Note de Lady Memory: L'(extrêmement émotionnelle) auteur est très heureuse et reconnaissante des nombreux messages sympathiques reçus au sujet de sa dernière note.

Merci beaucoup, vraiment.

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Mercredi - Jour 25 – Pas de panique, pas de panique!

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Pendant un moment, Hermione continua à fixer, bouche bée, sa silhouette immobile. Puis ses yeux s'écarquillèrent de panique, et elle courut jusqu'à lui. Snape s'était replié dans sa chute comme pour tenter de se protéger de l'impact, il gisait donc de côté. Timidement, la jeune fille le fit rouler sur le dos pour l'examiner. Puis elle s'interrompit, l'anxiété la faisant respirer avec difficulté. Ce qu'il était lourd ! Comment pouvait-elle ne serait-ce que penser à le soulever ? Mais elle ne pouvait le laisser ici toute une nuit!

Hermione inspira profondément, réalisant combien elle était fatiguée et effrayée. Puis son esprit se concentra sur sa tâche.

Elle posa doucement une main sur sa poitrine et la retira immédiatement, s'attendant à une réaction violente. Mais l'homme resta immobile, et le rythme de son souffle était régulier. Il gardait pourtant sa bouche ouverte, son nez étant sans doute congestionné. Il n'y avait aucun signe de blessure ou de sang sur ses vêtements. Son visage était pâle et stressant au point d'en être poignant, mais maintenant, de retour dans la chaleur du cottage, il devenait effrayamment rouge. Hermione toucha sa joue du dos de ses doigts. Elle brûlait, et elle se sentit soudain affolée. C'était sans aucun doute le début d'une grosse grippe, voire pire. Elle le regarda avec anxiété; puis, abandonnant sa réserve, elle se pencha pour écouter les battements de son cœur, tête posée sur son torse. Pendant un instant, elle apprécia le contact, et cette incroyable proximité. Puis elle perçut quelque chose qui la ramena immédiatement à la réalité. Il y avait un son râpeux et inquiétant venant de ses poumons…

Le sort médical n'avait pas fonctionné, pensa amèrement la jeune fille. Mais peut-être le Professeur Snape ne l'avait-il pas jeté efficacement. Peut-être avait-il menti pour rassurer sa compagne effrayée et idiote. Ou peut-être n'avait-il pas utilisé le bon sort. Ou peut-être avait-il été obligé à neutraliser le sortilège sur le chemin du retour… Oh, tant de doutes inutiles ! Qui se souciait des 'quoi' et des 'pourquoi', maintenant ? Il était malade, et elle devait trouver un moyen de l'aider et le protéger alors qu'il était si vulnérable.

Inconsciemment, son expression se fit résolue, et sa mâchoire se durcit. Puis son regard revint sur la silhouette immobile et s'adoucit à nouveau. Elle n'était pas assez forte pour le porter à son lit, mais en même temps, elle pouvait au moins le mettre plus à l'aise. Hermione ouvrit l'attache de sa cape, la relâchant donc sur le sol. Puis elle retira sa propre veste et la roula pour en faire un coussin, comptant la placer sous sa tête.

Mais, pour cela, elle devait… toucher son visage. Quelque chose de si intime, quelque chose qu'elle n'aurait jamais osé faire… s'il avait été éveillé. Et pourtant, c'était quelque chose de si incroyablement attirant, maintenant… La jeune fille plaça ses doigts sur ses joues et bougea délicatement sa tête, à la recherche de bleus ou de blessures, et en même temps, sentant une vague délicieuse brûler dans ses veines. Mais de nouveau, l'anxiété supprima la sensation, et elle s'empressa d'insérer sa veste sous sa nuque, ramenant la fine laine pour le protéger du sol froid. Hermione le regarda pour s'assurer qu'il était bien installé, et à nouveau, ses doigts touchèrent sa peau, alors qu'elle faisait semblant de l'examiner une dernière fois.

