Bonsoir, tout le monde !

D'abord un énorme merci à mes lectrices adorées pour leurs superbes reviews et leur infaillible fidélité !

Ensuite, désolée pour ce long retard. J'ai repris les cours, cette année est vraiment difficile et particulièrement importante, vous comprendrez donc que ce soit ma priorité !

Je ferais tout mon possible pour ne pas trop espacer mes publications, mais je ne peux pas dire précisément à quel rythme je publierai.

Pour celles qui suivent mes autres fictions, il en sera de même pour celles-ci.

Sur ce, bonne lecture et prenez soin de vous !

Ps : un grand merci à Milk40 pour la correction de ce chapitre et aussi à Fleur50 qui m'a toujours été d'une immense aide depuis que j'ai entrepris cette correction.


Bella POV

Edward me libéra à contrecœur lorsque son téléphone commença à sonner sur la table basse. Il le prit en s'accrochant à moi pour voir l'identité de l'appelant. « Désolé, mon amour. Je dois prendre cet appel. »

Il se leva et répondit au téléphone.

« Edward à l'appareil, »annonça-t-il. « Patientez un instant. » Il se tourna vers moi en posant son téléphone sur son torse.

« Bella, c'est important alors je vais aller dans l'autre pièce. Tu peux rester ici et lire. Je reviens dans un petit moment. »

Il alla dans la chambre et referma la porte derrière lui. Je soupirai de soulagement. Au moins, quoi qu'il m'arrive ensuite, c'était retardé pour le moment. Je pris le livre que j'étais en train de lire cette semaine et me déplaçai sur une chaise pour me mettre à l'aise. A travers la lecture, je pouvais oublier ma vie et qui j'étais. Dans un livre, le drame n'était que simulé.

Environ 30 minutes plus tard, j'entendis la porte de la chambre s'ouvrir.

« Viens ici, mon amour, » dit doucement Edward. Je marchai pieds nus sur le tapis cossu, jusqu'au lit. Il tapota sur le lit à côté de lui et je m'allongeai avec lui. Il me tint délicatement dans ses bras, ma tête sur son torse. Tout en caressant mon visage de ses doigts, il embrassa le haut de ma tête.

« Bella, je sais que tu es relativement inexpérimentée dans le domaine de l'intimité…, » commença-t-il, et je fus immédiatement effrayée. C'était maintenant devenu une réaction instinctive pour moi que de me geler sur place. Comme c'était triste. Tout le monde me disait que j'allais être vierge lorsque nous nous marierions, mais j'avais terriblement peur qu'il perde le contrôle et…me prenne de force. Je n'étais pas prête pour ça. Pourtant, si je lui refusais quoi que ce soit, je ne savais ce qu'il m'arriverait alors. Il pouvait…se débarrasser de moi s'il le voulait. Il me sentit me raidir et m'attira plus près de lui. Comme ci ça pouvait aider. « Mon amour, il n'y aucune raison d'avoir peur. Je sais que la seule expérience que tu as eue a été avec Charlie et James, et que cela a été pénible pour toi. Je ne vais pas te faire de mal. En fait, ça va être complètement le contraire. » Je pouvais entendre un véritable sourire dans sa voix.

« C'est ce que les gens font lorsqu'ils sont amoureux. Ils partagent leur amour et leur désir à travers des caresses intimes. Je veux que l'on commence à être comme ça l'un avec l'autre. » Ce que les gens font lorsqu'ils sont amoureux ? Cela voulait-il dire qu'il m'aimait ? Pensait-il que je l'aimais ? Comment pouvait-il dire qu'il m'aimait ? Il ne me connaissait même pas. Tout ce qu'il savait, c'est que je n'étais pas sujette à avoir des opinions. Il pouvait me faire tout ce qu'il voulait avec ou sans mon consentement. Il aimait la version poupée de moi.

« Edward, puis-je te poser une question ? » demandai-je contre sa chemise.

« Mon cœur, c'est l'endroit où nous allons être les plus proches. Je veux toujours savoir ce que tu penses, et je veux que tu sois connectée avec moi physiquement et émotionnellement. En particulier dans notre lit, tu comprends ? Tout ce que je te demande, c'est que tu ne me mentes pas, » dit-il doucement, et j'acquiesçai.

« Tu as dit que c'est ce que font les gens qui s'aiment. Est-ce que ça veut dire…que tu m'aimes ? » demandai-je dans un murmure étouffé. Il releva mon menton de façon à ce que je regarde son visage. Le choc que j'y vis me fit immédiatement regretter ce que j'avais demandé.

« Je suis désolée, Edward. Je ne voulais pas te contrarier, s'il te plait…S'il te plait…Je suis désolée. Ne me fais pas de mal, » dis-je rapidement, et je me redressai sur le lit pour embrasser sa joue. Il me regardait toujours avec cette étrange expression abasourdie.

« Bella, je ne suis pas en colère, je suis juste surpris. Je ne m'étais jamais rendu compte jusqu'à maintenant que tu ne savais pas. » Il posa sa main sur ma joue et se pencha pour m'embrasser très doucement. Ce baiser était si doux, si tendre que je ne pus m'empêcher de le lui rendre. Tout comme son sourire en coin était mon sourire, ce baiser était mon baiser. Ça me donnait de l'espoir; il pouvait être gentil et doux. Cet Edward était celui que j'appréciais. Ça n'avait rien à voir avec les baisers durs et furieux avec lesquels il m'assaillait dans le passé. Je ressentis une pointe d'optimisme. Il mit fin au baiser, et se déplaça pour embrasser mon cou. Je penchai ma tête sur le côté pour lui donner un meilleur accès, et il murmura contre ma peau, « Tu es merveilleuse, ma Bella. Si belle. » Puis il recula et me regarda en face. Il repoussa mes cheveux et les caressa doucement. « Oui, Bella. Je t'aime. J'ai aimé la façon dont ton visage s'est illuminé lorsque tu parlais à ce vieil homme à la bijouterie. J'ai aimé la façon dont tu m'as embrassé à la librairie. J'aime la façon dont tu me fais sentir lorsque nous sommes ensemble. J'ai une douleur à la poitrine qui ne s'en va pas lorsque nous sommes éloignés l'un de l'autre. J'ai hâte de t'épouser. »

Je restai là, à le regarder, stupéfaite. Il n'avait pas dit qu'il aimait mon obéissance, ou mon corps, ni même sa propriété absolue sur moi. Il n'avait pas mentionné le fait que je sois une esclave. Je ne savais pas quoi lui dire. Il avait dû remarquer mon expression, car il me posa ensuite l'inévitable question, « Ne m'aimes-tu pas, Bella ? » demanda-t-il d'un ton doux.

J'y avais réfléchi. Je savais que cela allait être très délicat pour moi de répondre. Je ne l'aimais pas, comment le pourrais-je ? Premièrement, je ne le connaissais pas. Deuxièmement, on m'avait emballée comme une Volvo flambant neuve pour lui, sans aucune considération pour ma propre volonté. Et il avait accepté ça, comme si c'était la façon la plus pratique de se marier. Troisièmement, j'avais peur de lui. Dire que j'étais effrayée par lui était un euphémisme. Je n'arrivais pas à traduire la peur que j'avais de lui par des mots. J'étais toujours sur mes gardes avec lui. Mais ensuite, je pensai à Alice, et à Rosalie. Elles avaient toutes les deux l'air de véritablement aimer et adorer leur mari, le même genre de mari que j'aurais bientôt. Il fallait reconnaître que Jasper méritait tout l'amour qu'Alice lui donnait. Était-ce possible que je tombe amoureuse d'Edward comme ça ? Il était beau, et il pouvait être charmant et doux. Je ne voyais pas comment cela pourrait être possible, mais dans les circonstances actuelles, je voulais que ça soit vrai. Je ne voulais pas passer ma vie entière dans un mariage sans amour avec quelqu'un qui m'effrayait. Je devais sauver ce que je pouvais de mon bonheur maintenant.

