Le chapitre 24, différent des autres chapitres mais j'espère qu'il vous plaira! ;)
Bonne lecture ^^
Chapitre 24 : Retrouver Mégane. Partie 1.
P.O.V Gloria :
Je dû m'asseoir pour trouver la force d'encaisser le choc. Je n'ai pas bougée depuis. Je n'aurais finalement jamais dû partir en forêt, quelle sotte j'ai été! Laisser seule Mégane est une grossière erreur. Cela fait peut-être plusieurs heures que je suis sur cette chaise. Je ne saurais me donner le temps exacte, je n'ai pas compté et je dois dire que l'envie m'en manque. Je garde la lettre de Mégane entre mes mains, comme un trésor de malheur qui me serait dédié. Je l'ai lue une centaine de fois, peut être plus, mais je refuse de réaliser. Je connais les moindres lettres de ce morceau de papier, et leurs sens sont désormais imprimés dans mon esprit et mon âme. Elle est partie, pourtant. Mégane m'a dit au revoir une fois de plus, mais cette fois, je sais qu'elle ne reviendra pas. J'ai perdue ma raison de vivre, ce pourquoi je me suis battue pendant tant d'année. J'ai toujours essayée de la protéger de l'influence du monde dans lequel nous vivons, mais j'ai échouée à cette tâche. Il semblerait que je ne sois pas à la hauteur, sinon pourquoi diable serait-elle partie? Ayant jouée un peu mieux mon rôle, Mégane n'aurait certainement jamais été la cible de tant d'injustice. Pauvre d'elle, Mégane ne méritait pas ce qu'il lui est arrivée. Ni ses amis non plus, d'ailleurs. Je n'ai pas su la protéger comme j'aurais du le faire. La préserver de la cruauté et du malheur qu'offre la vie. En relisant sa lettre, j'ai bien sûr devinée qu'elle n'est pas partie de son plein gré. Je suis peut-être bouleversée, mais je n'ai pas encore dis adieu à ce qu'il me reste de raison. Quelqu'un l'a poussée à prendre cette décision, sans quoi, elle n'aurait jamais pris la peine de revenir ici ou encore d'écrire une lettre. J'en suis intimement convaincue. Je doute que le désespoir de perdre son amour l'atteigne à ce point. Pas au point de quitter ce qu'elle a toujours chérie et de s'abandonner à quelque chose de mal, ou tout du moins de malsain. Je soupçonne une raison plus prosaïque. Un ultimatum. Je dois trouver la personne qui est la source de son choix. Il est évident qu'une manipulation se cache derrière tout ça. Ma pauvre nièce, j'aurais dû veiller mieux sur toi. Je regrette de ne pas avoir su te garder hors du danger. Je vais te ramener, ma chérie. Je n'abandonnerai pas avant de te retrouver et que tu ne m'explique ce qui se conspire sous cette décision. Si tu croyais me convaincre avec une lettre! Je te connais et je sais que tu es en danger.
Mais par ou commencer? J'ai tant de piste à mener, et le seul indice que je possède est cette maudite lettre. Il y a autant de possibilité qu'il n'y a de malfaisance dans ce monde.
Son père? Non, il n'a rien fait pour la retrouver toute ces années, pourquoi maintenant? D'autant plus qu'à ma connaissance, il hait Mégane.
Un quelconque vagabond? Non plus, je ne pense pas qu'un vagabond se préoccupe de prendre des vampires avec lui, ils ne sont pas de ce genre là. Les vampires nomades sont d'ordinaire de petits penseurs, ils ne s'encombrent pas de vampire, et encore moins de monter des stratégies pour en attirer à eux. Ils tuent, c'est tout.
Quand aux Volturi? C'est possible, mais je dois en apprendre plus avant de les accuser à tord, les conséquences pourraient être très graves. Cependant, il me paraît inattendu que les Volturi s'en prenne à nous alors qu'ils ne sont même pas au courant de notre existence. J'aimerais autant éviter d'avoir à faire aux Volturi, mais je le ferai si je dois retrouver Mégane. D'autres possibilités ne sont pas encore à écarter, telles qu'un clan de vampire que je ne connais pas et qui en voudrais à Mégane, ou bien encore ces chiens enragés qu'elle fréquentait à Forks, ces loups. Même si tout cela me paraît indigent de cohérence et sans le moindre sens, rien n'est à exclure pour le moment. Tant de voix et si peux d'indicateurs. Je ne l'abandonnerai pas à son sort, pas ma fille. C'est la seule idée en laquelle je dois croire pour l'instant.