Maintenant, elle pouvait se permettre de le laisser un instant pour voir si la maison était bien fermée. Il n'avait pas eu le temps de lui dire quoi que ce soit à propos de la réunion. Il n'avait pas semblé inquiet à son arrivée, mais, pour être honnête, il n'avait pas non plus semblé lucide. Et si quelqu'un l'avait suivi ? La jeune fille sentit un frisson glacé de peur parcourir ses veines: des ennemis, à leur porte, alors même que le Professeur Snape était incapable de se protéger ? Cela serait la fin. Même si elle appelait le Professeur Dumbledore par l'enveloppe, le Professeur Snape serait de toute façon perdu.

Hermione s'interrompit pour réfléchir. Elle avait besoin de quelque chose de plus pratique pour les défendre, quelque chose comme une baguette mais sa baguette n'était pas disponible, elle chercha donc celle du sorcier. Elle la trouva dans sa manche, et elle la prit, frissonnante d'appréhension. Pas de magie, se répétait-elle mentalement, fait attention, pas de magie sans y être obligée… Elle inséra la baguette dans sa ceinture, puis elle se releva. La pièce sembla tournoyer autour d'elle, et elle ferma les yeux, serrant les yeux pour résister. Puis sa vue s'éclaircit, et elle s'empressa de verrouiller la porte, sentant un frisson glacé longer sa colonne vertébrale. Devait-elle sortir pour vérifier ce qui se passait autour du cottage?

Non, trop dangereux. A la place, elle devrait regarder depuis les fenêtres. Elle releva les rideaux en faisant attention. Tout semblait tranquille et paisible, mais une sensation de menace lui attaquait le cœur. Comme si quelqu'un se cachait dehors, parmi les arbres. Quelqu'un regardant le petit cottage avec un sourire railleur. Quelqu'un attendant l'occasion de frapper…

Elle ferma les volets, l'un après l'autre, avec une vélocité folle. En quelques secondes, la maison fut soigneusement close. Les artefacts magiques du Professeur Dumbledore et les barrières naturelles de la maison se combineraient pour arrêter leurs ennemis. Quoi qu'il puisse advenir à présent, ils leur accorderaient au moins le temps de s'échapper.

Hermione eut soudain une intuition. Oui, si une attaque avait lieu, pourquoi devrait-elle s'embêter d'ouvrir l'enveloppe et d'attendre que l'enfer se déchaîne ? Mieux valait transplaner avec lui loin de leurs ennemis, en sécurité, là où ils ne pourraient les suivre. Mais alors, elle se demanda pourquoi le Professeur Dumbledore n'avait pas pensé à une solution aussi simple et efficace. Un autre danger était-il caché dans l'utilisation d'un des sorts les plus communs ?

La jeune fille haussa les épaules. Le Professeur Dumbledore n'était pas ici pour être consulté. Elle déciderait de ce qui serait préférable, pour elle et pour le Professeur Snape, quand le moment arriverait. Pas ce soir, espérait-elle.

Elle s'agenouilla près de lui.

« Professeur ? » expira-t-elle. Elle avait besoin de sa coopération pour parvenir à atteindre le lit. Mais il resta immobile, et Hermione commençait à se sentir agitée. Il était trop lourd pour elle. Comment pourrait-elle réussir à le porter dans sa chambre, jusqu'à son lit ? Et serait-elle seulement capable de… de le déshabiller ? Elle sentit une rougeur brûlante monter sur ses joues. Le Professeur Snape la tuerait, si elle essayait. Il serait déjà furieux qu'elle l'ait vu si vulnérable !

« Professeur ? » demanda-t-elle encore. « Vous m'entendez ? »

Sa main toucha son bras, timidement, puis s'avança vers son torse… Un instant plus tard, son poignet était pris dans une poigne d'acier, et une voix grommela, faible et rauque mais malgré tout assez distincte « J'ai dit non. »

Elle sursauta, la chaleur envahissant son visage.

