Chapitre 26 : Prisonniers

Je me souviens maintenant. Je sais. Je comprends ce qui m'a poussé à devenir ce que je suis... Mais le temps est cruel... Mon but d'alors ne m'importe plus, n'est-ce pas ? Ça ne change plus rien à présent de toute façon. Les sentiments se sont effacés. A quoi bon ? A quoi bon perdre son temps pour pareille futilité ? Mais je suis là. J'existe. Et j'erre... J'erre depuis si longtemps... Quelle importance ? Je peux continuer... Il y a encore tant de choses que j'ignore ! Et d'ici à ce que je les apprenne et les maîtrise toutes, le monde lui même n'existera peut-être plus ! J'ai perdu un mois de mon éternité. Ma misérable existence d'avant n'a guère d'intérêt. Enfin, au moins, j'aurai des bases solides pour mon étude sur le temps... Haaa... Sévérus... Tu détiens des informations capitales, sais-tu ? J'aurai bientôt l'occasion de te voir en tête à tête... Encore quelques heures... Encore... Si long ! J'ai envie de bouger. J'ai envie de savoir. J'ai besoin de savoir !


Harry et Neville mangèrent rapidement, histoire d'avoir quelque chose dans le ventre au cas où... les choses se passeraient différemment de leurs espérances. Par expérience, ils savaient que partir le ventre vide n'était jamais une bonne idée.

Puis ils s'équipèrent. Potions supplémentaires, poignards qu'ils enduisirent rapidement d'une substance visqueuse, d'autres habits... L'heure n'était plus à la dissimulation. Bien que peu conventionnel, et sans aucun doute plus violent et mortel, Edward ne pu que comparer leur équipement à celui des Aurors d'élite. La différence majeure ? Les deux jeunes cherchaient beaucoup moins à faire de prisonniers, même s'ils en avaient également les moyens. Par exemple, le piège de glace, l'arme de prédilection de ceux cherchant à ralentir et capturer les ennemis avait disparu, remplacé par un autre piège, interdit par le ministère depuis bien longtemps... Peu survivaient à la version feu.

La curiosité étant, l'Auror confirmé voulu suivre les deux jeunes, mais vu la manière dont ils protégeaient le moindre de leur déplacement, la seule solution serait...

Plein d'espoir, il se tourna vers Dan, et celui-ci prit la parole d'une voix froide, lointaine, avant même qu'il ne dise quoi que ce soit.

- Je vous déconseille de les suivre. Vous n'apprécierez pas.

- Mais... voulu argumenter son grand-père.

- Neville va mourir, poursuivit Sanders avec indifférence, pour le décourager.

- C'est un piège ? murmura Edward, sa voix vibrant de déception.

Bien sûr, il le savait... Ou plutôt s'en doutait vu la manière dont se comportait l'ex-kidnappeur de son fils. Mais au fil des semaines, il avait appris à apprécier Harry et Neville, et il s'était mis, tout comme le jeune Londubat, à espérer. Espérer que leur situation s'améliorerait. Essayer d'ignorer que Dan était la preuve de leur échec. Essayer de croire que malgré son peu d'implication dans le présent, ou le passé, Sanders ait changé le futur...

- C'était pire qu'un piège. Bien pire... Plus dévastateur. Neville n'aurait jamais su s'en relever, souffla l'ex-professeur de défense à l'autre Potter.

- Peut-être que... commença l'Auror avant de s'interrompre.

Que pouvait-il dire de toute façon ?

Son petit-fils se leva...

- Etes-vous sûr de vouloir y aller ? questionna-t-il simplement.

Les deux jeunes étaient partis depuis bien 30 secondes à présent.

Edward prit un moment pour réfléchir à la question. Avait-il envie de voir Neville mourir sans rien pouvoir faire ? Et ces personnes qu'ils avaient trouvés... si elles existaient vraiment, allaient-elles, elles aussi...

Son regard rencontra celui de Dan. Un regard froid, vide de toute émotion.

- Oui. Je veux y aller.

Il ne pourrait rien faire pour ceux qui mourraient aujourd'hui, mais Dan... son petit-fils ! Lui était passé par là. Il avait vécu tout cela, il avait survécu, seul. Toujours seul... L'immortalité ? Pendant combien de temps ? Pendant combien de temps à se morfondre d'avoir survécu, seul ? Pendant combien de temps avoir voulu se venger, seul ? Et finalement, il avait dû l'accepter, certainement... ou se détourner de l'humanité, et oublier. Mais si lui, Edward Potter, pouvait comprendre, alors pourrait-il l'aider ?

