Bonjour bonjour !
Nous voici avec la suite de cette histoire avant une pause d'une durée indéterminée (mais qui ne devrait pas dépasser les deux semaines) pour cause d'arrivée vacancière de ma comparse autrice et amie : Marie-Alice Gilbert. (Autrement dit, elle débarque avec sa tribu chez moi pour une dizaine de jours de vacances ;) ).
Sinon, j'espère que vous allez bien et que vous profitez de vos vacances pour qui en a (et courage aux autres ;) ).
Je ne vais pas trop m'attarder, j'ai encore une tonne de choses à faire et je pense que mon blabla ne vous intéresse pas tant que ça ;)
Bonne lecture !
(et merci encore mille fois pour vos nombreux retours ! Plus de 500 reviews pour cette histoire, c'est génial ! Avec du Drastoria/Romione en annonce, j'espérais pas vous intéresser autant ^^)
RARA :
Guest (3/7) : Merci beaucoup pour ces si gentils compliments, ça me fait vraiment très plaisir ! C'est vrai que je ne laisse pas trop mes chapitres sur un suspense insoutenable... Mais le but est effectivement de suivre leurs vies en se laissant porter, comme sur un cours d'eau. Une croisière à travers leurs histoires :)
A voir si on aura toujours cet effet dans la seconde partie vu que je vais reprendre une chronologie plus traditionnelle (et je repense à mes chapitres déjà écrits et je n'en ai pas l'impression...). Il faut dire aussi que le double pdv dans un chapitre m'aide, contrairement à FM où je coupais parfois à un moment-clé car je voulais aborder la suite du pdv de l'autre... Bref, merci encore et je suis vraiment ravie que tu aimes cette histoire !
Antoinette : Coucou ! Pour la conception de Scorpius, ça ne devrait vraiment plus tarder... J'espère que ce sera à la hauteur de ton attente ! Je suis contente que tu aies relevé la "mauvaise blague" de Ron qui pense Astoria enceinte. C'était le but recherché ^^
Je suis contente aussi que tu aies aimé la demande en mariage de Ron. Elle est loin d'être parfaite mais je sais pas, elle s'est révélée d'elle-même. Je trouve qu'elle résume bien leur relation (dans cette histoire, du moins). Rose ne devrait plus tarder non plus... Mais bon, j'ai un an de battement, quand même, pour une même rentrée à Poudlard (1er septembre 2005-31 août 2006) donc on va ptet attendre encore un peu ;)
Contente aussi (je me répète) que mon choix de Bruxelles t'ait plu ! Ca change, oui, et au final, je sais mieux le défendre que l'Italie ou l'Espagne où je ne suis jamais allée ^^.
Merci pour cette review, en tout cas, et j'espère que cette suite te plaira !
Cecile : Eh oui, ça y est, Astoria commence à en parler... L'annonce aux Greengrass est bien évidemment prévue, mais va falloir attendre encore un peu.
Ravie que la demande en mariage de Ron t'ait plu, même si c'était pas forcément la plu romantique ou quoi... Je sais pas, je trouvais ça "naturel". La Belgique est un beau pays, mine de rien ! Si un jour tu montes dans "le Nord", fais moi signe, ah ah. Drago et Hermione semblent avoir une sorte de déclic, en effet... mais jusqu'à quand ?
Merci une fois de plus pour cette review, en tout cas !
Guest (6/7) : Ravie que tu aies aimé ! Pour la conception de Scorp, ça ne va plus tarder ;) Merci pour ta review !
Je dédie ce chapitre à ma collègue et amie (si elle lit cette note d'autrice, ah ah)
Merci à Damelith, Deborah Petra, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.
Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt
L'Autre
2005 - Drago/Hermione
Drago reposa la Gazette, surpris de ne rien ressentir.
Il pouvait faire preuve de toute la mauvaise foi qu'il voulait face à Astoria, mais il était parfaitement conscient qu'il y a peu, cette nouvelle l'aurait retourné.
Granger était apparemment fiancée à Weasley et il n'en avait rien à faire.
