Bonjour à tous ^^
Bon je suis obligée de revenir sur ce que j'ai dis, 10 jours, ce n'est pas possible pour moi. Parce que je suis simplement bloquée, et comme je n'ai plus de chapitre d'avance, eh bien ça va s'avérer compliqué pour moi de poster aussi souvent qu'au début. J'en suis désolée et j'essaierais de faire au mieux et au plus vite.
Bon comme je sais que je vous ai manqué atrocement (oui, bah j'ai le droit de me faire quelques illusions, laissez moi rêver encore un peu ) Voici un trèèèèès long chapitre pour fêter ça ^^ (le plus long de tout mes chapitres, attention hein ^^)
Bon, c'est aussi un chapitre qui nécessite un avertissement ! Bah oui, quand il faut, il faut. Je ne sais pas comment disent les autres, n'étant pas une spécialiste mais alors attention, contenu explicite, scène très rapprochée Cette dernière va d'ailleurs faire passer la fic en rating M (faut pas que j'oublie de le faire xD)
Bon (oui encore un, c'est mon mot aujourd'hui alors chuuuut), je ne sais pas si j'ai répondu à toutes les reviews du derniers chapitres (je crois que je n'arriverais jamais à être sûre d'avoir répondu à tout ) Mais merci encore pour vos messages ^^ Vos petits mots sont comme une petite poudre dorée qui me fait planer ( non pas de la drogue rooo )
Sur ce,
Bonne lecture.
La clinique sorcière était pleine à craquer, toutes les chambres étaient bondées, du monde courait encore partout. Pendant un instant, Harry eut l'impression que c'était encore la guerre. Mais on n'amenait plus personne. L'effet de masse était provoqué par les dernières batailles, les plus grandes, les plus mortelles. Et Harry restait planté là, dans le hall, en plein milieu, serrant la silhouette ensanglantée et trop frêle d'Hermione contre lui, tout contre son torse. Ainsi, il sentait son souffle irrégulier sur la peau de son cou, le battement faible de son cœur lui parvenait. Alors il restait là, le héros de guerre, planté dans ce hall trop blanc, plein de médicomage, d'infirmière qui lui jetait des regards reconnaissants, admiratifs. Dont il n'avait rien à faire. Tout ce à quoi il pouvait penser, c'était le souffle d'Hermione contre son cou, le poids trop faible entre ses bras, son battement de cœur trop hésitant qu'il entendait. Et il fixait Drago. Drago qui l'avait lâché à peine arrivé, avait attrapé par le bras le premier médicomage qui passait par là et qui tentait de le détourner pour qu'il s'occupe d'Hermione. Ce qui ne tarda pas, car Drago était plus qu'autoritaire, plus que convaincant, il était implacable. Harry ne tarda pas à voir le médicomage se précipiter vers lui, appelant à la rescousse deux infirmières et un brancard. Sauf que quand ils furent là, devant lui, il fut incapable de la lâcher. Il ferma les yeux, resserrant son étreinte sur Hermione.
Elle allait encore disparaître.
Il ne pouvait pas l'imaginer encore. Il ne pouvait plus la laisser s'éloigner. Sinon on allait encore la lui prendre. Elle allait encore souffrir, hurler. Il ne pouvait pas le permettre. Il devait la protéger. Mieux que ça. Il ne pouvait plus se permettre d'échouer. Il était obligé de parvenir à la protéger.
- Pose là sur le brancard Potter.
La voix autoritaire de Drago Malefoy fut la seule qu'il perçut parmi les éclats de voix des infirmières, du médicomage qu'il ne voulait même pas écouter. Ils ne savaient rien eux. Rien de ce qu'elle avait vécu, de l'état dans lequel elle était. Il ne pouvait pas la leur confier. Il ne pouvait pas avoir confiance. Mais il sentit une main sur son épaule, rouvrit les yeux et croisa ceux de Drago. Il oublia tout un instant.
- Tu as ma parole Potter, souffla-t-il.
Et Harry sut. Drago allait veiller, comme lui, mieux encore que lui, à ce qu'Hermione reste en vie. Parce que c'était ce qu'il faisait depuis le début, depuis qu'il était avec eux. Il veillait à ce qu'ils soient en vie. Drago était quelqu'un en qui il avait une confiance absolue, totale. Il lui fallut encore quelques secondes mais ses bras se desserrèrent et le corps d'Hermione se posa doucement, très délicatement, sur le matelas blanc, comme si Harry déposait là l'objet le plus fragile et le plus précieux qu'il possédait. Il put replacer une mèche de cheveux d'Hermione avant que le brancard ne parte en avant et il disparut dans un couloir.
Tout était sombre, noir. Harry retrouvait ses vieux démons. Comme lors de la chasse. Il avait détesté être inactif, tâtonner, ne pas savoir quoi faire pendant que des gens mourraient partout dans le pays. Cette fois-ci, c'était pire. Ça ne concernait qu'une personne, il était impuissant de la même façon. Mais c'était Hermione. Tout était pire. C'était comme marcher le long d'un tunnel, sans lumière, sans en voir l'extrémité. Et ses doigts effleuraient les murs, plein de brèche, de fissure, comme s'il était sur le point de s'écrouler. Il sentait la présence de Drago, près de lui. Froide, patiente, implacable. Le blond l'avait fait s'asseoir, lui avait donné de l'eau. Il veillait sur lui et sa présence était sans doute la seule explication au fait qu'Harry ne se soit pas encore écroulé, amorphe, presque mort. Parce que cela faisait des heures. Des heures sans nouvelles, des heures sans savoir si elle était vivante ou morte.