« Edward, » dis-je, et je soupirai ensuite en le regardant dans les yeux. Il demandait la vérité, j'allais la lui donner. Bien sûr, elle serait minimisée; je ne voulais pas mourir pour avoir parlé honnêtement. « Tout cela est si nouveau pour moi, et vraiment, je ne sais rien de toi. Je veux dire, j'ai 17 ans. Mais pour être honnête, je…je veux t'aimer. Je pense qu'avec le temps, je pourrais y arriver. J'aime ça lorsque tu es doux et gentil. J'aime que tu me laisses aller à la libraire. J'ai aimé le baiser que nous avons partagé dans la salle d'examen avant que ton père n'entre. J'aime le fait que tu aies été si patient avec moi ces dernières semaines. J'ai juste…Je ne peux pas aimer quelqu'un de qui j'ai si peur, » finis-je, l'implorant avec mes yeux pour qu'il ne soit pas en colère, qu'il comprenne mes sentiments.

Je vis un éclair de colère dans ses yeux avant qu'il ne le contrôle, et je soupirai. « Je ne veux pas que tu aies peur de moi, Bella. Mais je vais accepter ça pour le moment. Je ne veux pas que tu mentes et que tu me dises que tu ressens quelque chose que tu ne ressens pas vraiment. Mais je m'attends à ce que tu essayes. Il te reste quelques mois avant que nous nous mariions pour que tu y arrives. »

Il me tint serrée quelques minutes et ensuite il s'éloigna à nouveau. « Maintenant, à propos de ce baiser à l'hôpital, » dit-il, arborant mon sourire en coin que j'aimais tellement voir. « Et si nous essayions encore ? » Il porta ses lèvres aux miennes, et je ressentis cette même effusion lorsque nos lèvres se rencontrèrent. Il initia le baiser, mais tandis qu'il caressait ma joue et moulait son corps au mien, je constatai que j'avais envie de l'embrasser moi aussi. J'approfondis le baiser et il gémit. Après quelques minutes, il m'embrassa à nouveau le long de mon cou et je réprimai l'envie de glisser mes doigts dans ses cheveux désordonnés.

« Bella, » murmura-t-il près de mon oreille, « tout ce que je veux ce soir, c'est que tu ressentes ce que te dit ton corps. Fais ce que ton instinct te dit de faire. Tu comprends ? » demanda-t-il doucement, et j'acquiesçai. Je levai le bras avec hésitation et mis mes doigts dans ses cheveux. « Très bien, mon amour, c'est exactement ce que je veux dire, » dit-il doucement, d'un air approbateur. Et voilà, le feu déclenché quelques secondes plus tôt s'éteignit aussi vite. Il avait tout ruiné en me rappelant que ce n'était pas l'expression de l'adoration qu'il avait pour moi, c'était un entraînement. Il ne s'en était même pas rendu compte. Sa tête continua sa descente plus bas sur ma poitrine et je me raidis. La seule fois que Charlie et James avaient touché mes seins, c'était pour m'infliger de la douleur. Il sentit mon hésitation, et dit doucement, « Ça va aller, mon amour. Je ne vais pas te faire de mal, » tandis qu'il passait mon chemisier par-dessus ma tête.

Alors que ses lèvres retrouvaient le haut de mes seins, il gémit et posa ses mains derrière mon dos. Je savais qu'il voulait retirer mon soutien gorge, alors je me déplaçai pour lui faciliter la tâche. Edward crut que je m'étais cambrée pour me rapprocher de sa bouche. « Oh, Bella, » gémit-il, et il défit ensuite mon soutien gorge avec ses doigts experts. Je me demandai brièvement pourquoi il était si adepte de lingerie féminine, mais dès que ses mains caressèrent doucement mes seins, je constatai que je n'en avais rien à faire. Il me toucha si doucement, ses doigts explorant chaque centimètre de mes seins. « J'aime la sensation de ta peau sous mes mains, » murmura-t-il, et il commença ensuite à les masser. Cette fois, mon dos se cambra réellement, et j'entendis un gémissement m'échapper, ce qui excita Edward davantage; il passa légèrement ses paumes sur mes tétons déjà durs, me faisant frissonner.

« Oui, mon cœur, c'est bon, n'est-ce pas ? » dit-il avant d'abaisser son visage vers mon sein et de prendre mon téton dans sa bouche chaude. Il taquina mon autre téton avec ses doigts, le gardant douloureusement dressé, avant de me faire légèrement rouler et de changer de côté. Mes doigts étaient étroitement agrippés dans ses cheveux lorsqu'il commença à utiliser ses dents sur chacun de mes mamelons. Je lâchai un faible gémissement, la bouche ouverte, à la sensation que je ressentais à ce moment-là. Je n'avais jamais rien ressenti de si englobant. Lorsque Charlie me donnait mes « leçons », elles étaient très sérieuses et efficaces. Mon corps lui donnait la réaction qu'il attendait. C'était rude et glacial. Alors que ça…c'était quelque chose de complètement différent. C'était lent et intime. Si j'ignorais les sonnettes d'alarme qui hurlaient dans ma tête et que je me concentrais uniquement sur les sensations, comme me l'avait dit Edward, alors je ressentais de la chaleur, du besoin et…eh bien…du plaisir.

Je sentis ses mains se déplacer plus bas tandis que sa bouche continuait à se concentrer sur mes seins. Je soulevai mes hanches et il baissa puis retira mon pantalon. Je sentis ses doigts glisser lentement le long de l'intérieur de ma cuisse. J'haletai lorsque ses doigts atteignirent ma culotte. Lorsqu'il écarta un peu plus mes jambes, je fus choquée de sentir de l'air frais et me rendis compte que ma culotte était humide. Lorsqu'il le sentit, sa bouche retrouva rapidement la mienne. Il m'embrassa ardemment tandis qu'il me caressait à travers ma culotte. Je gémis doucement dans sa bouche, et il me caressa plus fort. Lorsque sa main se déplaça plus haut pour attraper l'élastique de ma culotte, la peur me reprit à nouveau. Il me murmura doucement, « Je t'aime, Bella ». Il se redressa rapidement et retira ses vêtements. Ensuite, il retira ma culotte avant de se placer entre mes jambes, sa tête sur ma cuisse. Il l'embrassait doucement, en écartant davantage mes jambes. Je sentis sa barbe de trois jours frotter contre ma cuisse tandis qu'il y plaçait de doux baisers. Pendant qu'il posait de doux baisers un peu partout entre mes jambes, je me demandai brièvement pourquoi il voulait faire ça. Moralement, ça me dégoûtait. Puis sa langue fut en moi, et toute pensée cohérente me quitta en un instant.

Tandis que ses doigts maintenaient mes petites lèvres écartées, sa langue dansait et tourbillonnait autour de mon point sensible. Cela n'avait rien à voir avec ce que Charlie ou Paul m'avaient infligé. La chaleur était rapide, forte et intense. Je ne le ressentais qu'entre mes jambes. Alors que là, je le ressentais partout. C'était comme si chaque fibre de mon être était chaude et picotait. Je ne pus empêcher certains sons de m'échapper. Ça m'embarrassait mais les sensations étaient juste trop écrasantes de volupté. Doucement, il glissa ses doigts en moi et me caressa. Je sentis mes parois se resserrer autour de ses doigts. La friction causée par ses doigts, en plus de sa langue, était étourdissante.

