Bonjour, ou bonsoir,

Quelques réponses aux commentaires dont je remercie les émetteurs :

Scorpon : tu as raison de dire que les expériences de l'enfance façonnent notre psychisme et font de nous ce que nous sommes, guidant nos actions présentes et futures. Il est vrai également que ce n'est pas parce qu'on a eu une enfance malheureuse que cela fait forcément de nous des adultes déséquilibrés. En effet, il suffit d'une rencontre salvatrice et cela au bon moment, pour tout faire basculer et reconstruire ce qui a été détruit ou désaltéré. Et l'inverse est tout à fait valable. Cependant, dans les deux cas, il existe un manque dans un domaine ou dans un autre qui peut avoir de fortes conséquences.

KisaAkisara : Je suis désolée si cela faisait trop d'informations d'un coup. Cependant, je m'étais engagée à les rédiger afin d'apporter des connaissances à ceux qui en ont soif. De plus, je me voyais mal écrire tout ça lors de la première fois de Naruto et Hinata, notamment l'anatomie. Je pense que cela aurait cassé un peu la magie du moment. Ensuite, j'avoue mettre un peu emporté.

Sakka-sensei, Streema et Caroline-Slytherin : Je vous remercie pour vos commentaires qui m'ont touchée et qui m'ont confortée sur ce que je désirais faire avec mon histoire. J'espère continuer dans cette voie et mettre ma petite pierre à l'édifice de l'information aux plus jeunes.

Bonne lecture.

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Le lendemain, dans une rue, emmaillotée dans un manteau chaud, une jeune femme marchait d'un pas un peu hésitant de ne pas avoir bien dormi la nuit précédente. A son réveil, elle serait bien restée sous sa couette pour profiter encore de la douceur et de la chaleur de son lit. Cependant, elle avait promis. Elle se devait maintenant de tenir parole. Au bout de son périple, elle arriva enfin à sa destination. Levant la main, elle posa son doigt sur la sonnette qui retentit et patienta. L'attente ne se fit pas longue et un homme qu'elle connaissait comme étant son ancien instituteur de primaire lui ouvrit.

"- Bonjour, Hinata, fit-il d'un ton enthousiaste. Tu es venu voir notre trublion national. Je crois qu'il dort encore. Tu aurais pu venir que cette après-midi, avant son départ.

- Bonjour Iruka, répondit la Hyuga, d'un ton un peu déçu d'entendre que son petit-ami n'ait pas fait l'effort de se lever pour l'accueillir. Ce n'est pas grave. De toute façon, j'ai promis à Naruto de lui faire la cuisine.

- Ah la la, celui-là, je vous jure, un vrai ventre sur patte. Je trouve qu'il abuse un peu trop de toi et de ta gentillesse. Je vais finir par croire qu'il n'aime pas ma cuisine. Enfin, rentre je t'en prie.

- Merci."

Lui cédant la place, le père adoptif du blond la laissa entrer et récupéra son manteau alors qu'elle enfilait des chaussons. Puis, doucement, elle se dirigea vers les casseroles et les couteaux et se mit au travail. Cela étonna un peu l'adulte. En effet, habituellement, son ancienne élève se permettait de monter et rentrant dans la chambre du blond, de le réveiller, telle une mère sortant son enfant de son sommeil. Cependant, cela faisait plusieurs fois qu'elle ne le pratiquait plus, comme si elle évitait de se retrouver seule avec lui dans une pièce possédant un lit. Avait-elle peur de quelque chose ou son fils adoptif a-t-il été incorrect avec elle ? Ne voulant pas la laisser seule, il la rejoignit en ce lieu culinaire. Iruka la vit, un tablier autour d'elle, entrain d'éplucher les légumes. Vu les ingrédients présents sur la table, la bleutée avait prévu de préparer le plat préféré de son aimé avant son départ pour l'école préparatoire. Cette intention le fit sourire avant qu'il ne l'interpelle.

"- Je te remercie, Hinata. Naruto va être content de ce que tu lui prépares. Par contre, je trouve que tu le gâtes un peu trop. Il faut que tu penses à toi aussi.

- Je vous remercie de votre sollicitude. Ca ne me dérange pas. J'aime cuisiner pour lui. C'est une activité qui me détend de toute façon, répondit-elle d'une voix neutre, lui faisant froncer les sourcils.

Iruka ne comprenait rien à la situation. La jeune femme qui était devant lui, ne respirait pas tant que ça le bonheur et sa sérénité coutumière. Elle semblait plus distante, comme si quelque chose l'avait blessée et qu'elle se convainquait de l'oublier.

"- Hinata, tu es sûre que tout va bien. Naruto s'est-il rendu fautif de quelque chose te concernant ?

- Hein, s'étonna la concernée avant de reprendre contenance. Non, non,..., je suis juste fatiguée. Je me suis couchée tard hier soir et j'ai très mal dormi.

- Bon, si tu le dis. Je vais aller rejoindre Tsunade et Jiraya. Ils ont voulu passer le week-end avec nous.

- Oh, ils sont là, essaya de s'enthousiasmer Hinata en lui souriant. Je vais aller les saluer alors. En tout cas, heureusement, que vous en avez toujours pour un régiment dans vos placards.

- Avec Naruto, il vaut mieux prendre ses précautions à ce niveau-là," plaisanta Iruka en la précédent vers le salon.

Ce fut donc sous le rire discret de la jeune femme, que les deux parcoururent les quelques mètres qui les séparait de cette pièce. Cependant, malgré ses explications et son attitude avenante, le Morino n'était pas dupe. Il n'en connaissait pas les raisons, mais quelque chose clochait chez leur cuisinière d'un jour. Toutefois, respectueux de son désir de silence, il n'ajouta rien mais se promit de poser la question à son fils adoptif, enfin, s'il arrivait à l'alpaguer pour un court instant. Naruto avait tendance à oublier tout ceux qui l'entouraient depuis l'agression de Sasuke. De plus, dès qu'Hinata était dans les parages, il ne la lâchait pas d'une semelle. Enfin, arrivé devant ses autres convives, il annonça l'entrée de la jeune Hyuga. Heureuse de la revoir, Tsunade se leva de son fauteuil et alla lui faire la bise, suivie par Jiraya qui, contre toute attente, ne fit aucun geste déplacé envers elle, comme lui tâter la taille ou les fesses. La Senju lui en fut reconnaissante. Son ami d'enfance respectait visiblement la petite-amie de son filleul et cela la satisfaisait. Il était vraiment sur une bonne pente, surtout qu'il avait tendance à ne plus le faire du tout, reconnut-elle. Puis, une voix la sortit de ses pensées.

"- Bonjours Hinata.

- Bonjour Sasuke, bonjour Juugo. Comment allez-vous ?

- Très bien, répondit le ténébreux en parlant aussi de la part du roux. Je suis désolé pour toi, mais Naruto est toujours au lit. J'ai bien essayé de le réveiller, mais je crois qu'il s'est rendormi.

- Ce n'est pas grave, dit-elle avec un triste sourire qui n'échappa pas à l'oeil observateur de l'Uchiwa et quelque peu d'Iruka. Je vais retourner à la cuisine.

- Je vais t'aider, se proposa Tsunade en la suivant avant de crier aux hommes. Allez les garçons, corvée de mise du couvert et de réveil de notre paresseux de service."

Sentant une légère menace dans sa voix qu'ils en prendraient plein leur matricule au moindre refus, les interpellés acceptèrent sans broncher. Ce fut Sasuke qui se dévoua à sortir du lit son meilleur ami. A sa chambre, il ouvrit avec fracas la porte, la faisant claquer contre mur et en hurlant.

"- Allez la marmotte ! Sors de ton plumard !"

A ces cris et au vacarme produit, Naruto se redressa subitement sur son matelas, la tête dans le cul. Assis, les yeux mi-clos, il identifia le trouble-fête comme étant son frère de coeur. Le jugeant sans importance et râlant, il se recoucha et se couvrit jusqu'au haut du crâne avec sa couette.

"- Sas'ke, laisse-moi tranquille. Je t'ai dit que je me lèverai bientôt. Juste encore cinq minutes.

- Cela fait au moins deux heures que tu m'as dit ça la première fois que je suis venu... Allez debout !

- Fiche-moi la paix, grogna le blond en le sommant de partir d'un signe dédaigneux de la main. Et puis, je suis sûr que j'ai encore du temps avant l'arrivée d'Hinata.

