Un grand merci à Sophie... Il faut absolument partager tes histoires avec nous ;-)


Chapitre 26.

Mozzie les conduisit jusqu'à la petite maison qui allait leur servir de planque le temps d'éclaircir cette histoire qui était devenue plus obscure au cours des derniers jours. Ce qui apparaissait au départ comme la vengeance d'un homme s'avérait maintenant être un complot d'une toute autre envergure impliquant probablement un agent du FBI.
Une fois dans le garage et les portes refermées, Peter ouvrit la porte et descendit de la voiture. Neal n'avait pas bougé et il semblait lutter pour rester éveillé. Peter fit le tour du véhicule pour ouvrir la portière et aider Neal à sortir.

Daniel et Mozzie l'observaient ne sachant pas vraiment qu'elle attitude adoptée. Ils étaient soulagés de voir Neal libre et en sécurité mais le jeune homme semblait traumatisé par ce qu'il avait vécu et ils ne purent s'empêcher d'avoir un pincement au cœur en entendant leur ami émettre un gémissement de peur quand Peter essaya de lui prendre la main.

-Neal, tu n'as plus rien à craindre...
Peter pouvait voir son ami trembler de peur, de fatigue et probablement de froid. Il devait le fait sortir de cette voiture et l'allonger dans un lit douillet où il pourrait passer les prochaines heures à dormir.
-Neal, c'est moi... C'est Peter. S'il te plait, regarde-moi.
Le jeune homme sembla rassembler son courage pour parvenir à quitter le refuge de ses bras et lever les yeux vers Peter. Ses yeux étaient remplis de larmes et si Peter n'avait pas craint de l'effrayer ou de lui faire mal il se serait précipité pour le prendre dans ses bras.

-Pe...ter.
La voix était affaiblie par les épreuves et entrecoupée de sanglots mais Peter fut soulagé d'entendre Neal donner enfin un signe qu'il était conscient de ce qui l'entourait. Il restait encore à le persuader de bien vouloir sortir de la voiture. Quand Peter s'avança vers lui, Neal eut un mouvement de recul cherchant à fuir une éventuelle agression. Le jeune homme semblait s'être perdu entre la réalité de ce qui l'entourait et le cauchemar dans lequel il avait vécu ces derniers jours.

-Neal, il faut sortir de cette voiture. Tu es en sécurité ici et un bon lit t'attend. Laisse-moi t'aider.
Même s'il semblait l'entendre, Neal ne fit aucun mouvement. Il ne quittait pas Peter des yeux, attentif, comme s'il essayait de déterminer si l'homme devant lui était bien réel. Peter décida de prendre un risque et il tendit la main pour la poser sur la joue de son ami. Un soudain tremblement fit craindre à Peter qu'il ne soit allé trop loin, trop vite mais le timide sourire qui éclaira le visage de Neal le rassura.

-Fini...?
Neal semblait incapable de dire plus de deux ou trois syllabes à la fois et Peter avait du mal à décrypter le sens qu'il voulait donner à ce mot. Mais l'important n'était pas vraiment là pour le moment. Il essayait de communiquer et c'était un bon signe.
-Oui, Neal c'est fini. Je ne laisserais plus personne te faire du mal.
Neal se détendît complètement et se laissa aller dans les bras de Peter. Celui-ci réussit à le sortir de la voiture et le porta jusqu'à la chambre que Mozzie avait préparée sous le regard inquiet de leurs deux amis.

Une fois Neal installé confortablement, Peter s'assit au bord du lit. Neal lui tenait toujours fermement la main comme s'il avait besoin de ce contact pour rester ancré dans la réalité. Une réalité qui semblait le fuir à chaque fois qu'il fermait les yeux. Peter pouvait lire la peur dans son regard au moment où il se laissait gagner par la fatigue. Ses yeux se fermaient quelques secondes puis se rouvraient vivement cherchant désespérément un signe, un indice lui indiquant qu'il n'était plus dans sa cellule.

-Tout va bien, Neal. Tu peux dormir. Je vais rester près de toi.
-Promis...?
Comprenant que les mots ne suffiraient pas à le rassurer, Peter s'allongeant à ses côtés. Avec des gestes lents et délicats, il se glissa dans le lit, attirant Neal contre lui. Le jeune homme cala sa tête au creux de son épaule et finit par fermer les yeux. Épuisé lui-aussi par les épreuves des derniers jours, Peter se laissa gagner par le sommeil.

Daniel repoussa doucement la porte, laissant son frère et son ami profiter d'un repos bien mérité. Il alla retrouver Mozzie dans le salon où celui-ci essayait de tromper son inquiétude en rangeant des magazines qui trainaient sur la table basse. Les fenêtres et les volets éteint fermes et l'éclairage était minimum pour ne pas alerter le voisinage. Même si cette maison était située dans un endroit isolé, il valait ne prendre aucun risque.