Sa langue me caressa plus fort, et je me rendis compte que mes hanches poussaient contre le matelas en même temps que les mouvements de ses doigts. Mes cris s'étaient intensifiés, toute gêne, ou peur, oubliée dans la chaleur de mon corps. Une de mes mains libéra ses cheveux et saisit les draps, et mon dos se cambra. Je pouvais sentir mon ventre se nouer, signe de jouissance proche, et pour la première fois, j'attendais ça avec impatience. La main d'Edward vint tenir la mienne, et je la saisis fermement. Il serra ma main tandis que mon ventre se nouait davantage, et je serrai la sienne en retour. Je commençai à gémir son nom alors que l'explosion en moi menaçait d'éclater. « Edward…Edward…, » gémis-je encore et encore.

Finalement, mon orgasme me transperça. Il avait pour origine mon point sensible qu'Edward stimulait, mais il se répandit à travers tout mon corps. Je criai son nom tandis que j'atteignais le sommet. Je m'accrochai à sa main comme si c'était la seule chose qui me maintenait sur terre pendant que je gémissais et m'agitais sous l'assaut de mon orgasme. Enfin les effets commencèrent à s'estomper et je m'écroulai sur le lit. J'étais toujours accrochée à la main d'Edward. Il plaça de tendres baisers sur mes cuisses et mes hanches avant de remonter pour embrasser mon cou. « C'était…c'était merveilleux, Bella. Tu as très bien fait ça, » dit-il doucement, et il m'embrassa ensuite amoureusement sur les lèvres. Je pouvais me goûter sur ses lèvres, mais j'essayai de ne pas y penser.

Nous nous embrassâmes pendant plusieurs minutes, et je pouvais sentir son érection pressée contre moi. « Bella, je veux que tu me fasses ce que je viens juste de te faire. Je veux que tu me montres comment tu te sens. » Je savais que cela allait arriver, alors j'acquiesçai et repensai à comment il avait commencé. Je savais qu'il ne voulait pas uniquement que je me « mette à genoux », si je puis dire, mais qu'il voulait que je l'explore, comme il l'avait fait avec moi. Je le regardai dans les yeux et appuyai sur ses épaules pour qu'il se mette sur son dos. Il s'exécuta avec un sourire qui illumina son visage. Je me penchai et cette fois, j'initiai le baiser. Je levai le bras avec hésitation et touchai son visage. Il sourit contre mes lèvres, et enroula ses bras autour de moi. Je réfléchis à nouveau, puis commençai à embrasser son cou. Il m'avait dit qu'il m'aimait, mais je ne pouvais pas faire ça. Qu'est-ce qu'il avait dit d'autre ? Il avait dit que j'étais belle et m'avait appelée sa Bella. Je murmurai doucement près de son oreille, « Edward…mon Edward… » Il gémit, et enfonça sa tête dans les oreillers.

« Oui, Bella, » dit-il, en me serrant plus fort et en caressant mon visage. « Je suis tien, tout comme tu es mienne. Je serai toujours à toi. » Il m'embrassa à nouveau, et je pouvais ressentir l'émotion derrière ce baiser. Son intensité m'effraya un peu, et je me déplaçai vers le bas pour embrasser son torse. C'était la première fois que je pouvais le voir nu, et apprécier sa…eh bien, sa beauté. Je fis courir ma main sur son torse sculptural, en l'admirant. Il m'observa avec curiosité tandis qu'il me caressait les cheveux.

« Wow…, » soufflai-je, avant d'embrasser les muscles de son torse.

Il gémit doucement et demanda, « Quoi, Bella ? » d'une voix faible et rauque. Je rougis.

« Tu es juste tellement…eh bien…tellement beau, » dis-je doucement, mes rougissements s'intensifiant. Il sourit et m'attira vers ses lèvres. Il m'embrassa intensément, avec désir.

Il prit ma main, la serra doucement et dit, « Ce n'est rien comparé à ta beauté. » Il fit glisser ma main sur son torse, caressant son téton avec ma paume. « Tu es si parfaite. » Sa main déplaça ensuite la mienne entre ses jambes et pressa ma paume contre son imposante érection. « Sens-tu combien je te désire ? Je n'ai jamais autant désiré quelqu'un, je n'ai jamais autant eu besoin de quelqu'un comme j'ai besoin de toi. » Je remontai ma main sur son torse et abaissai mon visage pour prendre son téton dans ma bouche. Je savais qu'il commençait à s'impatienter, et je voulais le rendre heureux. Il était plus gentil lorsqu'il était heureux.

Rapidement, j'embrassai son ventre, laissant mes cheveux tomber dessus. Ses hanches se soulevèrent doucement, et il retira ses mains de mon visage pour empoigner les draps à ses côtés. Il ne voulait que j'aie l'impression d'être forcée de faire quoi que ce soit, et je fus reconnaissante de l'effort que cela avait dû lui demander. Je pris une de ses mains comme il l'avait fait avec moi. Il saisit fermement ma main tandis que je posais des baisers sur ses hanches, ses cuisses, sur chaque centimètre de lui sauf là où il le voulait. Il finit par donner un autre coup de rein et cria, « S'il te plait…Bella ! » Encore une fois, il n'utilisa pas la force avec moi, et je ressentis à nouveau cette montée d'espoir en moi. Je le pris dans ma bouche, le caressant avec ma langue. Il haleta fortement et serra ma main. « Bella…, » gémit-il, et son sexe tressauta dans ma bouche.

Je fis exactement ce qu'on m'avait appris, et le suçai. Je le taquinai avec ma langue. Je le caressai avec ma main. Je frictionnai entre ses jambes. C'était pour la forme, je ne ressentais aucun plaisir à le faire. Je me demandais si ça changerait un jour. La seule chose qui me plaisait, c'était la réaction d'Edward. Il ne me balançait pas de remarques vulgaires, il ne s'enfonçait pas davantage dans ma bouche et il ne guidait pas mes mouvements. A la place, il tenait ma main. De temps à autres, il caressait ma joue. Il me disait qu'il m'aimait, et qu'il aimait la façon dont je le faisais se sentir. Finalement, je l'entendis crier : « Bella…S'il te plait, mon cœur, je suis si proche ! » Comme si je pouvais m'arrêter maintenant sans le laisser jouir, comme s'il n'allait pas me battre si je le faisais. Je sentis une amère rancœur monter en moi, mais je l'ignorai tandis que je m'affairais plus fort pour l'amener à l'orgasme.

Après quelques minutes, son dos se cambra et son corps se raidit. Je le sentis à nouveau serrer ma main, la tenant fermement, et ses hanches bougèrent presque imperceptiblement. Il cria mon nom lorsqu'il vint dans ma bouche. J'avalai comme on me l'avait appris, et le nettoyai ensuite avec ma langue. Lorsque ce fut fini, je me rassis sur le lit à coté de lui, en tailleur, sa main toujours dans la mienne. Je le regardai tandis que sa respiration changeait et devenait plus douce. Je voyais de la sueur perler sur son front, et regardai tandis qu'il desserrait doucement sa mâchoire et ouvrait ses yeux qu'il avait gardé fermés pendant son orgasme. Il me sourit, un doux et authentique sourire. « C'était…c'était incroyable… » Il soupira doucement, et je baissai les yeux, fixant un des motifs sur le drap. Il m'observa pendant quelques minutes, et tira ensuite sur ma main, m'attirant près de lui.

