1. Appartenance: Les personnages présents dans cette fiction ainsi que son univers appartiennent à Toby Whitehouse (Being Human) et à James Griffin (The Almighty Johnsons).
2. Rating: Je la note "T+", car l'univers sera à peu près identique à ceux des deux séries (ce qui reste correct tout de même). Mais certains chapitres pourront être "M" en raison de certaine scène de violence ou de sexe (comme dans les deux séries en fait xD).
3. Autre: Eh bien ! Même si je n'ai pas eu de reviews, je me suis aperçus que vous avez particulièrement aimé le chapitre 24 ! En même pas cinq jours, j'ai 27 vues alors que habituellement il faut attendre bien trois semaines ! :)
En tout cas, cette fiction touche bientot à sa fin (pour ma part, vous, vous avez encore cinq ou six chapitres) D'ailleurs, c'est la première fois que je fais une fiction si longue... O.O Sur OpenOffice, elle fait tout juste 400 pages (en format A5). J'suis totalement cinglée... BREF ! Voici le chapitre 25 ! :D
Chapitre 25
Point de vue d'Anders.
Les choses n'avaient pas été simples... Le lendemain de ma transformation, nous nous étions tous rassemblé chez Mike pour en discuter. Mais malgré les circonstances, j'avais tenu à ce que Jean ne soit pas au courant... C'était beaucoup trop en peu de temps...
En revanche, la réaction de Mike et Axl n'avait pas été celle à quoi je m'attendais... Mikkel ne semblait pas comprendre pourquoi Mitchell m'avait fait ça, même si Tyrone ne cessait de prendre mon parti pour me défendre... Il avait été témoin de la scène, il était le mieux placé de mes frères pour dire à quel point il avait été dur d'accepter, pendant un instant, que j'étais mort et que je ne reviendrais plus... Mais Mike ne semblait pas réaliser, et rejetait un peu la faute sur Mitchell. Quant à Axl, lui, était étonné mais à la fois fasciné, comme toujours en fait... Il n'arrivait simplement pas à réaliser, qu'un jour, il sera physiquement plus vieux que moi... Car si nos âmes de dieux ont put se réincarner plusieurs fois, c'est que nos corps humains ne sont pas éternels... La seule exception est celle de Olaf, car il doit sa jeunesse et son éternité grâce au pouvoir de Baldr...
Mais ils avaient fini par se faire à l'idée que j'étais devenu un vampire. Mais Mitchell, pendant quelques jours, m'a dit que nous devrions quitter la ville... Je n'étais pas vraiment contre, mais lorsque je lui ai dit que Jean devrait venir avec nous, Mitchell a refusé de l'emmener. Ne voulant alors pas vivre en retrait sans ma fille, j'ai convaincu Mitchell de rester à Bristol, et de continuer de vivre normalement.
J'avais repris mon poste à la police, j'avais essayé de retrouver Herrick, mais ce dernier semblait avoir disparu de la circulation. Peut-être que le fait qu'il eu des témoins à mon soit-disant meurtre l'a effrayé, et peut-être parce qu'il y avait Tyrone, et que ce dernier avait réussi à lui faire mal, à l'intimider... ? Mais quoi qu'il en soit, Herrick ne semblait plus être à Bristol, et c'était mieux ainsi.
Une semaine et demie s'était donc écoulée depuis que j'étais un vampire, et je devais l'admettre... Je me sentais bien plus vivant ! Mes sens s'étaient décuplés, et étrangement, le pouvoir de Bragi avait accru lui aussi.
J'avais une vie différente même si je continuais de la mener comme si rien n'avait changé. Je devais être présent pour ma fille, qui en avait bien besoin... Et dire qu'elle a faillit perdre ses deux parents en peu de temps...
« Papa, tu sais que je fais plus de cauchemar avec le monsieur blond.. ? Dit-elle en se glissant dans son lit.
— J'en suis heureux... Tu sais qu'il a quitté la ville, il ne te fera plus aucun mal...
— Grâce à tes super-pouvoirs de policier ! Ouais !
— Mes super-pouvoirs ? Ris-je en lui caressant la joue.
— Oui ! C'est Mitchell qui m'a dit ça, il a dit que grâce à tes super-pouvoirs de policier, tu avais fait fuir les méchants aux yeux noirs !
