Cicatrices
Le soleil était encore haut pourtant, on s'affairait déjà à accrocher les lampions et autres guirlandes dans toute la cour. Jamais le domaine Hyuuga n'avait connu une telle allégresse. Il semblait souffler un vent nouveau et le sourire -même minuscule- de chacun rappelait l'époque bénit ou Dame Hyuuga donnait naissance à son premier enfant.
Neji était assis dans la cour intérieure appréciant la douceur du soleil. Il n'avait jamais été si chaud et doux. Quand avait-il appris à profiter de moments tels que celui-ci ? Surement aux côtés de Naruto, Kiba et Konohamaru.
Doucement, son esprit se perdit dans les souvenirs et invariablement il pensa à Tenten. Elle avait du se sentir seule...comme lui aujourd'hui. Il ne pouvait pas même imaginer ce qu'elle avait pu vivre. Il ne s'était jamais fait de promesses et encore moins de beaux discours à cette époque. A peine un regard plein d'espoir et d'amour. Plus aurait été trop dur pour tous les deux.
Doucement, il sentit une petite présence se glisser près de lui. Des pas fluets comme tout bon Hyuuga mais une présence douce et chaude. Même sans la voir, il devinait parfaitement que Kagome s'approchait. Un sourire calme vint éclairer son visage.
– Kagome c'est ça, demanda-t-il.
Elle acquiesça de la tête.
– Tu n'es pas avec ton frère ?
– Non, fit-elle un peu triste. Setsuna et lui s'entrainent.
Neji fit un sourire amer. Il avait beau essayer, quelque chose l'empêchait de parler avec son fils. Il le savait, leur caractère étaient si proches qu'il essuierait un rejet. Comme lui à une époque, le pardon, il ne connaissait pas...pas encore. Et puis si lui même n'arrivait à se pardonner pouvait-il attendre quelque chose d'un gamin qui avait tant vécu?
Il soupira imperceptiblement. Nasashi avait fait bien plus que détruire sa vie, il avait aussi enrayé tous leurs souvenirs le concernant, jusqu'à son nom. Il n'était rien pour eux, juste Neji-san. Il avait envie de croire que c'était mieux. Il l'avait bien fait lui, non ?
Mais à quel prix ? pensa-t-il. Il était stupide de croire un seul instant que ces deux là vivrait bien mieux sans parents, orphelins...il ne le souhaitait à personne, encore moins à ses propres enfants.
Il inspira. Avec Kagome, se serait sans doute plus facile. Elle se laissait bercer par ses émotions, ses intuitions...comme sa mère. Elle voyait bien souvent au-delà des apparences sans même le savoir.
– Tu vois rien alors comment tu savais que c'était moi Nii-san ? Fit Kagome après un moment la main soutenant son menton dans une intense réflexion.
Neji sourit.
– Je vois bien plus que beaucoup, affirma-il.
– Mais tes yeux ?
– Parfois, certaines personnes préfèrent ne pas voir la noirceur du monde, quand leur chute est trop haute...
Il se stoppa. Un bruissement de tissu, des pas qui se rapprochent. Il sentit deux petites mains chaudes toucher ses yeux.
– C'est inutile, fit-il, beaucoup de Medic-nin ont déjà essayé.
Elle se stoppa avec une moue renfrognée.
– Ils disent que quand je voudrais revoir, je reverrai, fit-il sombre.
– Tu ne veux pas revoir ta famille et tes enfants ?
Elle mit ses deux mains sur sa bouche prise en faute. Neji se tendit : qui avait bien pu lui dire?
– Lisara-chan avait dit de ne pas le répéter. Je l'ai entendu en parler avec Monsieur Kiba.
– Ce n'est rien. C'est ce que je voudrais le plus au monde. Que ma fille et mon fils me laissent les serrer dans leurs bras, qu'ils me pardonnent de les avoir laissé...
A nouveau, les deux petites mains se posèrent sur son visage.
– Moi aussi j'aimerais que mon papa et ma maman me voient.
Il sentit la chaleur douce le pénétrer. En ouvrant les yeux, il espéra fort, très fort pouvoir voir cette petite fille qui n'était autre que la sienne, voir ce dernier cadeau que son âme soeur lui avait laissé.
