Note : Hello à toutes et à tous. Pas trop de blahblah pour cette intro (parce que c'est l'avant-dernier chapitre et que finalement, j'ai tellement de choses à dire que je n'arrive pas à faire un choix.) Je veux juste dédier ce chapitre à Shina Maemi Alexiel et à son petit trésor... En attendant je vous souhaite une bonne lecture.
Bêta : Un énorme, énorme merci à Carbo Queen, dont je ne peux encore que vous recommander la fic Johnlock qu'elle traduit en ce moment Meurtre dans la famille.
« Attention. »
« J'ai vu. »
Sherlock lève son bras droit pour inviter John à passer devant lui. Le médecin le remercie d'un hochement de tête et évite la plaque de verglas devant le 221B. Il pose un pied sur la première marche, puis sa canne, avant de passer la porte grande ouverte. Il y a un goût de déjà-vu, quand John ne pouvait envahir une pièce sans sa présence que son inconscient rendait bancale. Sauf que cette fois, il a réellement besoin de sa canne.
D'après ses collègues du King's College Hospital, trois mois de rééducation suffiront à le remettre sur ses deux pieds. Ils disent qu'avec un peu de bonne volonté, il pourrait même recommencer à courir dans deux mois. C'est une bonne chose que l'ADN de John Watson ne soit fait que de bonne volonté.
Il monte les marches avec lenteur, mais ce n'est pas à cause de la douleur lancinante dans sa hanche, c'est juste parce qu'il savoure de retrouver l'escalier grinçant, la texture du mur sous ses doigts. Sherlock a grimpé le premier, les sacs de John dans les mains, qu'il a posés au milieu du salon. Mrs. Hudson les appelle du rez-de-chaussée en leur répétant qu'elle arrive dès que le thé est prêt. C'est elle qui a dû s'occuper de leur appartement, se dit John, lorsqu'il découvre le premier étage propre et rangé. C'est légèrement angoissant, mais il se rassure en se disant que ça ne va pas durer.
« C'est bizarre. », sourit-il à destination de Sherlock en fronçant légèrement les sourcils.
« Je sais, Mrs. Hudson a insisté... », soupire-t-il en retour en levant les yeux au ciel.
« Je vais poser mes affaires dans la chambre. »
John s'approche, refuse d'une main l'aide que propose Sherlock et attrape une des anses avant de se retourner. Sa canne cogne contre le bois, ce n'est pas la plus jolie des mélodies. John se demande si Sherlock jouera du violon. S'ils retourneront au Royal Festival Hall. Quand est-ce qu'ils commenceront une nouvelle enquête. Il secoue la tête pour oublier cette dernière idée qu'il sait irréalisable pour le moment (les médecins, appuyés par Lestrade, ont assez insisté sur ce dernier point...) et ouvre la porte de sa main libre avant de presser le sac du bout de sa canne pour le pousser à l'intérieur. Il relève la tête et c'est la chambre de Sherlock.
John déglutit, cligne des yeux et réalise enfin la portée de son acte manqué. Il tourne la tête et voit, au bout du couloir dans le salon, Sherlock qui le regarde. Mais merde, est-ce vraiment étonnant ? Il n'est pas bien sûr s'il doit s'excuser et demander à son colocataire s'il le veut aussi, ou s'il vaut mieux qu'il s'installe d'abord dans sa propre chambre, mais Sherlock ne le laisse pas réfléchir plus longtemps. Il prend le deuxième sac que John n'a pas pu soulever et passe devant son colocataire. Il pose ses affaires au pied du lit, se retourne vers le meuble du fond de la pièce, ouvre le deuxième tiroir qui a été vidé. Il ouvre ensuite la porte coulissante de la penderie, montre de son index les cintres libres à l'extrémité gauche et fait marche arrière. Il pose sa main sur le torse de John en passant et rejoint le salon où il disparait.
John sourit. Parfois, les mots ne sont pas nécessaires.
Au centre du salon du premier étage du 221B Baker Street, ça sent le thé noir aux épices et l'arnica. John masse son propre poignet qu'il a sorti de son attelle en regardant Mrs. Hudson qui explique, aidée par ses mains frêles, les changements qu'elle voudrait apporter dans sa cuisine, si John, ou Gregory accepteraient de l'aider.