Perdue dans mes pensées bien que toujours consciente des réalités, mes sens attirent à moi une chose perturbante. Une odeur profondément agressive de chien mouillé vient torturer mon odorat, tandis que bientôt, quelqu'un ose frapper à la porte. Les faibles coups mais toutefois présents raisonnent dans la maison et balayent le doux bruit du vent caressant les vitres et le bois de la maison. Instinctivement, je tourne la tête vers la porte, un regard plein de mépris dessiné sur le visage. Je sais fort bien qui se trouve derrière cette porte. Embry. Ce loup que j'ai rencontrée à Forks, lors de ma visite chez Mégane. Celui qui a fait du mal à ma fille. Je n'arrive pas à réprimer une once de colère et de répugnance à son égard. Il ne s'en tirera pas indemne, après tout, c'est à cause de lui si tout cela est arrivé. Je claque des talons en me dirigeant d'un pas pressé vers la porte et une fois à hauteur de celle-ci, je l'ouvre en grand. Malheureusement pour lui, il servira de punching-ball. Il est absolument hors de questions que je le laisse sans dommage. Mes yeux ont à peine le temps d'apercevoir son visage méprisable, et je sens mon poing atterrir au milieu de sa figure. Mon sang chaud et mon caractère impulsif refait surface sans que je ne puisse rien n'y faire. J'ai du mettre plus de force qu'à mon tour dans mon coup car je n'avais pas prévue qu'il parte à la rencontre de l'arbre, plus loin derrière. Il semble très prit au dépourvu, il ne devait certainement pas s'attendre à cela de ma part. Cela lui apprendra à faire du mal à ma fille. Je vais lui montrer de quel bois je me chauffe!
- C'est de ta faute si Mégane est partie! Je lui hurle en sortant dangereusement de ma demeure.
Il se relève en secouant la tête et en se tenant le nez quelques instants. L'odeur du sang ne parvient pas jusqu'à mon odorat, j'en conclus donc qu'il ne saigne pas. Cette constatation ni ne me réjouis, ni ne me déplaît. Elle me laisse quelconque, au moins autant qu'elle le peut. Déverser ma rage sur lui me fait du bien, je crois. Je m'attendais à ce qu'il se transforme en animal, mais non. Il ne semble même pas énervé, comme si il comprenait ma réaction. Comme si il vivait dans le même mal que moi. D'un bref coup d'œil, je puis remarquer qu'il flotte presque dans ses vêtements, et que son visage ainsi que son corps tout entier à perdu de sa carrure. Il s'est très clairement amaigri depuis la dernière fois que nous nous sommes vues. Émettre l'hypothèse que le manque de Mégane influe sur sa vie ne serait pas une idiotie en soit. Je m'étonne même encore que leur séparation est été possible, ils avaient l'air si heureux ensemble.
- Je suis désolé, dit-il, mais je suis venu pour lui parler. Je ne repartirai pas sans avoir vu Mégane. Assure t-il, un air de défi sur le visage. J'ai besoin de lui parler.
Il n'est pas au courant de la situation, c'est évident. Je grimace de colère en serrant les dents, puis l'idée de lui refaire le portrait me submerge de plus en plus. Je serre le poing rageusement et il semble le voir. Mais pour autant, il ne semble pas se mettre sur la défensive. Je sais mieux que n'importe qui que me défouler sur ce jeune homme n'est pas une réaction digne d'une « mère », mais j'en avais besoin. Aussi puéril soit cela.
- Je sais que je l'ai fais souffrir, mais j'ai besoin de lui parler. Je vous en prie. Déclare t-il, presque suppliant.