Yume se réveilla doucement se rappelant être une fois de plus endormit dans le fauteuil inconfortable de l'hôpital. Elle n'ouvrit pas tout de suite les yeux se laissant bercer par la douce chaleur qui l'entourait. Il était là. Il la tenait comme une princesse dans ces bras. Elle inspira pour se donner du courage et l'odeur emplit ses narines comme un calmant. Peut-être était-ce cette situation qu'elle était incapable de changer ou même d'accepter, peut-être était-ce ce douloureux passé mais elle se sentait inexorablement vide. Les bras forts l'entourèrent l'incitant à rester encore un peu dans cette position complètement inconfortable pour lui. Elle s'était endormie comme toujours mi-assise mi-couchée dans ses bras et il n'avait rien dit. Il aurait des courbatures toute la journée mais il la gardait encore près de lui.
Elle ouvrit finalement les yeux et se délecta de cette image. Il avait un coude appuyé sur le bras du fauteuil et sa tête calée sur sa main. Il ne dormait pas et était très mauvais comédien. Elle sourit d'aise. C'était comme ne plus être dans le noir absolu, ne plus ressentir tous ses sentiments qui l'avait bercé pendant quinze ans, c'était juste être apaisée.
Elle se releva un peu et se tourna vers le lit et ce sentiment disparut. Shirin, paisible, dormait toujours dans un coma profond. Il sembla percevoir cet infime changement car il l'entoura plus fort pour la soutenir. Elle crut que ses larmes allaient se remettre à couler, mais non. Depuis une semaine qu'elle veillait sa fille, elle ne devait plus avoir de larmes. Elle se détacha de lui et alla caresser les cheveux de l'enfant. C'était comme si elle dormait. Elle se réveillerait bientôt car elle n'aimait pas les grâces matinées. Elle irait ennuyer tout le monde et dire bonjour à la moindre chose vivante sur 200 mètres à la ronde. Elle lui sauterait dans les bras...elle...
Une larme dévala sa joue. Une petite qui s'était sans doute égarée. Un peu comme elle. Elle n'avait jamais été aussi perdu depuis longtemps. Elle avait été parfois sans défense, sans repère mais jamais totalement démunie, effroyablement inutile.
Gai se leva à son tour et la prit dans ses bras alors qu'elle s'effondrait contre le petit bras blanc. Lui aussi ne savait quio faire, non seulement pour aidé Shirin mais aussi Akemi ou Yume...
Yume releva soudain la tête. Elle en était certaine, elle avait bougé. Elle regarda les petits doigts fins remuer doucement dans sa paume.
– Maman...fit une voix faible.
Yume n'en croyait pas ses yeux. C'était un véritable miracle. C'était exactement ce que Tsunade lui avait conseillé de demander si jamais elle croyait encore à quelque chose. C'était ce qu'elle avait fait en désespoir de cause. Elle resta un moment figée par la couleur marron clair des yeux de Shirin. Le mauve profond de ses iris n'était plus. C'était définitivement un nouveau départ.
Ino ouvrit les yeux. Un sourire. C'est ce que lui offrait sa fille dès le réveil. Elle s'était endormie dans le fauteuil du minuscule jardin ornemental de la Serre Royale. Autour d'elle, Kuro jouait avec Asuka. Kurenai apparut dans son champs de vision.
– J'ai des nouvelles de Konoha, annonça-t-elle.
– Parles, supplia la blonde.
– Ils vont bien, tous. Gaara-sama rentrera surement dans les prochains jours.
Ino soupira de joie. Enfin il rentrait de ce séjour supposé rapide. Elle n'aurait plus à s'inquiéter pour Inora ou Kuro ou encore pour Gaara. Elle prit sa fille qui réclamait à manger et son regard se perdit dans la verdure, un sourire éclairant son visage.
– Dites-moi Kurenai-san, vous ne m'avez toujours pas dit comment vous vous êtes retrouvée ici, fit-elle après un moment.
La rousse regarda sa fille jouer avec les roses du jardin et son visage se couvrit d'un voile mélancolique.
– Moi-même, j'ai encore un peu de mal à le savoir. Après Akatsuki, la disparition de mes élèves et de mes amis, le changement de gouvernement, tout est allé trop vite. Quand les persécutions ont commencé, je me suis dis qu'il était tant de partir. En tant que descendante de Kage, Asuka allait tôt ou tard subir les conséquences de nos choix. Et puis j'étais seule, continua-t-elle comme pour se justifier.
Elle fit une pose, se remémorant cette période instable.
– J'ai voyagé et me suis installée. Finalement, des années plus tard, je suis tombée sur Hinata et suis restée en contact avec elle. Elle m'a demandé, comme j'étais la plus proche de Suna, de reprendre du service...
– Et je vous en remercie...