Enfin, il ne comprenait pas qu'elle ait pu accepter de l'épouser : il était pauvre, inutile, stupide comme un strangulot et laid comme un gobelin, mais mis à part ça, il s'en fichait comme de sa première cape.
Depuis qu'Astoria lui avait confié qu'elle était malade, plus rien n'avait d'importance. Il se contentait de s'occuper de ses affaires, car son amie y veillait, mais ça se limitait à ça. Le reste du temps, elle accaparait toutes ses pensées.
Il ne réalisait toujours pas la gravité de sa maladie. Il avait entendu l'apothicaire-en-chef lui exposer de quelle façon elle devrait prendre son traitement, il l'avait accompagnée à ses séances de revalidation motrice, il avait été présent lorsque la guérisseuse était passée chez eux pour les conseiller sur l'aménagement du Manoir, mais rien à faire.
Dès qu'il pensait qu'elle était condamnée, une sorte de vide se faisait dans son esprit l'empêchant de se projeter dans ce futur absurde où elle ne serait plus là.
Astoria était sa meilleure amie, sa confidente. En cinq ans, elle avait pris une telle importance dans sa vie que la possibilité qu'elle n'en fasse plus partie lui semblait tout simplement inconcevable.
Et il ne pouvait en parler à personne. La jeune femme le lui avait interdit. Ce serait à elle de le faire quand elle en ressentirait l'envie ou le besoin. Il pouvait le comprendre, mais en attendant, il ne savait pas du tout comment gérer la situation.
- Bonjour, le salua Astoria en pénétrant dans le petit salon, le tirant ainsi de ses pensées.
- Salut, répondit-il, s'abstenant de lui demander comment elle allait.
Il savait qu'elle répondrait un "bien" de politesse et que c'était donc inutile.
Elle s'installa dans un fauteuil à ses côtés avant de s'emparer de la Gazette qu'il avait déposée sur la table basse. Elle la replia peu après en le dévisageant.
- Ça va ? lui demanda-t-elle, légèrement inquiète.
- Pourquoi ?
- Ne fais pas l'innocent, Drago, tu sais très bien de quoi je parle, c'est en première page.
- Bah, répondit-il en haussant les épaules. A vrai dire, je m'en fiche. C'était prévisible. Et j'ai bien plus important à me soucier dernièrement…
- Ma maladie ne doit pas t'empêcher de vivre, Drago…
- Ne sois pas ridicule ! Franchement ! s'énerva-t-il. Je sais que tu es persuadée qu'il y a une sorte de lien ou je-ne-sais-quoi entre elle et moi, mais voilà, même si c'était bien le cas, on est trop différents pour que ça donne quelque chose de concret.
- Oui, mais si vous en aviez envie…
- Justement, la coupa Drago. Nous n'en avons pas envie. Oui, je me suis confié à elle comme je ne l'ai fait avec personne d'autre, à part toi. Oui, elle est - à ce jour, du moins - la meilleure baise de ma vie. Oui, chaque fois que je la croise, j'ai une furieuse envie de recommencer, mais voilà. C'est la meilleure amie de Potter et Weasley. Elle travaille pour une meilleure intégration des né-Moldus dans la société sorcière. Nous n'avons rien en commun mis à part notre scolarité - durant laquelle nous n'avons pas vraiment été amis, bien au contraire - et une espèce d'alchimie inexplicable. Donc non, je ne suis pas perturbé outre-mesure par l'annonce de ses fiançailles, surtout quand la femme que j'aime réellement est en train de se battre contre une putain de maladie mortelle !
- Drago…, commença Astoria, clairement désolée pour lui.
- Non ! Ça suffit, maintenant ! J'ai respecté ta demande de ne plus te parler de ta vie privée, respecte la mienne, s'il-te-plait.
- Très bien, céda-t-elle. Je ne te parlerai plus d'Hermione Granger.
- Bien !
Drago expira un grand coup, soulagé. Si elle arrêtait de ramener sans cesse le sujet sur le tapis, peut-être qu'il pourrait enfin tourner cette page.