« Ça serait avec plaisir, Mrs. Hudson, mais... », commence simplement John avant de montrer d'un doigt l'état de son corps dans son ensemble.
« Bien sûr mon garçon, ce n'est pas pressé. Et puis, je comptais demander à Gregory de toute façon. »
« Il ne viendra pas à Noël. », leur apprend Sherlock, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone sur lequel il pianote, affalé dans son fauteuil.
« Non ! Pourquoi ? C'est à cause de la dinde au curry de l'année dernière, c'est ça ? Je savais que Jamie Oliver causerait ma perte ! »
« Parce qu'il veut le passer avec Elisa. », conclut simplement le détective en haussant une épaule.
La bouche de Mrs. Hudson se pince et sa tête se tourne vers John qui sourit en évitant son regard. La vieille dame hausse ses sourcils sur son front qui se plisse un peu plus et demande :
« Et pourquoi est-ce qu'ils ne viendraient pas tous les deux ? Il est temps d'officialiser un peu les choses, vous ne pensez pas ? Ce n'est jamais bon pour une relation tous ces non-dits. On est ensemble, ou on ne l'est pas. On se le dit. Point. »
John et Sherlock lèvent les yeux au même instant et se regardent, juste assez longtemps pour que leurs mâchoires se serrent et qu'ils se redressent sur leurs sièges respectifs.
« Mais les temps changent vous savez. Moi, à mon époque... »
Les deux colocataires n'interrompent pas Mrs. Hudson dont le récit très fantasmé de ses jeunes années arrive à leur oreille avec la même saveur que ses scones qu'elle a oublié de sucrer. Ils se regardent et se sourient parfois, lorsqu'ils sentent l'ennui pointer chez l'autre, et se frôlent volontairement lorsqu'ils se penchent sur la petite table entre eux pour se servir à nouveau du thé.
Au bout du compte, ils passent une après-midi normale, pour le 221B Baker Street. John dort bien ce soir là. Collé contre lui, Sherlock aussi.
Le temps passe. Les températures sont moins clémentes. John peut monter les marches sans l'aide de sa canne.
Il réapprend à marcher, à bouger sa hanche à un angle qui ne le fait pas grogner de douleur. Ou à s'asseoir sans se tenir à une table pour ne pas tomber. Parfois, quand il va en bas de la rue acheter le journal, son inconscient presse un lapsus qui lui ferait dire qu'il réapprend à vivre, face à la caissière qui lui demande comment se passe sa rééducation. Il n'en parle pas. C'est assez facile à analyser comme ça.
Ce midi là, il remonte lentement en chantonnant un air entendu dans la rue et ne perçoit les voix qui proviennent du salon que lorsqu'il pose un pied sur le palier. Oh, comme ces voix-là font se serrer ses entrailles.
« Je pense qu'il y a du jus de fruit, quelque part. »
« Ça sera très bien. », et c'est la voix de Clara qui fait écho à celle de Sherlock.
John repousse la porte mal fermée et regarde, subjugué, la scène improbable qui se déroule au centre même de son propre salon. Il y a Harry, assise sur le canapé, encore enveloppée dans son trench beige et les cheveux retenus en arrière par un bandeau épais et noir, et plus loin Clara, debout devant la fenêtre, les bras croisés contre un pull rose corail. Son manteau à elle pend à côté du médecin dont les yeux s'écarquillent grossièrement.
« Tu as pu trouver le journal que tu cherchais ? », demande Sherlock, un pied dans la cuisine.
« Je... Oui. », répond-il un peu bêtement.
« Je te présente ta propre sœur ou ce n'est pas la peine ? »
John régurgite un rire gêné et fait les quelques pas qui le séparent d'Harriet, dont il embrasse la joue, avant d'en faire de même auprès de Clara. Il leur dit qu'il revient dans un instant et rejoint Sherlock dans la cuisine à pas claudiquant. Sherlock a la tête dans le frigidaire. Il sort une brique de jus de fruit par-dessus laquelle il approche son nez et inspire, pour tenter de voir s'ils peuvent encore le consommer.