Il ne vit pas le médicomage arriver. Drago dut prononcer son nom pour qu'il lève enfin la tête. Parce qu'il ne pouvait que rester assis là, les coudes sur les genoux, le dos voûté, la nuque pliée, à contempler ses basquets qui laissaient des traces de sang sur le sol blanc. Il était incapable de plus, pas sans savoir où elle était, dans quel état. Puis le médicomage parla. Harry dû se concentrer, fixer ses lèvres pour parvenir à suivre sans s'expliquer pourquoi il peinait tant à comprendre. Quand il repartit, Harry était toujours dans le même état. Drago dû le faire se lever et l'entraîner des couloirs. Il semblait comprendre Harry mieux que lui-même. Parce qu'Harry ne croyait rien de ce qu'on pouvait lui dire. Pas concernant Hermione. Il devait la voir. La sentir respirer. Ressentir sa chaleur. La douceur de sa peau. Drago ne le lâcha qu'une fois sur le seuil d'une des chambres de la grande clinique. Et le monde s'écroula pour Harry Potter, qui entra dans la chambre, se laissant tomber dans la seule chaise de la pièce pour saisir une main trop fraîche.
Harry Potter, Héros adulé, celui qui avait triomphé de celui dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom, le survivant, l'élu, était un fantôme à cet instant, qui errait soudain dans la chambre d'Hermione Granger.
Elle était couchée sur le lit, son corps trop frêle et abîmé dissimulé sous les draps et il ne pouvait que lui tenir la main. Elle était trop froide à son goût. Mais elle était vivante. Harry ne cessait de fixer sa poitrine se soulever lentement pour vérifier qu'elle respirait. Mais il n'en était jamais convaincu. Et inconsciente comme elle était, elle ne pouvait pas le rassurer comme à son habitude. Il sentait le regard de Malefoy qui était appuyé au chambranle de la porte. Il les fixait. Harry aurait voulu le remercier. Plus que ça. Mais pour l'instant, il était incapable de quitter le chevet d'Hermione. Comme si elle risquait d'arrêter de respirer s'il s'en allait.
Des heures plus tard, à la nuit, ce fut une infirmière qui le sortit de la chambre, de force. Tête basse, épaules voutées, il quitta la pièce à regret. Lorsque Malefoy posa la main sur son épaule, il se laissa guider mollement jusqu'à l'hôtel juste à côté. Il ne se rendit compte de rien. Jusqu'à ce qu'il voit la chambre d'hôtel. Entende la voix de Drago en fond. Il ignorait totalement ce qu'il disait. Son esprit était resté avec Hermione. Vivante mais dans un sale état. Son regard se fixa sur les lèvres de Drago. Et il repéra le léger pli contrarié, juste au coin. C'est là qu'il réalisa. C'était lui qui lui avait ramené Hermione. Et avant de s'en rendre compte, il était tout contre le blond dans une étreinte pleine de désespoir.
Il ne sentit rien de l'hésitation de Drago mais perçut finalement les deux mains du blond dans son dos après quelques secondes. Et sa chaleur le rassura. Pas comme celle d'Hermione. Il aurait eu besoin de la chaleur d'Hermione, de ses baisers, de son souffle, pour se prouver qu'elle était en vie. Mais là, tout de suite, il pouvait remercier Drago. Qui lui avait ramené sa raison. L'avait empêché de sombrer. Ses doigts se resserrèrent sur la chemise qu'il froissa, le front contre l'épaule de Drago, la nuque voutée. A cet instant, cet homme incarnait la vie et l'espoir. Et Harry se sentait incapable de le lâcher, de s'éloigner. Tout aussi incapable de parler, d'articuler, de penser. Trop submergé par ses propres émotions chaotiques. De la même façon qu'il percevait à grande peine les sons, la voix de Drago. Mais peu importait ce qu'il disait, tant qu'il restait là.
L'étreinte se resserra soudain autour d'Harry, Drago l'enlaçant avec plus de force, avec presque autorité. Et le corps du survivant se détendit, comme rasséréné. Comme s'il pouvait flancher. Comme s'il savait qu'on le soutiendrait. Drago était plus que la vie, plus que l'espoir, il était sûr, un soutien, indéfectible, que rien ne semblait pouvoir faire plier. Alors Harry craqua, se laissa emporter, se laissa soutenir et il flancha. Mais ne tomba pas. Soutenu par la vie et l'espoir. Par Drago.
Drago jeta un regard vers Harry qu'il tenait toujours et soupira en se rendant compte qu'il s'était tout bonnement écroulé entre ses bras. Il réussit à l'entraîner vers le lit et tenta de l'y allonger. Le souffle du brun était régulier, son corps complètement détendu et ses yeux étaient clos. Drago se demandait si c'était du sommeil où s'il s'était simplement écroulé, inconscient, à cause de tout ça. Mais que ce soit l'un ou l'autre, il ne parvint pas à l'allonger car les mains d'Harry s'agrippaient toujours à lui de toutes ses forces et refusaient de lâcher sa chemise. Il soupira mais poussa Harry pour s'installer simplement à ses côtés.
Il fixa le plafond alors qu' Harry restait blotti contre lui. Et il le laissa faire. Il n'était pas Granger, il était sûrement un palliatif de réconfort que la jeune femme ne pouvait pas lui fournir actuellement et dont il avait atrocement besoin. Mais il se laissa faire. Enroula même un bras autour des épaules d'Harry. C'était étrange d'être enlacé, étrangement agréable. Et il le gardait en vie. C'était sa promesse. Il n'était pas doué pour le réconfort mais Potter ne semblait pas avoir besoin de mot. Il avait juste besoin d'une présence et ça, Drago pouvait faire. Alors il resta là, et garda Potter contre lui.