- Stupide Griffondor, marmonna Dan en attrapant son épaule.

Ce fut brutal. Douloureux. Passer de force à travers une barrière anti-transplannage était du suicide !

Le soleil se couchait, les flammes dansaient dans l'espèce de campement de fortune. L'Auror Potter distinguait encore les restes d'un bouclier de camouflage très puissant.

A genoux à terre, Neville pleurait.

- Qu'avons-nous fait ? ne cessait-il de murmurer. Si on ne les avait pas trouvé, les Sorciers...

Devant lui, Harry se battait comme un diable face à quelques Mangemorts sans masque. Des Sorciers... Le plus gros de leur troupe était encore dans le campement, comme le prouvait les rires, l'amusement face aux flammes et à la mort.

- Lève-toi Neville ! ordonna Harry. Ils sont morts, tu culpabiliseras plus tard, si on survit. Lève-toi ! Bats-toi !

Mais le Londubat ne réagit pas, continuant à se morfondre sur lui-même.

Il se reçu un sort d'électrocution en pleine face. Cadeau de son partenaire de caverne.

- DEBOUT ! hurla le Survivant.

Neville se redressa, les larmes dévalant son visage. Sa baguette tremblait sous ses soubresauts.

- La culpabilité est un poison puissant, murmura Dan Sanders à l'intention d'Edward Potter. Jusqu'à présent, il n'avait jamais été le responsable du décès de quelqu'un.

- Vous connaissez la culpabilité, constata celui-ci.

- Je suis immunisé, contra l'autre sans montrer de sentiments, sans voir le regard triste de son grand-père.

Les sorts fusaient dans tous les sens. Harry restait dos-à-dos avec Neville afin de laisser le moins d'ouvertures possibles, mais même ainsi... Comment en étaient-ils arrivés là ? Soudainement, le rire d'un des Mangemorts fit grimacer le Survivant. Bellatrix...

Celle-ci donnait l'impression de fêter son anniversaire en avance tandis qu'elle se battait.

- Dire qu'on ne savait même pas qu'ils étaient cachés ici ! Bébé Potter, tu nous es vraiment utile ! Merci mon chéri ! déclara-t-elle en s'inclinant, après avoir lancé un sort de magie noire particulièrement vicieux.

Harry répondit vivement en jetant un de ses pièges de feu sur elle, mais elle parvint, par il ne sait quelle méthode, à le repousser plus loin. Les cris de jeunes Sorciers furent atroces. Tout comme l'odeur. Mais personne ne s'arrêta sur ces détails.

- Tu me manques beaucoup tu sais, Harry. J'aimais bien t'avoir sous la main, quand tu es venu chez nous. Tu t'en souviens ? Dire que tu as même tué ce pauvre enfant... Matteo...

Harry cria de rage en jetant un Avada Kadevra, qu'elle évita d'un simple pas en riant.

Et puis, elle réussit. Elle atteint sa cible. Pas Harry. Non, ça aurait été trop simple...

Le Survivant sentit Neville s'affaler contre son dos, s'écrouler par terre, silencieusement...

Et Lestrange hurla presque de plaisir en clamant qu'elle avait supprimé toute la famille Londubat. Jusqu'au dernier. Le prochain sur sa liste était Harry. Le dernier... Le Survivant.

Et celui-ci avait crié. Son autre piège de feu avait été lancé. Beaucoup furent pris dedans. Mais pas Elle. Ni Lui. Lui qui observait. Lui qui état toujours là. Lui qui n'agissait jamais, dans aucun sens. Ou presque. Il avait tué Dumbledore. Et Harry lâcha sa baguette.

Avant que celle-ci ne touche le sol, deux poignards atterrirent dans la gorge de Sorciers dont jamais Harry ne se souviendrait du visage. Le sang gicla sur son visage alors qu'il rappela ses armes directement dans ses mains. Mais du poison restait visible dessus. Il ne voulait pas les empoisonner. Ce serait trop simple. Trop rapide... Trop gentil... Deux autres eurent la gorge tranchée pour la simple raison qu'ils étaient un peu trop proche. A portée de main. A nouveau, les éclaboussures ne le perturbèrent pas plus que ça. Un autre Sorcier voulu sauter sur lui, de rage. Quatre de ses camarades étaient morts. Certains étaient ses amis... Le reste du poison présent sur les lame disparu dans son ventre, faisant de lui la cinquième victime. Et le Survivant évitait les sorts. Dansait. Tuait. Pleurait sans s'en rendre compte, créant des sillons dans le sang maculant son visage. Et tout se passa très vite.