- Ah oui ?!... Alors pourquoi elle est déjà dans la cuisine entrain de préparer des ramens pour monseigneur Naruto ?

- Quoi ?! se mit debout sur son lit dans un sursaut, en bas de pyjama. Et ce n'est que maintenant que tu me le dis ! Pourquoi tu ne m'as pas secoué les puces plus tôt comme je te l'ai demandé !

- Je te rappelle que j'ai déjà essayé il y a deux heures ! Je ne suis pas ton garde fou, ok ?! Vociféra Sasuke en faisant volte face pour repartir vers la salle à manger pour aider les autres à préparer la table. Bon, sur ceux, dépêche-toi. Hinata avait l'air de ne pas trop aimer de ne pas te voir l'accueillir. Il faut dire que tu lui avais affirmé que tu serais là à son arrivée, mais vu que tu as préféré dormir, je peux comprendre sa déception.

- Oh tais-toi et laisse-moi m'habiller," se mit en colère Naruto pour cacher son désappointement.

Sasuke partit, le blond se précipita vers sa salle de bain, fit une petite toilette et se dépêcha d'enfiler ses vêtements. Tout au long de son périple, il n'avait qu'une idée en tête : retrouver sa douce et se faire pardonner son absence à son entrée, surtout qu'elle était venue lui faire son plat préféré. Il ne faisait que de se traiter d'idiot fini. Il partit donc le plus rapidement possible vers la cuisine. Pendant ce temps à l'intérieur de cette pièce, sa dulcinée s'affairait à préparer un met pouvant faire saliver n'importe qui pendant que Tsunade coupait les légumes. Un peu frustrée par le silence qui régnait autour d'elle, cette dernière entama un sujet de conversation.

"- Tu m'a l'air un peu dans la lune. Quelque chose ne va pas, Hinata ? Tu sais, tu peux tout m'avouer. Je serais aussi muette qu'une tombe.

- Merci,..., je vais bien, je vous assure... Juste un coup de fatigue.

- Hinata, ma petite, j'ai assez d'expérience pour affirmer que ce n'est pas qu'un coup de fatigue. Dis-moi. Je n'en soufflerai aucun mot, c'est promis."

La Hyuga se stoppa nette dans le pétrissage de la pâte des ramens. Elle avait les mains pleines de farine. La tête baissée, son regard se perdit dans les imperfections du bois de la table qui supportait son travail. Que devait-elle faire ? Parler à Tsunade de son malaise ou garder cela pour elle le temps que la situation s'arrange d'elle-même. En effet, elle était certaine que cet éloignement, enfin éloignement n'était pas le terme,..., son désir de passer du temps rien qu'avec son petit-ami serait plus juste. Voilà. Quand ce dernier, contrarié depuis l'agression de Sasuke et le désir de son aimé de soutenir celui-ci, sera de nouveau comblé et que le ténébreux se sentira mieux, la certitude que Naruto revienne vers elle l'habitait. En tout cas, elle l'espérait du fond du coeur. Alors à quoi bon faire part de ses peines qui prendront bientôt fin. De plus, il n'y avait pas que cela qui nourrissait sa tristesse en cette matinée. Malgré l'invitation de la Senju à se confier à elle, Hinata ne voulait pas la déranger avec ses soucis.

"- Je vous remercie, Tsunade, reprit-elle. Cependant, je vous assure que je vais bien... Disons que la situation de Sasuke m'a énormément touchée et que j'ai un peu peur pour Naruto. Depuis, j'ai un peu de mal à dormir... Je suis aussi un peu déçue de ne pas encore pu voir Naruto, c'est tout, mais ce n'est que parti remise quand il se lèvera.

- Je vois, consentit à croire la psychiatre mais qui n'était pas vraiment dupe. Bon, que puis-je faire de plus pour t'aider ? Je viens de finir la coupe."

Suivant de nouveau les indications de la jeune femme, son aînée se remit à la tâche alors que la Hyuga reprenait de ses doigts experts la formation des pâtes à ramen. De son côté, l'Uzumaki était sur le point d'entrer dans la cuisine quand il avait perçu les dernières phrases de sa douce, mais surtout son ton transpirant d'une certaine détresse. Il se cacha alors derrière la cloison, tentant d'espionner le reste de leur conversation, mais en vain. Les deux femmes ne soufflèrent plus aucunes paroles. Malgré son envie de se précipiter dans la pièce, il s'adossa contre le mur et essaya de rassembler ses idées. Sa conscience était lourde de reproches. Alors, Sasuke avait vu juste. Hinata n'était pas dans son assiette et était sans doute peinée par son absence lors de son arrivée. Il était donc responsable de sa tristesse et s'en voulut encore une fois.

Doucement, se décollant de la toison, Naruto avança sa tête vers la porte et jeta un coup d'oeil dans la salle. Hinata était toujours dos à lui et ne pouvait donc pas le voir. Marchant sur la pointe des pieds, il rentra silencieusement. Sa marraine le vit et alla l'apostropher que ses mots se perdirent dans sa gorge. En effet, son filleul l'invita au silence en mettant un doigt sur sa bouche. Comprenant ses intentions en le voyant se diriger vers sa dulcinée, Tsunade se leva et sortit sans se faire remarquer afin de laisser les jeunes amoureux ensemble. Le blond continua alors son avancée. Comme il la trouvait belle et la voir ainsi s'afférer, son bassin se balançant au rythme de ses gestes, il avait déjà envi d'elle, mais se contint. Elle n'était pas en mesure de répondre à son désir, vu son état émotionnel, et il n'était pas homme à profiter de la détresse d'autrui à son dessein.

Pendant ce temps, sa douce tentait d'oublier son coeur douloureux en se concentrant sur sa cuisine, quand d'un coup elle sursauta, lâchant les ramens qui s'écrasa sur le plan de travail. Deux bras venaient de surgir dans son dos pour lui entourer la taille et la coller contre un torse aussi chaud que musclé. Un visage se posa sur son épaule et souffla contre son cou avant de murmurer à son oreille quelques mots.

"- Bonjour, ma princesse. Même recouverte de farine, tu es magnifique.

- Naruto ! Tu m'as surprise... Bonjour, à toi aussi... J'espère que tu as bien dormi, essaya-t-elle d'être polie, mais un ton amer, qu'elle ne put refréner malgré ses efforts, pouvait s'y entendre.

-...

- Désolée, s'excusa-t-elle quand elle s'en rendit compte en baissant son visage, honteuse. Je suis un peu fatiguée. La soirée avec les filles a fini tard hier soir et j'ai du mal à trouver le sommeil ces derniers temps."

Naruto resta silencieux, la tête toujours posée sur l'épaule de sa petite-amie, mais les yeux perdus dans le vide, la face sévère. Sa dulcinée venait de lui sortir à peu près la même excuse qu'à Tsunade, mais cela sonnait vraiment faux. Quelque chose n'allait pas et c'était sûrement à cause de lui, enfin selon les hypothèses de sa marraine et de son meilleur ami. A moins qu'il existait une autre raison. Pourquoi cette difficulté à rencontrer Morphée ? Elle lui sortait souvent cette cause à son état d'épuisement depuis quelques temps ou elle s'endormait bien vite lors de leurs conversations téléphoniques, enfin quand il pensait à l'appeler. Il reconnut que depuis l'agression de Sasuke, il ne communiquait plus avec elle aussi souvent qu'avant, un jour sur trois, et souvent très tard, alors qu'avant c'était pratiquement tous les jours. En tout cas, sa voix confirmait ses craintes. Tendrement, il lui embrassa la joue de sa compagne en fermant les oeils avant de reprendre la parole d'une voix douce.

"- Ce n'est pas grave. Cela peut arriver à tout le monde. C'est gentil à toi d'être venue malgré ta fatigue. Cela me touche énormément. Je...

A ces mots, le coeur d'Hinata se gonfla d'espoir. Allait-elle entendre ce qu'elle espérait obtenir ?

- Je me suis, personnellement, laissé aller à la fainéantise, contrairement à toi, continua-t-il. Il faut dire que je n'ai pas vu le temps passé, hier soir. On s'est bien marré avec les copains. Ma soirée fut, tout de même, quelque peu épuisante, il faut dire. J'ai fini sur les rotules. Je me demande comment je vais faire demain matin en cours de sport. Je vais devoir me farcir l'entraînement des 5000 m de courses.