Je le regarde dans les yeux et alors, inopinément, je ressens de la compassion. Un sentiment qu'il ne me convient pas de ressentir pour une autre personne que Mégane, mais qui pourtant est bien présent. Je ferme les yeux un moment, prenant le temps de réaliser ce que je fais et ce que je dois faire. Ce n'est pas ce que Mégane voudrait. Elle ne voudrait pas que je m'en prenne à lui, ni qu'il subisse mes foudres. J'ai bien eue le temps de voir qu'elle ne le haïssait pas, même si elle ne disait pas grand chose ces derniers temps. Je finis par desserrer mes poings. Il est inutile de continuer à se battre pour des broutilles et à se jeter la pierre. Rien n'est de sa faute, en fin de compte, et rien n'est de la mienne non plus. Je me voile la face en accusant Embry du départ de Mégane. Toute la colère et la douleur que je gardais en moi jusqu'à cet instant semble se dissiper à mesure que le comportement sombre du ciel vient amener une douce brise sur mon visage. Il nous faut passer à autre chose, et je me prends à regretter mes actes. Quelle ironie!
Lorsque j'ouvre de nouveau mes yeux, il n'a pas bougé d'un cil et la colère à fait place à la compassion, sans plus nul place pour la haine et le mépris. Je décide de lui avouer. Il a fait tout le voyage de Forks jusqu'à Orbey dans le seul but de retrouver celle qu'il aime, il a le droit de savoir, et si je ne peux rien dire pour l'instant, je lui fais au moins signe de me suivre à l'intérieur de la maison.
- Merci. Me dit-il en acquiesçant.
Je sais qu'il croit peut-être que je le mène à Mégane, et j'aimerais plus que tout accomplir cela, si seulement elle était ici. Une fois à l'intérieur, je saisis la lettre manuscrite de Mégane posée un peu plus loin sur une table et la lui tends. Il fronce d'abord les sourcils d'incompréhension, puis la prend entre ses mains. Il entame ensuite la difficile tâche de la lire. Ses yeux défilent sur les lignes de la lettre rédigée par Mégane. Je vais m'installer à la grande table du salon dans l'attente qu'il finisse ce qu'il a commencé, le laissant seul non loin de la porte d'entrée. Quelques instant plus tard, il vient me rejoindre. Complètement perdu, il s'installe en face de moi en posant délicatement la lettre sur la table. Il ne dit rien, je ne dis rien non plus. Ce silence convenant à nos deux personnes perdure plusieurs minutes tandis que je fixe l'expression qu'affiche son visage désormais renversé. Je sais ô combien il est difficile de se remettre d'une telle annonce, je le sais très bien. Il m'a fallut plusieurs heures pour réaliser ce que je venais de lire en boucle. Mais sur son visage, il est presque possible de lire une émotion dont on ne peut décrire les limites.
Comme leur amour peut être étrange à ces deux là.
P.O.V Embry :
Je lis la lettre que vient de me tendre la tante de Mégane. Bien que j'ai encore la douloureuse sensation de son poing en plein dans ma figure, je lis la lettre. Dés que mes yeux se posent sur le premier mot de cette écriture, je sais qui en est la rédactrice.
Mégane. Mon amour. Au fur et à mesure que mes yeux défilent sur les mots et que leurs sens atteignent ma compréhension, mon cœur bat de plus en plus fort. Mes émotions jouent de plus en plus entre la colère de n'avoir rien pu faire et d'être arrivé trop tard, et celle de ne peut-être plus la revoir, définitivement cette fois. C'est une lettre d'adieu, et je sais que ma douce n'aurait jamais écrit une lettre semblable à celle-ci à Gloria si elle était sûr de revenir un jour. Je pars doucement dans le salon de la maison, réfléchissant à comment supporter la douleur de la perdre pour toujours. Le chemin m'est étranger, alors je ne fais que suivre l'odeur désagréable mais toutefois supportable de Gloria. Je m'arrête un instant et ferme les yeux doucement. Je peux également sentir la parfaite odeur attendrissante et envoûtante de Mégane. Ce mélange séduisant et attirant de vanille et de fruits exotiques que j'ai l'impression de connaître depuis toujours. Mégane me manque tellement, je donnerais tout ce que j'ai pour la revoir. Je reprends définitivement mon parcours pour rejoindre Gloria. J'entreprends de m'asseoir sur une chaise, à l'autre bout d'où s'est installée la tante de Mégane. Sentir son regard glacial sur moi ne me trouble pas. A vrai dire, je ne porte aucune attention à l'endroit ou je suis, ni à la place que j'occupe. Seule m'importe cette lettre, écrite par ma dulcinée. Je la pose aussi délicatement sur la table que je le peux. Cette lettre n'a aucune valeur, mais c'est presque la seule chose qu'il me reste d'elle, hormis un gilet qu'elle a oubliée chez moi que je n'ai pas pensé à lui rendre, et les images de son magnifique visage et de nos moments que j'ai sauvegardées dans mon esprit. Le silence règne à l'intérieur et autour de la maison. Si bien que je pourrais presque entendre les feuilles humides tomber sur le sol, au dehors. Je finis par sortir de mon état de perdition, soudainement. Je ne vais pas abandonner. Je me suis déjà résigné une fois à l'attendre et à me donner la peine de son absence. A cause de ça, elle est partie une nouvelle fois. Je serais venu plutôt, j'aurais peut-être pu la retenir et la ramener auprès de moi. Comme je peux être stupide! Mais hors de question que je la laisse filer une fois de plus. Peu m'importe le prix pour la revoir ou si je dois braver tous les dangers du monde. Je la retrouverai.
