Scène 24 : Un Rendez-vous sur les remparts
.
Yvain et Merlin marchaient côte à côte sans prononcer le moindre mot. Ils se rendaient au rendez-vous sur les remparts qu'Arthur avait fixé plus tôt. Yvain réfléchissait. Il s'était passé quelque chose dans la chambre d'Eolhsand, une chose dont Merlin n'avait pas voulu qu'il soit témoin. Quant à l'Enchanteur, il était inquiet. Il aurait dû s'en douter. Il n'aurait jamais dû laisser Eolhsand seule. Trickler… Évidemment qu'il allait essayer de s'introduire encore une fois dans sa chambre si la Barde avait soudain l'air d'être seule.
Je vais bien, Merlin.
Le jeune homme n'eut pas le temps de répondre.
« Est-ce que tu avais vraiment besoin des bandages ? » lâcha brusquement Yvain.
Merlin le regarda, surpris.
« Yvain... »
Mais il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit.
« Ah ! Vous voilà enfin ! »
Le page et le serviteur relevèrent la tête. Arthur, Léon, Key et Guenièvre étaient déjà là, sur les remparts, évidemment, et ils avaient l'air de les attendre avec impatience. Le jeune homme et l'enfant pressèrent le pas pour les rejoindre. Merlin salua rapidement les deux chevaliers une fois arrivé. Ceux-ci lui rendirent son salut. Léon lui demande ensuite des nouvelles d'Eolhsand. Le serviteur ne répondit pas tout de suite. La question l'avait surpris.
« Elle… Elle va mieux. »
Elle allait mieux, c'était vrai, mais pour combien de temps ?
« Merlin, ça va ? » demanda alors Guenièvre d'un ton inquiet.
Il la regarda sans comprendre. Elle prit sa main. Elle était bandée. Paume et poignet gauches.
« Tu t'es blessé. Comment ? » demanda Arthur.
Et quand ? Le Prince était certain que la main de Merlin n'était pas bandée lorsqu'ils avaient rendu visite à Eolhsand.
Merlin retira sa main de celle de Guenièvre et la cacha derrière son dos.
« Pourquoi vouliez-vous nous voir, Sire ? »
Arthur le regarda pendant un long moment. Pourquoi Merlin n'avait-il pas répondu à sa question ? S'il avait été blessé, pourquoi ne rien dire là-dessus ? Et pourquoi cachait-il ainsi sa main ?
« Merlin… commença à dire Arthur d'un ton à moitié menaçant.
-C'est Dame Eolhsand ! » s'écria Yvain.
Le Prince regarda l'enfant.
« Pardon ? »
Yvain jeta un coup d'œil à Merlin puis reposa les yeux sur Arthur.
« Je… Je ne sais pas très bien ce qui s'est passé. Je n'étais pas là... »
Arthur regarda à nouveau Merlin.
« Elle t'a attaqué.
-Non.
-Merlin…
-Elle n'y est pour rien. »
Arthur poussa un soupir exaspéré. Il préféra cependant laisser tomber cette histoire de blessure pour le moment. Il avait, après tout, d'autres questions à poser à Merlin à propos de sa barde.
« Le Roi Edwin... » commença-t-il à dire.
Il se tut brusquement, se rappela Morgane, mais Eolhsand avait blessé Merlin apparemment. Peut-être pouvait-il oublier ses scrupules ? Elle avait blessé Merlin… Il garda cependant le silence. Ce fut Key qui osa poser la question qui dévorait Arthur quand il se rendit compte de l'hésitation grandissante de son Prince.
« Le Roi Edwin a émis une hypothèse intéressante sur l'enlèvement de Dame Eolhsand et plus particulièrement sur l'identité de ceux qui... »
Arthur avait rapidement remercié Key d'un signe de tête en le voyant prendre la parole à sa place. Son regard se posa ensuite sur Merlin et ne le quitta pas. Il vit ainsi l'exact moment où son serviteur comprit quelle était l'hypothèse d'Edwin. Merlin écarquilla les yeux puis eut l'air d'une bête traquée mais quand son regard croisa celui de son maître, une lueur résolu y était apparu.
« Je vous interdis de lui poser cette question.
-Alors, c'est vrai… » murmura Arthur.
Un long silence s'installa.
« Pourquoi enlever la fille d'un Roi ? » demanda finalement Léon.
Mais cette question n'intéressait guère Arthur.
« Est-ce qu'elle sait le nom de la sœur et du fils de Balinor ?
-Non, répondit immédiatement Merlin
-Tu en es sûr ? Elle te l'a dit ? »
Le serviteur resta silencieux.
« Merlin, j'ai besoin d'en savoir plus sur la Vallée, tu le sais bien.
-Vous ne pouvez pas lui poser des questions à ce sujet, Sire.
-Pourquoi ? » demanda Key.
Merlin ne répondit pas. Guenièvre se décida à intervenir.
