissera pas s'en aller si facilement. Soudain, revint en sa mémoire le souvenir de sa fille dégringolant dans les escaliers. Tout ce qu'il avait fait subir à Meg, depuis leur mariage. Rien qu'en y pensant, Antoinette serra ses poings. Il fallait qu'elle l'affronte comme elle l'avait fait avec Firmin et André une demi-heure auparavant. Sauf que là, sa vengeance ne serait pas aussi douce…

oOoOoOoOoOoO

Christine était toujours assise sur sa chaise dans l'appartement de Mme Giry. Elle était sourde au monde extérieur. Dès qu'elle cessait de chanter, un vide immense s'emparait d'elle et lui brûlait la poitrine. Elle se répétait, inlassablement, les moments heureux qu'elle avait vécu avec Erik. Ils avaient toujours été éphémères mais si bons… Malheureusement, à chaque seconde, lui revenait également la vision du corps sans vie de son mari et cela finissait toujours par occulter les souvenirs joyeux qu'elle essayait de retenir dans son esprit pour ne pas qu'ils s'envolent. Comme si le fait de ne pas y penser les ferait disparaître à jamais.

Elle savait que Mme Giry et Meg, lorsqu'elles la rejoindraient, essayeraient au mieux de la consoler mais elle savait que rien ne pouvait atténuer le chagrin et la détresse qui s'insinuaient en elle.

Elle s'arrêta encore une fois de fredonner. Aucun son ne se faisait entendre. Elle était seule. Il n'y avait que les battements de son cœur qui résonnaient en elle. Un frisson la parcourut. Où était son Ange ?

L'Ange avait promis qu'il chanterait toujours dans sa tête. C'était faux… Il n'y avait aucune musique… Elle n'entendait rien…

Elle finit par se lever et arpenta l'appartement qu'elle connaissait mal. Elle se reprit à chantonner… Pour Erik… pour elle… pour qu'à nouveau les larmes viennent à couler, alors qu'elle en avait été incapable, depuis que Mme Giry l'avait fait sortir de force de la cour du Palais de Justice, après l'exécution.

All my friends tell me I should move on

I'm lying in the ocean

singing your song

Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ahhh

That's how you sang it

Loving you forever can't be wrong

Even though you're not here, won't move on

Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ahhh

That's how we played it

And there's no remedy for memory, your face is like a melody

It won't leave my head

Your soul is haunting me and telling me that everything is fine

But I wish I was dead

(Tous mes amis me disent que je devrais passer à autre chose

Je suis couchée dans un océan

Chantant ta chanson

Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ahhh

C'est comme ça que tu la chantais

Je t'aime pour toujours, je ne peux pas me tromper

Même si tu n'es pas là, je ne peux pas passer à autre chose

Ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah-ahhh

C'est comme ça que nous y jouions

Et il n'y a pas de remède pour la mémoire,

Ton visage est comme une mélodie

Qui ne sortira pas de ma tête

Ton âme me hante et me dit que tout va bien

Mais je voudrais être morte)

Christine errait dans le salon. Elle repensait aux paroles d'Erik :

« Tu es si fragile. Je ne supporterai pas de savoir que l'image de mon cadavre se balançant dans le vide hantera tes jours et tes nuits, jusqu'à la fin de ta vie. »

Il avait eu tellement raison ce matin. Elle n'aurait jamais dû assister à son exécution…

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

I'm scared that you won't be waiting on the other side

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

I'm scared that you won't be waiting on the other side

(Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne t'égale

J'ai peur que tu n'attendes pas de l'autre côté

Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne t'égale

J'ai peur que tu n'attendes pas de l'autre côté)

Christine se permit d'entrer dans la chambre de Mme Giry . Les malles étaient faites…

And there's no remedy for memory, your face is like a melody

It won't leave my head

Your soul is haunting me and telling me that everything is fine

But I wish I was dead

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

I'm scared that you won't be waiting on the other side

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

But there's no you, except in my dreams tonight

(Et il n'y a pas de remède pour la mémoire, ton visage est comme une mélodie

Qui ne sortira pas de ma tête

Ton âme me hante et me dit que tout va bien

Mais je voudrais être morte

Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne se compare à toi

J'ai peur que tu n'attendes pas de l'autre côté

Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne peut se comparer à toi

Mais tu n'es pas là, sauf dans mes rêves ce soir)

Christine ne savait pas grand-chose des plans de Mme Giry. Elles partiraient ce soir mais sa tutrice avait-elle seulement une idée où elles iraient ? La jeune femme ne voyait pas d'avenir. Elle avait peur de s'endormir ce soir car elle savait que son sommeil serait hanté par de sombres cauchemars.