— Je vois... Sacré Mitchell... Allez, dort ma chérie... Si jamais il y a un souci, tu sais où je suis... »
Elle hocha la tête et je me penchai pour l'embrasser pour lui souhaiter une bonne nuit. Mais lorsque mes lèvres entrèrent en contact avec sa peau, une montée d'adrénaline me foudroya de part en part, et me poussa à me redresser brutalement sur mes deux jambes, les yeux écarquillés et fixés sur Jean.
« Qu'est-ce que tu as, papa ? Fit-elle inquiète.
— R-Rien... Juste... de l'électricité statique... »
Je quittai alors la chambre, et une fois dans le couloir, et la porte close, mon regard se perdit dans le vide en repensant à cette sensation. C'était violent ! Je ne comprenais pas pourquoi j'avais eu une telle sensation...
Je vis George sortir de la salle de bain, la brosse à dent en bouche, et me faire signe de la main avant de disparaître dans sa chambre. Oui, j'avais emménagé chez eux avec Jean. Je ne voulais pas retourner vivre chez moi, où je vivais avec Amanda, mais certaines de mes affaires y étaient encore, pour le moment. Annie avait gentiment donné sa chambre à Jean, et quant à moi, je passai mes nuits avec Mitchell.
Un peu préoccupé, je me dirigeai justement vers sa chambre et me laissai tomber à plat ventre sur le lit, la tête dans les oreillers. Je ne voulais pas dormir, tout ce que je voulais, c'était passer du temps avec mon amant...et de me changer les idées.
J'entendis alors des pas raisonner dans le couloir, et je reconnus la démarche de la personne à qui je pensais justement. Mitchell ouvrit la porte, et après l'avoir refermée, s'approcha de moi et s'assit sur le lit.
« Comment tu te sens.. ? Demanda-t-il.
— Ca va très bien, lui répondis-je en tournant la tête vers lui. Comme je te l'ai déjà dit, j'ai l'impression d'être plus fort, plus conscient de ce qui m'entoure, mais...
— Mais quoi ? Fit-il tout à coup inquiet.
— Tout est tellement plus intense et ça me fait peur. Quand je suis heureux et que j'en ris, je ne peux presque plus m'arrêter, lorsque je suis triste, je me sens complètement déchiré, et lorsque la colère m'emporte, j'ai l'impression que je pourrais tuer quelqu'un...
— C'est tout à fait normal Andy, mais malheureusement, tout ça ne s'atténuera pas avec le temps... Il faudra apprendre à contrôler tes émotions et à vivre avec... Et concernant...tu sais... ?
— Ça va très bien, fis-je en mentant avec un sourire, je ne suis pas vraiment tenté pour le moment, et personnellement, je n'en ai pas trop envie...
— Anders, je suis un vampire moi aussi... Et jamais, après ma transformation, je n'ai pu autant résister à l'appel du sang... Il ne m'a même pas fallu dix minutes pour l'avoir goûté. Je sais qu'il est très difficile de se contrôler les premières fois, alors je sais donc aussi que tu me mens. (Je baissai les yeux tout en soupirant). Hé..., dit-il en me caressant l'épaule, tu peux compter sur moi pour t'aider, et tu le sais en plus... Cette idée de boire du sang te dégoûte et je te comprends, mais si tu attends, il arrivera un moment où tu ne contrôleras plus rien du tout, et tu tueras la personne que tu auras attaquée. Si tu me laisses t'aider, Andy, tu pourras en boire par petites quantités, assez pour te satisfaire et ne pas tuer quelqu'un...
— C'est très tentant, mais j'ai du mal à croire que tu puisses me donner des leçons là-dessus. Tu as été ''élevé'' par un vampire complètement cinglé qui ne se souciait certainement pas que sa victime reste en vie, et je suppose grandement que les tiennes le sont rarement restées également. Tu me l'as toi-même dit, chez Olaf. »
Je n'avais pas vraiment voulu lui parler avec tant de mépris et de reproche, mais cette exacerbation des émotions m'avait fait prendre ce ton. Mitchell baissa la tête à son tour et se mordit la lèvre inférieure. Il me dit alors qu'il était effectivement mal placé pour m'aider, mais que c'était un idéal de vie pour lui, quelque chose dont il avait toujours rêvé. Il n'avait pas réussi pour lui, alors il voulait réussir pour moi.