– Après cela, fit timidement Ino, allez-vous rentrez à Konoha ?
Elle réfléchit mais son regard se perdit dans le vide. Elle s'était posée tant de fois cette question...
– J'aime ma vie ici, reprit Ino, mais Konoha est là où je suis née, ou j'ai grandi.
– Je sais ce que tu ressens. Moi aussi cette vie me manque.
Ino se souvint alors d'un passé lointain où elle n'était ni femme, ni Kage, juste Chunnin, juste soldat. Elle s'en était tirée de cette foutue guerre sans trop savoir comment. Elle était intacte, allongée à même le sol. Autour d'elle, la plaine était herbeuse et verte et le ciel d'un bleu azur, à nouveau. Elles étaient loin les ruines, les morts et les larmes au goût trop amer. Comme si rien ne s'était passé, le destin -ou peu importait son nom- semblait se foutre d'elle.
Elle se releva et marcha sans vraiment savoir où. Plus elle avançait et plus la plaine devenait herbe sèche et arbres calcinés. Plus elle marchait et plus ses membres la faisait souffrir, comme si cette paix intérieur, ce soulagement avait masqué la douleur physique. Plus elle marchait et plus elle se souvenait du peintre qui dans un dernier effort lui avait sourit d'un sourire vrai, un filet de sang le long de ses lèvres. J'aurais aimé que tout soit différent. Ses derniers mots resteraient à jamais gravés dans sa mémoire tout comme leur dernière étreinte. Son monde n'était plus et ça, ce n'était pas une illusion.
Elle stoppa sa marche quand elle réalisa le combat improbable qui avait lieu sous ses yeux. Lorsque le sable transperça le manteau noir à nuages rouges du marionnettiste, elle vit clairement le visage de Gaara se teindre d'écarlate. Elle vit également les larmes de cet homme si froid et si dur se mêler au sang. La main du -trop- jeune Kazekage trembla. Ce soir, à la nuit tombée, il n'aurait plus ni frère, ni soeur. Le premier ayant empoisonné la seconde. Il n'avait pas eut le choix. C'était ce qu'il se dirait des années plus tard ; mais on a toujours le choix. C'était ce qu'elle voyait dans son regard lorsqu'il regardait Kuro. Elle l'avait vu posé un genou à terre en tenant la dépouille. Elle-même n'aurait surement pas hésité. Kankuro était prêt à en finir avec Naruto qui gisait à terre et même avec sa propre soeur. Non, elle n'aurait pas hésité une seconde.
Quand l'autopsie -qu'elle avait pratiqué par faute de médecins compétents et vivants- avait révélé une manipulation avancé du cerveau de son frère, Gaara s'était effondré. Encore. Loin de tous, loin de tout, près d'elle. Elle avait douloureusement expérimenté avec lui la perte d'un être cher, elle qui en avait subi tant. Elle avait prit dans ses bras cet homme anéanti comme elle aurait aimé qu'on le fasse plus tôt avec elle.
Elle sortit de ses pensées, le regard pesant de Kuro sur son visage où une larme avait roulé. Un jour viendra où elle lui expliquerait. Un jour il comprendrait. Un jour il leur pardonnerait mais sans doute pas aujourd'hui.
Tenshi fixait Neji l'air peu amical. Ce type débarquait dans leur vie, leur annonçait qu'il était leur père et que maintenant il s'occuperait d'eux. Quelle blague ! Où était-il pendant six ans ? Où était-il quand leur mère s'est faite assassiner ? Où était-il quand il fallait protéger leur reste de leur famille ?
Le regard flamboyant de son frère ne passa pas inaperçu pour Kagome.
– Et toi tu le crois, lança Tenshi. S'il était vraiment notre père, il serait venu plus tôt ! Il ne nous aurait pas abandonné !
Elle, à l'instant si heureuse d'avoir retrouvé son père, se sentait coupable d'une telle joie. Elle lâcha la main de Neji.
– Ne t'en prend pas à elle, coupa Neji. Elle...
– A vous, je ne vous parle pas !
– Ne sois pas insolent ! Intervint Hanabi.
Tenshi se tut, acculé. Il respectait Hanabi-sama. Pas parce qu'elle était Chef de Famille -un peu tout de même- mais surtout parce qu'elle lui avait sauvé la vie par deux fois. Si une seule personne -mis à part sa mère- méritait du respect c'était bien elle.
– Écoute Tenshi, fit-elle en le prenant par les épaules, je sais que ce n'est pas facile pour toi. Cette année a été difficile et...