- Drago ? l'interpella-t-elle à voix basse peu après.
- Hmm hmm ? grogna-t-il.
- Tu… Tu le penses vraiment, quand tu dis que tu m'aimes ?
Il la regarda, surpris.
- Eh bien oui… C'est n'est d'ailleurs pas la première fois que je te le dis… Pourquoi ?
- Tu m'aimes comment ?
- Comment ça, je t'aime comment ?!
- Comme une sœur, une amie, une… une femme…?
- Je n'en sais rien, avoua-t-il. Je ne me suis jamais posé la question, je sais juste que tu es l'une des personnes les plus importantes de ma vie, si ce n'est LA plus importante… Je dois vraiment mettre une étiquette sur mes sentiments pour toi pour qu'ils soient valables ?
La jeune femme réfléchit quelques instants avant de répondre.
- Je ne pense pas, en effet. Mais… Est-ce que… est-ce que tu me désires ?
Cette fois, Drago la dévisagea clairement.
- Où est-ce que tu veux en venir, Astoria ? Je ne sais pas si je te désire ou pas, nous n'avons jamais eu ce type de relation !
- C'est vrai, reconnut-elle, Mais… tu vas me trouver idiote !
- Tes questions sont déjà bien perturbantes, Rosie, donc va au bout de ta pensée.
- Je ne sais pas comment expliquer ça sans passer pour une gourde… Depuis que j'ai appris que… enfin, tu-sais-quoi, je me pose beaucoup de questions. Et si mon manque d'envie… d'intimité était lié à tout ça ?
- Aucune idée, tu n'as pas demandé à ton neuromage ?
- Si, justement. Il m'a dit que ça n'avait rien à voir. Vu tous les tests que j'ai passés, si j'avais eu un souci hormonal, ils l'auraient vu et non, j'ai juste un problème neuronal.
Un ricanement lui échappa et Drago retint un soupir. Il détestait quand elle parlait de sa maladie avec autant de légèreté. Il préférait quand elle était en colère. Ça, c'était un sentiment qu'il comprenait, mais cette espèce de distance avec laquelle elle prenait tout ça par moment le dépassait. Si lui avait été malade, il aurait retourné tout Ste-Mangouste jusqu'à ce qu'on lui trouve un remède…
- D'après le mage Kohli, reprit Astoria, je suis sans doute tout simplement asexuelle.
- Asexuelle ? Tu veux dire que tu n'as pas de… de c'est quoi l'équivalent de pénis, d'ailleurs ?
- Vulve, précisa-t-elle, non sans lever les yeux au ciel face à tant d'ignorance. Et si, j'en ai une, espèce d'idiot ! Ça veut juste dire que je n'ai pas l'envie de… de faire la Chose…
- Faire la Chose ? Vraiment ?
- Avant de te moquer, le contra-t-elle, rappelle-toi de la question que tu m'as posée juste avant !
Il fit une grimace d'excuse et la vit, tant bien que mal, retenir un sourire avant de poursuivre son explication :
- Il m'a assuré que c'était plus commun que ce qu'on pensait, ce manque d'attrait pour les relations intimes, mais là n'est pas la question. Enfin si, mais non. Je réfléchis à beaucoup de choses, depuis que je sais que je n'ai plus que dix ans à vivre. Je vais peu à peu perdre l'usage de mon corps - oh ne fais pas une tête pareille, c'est moi qui vais mourir !
Drago lui lança un regard noir qu'elle balaya d'un geste de la main, indifférente à ses humeurs.
- Je ne sais pas quand aura lieu ma prochaine crise, dit-elle, ni quelles en seront les conséquences. Je voudrais donc, rien qu'une fois, expérimenter… la Chose...
Il la dévisagea, incertain d'avoir bien suivi son cheminement.
- Dis quelque chose ! supplia-t-elle, après quelques minutes de silence.
- C'est-à-dire… que je ne suis pas sûr d'avoir tout suivi. Qu'est-ce que tu attends de moi ?