« Vous devez me laisser vous aider ! » plaida-t-elle. « Vous ne pouvez pas rester par terre. »

Ses yeux s'ouvrirent, et il lui jeta un regard brouillé. Elle acquiesça, anxieuse, tentant de le rassurer, et en même temps, de le faire réagir. « Pouvez-vous vous lever ? Prenez ma main et je vous aiderai.

-Cessez de me parler comme si j'étais un bébé » gronda à nouveau Snape en tentant de se lever. Après quelques tentatives, il plaça ses deux mains sur le sol, et avec un effort immense, il réussit à s'asseoir. Mais presque immédiatement, il ramena les mains à ses tempes en gémissant.

« Ma tête… » murmura-t-il, et Hermione put sentir le choc dans son ton. Sa peur redoubla.

« Laissez-moi vous aider, Monsieur » insista-t-elle doucement, ajoutant cette fois précautionneusement son titre.

L'homme se retourna pour la regarder, et son visage se durcit, marquant son refus. S'étirant d'où il était, il agrippa l'encadrement de la porte de ses mains: puis, posant un genou à terre et utilisant l'autre jambe comme levier, il parvint à se soulever. Enfin, tremblant mais arrogant, il se leva devant elle, et elle remarqua. Dans la chaleur de la maison, la neige et la glace avaient fondu, et ses vêtements étaient humides.

« Vous devriez changer de vêtements » lança impulsivement la jeune fille.

« Une fois libéré de votre présence agaçante, ce sera certainement le cas » aboya-t-il, mais Hermione ne se souciait pas de son ton acéré. Elle continua à le fixer, inquiète. Snape avait à présent fermé les yeux et était calé contre le mur, tandis qu'un tremblement courait de temps à autre le long de son corps. Une faiblesse si évidente l'inquiétait, elle hasarda donc « Comme ça vous ne pouvez qu'aller plus mal. Vous devez boire quelque chose de chaud. Asseyez-vous et détendez-vous un instant et je vous préparerai ça. »

Il rougit, irrité, et répliqua, menaçant « Ne tombez pas dans le mélodrame, Miss Granger. J'ai survécu à des choses que vous ne pouvez pas même imaginer. Je survivrai aussi à cela. » Sa voix râpait à présent, fatiguée et amère. Puis ce fut à lui de remarquer quelque chose.

« Ma baguette ! » s'exclama-t-il, pointant un doigt à sa ceinture et se violaçant de rage. « Vous avez pris ma baguette ! Comment osez-vous!

-Vous étiez inconscient! » cria la jeune fille en s'empressant de la lui rendre, tenant le bois comme s'il lui brûlait les doigts. « Je l'ai pris juste au cas où elle serait nécessaire. »

Snape la saisit d'un mouvement violent. Son regard étincelait de fureur.

« Ne la touchez plus jamais! » cria-t-il. « Je continue à faire les mêmes erreurs avec vous, Miss Granger. J'aurais dû réaliser que vous faire confiance était impossible. Finalement, vous vous conduisez de façon aussi irresponsable que votre ami Potter !

-Mais je…

-N'essayez pas de vous excuser! Vous avez été avertie dès le début ! »

Son emportement l'avait évidemment revitalisé, pensa froidement Hermione. Mais, en même temps, il avait rapidement consumé ses dernières forces. De façon inattendue, il vacilla, et elle leva une main pour l'empêcher de tomber. Il se figea, et son regard lâcha une étincelle menaçante. Elle recula, alarmée. Ils se regardèrent l'un l'autre longtemps, lui vibrant de colère, elle le considérant d'un regard analytique malgré son angoisse.

Puis Snape prit une profonde inspiration et ouvrit la porte de sa chambre.

« Nous parlerons de cela plus tard. Bonne nuit, Miss Granger » dit-il sévèrement.

« Bonne nuit, Professeur » répondit-elle, incapable de trouver d'autres mots. Il lui jeta un regard destructeur, puis referma la porte en la claquant.

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Hermione s'assit sur son lit et enserra ses genoux de ses bras.

Obstiné.

Obstiné et exaspérant.