Ma voix se fait plus froide que je ne le voudrais, lorsque je prend la parole.
- Depuis combien de temps est-elle partie?
Contrairement à ce que je pourrais croire, elle ne semble pas vouloir me désappointer en m'offusquant d'une esquive à la question. Elle a bien comprit que je ne veux que le bien de sa nièce, je crois, et j'en suis heureux.
- Mégane est partit dans la nuit. Dit Gloria d'une voix triste masquée par l'inimitié. Je ne l'ai pas vu partir, j'étais en forêt.
Sa réponse me donne des frissons de peur et de tristesse. Non pas la réponse en elle même, mais personne ne sait ou elle est. Je n'ai que cette lettre pour indice, mais elle ne dit rien sur le lieu ou est partie Mégane. Toutefois, je ne céderai pas au désespoir, je dois la retrouver.
- Vous n'avez pas une idée d'où elle peut être à l'heure qu'il est? Je lui demande.
- Je suis autant dans le flou que toi. Claque t-elle.
Elle se lève et se place devant la grande fenêtre du salon, puis elle me tourne le dos en croisant les bras. La situation l'agace et moi aussi. Nous ne savons rien sur ce qui est arrivée à Mégane, si ce n'est qu'elle a quittée la ville. Ne rien savoir est d'autant plus enrageant que de ne rien pouvoir faire pour la retrouver. Je finis par entendre sa voix retentir plus calmement dans la maison.
- Il faut la retrouver, Embry. Me dit-elle, toujours dos à moi. Non pas seulement parce que nous l'aimons, mais si les Volturi mettent la main sur elle, tout espoir de la revoir sera à jamais perdu.
Elle a raison. Malgré qu'elle ne puisse pas pleurer, je peux sentir la douleur et la détresse dans sa voix. Elle qui semble si forte et déterminée, elle ne semble plus être en état de combattre si elle perd Mégane. Je n'aurais plus de raison de vivre si Mégane venait à... mourir. Je ne pourrais plus subsister si il lui arrivait quelque chose.
Mécaniquement, je pose mon regard sur la lettre et mon regard s'attarde de lui même sur la troisième phrase.
« Là ou le désespoir m'appelle.»
Une idée me traverse l'esprit sans crier gare! Plus qu'une idée, c'est une évidence. Je n'attends pas plus longtemps pour en faire part à Gloria. C'est peut-être la clé de nos maux.
- Mégane a rejoint son père! Je dis en me levant hâtivement.
Je peux voir Gloria se retourner vers moi, une mine d'incompréhension inscrite sur le visage. Son air totalement perdu traduisait parfaitement la question qui s'extirpe de ses lèvres.
- Comment peux-tu en être sûr?
- A Forks, le clan de son père et lui même se sont interposés pour nous sauver d'une meute de loups. Je lui explique. Il a rendu visite à Mégane, ensuite. J'assure. Peut-être qu'il voulait qu'elle le rejoigne? Lorsqu'ils sont partis, Mégane était complètement perdue.
- Oui, c'est tout à fait possible. Affirme t-elle. Hadrien est avide de pouvoir. Il n'hésiterais pas à faire du chantage si ça lui garantissait un pouvoir plus grand. Mais nous ne pouvons être sûr de rien, il faut qu'on en sache plus. Déclare t-elle amèrement en appuyant ses mains sur la table.
