Un grand merci aux habituées qui continuent à me soutenir sans faille ! Et surtout à Petit louve qui a bien voulu m'aider de ses conseils ^^
Umichan17 : merci à toi aussi pour ton review ! Même si je ne comprends pas ce que tu voulais dire par "des personnages plutôt communs" XD en tous cas, bonne lecture à tous ! :-D
Les petites jambes de Zoro ne le portaient pas aussi vite qu'il aurait voulu, mais il fut soulagé en voyant Marty le dépasser, courant lui aussi en direction des corps inanimés. Avec un peu de chance… Avec un peu de chance, quelqu'un arriverait à temps pour écarter Luffy, Brook et les autres, avant que Chopper ne leur tombe dessus et ne les écrase !
C'est à ce moment-là que se produisit un miracle. Il y eut un éclair blanc dans le ciel, si fugace que Zoro crut l'avoir rêvé, et Chopper tomba dans l'autre direction, faisant trembler la terre dans sa chute. Franky arriva à hauteur de Zoro à ce moment-là, légèrement essoufflé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le cyborg, l'air émerveillé.
- Si je le savais… grogna Zoro, bien qu'il avait sa petite idée sur la question.
Petite idée qui se vit confirmée lorsqu'une voix bien reconnaissable leur parvint.
- Foutus nakamas de merde… Je vous laisse seuls un jour et voilà ce qui arrive !
- Sanji ! s'écria Franky en se retournant, avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Eh bien, quoi ? Je vous ai manqué à ce point ? répondit Sanji en prenant une pose qui se voulait nonchalante, bien que son sourire nerveux le trahisse.
Zoro ne put rien dire. Il était resté figé lorsqu'il s'était retourné, éberlué par la vue qui se présentait devant lui. Mais lorsqu'il retrouva le contrôle de ses cordes vocales, le seul son qui lui échappa fut…
- BWAhahahahah ! C'est quoi cette tenue, cuistot de merde ?!
- Moi au moins, j'ai quelque chose sur le dos ! Pas comme d'autres ! riposta Sanji, dont le visage avait pris une teinte cramoisie.
L'accoutrement de Sanji était particulier, c'était le moins qu'on puisse dire. Il portait une ample chemise blanche à jabot, fermée par de petits boutons ronds, noirs et luisants. Ses manches étaient elles aussi terminée par de larges volants en dentelle. Le bas de la chemise était rentré dans une sorte de caleçon blanc moulant, fermé par des lacets noirs sur le devant, et qui s'arrêtait juste en-dessous du genou. De part et d'autre des jambes de Sanji, des petits nœuds en satin noir décoraient le bas du caleçon. Les mollets du cuistot étaient recouverts par des bas blancs à pois noirs, et ses pieds étaient enserrés dans des espèces de chaussons blancs à bout recourbé, avec chacun un gros pompon noir sur le dessus.
- AhahahHAHAH ! Tu as l'air SUUUUUUPER, Sanji-bro ! s'esclaffa Franky, essuyant des larmes d'hilarité au coin de ses yeux.
- Personnellement, je préfère être à poil que porter un truc pareil, renchérit Zoro avec un air moqueur. Mais peut-être que tu avais peur de souffrir de la comparaison ? Tout le monde ne peut pas être aussi bien doté que Franky et moi…
- Rien à voir ! Je n'ai rien à envier à vous deux, et tu le sais très bien ! fit Sanji en s'étranglant de colère.
- Oooh ? Zoro t'a déjà vu tout nu, Sanji-bro ? demanda Franky avec un air malicieux.
- C'est pas le moment de parler de ça, grogna Sanji en détournant le regard.
Son visage était devenu violacé, et Zoro remarqua que le blondinet se mâchonnait la lèvre inférieure, faute de cigarette à torturer. « Il n'a pas l'air blessé, en tous cas… » pensa le sabreur. « Où était-il fourré depuis tout ce temps ? Et d'où est-ce qu'il sort cette tenue ridicule ? »
Brusquement, Sanji tressaillit, et ses sourcils se froncèrent, tandis qu'il serrait les poings.