- Ah, fut un peu déçue Hinata de ne pas obtenir plus que ces mots et de savoir que la veille fut un événement heureux pour son petit-ami, contrairement à elle.

Sa veillée avec ses amies s'était pourtant bien passée, à part leur curiosité un peu trop poussée à son goût par rapport à son intimité, mais dans l'ensemble, elle s'était bien amusée. Cependant, elle avait été en attente d'un événement qui n'était jamais venu et cela malgré une promesse prononcée. Voulant, toutefois, profiter des dernières heures avec lui avant son départ à l'école préparatoire, elle ne dit rien et ne voulut pas déclencher une potentielle dispute. Elle ne voulait pas quitter Naruto après un conflit, dont elle avait horreur par ailleurs.

"- Je suis contente que ta sortie avec les garçons fut joyeuse pour toi.

- C'est vrai mais, je ne sais pas si sortir d'une discussion avec Jiraya migraineux soit une source de joie. Nous avons parlé de Sasuke et de son agression. Mon parrain nous a présenté des théories très intéressantes pour comprendre sa situation, mais très prises de tête, je l'avoue.

- Oh, je suis désolée, fit Hinata en se tournant vers son visage en résistant de prendre son visage entre ses mains pour éviter de le couvrir de farine.

- Tu n'as pas à l'être, sourit Naruto en lui offrant un chaste baiser sur le front. C'était quand même sympa et j'ai l'impression que cela a fait du bien à Sasuke.

- C'est vrai, il a eu l'air plus détendu ce matin quand il est venu me saluer, termina la Hyuga en se concentrant de nouveau sur sa préparation culinaire, lui tournant encore le dos.

- Et ta soirée, parle-moi d'elle, incita le blond qui ne voulait pas la laisser comme ça, ne la lâchant pas.

- Tout comme la tienne, sympa. Nous nous sommes bien amusées à casser des oeufs sur le dos de nos petits-amis respectifs, enfin, surtout Temari.

- Oh, alors on se moque de moi pendant mon absence. C'est pas cool de ta part. Tu mériterais que je te boude tiens," tenta de plaisanter Naruto en faisant une bouille qui habituellement la faisait rire, mais pas cette fois.

Non, cette fois, Hinata resta silencieuse, fixant le plan de travail. Si son compagnon avait pu voir son visage, il aurait pu voir la blessure que sa taquinerie venait de faire. Depuis qu'il était rentré, il s'était montré très maladroit et ne semblait pas enclin à lui murmurer les mots qui pourraient l'apaiser. Non, Naruto préférait s'étendre sur l'état de son frère de coeur,..., encore. La Hyuga savait que c'était normal, vu les circonstances, mais elle avait l'impression d'être mise de côté. Elle comptait pour lui, elle en était certaine, mais le sentiment d'être ignorée la broyait. Elle fit un énorme effort sur elle-même pour ne pas craquer devant lui, car elle ne pouvait pas lui en vouloir de se préoccuper de ses amis. C'était une des qualités qui l'avait fait tomber amoureuse de lui. Cependant, à la minute, elle avait besoin de ne plus y penser et de se concentrer sur sa tâche pour ne pas se morfondre.

-... Peux-tu me lâcher, s'il te plaît ? Je dois finir ça si nous ne voulons pas manger trop tard.

- D'accord," s'exécuta-t-il, blessé à son tour par le ton distant de sa copine.

Reculant de quelques pas en arrière, il ne pouvait pas détacher son regard d'elle, la fixant. Il s'interrogeait. Pourquoi une telle distance ? Etait-ce vraiment dû à son absence de ce matin lors de son arrivée ou existait-il une autre cause ? Quand il se souvint de la confidence qu'elle avait faite à Tsunade, il ne pouvait plus douter de sa déception. Et puis, il n'avait pas eu son baiser de bienvenue et ça, il y tenait. Sans la prévenir, il s'avança de nouveau vers elle et d'une main sur la joue, l'obligea à tourner la tête vers lui. Ce fut sous les yeux écartés de sa douce qu'il lui captura les lèvres pour échanger une douce embrassade. Bien que surprise et le coeur peu enclin à cela, Hinata finit cependant à se laisser aller à cette tendresse et la lui rendit. Se séparant d'elle, le blond posa son front contre le sien et murmura quelques paroles.

"- Merci, Hinata, merci de prendre soin de moi et de t'inquiéter pour moi. Mais, ne t'en fais pas, je suis résistant et personne ne peut pas me faire de mal. Alors, ne te prive pas de sommeil à cause de tout ça. C'est important que tu puisses te reposer pour faire face à tes journées d'étude. Je ne voudrais pas que tu tombes malades. D'accord ?

- D'accord, je vais essayer mais c'est plus fort que moi, avoua Hinata en réalisant qu'il avait entendu les inquiétudes qu'elle avait confié à demi-mots à Tsunade par rapport à l'agression.

- Merci encore. Je te l'ai dit. Plus personne n'ose nous défier, Sasuke, Neji, Shino et moi. Nous avons prouvé notre force. Il existe encore certains qui tentent leur chance, mais ils ne sont pas très téméraires. C'est plus des beaux parleurs qu'autres choses. Il faut dire que je fais énormément d'efforts pour entraîner mon corps de rêve. Je dois être à la hauteur de la beauté de ma copine, tout de même, surtout si je dois me défendre contre ceux qui veulent me la prendre.

- Naruto, rougit la jeune fille. Tu sais bien que tu es le seul pour moi. Les autres n'ont jamais compté.

- Comme toi, tu l'es pour moi aujourd'hui, reprit l'amoureux transi avant d'aborder un autre point plus mortifiant pour lui. Cependant, tu me sembles distante.

- C'est que...

- Il faut dire que je le mérite un peu, je suppose. J'aurai dû t'accueillir ce matin comme je te l'avais fait entendre. C'est cela n'est-ce pas ?"

Hinata ne sut pas quoi dire. Elle était déjà assez gênée qu'il ait espionné sa courte discussion avec la Senju. Puis, elle n'était pas sûre de résister à contenir ses larmes, si elle ouvrait la bouche. Elle ne voulait pas le faire culpabiliser, car il existait bien sûr d'autres raisons à son état. C'était peut-être une erreur mais elle ne désirait pas voir la tristesse dans les yeux azur, qu'elle aimait tant contempler remplis de joie et d'espièglerie en rentrant en confidence. Elle se refusait de l'accabler d'inquiétude. Elle dirigea alors son regard vers le sol, n'osant pas le regarder de peur qu'il devine ses pensées. Ce mouvement fut pris par Naruto comme une réponse positive. Il en fut plus que meurtri de ne pas avoir tenu ses engagements, mais il avait été très fatigué et sa tête lui avait fait énormément mal la veille. Il lui souffla de faibles excuses à l'oreille avant de lui baiser la tempe et de la laisser terminer sa tâche. Cependant, ne voulant pas laisser seule, il s'installa sur une chaise, et un café qu'il se servit à la main, il contempla chacun de ses gestes.

L'Uzumaki était fasciné par sa grâce et ne s'en lassait pas une seconde. Quand à Hinata, elle sentait son regard sur elle. Elle en fut à la fois comblée, lui qui n'avait pas posé un regard aussi insistant lors de leur scolarité, et intimidée. Elle n'en avait pas l'habitude. Se concentrant sur sa préparation culinaire, une nouvelle légèreté l'habitait tout de même. Son pardon de sa maladresse matinale avait un peu soulagé son coeur, mais pas complètement. Cependant, cela ne l'empêcha pas de finir de cuisiner ses plats, un léger sourire aux lèvres. Alors qu'elle allait annoncer que tous pouvaient se mettre à table, la Hyuga tomba sur l'image de son petit-ami, endormi, la tête bien calée dans sa main, son avant-bras appuyé au meuble. Il lui apparaissait comme un enfant. Cette vision la toucha au plus au point, l'attendrissant qu'elle en sourit telle une mère face à son fils assoupi dans son couffin. La jeune femme ne voulait pas casser cette illustration de la beauté de son aimé. Quand elle pensait qu'elle avait maintenant la chance d'être avec lui, elle s'en voulut d'être aussi peinée pour si peu.