Je vis à son expression qu'en vu des connaissances qu'elle a récemment acquise, cette possibilité est tout à fait plausible. Mais nous n'avons malheureusement aucune assurance propre que notre théorie est la juste. D'autres vampires pourraient tout aussi bien être la cause de la fuite de Mégane. Je dois en savoir plus.
Puis une autre théorie me frappe, néanmoins pas sur le même sujet. C'est de ma faute si elle a rejoint son père, ou si elle est partie ailleurs. Ceci ne serait pas arrivé si j'avais su garder le contrôle de mes pulsions animales. Me sentir coupable de se fuite est tout à fait justifier. Je baisse le regard au sol, comme pour m'infliger une honte pour punition. J'entends des bruits de talons raisonner dans la pièce. Je sens les deux mains de la tante à Mégane me saisir par les épaules. Non brusquement, mais elle exerce quand même une pression sur moi, sans doute pour me forcer à la regarder. Malheureusement, je garde la tête basse, honteux de mes erreurs et de leurs conséquences.
- Écoute, commence t-elle, ce n'est ni de ta faute, ni de la mienne. Tout ceci est sans doute l'œuvre de son père, ou de quelqu'un de malfaisant. M'assure t-elle. Nous la retrouverons, ensemble, et cette fois tu auras toute l'éternité pour te faire pardonner.
Je relève les yeux vers elle, et je peux voir sur son visage pourtant très jeune – curieusement, on pourrait presque croire qu'elle n'est que la grande sœur de Mégane- un petit sourire. Elle finit par me lâcher et je lui rend à mon tour un petit sourire. Elle qui est d'habitude si froide et si semblable à la froideur, cela me surprend.
- Par ou on commence? Je lui demande.
- Tu devrais retourner à Forks, au cas ou elle reparaîtrait là-bas. Me dit-elle.
- Pourquoi? Je lui demande, curieux. Qu'allez-vous faire?
- Je vais rendre visite à quelques amis. M'informe t-elle. Je dois savoir si elle est encore en France ou non.
- Je peux vous aider, je ne vais quand même pas rester sans rien faire! Je lui dis d'un ton plus insistant.
La seule pensée de rester à Forks en ne faisant rien pour sauver Mégane m'insupporte foncièrement.
- Non, me dit-elle, tu dois absolument trouver tout ce que tu peux sur le clan Velleck et sur Hadrien. Il n'y a aucun ouvrage en Europe qui parle de lui, mais peut-être qu'il s'est déjà installé en Amérique. Me signifie t-elle. Hadrien est une vraie diva, il aime plus que tout le luxe et quelqu'un comme lui ne passerait pas inaperçu dans la culture de certaines populations d'antan.
J'acquiesce à ses conseils. Elle doit sûrement avoir des relations en France qui lui permettront de savoir si Mégane est toujours à l'intérieur du pays. Je l'en remercie. Bien que l'idée de ne rien faire hormis chercher dans des livres m'exècre au plus haut point, je ne peux rien faire d'autre. Je ne serais qu'un fardeau pour Gloria.
Je tourne alors les talons pour m'en aller le cœur tout de même lourd. La voix de Gloria m'interpelle une dernière fois.
- Embry? Ne fais rien d'imprudent. Me prévient-elle. Je te contacterai quand j'en saurai plus, alors fais de même et ne plonge pas tête baisser. Garde tes amis sous le coude.
Je tourne simplement la tête sur la droite par dessus mon épaule pour apercevoir son visage en acquiesçant vivement d'un signe de tête. J'ouvre ensuite la porte, à regret de devoir quitter cette odeur enivrante qu'est celle de Mégane. Je claque la porte de la maison de Gloria et commence le voyage de retour. Je ne suis pas devin mais il n'est pas difficile de deviner que comme sur le chemin pour venir jusqu'ici, je ne vais faire que songer péniblement.
- Mégane, mais ou es-tu? Je pense à forte raison.