Daniel s'assit lourdement sur un fauteuil et se prit la tête dans ses mains. Perdu dans ses pensées, il sursauta quand il sentit une main se poser sur son épaule.
-Il va s'en sortir. Il va avoir besoin de temps et de notre soutien mais il va s'en sortir.
-Mozzie... Il semble si...
-Je sais, Daniel. Mais c'est normal après ce qu'il vient de vivre.
-Qu'est-ce qu'on peut faire?

Mozzie prit place sur le second fauteuil à côté de Daniel.
-La première chose à faire est de démêler cette affaire. Ensuite, il va falloir le laisser avancer à son rythme, ne pas brusquer les choses... J'ai souvent eu des doutes sur les intentions de Peter mais on peut lui faire confiance, il saura prendre les bonnes décisions et faire ce qui est le mieux pour Neal.
-Le moins que l'on puisse dire c'est que vous formez un trio original.
-C'est ce qui fait notre force...
Les deux amis rirent de bon cœur et le petit homme passa les heures qui suivirent à raconter à Daniel les meilleurs moments de sa collaboration avec le FBI.

Peter se réveilla en sursaut et il lui fallut quelques instants pour comprendre que c'était la voix de Neal qui avait interrompue son sommeil. Il tendit le bras pour allumer la petite lampe de chevet et comprit immédiatement que son ami était en proie à un terrifiant cauchemar. Il n'avait que les informations fournies par le médecin et les quelques éléments recueillis lors de sa visite en prison pour se faire une idée de ce que Neal avait vécu lors de ses semaines d'incarcération. Il allait devoir interroger Neal pour en savoir plus mais il doutait que le jeune homme sont réellement en état de lui donner son témoignage pour le moment.

Peter posa une main sur le front de Neal, espérant que ce geste le rassurerait mais, même s'il accepta le contact, son agitation ne se calma pas.
-Neal, réveille-toi.
Le son de la voix de Peter sembla lui parvenir car il ouvrit les yeux.
-Tout va bien?
Neal hocha la tête et détourna son regard pur éviter que Peter ne puisse voir sa détresse. L'agent du FBI était conscient de la manœuvre d'évitement mais il décida de ne pas le lui faire remarquer pour l'instant. Il allait devoir être très prudent pour ne pas effrayer son ami et ne pas le contraindre à se retrancher dans un mutisme dont il pourrait ne plus vouloir ressortir.

-Tu te sens assez bien pour essayer de manger quelque chose? Mozzie a fait le plein de provisions. Je suis certain qu'on va trouver quelque chose à ton goût.
Neal n'avait pas très envie de quitter cette chambre. Il savait que Mozzie et Daniel se faisaient du souci pour lui et que, jamais, ils ne il feraient de mal. Mais il devait admettre que seule la présence de Peter le rassurait suffisamment pour ne pas s'effondrer. Il se sentait au bord d'un gouffre, retenu simplement par le lien qui l'unissait à Peter.

Peter voyait les rouages de l'esprit de Neal tourner à plein régime. Il se doutait que des dizaines de questions devaient se bousculer dans sa tête. Il comprit soudain la source de son malaise.
-Tu préfères que j'aille te chercher quelque chose...? Tu pourras manger ici...
Neal secoua la tête vivement et se redressa pour essayer de se lever. La manœuvre fut un peu trop rapide pour son corps malmené par les événements et Peter eut juste le temps de le rattraper avant qu'il ne tombe la tête la première sur le plancher.

-Doucement... Laisse-moi t'aider.
-Merci...
-Tu n'es pas obligé de te forcer, Neal. Daniel et Mozzie comprendront si tu préfères garder un peu tes distances pour le moment.
Neal aurait dû se douter que Peter verrait clair dans son attitude. Il le connaissait mieux que personne et il avait dû avoir une conversation avec le médecin qui l'avait examiné à l'hôpital.
Peter savait... Il était au courant... Cette soudaine réalisation lui coupa le souffle... Il ne voulait pas que ses amis sachent...il ne voulait pas voir la pitié dans leurs yeux... Il ne voulait pas être considéré comme une victime...

-Neal, essaie de te calmer...
L'inquiétude dans la voix de Peter lui fit lever les yeux. Il avait du mal à contrôler sa respiration. Peter le fit asseoir sur le lit, s'agenouillant face à lui. Peter prit la main de Neal et la plaça contre sa poitrine.
-Doucement... Concentre-toi sur ma respiration. C'est ça...
Neal ferma les yeux essayant de suivre le conseil de son ami. Petit à petit son souffle reprit un rythme normal.

-Merci...
-Je vais aller te chercher quelque chose à manger...
-Non...
Neal serra la main de Peter dans la sienne comme s'il cherchait à le rassurer sur son choix.
-Tu es sûr?
Neal sourit tristement, ne lâchant pas son ami des yeux. Peter aurait pu passer de longues minutes plongé dans ce regard azur. Il répondit à ce sourire par un timide baiser. Sans ajouter un mot, Peter et Neal se dirigèrent vers le salon où Daniel et Mozzie étaient toujours assis.