« J'ai compris que se sevrer ne menait qu'à être une bombe à retardement, continua-t-il, alors si nous mettons au point ce plan ensemble, dit-il en saisissant mes mains dans les siennes, peut-être réussirons-nous à nous contrôler ? »
Ses yeux brillaient d'espoir, et même si j'avais peur de ce que je pourrais faire à l'avenir, je devais essayer. Je hochai faiblement la tête, et lui souris. Il m'enlaça alors dans ses bras avant de nous allonger pour la nuit. Mais la sensation que j'avais ressentit avec Jean venait encore me hanter. C'était la faim que j'avais ressentit. La soif du sang.
Le lendemain, dès l'aube, mes yeux étaient grands ouverts. Je n'avais pas bien dormit à cause de tous ces cauchemars, de cette faim, et pourtant je devais me lever et ignorer tout ça pour aller travailler. Plus ou moins paisiblement. J'avais dû alors me faufiler discrètement hors du lit et de la chambre pour ne réveiller personne, et filer en douce de la maison pour me rendre au poste.
« Bon sang, tu as un sacré teint cadavérique aujourd'hui.. ! Dit Nikolaï entrant dans mon bureau.
— J'ai passé une mauvaise nuit, dis-je en pivotant mon fauteuil vers lui. Que me vaut l'honneur de t'avoir parmi les vivants et non dans ton labo ?
— Je ne sais pas si c'est le moment idéal, mais... comme tu as été suspendu sur cette affaire, c'est moi qui la continue et... j'ai des résultats.
— Des résultats ? Fis-je en fronçant les sourcils. Pour Amanda.. ? (Il hocha la tête). Bien, je t'écoute.
— Non, pas ici...fit-il en regardant dans le couloir. Suis-moi au labo. »
Intrigué, je quittai alors mon bureau et me rendis au sous-sol pour aller au laboratoire. Lorsque nous y entrâmes, Nikolaï referma la porte soigneusement derrière nous, et s'approcha des microscopes.
« Tu vois ça, dit-il en me montrant l'écran sur le mur d'en face. Il s'agit d'une des deux balles qui a traversée le corps d'Amanda... Les deux proviennent d'un 9mm.
— Si tu essaies de me faire comprendre qu'elles ont été tirées par un Glock de calibre 9mm Palladium, je le savais déjà. C'est...un policier qui l'a tué...
— Oh... Bon, c'est déjà ça en moins à t'expliquer. Mais le plus étonnant, continua-t-il, c'est les petites inscriptions ici... (je plissai les yeux pour mieux voir). Le S signifie South et E signifie Est. Le 3 signifie...et bien, le troisième.
— Le troisième poste de police de Bristol, celui du Sud Est. C'est donc là-bas qu'il se cache. »
Je sentis la rage me monter à la tête et m'apprêtai à quitter le labo comme une furie, mais Nikolaï me retint par le bras.
« Ne fais pas ça, fis-je les dents serrées en sentant cette étrange sensation me tordre l'estomac.
— Tu parles de William Herrick ?
— C-Comment tu.. ?
— Dès que nous avons découvert ces inscriptions, nous sommes allés à ce fameux poste. Lorsque nous leur avons parlé de l'affaire et des balles, ils nous ont dit qu'un de leur sous adjoint, William Herrick, avait disparu depuis bien une dizaine de jours. Nous avons alors inspecté ses effets personnels, bien qu'il en avait peu, mais surtout ses uniformes et son équipement. Nous avons pu relevé sont ADN, et lorsque nous avons récupéré son arme, son Glock, devine combien de balle il lui manquait.
— Deux... Mais je t'ai déjà dit que je savais qui avait fait ça.
— Je crois que non, Anders...(Je fronçais les sourcils). Nous avons relevé les empreintes sur l'arme, dit-il en me tendant la pièce à conviction dans un sac transparent. Il y en a une deuxième.
— Et qui est-ce ?
— Nous sommes remontés dans les bases de donnés et nous avons trouvé un nom, sauf que...fit-il perturbé, je ne comprends pas... c'est bizarre...
— Quoi donc ? commençai-je à m'énerver.
— Il s'agit de John Mitchell. Ton ami. Sur son dossier, il lui ressemble trait pour trait, mais il est aussi écrit qu'il est décédé en 1999. »
La colère qui était déjà présente s'intensifia violemment lorsque je réalisai que Mitchell était peut-être responsable de la mort d'Amanda. Je sentis tout à coup mon cœur accélérer douloureusement, et ma gorge devenir de plus en plus sèche. Ma respiration se faisait de plus en plus bruyante, et Nikolaï semblait me parler, mais je n'entendais que des échos à peine audible.
« Anders.. ? Est-ce que ça va ?