Chapitre 24 : Retrouver Mégane. Partie 2
P.O.V Gloria :
Embry est partit. Je peux enfin me rendre chez Angelina et Florian. Ils sont des amis de longues dates et les sens de traqueur de Florian devraient m'aider à pister Mégane, au moins sur le territoire français. Angie et Florian sont de vieux vampires. Ils ont été mordus avant la Révolution Française. Pour protéger leur fille, ils ont dû la transformer pendant la Révolution, en 1789. Tout du moins, c'est ce qu'ils m'ont appris d'eux.
Je devrais pouvoir compter sur ces deux vampires et leur fille, ils ont toujours été d'une grande aide pour moi et Mégane. Certes, ils ne se repaissent que de sang humain et n'ont pas les méritent qu'ont les « végétariens » de notre espèce à se préserver des meurtres, mais ils ne tuent que ce dont ils ont besoin pour survivre. Pas plus d'un ou deux humains par mois. D'ordinaire, je ne pactise pas avec les vampires qui ne se préoccupent pas de la vie humaine, mais ces gens là sont différents. Ils sont de très bons alliés, et d'excellents amis. Les solliciter n'est pas pour moi la première fois. J'espère très sincèrement qu'ils pourront m'aider à retrouver Mégane. J'ai l'espoir plus que tout de la sauver de la perdition et du désespoir dans lequel elle se retrouve. Pourvu qu'elle soit encore en France.
J'enfile mon long manteau en laine bordeaux, je me munis des clés de la maison et veille à verrouiller tous les accès de la maison à double tours. Soudainement, une idée survient. Je devrais certainement prendre avec moi la lettre de Mégane pour prouver mes dires, et peut-être aussi un objet lui appartenant. Cela devrait aider Florian à retrouver sa trace. Je mets rapidement en œuvre mon idée. Je monte dans la chambre à Mégane et me saisit du pendentif en or blanc, sertit de quelques émeraudes que son amie Laura lui avait offert il y a quelques années. Je cache le pendentif dans ma poche, tout comme la lettre que je place au même endroit avec soin. A la suite de quoi, je pars sans attendre en direction du lieu où demeure les Homaitre.
Le jour est couvert par les nuages devenus gris. Il ne pleut pas, mais le temps menace. A folle vitesse et en seulement deux heures, je parcours la distance qui me sépare de la grande ville de Besançon. Un humain saurait accomplir ce voyage en une journée entière de marche, sans pose et sans dormir. Il faut reconnaître qu'être vampire confère quelques avantages, surtout utiles dans ce genre d'urgence.
Angelina et Florian préfèrent vivre parmi les humains plutôt qu'à leur insu. Le choix leur revient au finale, mais ils pensent que vivre parmi eux lèvera tout soupçon sur leur vraie nature. Ils tâchent de se débarrasser des individus trop peu pudique et ainsi, ils ne sont pas déranger. Je n'approuve pas leur méthode afin de vivre dans la paix, mais je ne peux les répudier, je leur dois beaucoup. Si ma mémoire ne me joue pas de tour, comme c'est si peu souvent le cas, ils devraient résider non loin du grand centre ville. Je m'arrête devant un large bâtiment sur quelques étages, trop peu haut pour craindre une chute mortel du sommet de la bâtisse. Ma grande capuche sur la tête et les lunettes de soleil englobantes sur le nez, je me dirige vers la porte relativement lourde du hall. Je pose vivement la main sur la poignée en métal de la porte et tire un coup sec dessus. Je peux entendre un bruit de béton se détacher, et je remarque en ouvrant la porte que j'ai anéantie l'aimant qui maintenait la porte fermée. Je rentre dans le hall à grand pas. Au même moment, je croise le regard d'un homme très âgé. Il me fixe sans bouger l'air ahurie et tout à fait choqué. Je devine clairement qu'il a assisté au spectacle qui a eu lieu plus tôt.
- Grand dieu! Murmure cet homme d'un certain âge sous l'effet de la surprise.
- Une poussée d'adrénaline, vieux jeton! Je lui lance.
Je n'arrête pas ma course pour autant et prends l'escalier sans attendre qui s'offre à moi, sans prêter attention plus en avant de cet homme. Je peux certainement paraître parfois antipathique, mais c'est pour le bien de ma raison. Je n'aime pas beaucoup les gens en général. Je ne m'arrête qu'au quatrième étage, et une fois devant la porte tant convoitée du domicile Homaitre, je frappe sur la porte avec tout de même un peu de retenue, ne voulant pas attirer le regard d'autres voisins désireux de nous observer.
