Je ne possède pas Inazuma Eleven Go.

Chapitre 25

Je me réveillai sur mon lit, à cause de Jewel qui venait de s'allonger sur mon visage. Je ne me souvenais pas m'être allongée sur mon lit, pourtant... Ca devait être Mère qui m'avait portée. Je poussai Jewel hors de mon visage, et me redressai. L'image de ce que je faisais hier soir me revint d'un coup, et mon coeur se serra. Non, je ne devais pas y penser ! Je me forcais à penser à des choses joyeuses en m'habillant pour aller en cours. Une fois prête, la photo m'était complétement sortie de la tête, ce qui n'était pas plus mal.

A la fin de la journée, le bilan de l'entraînement était à la fois positif et négatif. Positif, car Ever et moi avions enfin terminé notre technique, et nous avions de bonnes raisons de penser qu'elle nous serait utile lors du match ! J'étais vraiment fière de cette technique. Négatif, car malgré nos efforts, nous étions toujours incapable de réaliser le Tonnerre Ultime. Celui qui fut le plus près d'y arriver fut Riccardo, mais lui aussi fit chou blanc. Nous ne savions vraiment pas quoi faire. Je proposai de demander à Victor, et tous acceptèrent, certains plus à contrecoeur qu'autre chose. Je partis donc à sa recherche, mais ne le trouvais pas. J'accompagnai Ever voir Aurore à l'hôpital, mais Victor n'était pas non plus allé voir son frère. Vladimir me confia même qu'il n'était pas venu le voir depuis des jours, et que ça commençait à l'inquiéter. Quand Ever partir, je restai un peu pour discuter avec Vladimir. Le grand frère de Victor était vraiment gentil, j'aimais beaucoup discuter avec lui. Je rentrai chez moi vers 18 heures.

Le lendemain matin, j'arrivai en avance en cours, au comble du stress, qui ne me quitta pas de la journée. Je ne savais même pas pourquoi je stressais autant. Sans doute à cause du Tonnerre Ultime que nous n'arrivions pas à réaliser. Ou alors, parce que c'était la demi-finale ? Mais ce n'était que le tournoi régional, si je me mettais déjà à stresser à ce point, je n'avais pas envie de voir à quoi je ressemblerai le matin de la finale du tournoi national. Enfin, si nous arrivions jusque là, bien entendu...

Lorsque ce fut l'heure, je montai dans le bus, et m'assis à côté d'Arion. Je ne pus pas m'empêcher de vérifier si Ever s'était assise à côté de Riccardo. Ca n'avait pas manqué. Je souris et m'enfonçai dans mon siège. Arion, au moins aussi stressé que moi, se mit à me raconter les bêtises de son chien Spotter, et je lui contai que, au moins une fois par semaine, Jewel essayait de pêcher les poissons dans l'aquarium. Evidemment, elle n'y parvenait jamais et tombait à l'eau 98% du temps. Nous arrivâmes au bout de dix minutes, la Royal Academy était située par très loin de notre collège.

Nous allâmes nous changer. Ever et moi ne parlâmes pas dans notre vestiaire, je la soupçonnais d'être elle aussi stressée par ce match. Elle m'intercepta cependant au moment où j'allais sortir. Elle me sourit, à force de me cotoyer elle savait comment je fonctionnais, et voulait me rassurer. Etonnament, cela marcha.

- Au moment où ils s'y attendront le moins, on leur envoie notre technique ! proposa mon amie aux cheveux violets.

- Avec plaisir ! approuvai-je.

Je levai la main, elle topa dedans, et nous rejoignîmes les garçons. Nous attendîmes les plus lents à se changer, à savoir Adé et Wanli, et nous nous dirigeâmes vers le stade. Je sentais que l'équipe aussi stressait. J'aperçus Michael, et me dirigeai vers lui. Une fois arrivée à son niveau, je lui chuchotai :

- Comment va ton chien ?

Il se tourna vers moi. Je n'en étais pas sûre, mais il semblait touché par ma demande.

- Il se repose, ce n'est pas la grande forme, mais il a déjà été dans un état pire que ça, murmura t-il.

- Tant mieux alors, souris-je.

Il hocha la tête, et discuta un peu avec Eugène. Moi, je ne parlais plus avec personne. Je mis mon poing au niveau de mon coeur, le visage sans doute crispé par le stress. Je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer les pires scénarios. Je pris une grande inspiration. Si je partais perdante, c'était sûr, je n'allais pas servir à grand chose à mon équipe ! Aller Yuki, un peu d'optimisme !

Nous arrivâmes au stade. Dés que nous fûmes sur le terrain, mon coeur s'emballa encore davantage en voyant tous les spectateurs qui hurlaient, encourageaient déjà les deux équipes. Il n'y avait jamais eu autant de monde ! Nous allâmes à notre banc de touche, la Royal Academy était bien entendu déjà arrivée. Je remarquai que M. Evans et Mme Hills regardaient Jude Sharp, ainsi que son assistant, un homme avec un cache oeil et de longs cheveux gris, presque blanc, qui eux n'avaient aucun regard pour notre équipe. Je soupirai, triste pour notre coach et son amie, et retournai à mon échauffement. Une fois échauffée, j'aidai Arion à finir le sien.