Obstiné, exaspérant et fou.

Obstiné, exaspérant, fou et…

Bon sang! Elle aurait dû le savoir, depuis le temps. Et, en fait, elle ne s'était pas réellement souciée de l'affichage de ses sentiments. Une autre pensée plus inquiétante lui serrait le ventre. Il était de toute évidence malade, mais ils étaient isolés dans ce cottage désolé, perdu Merlin seul savait où, sans possibilité de demander de l'aide à moins de vouloir déclencher une guerre.

Hermione serra les poings, soudainement en colère. Le Professeur Dumbledore avait-il pensé à l'hypothèque qu'une semblable conjonction astrale, si peu propice, arriverait ? Qu'en était-il ? Ou ce vieil homme agaçant s'était-il complaît dans la joyeuse conviction que 'quoi qu'il advienne, ce sera pour le mieux', comme le Professeur Snape l'avait rapporté, si irrité, un soir, quelques semaines auparavant… un soir qui semblait maintenant perdu dans le passé, mais qui semblait avoir été une triste prémonition des évènements actuels.

Eh bien alors, peut-être, pour une fois, le Professeur Dumbledore avait étonnamment échoué à prédire le futur. Peut-être, pour une fois, de façon incroyable, le Professeur Snape avait eu raison d'être sceptique. Et peut-être que la prochaine fois, il serait préférable si elle avait…

Un son fort la fit sursauter, glaçant soudainement le sang dans ses veines, tandis qu'un éclair blanc de panique fila dans son esprit.

Que… Quel… Qui…

La jeune fille sauta de son lit et ouvrit sa porte, les mains tremblantes de terreur.

Ses yeux se dilatèrent de la peur de voir les visages méprisants et triomphants de leurs ennemis jubiler en approchant leur proie.

Sentant une douleur sourde dans sa poitrine, elle se concentra toute entière à la recherche frénétique du moindre détail pouvant indiquer un danger.

Les secondes s'écoulèrent en un suspense effrayant… Et enfin, Hermione réalisa que sa poitrine lui faisait mal car elle retenait sa respiration.

Mais il n'y avait pourtant rien d'affreux à voir. Pas d'ennemi, pas d'envahisseur, pas de sorcier, pas de Moldu… Pas même une souris. Alors, il semblait donc que toute son angoisse se soit éveillée pour rien.

Mais alors, quelle pouvait être la raison d'un tel bruit ?

Son regard se concentra soudain sur une silhouette pâle et confuse, de l'autre côté du salon, à demi cachée par la table, et son esprit sembla prendre feu. Elle traversa l'espace en une seconde et s'agenouilla près de l'homme obstiné, exaspérant et fou qui était censé se reposer en sécurité dans son lit, mais qui avait visiblement décidé du contraire.

Malgré ses protestations, le Professeur Snape avait tenté d'atteindre la cuisine pour boire. Une tasse brisée et une flaque de liquide étaient les témoins muets de sa courageuse tentative. Mais, au retour, sa faiblesse l'avait trahi, le faisant tomber.

Maintenant, il était allongé à terre, respirait avec difficulté, et sa chemise de nuit usée jusqu'à la corde brillait de pâleur contre le bois sombre du sol. A cette vue inattendue et si incroyablement touchante, son cœur fondit immédiatement.

« Chuuut, ne parlez pas maintenant » dit doucement la jeune fille, terrifiée de voir à quel point il semblait malade. « Détendez-vous, restez tranquille. Inspirez profondément et relaxez-vous. Dès que vous vous sentirez mieux, je vous aiderai à rejoindre votre lit.

-Je ne… je ne peux pas me lever » admit-il, et la frustration, face à sa faiblesse, emplit ses yeux. Hermione se sentit plus paniquée encore.

« Détendez-vous, c'est tout » répéta-t-elle, tentant d'amener sa voix à un ton rassurant. « Vous êtes trop fatigué. Accordez-vous donc le temps qu'il faudra. »

Hermione attendit un long moment, puis osa demander.