Après quelques instants, la porte s'ouvre. Une femme aux très longs cheveux noirs et aux reflets parfois bleutés me sert un grand sourire éblouissant. Angelina n'a pas vraiment changée depuis la dernière fois, et la voir me procure toujours autant de joie. L'unique changement dans son style est sa couleur de cheveux. Dans ma mémoire, ils paraissaient bien plus claires. Ses formes parfaitement définies, ses traits distincts et ses yeux irrésistible font d'elle une beauté peu commune. Tout homme ne se lasserait jamais de la regarder, comme toute femme ne se lasserait jamais de la jalouser. Son pouvoir réside uniquement dans sa sublimité.
- Gloria? Susurre t-elle, émerveillée.
Je lui sers également mon plus beau sourire. Je retire précautionneusement mes lunettes et ma capuche pour ainsi laisser paraître mon identité. Il n'en faut pas plus pour nous donner une étreinte des plus affectueuses.
- Je suis heureuse de te voir, Angie. Je lui avoue.
Nous ne tardons pas à mettre fin à notre étreinte, puis elle me fait entrer chez elle sans attendre d'avantage.
- Ça me fait tellement plaisir de te voir, Gloria. Me dit-elle en passant amicalement un bras autour de mes épaules.
Nous commençons à marcher pour nous rendre dans la pièce réservée au salon devant nous.
- J'adore tes cheveux. Dis-je pour la complimenter.
- Merci! Ajoute t-elle fière. En changeant de look, les humains du coin sont moins regardant. On paraît plus humains, comme ça.
Nous arrivons enfin dans le salon. Je tente de mettre de côté la raison et l'urgence pour laquelle je suis venue ici. J'observe un peu leur habitat, et il me paraît fort bien décoré. Quelques katanas de collections sont accrochées sur un mur et suspendues au dessus d'un bureau, où est déposer plusieurs effets de décoration. Excepté ces détails-ci, l'appartement bien relativement spacieux, n'est pas encombré de choses futiles. Seul du matériel nécessaire trône dans les pièces.
Une voix me sort de mon observation.
- Gloria, ça fait un baille! M'adresse la voix de Florian.
- Salut. Je lui dis en souriant.
Lui en revanche n'a pas du tout changé, et tant mieux. Il est bien comme il est, il serait dommage de le voir autrement. Le crâne presque rasé, mais laissant néanmoins une légère épaisseur de cheveux sur sa tête. Des yeux profonds et un corps d'athlète, tel est le portrait de ce vampire. A de nombreuses reprises, ce couple de vampire me paraît s'être bien trouvé. Ils se complètent aussi bien caractéristiquement que physiquement.
La jeune fille souriante qui se trouve derrière Florian vient finalement m'enlacer elle aussi en m'exprimant sa joie de me revoir. Je n'ai aucune difficulté à deviner qu'il s'agit de leur chère et tendre fille, Iliana. Tendre, pas vraiment pour tout le monde. J'ai eue l'occasion de la voir combattre quelques fois, elle est toute aussi dangereuse que ses parents lorsqu'il faut se montrer méchante. Comme à chaque fois que je la vois, je ne peux m'empêcher de la trouver de plus en plus belle. Pourtant, sa croissance est bien achevée. Peut-être n'est-ce qu'un sentiment, mais je le crois bien réelle. Elle ressemble fortement à sa mère.
- Ta beauté fleurit de jour en jour, ma chérie. Je lui dis, en resserrant un peu plus mon bras autour d'elle.
- Ça fait vraiment du bien de te revoir, Gloria. Me déclare Angie plus sérieusement.
Je me détache d'Iliana, et j'ai le droit à un sourire ravageur de sa part. Je voudrais pouvoir lui rendre un sourire aussi magnifique, bien que je m'y risque, mais je ne peux accéder à tant de joliesse, malheureusement. Je suis moi aussi très heureuse de les revoir, mais il est plus que temps de les mettre au courant. Mon égarement en politesse a assez duré. Je n'ai plus le temps de les ménager.
- Écoutez, je ne suis pas venue pour parler de la pluie et du beau temps, dis-je, j'en suis désolée.