Cependant, il fallait manger maintenant et il devait se réveiller. Doucement, elle lui caressa tendrement sa joue du bout des doigts et l'appela dans un murmure en se penchant à son oreille. Ayant le sommeil profond, Hinata dut insister mais toujours en douceur. Elle fit s'y bien que Naruto commença à froncer des sourcils et se gratta le nez quand elle en chatouilla le bout comme elle le faisait autrefois avec Hanabi. Papillonnant des yeux, il sortit alors de son doux rêve où il se trouvait avec sa belle marchant sur le sable chaud d'une plage, sa main tenant une plus petite, mais sans qu'il puisse en imaginer le propriétaire. Tombant sur le doux visage de son aimée, il sourit et se saisissant de sa nuque, l'embrassa une nouvelle fois. Rouge, Hinata lui annonça la raison de son réveil quand il la libéra. Un peu embarrassé de l'avoir encore un peu négligé, Naruto acquiesça et se levant, il la suivit jusqu'à la salle à manger, l'aidant à y apporter les premiers plats.

Le repas se déroula sans grand événement, à part que la jeune femme semblait quelque peu absente. Ce fut encore le cas de l'après-midi, bien qu'elle l'avait passé sur les genoux de son aimé qui avait tenu à l'avoir près de lui alors qu'il discourait avec les autres. En réalité, Hinata aurait souhaité passer ces dernières heures à flâner avec lui seul, mais elle devait faire mauvaise fortune, bon coeur. De plus, tout son être était encore lourd. Bien que présente et pesant son poids sur son petit-ami, ce dernier semblait plus enclin à se préoccuper des autres convives, plutôt que de prendre conscience qu'il aurait pu lui consacrer un temps d'isolement rien que pour leur couple, surtout, si comme il avait affirmé, Sasuke allait mieux. D'ailleurs, celui-ci n'était pas seul. Ce n'était pas comme si Juugo l'avait abandonné. Bien qu'il respectait la distance qu'apprécier le ténébreux, au vu de son tempérament, le roux était attentif à ses besoins, à l'opposé de Naruto vis-à-vis d'elle. D'un autre côté, la Hyuga n'osait pas le lui faire remarquer, ne voulant pas le blesser ou le perdre.

Puis, l'heure de se quitter arriva. Sasuke salua tout le monde, s'attardant auprès de son amant. L'Uzumaki amena enfin, pour un court instant, sa douce à l'écart du groupe. Posant son regard, il y vit, au bord de ses paupières, des larmes sur le point de couler. Touché par sa tristesse, provenant sans doute de son départ, il serra Hinata dans ses bras et la berça tendrement dans ses bras.

"- Ne pleure pas, ma princesse. Nous nous reverrons dans deux semaines et les vacances de printemps ne sont plus très loin.

- Je sais, mais je n'arrive pas à m'en empêcher, souffla-t-elle en serrant sa prise sur lui. Je peux te demander une faveur ?

- Tout ce que tu veux.

- J'aimerai rentrer chez moi avant de te voir partir, s'il te plaît. Je crois que ce sera plus facile pour moi de ne pas assister à ton départ, supplia la Hyuga d'une voix tremblante de retenir ses larmes.

- Si c'est ce que tu souhaites, c'est d'accord," accepta Naruto, un peu peiné par cette perspective mais il comprenait.

Le remerciant, Hinata ferma les yeux et levant le visage vers lui, s'offrit pour un baiser d'adieu. Répondant à cette prière, le blond se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. Leur échange fut doux avant qu'il ne pose sa main sur la nuque de sa douce pour l'accentuer en lui quémandant du bout de la langue l'entrée de sa bouche. S'en suivit une embrassade passionnée qui raviva un désir sucré entre les deux amoureux. Chaque caresse de leur appendice et le mélange de leur souffle ne faisaient qu'augmenter une boule dans leur bas-ventre. Cependant, submergée par les émotions, la jeune femme ne put empêcher une larme de se frayer un chemin sur sa joue. A bout de souffle, le couple rompit leur baiser. Les fronts l'un contre l'autre, ouvrant les paupières, Naruto la vit s'écouler. Emu, il l'accueillit sur son doigt et essuya le sillon formé.

"- Je t'aime," s'échangèrent-ils simultanément.

Puis, quittant la place, Hinata se dirigea vers sa voiture que son père venait de lui acheter pour avoir réussi son permis. S'y engouffrant, elle démarra pour rentrer chez elle. Iruka, qui cherchait de l'oeil son fils adoptif, le vit seul, entrain de fixer la route au loin. Ne voyant pas la Hyuga, il s'avança et posa la question fatidique.

"- Hinata n'est pas avec toi ?

- Elle vient de partir. Elle ne voulait pas assister à mon départ.

- Ah, c'est bizarre tout de même qu'elle ne soit pas venue nous saluer.

- C'est vrai, remarqua Naruto. Je l'ai trouvé un peu absente aujourd'hui, comme...

- Comme un animal blessé," intervint Juugo.

A cette remarque, le blond se tourna vers le roux et reconnut qu'il n'avait pas tord. Réfléchissant un peu, il essayait d'en connaître la raison. Malheureusement, il ne trouvait rien, à part ce matin.

"- Mmm, si tu dis vrai, je ne vois pas la raison d'un tel comportement.

- Tu es sûr, réagit Sasuke malicieusement. Et ton manque de délicatesse de ce matin.

- Mais je me suis excusé pour ça, se défendit l'Uzumaki. Elle semblait me l'avoir pardonné... Enfin, c'est vrai qu'elle ne me l'a pas dit clairement, mais elle ne m'a pas dit le contraire.

- Il y a peut-être quelque chose d'autre, resta pensif Iruka. Tu es certain que tu n'as rien fait qui aurait pu la blesser d'une certaine manière. Comme par exemple être un peu trop empressé à lui sauter dessus quand vous êtes seuls dans ta chambre, vu qu'elle refuse maintenant de s'y retrouver.

- Mmm, non. De toute façon, cela aurait été difficile, vu que nous ne sommes pas retrouvés seuls tous les deux depuis un moment et dans ce genre d'endroit comme tu le fais gentiment remarqué, affirma l'Uzumaki, d'un ton agacé.

- Mouais, douta son père adoptif. En tout cas, j'espère que tu ne la convaincras jamais à avoir une relation intime avec toi sans son accord ou avant qu'elle soit prête.

- Tu me prends pour qui, Iruka. Jamais, je ne l'obligerais à coucher avec moi sans son consentement entier, se mit en colère Naruto, même s'il en mourrait d'envie.

- Calme-toi, Je suis désolé. De toute façon, ce n'est plus le moment pour toi de te poser la question des raisons de son comportement. C'était peut-être que la fatigue comme elle l'a affirmé. Tu y réfléchiras pendant ton trajet. Il est temps pour toi d'y aller, invita le Morino qui était un peu honteux de l'avoir mis en doute. Il ne faudrait pas que vous arriviez après le coup de feu et vous trouviez devant une grille fermée.

- Ouais, personnellement, je n'ai pas envi de passer la nuit dans la voiture, affirma Sasuke. Allez, Naruto, on y va. Je conduis.

- Comme tu veux, accepta l'interpellé. Allez salut, tout le monde."

Ce fut donc sous les salutations du trio que les deux futurs officiers commencèrent à avaler les kilomètres. Durant tout le trajet, Naruto ne faisait qu'à penser aux raisons de l'attitude de sa douce petite-amie. Les paroles d'Iruka ne faisaient que tourner dans sa tête. Sasuke sentait sa tension. Cela débutait à lui taper sur les nerfs et à le déconcentrer sur sa route. L'Uchiwa avait peut-être une piste et une nouvelle colère naissait en lui contre ses agresseurs. Il voulut alors en faire part à son meilleur ami.

"- Naruto, tu es sûr de ne pas avoir un peu profité de la gentillesse d'Hinata sans lui offrir de contrepartie ?

- Comment ça ?

- Et bien, depuis mon agression, tu es collé à mes basques. Je te remercie de ton soutien, mais il me semble que tu m'as donné trop de ta priorité. Je me demande si tu ne l'as pas un peu négligé. T'es-tu préoccupé de ses problèmes ?

- Ses problèmes ? Elle m'en aurait parlé.

- Ce n'est pas sûr. Hinata est tellement altruiste, que vu la situation, elle n'a peut-être pas voulu te submerger avec ses soucis. Personnellement, je t'ai rarement vu organiser une sortie rien que tous les deux depuis ce qui s'est passé à l'école. D'ailleurs, tu l'a appelée hier comme promis ?"