« C'est toi qui les as invitées ? », murmure John, en pointant le salon de son pouce par-dessus son épaule.
« Non, pourquoi ? »
« Pourquoi elles sont là alors ? »
« Pour te voir, probablement ? Est-ce que ce jus d'ananas est encore bon ? »
Sherlock approche la brique du nez de John qui inspire et se recule en grimaçant à en plisser toute la peau de son visage.
« Je prends ça comme un non... », poursuit le détective en refermant la brique qu'il range dans le frigidaire avant d'en sortir une autre.
« Et tu les as laissées entrer ? »
« Non, comme tu le vois elles sont encore sur le trottoir ; quel est le problème, John ?! », s'indigne Sherlock en attrapant un verre qui traine, dans lequel il verse le jus de raisin qui déverse un morceau compact à la couleur aussi indéfinissable que la gêne de John à ce moment précis.
Ils se regardent. Sherlock jette au moins cette brique là.
« Je ne comprends pas ce qu'Harry vient faire ici. Elle n'est jamais venue depuis que j'ai emménagé. »
« Elle a appris que tu avais eu un accident. Et puisque tu ne l'as pas prévenue, elle va te le faire payer. »
« ... Elle te l'a dit ? »
« Non, je l'ai déduit. Elle est très facile à déduire. Savais-tu d'ailleurs que son complexe d'Œdipe ... »
« Okay. », l'interrompt John en sortant de la cuisine.
Il revient dans le salon où les deux femmes se tiennent debout près d'une carte maritime du 19e siècle, achetée par Sherlock il y a quelques années de ça, pour une enquête de soi-disant ancêtres pirates, qui s'était trouvée être l'œuvre d'un mythomane.
« Comment allez-vous ? », leur sourit-il en retirant enfin sa veste.
« Et toi, tu vas me dire comment t'as failli y passer ? », aboie Harry en hochant la tête vers la canne.
Clara pose discrètement sa main dans le dos de sa compagne et John pince sa bouche. Il l'a bien méritée celle-là.
« Ce n'est rien... »
« Une chute de quoi, dix mètres ? Des hémorragies internes et la hanche fracturée ? Je suis ravie d'apprendre que ce n'est rien ! »
« Comment est-ce que tu peux possiblement savoir tout ça ? », s'énerve sensiblement John en fermant les yeux.
« Bob est venu manger à la maison jeudi soir. Robert Gillen, ton chirurgien. »
« Pour le secret médical, on repassera... »
« T'es mon frère, John. Bob pensait que j'étais au courant. T'en prends pas à lui. »
John ouvre la bouche, prêt à répliquer, mais sa sœur s'est déjà tournée dos à lui pour aller chercher ses cigarettes dans son sac et le médecin a envie de hurler alors que tout ce qu'il se passe dans son salon lui rappelle leur adolescence qui a bien failli le rendre fou. Il exècre l'amour fraternel avec la même aigreur qu'il ne serait rien sans. Il déteste cette relation forcée qu'il voit pourrir avec les années et qu'il sait que son corps ne pourra jamais vraiment oublier. Il s'en veut aussi de ne rien faire pour les sauver eux.
« Harry... », finit-il par grogner en se rapprochant d'elle.
Elle se redresse, porte la cigarette fine à ses lèvres et l'allume avant de tourner la tête pour souffler la fumée loin du visage de son petit frère.
« C'est pas grave, John. En vrai, je sais ce que c'est. », murmure-t-elle soudain, en regardant ses pieds qui tentent de remettre à plat un pli dans le tapis persan.
« J'ai fait du thé. », leur apprend Sherlock d'une voix forte en arrivant dans le salon.
Clara s'extasie bruyamment, prenant cette excuse pour fuir le fond de la pièce où sa compagne et son beau-frère rejouent la guerre de cent ans en deux minutes.
« Tu sais que quoi est quoi ? », demande le plus jeune des Watson en secouant légèrement la tête.