Ils comprennent à ma voix et à mon subite changement d'attitude que quelque chose de grave m'amène ici. Angie et Florian fronce les sourcils en se regardant, comme si ils cherchaient une réponse dans les yeux de l'autre. Quand à elle, Iliana ne bouge pas. Curieuse de savoir ce que cache mon manque de tact, certainement.
- Que se passe t-il, Gloria? Lance Angie, les yeux rivés sur moi.
- Mégane à été enlevée, j'ai besoin de votre aide.
Une nouvelle fois, mon manque de tact les surprend, et l'expression inscrite sur leurs visages traduit à grande mesure l'ahurissement qui est le leur. Cependant, ils me semblent aussi abasourdi que possible le demeure.
- Comment est-ce arrivé?! Demande Angie. Et quand?!
Je peux voir Florian serrer les poings de colère. Mais il arrive tout de même à serrer sa fille dans ses bras. Je sors la lettre de Mégane de ma poche et la tend à Angie. Elle la lit, et j'en profite pour leur exposer mon point de vue.
- Mégane est partie sous contrainte, avoue-je anxieusement, je pense que quelqu'un lui à imposer de le suivre.
- Oui, c'est évident. Acquiesce Angie.
Angie passe ensuite la dite lettre à son mari pour qu'il puisse profiter de la lecture de cette missive.
- Gloria, que veux-tu que nous fassions? M'interroge Florian.
- Je voudrais que vous m'aidiez à retrouver sa trace.
Je sors le pendentif de Mégane et le tend à Florian. Celui-ci le porte à proximité de son nez et renifle l'odeur qui est imprégnée dessus.
- Que vous me disiez au moins si elle est encore en France, je sais que vous pouvez m'aider. Je leur confesse sans honte.
- Nous allons t'aider, Gloria. Ajoute Florian. C'est la moindre des choses que nous puissions faire pour toi.
- Avec plaisir. Assure Angie.
- Merci, je vous fais confiance. Je reviendrai vous voir demain matin à la première heure.
- Que vas-tu faire? Me demande Florian.
- Vérifier les lieux où elle aimait se rendre. Peut-être y est-elle? Je leur informe.
- Je ne pense pas qu'elle y soit encore. Déclare Angie.
- Ça ne coûte rien d'essayer. Je réponds. On se revoit vite.
Sur ce, je leur offre un sourire en coin peu assuré, par lequel ils me répondent tous les trois de la même façon. Je mets ma capuche et mes grand lunettes sur le bout du nez afin de passer inaperçu aux yeux des humains. Je quitte leur maison sans me retourner. J'entends la porte de leur appartement claquer dans le calme du matin. Mes talons raisonnent dans les escaliers du bâtiment. J'espère qu'ils pourront m'aider, je dois la retrouver au plus vite.
La supposition d'Embry ne me paraît pas sans entendement. Hadrien voudrait très sans doute retrouver Mégane, si il savait quel était son pouvoir. D'ailleurs, il doit certainement être en connaissance de son don, puisqu'il a parler avec sa fille. Oui, c'est sans doute lui qui est à l'origine de tout ça. Il veut que Mégane le rejoigne, c'est certain. Son don l'intéresse et il sait qu'il pourrait être immuniser de l'influence des Volturi avec un tel pouvoir à ses côtés. Même si Mégane n'a pas encore la pleine maîtrise de son pouvoir. Là a toujours résider le but premier du père de Mégane, dénaturé l'influence de Aro et ses frères sur le monde des vampires. Mais je n'imaginais pas qu'il tenterait réellement de le faire au fil des années. Je n'avais pas connaissance de son clan à l'époque. S'il s'en prend à Mégane, c'est que Hadrien doit posséder un clan assez puissant. Mais qui sait ce qu'il serait capable de faire subir à sa fille si elle le rejoignait. Si Hadrien la force à tuer et à se nourrir de sang humain, il n'est pas dit qu'elle trouve la volonté pour surmonter sa soif de sang. Sous l'influence de la frénésie, elle pourrait fort bien préférer la compagnie des Velleck à la mienne ou à celle de ce Embry.
Il devient véritablement impératif de retrouver Mégane avant que l'irréparable ne se produise.