Harry s'éveilla en sursaut mais presque aussitôt, un bras le ramena contre un corps tiède et il leva la tête, trouvant le visage de Drago qui l'observait en silence. Harry se plongea un instant dans son regard, se perdant dans le calme frais de ses prunelles grises, calme dont il avait tant besoin. C'était un ciel infini, de paix, de calme, de certitude et de force. Mais presque aussitôt, le sentiment d'urgence revint, l'envahit, l'engloutit et il se redressa trop vivement.
- L'hôpital, geignit-il d'une voix rauque.
- Il est cinq heures du matin Potter, rétorqua Drago en se rasseyant, réajustant sa chemise froissée.
- Mais Hermione …
- Dort encore. Arrange toi plutôt, tu as une sale mine.
Harry baissa les yeux sur lui mais oublia pourquoi. Il ne vit pas la terre sur ses mains, sur son visage, sur ses cheveux. Ses vêtements froissés et déchirés, le sang séché sur ses coupures. Ses mains étaient dans un sale état d'avoir frappé encore et encore, elles auraient dû être douloureuses mais il avait l'impression que rien ne l'atteignait. Comme si son corps était anesthésié. Endormi par la douleur, la souffrance, l'angoisse complète et totale que produisait son âme, son cœur, en continue. Parce que son esprit en revenait encore et toujours à Hermione. Hermione et Hermione. Torturée. Enlevée et torturée. Par sa faute. Il n'entendit pas Drago l'appeler. Il enfouit son visage dans ses mains et resta là, vouté, perdu, brisé. Parce qu'Hermione gisait quelque part, dans un lit où elle n'aurait pas dû être, à subir des souffrances qu'elle n'aurait plus dû connaître, à cause de lui.
- Viens Potter, finit par se résoudre Drago après de longues minutes.
Harry ne résista pas quand Drago le leva et le guida jusqu'à la pièce attenante qui était une salle de bain. Rien ne semblait l'atteindre. Il resta là, les bras ballants, comme une poupée de chiffon. Hermione. Par sa faute. C'était sa faute. Alors lorsque Drago cessa de pousser d'un geste tranquille son dos, il s'arrêta et contempla le carrelage blanc de la même façon qu'il avait fixé la moquette de la chambre. Parce qu'il ne voyait rien. Non, tout ce qu'il pouvait entrevoir, c'était le corps d'Hermione se tordant sur du parquet, alors qu'elle hurlait à s'en arracher les poumons. Le corps d'Hermione dévasté, si chétif entre ses bras, qu'il avait déposé sur un lit trop blanc. Depuis que Bellatrix lui avait pris Hermione, il était perdu, brisé, anéanti. Il n'arrivait plus à réagir. Hermione était ce qui le poussait en avant. A cet instant, il n'avait plus de raison de se mouvoir. Drago le forçait, avec son autorité habituelle, mais sans Hermione, Harry ne pouvait que le laisser faire car il était sans volonté, sans âme, sans raison, sans vie. Il n'était plus rien. Un fantôme. Il se sentait vide, anéanti. Comme mort mais il respirait encore et il n'avait même pas la force de comprendre comment il y parvenait. Parce qu'il se sentait mal, il se sentait lourd, il avait de la souffrance qui coulait dans ses veines à la place de son sang. Chaque battement de cœur était une douloureuse torture, juste châtiment parce qu'il avait échoué.
Drago fit tomber la chemise d'Harry avant de remonter son tee-shirt. Il ne rencontra aucune résistance. Une poupée de chiffon. Potter se laissait faire. Drago l'avait vu brisé, fantôme mais anéanti comme ça, il n'en avait pas souvenir. Ce fut à ce moment qu'il réalisa que ce qui les liait n'était pas à envier. Si l'un d'eux venait à périr, l'autre suivrait. Parce qu'à cet instant, Potter n'était plus qu'une loque. Qui ne réalisait même pas qu'on le déshabillait. Il ne se rendait compte de rien. Il se laissa asseoir dans la baignoire, sans un mot et Drago amena le jet d'eau sur lui, tiède. Cela le réchauffa bien que la chair de poule qu'il apercevait sur sa peau ne semblait pas gêner Potter. Rien ne semblait l'atteindre. Il avait le regard vide et Drago détesta cela alors il prit soin de lui. Il ôta la terre, le sang, la boue avec du savon, délicatement, sans lui faire mal. Puis il l'essuya, le rhabilla, démêla ses mèches folles et lui remit ses lunettes. Lorsque Potter se rassit sur le lit, il ne semblait même pas avoir conscience d'avoir bougé. Il continuait de fixer le sol, le dos vouté, la nuque plié, comme si tout était trop dur pour lui, comme s'il n'avait plus la moindre raison de se mouvoir, de se redresser, comme si même parler était devenu inutile et superflu.
- Allons voir Hermione.
Les mots de Drago, le nom qu'ils contenaient, semblèrent le ranimer, lui firent relever la tête et il suivit Drago. Retrouvant un semblant de volonté, comme une étincelle de vie alors qu'il se laissait guider par le blond. Il remarqua vaguement que le soleil n'était pas encore levé lorsqu'il entra dans la clinique. Ses pas trouvèrent presque seuls la route qui menaient à la chambre d'Hermione et il retrouva le fauteuil de la veille alors que la voix de Drago annonçait quelque chose. A propos de demander à un médicomage. Et Harry ne le retint pas, le laissa s'éloigner en reprenant la main d'Hermione. La souffrance brisa tout en lui, la digue se rompit et il fut submergé, ses yeux s'humidifiant alors qu'il serrait les doigts amorphes et presque frais.
- Je suis désolée, gémit-il avec un désespoir profond en appuyant son front sur le dessus de la main d'Hermione. Pardon Hermione. Pardonne-moi.