L'avant-bras gauche de Bellatrix tomba au sol. Tranché net. La marque des Ténèbres hurla. Le serpent ondula. Puis s'immobilisa.

Sévérus Rogue leva le sort anti-transplannage, prêt à partir.

Harry le replaça, sans que personne ne sut réellement quand il avait récupéré sa baguette.

Draco Malfoy, le regard vide, baissa les bras. Il était mort il y a longtemps. Il avait fait une erreur. Une seule... Et il la payerait toute sa vie, de toute façon, mais si elle pouvait être plus courte... ses yeux se fermèrent, attendant son destin.

Quand il les rouvrit, une minute plus tard, il sut qu'il allait effectivement mourir dans peu de temps. Sa durée de vie, après qu'il ait annoncé à Lord Voldemort que tous les Sorciers envoyés sur cette mission étaient morts, était proche de 20 secondes.

Le plus étrange était certainement les deux avant-bras gauches gisant sur le sol, leurs propriétaires volatilisés.

Il tomba à genoux, dans les cendres et le sang. Pourquoi Voldemort ? Si seulement... S'il avait pu... S'il avait osé... Un liquide poisseux, rouge carmin lui coula sur la joue. Du sang qui ne lui appartenait pas...

Sa marque le brûla. Son Maître attendait.

Il posa son regard sur un poignard, resté au sol. Puis sur les avant-bras. Si lui aussi... Alors peut-être qu'il serait libre !

Puis il rit. Et ensuite quoi ? Retrouver Potter ?

Il transplanna. Son Maître n'aimait pas attendre, et il espérait un simple Avada. Rapide et sans douleur.

Dans la plaine rouge sang, seul les crépitements des habitations en contre-bas brisait le silence. L'odeur de la mort était lourde. Entre la chaire brûlée et l'odeur de fer... l'odeur de peur mêlée au sang...

Et dans cet air lourd, Edward Potter restait debout, ses espoirs pour Neville abattus, mais les yeux secs et déterminés. Il avait pensé que la guerre qu'ils vivaient à son époque n'était qu'une passade, que l'Ordre, sous les consignes de Dumbledore, rétablirait l'équilibre. Il avait eu tort. Ils n'avaient rien changé. Ils auraient dû faire plus. Ils devaient faire plus. Et il lui avait fallu cette tuerie pour finalement comprendre ce que Sanders lui disait. Ici, en ce temps, il n'y avait plus d'espoirs. Voldemort avait gagné. Dumbledore n'avait été qu'un caillou dans sa scandale...

Mais Harry Potter, son petit-fils... Non... Dan Sanders pouvait-il réellement accepter cela ? L'Auror ne savait peut-être pas comment il était devenu aussi fort. Mais il l'était devenu, sans aucun doute. Il l'avait vu quand il était partit sauver son fils. Marlène tremblait encore de son duel. Dumbledore était perdu bien qu'il ne le montrait pas. Voldemort se questionnait... Mais Lui... Lui pourrait faire la différence. Avec Dumbledore. Avec l'Ordre. Mais le voudrait-il ? Et d'ailleurs... où Diable était-il passé ?

L'Auror Potter se surprit à paniquer. Il ne l'avait quand même pas abandonné ? Pas ici ? Pas maintenant ? Il ne pouvait pas faire ça ! C'était...

Edward poussa un soupir de soulagement en le voyant au loin, si dirigeant vers le centre de ce qu'il restait de village. Il dut courir pour le rattraper.

- Que fais-tu ? demanda-t-il immédiatement.

Dan parut surpris de le voir.

- Je me ballade, répondit-il finalement.

Charmant. Absolument charmant. Le décors était vraiment... très décontractant.

L'Auror grimaça. Il ne savait pas comment, mais Sanders devait revenir à la raison. Au moins un peu... C'était capital... mais mal partit. Pour l'instant, il semblait plus s'amuser à soulever des morceaux de bois calciné du bout de son pied, sans chercher quoi que ce soit en particulier. Pourtant, Edward voulait pouvoir l'aider, le sauver... Et pas uniquement pour la guerre. Même si c'était aussi une raison... Mais... Tout était si flou dans son esprit. Il avait l'impression de s'être attaché à l'immortel sans vraiment savoir pourquoi. Mais il savait... il sentait qu'il ne se trompait pas. C'était... étrange.

- J'ai une question, reprit l'Auror, mettant ses pensées de côté.