- J'aimerais faire l'amour, rien qu'une fois, pour voir ce que ça fait, et je ne vois personne d'autre que toi à qui le demander.
Elle détourna les yeux, rougissante, puis porta son pouce à sa bouche pour en ronger l'ongle. Drago, lui, ne savait pas quoi dire.
Il lui avait proposé de l'embrasser, afin qu'elle puisse expérimenter un baiser, mais là, c'était encore autre chose…
- Oh, allez ! lâcha-t-elle ensuite. Tu le fais sans arrêt avec des femmes que tu connais à peine !
- Tu es suffisamment intelligente, Rosie, pour savoir que la différence est là, justement !
- Je savais que c'était une mauvaise idée, se rétracta-t-elle ensuite. Oublie, je n'aurais jamais dû te demander ça !
- Non, Astoria, ce n'est pas ça ! C'est juste que là, tu me demandes de planifier une relation sexuelle et habituellement… Eh bien, ça se fait juste comme ça. On répond à une sorte de pulsion, d'envie subite, là… c'est beaucoup trop intellectualisé ! C'est ce qui me déstabilise totalement.
- Alors embrasse-moi, et il n'y aura plus qu'à enchaîner, l'invita-t-elle.
- Tu es marrante, toi, mais je te signale que la dernière fois que je t'ai embrassée, tu n'as rien ressenti ! Je n'ai pas spécialement envie de te forcer la main…
Il la vit se pincer les lèvres avant de se redresser puis elle s'installa sur lui, à califourchon.
- Écoute, ce n'est pas un scoop mais le sexe, tout ça, c'est loin d'être mon domaine d'expertise. Tout ce que je sais, c'est que j'ai aimé ce que nous avons partagé quand tu m'as embrassée. Ce n'était peut-être pas l'extase, comme tu imagines les choses, mais… je ne sais pas comment l'expliquer. Je me suis sentie proche de toi, en confiance. Ça, ce n'était pas désagréable…
Drago ferma les yeux, troublé de la sentir si proche. Il sentit les cheveux de la jeune femme caresser sa joue et inspira profondément.
La désirait-il ? Il ne lui avait pas totalement dit la vérité, quand elle lui avait posé la question un peu plus tôt. Bien sûr qu'il se l'était demandé, lorsqu'ils avaient commencé à se fréquenter ! Qui ne l'aurait pas fait ? Elle était belle, indubitablement. Ses lourds cheveux noirs, ses yeux couleur de nuit, son teint de porcelaine et ses courbes délicates avaient de quoi tenter n'importe qui.
Mais il avait rapidement compris qu'elle n'était pas intéressée par ce genre de relation et son amitié s'était révélée être son bien le plus précieux. Il avait donc occulté cette possibilité, conscient que ce serait risquer de rompre le lien qui s'était noué entre eux s'il avait tenté quoi que ce soit allant dans ce sens.
Mais là, alors qu'elle se trouvait juste au-dessus de lui, son souffle caressant son visage, la douceur de sa peau à portée de main et ses propos résonnant encore à ses oreilles… il sentit une pointe de désir le gagner doucement.
La désirait-il ? Probablement. Certainement, même, s'il en croyait la tension naissante de son entrejambe… Était-il si faible ? Si sujet à la tentation ?
Il rouvrit brusquement les yeux sous la surprise lorsqu'il sentit Astoria se décaler doucement pour glisser sa main entre eux. Main qu'elle posa sur son entrejambe, justement.
- Rosie…, souffla-t-il, incapable de trouver ses mots.
- Je ne veux pas mourir vierge, Drago, répondit-elle en captant son regard.
Regard dans lequel Drago lut une envie qu'il n'y avait jamais vue. Il l'aimait sincèrement et à l'instant présent, ils en avaient tous deux envie, alors pourquoi résister ?
Il rapprocha doucement son visage de celui de sa meilleure amie et déposa doucement ses lèvres sur les siennes. Astoria répondit immédiatement à son baiser, non sans laisser échapper un soupir clairement soulagé.