- Vous êtes tous prêts ? demanda M. Evans.

Nous hochâmes la tête et nous plaçâmes. Cette fois, nous avions opté pour un 4-4-3. J'étais dans la défense, au milieu vers la droite, entre Gabi et J-P. Nous attendîmes le coup d'envoi. Quand il résonna enfin, mon stress s'envola tel un papillon qui prenait son envol ; prise dans l'action, je n'avais plus le temps de stresser. A peine le coup d'envoi sonné, la Royal Academy gagnait déjà du terrain, ils n'avaient pas usurpé leur réputation... Je bloquai un joueur avec ma technique, avançai un peu, et passai le ballon à Arion. Mon meilleur ami passa un milieu de terrain de la Royal Academy avec sa propre technique, et tenta un tir simple de loin. Un défenseur le bloqua avec sa poitrine et la dégagea.

Un attaquant avec une cicatrice sur le visage fit une drôle de tête en voyant un signe que lui fit son coach. Une sorte de rictus sadique... Tous les joueurs, y compris les attaquants, se regroupèrent en défense. A partir de cet instant, nous fûmes totalement incapables de gérer. Nous ne pouvions plus franchir la ligne de défense adverse, quant à tirer au but, n'en parlons pas ! En revanche, suite à un nouveau signe de leur coach, les attaquants de la Royal Academy s'en donnèrent à coeur joie. L'attaquant à la cicatrice, Rex Remington selon le commentateur, tira avec un esprit guerrier impressionnant représentant un corbeau aussi noir que la nuit...

- Corvus, le Corbeau des Ténèbres !

Samguk, malgré sa technique Arrêt Flamboyant, ne pouvait rien faire face à un tir d'esprit guerrier. Ce fut ainsi que nous subîmes notre premier but de la partie, au bout d'une vingtaine de minutes. Nous essayâmes bien le Tonnerre Ultime, mais rien à faire, la défense de la Royal Academy était bien trop compacte. Comment pouvions-nous faire ? Je croisai le regard désespéré de Riccardo. Il ne savait plus quoi faire... Lors de la reprise, il fit le Tacticien Céleste. C'était la première fois que je participai à cette tactique, et il m'envoya attaquer. Hélas, impossible de passer. J'esquivai un défenseur, un deuxième, mais le troisième et le quatrième firent une prise en tenaille qui m'envoya valser. J'atterris sur le dos, et eus le souffle coupé pendant quelques secondes. Je me relevai juste à temps pour intercepter une passe d'un défenseur à un attaquant, et envoyai le ballon en touche.

Je redescendis en défense le plus vite possible, car malgré mon intervention, les attaquants de la Royal Academy se rapprochaient dangereusement de notre but... Je constatai avec effroi que c'était Rex qui avait le ballon. Je piquai un sprint, et bloquai la route à Rex. Il eut un air dédaigneux :

- Raimon est tombé bien bas, pour faire jouer une fillette comme toi !

Je serrai les dents. Il n'y a pas si longtemps, j'aurais été tellement affectée par ses paroles que je l'aurais laissé passer. Mais j'en avais assez ! Ce type était le parfait impérial : cruel et arrogant, il n'était pas comme Victor ou Infinity. Pas question de me laisser faire, je vais le lui prendre, ce ballon ! Je fis une feinte plutôt basique : je fis mine de partir vers la droite, avant de me rajuster et de lui prendre le ballon par la gauche. C'était effectivement très peu original, mais cela marcha quand même. Je passai à Gabi, qui fit une longue passe vers l'avant, en direction de Riccardo. Nous continuâmes à lutter ainsi pendant de longues minutes. Mais à la fin de la première mi-temps, nous étions extrêment fustrés ; la Royal Academy menait 2 à 0, vu que Rex avait quand même réussi à de nouveau marquer.

Skie me passa une bouteille d'eau. Je la remerciai et me mis un peu d'eau sur le visage. Nous nous regardions tous en chien de faïence, nous ne savions plus quoi faire... Finalement, ce fut Gabi qui posa la question fatidique :

- Riccardo... Comment pourrions-nous gagner ?

Soudain, une voix retentit derrière nous :

- En me laissant jouer !

Quelques instants plus tôt.

- Ils ont vraiment l'air en difficultés, Victor. Tu es sûr que tu ne veux pas aller les aider ? demanda Vladimir en se tournant vers son frère.