– Non Hanabi-sama. Je suis un apprenti Ninja et...et...
Elle vit ses épaules tressauter alors qu'il gardait la tête baissée. Ses premières larmes depuis longtemps. Elle pouvait comprendre que se remémorer cette année n'était sans doute pas chose facile, pour elle-même c'était douloureux. Les sanglots se firent plus forts, incontrolable. Cette barrière qu'il avait mit tant de temps à forgé, cette armure qui lui permettait de défendre sa soeur et sa tante glissa au sol balayée par le flot salé. Il n'en avait de toute façon plus besoin.
– Je ne te demande pas de l'aimer tout de suite mais promet moi que tu essaieras de le connaître...pour moi et pour Kagome...fit-elle alors qu'il se calmait doucement.
Il acquiesça doucement de la tête. Hanabi sut que tout ne faisait que commencer et que se serait difficile, pourtant, son visage s'éclaira d'un sourire.
Karine fixait l'horizon. Longtemps. Très longtemps qu'elle ne s'était pas sentie chez elle. Certes la vallée s'était aussi chez elle mais les villages cachés au fond d'une montagne n'avait jamais connu la mode ou le tourisme.
– Je...je crois que...
– Depuis quand bégayes-tu Karine-chan ?
Elle fixa Naruto. L'heure du départ avait sonné et elle hésitait encore. Son regard se posa sur un bracelet bleu qu'elle portait depuis longtemps. Elle l'avait acheté le jour où elle avait quitté Konoha.
– Ta pénitence, souffla Naruto.
– Je...heu...
– Si tu veux rester, libre à toi. Je ne t'en voudrais pas. La vie ici sera bientôt plus animée et tu pourras sans doute trouver quelqu'un qui...
– Non, si tu pars, je pars avec toi.
– Je ne te forces pas la main Karine. Beaucoup de nos compagnons vont se réinstaller ici.
– Tu n'as plus besoin de moi c'est ça ?
– Ne dis pas de bêtises, fit-il en la prenant contre lui. Je t'ai vu mettre ce bracelet à ton bras et le regarder à chaque fois que tu aurais pu être heureuse. Tu n'as rien à te reprocher. Tu as le droit de rester et de faire ta vie comme tout le monde. Je suis sûr qu'il veillera sur toi.
– Tu parles, fit-elle, il ne m'a toujours pas demander de rester.
– Je crois que c'est ce qu'il a fait non ?
Elle baissa la tête semblant réfléchir.
– Et Neji-san ?
– Il n'a pas encore pris de décision mais je ne pense pas qu'il ait vraiment le choix. S'il veut connaitre Tenshi et Kagome, il devra le faire ici. Ils sont attachés à Hanabi-chan. Nous allons rentrés au village pour aider au déménagement et...
– Tu disparaîtras...encore.
– Karine-chan, ne le prends pas comme ça...
– Je le voudrais Naruto-kun, je le voudrais...mais qui s'occupera de toi ? Reste toi aussi.
Il baissa la tête.
– Tu sais très bien que...
– Et...et Sasuke-kun ? Tu ne voulais pas l'affronter ? Et cette Hyuuga ...et...et ...moi...
Elle se mit à sangloter dans ses bras, complètement déchirée.
– Je ne te laisserais pas Naruto-kun. Je t'ai fait cette promesse, tu t'en souviens?
Il se souvenait très bien de ce jour. Il se souvenait comment il avait bu ce jour-là, comment il avait déclenché une bataille et que l'alcool aidant, les types du bar avaient eu le dessus. Il se souvenait aussi avoir atterri dans les poubelles couvert de bleus et d'équimoses. Elle l'avait porté, soigné -car Kyuubi encore affaibli par les combats ne donnait plus signe de vie– baigné et s'était occupé de lui pendant trois jours entiers. C'était bien avant le village des montagnes, bien avant de retrouver Kiba ou Neji, bien avant d'être le leader d'un groupe de bras cassés et d'espoirs brisés. Elle ne savait pas vraiment qui des deux avaient guéris l'autre se jour là.