— Q-Qui est au courant pour Mitchell.. ? Fis-je en tentant de me calmer.
— Pour le moment que toi et moi, car c'est la dernière nouvelle que j'ai eu. Et toi, tu es sûr que ça va ? C'est d'apprendre cette nouvelle ? Tu sais Andy, je crois que ton ami n'est pas celui que tu crois. »
Plus la colère s'intensifiait, plus mes oreilles bourdonnaient jusqu'à me faire perdre l'équilibre et à tomber à genoux par-terre. Je vis Nikolaï partir en courant près d'un lavabo pour remplir un récipient d'eau et me rapporter.
« Tiens, bois un peu d'eau, tu n'as vraiment pas l'air bien... fit-il en me tendant l'eau.
— P-Personne ne doit savoir. »
J'attrapai tout à coup Nikolaï par le col de sa blouse et le plaquai violemment contre le comptoir de recherche où plusieurs instruments tombèrent au sol, et certains récipients se cassèrent à l'impact de son corps.
Je cessai tout mouvement, comme figé, par une odeur que je n'avais encore jamais sentis avant. Une odeur très forte, presque humide et métallique. Je sentis ma gorge se serrer et mon regard descendit doucement le long du corps de Nikolaï avant de distinguer, au bout de sa manche, des gouttes brunes tomber par-terre, sur des éclats de verre. Je sentis ma vue se troubler et s'assombrir, comme si l'excitation venait embrumer mon esprit, et que le désir commençait à m'aveugler. J'attrapai brusquement la main de Nik, et la remontait pour l'observer. Il avait une importante coupure au creux de la main, et du sang s'en échappait doucement... Une étrange fascination s'empara de moi, et malgré cette atroce sensation qui me tiraillait le ventre, je passai délicatement mes doigts sur sa plaie et les menai à ma bouche. Je fus foudroyé par une violente montée d'adrénaline lorsque le sang entra en contacte avec ma langue et que ce goût de fer se propagea dans ma bouche. Une sensation d'aise s'empara de moi, mais le désir et la folie commença à pointer furieusement son nez. J'ouvris les yeux et vis la détresse et la peur dans ceux de mon collègue. Mes yeux devaient être aussi noir que ceux de Mitchell lorsqu'il n'était plus maître de lui-même.
Et je n'étais plus maître de moi-même non plus.
J'attrapai violemment de ma main droite Nikolaï par le cou, et en un coup de rein, me retournai pour le plaquer contre le mur avant de le regarder droit dans les yeux.
« Personne ne saura quoi que ce soit sur Mitchell. Et encore bien moins sur moi. Bonne nuit Nik. »
J'ouvris grand la bouche, les crocs bien visibles, et enfouis mon visage dans son cou avant de le lui dévorer littéralement. La sensation de la chaire se perforant sous mes canines me fit un bien fou, et le sang coulant à flots dans ma gorge me fit perdre pied. C'en était presque orgasmique.
Plus j'avalais de sang, plus je sentais du poids dans mes bras. Et lorsque le flux commença à diminuer et que je ne pus presque plus rien en tirer, je reculai d'un pas et laissai tomber le corps au sol tout en fermant les yeux d'aise. Cela faisait une semaine que je ne m'étais plus sentis aussi bien. Non...C'était la première fois de toute ma vie que je ressentais un tel plaisir.
J'eus l'impression d'avoir fait le vide pendant de longues minutes, et lorsque mes yeux se rouvrirent et que je vis Nikolaï sans vie à mes pieds, la panique commença à me gagner et ma respiration accéléra brutalement.
« NIK ! »
Je me jetai à genou sur lui et le secouai aussi violemment que je le pus pour le réveiller, mais rien n'y faisait. Je glissai mes doigts dans son cou pour prendre son pouls quand je me rendis compte de l'état dans lequel je l'avais mis. Je me figeai, la respiration en suspend, les yeux écarquillés et me laissai tomber en arrière avant de m'appuyer contre le comptoir.
Le silence régnait en maître dans le laboratoire depuis de nombreuses minutes. Mon regard était posé sur Nikolaï, mais mes pensées étaient ailleurs, dans la brume. J'avais tué quelqu'un... et en plus de ça un ami... Je l'avais fait sans scrupule, sans hésitation... J'éprouvais actuellement tant de remords et de chagrin, mais je n'arrivais même pas à pleurer tant la situation me pétrifiait. Plusieurs choses m'étaient confrontés désormais : j'avais tué quelqu'un, et je pouvais recommencer... Jean n'était certainement pas en sécurité dans la même maison que moi...voir dans la même ville, carrément. Mes frères ne l'étaient pas non plus, personne ne l'était en fait. Et puis il y avait le cadavre de Nikolaï... Je ne pouvais pas le laisser là et laisser la police découvrir que les vampires existent ou pire, que le tueur travaille ici.