Après un moment de silence, il prit le manque de réponse comme une invitation à parler.

- Pourquoi leur avoir coupé le bras avant de les enlever ? demanda-t-il en essayant d'oublier l'odeur de chaire calcinée qui flottait dans l'air.

Si Dan l'entendit, il n'en montra rien.

Soupirant légèrement, Edward continua à suivre sa descendance, histoire de ne pas être laissé sur place quand il se déciderait à partir. Ce qui ne tarda pas... Ils transplannèrent sans un seul mot.

Mais au vu de l'ambiance dans la caverne, il ne fallut pas longtemps au très récemment grand-père pour se dire que finalement, il aurait peut-être préféré rester là où ils étaient juste avant...

Les deux sorciers, leur avant-bras en moins, étaient attaché au mur, maintenu par des chaînes enchantées, les bracelets et colliers anti-magie parfaitement visibles.

Si Sévérus Rogue restait silencieux, ce n'était pas le cas de sa collègue qui, elle, riait aux éclats en se moquant allègrement du Survivant et de son cadavre d'ami, qu'il avait également ramené.

Pourtant, étonnamment, Harry ne réagissait pas aux paroles de sa prisonnière. En effet, il était avachi sur le sol, sa main tenant celle de Neville. Les yeux grands ouverts, la pupille dilatée, le Survivant semblait crier sans qu'aucun son ne sorte, sa respiration bloquée, erratique...

- Tais-toi Lestrange, murmura finalement le potionniste.

Mais elle n'en fit rien. Harry se tourna légèrement vers Sévérus, qui ne put que baisser les yeux, alors l'Elu tourna son regard vers Bellatrix. Sa baguette se dressa vers elle, et ses yeux changèrent. Ils devinrent vides, sans espoir, une lueur de folie commençant à montrer sa présence.

- Endoloris...

Il l'avait à peine murmuré. L'Auror sursauta, les yeux exorbités, il se tourna vers Dan Sanders, mais celui-ci n'était que présent physiquement. Les yeux dans le vague, nullement dérangé ou surpris par ce qu'il se jouait devant lui.

La Sorcière passa du rire aux cris et aux larmes en un instant. Jusqu'à ce qu'Harry ne lève le sort, après ce qu'il sembla être une éternité à Edward.

Elle reprit son souffla en même temps qu'un rire, bien différent, prenait place.

- Je vois que tu le maîtrises enfin. Comme je te l'avais dit, il faut vouloir que l'autre souffre pour lancer ce sort... Tu as fini par comprendre. N'ai-je pas été une bonne professeur pour toi, Potter ? riccanna-t'elle.

- Et tu ne m'as pas appris que ça... murmura en retour Harry.

Il lança alors un sort de magie noire. Une sorte de fouet lacéra le corps de la femme lui arrachant de cris entre chaque rire. Elle ne guérirait jamais totalement de ces blessures. Il le savait par expérience. Grâce à Elle...

- Non... Non, non... Harry, arrête... Dan... Aide-le, murmura l'Auror, incapable de rester simple spectateur.


Pourquoi il me supplie l'autre ? Il... pleure ? Il n'a jamais dû assister à ce genre de torture... Il veut que j'aide Harry ? Mais Bellatrix n'y survivra pas alors ! Pas qu'elle survivra à ça mais... Oh, non, c'est bon, j'ai compris. Il veut que j'aide Harry en l'arrêtant. Ça ne l'aiderait pas. Ça ne m'aiderait pas...

Voilà qu'il commence à devenir hystérique et à... Et ! Non ! On ne change pas le cours du temps ! C'est mon rôle ça ! Bon, pas le choix, on transplane...

Pourquoi il s'écroule ici après avoir regardé autour de lui ?

Oh, ok...

Bon, j'avoue, peut-être que Poudlard en ruines n'était pas le meilleur endroit... Bha, tant pis, il fera avec.

D'un rapide aguamenti, je lui procure à boire, pour qu'il se taise et arrête de geindre.

Enfin, du silence... Si je me souviens bien, Harry viendra ici, afin d'enterrer Neville, nous laissant le champs libre pour interroger Sévérus. Je vais bientôt savoir... Enfin.

- Merci, murmure Edward.

Bon, et ensuite, je fais quoi de lui ? Je le laisse ici pendant que je vais récupérer ma baguette ? Je ne reviendrai pas à cette époque. Il va mourir... Note qu'il mourra de toute façon. Ou alors je l'emmène avec moi, il n'est pas trop dérangeant. Et il fait passer le temps plus vite...