Le murmure à peine audible d'Harry était le seul son de la pièce. Il s'excusa, encore et encore. Il savait qu'il ne se le pardonnerait jamais. Ce genre d'échec avait été le plus redouté. Et le laissait encore plus anéanti qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il finit par se taire, la gorge trop enroué et resta près d'elle. A prier. Il pria, peu importait ce en quoi il croyait. Il pria tous les dieux et tous les hommes, n'importe qui tant qu'on l'entendait et qu'Hermione se réveillait. L'entrée de Drago dans la pièce ne changea rien.
Il était assis à son chevet, depuis l'aube, depuis que ce foutu soleil avait pointé le bout de son nez quand Harry caressa délicatement son visage. Il ne comprenait pas comment le monde pouvait encore tourner. Parce que le sien s'était arrêté. Son cœur battait au ralenti, son souffle était laborieux, chacun de ses muscles était douloureux pour la simple raison qu'elle n'avait toujours pas ouvert les yeux. Son visage était pourtant guéri des quelques plaies qui s'y trouvait la veille, elle semblait mieux respirer mais rien ne rassurait Harry. Il sursauta violemment, au moment où les doigts d'Hermione tressautèrent entre les siens et il releva la tête pour fixer Hermione.
Le chocolat de ses prunelles ne lui avait jamais paru si précieux alors qu'il trouva ses yeux en train de le fixer, embrumé par le sommeil. Elle papillonna des paupières comme pour chasser les brumes qui devaient encore obscurcir son esprit et ses doigts se serrèrent soudain sur la main d'Harry. Il inspira profondément avant de cesser de respirer. Réalisant qu'elle allait comprendre, le détester, de ne pas avoir su éviter ça. Il se détestait tellement de la voir là, de ne pas avoir pu empêcher tout ça qu'il n'imaginait pas qu'elle puisse faire autre chose que lui reprocher son échec. Et son corps se figea, toute vie cessa en lui alors qu'il contemplait son regard qui comprenait, qui s'humidifiait et ses lèvres abîmées s'étirèrent soudain en un sourire faible mais tendre.
- Harry, gémit-elle d'une voix brisée, rompue par les cris inhumains qu'elle avait poussés.
Et il ne put s'empêcher de se pencher vers elle, de l'enlacer, ne comprenant ni son air tendre, si son sourire. Mais elle était vivante. Alors il la serra contre lui.
- Doucement, tenta-t-elle de souffler avant d'être prise d'une quinte de toux.
Il se redressa vivement, honteux, la regardant avec impuissance.
- Tu devrais boire un peu, conseilla soudain une voix froide.
Harry tourna la tête vers Drago qui se trouvait là et le contempla comme s'il venait de se rendre compte de sa présence. Le blond haussa un sourcil avant de soupirer et de traverser la pièce pour saisir le verre sur la table de chevet d'Hermione et le tendre à la jeune femme dont la toux s'était déjà calmée. Elle but quelques gorgées prudentes, aidée par le blond, avant de se redresser un peu, d'un geste tremblant alors que Drago reposait le verre sur la table de chevet.
A cet instant, le monde retrouva son sens pour Hermione. L'envers et l'endroit. Qu'elle avait perdu, dans cette pièce lointaine dont elle ignorait la localisation exacte sinon qu'elle se trouvait entre la souffrance la plus totale et la douleur absolue. Elle balada son regard entre Drago qui se tenait droit et fier, aussi imperméable qu'à son habitude mais elle devina quelque chose dans ses prunelles couleur orage, comme s'il était rassuré. Et Harry. Harry qui se tenait sur la chaise, le corps un peu tordu, comme mal à l'aise, incertain. Et ce qu'elle voyait dans ses yeux n'était que soulagement et culpabilité profonde. Alors elle fit tout pour chasser ses propres cauchemars, ses peurs absurdes, ses souvenirs douloureux qui la paralysait. On avait besoin d'elle.
- Viens, sourit-elle à Harry en lui tendant la main.
Et il y glissa la sienne avant de se redresser à son tour. Elle le vit se pencher en avant, comme au ralenti. Elle eut le temps d'observer chacun de ses traits tordu de souffrance, chacune de ses expressions remuées de culpabilité. Il glissa une main, dont elle remarqua qu'elle tremblait un peu, elle sentit son hésitation alors que ses doigts effleuraient la peau de son cou alors que sa paume trouvait peu à peu sa place, juste et parfaite contre la veine principale de son cou, sous ses cheveux. Elle comprit alors qu'il n'était lent que parce qu'il hésitait à venir contre elle mais comme elle ne faisait rien, elle vit bientôt tout le haut du corps de Harry suivre le geste de sa main et elle finit par sentir son nez effleurer la peau de son cou alors que son visage se perdait entre ses cheveux en vrac, ébouriffé et elle vint finalement caler sa paume abîmée sur les cheveux noirs d'Harry, toujours aussi indomptables. Son contact la rassura, un peu. Sa chaleur lui donna l'impression d'être de retour à la maison. Même si elle avait l'impression que tout son être était tordu, davantage que le jour précédent. Comme si cette horreur n'avait pas de fin. Elle sentit le corps d'Harry se détendre sous sa paume, elle caressait son cuir chevelu dans un geste automatique, tendre, avec douceur. Les épaules d'Harry tressautèrent, la surprenant et elle l'enlaça, inquiète.
- Je suis tellement désolé Hermione.
Il gémissait, contre son cou, elle sentait son souffle sur sa peau. Et soudain, elle sentit l'humidité. Sa peau se recouvrit de chair de poule au contact de la larme d'Harry qui roula dans son cou et descendit lentement vers sa poitrine. Alors elle le serra plus fort contre elle en jetant un regard inquiet à Drago qui se tenait toujours près de lui.