Je me relevai alors doucement et regardait tout autour de moi, et une idée me vint à l'esprit. Je partis chercher des gants en latex et attrapai un scalpel posé sur une table avant de retourner près du corps de Nikolaï. Je commençai alors à agrandir la morsure pour qu'elle ressemble à une entaille et donnai plusieurs coups de scalpel pour simuler une attaque au niveau du cou et sur les bras. Je glissai alors la soi-disant arme du crime dans la main blessée de Nikolaï, et retournai à la recherche de quelques produits. Je trouvai alors un flacon de kétamine et un bidon d'acide sulfurique. J'attrapai les deux et les posai sur le comptoir avant d'aller chercher une seringue et un aiguille.
Je m'approchai alors de Nikolaï avec la seringue remplie de kétamine et lui plantai l'aiguille en pleine poitrine avant de lui injecter la substance hallucinogène. Je répétai l'opération au niveau de la plaie dans le cou et un peu partout ailleurs pour que la drogue puisse se répandre un peu dans son système.
Je pris enfin le bidon d'acide sulfurique et en renversai un peu partout sur le comptoir, par-terre et sur Nikolaï. Je le posai alors sur le comptoir, couché, comme s'il s'était renversé et vidé.
Je m'apprêtai à quitter le labo mais me retournai une dernière fois vers mon collègue.
« Je suis désolé Nik... Je n'aurais pas souhaité que ce soit toi le premier... »
Et je retournai à l'étage. Je fis un saut aux vestiaires pour me changer en civil et parti à l'accueil du poste de police.
« Vicky, fis-je pour interpeller ma collègue, je pense que je vais rentrer chez moi, je ne me sens vraiment pas bien...
— Je vois ça ! Tu es pâle comme un linge ! Ne t'inquiète pas, je me charge de ça. Repose-toi bien Anders...
— Merci, fis-je en partant mais je lui fis une dernière fois face. Au fait... Nikolaï t'a parlé de... de son addiction.. ?
— Quoi ?
— Oh...non rien... je pense que c'était un secret alors... Bonne journée... »
Et je quittai le poste. Après être monté dans ma voiture, une sensation de culpabilité et d'angoisse commença doucement à se faire ressentir. J'avais mis en scène la mort de Nikolaï... Et j'avais utilisé mon expérience de policier pour la mettre en œuvre. La kétamine est une substance hallucinogène qui, une fois dans notre système, nous fait voir des choses qui ne sont pas réelles. J'ai alors pensé qu'en lui injectant ça, on pourrait envisager qu'il a vu des choses se tortiller sous sa peau, au point de s'automutiler avec le scalpel pour les faire sortir. Le laboratoire était assez en pagaille pour faire croire qu'il a paniqué et qu'il a cherché sans précaution quelque chose pour s'extraire cette chose. Et le bidon d'acide sulfurique se trouvait-là, et il s'en ai renversé accidentellement dessus. Des brûlures vont apparaître sur sa peau, et l'ADN présent dans ma salive dans son cou sera détruit par le produit corrosif.
Disons que j'avais pensé à tout, même à laisser entendre à ma collègue que Nikolaï se droguait déjà depuis un certain temps... Mais je n'avais trouvé aucune solution pour expliquer l'exsanguination... C'est pour ça que je venais de prendre une décision.
La décision.
Point de vue de Mitchell.
« Je sais que Mitchell est pas méchant, mais tu penses qu'il y a encore des méchants comme le monsieur blond et brun dans la ville ?
— Eh bien... Non, il n'y en a plus, ils sont tous partis Jee... lui répondit Annie. Pourquoi me demandes-tu ça ?
— Parce que je veux pas qu'on fasse du mal à papa et à moi...