« Toi aussi t'as un problème d'addiction. Je te fais pas la morale, vraiment pas. T'es tombé d'un immeuble en construction en poursuivant un voleur ou je sais pas quoi, à ce qu'on m'a dit. C'est ton coloc' qui t'a ramené aux urgences et qui t'a pas lâché... Conclusion, t'es accro, John. À ce mode de vie. À... l'adrénaline, je sais pas. Et tu penses que tu maitrises. Jusqu'au jour où tu finis à l'hosto, le corps en miette. J'te fais pas l'affront de te décrire le parallèle entre nos histoires à un an près, je crois que t'es assez intelligent pour comprendre... »
Ça n'a rien à voir, veut vomir John, comme pour rejeter un truc qui ne serait pas passé. Sauf que le truc, c'est cette introspection dans sa vie, par quelqu'un qui n'en fait plus partie depuis presque vingt ans maintenant. Ça pourrait presque être touchant si ce n'était pas aussi triste, finalement. Il ouvre la bouche, la referme. Colle ses lèvres l'une à l'autre, rajoute ses dents dans l'équation. Toujours est-il qu'il n'y a pas un son qui en sort. Parce que y'a rien à dire. C'est souvent le cas, quand John a tort.
« Le principal, c'est de se faire soigner. Accompagner. D'avoir quelqu'un avec qui affronter ça. », ajoute Harry, l'œil fuyant une seconde vers Clara qui rit bruyamment aux remarques inaudibles de Sherlock.
John se retourne aussi et regarde cette scène que même Ovide aurait trouvée trop saugrenue à écrire, la rencontre de Clara Bennett et Sherlock Holmes. Et ses yeux s'accrochent à ceux bleus et pénétrants qui se concentrent sur le thé qu'il verse. Et John ne se sent pas seul, pour faire face à tout ce qu'i affronter.
« Ouais. Désolé de pas te l'avoir dit. »
« On est des Watson. T'inquiète, je sais ce que c'est. »
John sourit et passe sa main dans le dos de sa sœur. Devant le thé trop infusé et noyé dans du lait tourné, John comprend que la rééducation peut prendre des formes inattendues.
Il ne sait pas bien comment le dire. Il y réfléchit souvent, se demandant s'il le veut vraiment.
Il le veut vraiment.
Est-ce qu'il est prêt ? Son corps ne l'est peut-être pas. Aujourd'hui, il a couru derrière la serviette en papier de son sandwich qui a été emportée par le vent, pourtant. Le kiné ne lui a pas donné rendez-vous avant la fin du mois. Il n'avale plus les médicaments par poignée. John retrouve l'usage de tous ses membres. La vie redevient normale. Si c'est le mot qu'on peut donner pour qualifier ce qu'il se passait avant la chute.
John préférerait que Sherlock comprenne sans qu'ils en parlent, finalement. Alors sa main caresse la chute de rein du détective lorsqu'ils se croisent dans le couloir. Avant qu'il ne parte à Scotland Yard, les lèvres de John l'embrassent avec insistance. Quand ils lisent sur le canapé, John pose sa tête contre l'épaule recouverte d'une robe de chambre bleue.
Et bien sûr, Sherlock comprend.
En ce milieu de journée, il n'y a pas un bruit au 221B. Mrs. Hudson est partie chez le coiffeur (ou le médecin, ils n'ont pas bien écouté). Les travaux de rénovation de l'immeuble en haut de la rue sont en pause, comme les ouvriers qui doivent manger leur sandwich assis sur l'échafaudage qui fait changer de trottoir les passants les plus superstitieux. Sherlock a rendez-vous un peu plus tard avec une femme à qui l'on a volé un tableau qu'elle dit ne pas valoir plus d'une centaine de livres. Sherlock a déjà quatre théories. L'enquête sera bouclée avant même que le journal télévisé ne commence.
« Tu suspectes qui ? Une femme de ménage ? », demande John en posant la tasse de thé devant Sherlock, assis à la table de la cuisine.
« Pablo Renaldi. »
« Pardon ? », rit John en jouant avec le sachet de thé qui coule mollement dans sa tasse.