« Est-ce que quelque chose… Est-ce que quelque chose de particulier est arrivé cette nuit?

-Pas d'inquiétude, ils ne se doutent toujours de rien à votre sujet » expira-t-il avec agressivité, s'attendant clairement à ce qu'elle se soucie de sa propre sécurité.

Mais c'était réellement le dernier de ses soucis, pour l'instant. La jeune fille l'observait en se mordillant la lèvre, se rappelant la fureur avec laquelle le Seigneur des Ténèbres avait réagi à ce manque d'informations, quelques nuits auparavant. Elle était atrocement effrayée que quelque chose de semblable ait pu arriver cette nuit, et que ce soit CA la raison de sa crise. Le demander au Professeur Snape pouvait élever une réaction courroucée. Toutefois, elle avait besoin de savoir, elle poursuivit donc, très doucement.

« Est-ce qu'ils vous… ont blessé ? »

Il laissa échapper un souffle tremblant. « Vous jouez à l'infirmière, maintenant, Miss Granger ? » répliqua-t-il en une tentative chevrotante de sembler amusé. Puis ses yeux se fermèrent, et, une fois de plus, sa tête retomba d'épuisement. A cette vue, une colère obscure embrasa son cœur.

« L'ont-ils fait ! » s'exclama-t-elle d'un ton outragé et menaçant.

Il toussa et lui jeta un regard avec un effort immense. « Détendez-vous » expira-t-il, imitant ses paroles précédentes. « Je n'ai pas été… physiquement blessé. »

Puis, avec un gémissement, il laissa retomber sa tête et resta immobile, respirant lentement pour retrouver ses forces. Elle attendit près de lui, agenouillée en silence sur le sol.

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Il leur fallut un long moment pour revenir à sa chambre. Hermione l'aida et le soutint, le guidant pratiquement pas à pas, le traînant, déterminée à son lit. Et quand le Professeur Snape s'enroula enfin dans ses couvertures, ils poussèrent un soupir de soulagement simultané.

Il semblait mortellement pâle, et ce son bas, peu discret et râpeux était maintenant clairement perceptible dans son souffle. La jeune fille s'assit sur une chaise et posa sur lui un regard épuisé et inquiet. Non, ainsi, la situation ne pouvait qu'empirer. Et elle aussi avait besoin de se reposer dès que possible, si elle voulait aider à ce qu'ils survivent tous deux à leur danger actuel.

Mais maintenant, il était sa seule priorité. Hermione se pencha vers lui et déclara fermement, imitant étrangement ses manières, « A partir de maintenant, je veux que vous évitiez vos fanfaronnades idiotes : alors, s'il vous plaît, soyez sincère et répondez à ma question. Voudriez-vous boire quelque chose avant que je ne vous laisse ? »

Snape releva une paupière pesant une tonne, d'après l'effort fourni, et expira d'une voix rauque, « Du thé. Du thé, si ça en vous embête pas. »

Et, avec un dernier effort, il ajouta presque imperceptiblement « Avec du sucre. »

Hermione acquiesça, bien qu'il ne put le voir, ayant refermé les yeux. Elle rejoignit la cuisine, vacillant à chaque pas, et l'entendit alors tousser. Le silence retomba longuement, et elle s'empressa de préparer la boisson. Puis elle ajouta cinq cuillerées à la tasse, la plaça sur un plateau et ramena le tout à sa chambre.

Ses yeux étaient maintenant ouverts, et il pressait une main contre son torse. « Je sens comme… du feu dedans… » murmura-t-il.

« Ca va vous aider » répondit-elle, lui offrant le thé en imitant de son mieux une infirmière, tandis que son esprit continuait à lui répéter que la situation devenait plus inquiétante à chaque instant.

Avec un regard reconnaissant, Snape prit la tasse et but le liquide à petites gorgées lentes et hésitantes. Puis il la lui rendit, mais ses doigts se détendirent trop tôt, et elle dut la rattraper au vol. Sa tête se renfonça dans son oreiller moelleux, et les cercles sombres autour de ses yeux s'approfondirent tandis qu'il sombrait.