Il enroula ses bras autour de moi, et je posai ma tête sur son torse. Il caressa doucement mon visage et mes cheveux pendant un long moment. Finalement, il parla. « Je t'aime tellement, Bella. Je pense que si tu te laissais aller, nous pourrions être heureux ensemble. Je veux que tu sois heureuse avec moi. Je veux te donner tout ce que ton cœur désire. » Il m'embrassa légèrement sur le haut de la tête. Comment pouvais-je lui dire que tout ce que je désirais, c'était de ne plus me faire battre, ou humilier ? J'entendais l'espoir et le désir dans sa voix. Je savais qu'il croyait à ce qu'il disait. Pendant un moment, je souhaitai désespérément y croire aussi. Mais pas longtemps, car la vérité me revenait toujours à l'esprit. ***

La respiration d'Edward était stable, il s'était rapidement endormi. Ça s'était passé comme ça durant toute la semaine dernière. Chaque soir, nous exécutions des actes qui me rebutaient à chaque fois. (Il était tellement dans la noirceur, ne réalisant même pas qu'il était inconscient de mes sentiments. Chaque soir, je pleurais lorsque c'était fini, pas parce que ça faisait mal, parce que ce n'était pas le cas. C'était bon – ce qui est tellement pire que d'être dans la douleur. Je me sentais hideuse et sale, je me répugnais. Je ne voulais pas céder, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Mon corps était un traître, il réagissait à son toucher. Mon corps commençait à répondre à la moindre de ses caresses, sachant le plaisir qu'il éprouverait très vite. C'était pour ça que je pleurais. Edward supposait que mes larmes étaient dues à notre acte « d'amour », comme il appelait ça. Il ne savait pas que ce n'était pas des larmes de joie. Ces larmes étaient dues au dégoût que j'avais de moi-même, et aux réactions qu'il me forçait à avoir chaque nuit.

Chaque nuit, il m'enveloppait dans ses bras après, me tenant toute la nuit jusqu'à ce que nous nous réveillions le matin. Je sentais que c'était sa façon de m'empêcher de fuir, de la même façon que le faisait Charlie lorsqu'il m'attachait au lit tous les soirs. J'étais tout aussi piégée avec Edward, mais c'était juste la version « gâteau enrobée de sucre et garnie d'une cerise sur le dessus » de mon ancienne routine était en train de s'installer avec lui, me faisant abandonner tout espoir d'une autre vie. J'avais fini par retourner à l'école. Un lieu de normalité pour moi. Là-bas, je pouvais prétendre avoir une vie normale, comme tous les autres lycéens. Parler des redoutables devoirs, du compte à rebours jusqu'au bal, de qui y emmènera qui, et de la remise des diplômes. La vie en dehors du lycée, rencontrer de nouvelles personnes, tout le tralala. Je ne ferais jamais l'expérience de toutes ces choses de la vie; j'étais coincée dans une vie dont je ne pouvais me libérer. Je m'habituais tout de même à l'école. Rosalie me rappela que c'était un autre endroit où je pouvais éteindre Barbie Bella et prendre avantage de ce fait. Tant que je n'attirais pas l'attention sur moi, il n'y avait aucune raison pour que quoi que ce soit ne soit divulgué à Edward, ou pire, Carlisle.

Mais j'attirais toujours l'attention. J'avais, après tout, tellement de chance d'être adoptée par le docteur Cullen. L'administration et les professeurs me l'avaient répété sans cesse durant les deux premiers jours. Carlisle était un membre respecté de la communauté, et faisait parti du conseil scolaire. Comme la mort de mon père et de mon frère était triste ! Charlie était si généreux d'avoir pris en charge des filles à problèmes, toutes ces années. Il était un exemple pour les gens. J'écoutais à chaque fois, la mâchoire serrée, comme lorsque Edward était en colère, sauf que je me retenais de cracher la vérité aux visages de ces gens. Charlie et Carlisle devraient avoir tous les deux leurs visages affichés à la poste, dans les épiceries et sur les cabines téléphoniques pour avertir les bons citoyens de Forks de courir enfermer leurs filles, pour leur sécurité. Elles n'étaient pas en sécurité dans l'antre du diable.

Tous les matins, Edward habillait sa poupée Bella pour l'école, et je préparais et servais ensuite le petit déjeuner. Je détestais ce moment parce qu'il continuait à insister pour que je m'assoie sur ses genoux pour manger, depuis notre « pique-nique » dans notre chambre ce soir-là. Si ça avait été juste ça, j'aurais pu le supporter. Mais c'était le fait que Carlisle s'asseyait de l'autre coté de la table et nous observait tous les matins qui me dérangeait. J'avais eu de la chance jusque là qu'Edward rentre toujours à la maison en même temps que Carlisle, donc je n'avais pas eu à être seule avec lui. Je ne savais pas combien de temps ma chance durerait, mais je pouvais voir la tension se développer chez Carlisle, chaque soir, lorsqu'ils revenaient de l'hôpital.

Edward m'attendait toujours sur le parking de l'école avant même que la cloche sonne pour que je n'aie pas le temps de fréquenter qui que ce soit, sauf durant les repas, ou entre les cours. J'écoutais les filles saliver, disant à quel point j'étais chanceuse qu'il prenne autant soin de moi, qui n'était que sa sœur adoptive. Elles salivaient et disaient de façon suggestive, 'il peut m'adopter quand il veut'. Dégoûtant. N'avaient-elle jamais pensé à ce que cela pourrait réellement signifier pour elles ? Apparemment non.

Edward me déposait à la maison pour pouvoir retourner à l'hôpital afin de terminer son service. Pendant ce temps, j'aidais Esmé, Alice et Rosalie à préparer le dîner pour tout le monde et je faisais mes devoirs. Edward et moi dînions dans la salle à manger avec Carlisle et Esmé avant de nous retirer dans notre chambre. Edward travaillait, installé à son bureau, pendant que je lisais un livre ou que je finissais mes devoirs jusqu'à ce qu'il décide que c'était l'heure d'aller au lit.

Ensuite, l'entraînement continuait. Mais Edward n'appelait pas ça un entraînement. Il appelait ça 'des actes d'amour '. N'avait-il jamais entendu l'expression 'ce que l'on nomme un cheval, même sous un autre nom, n'est toujours qu'un cheval' ? C'était ce que c'était; un autre nom pour camoufler une réalité trop choquante. Si jamais je rechignais, je savais que ça mènerait à une punition. Chaque soir, il me faisait ressentir ces sentiments, me donnant envie de lui, jusqu'à ce que je crie son nom et que je frissonne dans mon orgasme. Après, il m'embrassais et me murmurait des mots d'amour et d'affection à l'oreille, avant de m'embrasser à nouveau. Je commençais à m'habituer à mon goût sur ses lèvres. Je pensais toujours que c'était dégoûtant. Ensuite, c'était à mon tour de lui retourner la faveur. Après, il me tenait dans ses bras pendant que je laissais des larmes silencieuses couler sur son torse. Pour je ne sais quelle raison, je n'arrivais pas à contrôler ces pleurs.

Heureusement, cette nuit il ne m'avait pas tenue dans ses bras jusqu'à m'étouffer, alors je pus me glisser hors du lit et me glisser dans mon peignoir pour me couvrir. Je ne savais pas où aller, mais je savais juste que je devais aller autre part. Je n'arrivais pas vraiment à avoir des pensées cohérentes, si ce n'est 'Va-t-en !' J'allai sur la pointe des pieds jusqu'à la salle de bain, fermai la porte, et me tournai pour faire face à mon reflet dans le miroir. Je n'aimais pas ce que je voyais. Je voyais une fille qui me ressemblait, physiquement. Mais lorsque je regardais dans le miroir, m'examinant, je ne trouvais aucun reste de ce que j'étais avant d'être envoyée dans cet enfer. Je savais que c'était là, caché dans une des fissures de mon être, mais je…je n'avais juste pas la motivation de le rechercher. J'étais vaincue.