- Viens, dit-il en la soulevant légèrement pour se relever. Hors de question qu'on fasse ça ici…
Il embrassa tendrement la paume de sa main avant de la garder dans la sienne et la guida jusqu'à sa chambre. Ils s'allongèrent doucement sur le lit et Drago prit son visage en coupe entre ses deux mains pour pouvoir vérifier si la lueur de désir qu'il avait vue dans ses yeux y était toujours présente.
Cette fois, ce fut Astoria qui rapprocha son visage du sien pour l'embrasser. Il répondit aussitôt au baiser avec beaucoup de tendresse. Les mains de son amie devenant un peu plus baladeuses, Drago décida de se laisser porter par le moment qu'ils étaient en train de vivre et la caressa en retour avec infiniment de douceur. Visiblement, son manque habituel d'envie n'empêchait pas son corps de réagir aux stimulis et il en fut immensément rassuré. Il n'aurait rien pu faire si elle n'y avait pas pris de plaisir.
Leurs vêtements volèrent l'un après l'autre à travers la pièce, révélant leurs corps nus. Drago n'avait jamais fait l'amour à qui que ce soit en prenant autant de précautions. Il voulait que ce moment soit parfait pour elle, qu'elle en garde le meilleur souvenir possible.
Conscient qu'elle ne jouirait sans doute pas par pénétration lors de sa première fois, il décida de lui donner un maximum de plaisir à l'aide de ses mains, de ses doigts, de sa langue, et ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il l'entendit pousser des petits cris de plaisir suite au traitement qu'il lui infligeait.
Puis Astoria l'invita à aller jusqu'au bout. Drago remonta donc à sa hauteur pour l'embrasser tendrement pendant qu'il la pénétrait avec beaucoup de délicatesse. Il la vit pincer ses lèvres et inspirer profondément et calmement, comme pour gérer la douleur occasionnée, mais elle lui ordonna carrément de poursuivre lorsqu'il lui proposa d'arrêter.
Il reprit donc ses lents va-et-vient et la vit se détendre peu à peu, s'habituant sans doute à sa présence. Astoria le dévorait des yeux, caressant sans cesse les muscles de son dos, embrassant ses lèvres, ses joues, son cou, ses épaules.
Drago ne mit pas longtemps à jouir puis il se décala quelque peu avant de la prendre dans ses bras. La jeune femme déposa une main légère sur son torse et replia une de ses jambes sur les siennes et soupira d'aise, arrachant un nouveau sourire au jeune homme.
Il mourait d'envie de lui demander ce qu'elle en pensait, mais il était conscient que ça ne se faisait pas. Lui avait pris beaucoup de plaisir, mais il avait surtout aimé l'intimité nouvelle qui était née entre eux.
Ce moment partagé semblait figé hors du temps, comme une bravade envers cette putain de maladie dont souffrait son amie. Juste pour lui signifier que non, elle ne les empêcherait pas de vivre intensément. Bien au contraire.
Il se doutait qu'elle voudrait sans doute expérimenter plein de nouvelles choses, à présent que ses jours étaient comptés, mais l'instant qu'ils venaient de partager était passé et ne se reproduirait sans doute pas. Il leur permettrait juste d'affronter l'avenir ensemble, plus proches que jamais.
Hermione, Ginny et Hannah se trouvaient chez Tissard et Brodette, dans un salon spécialement aménagé pour les essayages de robes de mariée.
- Je n'arrive toujours pas à croire qu'on va vraiment faire partie de la même famille ! s'exclama Ginny, une main posée sur son ventre légèrement arrondi.
- Il serait temps de t'en remettre, Gin', répliqua Hannah. Hermione a déjà essayé trois robes, aujourd'hui…
- Oui mais tout de même !
- Ginny… Cesse d'en faire des tonnes, s'il-te-plaît, la modéra Hermione. Sinon, la prochaine fois tu resteras au Terrier avec ta mère.