- Tu n'y es pour rien Harry. Ce n'était pas ta faute.
- Bien sûr que si. Elle voulait me faire souffrir. Elle a su où frapper, avoua Harry Potter avec affliction. Je l'ai défié de me tuer et elle a décidé de s'en prendre à toi. C'était ma faute Hermione, jamais tu n'aurais dû souffrir de cette façon. Pardonne-moi.
- Harry, l'interrompit doucement Hermione. C'est elle qui m'a torturée. Pas toi. C'était sa décision, c'était sa faute.
- Elle ne te fera plus jamais de mal, assura soudain Harry en resserrant son étreinte autour d'elle. Tu as ma parole.
Lorsque le regard d'Hermione croisa celui de Drago, que ce dernier hocha lentement la tête, avec un air impénétrable, elle comprit qu'il l'avait tué. A cause d'elle. Elle comprit qu'il s'était encore un peu plus perdu, que son âme s'était émietté encore un peu plus. Harry Potter s'égarait, il s'oubliait un peu plus chaque jour depuis le début de cette guerre. Alors elle le berça, jusqu'à ce qu'il se calme. Il était son refuge, elle voulait être sa bouée. Elle voulait qu'il s'accroche, elle ne supporterait pas de le perdre alors elle lui murmura des paroles apaisantes, de réconfort. Elle lui assura qu'elle était là, qu'elle allait bien, qu'elle le remerciait, que ce n'était pas sa faute.
- Ça suffit, décréta Drago après ce qui sembla être des heures. Allons faire un tour. Granger a besoin d'air.
Ils se redressèrent légèrement, le fixèrent un instant mais au moment où il tourna les talons pour se diriger vers la sortie, ils s'animèrent à leurs tours. Comme attiré, comme automatisé. Harry aida Hermione à se lever et Drago ramena un fauteuil roulant dans lequel ils l'installèrent. Personne ne les arrêta, n'essaya même. Harry poussait donc le fauteuil dans les jardins, pas moins de cinq minutes plus tard, appréciant le sourire faible mais bien réel qui s'affichait sur le visage d'Hermione alors qu'elle observait Drago qui marchait à ses côtés en observant les alentours. Il ne baissa la tête que quand Hermione glissa sa main dans la sienne. Il la contempla un instant mais serra ses doigts.
Elle allait bien. C'était sa façon de le dire à Drago. Harry avait besoin de mot, de geste, de contact, de souffle. Drago sembla n'avoir besoin que de ça. Ils finirent par s'arrêter près d'un banc et Harry s'installa près d'elle alors que Drago restait en retrait. Il y eut quelques paroles, rares, précieuses mais rapidement, Harry attira Hermione sur ses cuisses et elle se laissa aller contre lui, savourant son étreinte. Drago put sentir qu'ils revivaient un instant. L'un contre l'autre. Comme si c'était la seule chose qui leur permettait de respirer à nouveau. Comme si les mots et le reste étaient superflus. Il fallait qu'ils se touchent, s'enlacent, afin de s'assurer que l'autre était là, vivant, en bonne santé. Hermione disparaissait presque entre les bras d'Harry, on ne devinait que c'était elle qu'à l'amas de cheveux qui reposait sur l'épaule d'Harry, là où elle avait calée sa tête. Ce fut le médicomage qui interrompit leur étreinte. Qui essaya. Car Drago lui coupa la route avant, sans un mot, froidement, le regardant avec froideur.
- Il vaudrait mieux que Miss Granger se repose, intima-t-il à Drago avec un froncement de sourcil.
- On ne lui fait pas courir le marathon, ironisa Drago avec impassibilité.
- Faites-lui regagner sa chambre, reprit le médicomage avec une pointe d'agacement. L'infirmière passera lui donner des cachets. Demain elle pourra sortir. Revenez au matin, pour l'instant, les visites sont terminées.
Il tourna les talons, visiblement rendu mal à l'aise par le regard glacé que Drago posait sur lui, et il s'éloigna rapidement. Drago finit par se détourner pour fixer Harry qui releva la tête. Il avait entendu mais il resserra les bras sur Hermione avec un soupir. Il lui fallut de longues minutes avant de glisser un bras sous les jambes d'Hermione et de se décider à se lever en portant la jeune femme qui lui jeta un regard curieux, somnolant légèrement.
Mais Harry ne répondit pas et il la reconduisit jusqu'à sa chambre, Drago dans ses pas. Il finit par la reposer sur son lit et remonta la couverture sur elle comme si elle était la chose la plus précieuse au monde, chacun de ses gestes étaient fait avec délicatesse et cela la fit sourire.
- Je ne suis pas en sucre, s'amusa-t-elle en attrapant sa main.
- Tu dois te reposer, répondit Harry en déposant un baiser tendre sur son front avec douceur, caressant ses cheveux.
- Harry, murmura la jeune femme en venant caresser sa joue. Je vais bien. C'est bon. Je suis guérie.
- Hermione, j'ai besoin de toi, déclara Harry avec une gravité soudaine. J'ai besoin que tu sois en vie, en forme, et près de moi. J'ai besoin de toi, répéta-t-il en détachant chaque syllabe.
- Je sais.
La voix d'Hermione n'était qu'un souffle à peine audible mais elle vit le regard d'Harry se charger d'un besoin qu'il réfrénait. Alors elle se redressa et déposa un baiser tendre sur sa joue avant de se caler dans le lit. Il avait besoin d'elle comme elle avait besoin de lui. Et là, son regard lui indiquait qu'il avait besoin de la savoir en vie, en forme. De la serrer dans ces bras, de se rassasier de sa chaleur, de son souffle, de ses baisers. Mais il se contenait, pour ne pas la brusquer alors qu'elle venait juste de se réveiller, qu'elle guérissait. Ce fut l'infirmière qui les chassa alors qu'elle venait donner ses médicaments à Hermione. Et ils regagnèrent l'hôtel dans un silence d'abord tranquille mais peu à peu lugubre. La culpabilité d' Harry revenait en force et saturait l'air à n'en plus finir.