En réalisant ça, j'eus un mouvement de recul tellement j'étais dégoûtée. Ma mère aurait été déçue. Elle m'avait tellement aidée pour que je devienne une personne à part entière, et maintenant je savais pourquoi. Elle avait stimulé tous mes intérêts en investissant dans des ateliers d'écriture, des voyages pour visiter le lieu de naissance de Shakespeare. Elle m'avait poussée à créer, à vivre mes rêves. Personne dans ce présent chapitre de ma vie ne savait que j'avais des aspirations, des buts, enfin sauf les femmes. Je voulais être écrivaine, j'avais l'impression d'avoir tellement de choses à dire, et depuis que j'avais emménagé à Forks, on m'avait juste dit de me la fermer. Eh bien, ils ne m'arrêteraient pas. J'écrirais malgré tout, car si je devais une seule chose à ma famille d'adoption, c'était d'avoir exacerbé mes pulsions créatives. J'avais une perspective maintenant. J'avais quelque chose sur quoi écrire.

Je me sentais déterminée. Mais alors je me retournai à nouveau et jetai un coup d'œil à mon reflet. Et ensuite, la bulle pleine de persévérance éclata. Je ne voyais pas une écrivaine forte de nature; tout ce que je voyais c'était une fille brisée avec un suçon dans le cou. Edward…J'étais si écœurée par les évènements de ce soir- encore. Je n'étais pas prête, et je détestais ce que nous faisions. Le pire dans tout ça, c'était le fait que je prenais mon pied. J'étais faible. Mon corps dominait mon esprit. Je saisis une serviette, l'imprégnai d'eau et de savon, et frottai mon cou, furieusement, même si je savais que ça resterait jusqu'à ce que ça s'estompe. J'avais besoin d'effacer Edward de sur moi. Je le devais.

Edward POV

Nous marchions à travers le parc; nous venions tout juste de terminer un délicieux dîner, et nous nous promenions. Bella et moi étions finalement passé à autre chose et j'étais si heureux. C'était une bonne soirée.

Je lui avais dit que j'avais besoin d'aller aux toilettes, alors nous nous étions arrêtés à une aire de repos. J'avais vraiment besoin d'un peu de temps seul, pour me donner du courage. J'allais faire ma demande en mariage à ma Bella, ce soir. Je savais qu'elle accepterait. Je voulais juste que ça soit parfait. J'avais besoin que ça soit parfait. Et je n'avais pas non plus envie de ressembler à un idiot nerveux. Donc, un peu de temps pour me rafraîchir les idées me serait bénéfique; Bella attendait à l'extérieur.

J'agrippai l'évier et observai mon visage dans le miroir.

« C'est bon, Edward. Tu peux le faire. Quoi qu'il arrive, elle dira 'oui'. Donc c'est une chose dont tu n'as pas à t'inquiéter. Tu es chanceux, salaud. C'est juste une demande, mec. Fais-la correctement. »

J'expirai, anxieux et nerveux. Je pouvais le faire.

Je jetai un autre coup d'œil au miroir, et sortis en trottinant, anticipant la réaction de Bella. Pleurerait-t-elle ?Rirait-t-elle ? Me sauterait-elle dans les bras ?Dieu, j'espérais que oui.

Elle n'était pas où je l'avais laissée.

Je sentis une hostilité monter en moi, mais j'essayai de la repousser; c'était notre soir, et elle avait juste dû décider de trouver un endroit plus confortable pour attendre.

« Bella, mon amour ? Où es-tu ? »

Pas de réponse.

Okay, là je commençais à être énervé. Comment osait-t-elle ?

« Bella, » dis-je plus crûment, plus durement et plus fort, « OÙ ES-TU ? »

Encore une fois, pas de réponse.

Alors je commençaià courir. Désespérément, je cherchai Bella partout; elle n'était nulle part en vue. Je commençai à ressentir un sentiment qui venait du fond de mon ventre, mais je refusai d'y croire, mieux encore, de l'envisager. Elle m'aimait autant que je l'aimais, nous étions les deux moitiés d'un tout.

« BELLA ! »

Je ne pouvais pas arrêter de crier son nom. Elle était partie, et mon pire cauchemar était devenu réalité. Je n'arrivais pas à le croire. C'était le soir où j'étais supposé lui mettre la bague au doigt, déclarer au reste du monde qu'elle était mienne. Et elle n'était pas là.

Elle était…partie. Ma Bella, mon amour, mon âme sœur, s'était enfuie. Elle m'avait laissédans le noir, littéralement. Je ne savais pas quoi faire avec moi-même. J'étais perdu. Je ressentisune vive douleur me transpercer le cœur. Elle n'avait pas pu faire ça, n'est-ce pas ? Comment pouvait-elle ? « Bella, » fis-je dans un murmure brisé, « ne me quitte pas. »

« BELLA ! » Je bondis de mon lit, en sueurset en tremblant furieusement. C'est quoi ce bordel ? Dieu merci, ce n'étaitqu'un rêve. OuPlutôt un cauchemar. Le pire des cauchemars, en fait. Je tentai de repousser ces pensées, elles étaient ridicules. Je me tournai pour me rassurer physiquement sur le fait que c'était bien un rêve. J'avais besoin de la prendre dans mes bras. Ma Bella ne penserait jamais à s'enfuir. J'avais juste besoin de la voir, voir son corps, m'assurer de sa présence. C'était une beauté, après tout.

J'haletai. Que diable se passait-il ?

Bella n'était pas dans le lit. Son corps n'était pas là où il aurait dû être, c'est-à-dire à côté de moi. Je me sentis commencer à convulser, tremblant de peur, de colère, et surtout de douleur. OÙ ÉTAIT BELLA ?

Je bondis du lit, et courus comme une tornade à travers la chambre. Elle n'était pas là. « Oh mon Dieu, » laissai-je échapper dans un atroce murmure. Elle n'avait pu faire ça…

Bella POV

Je pris une grande inspiration. Et puis mon ventre gargouilla. Ugh ! J'avais tellement faim, et j'avais sérieusement besoin de nourriture qui faisait du bien. Depuis que j'avais emménagé ici, on me nourrissait avec des graines d'oiseaux. C'était toujours sain, toujours nutritif, rationné par Edward, c'était bon et tout…mais j'avais vraiment besoin de Lucky Charms* qui étaient rangées dans le placard secret. J'avais une forte envie de sucreries, de nourriture mauvaise pour la santé. Et j'en avais besoin maintenant. Je me souvins qu'Esmé m'avait brièvement parlé de ça. Durant les jours que nous passions ensembles, nous pouvions nous empiffrer et savourer de la nourriture grasse. L'avantage de s'occuper des courses dans la maison, c'était que nous pouvions acheter de la nourriture secrètement, et que nos maris ne le remarqueraient pas. Ils étaient, la plupart du temps, inconscients de ce que nous achetions à l'épicerie. Esmé avait une cachette secrète de cochonneries : des céréales avec sucre ajouté, des chips, des biscuits et des sodas. La liste était encore longue.

Je quittai brusquement la chambre, et descendisles escaliers sans faire de bruit. Lorsque j'arrivai dans la cuisine, je faillis m'évanouir. J'étais surprise de voir que quelqu'un était encore debout. Esmé était assise au comptoir, mangeant de la crème glacée à même le contenant tout en lisant un magazine à scandales. Elle leva les yeux, me sourit, et me fit signe d'approcher. Je traversai la cuisine et m'assis sur la chaise à coté d'elle; elle ouvrit le tiroir du dessous, et me glissa une cuillère. Je la pris avec joie, et pris une énorme bouchée. C'était tellement bon…je faillis laisser échapper un gémissement à l'appétissante saveur de la glace Ben et Jerry's. Elle serra mon épaule, et posa le magazine.

« Je ne suis pas vraiment surprise de te voir ici; nous avons toutes besoin de notre dose de sucre de temps en temps, mais puis-je demander pourquoi ce soir ? » Elle était si gentille et aimante, j'avais juste envie de sangloter et la serrer dans mes bras, la remercier pour tout.