Hinata, la tête tournée vers le ciel étoilé, rêvait les yeux ouverts. Elle avait attendu toute la soirée que cette fête se finissent enfin mais elle avait eu l'air de vouloir durer. Encore maintenant, elle entendait les rires et voyait les lampions danser au rythme de la brise légère. Elle s'était éclipsée – échappée- avant la fin. Du mont des Hokage -du moins ce qu'il en restait-, elle dominait la citée d'un regard. Pourtant seul l'étendue céleste avait son attention. Tout avait un air de déjà vu. L'endroit, la nuit, les questions: dois-je partir ou rester ? Quel est mon but ? Où est désormais ma vraie place ? Quelque chose d'amer dans ce déjà vu malheureusement. Elle ressentait cette force couler en elle, cette confiance qu'elle n'avait pas à l'époque. Elle était plus mature, plus expérimentée aussi. Certaines décisions étaient déjà prises. Elle ne reprendrait pas les rennes du Clan. Son père aura finalement eu gain de cause...mais à quel prix.
La tête penchée en arrière, elle laissa la brise jouer avec ses cheveux. C'était bizarre. Ce pouvoir animal qui avait couler dans ses veines pendant quelques mois avait disparu. Karine avait dit qu'elle avait le même chakra que Naruto sans vraiment en comprendre la raison. Elle, elle savait. Elle avait été à peine déloyale en lui volant son chakra ce jour là. Elle n'avait pas reconnu celui du blond à cause de la fusion mais elle avait clairement ressenti sa force, sa noirceur. Elle avait mis un moment à mettre un nom sur ce qu'elle ressentait. Une sorte de soif et une attraction à la fois pour lui. Elle avait cru que ce n'était que les réminiscences de fillette qui avaient refait surface mais c'était bien plus sauvage, comme une sorte d'aimant. Elle soupira. Elle n'était même plus capable de comprendre ses propres sentiments. Bien à présent tout avait disparut. Sa technique ultime avait absorbé tout son chakra, vider ses réserves comme la nettoyant de cette force qui n'était pas la sienne. Tant mieux. Elle n'avait jamais aimé prendre à autrui.
Des pas. Elle ne daigna pas se retourner. La lune était superbe et pour avoir eu ce chakra dans ses veines quelques temps, elle le reconnaissait à coup sûr.
– Quand pars-tu ? Demanda-t-elle sans détour.
– Qui t'as dit que je partais?
– J'ai croisé Karine un peu plus tôt.
Il s'assit au pieds du banc, à même le sol, le regard perdu sur le village.
– Ero-Sannin m'en veut et Baa-chan ne m'adresse plus la parole.
Il omit de parler de la Rousse qui avait simplement noyée sa peine dans les bras réconfortant que pouvait ouvrir l'alcool.
– C'est compréhensible, après tout ce temps à te chercher.
Il soupira abattu. Oui totalement compréhensible.
– Et toi ?
Elle releva la tête. Son opinion l'intéressait ? Comment pouvait-elle juger alors qu'elle même ne savait pas bien. Elle observa sa silhouette dans la nuit. Ses cheveux flamboyaient encore de cet orangé étrange mais son dos vouté et ses bras entourant son corps en disait bien long sur lui.
– Je n'ai pas la force de rester, avoua-t-il dans un souffle. J'ai peur de faire du mal aux autres.
– Mais tu as fusionné avec...
– Ce n'est pas aussi simple...
Certes fusionner avec un démon ce n'était pas aussi simple que mélanger de l'eau et du sirop mais elle pouvait comprendre non ? Vu son silence, apparemment pas. Tant pis s'il n'avait pas le coeur à parler, elle n'avait pas le coeur à comprendre.
Il senti le kimono parme le frôler doucement. De dos, elle lui rappelait cette fille qui l'avait sauvé de Pein des années plus tôt. Celle qui lui avait rendu toute la confiance qu'il avait perdu. Elle ouvrit les bras comme recevant un cadeau du ciel. Les manches longues s'agitèrent doucement.
– « Le monde est vaste et l'avenir incertain, récita-t-elle, mais je lutterais jusqu'au bout pour mon nindo ».
Il se rappela cette phrase. Où l'avait-il lu ?
– Les aventures de Naruto, par Jiraya. Un livre un peu niais comparé à toutes ces œuvres plus imagées, fit-elle avec dégout, mais il reste mon préféré.
Et celui du Quatrième.
– Quel est ton nindo ?
Il soupira. Il ne savait plus très bien.
– Protéger ta meute...fit une voix au fond de lui.
Cette voix. Protéger les siens c'était son but. C'était ce qu'il avait continué à faire même de loin. Il ne restait plus qu'à trouver comment les protéger de lui-même.
– Je t'aiderais, proposa-t-elle.
Il se troubla devant le sourire doux d'Hinata. C'était comme-ci elle avait compris le fond de ses pensées.
– A deux, on est plus forts.
On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime.
Victor Huguo