« Un trafiquant d'art qui n'avait pas sévi depuis les années 90. »
« Qu'est-ce qu'il voudrait à une croûte comme celle-ci ? »
« Oh je pense que le tableau de Mrs. Mazers est en réalité un Peploe volé à Edinburgh en 1984. », avoue Sherlock en tournant la tête vers son colocataire, un sourire d'une fierté insolente aux lèvres.
Un sourire qui énerve John et l'excite à la fois. Debout à côté du détective, il regarde la longue main blanche se lever et se poser sur son propre ventre qu'elle caresse. John inspire par le nez. Les doigts de Sherlock glissent entre les bouts de tissus pour toucher sa peau. Alors, John pose sa tasse sur la table. Sherlock s'est tourné sur sa chaise pour faire face au corps du médecin, qu'il déshabille avec lenteur en ouvrant les boutons nacrés de sa chemise un à un. Par réflexe, John rentre le ventre quand celui-ci est visible. Il a quarante ans, et quoi que Sherlock ou qu'une ex puisse dire, il ne fait pas exactement parti des canons de beauté. Les poils blonds sur son torse commencent à se teinter de blanc. Son épiderme semble garder en lui le poids des années. Et bien sûr, les deux cicatrices sur ses épaules n'arrangent pas les choses. Sherlock retire sa chemise en prenant son temps. Ses mains ne quittent pas sa peau longtemps puisqu'elles reviennent caresser la peau de son cou, les marques sur ses épaules. Celle que le temps a vaguement effacée et celle que Moriarty a plantée.
Et Sherlock se lève et embrasse à pleine bouche John. Il a compris que le nom interdit lui a traversé l'esprit. Ce n'est pas quelque chose qui doit se reproduire.
John enroule ses bras autour du corps qui s'est serré à lui. Ils s'embrassent bruyamment, remplissent le silence tiède de leurs souffles brûlants. Ils couvrent le corps de l'autre de leurs mains qui caressent, déshabillent, demandent plus. Mais c'est Sherlock qui donne le rythme lorsque ses doigts se referment sur la nuque de John qu'il tire. Il marche à reculons, incite John à le suivre jusqu'à leur chambre en plein milieu de la journée et c'est ce qu'il y a de plus obscène, se dit John.
Est-ce qu'ils ont fermé la porte à clé ? Est-ce qu'ils doivent fermer les rideaux ? Est-ce que John doit enfouir ses gémissements dans sa bouche fermée, ou dans un oreiller dans lequel il enfoncera sa tête ?
Sherlock fait taire ses questions en l'allongeant sur le lit, fermant la porte d'un coup sec. Il prend place sur son corps, reprend sa bouche avec plus de force, mordille ses lèvres à en faire gémir le médecin dont les mains tentent de retirer la dernière chemise qui empêche leurs torses de se retrouver. La main droite de Sherlock lui attrape un poignet qu'il plaque au-dessus de sa tête et immobilise. Front contre front, leurs souffles se brisant sur les lèvres de l'autre, ils se regardent et se comprennent. John lève sa deuxième main et la joint à celle retenue par Sherlock. Si c'est un sourire qui étire ses lèvres à ce moment là, c'est aussi le plus beau Merci du monde.
Sherlock se recule légèrement et tend la main vers le tiroir de sa table de chevet, le bassin toujours fermement collé à celui qu'il immobilise de son poids. John garde ses poignets joints. Il ferme les yeux quand la bouche de Sherlock envahit la sienne et frissonne du plus profond de ses entrailles lorsqu'il le sent attacher ses poignets ensemble. Puis Sherlock se lève et John ne bouge pas. Il entend le détective faire le tour du lit, ouvrir la porte du placard. Le reste est juste confus. Ça dure quelques secondes et enfin les mains de Sherlock sont sur lui à nouveau. Il ouvre les yeux et ils se regardent, même si leurs visages sont inversés. Sherlock se penche et l'embrasse, langue contre langue, demande contre offrande. Puis ses mains déposent sur les yeux de John un bandeau noir. John redresse légèrement la tête pour lui permettre de faire un nœud.
Dans l'obscurité, rien n'a jamais été aussi brillant.