Son amie lui tira la langue, boudeuse, arrachant un éclat de rire à la jeune femme. Elle l'aimait beaucoup mais dans des situations comme celle-ci, son lien de parenté avec Molly Weasley ne faisait aucun doute, ce qui était assez fatiguant.
- Avoue que tu préfèrerais fuir avec Ron et vous marier en cachette à l'autre bout du monde, chuchota Hannah à ses côtés.
- J'y ai pensé, oui, répondit Hermione sur le même ton, mais Ron tient vraiment à ce que sa famille soit présente. Et malheureusement pour moi, ils sont très nombreux… et assez envahissants.
- Ça, tu l'as toujours su, lui rétorqua son amie avec un rictus moqueur.
- Certes, mais ça n'enlève pas la pénibilité des faits…
- Qu'est-ce que vous complotez, toutes les deux ? demanda Ginny, suspicieuse.
- Rien, éluda Hermione, je disais que ce jupon avec trois anneaux n'était définitivement pas pratique pour s'asseoir ! J'aimerais quelque chose de bien plus simple…
- Du moment qu'il y a au moins une traîne, remarqua Ginny, mon frère devrait être content. Je l'ai entendu en parler à Harry.
- Sérieusement ?!
- Oh oui, il lui disait qu'il espérait que ta robe serait une vraie robe de mariée et pas juste une cape blanche ornée de dentelle…
Hermione se fit la réflexion qu'une jolie cape aurait tout aussi bien fait l'affaire, mais en même temps, elle connaissait parfaitement les penchants romantiques de son fiancé et savait pertinemment qu'il serait déçu si elle n'optait pas pour une robe plus traditionnelle.
- Que penses-tu de celle-là ? lui demanda Hannah en lui présentant l'une des robes que la vendeuse avait préparées. En plus, le jupon n'a qu'un cerceau !
Hermione pouffa suite à cette remarque avant de se relever pour se saisir de la robe pour aller l'essayer.
Lorsqu'elle sortit de la cabine d'essayage, après que la vendeuse l'ait aidée à l'enfiler, elle comprit aux regards que ses amies posèrent sur elle qu'elle avait trouvé la bonne.
.
- Les retouches seront finies pour vendredi en huit, lui précisa la vendeuse en souriant, tandis qu'Hermione s'apprêtait à quitter la boutique.
- Merci ! répondit-elle joyeusement avant de lui tourner le dos pour franchir la porte.
Elle se retrouva alors nez à nez avec Astoria et Daphné Greengrass.
- Pardon, s'excusa-t-elle avec une petite grimace contrite avant de se décaler pour les laisser passer.
Inconsciemment, ses yeux se posèrent sur le ventre de la jeune femme et Hermione se fit la réflexion qu'il semblait toujours plat. Ron avait dû se tromper, lorsqu'ils les avaient croisés à Ste-Mangouste lors de la naissance de Louis. Elle ne semblait pas être enceinte.
Elle réalisa ensuite que cette constatation la laissait relativement indifférente et en fut immensément soulagée.
Il était temps ! songea-t-elle avant de trottiner jusqu'à ses amies qui avaient pris de l'avance, indifférentes à son trouble - ou plutôt, à son absence de trouble.
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Hermione patientait sur le perron de sa maison d'enfance, attendant que sa mère vienne lui ouvrir, son père étant en séminaire. Ce qui arriva peu après.
- Salut Maman ! dit-elle avant de l'enlacer avec chaleur.
- Bonjour ma chérie, répondit sa mère en souriant. Comment va la future mariée ?
- Ça va, juste surchargée, tu t'en doutes bien !
- Quelle idée de vous marier juste avant la rentrée scolaire, aussi, répliqua sa mère avant de la précéder jusqu'à la cuisine. Tu sais très bien que c'est à cette période que tous les parents de ces enfants vont avoir besoin de ton aide ! En tout cas nous, nous étions totalement largués...
- Je sais, oui, dit Hermione, mais c'était la seule période où Ron pouvait avoir deux semaines de congés… Et Harry sera là pour prendre le relais durant notre voyage de noces, je ne suis pas seule à gérer le CANeM, Maman !