There's no relief, I see you in my sleep

And everybody's rushing me,

but I can feel you touching me

There's no release, I feel you in my dreams

Telling me I'm fine

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

I'm scared that you won't be waiting on the other side

Every time I close my eyes,

it's like a dark paradise

No one compares to you

But there's no you, except in my dreams tonight

(Il n'y a pas de soulagement, je te vois dans mon sommeil

Et tout le monde me bouscule

Mais je peux te sentir me toucher

Il n'y a pas de soulagement, je te vois dans mes rêves

Me disant que je vais bien

Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne peut se comparer à toi

J'ai peur que tu n'attendes pas de l'autre côté

Chaque fois que je ferme mes yeux,

C'est comme un paradis sombre

Personne ne peut se comparer à toi

Mais tu n'es pas là, sauf dans mes rêves ce soir)

Le regard de Christine s'arrêta sur la commode. Un petit pistolet s'y trouvait. Elle ne savait pas que Mme Giry possédait une arme. Pourquoi faire ? Se protéger de quelconques malfaiteurs ? C'est vrai qu'elle habitait seule… Avait-elle prévu cela pour leur voyage? Il était vrai qu'il était dangereux tout même pour trois femmes de voyager, sans personne pour les protéger.

« Sans personne… murmura-t-elle. »

Oui, il était vrai qu'il n'y avait plus personne pour veiller sur elle. Elle s'approcha de la commode.

Oh-oh-oh-oh-hah-hah-hah-hah.

I don't want to wake up from this tonight

(Oh-oh-oh-oh-hah-hah-hah-hah.

Je ne veux pas me réveiller ce soir)

Elle prit le pistolet dans ses mains. Il était chargé. Elle ferma les yeux et repensa à la promesse qu'elle avait faite à Erik.

«Promets-moi une chose, s'il te plaît… Ne cherche pas à me rejoindre… Tu es jeune et toute la vie s'offre devant toi. Vis tes rêves… Il est temps que tu prennes ton envol… Je sais que tu seras une grande cantatrice… et je veillerai sur toi où que mon âme ira. »

« Oh Erik, finit-elle par dire dans un sanglot étouffé. Je ne sais pas si je pourrai tenir ma promesse. C'est si difficile… »

Elle tourna et retourna le pistolet dans ses mains. Elle finit par le lever, prête à l'appuyer contre sa tempe.

Oh-oh-oh-oh-hah-hah-hah-hah.

I don't want to wake up from this tonight

(Oh-oh-oh-oh-hah-hah-hah-hah.

Je ne veux pas me réveiller ce soir)

oOoOoOoOoOoO

Mme Giry était ivre de fatigue et de colère quand elle montait les marches qui la menaient à son appartement.

Son arrivée à l'Hôtel de Chagny ne s'était pas passée comme prévu. Le concierge avait refusé de la faire entrer. Aucune menace ne vint à bout de l'homme. Il avait reçu des ordres stricts. Le Vicomte ne voulait voir personne. Elle n'avait pas su si Meg était à l'Hôtel. Elle voyait quelques lumières derrière les rideaux tirés mais, de la façade, elle n'avait aucune vue sur les chambres et ne voyait aucune silhouette.

Par contre, elle avait repéré dans la cour de l'Hôtel le fiacre d'Erik attelé avec César. Elle avait eu enfin la preuve que Raoul avait bien récupéré les affaires d'Erik. Elle demanda alors au concierge de laisser un mot au Vicomte ou à Meg si ce dernier acceptait qu'elle reçoive des messages, bien qu'elle se doutât que le concierge le donnerait directement à Raoul.

« Dites que je veux les voir au plus vite. »

Le concierge parut embêté et il confia à la chorégraphe que le Vicomte avait renvoyé tous ses employés en fin d'après-midi et qu'il avait ordre de rester à son poste et de ne laisser entrer personne jusqu'à nouvel ordre. Elle ne réussit pas à en savoir plus.

L'horloge avait sonné 21h30, lorsqu'elle était enfin de retour chez elle. Elle avait laissé Christine trop longtemps toute seule. Elle avait promis qu'elle ne serait pas longue, ce qui avait été loin d'être le cas.

Lorsqu'elle entrât dans l'appartement, le salon était vide.

« Christine ? Chuchota-t-elle. »

Elle était surprise de ne pas retrouver sa fille adoptive à la place où elle l'avait laissée. Elle s'aperçut que sa porte de chambre était ouverte. Intriguée, elle s'avança.

Que diable faisait Christine dans sa chambre ?

Soudain, elle se figea sur le pas de la porte. La jeune femme se tenait dos à elle près de la commode et tenait le pistolet qu'elle venait d'acheter en prévision de leur voyage dans sa main.

« Christine ! hurla Antoinette. »

Au même instant, la détonation résonna dans la pièce.

Disclaimers : La chanson 'Dark Paradise' est interprétée par Lana Del Ray. Elle lui appartient intégralement et j'ai tronqué quelques paroles. Rendons à César ce qui appartient à César. Les personnages du Phantom ne m'appartiennent pas non plus… à mon plus grand regret.

Alors ? Je vous laisse encore sur votre faim, n'est-ce pas ? Eh oui je le dis et je le redis, je suis une auteure sadique. Ha ha ha ! Mais ne me martirisez pas, s'il vous plaît, car j'ai l'impression que vous vous vengez en ne me donnant pas de reviews...

Et toujours un grand merci à mes lectrices fidèles : TMara, Ghanima S, Dzulijeta et Aina666 (oui je sais que tu vas me laisser une review p). Bisous à vous!

Et les autres s'il vous plaît écrivez-moi… snif. Une petite review ?