- Elle va bien Potter, soupira Drago en refermant la porte de la chambre derrière eux.
- Non, contredit celui-ci sans le regarder, se laissant tomber sur une chaise, amorphe.
- Elle s'est réveillée, a parlé, elle a fait une promenade avec toi. Elle sort demain. Elle va bien, s'agaça légèrement Drago en se servant un verre dans le bar de la chambre.
- C'était ma faute.
- Ça suffit maintenant. Ce n'était pas ta faute.
- Bien sûr que si, parce qu'elle est proche de moi. Et que j'ai dit à Bellatrix que je n'avais pas peur de mourir. Elle s'est donc vengée sur Hermione.
- Ce n'est pas toi qui l'a torturée. Donc ce n'est pas ta faute.
Harry ne répondit rien mais soupira en détournant les yeux et cela mit Drago en colère. Pour la première fois depuis tout ça, il fut réellement énervé au poing de poser brutalement son verre pour rejoindre Harry et l'attraper par le col. Il le releva pour le mettre à sa hauteur et entrevit une lueur de surprise dans toute sa culpabilité.
- Je ne suis pas Granger, Potter, alors je ne vais pas passer toute la nuit à t'assurer par des arguments logiques que rien de tout ça n'était ta faute comme elle l'a fait ce matin. Ça ne l'était pas, c'est tout. Oublie ça. Ou je te frappe. Parce que tu m'énerves réellement.
- Comment je pourrais oublier qu'Hermione a été torturée une journée complète ? demanda tristement Harry.
- En n'oubliant pas, tu gâcheras chaque journée qu'on a sauvé en la tirant de là, asséna Drago avec froideur. Alors secoue-toi. Demain tu la retrouveras. Demain ce sera oublié.
- Ça a l'air si facile d'oublier pour toi.
Il le relâcha en soupirant, le fixant avec agacement.
- On a tous des moyens pour oublier. Trouve le tien.
Harry le fixa et Drago se figea sans savoir pourquoi. Quelque chose changea dans le regard de Potter. Hermione le faisait oublier, chassait chaque élan coupable, chaque relent de désespoir d'une façon qui marchait à chaque fois. C'était devenu sa façon d'oublier. Même l'espace d'un instant. Alors il écouta simplement Drago, franchit le pas qui les séparait, attrapa le col de sa chemise dont le premier bouton était défait et s'empara de ses lèvres. Il sentit le corps de Malefoy se tendre, ses lèvres figées de stupeur.
Il ignorait totalement d'où ça lui tombait. Il n'avait jamais aimé les hommes. Jamais été attiré par eux. Mais il voulait juste oublier. Et c'était Drago. Sa vie, son espoir. Il voulait juste oublier toute cette culpabilité dans laquelle il se noyait, il étouffait et il avait besoin de respirer. Et tout s'évapora soudain. Parce que les lèvres de Drago s'animèrent, sa langue s'empara de sa bouche, s'introduisit en lui comme en territoire conquis. Il n'embrassait pas, il dominait. Et Harry se laissa emporter. Se laissa sombrer dans l'oubli alors que Drago passait un bras autour de sa taille, le collait à lui, s'emparait soudain de plus que sa bouche. Il s'emparait de son âme toute entière.
Lorsque Drago s'éloigna légèrement, le souffle un peu court, il fixa le visage d'Harry. Ses lèvres entrouvertes, ses yeux clos, son expression d'abandon total. Et le blond se dit que ce n'était pas ce qu'il fallait. Harry était dans un sale état, il était faible et Drago Malefoy ne profitait pas de la faiblesse des gens, pas dans de telles circonstances. Mais lorsqu'il croisa les prunelles émeraudes de son compagnon, il se figea dans le geste d'éloignement qu'il allait amorcer. Parce que toutes émotions négatives semblaient avoir enfin déserté le jeune homme. Il ne lisait qu'un espoir flamboyant dans ces prunelles, sur son visage. Et lorsqu'Harry prononça son prénom, à voix basse, rauque, comme une supplique, il céda. Il devait le garder en vie, et il n'était pas sans pitié. Il aurait été cruel de s'éloigner maintenant. Alors que Potter semblait tout attendre de lui. Alors il s'empara à nouveau de ses lèvres. Avec autorité. Il glissa une main dans le cou d'Harry, l'autre le ramenant tout contre lui et il le sentit soupirer, de soulagement. C'était ce qu'il voulait. Harry avait juste besoin de ça.
Tout disparut. Tout ne fut plus que Drago. Plein d'autorité, de vie, de force. Ce n'était pas doux, c'était autoritaire. Ce n'était pas tendre ou affectueux, c'était avide, effréné. C'était l'oubli le plus total de toute pensée cohérente au profit de sensations toutes plus envahissantes les unes que les autres et qui le consumait. Lorsque Drago s'éloigna pour lui retirer son tee-shirt à la volée avant de reprendre à nouveau possession de sa bouche, Harry avait complètement et totalement oublié qui il était, ce qu'il faisait là. Tout. Il avait oublié tout ce qui faisait qu'il était lui. Il avait cessé de se noyer. Il baignait dans une eau chaude, brûlante, et il se laissait flotter, le corps secoué de frisson de délice. Lorsque sa peau rencontra celle de Drago, il ne put retenir un gémissement et devint plus avide.