- C'est vrai, j'ai tendance à oublier que tu avais appris à déléguer… Enfin, un peu, du moins !
Hermione connaissait suffisamment bien sa mère pour savoir qu'elle la taquinait, mais fit mine de bouder malgré tout. Avec un peu de chance, elle lui servirait une tasse de thé avec un nuage de lait, comme elle savait si bien le préparer, pour se faire pardonner.
Ce qui ne manqua pas, à sa plus grande satisfaction.
- Qu'est-ce qui t'amènes, sinon ? demanda sa mère après avoir reposé sa tasse dans sa soucoupe.
- J'aimerais que tu viennes avec moi vendredi prochain pour récupérer ma robe chez la couturière. Ainsi, tu pourras la voir en avant-première et nous pourrions la rapporter ici, pour que Ron ne tombe pas dessus…
- Avec plaisir, mais à quelle heure ? J'ai déjà fixé plusieurs rendez-vous pour vendredi…
- La boutique est ouverte de dix heures à vingt heures, donc quand ça t'arrange.
- Parfait, disons dix-sept heures ? proposa Jean après être allée chercher son agenda dans son sac.
Hermione confirma après l'avoir noté elle-même dans un carnet puis but une nouvelle gorgée de thé.
- Dis, maman ? demanda-t-elle ensuite.
- Oui ma chérie ?
- Je me demandais… Quand as-tu su que Papa était l'homme de ta vie ?
- A vrai dire, ma chérie, j'ai toujours pensé que je ne pourrais affirmer une telle chose qu'à la fin de ma vie, justement…
- Vraiment ?! releva la jeune femme, étonnée.
- Bien sûr ! Ne te méprends pas, j'aime ton père de tout mon cœur et j'espère sincèrement vieillir à ses côtés, mais je pense qu'il serait présomptueux de ma part de prétendre savoir de quoi l'avenir sera fait…
Hermione ne répondit rien mais la surprise devait se lire sur son visage car sa mère lui prit tendrement la main avant de poursuivre.
- Tu sais que je n'ai pas connu mon père biologique, n'est-ce pas ?
- Euh, oui… Il a été tué durant la Seconde Guerre Mondiale, c'est ça ?
- En effet, il était aviateur. Un homme très bon et très courageux, d'après ta grand-mère. Elle l'a beaucoup aimé, d'après ce qu'elle m'a dit, et sa mort a été très dure à supporter, surtout qu'elle était enceinte et en pleine guerre… Il n'empêche qu'elle a rencontré Albert par après, et tu as connu ton grand-père, tu sais à quel point il était merveilleux.
- En effet, approuva Hermione.
Son grand-père était décédé juste avant qu'elle ne soit admise à Poudlard. Il n'avait jamais rien su de sa vraie nature, même s'il l'avait toujours appelée sa "petite fée". Elle avait beaucoup pensé à lui, avant de se lier d'amitié avec Harry et Ron, puis la vie avait repris son cours.
- Tu vois ? Ma mère a eu la chance de connaître deux hommes fabuleux. Je pense qu'elle serait incapable de dire lequel a le plus compté pour elle, comme il serait injuste de notre part de le lui demander, en fait. La vie est une aventure, ma chérie, et il faut simplement se laisser porter.
- Tu sais que je n'aime pas perdre le contrôle, maman...
- Je sais, oui, tu tiens de ta grand-mère, pour ça. Mais tu feras le bilan de ta vie quand tu seras vieille et ridée, tu es bien trop jeune pour te poser ce genre de questions ! Je sais ce que l'idée de se marier peut avoir d'effrayant… Mais si tu l'aimes et si tu en as envie, alors suis juste ton cœur. Au pire, tu pourras toujours divorcer.
- MAMAN ! s'exclama Hermione, choquée.
Sa mère ricana face à son air outré puis reprit son sérieux avant de poursuivre.