« Ça a juste été tellement dur de rester calme cette semaine, Esmé. Je dois mettre un mur entre lui et moi, et ça requiert des efforts pour ne pas que je tombe. Mais lorsqu'il s'endort, et que je me retrouve seule avec mes pensées, elles…elles me consument. » Ma lèvre était déjà en train de trembler, j'étais au bord des larmes. « C'est juste que je ne suis pas prête pour les contacts physiques. Je veux dire…nous ne couchons pas ensemble ni quoi que ce soit, mais nous faisons tout ce qui mène à l'acte final. Tout ce à quoi je pense, c'est qu'il y a encore quelques semaines, c'était mon horrible famille qui me faisait ça. C'était utilisé comme une forme de torture. Et à présent on s'attend à ce que je pense que tout acte sexuel… c'est de l'amour ? Comment serait-ce de l'amour ? Et d'abord qu'est-ce que l'amour ? Tout ce que je sais, c'est que ce n'est sûrement pas ça. L'amour c'est…ma mère et Phil. Et Allie et Noah du film « The Notebook. »**

Nous gloussâmes toutes les deux à ma comparaison farfelue. C'était agréable de passer un moment de douce légèreté. Je ne vivais pas souvent de pareils moments d'insouciance. Je me ressaisis pour ce que j'étais sur le point de lui dire. Je devais le dire à quelqu'un.

« Sérieusement, Esmé, je sais que je dois allumer et éteindre ce bouton pour passer de Barbie à moi, mais devoir immédiatement oublier que le sexe fut d'abord une source d'agonie pour moi me semble impossible. Et…et je crois que je peux te dire autre chose. Je suis en sécurité maintenant qu'il est mort. »

La confusion traversa son visage. Elle m'intima de continuer.

« Mon frère, James, » je frissonnai à son nom, « il…il m'a violée. » Esmé haleta, et je repris rapidement, « Pas comme ça…je n'ai pas perdu…tu sais, ma virginité. De l'autre façon, » laissai-je entendre. Je ne pouvais pas supporter de le dire à haute voix, mais j'avais besoin que quelqu'un le sache.

Edward POV

J'étais en train de descendre les marches précipitamment, prêt à crier à pleins poumons, lorsque j'entendis quelque chose. C'était une conversation étouffée, de légers murmures. Je reconnus la voix de Bella, et assez étrangement…celle de ma mère. Je soupirai de soulagement en constatant que Bella n'était pas partie, mais alors la colère s'éleva en moi. Pourquoi diable avait-elle quitté notre lit au milieu de la nuit ? Je ne voulais vraiment pas la punir; elle ne ferait que me craindre davantage. J'étais déchiré, puis une autre pensée me vint. Je devins ensuite fasciné, intrigué. De quoi parlait-elle avec Esmé qui ne pouvait attendre demain matin ? Pourquoi se confier à elle et pas à moi ? Je ne l'avais jamais vraiment vu interagir avec d'autres personnes que ma famille et moi, ou Charlie et James. J'entendis à nouveau les mots de Jasper dans ma tête. Merde ! J'avais réussi à réprimer mes conversations avec lui la semaine dernière. Je me demandai de quoi elles parlaient. J'écoutai; on aurait dit qu'Esmé réconfortait Bella. Mais pour quelle raison ? Je décidai de m'occuper de sa gaffe – avoir quitté le lit – plus tard. Mais pour l'instant, je voulais entendre ce qu'elles avaient à dire.

Je commençai à écouter et observer. Il semblait qu'Esmé était en train de réconforter Bella au sujet de quelque chose. Je me demandai brièvement si je devais mettre Carlisle au courant de l'indiscrétion d'Esmé. C'était ma mère. Je l'aimais, et même si je punissais Bella, la pensée de ma mère se faisant punir aussi me rendait malade. Carlisle, on aurait dit que…qu'il était impitoyable et implacable en ce qui concernait les punitions. Où diable s'étaient-elles procurées de la crème glacée ? Je continuai d'écouter, choqué d'entendre ce qui sortait de leur bouche.

Bella POV

La compréhension envahit son visage, mais fut ensuite remplacée par le chagrin. Elle me serra rapidement dans ses bras, en embrassant ma tête. « Oh Bella, je suis tellement désolée, » souffla-t-elle. « Je me sens coupable que cela te soit arrivé. Tu ne mérites rien de tout ça; aucune de nous ne le mérite. Mais tu n'es encore qu'une enfant, et c'était ton frère. Oh, ces deux…salauds…, » vomit-elle avec du venin dans la voix. J'étais choquée, je n'avais jamais vu Esmé en colère, « … méritent ce qu'ils ont eu. Ils vont brûler au fin fond de l'enfer. »

« Je suis juste si triste que tu sois là. Non pas que je ne t'aime pas comme ma propre fille, je ressens un vif instinct maternel à ton égard. C'est juste que je déteste le fait de ne pas pouvoir t'aider davantage. J'ai vraiment essayé d'élever mes fils de la bonne manière, tu sais, de leur faire comprendre que ce style de vie est mal. Jasper s'est réveillé, heureusement, et Emmett fait des progrès; pas assez cependant. Et Edward…il a juste besoin de temps. J'ai le même sentiment que j'ai eu avec Jasper, Edward va changer, Bella. Je le sais. Pour l'instant, il est aveuglé par son père, mais tu peux être ses yeux. S'il te plait, sois patiente et attends le bon moment pour lui montrer que tout pourrait être différent. » Elle me berçait toujours, embrassa ma joue, et je sentis les larmes me monter aux yeux. Elle me rappelait ma mère.

« Tu connaissais vraiment ma mère ? » murmurai-je.

Elle sourit, me relâcha, et prit une autre cuillérée de crème glacée. Je l'avais presque oubliée; je pris une autre boule et savourai le goût sucré.

« Mmm, ça a un goût de paradis, » soupirai-je de plaisir. Esmé rit, et ajouta, « Oui, la crème glacée est un remède à tout, que ce soit un cœur brisé ou une jambe cassée. Et bien sûr, chérie, que je connaissais ta mère. C'était ma meilleure amie. J'ai beaucoup de merveilleux souvenirs d'elle, et si tu veux, j'aimerais les partager avec toi. Ça pourrait aider…à garder son esprit en vie, je suppose ? »

« J'adorerais ça ! Elle me manque, et j'ai juste besoin de quelques souvenirs, tu sais ? J'ai l'impression que sa mémoire s'efface. Edward ne veut pas que je parle d'elle et de Phil. Il dit que c'est mieux de laisser ça derrière moi. Il ne s'est jamais renseigné à son sujet, ni au sujet de Phil d'ailleurs, » soupirai-je de déception.

« Tu sais, Bella, en fait je me souviens du jour où elle est partie avec toi comme si c'était hier. J'ai aussi vu toute la dispute qu'elle a eue avec Charlie. J'en ai été témoin, en fait. J'étais là à l'aider à faire ses valises pendant que Charlie était à la pêche. Il est revenu à la maison plus tôt que prévu. Je me suis cachée, naturellement. Mais je ne voulais pas la laisser. Il a explosé de colère contre elle, et elle a simplement dit, « On s'en va, Charlie, Bella et moi; je ne te laisserai pas me détruire. Et je ne te laisserai sûrement pas détruire Bella. » Il était furieux…Je m'en souviens très clairement. » Elle était dans un état de stupeur. Elle regardait dans le vide, ses yeux montrant qu'elle était en train de revivre ce souvenir, et j'étais ravie. J'avais tellement envie de savoir.

C'était un samedi. Tu avais sept ans à ce moment-là. Et tu étais, heureusement, inconsciente de ce que Charlie et Carlisle avaient établi. Les femmes étaient…des servantes. Ta mère n'a jamais voulu se soumettre à Charlie, être sa petite femme de Stepford.*** Renée avait perdu l'amour qu'elle avait pour lui, tout comme Charlie avait perdu l'esprit lorsqu'il avait convenu que c'était ainsi que la vie devait fonctionner.