- Eh, c'est qui ce gars qui emmène Luffy ? Il est arrivé en même temps que vous, mais... Est-ce que c'est bien un allié ?
Franky et Zoro jetèrent un coup d'œil par-dessus leur épaule, pour voir que Marty avait passé le bras de Luffy par-dessus son épaule et s'apprêtait à le ramener chez lui.
- Ne t'en fais pas, Sanji-bro, le rassura Franky. Marty a quelques connaissances en médecine, et il s'est proposé pour prendre soin des blessés.
- Oh, je vois... C'est vrai que ça devenait urgent, fit Sanji en hochant la tête. Ditwin, tu vas aider Marty avec les blessés. Harding respire encore, par je ne sais quel miracle, et Almar lutte pour rester conscient. Pour Brook, il suffirait de lui extraire la balle de granit marin qu'il a dans la colonne vertébrale pour qu'il puisse remarcher et vous aider.
Ditwin était en effet arrivé à leur hauteur, et s'était laissé tombé à genoux à côté d'eux, avec un grand sourire adressé à Sanji. Zoro aurait préféré qu'il s'abstienne - en effet, la lèvre du pirate était fendue et saignait abondamment, et le fait de sourire ne faisait qu'accentuer le phénomène. Par ailleurs, le reste de son visage du pirate n'avait pas été épargné non plus. Il saignait abondamment d'une arcade sourcilière, et son œil en-dessous était boursouflé et réduit à une fente. Sa joue droite arborait elle aussi une vilaine coupure, tandis que sa pommette gauche présentait une palette de couleurs allaient du mauve au jaune en passant par le vert, mais qui ne disaient rien de bon pour l'os en dessous. Son nez avait l'air cassé à divers endroits et des traces de sang étaient encore visibles sous les narines, bien qu'il puisse aussi provenir de sa lèvre. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, Zoro vit que Theo, plus loin, était occupé à ligoter un Kjeld toujours inconscient. « Brave gamin » pensa le sabreur avec un petit sourire.
- Tu es sûr que ça ira, Ditwin-bro ? s'enquit Franky avec un air préoccupé.
- De Feux aiDer ! protesta Ditwin en acquiesçant avec véhémence.
- Bien. Zoro, Franky, avec moi ! ordonna Sanji, l'air soudain féroce.
- Pourquoi faire ? demanda le sabreur en fronçant les sourcils.
- Pour botter le cul à Alrik et à Grim, bien sûr !
~~~POV Franky~~~
C'était un soulagement de revoir Sanji, après tout ce temps à le chercher. Apparemment, il était indemne, si ce n'était pour sa taille réduite, comme la leur. Il s'était fait tellement de mouron pour lui, après avoir retrouvé ses vêtements dans la botte de foin ! Mais si Sanji n'était pas blessé, ni prisonnier quelque part, pourquoi n'était-il pas revenu plus tôt auprès de ses nakamas ? Franky repensa aux paroles de Robin, la veille au soir : « Peut-être a-t-il simplement trop honte… ». Effectivement, Sanji semblait éviter de les regarder dans les yeux, Zoro comme lui. Et quand le charpentier avait voulu le taquiner, l'éclair de douleur qui avait traversé les yeux du cuisinier ne lui avait pas échappé, et Franky s'était aussitôt senti coupable. Pas le temps de s'excuser, néanmoins : Ditwin était tout de suite arrivé près d'eux, l'air ravi et soulagé de revoir son ami d'enfance. Mais Sanji lui avait à peine souri, et après un bref signe de tête, il s'était immédiatement mis à lui donner des directives sur un ton péremptoire. D'accord, la situation se prêtait peu aux effusions, mais Ditwin aurait pu s'attendre à un autre accueil ! Peu à peu, Franky remarquait d'autres détails : la façon dont les mains de Sanji tremblaient, ses traits tirés, ses épaules qui s'affaissaient imperceptiblement dès que le cuistot ne faisait pas attention… Sanji avait l'air hanté, bien qu'il fasse de son mieux pour le cacher et pour paraître plein d'assurance.