- L'important, Hermione, est d'être en accord avec toi-même. Il y a des choses sur lesquelles tu n'as aucune emprise. Tu es déjà passée par des épreuves terribles, pour quelqu'un de ton âge. Tes amis et toi avez dû faire face à des choix que personne ne devrait devoir faire dans sa vie. Donne-toi la liberté de vivre, d'improviser, de faire des erreurs, de suivre ton instinct, tout simplement. Nul ne sait de quoi l'avenir sera fait.
Hermione sourit, rassurée. Sa mère avait cette incroyable capacité à pouvoir tout relativiser et elle aurait aimé être un peu plus comme elle. Ce qui n'était pas forcément compatible avec sa manie de vouloir tout contrôler. Il fallait qu'elle soit vraiment sous-tension pour arriver à lâcher prise de la sorte et ça ne lui était pas arrivé depuis des années.
Son futur mariage avec Ron lui faisait parfois un peu peur, même si elle ne regrettait aucunement d'avoir accepté sa proposition. L'idée d'être liée à quelqu'un jusqu'à la fin de sa vie lui semblait tout simplement surréaliste, surtout vu l'espérance de vie des sorciers… Elle pourrait vivre encore un siècle, avec Ron, si tout allait bien. Une vraie éternité !
Mais sa mère avait raison, il était vain de se soucier de ça à ce stade de sa vie et de leur relation. De toute façon, il arriverait ce qui devrait arriver.
.
Ceci est le lemon le plus dur que j'ai jamais eu à écrire (enfin ça n'avait rien d'obligatoire mais en fait, si. Si Ron et Hermione ont eu droit au leur, il était normal que je ne l'élude pas pour le Drastoria).
Certain-e-s parmi vous avaient déjà mis le doigt sur l'asexualité d'Astoria. Je trouvais important d'aborder ce sujet à travers cette histoire car je trouve que c'est encore très tabou. Énormément de personnes pensent qu'il n'est pas normal de ne pas ressentir de désir pour autrui, que c'est forcément un trouble hormonal, voir une homosexualité refoulée, alors que pas du tout. C'est juste "comme ça". On ne choisit pas d'être asexuel comme on ne choisit pas sa sexualité tout court. D'ailleurs, il n'y a pas que la "façon d'Astoria" d'être asexuel...
Tout le monde est différent et tout le monde a un rapport au corps et à la sexualité différent.
Après, physiquement, ça n'empêche pas "la machine" de fonctionner. C'est juste que généralement, y a pas spécialement d'envie. Mais au final, ce n'est pas elle qui m'a posé problème ici, mais Drago. De base, il n'est pas dans ce type de relation, avec elle, donc comment le faire "basculer" ?
Je ne voulais pas utiliser l'alcool. Déjà, parce que ça aurait été un peu cliché et/ou prévisible. Ensuite, parce qu'une personne ivre ne peut pas être réellement consentante... Si ses sens sont altérés, son jugement l'est aussi. Et je ne plaisante jamais avec le consentement.
Pour Hermione, la robe est choisie. Comme pour FM, j'ai une photo sous le coude, je vous la montrerai sur FB en temps voulu ;)
Pourquoi une "simple" discussion avec sa mère pour son dernier PDV dans cette partie ? Je ne sais pas. Sans doute parce qu'on a vu ses parents que de manière indirecte, jusqu'à présent, et qu'il était plus que temps d'y remédier. Peut-être pour amorcer quelques éléments de la suite de cette histoire... Allez savoir ;)
Pour la petite anecdote, tout le passage écrit chez Tissard et Brodette, j'avais écrit Daphné à la place d'Hannah, dans le choix de la robe... Comme quoi, faut croire que mariage + Hermione, y a forcément Daphné en soutien derrière, ah ah (coucou FM).
Bref, j'ai plus que hâte de lire vos retours à ce chapitre.
Je pense que nous nous retrouverons d'ici deux semaines pour finir cette première partie avec Ron et Astoria.
Merci encore de me lire !
Coeurs sur vous,
Lyra