« C'est à cause d'eux qu'elle est malade, n'est-ce pas ? »
Merlin détourna les yeux. Il y avait des choses à propos desquelles il se refusait de mentir mais son silence fut pris pour une confirmation.
« Les femmes qu'ils rendaient folles, murmura Key. C'est ce qu'ils ont essayé de lui faire…
-Mais je croyais que les Dragonniers… commença à dire Léon.
-Ils restent des Sorciers, dit Arthur à mi-voix.
-Mais rien ne nous dit que Balinor était d'accord avec ça, non ? Et peut-être que son fils et sa sœur…
-Guenièvre…
-Ils vous protègent Sire ! »
Ce rappel de la jeune servante fit taire Arthur et ses chevaliers pendant un court instant.
« Pourquoi feraient-ils une chose pareille ? Nous n'avons toujours pas de réponse à cette question, dit le Prince.
-Parce que vous en avez besoin. Il n'y a que la magie qui peut vaincre la magie. » intervint soudain Yvain.
Tous les regards se tournèrent vers l'enfant.
« Que viens-tu de dire ? »
Yvain hésita pendant un instant.
« C'est… C'est ce que Sweostor m'a dit.
-Le Dragon ?
-Dragonne, rappela Merlin à mi-voix.
-Si tu veux. »
Le Prince s'intéressa ensuite de nouveau à Yvain.
« Depuis quand le sais-tu ?
-Je… Je ne me souviens pas. Sweostor est… Elle est difficile à suivre. Elle change de sujet en permanence et elle ne répondait pas vraiment à mes questions quand je lui demandais de préciser quelque chose. »
Arthur soupira.
« Dame Eolhsand…
-Je vous l'interdis, Sire.
-Merlin…
-N'oubliez pas sa maladie, intervint Guenièvre. Peut-être que lorsqu'elle ira mieux... »
Le Prince regarda la servante qui le fixait d'un air suppliant. Il soupira. Guenièvre avait sans doute raison.
« J'attendrais donc qu'elle aille mieux avant de lui demander quoi que ce soit…
-Sire…
-Et seulement si tu es présent, Merlin, je te le promets. »
Le serviteur voulut protester mais...
C'est trop tard. Nous ne pouvons y échapper maintenant.
Mais…
Il veut juste des réponses…
Nous ne pouvons pas…
Sans expliquer ce que tu es, Enfant ? Impossible. Tu le sais tout aussi bien que moi.
Mais Arthur doit savoir pour que la magie revienne !
Jeune Dragonne…
Arrêtez de faire ça, bon sang !
Merlin avait fermé les yeux au moment où Kilgarrah s'était mêlé de la conversation. Lorsqu'il les rouvrit, il vit que les regards de tous ses compagnons étaient posés sur lui.
« Tu vas bien, Merlin ? » Demanda Guenièvre.
Il lui fit rapidement signe que oui.
« Je sais que vous voulez des réponses, Sire, mais en tant que médecin d'El, je ne peux vous permettre de lui poser vos questions pour le moment. Gaïus…
-J'ai compris, Merlin. »
Un court silence.
« Que pouvons nous faire d'autre ? Demanda Key. Puisque nous ne pouvons pas interroger Dame Eolhsand…
-Nous avons toujours Léodagan et ses chevaliers. » fit remarquer Léon.
La mention de l'ancien écuyer d'Uther rappela à Guenièvre la conversation qu'elle avait surprise dans les appartements de la famille royale de Northumbrie.
« A propos du Seigneur Léodagan... »
Tous les regards se tournèrent vers elle.
« Il… Il est venu voir le Roi Olaf et Dame Caelia et il leur a dit que... »
Elle marqua une courte pause, inspira et expira profondément puis ajouta :
« Dame Viviane a été ensorcelée. »
Voilà. Elle l'avait dit. Arthur, Léon, Key et Yvain semblaient surpris mais pas Merlin. Était-il déjà au courant ? Se demanda alors la jeune femme.
« Merlin ? » Dit-elle.
Le serviteur soupira.
« Je crois que nous devons parler de la dernière réunion des Cinq Rois... »
Mais pas de Trickler. Il ne leur parlerait certainement pas de Trickler.
…
PvC : Mon dieu... C'est donc possible !
A : Quoi ?
PvC : Ce... Ce chapitre... Il fait plus de 1000 mots !
Ahélya préfère éviter de faire le moindre commentaire.
PvC : Et tu postes !
Silence.
PvC : T'es malade ?
A : Non. J'avance sur la rédaction. Plus que 7 scènes à écrire normalement. J'en vois le bout.
PvC : Et après, ils attendront un an pour n°10. Je sais que tu la penses compliquée à écrire.
A : En fin de compte, j'ai trouvé un moyen. On verra ce que ça donne mais je suis assez confiante.
PvC : Touchez du bois, lecteurs, lectrices ! Ou priez ! On ne sait pas combien de temps ça va durer.
Scène 25 : Une Confirmation