A cette question, Naruto tourna la tête vers Sasuke qui attendait sa réponse. Puis, d'un mouvement lent, il les posa sur la boîte à gants devant lui essayant de rassembler ses souvenirs. Quand ces derniers se regroupèrent dans sa tête, ses yeux s'écartèrent à une vitesse lente, alors que l'horreur grandissait en son coeur. D'un coup, sans prévenir, il se cogna le crâne de ses poings se traitant mentalement d'imbécile congénital, avant de se saisir de ses cheveux qu'il tira de toutes ses forces et d'ancrer ses ongles dans son cuir chevelu. Sa mâchoire se serra au point qu'il risquait d'exploser sa dentition. Voilà, pourquoi Hinata semblait triste. Il n'avait pas tenu ses engagements, contrairement à ce qu'il se faisait un point d'honneur à exécuter.

"- Mais quel crétin ! Mais quel crétin !

- Ne me dis pas que tu as oublié, s'offusqua le ténébreux. Je comprends mieux son état alors.

- Mais, dis-moi, ce n'est pas grave, hein, essaya de se rassurer le blond en reportant son attention sur son frère de coeur. Cela peut arriver d'oublier et à tout le monde. Il me suffira de l'appeler pour lui demander pardon et tout rentrera dans l'ordre, n'est-ce pas ?

- C'est vrai, répondit Sasuke avant de continuer avec des mots qui stoppa net ses espoirs. Cependant, je pense qu'il n'y a pas que ça.

- Co... Comment ça ?

- Dis-moi depuis quand vous ne vous êtes pas vus seuls, rien que tous les deux ? Depuis quand tu sembles plus préoccuper par mon sort plutôt que par le sien et ses soucis ? Combien de week-end a-t-elle accepté de les passer avec moi dans les parages ? L'as-tu emmenée une seule fois vous promener ou voir un film au cinéma depuis le procès ?"

A toutes ces interrogations, Naruto ferma les yeux et se mit à réfléchir. Son frère de coeur avait raison. Pour lui, il avait sacrifié sa petite-amie sur l'autel de l'amitié pour le soutenir. Il était vrai que c'était nécessaire au début, quand son agression était encore fraîche en son esprit et en son corps, mais maintenant... Maintenant, l'Uchiwa allait beaucoup mieux et marchait de nouveau la tête haute. Malheureusement, trop concentré sur sa préoccupation et son désir de l'aider au mieux, il était resté aveugle à l'évolution positive de son état. Au fil des jours et des semaines, le blond n'avait pas vu qu'il en demandait trop à sa douce, sans lui consacrer un seul instant où c'était la seule à être sa priorité. Au fil du temps, il n'avait pas été attentif à sa détresse. Elle devait maintenant se questionner sur la profondeur de ses sentiments et de ses attentions. En plus de cela, il l'avait lui-même reconnu la veille, au moment de la discussion avec Jiraya, et il s'était promis d'y remédier. Malheureusement, la migraine, dont il souffrit, avait été assez puissante pour lui effacer une partie de la mémoire.

Cependant, n'existait-il pas une autre raison à son manque d'attention vis-à-vis d'Hinata ? N'avait-il pas voulu profiter des événements tragiques pour oublier sa propre frustration ? En effet, les soupçons d'Iruka lui assaillirent l'esprit. Son tuteur l'avait presque accusé d'avoir été incorrect avec elle, quitte à le croire capable de l'obliger à subir des gestes inappropriés. Bien sûr, ce n'était pas le cas, enfin, il l'espérait. Depuis leur mise en couple et ce qui avait failli arriver dans le boudoir de la demeure Hyuga, sa dulcinée avait toujours refusé de le suivre dans sa chambre, quand il avait voulu rester un moment avec elle, sans personne autour. C'était la seule solution qu'il avait trouvé afin d'être disponible pour Sasuke, tout en consacrant du temps à sa petite-amie. Elle semblait quand même fuir, comme par crainte, tout lieu qui l'aurait invitée à succomber à la tentation. D'un côté, Naruto pouvait la comprendre, si elle n'était pas prête. Vu comment il s'était empressé de lui sauter dessus la dernière fois, il ne pouvait qu'imaginer son appréhension de le voir réitérer ses gestes et suivre ses instincts. Cependant, pourquoi ne pas le lui dire ? Pour ne pas le blesser ? A moins qu'elle ne l'aimait pas autant qu'il le pensait, au point d'accepter de faire l'amour avec lui ?

Non, il refusait de croire à cette dernière hypothèse. Hinata l'aimait, c'était plus que certain. En tout cas, il était exact qu'une certaine frustration l'habitait depuis. Il lui suffisait de la voir pour avoir envi d'elle et être le dernier puceau de leur groupe d'amis augmentait son insatisfaction. Est-ce que cette ultime idée l'embêtait plus qu'il le jugeait ? Lui faisait-il payer sans le savoir cette réalité ? Son inconscient jouerait-il contre lui ? Naruto se maudit encore plus d'avoir peut-être laissé cet état de fait prendre le dessus, même involontairement, et de guider ses actions, ses choix. Surtout que Sasuke avait eu Juugo près de lui quand ils étaient à Konoha, alors pourquoi ne pas les avoir laissés tout deux pendant quelques heures pour sortir avec Hinata et l'amener à se distraire qu'entre amoureux. Le blond s'en culpabilisa encore plus de s'être peut-être servi de la situation pour oublier qu'elle ne semblait pas encore enclin à connaître la félicité à former plus qu'un tous les deux, même si elle avait paru réceptive. En tout cas, il refusait d'être prisonnier de ses hormones, de ses instincts primitifs et voir plus, comme les agresseurs de Sasuke. Il valait mieux que cela. Furieux contre lui-même, il ouvrit la bouche.

"- Fais demi-tour !

- Quoi !? Cria presque Sasuke

- FAIS DEMI-TOUR ! Il faut que j'aille voir Hinata pour me faire pardonner ! Si tu ne le fais pas, je saute en marche, menaça son meilleur ami en mettant sa main sur la poignet de la portière, prêt à l'actionner.

- Mais tu es fou ! Nous sommes en plein milieu de l'autoroute, à 130 km/h ! Tu risques de te tuer ! La seule chose que tu auras gagné est une Hinata inconsolable et sûrement prête à te rejoindre tant elle se sentira coupable. Alors, arrête de faire ton baka, argumenta l'Uchiwa, effaré et à la limite de la fureur. De plus, nous sommes bientôt arrivés. Je refuse aussi de passer ma nuit sur la route ou dans la voiture si on arrive après la fermeture de la grille.

- Je te paye la nuit dans un hôtel, tenta Naruto qui ne voulait pas être responsable du malheur de sa petite amie et reconnaissant la justesse des arguments de son voisin.

- Je refuse, affirma son frère de coeur. Je refuse que tu dilapides ton héritage dans de la futilité.

- Ce n'est pas futile. Hinata n'est pas futile, se mit en colère le blond.

- Je sais, mais contrairement à moi, tu ne reçois pas des dividendes mensuels provenant des bénéfices d'une grande entreprise. Tes parents, surtout ta mère, t'ont, certes, laissé une fortune, mais qui n'est pas éternelle. Heureusement qu'Iruka a suivi les conseils d'Obito pour placer ton héritage financièrement et le faire prospérer. Cependant, il suffit d'un crash financier pour que tu perdes tout. Alors soit prudent avec ça.

- Tu pourrais nous payer une nuit d'hôtel, toi, alors, essaya encore l'Uzumaki. Tu me dois bien ça, non ?

- Bien tenté, mais c'est encore non, répondit son meilleur ami. Demain, nous avons une course de 5000 m et je ne veux pas y être présent épuisé par une nuit sur les routes et dans un lit inconfortable. Je te rappelle que c'est une épreuve du concours qui est rédhibitoire. De plus, le levée des couleurs est à l'aube demain. Je veux avoir un minimum d'heures de sommeil à mon compteur.

- Faux-frère, bouda Naruto.

- De toute façon, nous sommes arrivés," signala ce dernier.