Franky eut l'impression de retrouver le vieux Sanji, toutefois, quand celui-ci se mit à leur exposer son plan de bataille avec un sourire carnassier. La perspective de vaincre leurs ennemis, au moins, semblait lui redonner du poil de la bête. Comme si c'était la seule chose qui le motivait encore…
- On ne sera pas trop de deux pour manipuler ce truc – disait Sanji. Franky, ton arsenal est encore opérationnel ?
- Je ne vois pas pourquoi il ne le serait pas – répondit le cyborg. Mais mes armes ont été réduites en même temps que le reste de mon corps, donc elles auront sans doute moins d'impact, miniaturisées comme elles sont.
- L'important n'est pas la puissance du coup, c'est qu'il soit bien placé – sentencia Sanji. Bon, tout le monde sait ce qu'il doit faire ? C'est parti !
~~~POV Alrik~~~
- Bon. Maintenant. Si on mettait deux ou trois choses au point, mon cher Capitaine ? avait dit Grim d'une voix mielleuse, en s'approchant d'Alrik.
- Q-qu'est-ce que tu veux dire ? avait balbutié Alrik, se sentant de plus en plus petit au fur et à mesure que le colosse s'approchait de lui.
Grim s'arrêta juste en face du capitaine, et s'accroupit devant lui, le surplombant malgré tout de toute sa hauteur. Alrik déglutit nerveusement, et se tassa un peu plus.
- Ce que je veux dire ? Oh, je ne sais pas, moi… fit Grim en se frottant le menton, faisant mine de réfléchir. Loin de moi l'idée de t'accuser de quoi que ce soit, mais j'ai l'impression que tu as oublié quelques détails me concernant. Comme par exemple, le fait que je ne suis pas un de tes subordonnés, et que tu n'as en aucun cas le droit de me donner des ordres !
- Ah… Ça doit m'avoir échappé, en effet… croassa Alrik, la gorge sèche. Mais je te promets que ça ne se reproduira plus !
- J'ai des doutes. Tu vois, moi je pense que dès que tu auras de nouveau tes pistolets sous la main, ou que Bjarni et ses gantelets seront à proximité, tu oublieras de nouveau.
« Mes pistolets ! Où sont mes pistolets ? » se demanda Alrik qui commençait à sentir la sueur froide lui dégouliner entre les omoplates. Du coin de l'œil, il vit du mouvement derrière Grim, du côté des blessés. Un homme, totalement inconnu au bataillon, soulevait le corps de Luffy pour passer un bras de l'homme-élastique au-dessus de ses épaules, et l'emmener ainsi avec lui. « Il veut sans doute récupérer la prime à ma place… » songea Alrik, serrant les poings.
- Oh, tu m'écoutes ?! s'énerva soudain Grim, claquant ses doigts gigantesques devant le nez d'Alrik, qui en fut presque assourdi.
- Ah oui, oui oui… répondit Alrik machinalement, ouvrant de grands yeux.
- Et qu'est-ce que j'ai dit ?
- Que, euh, que…
Alrik, tout en se creusant la cervelle pour trouver une réponse valable, tentait de suivre du regard l'homme qui emportait Luffy, afin de pouvoir le retrouver plus tard et lui régler son compte. Mais voici que quelqu'un d'autre entra dans son champ de vision. « Tiens, Ditwin est encore en état de marcher ? Après s'être fait presque broyer les os par l'autre monstre, je suis étonné. Mais ! Qu'est-ce qu'il fait ? Il n'empêche pas ce type de partir avec Luffy ? » De toute évidence, non, Ditwin n'en avait pas la moindre intention. Au contraire, il ignora complètement l'inconnu, et s'accroupit à son tour à hauteur des blessés. Sans doute pour vérifier s'il y en avait qui respiraient encore. « Mais alors… Ce type est en train de les aider ?! » réalisa Alrik.
- JE DISAIS que tu ferais mieux de me traiter avec un peu plus de considération, si tu ne veux pas que je prenne mes cliques et mes claques et que je retourne bien gentiment à Is, tonna Grim, lui prenant le menton entre deux doigts pour obliger Alrik à le regarder. Après tout, je suis déjà bien sympa de vous aider, toi et ta bande de minables. Je ne vous dois rien, au contraire ! C'est toi qui aurais quelque chose à te faire pardonner, en ce qui me concerne ! Donc tu vas te mettre à me demander les choses poliment, et tu vas arrêter de m'aboyer dessus pour un oui, pour un non. Les seuls ordres auxquels je réponds sont ceux de Letcher. Certainement pas les tiens. Vu ?