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Hermione se réveilla après quelques heures d'un sommeil agité et continuellement interrompu. Le Professeur Snape avait commencé à tousser à répétition alors même qu'elle commençait à se détendre dans son lit. Bien sûr, ce son inquiétant l'avait éveillée immédiatement. La toux ne cessait de se répéter à intervalles irréguliers. Finalement, la jeune fille se leva et aller frapper légèrement à sa porte.

« Oui ? » répondit hardiment une faible voix.

« Euh, désolée… Tout va bien, Professeur ? » demanda-t-elle. « Avez-vous besoin de quelque chose ?

-J'ai besoin de dormir ! » répliqua-t-il, mordant, et comme toujours, son ton rude la rassura. Mais il continua à tousser fréquemment, jusqu'à ce que l'épuisement, probablement, ne l'use tout à fait.

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Hermione le laissa dormir pendant toute la matinée tandis qu'elle se détendait dans un fauteuil près de sa porte, prête à intervenir ou à ajouter plus de bois dans le feu. Elle était toujours très fatiguée, elle retomba donc rapidement dans le sommeil. Faire une sieste sur ce vieux meuble était devenu une habitude pour tous deux, pensa-t-elle vaguement en se réveillant.

A neuf heures, la jeune fille rejoignit la cuisine pour se préparer quelques sandwiches. Le repos du matin l'avait un peu requinquée, et les heures les plus lumineuses aidaient toujours à arranger son humeur. Sous la lumière du soleil, elle se sentait plus en sécurité. Sous la lumière du soleil, elle se sentait plus forte. Et aussi, elle était très heureuse qu'il ait pu dormir sans être dérangé pendant si longtemps.

Mais quand elle frappa à la porte de sa chambre pour voir si tout allait bien, elle eut une surprise déplaisante. Snape était assis sur son lit, calé contre l'oreiller son visage était rouge de fièvre et ses lèvres tentaient d'articuler des mots qui ne sortaient qu'en souffles, et étaient donc pratiquement inaudibles. Elle le rejoignit immédiatement.

« Miss G-Granger » émit-il, et sa langue buta sur le 'G'. Ses dents tremblantes ne rendaient pas ses paroles plus aisées, ni plus compréhensibles.

« Oui ? » demanda Hermione, inquiète.

« F-froid. Il fait si froid ici » murmura-t-il.

Elle le regarda, yeux écarquillés. Il devait avoir cinq couvertures sur son lit !

« Je vais ajouter des couvertures » répondit-elle tout de même d'un ton professionnel. « Il serait aussi préférable que vous mangiez quelque chose… Voulez-vous quoi que ce soit ?

-Boire » répondit Snape à la place, réduisant ses phrases autant que possible. « S-soif.

-Laissez-moi vérifier votre pouls » reprit la jeune fille. Il fronça des sourcils, mais il n'était pas suffisamment fort pour s'opposer à sa requête, elle prit donc son poignet entre ses doigts. Le rythme des battements de son cœur était incroyablement rapide. Sa peau était sèche et brûlante. Ses yeux brûlaient également. Puis une courte toux secoua violemment son corps.

« Je vous appelle depuis un moment ! Pourquoi n'êtes-vous pas v-venue plus tôt ? » s'emporta-t-il quand il put parler à nouveau. Comme toujours, la colère le revitalisait.

Elle sourit timidement. « Je ne vous ai pas entendu. Désolé. Je vais laisser votre porte ouverte dès maintenant, si vous permettez. »

L'homme ferma simplement ses yeux en réponse. Elle se rendit dans la cuisine et prépara du thé et des biscuits. Il but avidement, puis tenta de mâcher quelques biscuits. « Plus de thé » la pressa-t-il, et elle se hâta de remplir sa tasse. Avec de lourds efforts, il parvint à manger cinq ou six biscuits. Mais alors la toux reprit, le laissant épuisé et tremblant.