A cette indication, l'Uzumaki reporta son regard vers la pare-brise avant et vit devant lui se dresser la grille de la grande propriété qui accueillait leur école préparatoire. Cette vue le renfrogna encore plus, surtout quand le gardien leur indiqua qu'il était sur le point de fermer les barrières. A cette annonce, énervé au plus au point, il tapa du pied le plancher rageusement, ce qui mit à rude épreuve les nerfs de son chauffeur d'ami. En effet, le blond avait espéré disposer encore de quelques minutes pour appliquer son plan B. Ce dernier aurait consisté à sauter dans sa propre voiture qui l'attendait à à son emplacement au sein de l'école et partir, bride abattue, vers Konoha et sa petite-amie, quitte à passer le reste de la nuit dans un hôtel. Malheureusement, son espoir vola en éclat quand il vit dans le rétroviseur la lourde grille en fer forgé se clôturer juste derrière eux pour ne se rouvrir que le lendemain. Il n'allait quand même pas la défoncer en utilisant son bolide comme bélier, au risque de se blesser ou de se faire renvoyer pour dégradation de biens publics. Sa fureur et sa frustration augmentèrent donc au même rythme que l'accès vers Hinata se fermait sous ses yeux. Alors que le ténébreux se dirigeait vers sa place réservée de parking, celui-ci prit une dernière fois la parole, laissant son agacement y être perçu, avant de laisser un silence s'installer.

"- Naruto, ne t'avise plus de me renvoyer à la figure mon agression et ce que je te dois. Je le sais parfaitement. Cependant, laisse-moi libre de comment te rendre la pareille. De plus, tu peux l'appeler ta dulcinée, alors ne me gonfle pas.

- Mmm."

Garé, toujours furieux de sa propre idiotie et du refus de Sasuke, Naruto sortit de sa place et claqua la portière à en faire trembler la voiture sous les protestations de son meilleur ami qui voyait son bolide comme son bébé, tout comme sa moto d'ailleurs. Il parla malheureusement à un mur de déception et de silence. Enfin dans leur chambre, les deux jeunes hommes s'ignorèrent jusqu'à ce qu'ils soient tous deux couchés dans leur lit. Là, l'Uchiwa tournait le dos à son frère de coeur et donnait l'impression de dormir. De son côté, le blond était sur le dos en fixant le plafond, dans l'incapacité de trouver le sommeil. N'y tenant plus, il se leva le plus discrètement possible et prenant son téléphone, sortit de sa piaule. Se dirigeant dans le couloir, il se trouva un coin isolé et fouillant dans son répertoire, activa le contact de sa petite-amie. Naruto aurait pu le faire plus tôt, mais en colère, il ne voulait pas donner satisfaction à Sasuke de lui avoir soufflé qu'effectivement, à notre époque informatique et technologique, il avait un moyen de rentrer en contact avec elle.

A Konoha, une jeune femme, couchée, ne faisait que cauchemarder. Dans ses songes, elle faisait face à des visages sinistres, rieurs et mortels qui tournaient autour d'elle, alors qu'elle courait sur un sentier, tentant de fuir cette oppression. Elle avait beau hurlé le prénom de son aimé, il restait sourd à ses appels. Elle le voyait bien en face d'elle, de dos, à ses côtés l'image de son meilleur ami sur lequel il avait placé un bras protecteur. Malheureusement, plus elle avançait, plus il s'éloignait d'elle. Alors qu'elle pensait l'atteindre, le sol se fissura sous ses pieds et elle tomba dans un précipice sans fond sous le bruit d'une musique qu'elle connaissait bien. Se réveillant en sursaut, celle qui possédait de magnifiques yeux perle violacés s'assit violemment avant de retomber sur son oreiller. Tournant alors le visage vers sa table de nuit, le souffle court, elle vit la lumière d'un appel sortir de son portable. Tendant la main, elle s'en saisit, mais trop tard. Le répondeur s'était déclenché. Elle eut juste le temps de voir le nom de l'émetteur : Naruto. A ce prénom, Hinata se redressa encore une fois sur son lit et se recroquevilla sur elle, ses bras lui entourant les jambes pliées contre son torse.

Son cauchemar et les angoisses qui l'y habitaient, étaient toujours présents en son coeur. Le souvenir de l'oubli de la veille la tiraillait. Elle se trouvait tellement pathétique de ressentir un ressentiment pour une si petite raison, mais n'avait-elle pas été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Serait-elle jalouse de l'attention de Naruto pour Sasuke durant ces dernières semaines ? Elle n'avait pas raison de l'être, vu les circonstances. Elle aurait certainement fait la même chose si cela avait été Tenten, et pourtant... L'amitié avait été plus importante aux yeux de son blond que son amour pour elle. Etait-elle trop fleur bleue, l'imaginant si amoureux qu'il aurait été au point d'oublier son frère ? Voulait-elle qu'elle soit uniquement son exclusivité ? La jeune femme savait que c'était une situation impossible et que l'enfermer dans une relation où plus personne d'autres comptait les détruirait et le ferait fuir. Tout le monde était libre. Cependant, elle aurait aimé qu'il trouve un juste milieu. Aurait-elle dû lui en faire part, quitte à se disputer ? Elle avait en horreur les conflits, n'ayant jamais su y faire face. Dès qu'elle y était confrontée, elle perdait tous ses moyens. Hinata avait tellement peur de perdre celui pour qui son coeur battait depuis son enfance.

Cependant, Sasuke n'avait pas été le seul qui aurait eu besoin du soutien et de la force de l'Uzumaki. Son cauchemar la fit de nouveau trembler, car elle savait d'où venaient les rires qui la hantaient. C'était l'expression de ses angoisses, mais surtout de ce qu'elle vivait à l'Université. En effet, la Hyuga avait dû faire face à la mesquinerie humaine, bien qu'elle fût plus dissimulée et moins ouverte que celle qui avait touché le meilleur ami de Naruto. A la reprise de ses études, Hinata avait eu droit, tout comme lui, à de l'indifférence et à des félicitations, mais également, à la désapprobation et à la jalousie. Certains de ses camarades masculins l'avaient enfin laissée tranquille, mais d'autres l'avaient inscrites sur leur liste de filles à mettre dans leur lit. C'était pour eux un challenge de faire craquer des femmes déjà en couple et installer la zizanie dans les couples. Heureusement, la protection des garçons de leur groupe d'amis, l'avait aidé à y faire face et beaucoup avait décidé de la ne plus rien tenter, surtout qu'ils avaient peur de Juugo depuis qu'il avait tenté d'étrangler un de ses harceleurs. Cependant, les premiers jours avaient été pénibles avec les multiples avances qu'elle avait subies avant que cela semble se calmer doucement.

En réalité, le plus dure fut les murmures d'une partie de la gente féminine. Certaines regroupaient toutes celles qui l'enviaient d'avoir alpagué un tel jeune homme, tout en restant affables puis indifférentes. Elles l'avaient oublié bien vite en fin de compte, vivant leur vie. D'autres, au contraire, étaient plus insidieuses dans leur propos, surtout le groupe des fans de Sakura. Cette dernière ne faisait rien pour y remédier, malgré la demande d'Ino. La Hyuga avait été ainsi encore victime de rumeurs dissimulées à ses amies, mais perçues par elle au détour d'un couloir dès qu'elle en prenait le chemin. Selon les inquisitrices, Naruto profitait d'elle et de sa famille, car à part sa fortune et son statut, elle n'avait rien pour elle. Pas de beauté, sa peau blafarde et ses yeux qualifiés de sans vie lui donnant plus l'air d'une âme perdue dans les limbes. A chaque fois, Hinata essayait de se rassurer en se rappelant des déclarations de son petit-ami sur son physique qu'il trouvait magnifique. D'ailleurs, n'était-ce pas son jugement qui devrait compter le plus au final, et non celui d'inconnues ? C'était à lui qu'elle devait continuer à plaire et non à des hypocrites et aux mauvaises langues.

Pas d'intelligence, sinon pourquoi devenir institutrice et pas chef d'entreprise. Si Hiashi avait préféré son cousin à elle, c'était qu'elle ne devait pas avoir assez de jugeote pour reprendre le siège de la firme familiale. Là, encore, la dulcinée de Naruto se persuadait que personne n'était au courant, à part ses proches, que c'était elle qui avait soufflé à son père cette idée, sachant que Neji en avait le tempérament et le souhait, enclin qu'il était à apporter une nouvelle prospérité à leur famille. La Hyuga avait eu aussi la chance d'avoir su tôt ce qu'elle voulait faire de son destin. De plus, elle avait toujours aimé les enfants et leur enseigner ce qu'elle savait, tout en les entourant de ses attentions maternelles. C'était grâce à Hanabi, quand elle venait dans sa chambre pour lui demander de l'aide pour ses devoirs, qu'elle avait trouvé sa vocation. De plus, Naruto adorait la taquiner en lui prédisant qu'elle sera la meilleure, bien plus qu'Iruka, et qu'il risquait d'avoir des conquérants en culotte courte. Il n'arrêtait pas de lui dire que sans elle et ses cours de soutien, il n'aurait jamais réussi ses divers examens. Hinata s'était senti utile et si elle pouvait l'être pour d'autres, alors elle tiendrait son objectif dans sa ligne de mire.