Ce samedi-là, Renée et moi étions chez elle. Nous étions assises à table, nous buvions un café et mangions. Tu faisais une sieste et James passait la journée avec ses amis à La Push pendant que Charlie pêchait.

« Esmé, » a murmuré Renée, si brisée et perdue, « je dois partir d'ici. Charlie essaye de me soumettre, mais il sait que c'est impossible. Il sait qu'il ne parviendra pas à me briser. Alors il essaye de s'en prendre à Bella. Je le sais. J'ai pigé toutes ses petites tactiques secrètes. Il croit que je ne vois rien, mais c'est faux. James est déjà perdu. J'ai perdu mon fils sous l'influence de Charlie. J'ai surpris James faisant du mal à Bella, et Charlie s'est contenté de rire. Il ne voulait pas mettre fin à cela. Je ne veux pas partir à cause de toi, mais je…je suis si effrayée par ce que cet homme fera, et jusqu'où il ira. Et s'il fait du mal à Bella ? Et s'il me tue ? Bella se retrouvera seule avec lui. »

« Renée, chérie, tu sais que je t'aimerai de tout mon cœur même si tu pars. Tu sais que moi, je ne peux pas partir. Je voudrais partir, mais Carlisle amènerait un chien de chasse pour nous retrouver, les garçons et moi. Je ne peux pas les laisser. Mon seul espoir est d'essayer de leur inculquer un peu de décence sans que Carlisle ne le sache. Mais je vais t'aider, je te le promets. J'aime tellement Bella aussi, et ça me briserait le cœur si Charlie s'en prenait à elle. J'ai toujours espéré qu'un jour, en grandissant, Bella épouserait un de mes fils pour que toi et moi puissions être une vraie famille. Mais tu as raison. Il faut que vous partiez. Tu dois la protéger de Charlie avant qu'il ne soit trop tard. On peut monter un plan pour que Bella et toi vous échappiez d'ici. »

« Mais…et toi ? Je vais t'abandonner. Je ne peux pas faire ça- »« Renée, tu pars afin de mettre Bella en sécurité, Okay ?»

« Okay. »

« Quel est le meilleur moment pour quitter cet endroit ? »

« Maintenant. »J'ai haleté,« Maintenant ? Comme, aujourd'hui, samedi ? »

« Oui, il est parti à la pêche, nous avons du temps, et je n'ai pas énormément de choses à emporter. Juste Bella, ses affaires, et quelques unes des miennes. Je veux tout oublier de cette vie de misère. »

J'ai acquiescé, et nous avons ensuite commencé. Avec frénésie, nous avons jeté toutes vos affaires ensemble dans des valises. Renée est allée à la banque ramasser l'argent que Charlie n'avait pas bloqué, pendant que je gardais un œil sur toi, et elle a ensuite acheté les billets. Des billets pour un autre endroit très, très, lointain. Phoenix. Renée a grandi là-bas; elle y avait ses racines, donc il était logique d'y retourner.

Lorsqu'elle est revenue, nous avons tout déposé au bas des escaliers. Tu as dormi pendant tout ce temps, et ensuite nous t'avons réveillée, t'en souviens-tu ? Probablement pas. Tu étais si jeune. Et encore désorientée aussi, à cause de ta sieste. Et ensuite, lorsque nous étions en train de t'habiller pour le voyage, la porte s'est ouverte. Nous nous sommes toutes les deux raidies en nous regardant l'une l'autre, nos yeux reflétant notre peur. Charlie était de retour plus tôt que prévu.

« Renée ? Je suis rentré. Où est le dîner ? » a-t-il beuglé depuis la porte d'entrée. Il allait voir les valises d'un instant à l'autre, alors nous retenions juste nos respiration, en attendant.

Ça a pris environ 5 secondes.

« Renée ! C'est quoi ce bordel ? Pourquoi ces putains de valises sont-elles en bas ? Ramène ton cul ici, maintenant ! »

Renée a expiré en tremblant. Nous avions un plan pour ça, au cas où nous aurions affaire à Charlie. Nous avions le numéro de la police d'État – la police de Forks aurait été inefficace – Charlie en était le chef après tout. Une crapule de chef, néanmoins, mais aux yeux des résidents naïfs de Forks, il était une légende, l'image de la protection.

« Reste ici, » m'a ordonné Renée. « Quand je serai partie, enfuis-toi par la porte de derrière dans la buanderie. Fais attention à ce que Charlie ne te voie pas. Je ne pourrais pas tolérer que Carlisle ou Charlie sache que tu m'as aidée. Ils te tueraient. Tu comprends ? »

« Bien sûr, laissez-moi juste vous serrer dans mes bras, Bella et toi; après tout il se pourrait que je ne vous revoie jamais. »

Sur ce, nous nous sommes étreintes. Ce moment était si doux mais amer à la fois. Renée allait être libre, et Bella allait être protégée. Mais…nous allions être séparées. Cette pensée m'a fait resserrer mon étreinte plus fermement. Nous nous sommes embrassées sur les joues, et ensuite je t'ai serrée dans mes bras. Tu ne dois pas t'en souvenir mais je t'ai dit de devenir une femme forte en grandissant. Aucun homme ne pouvait te compléter, tu te complétais toi-même.

« Renée, peu importe où tu te retrouveras, prends soin de toi. J'aurais aimé qu'il y ait un moyen que tu me donnes de tes nouvelles, mais nous ne pouvons pas prendre de risque. Tu es ma seule amie et je t'aime. Souviens-toi de ça. Et ne t'inquiète pas pour moi. J'ai mes fils, et mon jardin. Tu t'en sortiras. Je le sais. »

« Oh, Esmé, tu es ma meilleure amie depuis si longtemps. Si tu savais à quel point tu vas me manquer, tu as intérêt à t'en sortir, et il faut que tu survives à ça. Bats-toi, comme je l'ai fait. Tu es plus forte que moi pour rester. Je suis désolée d'être une trouillarde. Je t'aimerai jusqu'au bout moi aussi, okay ? »

J'ai acquiescé en pleurs, et nous nous sommes étreintes une fois de plus. Je t'ai embrassée sur la joue, ensuite Renée t'a prise dans ses bras et elle est sortie de la chambre. Tu n'avais aucune idée de ce qu'il se passait, mais je pense que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Tu étais silencieuse. C'est la dernière fois que j'ai vu ta mère. Mais ce n'est pas la dernière fois que je l'ai entendue. Elle a été brillante, elle a tenu bon face à ton père, et a gagné.

J'ai entendu leurs voix.

« Renée, que diable es-tu en train de faire ? Et qu'est-ce que c'est que tout ça ? »

« Nous partons Charlie, Bella et moi; je ne te laisserai pas me détruire. Et je ne te laisserai sûrement pas détruire Bella. J'en ai assez de cette…cette réalité tordue ! Carlisle et toi êtes de parfaits monstres ! Tu vis vraiment dans le monde des Bisounours pour croire que je vais m'abêtir en continuant à être une femme-robot et je ne te laisserai pas faire du mal à ma fille ! Je ne t'aime pas- ce n'est pas de l'amour, ça. Tu veux mener cet absurde style de vie que je ne veux simplement plus vivre ! »

« Bordel, Renée, si tu fais un pas de plus vers cette porte- »

« Qu'est-ce que tu vas faire, me frapper ? »

« Je vais t'apprendre où est ta place ! Qui est avec moi, sous moi, salope. Alors ramène ton cul jusqu'en haut, MAINTENANT. »