- Ecoute, Grim, ce n'est pas vraiment le moment, là… grogna Alrik, irrité, tentant de se dégager – en vain.
- PARDON ? J'ai bien entendu, là ?! Ce n'est pas le moment !? s'écria Grim en s'étranglant presque. Et quand est-ce que ce sera le moment, dis-moi ? Quand tu agiteras de nouveau tes pistolets sous mon nez ?!
- Ce sera le moment quand on ne sera plus en plein milieu d'un combat, triple abruti ! rugit Alrik, parvenant enfin à se libérer de l'étreinte du colosse.
- En plein milieu ? s'étonna Grim. Mais ils sont tous…
C'est à ce moment-là qu'Alrik, faisant quelques pas de côté pour voir ce qui se passait derrière Grim, la vit : la crosse de son pistolet, brillant au soleil, pointant droit dans leur direction.
- FEU ! fit une petite voix fluette.
Alrik, éberlué, resta figé tandis qu'un mini-Sanji tout vêtu de blanc donnait un coup de pied retourné sur la gâchette du pistolet, faisant partir le coup. Celui-ci claqua dans l'air avec un bruit qui sembla assourdissant à Alrik, et il retint sa respiration malgré lui, se blindant mentalement contre la douleur. Cependant, celle-ci ne vint jamais. A l'inverse, ce fut Grim qui, avec un hoquet, se cambra, dont les yeux se révulsèrent, et qui disparut soudain avec un "POP" !
Pour être plus exact, Grim ne disparut pas vraiment. Il reprit simplement sa taille initiale, ce qui ne fut pas le cas de ses vêtements - il fut donc bientôt noyé dans l'énorme tas de linge. Alrik, à ce moment-là, retrouva l'usage de ses membres. Les doigts crispés sur le sabre de Kjeld, il tenta de courir vers le mini-Sanji pour le couper en deux proprement, et au diable ce que pourrait penser Osvaldsson ! Mais soudain, une chaîne métallique terminée par un petit cube rouge s'enroula autour de ses chevilles, lui faisant perdre l'équilibre, tandis qu'une petite voix derrière lui criait :
- STRONG RIGHT !
Alrik tomba par terre la tête la première, et eut le réflexe de rouler sur une épaule, afin de se retrouver sur le dos plutôt que sur le ventre. Il tenta aussitôt de se relever, enragé contre cette sale petite vermine qui osait l'entraver, mais soudain un bruit de détonations multiples retentit à nouveau, et Alrik sentit une douleur intolérable lui vriller le bas-ventre. Après cela, Alrik eut vaguement l'impression que la chaîne autour de ses chevilles s'évanouissait, mais il était bien incapable de profiter de cette nouvelle liberté - bien trop occupé à se rouler par terre en s'agrippant les bijoux de famille. C'était d'un vicieux ! Qui était assez inhumain pour frapper un homme à terre, et à un endroit aussi sensible ? Clignant des yeux à répétition pour en chasser les larmes (pas qu'il pleurait, non non, il avait simplement une poussière dans l'œil. Dans les deux yeux. Enfin bref !), il vit apparaître juste devant son visage le mini-cyborg aux cheveux bleus, qui tenait son bras gauche comme s'il s'agissait d'un fusil. Et, en vérité, Alrik put voir que la main gauche du cyborg était repliée vers le bas, comme grâce à une charnière, pour laisser apparaître le canon d'une arme, pointée entre ses deux yeux. Il remarqua aussi qu'une partie de son épaule était ouverte, laissant voir cinq ouvertures en quinconce, qui fumaient encore légèrement. C'était sans doute de là qu'étaient partis les missiles destinés à attaquer sa virilité aussi outrageusement.
- C'est fini, Alrik, cracha Franky. A cette distance-ci, crois-moi, je ne peux pas te louper !