Alors pourquoi ces murmures mesquins l'atteignait-elle autant ? Etait-ce dû à son manque de confiance en elle ? Pourtant, au début, la jeune femme avait tout tenté pour les ignorer, mais l'attitude de Naruto ne la rassurait pas du tout depuis quelques temps. Déjà, le fait qu'il semblait sur la retenue, pas vraiment lui-même, quand il était au milieu de sa famille, l'inquiétait un peu. Après, elle était consciente que certains anciens pouvaient être impressionnants. Puis, il ne l'était pas avec elle, bien au contraire. Ce qui confirmait qu'il était un peu mal à l'aise avec certains membres Hyuga. L'éplorée le comprenait d'un certain côté, car elle-même avait eu quelques difficultés à leur faire face pendant son enfance et son adolescence. Honnêtement, le fait qu'il l'ait glissée au second plan après Sasuke, l'avait un peu secouée et avait remonté l'angoisse que les mauvaises langues pourraient avoir raison, qu'il ne soit avec qu'elle que parce qu'elle était une Hyuga. Elle eut beaucoup de mal à refréner ses larmes à cette idée, car l'aînée de Hiashi culpabilisait d'avoir ce genre de pensées négatives concernant son aimé. La confiance devait être le guide de leur couple et non la méfiance.

En tout cas, toutes ces attaques cachées de la part des compagnes de Sakura avaient renforcé la conviction de Tenten que la rose n'était pas étrangère aux bruits de couloir entendus au cours du précédent trimestre. En effet, le petite-amie de Neji avait été un jour témoin de ces mesquineries par pur hasard et s'était mordu les doigts de ne pas s'en être rendu compte avant. Elle n'avait de cesse à la conseiller de prévenir son cousin, ou Naruto, ou encore les autres du groupe. Malheureusement, Hinata refusait de tous les impliquer, surtout son blond dont l'année était importante avec le concours qui se profilait pour lui. Tenten avait dû lui promettre de ne pas parler de ses doutes. Elle se jura tout de même de garder les yeux et les oreilles en alerte.

La Huyga continuait, visiblement, à vouloir laisser le bénéfice du doute à Sakura tout comme Ino. Elle essayait de se persuader qu'étant la soeur de coeur de Naruto, elle ne pouvait pas être aussi mauvaise. Et puis, rien ne prouvait que l'Haruno ait une quelconque influence sur ses compagnes dans le domaine. Les harceleuses pouvaient très bien agir de leur propre chef. De plus, au début de leur adolescence, la rose avait été une amie fidèle et chaleureuse, et cela malgré sa tendance égoïste. Cependant, la perte de son amitié et ses anciennes menaces avaient apparemment laissé des séquelles en le coeur de l'aînée d'Hanabi, qui s'ajoutaient à l'agression de Sasuke et à la perspective que cela aurait pu advenir à Naruto, ainsi qu'à sa détresse actuelle.

Toujours concentrée sur ses pensées, Hinata sursauta quand son téléphone se manifesta une seconde fois. En effet, un peu excédé d'être tombé sur le répondeur après les cinq sonneries, Naruto avait renouvelé son appel, pensant que sa douce n'avait peut-être pas eu le temps de répondre. En tout cas, il espérait que c'était la raison, car il n'arrivait pas à imaginer qu'elle puisse refuser de décrocher pour le punir d'une certaine manière, même si cela aurait été des plus légitimes. Plein d'espérance, il entendit les tonalités raisonnées dans son oreille. De son côté, sa douce avait suspendu son doigt sur la commande d'appel, indécise. Puis, comme si une force invisible avait pris possession de son corps, la jeune femme se vit glisser son index sur l'écran tactile et poser le combiné contre son oreille. Elle se sentait effectuer tous ces gestes. Pourtant, elle avait l'impression d'y être complètement étrangère, comme si son inconscient lui envoyait un message. De toute évidence, son fort intérieur désirait, ardemment, entendre celui qui l'envoûtait. Une voix grave mais étouffé dans le souci de ne pas trop faire de bruit, se fit alors entendre.

"- Hinata ?!... Allo,..., Hinata ?!"

A cette élocution, l'interpellée mit une main sur sa bouche pour tenter d'empêcher ses sanglots de passer le barrage qu'elle tentait vainement de maintenir droit et fort. Malheureusement, toute sa tristesse ne demandait qu'à sortir, qu'à s'exprimer comme un torrent dévalant les sommets d'une montagne. Dans un ultime effort, elle ferma les paupières aussi puissamment qu'elle pouvait, laissant de ce fait les premières larmes fuir sur son visage. Des tremblements commencèrent à la parcourir. Hinata le sentait, elle n'allait pas tenir longtemps si elle entendait encore la voix de son bien-aimé. Elle allait éloigner son portable qu'elle n'en eut pas le temps.

"- Hinata ?!... Je m'inquiète."

En effet, le silence avait serré un étau autour du coeur de Naruto, prêt à l'écraser tel un fruit trop mûr s'éclatant sur le sol après s'être décroché de sa branche. L'angoisse venait de le visiter à son tour. Sa dulcinée avait décroché, mais, si elle ne voulait tout de même pas lui parler, l'entendre, comment amorcer un pardon dans ces conditions. Et si leur histoire se terminait à cause de son étourderie, il ne le supporterait pas. Pour elle, pour eux, il fit une dernière tentative, et tant pis, si elle se terminait par un échec.

"- Hinata ?! Je t'en prie, réponds-moi !...

-...

- Je... je suppose que je mérite ton indifférence... Si tu as décidé de ne pas me parler, je respecterais ton choix, mais je t'en supplie, fais-moi juste un signe que rien n'est fini entre nous et que tout peut s'arranger... que tu n'as besoin que de temps."

Derrière l'autre combiné, les tressaillements de sa douce avait doublé en intensité. Hinata luttait pour contenir sa souffrance. Cependant, c'était de plus en plus difficile, surtout en entendant sa crainte d'une rupture éventuelle qu'elle ne souhaitait nullement. Elle était parcourue de soubresauts incontrôlés pour contenir ses émotions. Elle voulait tant le contredire, mais une boule lui comprimait la gorge, l'empêchant de s'exprimer. Certes, la Hyuga était triste et perturbée, mais jamais elle n'avait une seule seconde pensé à rompre avec lui. Qu'il puisse le penser, augmenta sa culpabilité.

"- Hinata, reprit avec peine Naruto. Je...je suis désolé pour l'appel que je t'avais promis et que... j'ai manqué... Vraiment désolé..."

Un nouveau silence suivit sa prière de pardon. L'espoir de l'Uzumaki de percevoir la voix de sa belle s'amoindrit encore un peu plus pour presque disparaître. Il ne s'avoua pas vaincu pour autant. Il fallait qu'il vide sa conscience, qu'il lui dise qu'il regrettait ses erreurs des semaines passées. Il le fallait. C'était presque une question de vie ou de mort pour lui, car si effectivement elle ne voulait plus de lui, Hinata devait savoir que son coeur était lourd de regret.

"- Je... je sais que je n'étais pas présent pour toi ces derniers temps... Je me suis concentré sur Sasuke, alors que tu avais également besoin de moi, de te sentir aimer... Ce n'est pas une excuse, mais je voulais être présent pour lui, et je t'en ais trop demandé. Ma fatigue a eu aussi raison de mon engagement à t'appeler l'autre jour... Je me rends enfin compte que cela t'a blessé... J'aurai dû trouver la force de prendre mon téléphone pour t'appeler ou t'envoyer un message... Je... je regrette... tellement si tu savais... Je t'en prie, Hinata, pardonne-moi."