Victor était assis sur le lit de son grand frère, le regard tourné vers la télévision. L'écran affichait actuellement un gros plan sur les visages désespérés des joueurs de Raimon, et le présentateur y allait de ses commentaires. Quand la caméra passa sur le visage de Yuki, Victor écarquilla les yeux. Malgré le désespoir des autres membres de l'équipe, elle ne perdait pas espoir. Victor la vit faire face à Rex Remington, déterminée à lui bloquer la route. Et elle réussit avec une feinte très bien réalisée. En la voyant combattre bec et ongles pour gagner un match qui semblait perdu d'avance, Victor porta son poing à son coeur. Quelque chose remuait en lui, une envie de jouer qu'il n'avait pas ressentie depuis des lustres. Mais il ne pouvait pas. Il devait faire ce sacrifice... Pour Vladimir. Aussi, il reposa sa main sur le lit, le visage et la voix de nouveau neutres.

- Ils n'ont pas besoin de moi, argumenta t-il.

- Je dirais plutôt le contraire, insista Vladimir. Tu sais, tu n'es pas obligé de rester avec moi, je comprendrais que tu veuilles aller jouer.

- Je vais chercher un truc à boire, trancha Victor en se levant.

- Mais...

Victor ne laissa pas protester et ferma la porte. Vladimir, dans son fauteuil roulant, s'approcha de la porte, déterminé à comprendre ce qui arrivait à son petit frère. D'habitude, il serrait aller jouer avec son équipe, plutôt que de rester avec lui ! En agissant de la sorte, on aurait dit que Victor souhaitait résister à la tentation de jouer... Mais pourquoi faisait-il une chose pareille ? Alors que Vladimir allait ouvrir la porte, il entendit une voix masculine qui lui était inconnue parler, et celle de son frère lui répondait ! Bien qu'il n'aimait pas espionner les gens, Vladimir jugea qu'il devait écouter cette conversation. Et ce qu'il entendit le choqua énormément.

- Je peux savoir ce que tu fais ici ? demanda la voix inconnue sur un ton de reproches. Tu devrais être en train d'empêcher les Raimon de nuire.

- Je sais, répondit Victor.

- Après l'écart que tu as eu lors du match contre la Foi-Toute-Puissante, nous ne pouvons plus tolérer de tels affronts. Et surtout, n'oublies pas : si tu continues ainsi, tu pourras bien adieu à l'argent prévu pour l'opération de ton frère.

Vladimir écarquilla les yeux. Victor... Faisait parti du Cinquième Secteur... Et il faisait ça pour payer son opération... Mais ce n'était pas son rôle ! Autant en colère que triste, Vladimir retourna auprès de son lit, et attendit que Victor revienne. Quand ce dernier reparut dans la chambre, il trouva son frère la tête baissée, le regard sombre.

- Vladimir ? s'inquièta t-il.

- Quand m'as-tu entendu dire que c'était de ta faute ? Que tu étais responsable de cette situation ?

Comprenant, Victor dut puiser dans tout son courage pour ne pas partir en courant, et soutenir le regard énervé de son grand frère. Il chercha un moyen de contourner l'histoire, de lui dire qu'il avait mal entendu, un mensonge crédible ! Mais rien n'y fit, rien ne vint. Il opta donc pour la vérité.

- Jamais, avoua t-il.

- Je... Je n'arrive pas y croire... murmura Vladimir. Je n'arrive pas à croire que tu ai pu rejoindre le Cinquième Secteur ! Tu as trahi le football, tu en as conscience de ça ?! Le football que nous aimions tous les deux !

- Mais... essaya Victor en tendant légérement la main vers son frère.

Quand il voulut lui toucher l'épaule, Vladimir le repoussa, le regard noir. Cette fois, il ne plaisantait pas. Il était vraiment en colère, la colère avait même totalement envahi son être, écrasant la tristesse. Victor ne reconnaissait plus son frère, d'habitude si gentil et si doux.

- Va t'en, ordonna le plus âgé.

- Vlad...

- J'AI DIT : VA T'EN ! hurla Vladimir. JE NE VEUX PLUS TE VOIR !

Choqué, Victor mit quelques secondes à comprendre ce que son frère voulait. Il sortit. En avançant dans l'hôpital, il aperçut son reflet dans le distributeur de boissons. Ce fut ce qui déclencha le déclic en lui.

- Vlad a raison, pensa t-il à voix haute. Je ne peux plus me cacher derrière l'accident de mon frère. Je ne peux plus trahir le football comme je l'ai fait. Je sais que j'ai à faire, maintenant !

Il sortit en courant de l'hôpital. Par chance, la Royal Academy n'était pas très loin de l'hôpital. Victor se mit à courir, slalomant entre les piètons. Il eut très vite les poumons en feu et un point de côté, mais il continua. Il devait arriver à temps pour jouer au moins la deuxième mi-temps ! Enfin, il aperçut le bâtiment noir de la Royal Academy et s'y engagea. Il arriva au niveau du banc de touche des Raimon juste à temps pour entendre Gabi dire :

- Riccardo... Comment pourrions-nous gagner ?

Victor s'arrêta, respirant fort. Il allait le faire. Abandonner le Cinquième Secteur. Il le savait, à présent : c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Il ne devait pas arrêter de croire en ses rêves à cause de son frère. Déterminé, il s'écria :

- En me laissant jouer !