Je m'assied sur un coin de la tombe de Dumbledore. On a le temps de toute façon, avant qu'Harry finisse par tuer Bellatrix.

- Dan ? questionna finalement l'Auror d'une petite voix.

Bha, après tout...

- Hm ? répondis-je vaguement, en observant le ciel.

Il est dégagé, on voit pas mal de constellations.

- Lestrange... qu'est-ce qu'elle t'a fait pour que tu lui en veuilles à ce point-là, à l'époque ?

Ça paraît tellement dérisoire à présent... Je la détestais tellement. Comme Tom. Mais je crois que je détestais encore plus Bellatrix. Mais maintenant... ces rancunes sont tellement vieille... Oh, bien sûr, je n'ai certainement pas pardonné. Mais c'est du passé, ça n'a plus d'importance. La haine a laissé place à l'indifférence je crois... Mais ce n'est pas ça qu'il veut entendre, n'est-ce pas ? Non, il veut des faits... Il veut savoir pourquoi Harry la torture en ce moment même.

- Peut-être qu'Harry n'est juste pas aussi pur et innocent que tu ne voudrais le croire, répondis-je quand même.

Il ne me répondit pas tout de suite. Je me demande... quand est-ce qu'il est définitivement passé au tutoiement envers moi ?

- Ce n'est pas ça. Il s'est passé quelque chose... affirma-t-il quand même.

Je m'allonge sur la tombe à présent. Des souvenirs si lointains...

Je soupire. Pourquoi pas...

- Dans ma version des faits, elle a torturé les parents de Neville à la folie, à l'aide de Doloris, quand mes parents sont morts. Puis est allée à Askaban, pendant plus de 10 ans. Elle a tué mon parrain, Sirius Black, devant moi après son évasion...

Son visage se tord. Et oui, déjà trois victimes que tu connais. C'est la guerre, papy, la vraie ! Tu voulais savoir, tu sauras...

- Bien plus tard, les Mangemorts ont réussi à me capturer. J'étais une cible de choix. Et Bellatrix m'a toujours apprécié. J'ai été torturé pendant longtemps. Par elle, par Tom, par tout ces Sorciers. Moi et Matteo, on en a pris pour notre grade. Il n'aurait jamais réussi à s'en remettre. Je n'ai jamais cicatrisé. Mais j'ai appris l'art de la torture. Mes premiers pas de Magie Noire, c'en est presque émouvant, pas vrai ?

Je me mets à rire. Mais dans son regard, il y a plus que de la surprise. De la pitié, vraiment ? Je ne peux que rire plus fort. Je vais très bien, merci !

- Des cicatrices ? Je ne vois que celle sur ton front, me dit-il finalement, sur un ton neutre.

Ouh, le vilain ! Il veut voir ! Très bien, qu'il ne se plaigne pas après... Je me concentre assez fort. Ce sort me colle à la peau, lié à ma magie à jamais, il est dur à dissocier... Après tout, je l'avais tout frais sur moi quand j'ai modifié ma nature. Comme le reste, sans concentration, il se replace automatiquement... Là, je le tiens ! L'enlever, hein ? Voilà qui est fait...

Il sursaute, me regardant avec peur et presque dégoût. Génial... En encore, tu n'as pas tout vu papy !

Je déboutonne ma chemise. Je m'en fous de toute façon. Ma pudeur a disparu il y a longtemps.

- Ça suffit... Je... Dan... je suis désolé, je ne voulais pas... murmure-t-il, en baissant les yeux.

Mais c'est quoi son problème maintenant ? Je lui cache, il fait la gueule, je lui montre, il fait la gueule ! Ces humains, franchement...

Je sens mon sort se replacer, me complétant à nouveau.

De toute façon, quelle importance ?

Alors je ris. Je ris sans pouvoir m'arrêter. Sa tête, vraiment !

Et il baisse les yeux, des yeux brillants... des larmes ? Pour moi ?

Mon rire se calme, s'arrête. Peut-être que je n'aurais pas dû ? Je ne sais pas... Je ne sais plus...

Alors je n'y pense plus. C'est plus simple. Bientôt Sévérus, bientôt...


NdA : Le prochain chapitre s'intitulera... « Sévérus Rogue » ! Et oui... Ou alors « Welcolme to the past ! » J'hésite... Mais ne criez pas trop victoire, à l'heure actuelle, seul le titre est écrit... Pardon...

Alors, je vous remercie tous, vraiment, pour vos reviews. Ça me fait chaud au cœur de les lire. Et j'ai pas trop de retard cette fois-ci !