Plus de contact. Plus de chaleur. Plus de vie. Il avait besoin de se sentir vivant. Et la fièvre qui s'emparait d'eux était pleine de cette vie dont il était soudain si affamé. La chemise perdit ses boutons alors qu'il tentait d'atteindre le corps de Drago, les arrachant et ses mains parcoururent aussitôt le torse masculin. Et bien loin de le choquer, cela provoqua un indicible frisson de vie. Qu'il trouva fabuleux, qu'il voulut aussitôt retrouver. Ses mains remontèrent le long du torse à la peau pâle, jusqu'aux épaules, sur lesquelles ses doigts glissèrent pour ôter le reste du tissu alors qu'un grognement lui parvenait. La bouche de Drago quitta la sienne, le laissant le souffle court, mais il gémit en fermant les yeux lorsqu'il sentit les lèvres autoritaires au creux de son cou, sous son oreille, sur sa mâchoire. Il n'embrassait pas, il déclarait cette peau comme étant la sienne. Harry avait la sensation d'être marqué au fer rouge à chaque fois qu'il déposait un baiser, que la pointe de sa langue venait l'effleurer, à chaque nouveau frisson. Alors ses mains redescendirent sur les épaules, le torse, le ventre. Il sentit une irrégularité sous ses doigts, s'y attarda, sentit Malefoy hésiter, le mordiller au cou comme pour le punir alors il repartit et il buta sur la ceinture. Avant de descendre en dessous.
Drago Malefoy grogna, poussa Harry qui caressait la bosse sous le pantalon. Il le poussa presque durement contre le mur, le dos d'Harry y buta mais il ne s'en offusqua pas. Et saisit à pleine main ce qu'il sentait pour le serrer dans sa paume. Parce que chaque grognement qu'il déclenchait amenait plus de vie en Drago, donc plus de vie en lui. Alors il voulait l'entendre encore. Plus fort. Il voulait sentir plus de vie en lui. Car ainsi il respirait enfin. Son cœur pouvait repartir, son âme cessait de se tordre de douleur. Et soudain, son corps était enfin animé. Il n'était plus cette loque. Plus cette coquille vide. Ce fut à peine s'il sentit les doigts de Drago défaire son pantalon. Mais il se cambra soudain en gémissant, ce corps d'ordinaire si abîmé, si fatigué, se tordit dans un sursaut de vie sous le plaisir que les longs doigts de Drago amenaient en se glissant sous son boxer, se refermant sur son membre qu'il ne pensait pas douloureux jusque-là.
La caresse, lente, autoritaire, le fit se cambrer contre Drago et lorsqu'Harry entrouvrit les yeux, il vit le regard de Malefoy fixé sur son visage. Et ses prunelles d'acier, d'ordinaire si froides, son expression normalement si impassible, n'était plus que souvenir. Son regard était sombre, tourmenté par une émotion vive, de désir, de plaisir, d'obsession, son visage était troublé d'expressions contradictoires. Mais vivantes. Tout semblait si vivant qu'Harry ne put s'empêcher de glisser sa main sur sa nuque pour l'approcher de lui et s'emparer à nouveau de ses lèvres qui animaient son corps et son âme.
- Drago.
Le prénom lui échappa. A nouveau. Encore une fois. Et comme la première fois, Drago sembla comprendre qu'il en voulait davantage. Davantage de vie, davantage de sensation, davantage de plaisir, davantage de chaleur. Plus de tout. Il l'entendit murmurer quelque chose d'inaudible. Mais le reste se perdit dans son gémissement alors que Drago semblait lui accorder tout ce qu'il voulait. Resserrant sa prise sur lui, le caressant un peu plus vite, son autre main descendant dans son dos, au creux de ses reins, vers ses fesses alors que sa langue venait s'emparer de la sienne avec autorité. Drago le submergeait. Et au milieu de toutes ses sensations, de ce désir, de ce plaisir, Harry respirait. Alors il ne voulait pas que ça s'arrête. Surtout pas. Ses doigts tremblaient quand il défit enfin le pantalon noir de son comparse, ses mains eurent du mal à tout faire glisser et Drago dut l'aider.
Drago s'éloigna de lui, juste un bref instant. Pour tout ôter. Pendant trois minuscules secondes, Harry se retrouva sans contact. Sans sa peau contre la sienne, sans ses lèvres embrassant les siennes. Et un frisson atroce le parcourut, de froid, de peur. Il ne voulait plus se noyer. La vie, c'était Drago, alors sa main se tendit vers lui et il la saisit aussitôt en l'attirant brutalement contre son corps. Drago se figea en constatant que le corps tout entier d'Harry tremblait. Mais il put à peine se poser la question. Car Harry reprit ses lèvres, ses mains s'emparèrent de sa virilité et Drago grogna avant de sentir les tremblements d'Harry s'estomper. Il cessa alors de réfléchir. Comprenant que Potter avait cessé depuis longtemps. Depuis le moment où leurs lèvres s'étaient touchées pour la première fois. Qu'il n'y avait pas de question à se poser. Harry avait juste besoin de ça. Alors Drago le lui donna. Il s'arracha à son baiser, le tourna, attirant son dos contre son torse, sa main descendit sur le ventre plat d'Harry et saisit son sexe à pleine main.
Le gémissement le ravit plus qu'il n'aurait dû alors il continua son mouvement régulier tandis que ses lèvres parcouraient le cou de Potter, sa nuque. Il n'en revenait pas de voir la chair de poule, chaque frisson qu'il provoquait en déposant ses lèvres, en effleurant la peau de la pointe de sa langue. Il avait l'impression de le voir reprendre vie sous ses mains, sous sa bouche. Lorsque sa seconde main descendit entre les deux fesses d'Harry, caressant l'orifice qui s'y trouvait, Drago fut stupéfait d'entendre un nouveau gémissement s'échapper d'entre les lèvres d'Harry. Harry était si avide de sensation, si affamé, qu'il commença à onduler du bassin, cherchant le contact plus poussé, avec ses deux mains. Et il prononça son prénom une troisième fois. Drago ferma les yeux, mordilla légèrement la peau fragile de la nuque du brun en glissant un doigt en lui.