A la fin de son discours, Naruto attendit une réaction, les battements fous de son myocarde témoignant de son inquiétude de ne pas être entendu. Il allait désespérer, quand soudain, il écarta les yeux alors que sa main libre alla serrer son vêtement au niveau de son coeur meurtri par ce qui venait à lui. A son oreille, des pleurs furent la réponse à ses suppliques. Bouleversé, ses jambes ne le soutinrent plus. Il se laissa glisser contre le mur, un tremblement de tristesse se balançant dans ses pupilles. En effet, de l'autre côté de la ligne, le barrage émotif d'Hinata venait de céder aux mots qu'elle avait espéré toute la journée, voir même des semaines. Il avait pris alors conscience du vide qui l'habitait depuis quelques temps, même s'il n'en connaissait que la partie immergée de l'iceberg. Son aimé s'était aussi souvenu de son manquement et lui quémandait sa clémence dans toute cette affaire. De son côté, son blond espérait que ses pleurs n'avaient pas pour origine ses doutes sur comment lui annoncer une hypothétique rupture. Les sanglots durèrent plusieurs minutes durant lesquels aucuns des deux amoureux n'osèrent reprendre la parole, quand ils furent interrompus par une voix vibrante par l'émotion.

"- Naruto,..., je, tenta Hinata avant d'être coupé par une dernière vague de larmes.

- Ne pleure pas, ma princesse, essaya le blond. Je suis désolé... J'aimerai tant être près de toi pour te consoler en te serrant dans mes bras.

- Moi..., moi aussi, je voudrais te voir et... me blottir contre toi, réussit-elle à s'exprimer entre ses soubresauts.

- Tu veux... Tu veux toujours de moi, alors, questionna Naruto, la voix traduisant son espoir qu'il avait encore un peu de mal à retrouver.

- Bien sûr,.., je n'ai jamais voulu rompre, confirma la Hyuga toujours émue et encore sous l'emprise d'une grande émotion. Je crois que je ne pourrais jamais te quitter.

- Mais tes pleurs, s'estomaqua l'Uzumaki. J'ai vraiment cru que... Ils sont vraiment dû qu'à mon comportement, non ?"

A cette question dissimulée, Hinata ne sut quoi dire. Il était vrai que cela avait contribué à son état, mais pas seulement. Cependant, elle était tiraillée entre confier ses blessures et cacher les événements de l'Université. Son coeur était lourd et avait besoin de se soulager, mais comment éviter la naissance de son inquiétude et de sa jalousie. En effet, la Hyuga avait constaté que, lors de leurs sorties avant l'agression de Sasuke, son prince charmant avait un tempérament, pas maladif mais quelque peu, jaloux dès qu'il voyait d'autres hommes lui tourner autour. Il avait même fait une crise avec Shino et Kiba qui avaient osé l'accaparer toute une après-midi. Bon, cela avait gentillet, mais il lui avait confié qu'il avait péniblement résisté à l'envi d'espionner ses deux amis pour vérifier qu'ils se comportaient bien avec elle. Cela avait énormément touché Hinata d'être l'objet de tant de préoccupation ; enfin, jusqu'à ce qu'elle soit mis au second plan après le ténébreux. Son aimé l'avait-il trop habituée à être le centre de l'univers comme lui l'était pour elle ? Maintenant, que devait-elle faire ? Naruto ne tient plus face à au silence que sa question avait fait de nouveau naître, le prenant pour une réponse positive. Cependant, il voulait s'en assurer.

"- Hinata ?! Dis-moi, ne me ménage pas. Si je suis un petit-ami lamentable, il faut que tu me le dises. Je suis prêt à l'entendre et tout faire pour te prouver le contraire.

- Non, s'empressa d'affirmer sa dulcinée. Ce n'est pas ça... Enfin, cela a été dure, mais... tu as juste fait une erreur de jugement, c'est tout. J'ai peut-être exagéré la situation.

- Si, je suis fautif de tes larmes, insista Naruto qui refusait qu'elle puisse minimiser sa responsabilité. Je ne sais pas comment me faire pardonner. Dis-moi ce que je peux faire, à moins que... Je sais, à l'avenir, tu ne sauras que ma priorité, quitte à ce que je laisse les autres de...

- Non, le coupa sa dulcinée. Ce n'est pas ce que je veux,..., un petit-ami qui ne se préoccupe plus de ses amis et se consacrant exclusivement qu'à moi. Je sais que leur amitié t'est importante... Je souhaite juste que, enfin,..., qu'on trouve un juste milieu entre nous et nos amis. Ils y arrivent, alors pourquoi pas nous.

- Oui, tu as raison. Cependant, je compte bien me rattraper et je te promets qu'au prochain week-end où on se verra, je le passerai uniquement avec toi, d'accord ?!

- D'accord, répondit-elle timidement, ses sanglots enfin calmés.

- Mais,..., est-ce que tu me pardonnes ?

- Oui et de tout mon coeur, lui affirma sa belle, en souriant.

- Merci, Hinata, merci. Mais sinon, tu vas bien ? Tu n'as pas de problèmes, n'est-ce pas ?" Demanda encore Naruto qui se souvint d'une des interrogations de Sasuke.

A ces paroles, Hinata resta sans voix et ne sachant pas quoi faire. Devait-elle parler de ce qu'il se passait à l'Université et ses soupçons, enfin ceux de Tenten, sur les responsabilités de Sakura sur le harcèlement dont elle était victime ? Devait-elle l'affliger de la douleur de savoir sa soeur de coeur peut-être impliquée ? Contre toute attente et sans vraiment prendre le temps d'y réfléchir, la Hyuga se livra et prit la perche qu'il lui tendait. Elle lui répondit donc en lui racontant quelques anecdotes sur les félicitations dont on l'avait gratifiée, sur les quelques tentatives de séduction provenant d'une minorité de ses camarades masculins. A cette information, une rage grandit en l'Uzumaki qui se releva, faisant les cent pas dans le couloir pour tenter de la calmer. Il n'avait pas de cesse de les insulter en pensée. Et lui qui pensait que leur mise en couple allait décourager les autres prétendants. Apparemment, il s'était trompé. Il allait devoir leur mettre les points sur les i une bonne fois pour toute.

En tout cas, son état fut perçu par sa dulcinée à son souffle. De peur de le voir se mettre en colère, Hinata minimisa alors les faits en lui assurant que cela n'était plus d'actualité. Ce qui était en partie vrai, même si certains continuaient leur entreprise. Cela avait l'air de marcher puisqu'à sa voix, Naruto semblait reprendre le repos de ses humeurs. Cependant, afin d'éviter à son aimé de sortir de ses gongs, elle se plaignit aucunement du harcèlement dont elle était victime de la part d'une minorité de la gente féminine de son Université. Elle ne lui rapporta pas non plus les quelques paroles désobligeantes qu'elle espionnait chez elle provenant de certains anciens qui mettait en doute ses qualités pour être un mari digne de ce nom pour elle. Rassuré par les affirmations de sa petite-amie, le blond continua la conversation en l'assurant de son amour.

Au fil de leur discussion, ou plutôt de son monologue, le coeur d'Hinata se fit plus léger, et elle oublia petit à petit son affliction et ses cauchemars. Elle rougissait à chaque compliment. Elle riait sous cape à chaque plaisanterie ou taquinerie. Son esprit et tout son être se remplissait d'une nouvelle force, d'un nouveau courage. Comme elle avait eu besoin de l'entendre, constata-t-elle. La jeune femme réalisa aussi qu'elle se devait de travailler sur elle-même pour ne plus dépendre autant de lui et ainsi, éviter de retomber dans l'état qui l'avait touché ces dernières semaines. Elle se promit de ne plus être un poids pour son aimé. Le temps passa, et la fatigue accumulée eut raison de l'amoureuse. Ses yeux se fermaient inexorablement pour ne plus s'ouvrir, retombant sur son oreiller, son portable glissant de sa main pour atterrir à ses côtés.

Entendant un souffle régulier et face au silence qui sévissait malgré ses appels, Naruto en sourit et raccrocha. Il rejoignit sa chambre et se recouchant, rencontra sa belle dans le repos de la nuit alors que, du lit voisin, Sasuke, réveillé, espionnait son retour. L'atmosphère avait subitement changé, le rassurant sur le déroulement d'une réconciliation amoureuse. Ce fut ainsi que deux âmes soeurs s'endormirent dans le bonheur du pardon, mais pour combien de temps. En effet, tous deux n'avaient fait qu'aborder le sommet de cet iceberg de malaise et de non-dits, l'un oubliant de parler de ses frustrations et de leur raison, l'autre omettant de livrer toutes ses souffrances et les soupçons qui pesaient sur une jeune femme aux cheveux roses. Seul l'avenir en connaissait les conséquences.