« Non, Charlie, il n'y aura pas de 'punitions' ce soir. Et tu sais quoi ? Ose faire un pas de plus vers moi, et j'appelle la police. Et non, je ne suis pas assez naïve pour appeler celle de Forks. Je parle de la police d'État. Je me demande ce qu'ils vont penser de la comédie que Carlisle et toi jouez ? Penses-tu qu'ils vont te tapoter le dos et te dire 'Hey mec, tu voudrais pas entraîner ma femme ?' Non, je ne crois pas. Ils vont vous enfermer derrière les barreaux, comme les deux criminels que vous êtes, là où vous méritez d'être. Je garde ce téléphone, et si tu t'imagines t'approcher de moi, que Dieu m'en soit témoin, j'appellerai la police, et justice sera faite. » « Tu n'as pas idée de ce dans quoi tu viens de te fourrer, Renée. »

« Si, je le sais. Je ne sais rien d'autre de plus que ça - Je pars. Nous partons et nous ne verrons plus jamais ton hideux et répugnant visage. Si tu viens nous chercher, tu te feras enfermer avant même d'avoir pu dire le mot 'punition'. T'as pigé, Charlie Swan ? »

« Es-tu en train de me menacer ? »

« Bien sûr que je te menace. »

« Renée, ce sont des conneries ! Monte tout de suite- et va mettre Bella dans sa chambre. »

« Charlie, je ne pense pas que tu aies entièrement compris. Je quitte cette maison, cette ville. Maintenant. Et si tu m'en empêche, j'appelle la police, j'ai le numéro. »

« Bien, et ton fils ? Tu vas le laisser lui aussi, salope ? »

« Je n'ai plus de fils, il est mort à cause de toi ! Tu l'as empoisonné, et ça s'est répandu dans tout son esprit. Il est parti. »

« Renée, après quelques sévères punitions, tu pourras regarder au-delà de ça- »

« La ferme, Charlie ! J'ai ramassé nos affaires, je vais prendre ma voiture, et ensuite tu seras hors de nos vies pour toujours. Si tu t'approches de nous, t'es mort. »

« Va-t-en alors. Tu te crois coriace. Penses-tu honnêtement que tu peux t'en sortir dans ce monde, sans moi ? Tu pars d'ici sans rien, sans argent, et sans sécurité. Comment crois-tu que tu vas survivre ? Ne reviens plus jamais ici, à moins que tu ne sois prête à le faire à quatre pattes. Pigé, salope ? »

J'ai entendu des portes s'ouvrir, des valises être déplacées, et enfin une autre porte se refermer. Et ensuite, une voiture démarrer.

C'est la dernière fois que j'ai vu ta mère. Elle était si courageuse, si forte. Elle s'en est vraiment sortie. Elle t'a sauvée, Bella. C'était vraiment une merveilleuse personne…Elle me manque tellement. Esmé commençait à sortir de sa transe. Elle me sourit pour me rassurer, en me serrant fort dans ses bras. « Elle me manque. Elle était très courageuse et elle a tout fait pour que vous ayez une belle vie toutes les deux. Elle a eu beaucoup de chance d'avoir Phil dans sa vie et toi, d'avoir eu un merveilleux père même si ça n'a été que de courte durée. »

« Merci, Esmé. Elle ne m'a jamais rien dit de notre vie avant de venir à Phoenix. Elle a passé les 10 dernières années à me protéger du monde. Sais-tu que je n'ai jamais eu de rendez-vous, ni même embrassé un garçon avant de venir ici ? Ici, tout est complètement à l'envers. Pour le reste de ma vie, je vais avoir le souvenir de mon premier baiser avec mon frère pendant qu'il me faisait me déshabiller pour lui dans ma chambre. »

« Je suis tellement désolée, Bella, que la vie t'ait ramenée ici de cette façon. J'ai toujours voulu que tu épouses un de mes fils. J'ai vu ta force, même enfant, et ton habilité à aimer passionnément. Je sais que s'il y a quelqu'un qui peut changer, c'est toi. Tu es un espoir pour mon plus jeune fils et pour toute notre famille. Si tu arrives à le changer, je sens que le règne de Carlisle sera brisé. »

Je secouai ma tête, « Je ne suis pas si forte, Esmé. Mais j'essaye et je vais tenter d'aider Edward, autant pour toi que pour mon propre futur. Je te le promets. »

« Bien, on ferait mieux de retourner au lit avant que Carlisle ou Edward ne remarque que nous nous sommes absentées, » dit-elle. Nous prîmes une dernière cuillerée de crème glacée avant de glisser le contenant dans le sac de brocolis surgelés et de remettre celui-ci dans le congélateur. « À demain matin. Fais de beaux rêves, Bella. »

« Bonne nuit, Esmé. Et merci de m'avoir raconté tout ça sur ma mère. » Je la serrai dans mes bras avant de remonter à l'étage sur la pointe des pieds.

Edward POV

J'aurais aimé être descendu quelques minutes plus tôt. Je voulais savoir ce que Bella avait raconté à ma mère et qui l'avait autant bouleversée et mise en colère contre Charlie et James; hormis les évidentes raisons. Ça semblait être plus compliqué que cela.

J'écoutai,en état de choc, ce qui était arrivé lorsque la mère de Bella l'avait éloignée de Charlie et quelles en étaient les raisons. Pas étonnant que Charlie ait été si catégorique sur le fait qu'il voulait garder Bella avec lui aussi longtemps que possible avant de me la donner. Il voulait rattraper le temps perdu et se venger de sa mère. Bella était une forme de vengeance pour Charlie.

Ensuite, l'entendre dire que son premier baiser avait été avec James. Bon Dieu, nous étions vraiment une bande d'enfoirés. J'allais devoir trouver une façon de lui faire oublier ça.

J'entendis ma mère et Bella se dire 'bonne nuit', alors je remontai rapidement, sans être aperçu.

Je retournai dans le lit et attendis. Je fermai mes yeux, faisant semblant d'être endormi, lorsque j'entendis Bella ouvrir la porte, traverser la pièce à pas feutrés et se glisser dans le lit de l'autre côté. Je sentis le lit se creuser et elle se positionner sur son oreiller. Je me tournai vers elle, glissai mon bras autour de sa taille, et l'attirai contre moi. Je la sentis se raidir dans mes bras. Lorsque je mis à embrasser ses épaules et son cou, je la sentis fondre contre moi. Elle était toujours si sensible à la moindre de mes caresses à présent. Je souris en sachant que c'était moi qui lui faisais ressentir ça.

« Où étais-tu, mon amour ? » demandai-je doucement. « Quelque chose ne va pas ? » Je connaissais la réponse mais j'étais curieux de savoir ce qu'elle allait me confesser.

« J'étais sur le canapé en train de lire. Je n'arrivais pas à dormir. » Elle se tourna vers moi, dans mes bras, et enroula les siens autour de mon cou, me donnant un meilleur accès à sa gorge. « Je suis désolée de t'avoir réveillé. » Elle commença à embrasser mon torse et fit courir ses doigts dans mes cheveux.

Je gémis tandis que mon corps commençait à répondre à ses caresses. Je savais qu'elle était en train de me distraire. Je savais qu'elle me mentait au sujet de tout, mais après avoir entendu ce que ma mère et Bella se disaient, je décidai qu'elle pouvait garder ce secret. Cependant, je ne la laisserais plus partir au milieu de la nuit. Je ne voulais plus jamais revivre cette peur intense que j'avais ressentie dans mon rêve. J'avais tellement besoin d'elle.

J'allais juste devoir trouver le bon équilibre entre les attentes de Carlisle et ce avec quoi je pouvais vivre. Je voulais voir Bella me regarder avec le même amour qu'il y avait dans les yeux d'Alice lorsqu'elle regardait Jasper, et dans ceux de Rosalie lorsqu'elle regardait Emmett.

Peut-être que Bella seraitmon salut.


* Marque de céréales multicolores

** « The Notebook » ou « N'oublie jamais » pour le titre français

*** Petit rappel « Les femmes de Stepford (ou « The Stepford wives ») est un film racontant la vie des femmes de la petite ville de Stepford, toutes soumises à leur maris