Ses gémissements allaient le perdre. Il adorait le voir si plein de vie. Le voir s'animer sous ses mains. Sous ses baisers. Entendre ses bruits si indécents qu'il faisait. L'entendre murmurer son prénom. Peu importait le reste. Il comprit à cet instant pourquoi Potter avait réagi ainsi. Il était en train de s'oublier complètement. Potter voulait oublier, c'était sa manière d'oublier. Et Drago le suivait dans cet oubli absurde, temporaire mais total. Tout pour l'entendre encore. Tout pour le sentir encore plein de vie. Tout pour le voir avec cette expression d'abandon total, sans plus nulle trace de douleur, de remord ou de peur. Potter était en vie à cet instant, comme il avait promis et c'était tout ce qu'il voulait. Potter en vie. Alors il glissa un deuxième doigt en lui, lui imposant un mouvement lent de va et vient, coordonné avec sa seconde main.
Ce n'était pas que du plaisir. Il y avait aussi un peu de douleur. Au début. Mais Harry s'en foutait. Il était vivant. Et passé la première sensation désagréable, il y avait juste ce déferlement de sensation. Ce plaisir intense. Au point qu'il bougea du bassin, pour lui réclamer d'accélérer la cadence, il en voulait tellement plus. Tellement plus de vie. Ce qui lui valut une nouvelle petite morsure. Il ignorait totalement si c'était comme un genre de punition ou de félicitation. Mais il implorait, répétait ce prénom encore et encore qui semblait le faire céder. Même si Drago ne semblait céder que quand il le décidait. Il sentit soudain quelque chose de mou sous ses paumes et rouvrit légèrement les paupières, qu'il avait de nouveau fermé, sans s'en rendre compte, sous le flux constant et submergeant de sensation que Drago lui envoyait. Et il remarqua qu'il était sur le lit, du moins les mains car il était toujours debout. Juste les paumes appuyées sur les draps. Plutôt que de réfléchir à comment il était arrivé là, ou pourquoi, il préféra gémir de mécontentement car Drago ralentissait sa caresse, retirait ses doigts, avait cessé de l'embrasser ou de le mordiller. Et tout cela était bien plus grave que cette question de lit, ou de position presque embarrassante, penché en avant, quasiment offert. Mais dont il se félicita presque quelques secondes plus tard en sentant quelque chose qui remplaçait les doigts de Drago qui reprenait sa caresse. Plus lentement, mais décidé, comme si rien ne pouvait l'arrêter. Et Harry n'avait aucune envie qu'il s'arrête. Il bougea le bassin et prit lui-même la décision, s'empalant sur Drago qui gronda, si fortement, si longuement, qu'Harry oublia la douleur vive qu'il ressentit, profitant de ce son, plein de vie.
Drago saisit ses hanches, se penchant pour le mordiller, ne bougeant pas, comme pour lui laisser le temps de se faire à lui. Il le tenait, pour l'empêcher de bouger à nouveau et Harry gémit de mécontentement. Jusqu'à ce qu'il sente la langue sur sa nuque, traçant un chemin sinueux, brûlant sur sa peau. Puis Drago bougea. Lentement. Il recula. Puis s'enfonça à nouveau en lui. Ce fut insupportable. Trop lent. Ponctuée d'une douleur. Mais avec un goût de trop peu. Alors Harry prononça son prénom, accueillit le coup plus vigoureux en se cambrant, alors que la douleur semblait déjà loin. Le coup suivant, ses jambes flanchèrent sous l'onde de plaisir que cela déclencha en lui et Drago le retint de justesse, l'agenouilla sur le lit, le fit se pencher en avant et il fut perdu. A moins que ce fut quand Drago reprit sa virilité en main, accordant le rythme de ses caresses son mouvement de bassin, à ses coups de reins plus profonds qui touchaient avec force une source de plaisir insoupçonné en lui.
Il vibrait, gémissait, accueillait chaque mouvement avec une vie et une ardeur qui enflamma Drago. Alors il lui en donna plus, y alla plus fort, plus vite. Il perdit rapidement son souffle, son rythme était chaotique, ses mouvements désordonnés mais Harry était toujours plus réceptif, accueillant, vivant. Il était si vivant. Et Drago grogna, le sentant si serré, si étroit autour de lui. Harry était parfait ainsi, si plein de vie, si avide, si affamé, si abandonné. Il l'entendit soudain pousser un long gémissement, son corps tremblant de plus en plus de plaisir et Drago grogna de nouveau, le suivant, se vidant soudain en Harry qui se resserrait autour de lui.
Il se laissa tomber, presque doucement, son torse contre le dos en sueur d'Harry qui récupérait son souffle alors que la main souillée de Drago se retirait de son membre. Il enlaça sa taille et Harry se laissa simplement tomber avec lui, resta contre lui, enserré dans une étreinte chaude. Non, il ne voulait pas parler, pas bouger, savourer encore cette plénitude, ce sursaut de vie. Il grimaça légèrement quand Drago se retira de lui mais resta là, sur le flanc, son dos collé au torse du blond qui ramena une couverture sur eux dont Harry ne pensa pas à demander l'origine. La chaleur de Drago suffisait. Drago suffisait. Il attrapa son poignet, d'un geste presque vif, descendit ses doigts et les entrelaça aux siens. Le blond le serra davantage contre lui et tout le corps d'Harry se détendit complètement alors qu'il sombrait dans le sommeil.