« Votre température est très haute » dit Hermione. « Vous avez une fièvre puissante. Si ça continue à empirer, je serais forcée de jeter un…

-NON ! Nous ne pouvons pas utiliser de magie ici ! » Instantanément alarmé, Snape agrippa sa main. « Votre parole, Miss Granger. Il faut vous me promettiez que vous n'allez utiliser aucun type de magie dans cette maison ! Cela détruirait tout ce que j'ai fait. » Il était si fatigué et agité que, pendant un moment, des larmes apparurent à ses yeux.

« Je promets que les nombreux sacrifices que vous avez fait ne seront pas perdus » répondit fermement la jeune fille. A ces paroles rassurantes, son regard se perdit, et il sembla retomber dans sa torpeur.

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Une idée soudaine la frappa, et Hermione alla fouiller dans son sac. Et en fait, ils étaient bien là. Du paracétamol en comprimés. A l'initiative de sa mère. Bien qu'à ce moment-là, la jeune fille en ait été irritée, maintenant, elle remerciait le scepticisme qui avait poussé sa mère à croire en la solidité de la science plutôt qu'en la magie. Elle ouvrit le paquet. Plus que cinq pilules… Elle soupira, découragée, puis décida qu'elle lui en donnerait deux. C'était la dose maximale, d'après la notice.

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Snape ouvrit les yeux. « Des médicaments Moldus ? Ils prennent très longtemps à fonctionner, mais merci. »

Il toussa et resta inerte. Hermione prit un verre d'eau et lui offrit deux pilules. Il les ingéra sans protester, puis se laissa aller avec un soupir.

Les médicaments semblèrent réellement marcher. Une heure plus tard, l'homme put l'appeler, impérieux, s'asseoir plus confortablement et manger quelque chose –de la soupe et un œuf à la coque. Mais très vite, la situation se précipita encore.

En début de soirée, Snape respirait avec une difficulté évidente, et sa température était si haute qu'il semblait irradier de chaleur autour de lui comme un four. Mais il continuait à dire qu'il avait froid. Il semblait aussi la regarder sans vraiment la voir, et parfois, il commençait à énoncer des phrases qui se terminaient en un bafouillage confus. C'était plus effrayant encore, venant de l'esprit tranchant qu'il avait toujours possédé.

Et la toux ! Parfois, il était si fort et violent qu'il semblait pouvoir en suffoquer. Sa force déclinait rapidement, et Hermione lui donna deux autres pilules, se sentant désespérée.

Une peur immense emplit ses veines quand les ténèbres étalèrent une fois de plus leur cape noire sur le monde.

Seuls. Ils étaient seuls, et une vie humaine était ici en jeu. Elle avait tant besoin d'aide ! Mais elle n'était qu'une fille, et impuissante, sans magie ni ami sur lequel compter.

Soudainement, Hermione se rappela ce jour, bien des semaines auparavant, l'après-midi pendant lequel elle avait demandé au Professeur Snape de lui donner quelque chose à faire, protestant qu'elle ne pouvait supporter son inactivité.

Eh bien, son souhait était accompli.

Pour la toute première fois, tout reposait sur ses épaules.

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Note de Lady Memory :

Trop mélodramatique? Croyez-le ou pas, la maladie de Snape est le rapport (presque) exact de ce qui est arrivé à mon mari il y a des années… En dehors du fait que, par chance, il ne développait pas de pneumonie.

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Note de Cricri : notre petit Snape est gravement malade et ne perd pas pour autant sa verve légendaire… pauvre Mione avoir un mec malade à la maison… c'est l'Enfer… Allez je retourne au boulot…

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Note de Sockscranberries : Aaaah les hommes et leur satanée fierté. Cela dit 'l'avantage c'est que Snape n'est pas du genre à se plaindre, comme la plupart des hommes, qui quand ils ont un rhume sont presque à l'article de la mort… ^^

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l'hypothèque (dans le sens de gène?) Aë : oui ^^ J'aime les mots rares ^^'