Daniel se leva en voyant son frère avancer vers eux, chancelant malgré le soutien de Peter. Il s'avança pour proposer son aide mais Peter, sentant Neal se tendre, fit un signe négatif de la tête en direction de Daniel. Le jeune homme comprit son message et s'écarta. Il regarda Peter aider Neal à s'asseoir sur le fauteuil qu'il venait de quitter. Il était quelque peu choqué de voir son frère aussi affaibli. Son visage était très pale, il avait visiblement perdu du poids et les épais bandages recouvrant ses poignets laissaient entrevoir une partie de l'horreur qu'il avait vécu.

Remarquant le regard angoissé que Daniel posait sur lui, Neal lui sourit.
-Je vais...bien...Danny.
Daniel s'approcha. Il s'accroupit à côté du fauteuil, gardant une certaine distance pour ne pas accentuer l'angoisse que Neal devait déjà ressentir. Après ce qu'il avait vécu, se retrouver aussi entouré devait être difficile à supporter.

-Je suis désolé de ne pas avoir pu te sortir de là plus tôt. Je suis tellement désolé...
-Danny...
Neal soupira, visiblement perturbé par ses difficultés d'énonciation. Peter observait la scène. Les deux frères n'avaient pas eu beaucoup de temps pour faire connaissance depuis les révélations d'Hagen. Les voir si proches, si semblables et pourtant si différents avait quelque chose d'émouvant. Peter se prit à rêver à un futur où ils pourraient profiter de ces moments partagés en famille.

Les vibrations de son téléphone le tira de sa rêverie. Le numéro de Jones s'afficha. Peter hésita avant de répondre. Il ne savait où en était les enquêteurs. La disparition de Neal devait être la première de leurs préoccupations maintenant et ils auraient vite fait de soupçonner l'entourage proche de Neal. Son téléphone était peut être déjà surveillé. Il laissa sonner l'appareil sans répondre et se rendit à la cuisine pour préparer un léger dîner pour Neal. En revenant dans le salon, il déposa une assiette sur la table basse.

Peter se tourna vers Mozzie. Le petit homme était resté sur son fauteuil, silencieux.
-Mozzie, je vais avoir besoin d'un téléphone. Je crains que le mien ne soit surveillé...
-J'ai tout prévu...Agent Burke...
Il lui tendit un téléphone portable qu'il avait sorti de la poche intérieure de sa veste.
-Merci. Vous êtes certain qu'ils ne réussiront pas à tracer l'appel?
-Je suis blessé que vous doutiez de mon matériel...

Peter n'insista pas. Il connaissait la capacité de leur ami à disserter pendant des heures si on le laissait faire. Il s'isola dans la cuisine pour contacter Jones. Il n'était pas certain qu'il soit judicieux d'impliquer encore plus son collègue mais ils allaient avoir besoin de son aide pour clarifier cette affaire. Il composa le numéro personnel de son ami. À cette heure, il devait été rentré chez lui. Son ami décrocha rapidement.

-Jones, c'est Peter...
-Peter, qu'est-ce qui se passe? Neal s'est évadé, l'agent Garner est chargé de le retrouver. Il pense que tu es dans le coup...
Peter laissa son ami parler. Il n'était pas étonné par les informations que Jones lui donnaient ni par son affolement.
-Il a raison. On devait faire quelque chose. Neal a été agressé par son voisin de cellule. On ne pouvait pas le laisser subir ça plus longtemps.

Un long silence succéda à cette annonce.
-Jones, je comprendrais que tu ne veuilles pas t'impliquer. Cet appel est intraçable. Tu n'as qu'un mot à dire et on en reste là.
-Peter, j'aurais pu vous aider... Pourquoi tu ne m'as dit ce que vous vouliez faire... Je suppose que Daniel et l'homme à lunettes sont avec vous...
-Ils sont là.
-Bien... Est-ce que je peux faire quelque chose?
-Continue à garder les yeux ouverts...

Jones sembla hésiter un moment avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
-Garner m'a dit que Neal avait attenté à ses jours...
-C'est ce qu'on a voulu fait croire. Le médecin à même subi des pressions pour modifier son rapport.
-J'ai commencé à faire quelques recherches sur Garner. Rien de précis pour le moment. Il a commencé dans la police avant d'être remarqué et recruté pour intégrer le FBI. Rien à signaler depuis son arrivée dans le service.
-Et du côté de sa famille?
-Je n'ai pas creusé de ce côté là pour le moment.
-Ok, continue à chercher. Je persiste à penser qu'il y a quelque chose de louche dans son comportement.
-Pas de problème... Comment va Neal?

Cette fois c'est Peter qui prit quelques secondes de réflexion.
-Il est physiquement très faible et moralement très affecté.
-Il t'a raconté ce qui s'était passé?
-Non, je préfère lui laisser un peu de temps avant de passer aux questions.
-Je comprends...
Peter s'apprêtait à prendre congé quand la voix de Jones l'arrêta.
-Peter, vous avez bien fait... Prenez bien soin de Neal...
Peter fut ému d'entendre les mots de son collègue et ami.
-merci, Clinton. Je te recontacterai demain.