— Oh ma petite... Plus personne ne tentera de te faire du mal... Crois-moi.. ! »
Elle lui donna un sourire rassurant, comme Annie a toujours su faire, et Jean sembla se sentir plus à l'aise et continua de dessiner sur sa feuille, sur la table du salon. J'étais assis dans un fauteuil, dans le salon également, mais mes pensées étaient tournées bien ailleurs de celles de Jean et Annie. Je me faisais du souci pour Anders. Il disait que tout allait bien, qu'il pourrait gérer, mais j'étais certain qu'il devait être en permanence torturé par la faim. Je lui avais fait cette proposition, de se réguler, par petites quantités, mais en y repensant, je ne peux pas y arriver. Je suis bien trop sensible au sang humain... Si j'en bois une seule goutte, je ne pourrais plus m'arrêter avant d'avoir tué ou presque, ma victime... Le mieux serait d'apprendre à s'en passer. Et nous allons nous motiver mutuellement pour y parvenir. Et puis Anders n'y a encore jamais goûté, alors il ne saura pas quel goût ça a et ne sera pas tenté.
« Pourquoi vous comptez partir ? Fit tout à coup Jean en train de me regarder.
— Q-Quoi ? Fis-je en revenant à moi. Pourquoi tu dis ça ?
— Vous allez m'abandonner. Et je vais vous oublier. Ce n'est pas très gentil de votre part...
— J-Jean ? Est-ce que...fis-je en me rapprochant d'elle, tu ne serais pas en train de faire une absence.. ?
— Vous appelez ça des absences, mais ce sont en fait des facettes encore cachées qui prennent le dessus. Comme j'ai de l'expérience et un temps d'avance sur vous, je sais ce qu'il va se passer à l'avenir. Et vous n'avez pas le droit de m'abandonner.
— Qui es-tu.. ? Me risquai-je à demander en pensant parler à l'incarnation de déesse.
— Il est bien trop tôt pour le savoir... »
La porte d'entrée s'ouvrit tout à coup sur Anders, ce qui me fit sursauter. Je redonnai un regard à Jean qui ferma un instant les yeux avant de les rouvrir, de me regarder un instant puis elle se replongea dans son dessin.
« Mitchell, il faut qu'on parle, fit Anders sèchement.
— D-D'accord, on va dans la cuisine alors. »
Je me levai et une fois dans ladite pièce, Anders m'attrapa violemment par le col de ma chemise et me plaqua contre le réfrigérateur, les yeux noirs d'encre et tendu par la colère.
« C'est toi qui a tué Amanda ?! murmura-t-il bruyamment. Tu l'as tué c'est ça ?
— Mais de quoi tu parles Andy ?!
— Nik a réussi à remonter jusqu'à Herrick grâce aux balles laissées dans le corps de Mandy. Nous avons retrouvé l'arme qui les avait tirées, et il y avait tes empreintes dessus !
— J'ai tenté de l'en empêcher ! Fis-je en me dégageant de lui. Mais il l'a blessé presque à mort, et elle souffrait...fis-je plus calmement. Oui, j'ai tenu cette arme, et c'est moi qui ai tiré sur Amanda. Mais parce que je ne voulais pas qu'elle devienne un vampire, pour que votre enfant n'en devienne pas un non plus ! J'ai fait ça pour abréger ses souffrances, Andy..
— Tu l'as fait comme tu aurais abattu un animal souffrant ? s'énerva-t-il encore plus. Tu dis avoir fait ça pour l'empêcher de vivre cet enfer, mais moi, tu as pensé à quoi en me transformant Mitchell ?! »
Il me redonna un à-coup avant de me lâcher et de me tourner quelques secondes le dos tout en prenant son visage dans ses mains. Je déglutis difficilement en réalisant qu'il savait tout désormais, et que je ne serais pas étonné s'il comptait me quitter après ça...
« Anders, je...
— La ferme ! »
Ma mâchoire se resserra et je me retins de sursauter lorsque qu'il envoya une tasse se briser contre le mur d'en face. Il semblait complètement hors de lui et sur le point d'exploser comme une bombe. Il commença à faire quelques pas sur lui-même, comme s'il voulait aller quelque part mais que finalement, il ne savait pas où.
« Andy... »
Il s'arrêta doucement et tourna lentement sa tête dans ma direction. Ses yeux étaient toujours aussi noirs, et son visage semblait fermé à toute expression.
« J-Je suis désolé...fis-je à demi-mot. Lorsque je lui ai parlé, elle m'avait remercié Anders... Je savais ce que je faisais... Mais je t'en prie, calme-toi... Tes émotions sont exacerbées et tu ne sais pas les contrôler. Cette colère que tu éprouves ne serait pas si intense si tu étais encore humain...
— Mais je ne le suis plus, Mitchell. Tu m'as dit que je devrais faire avec. Alors je fais avec. (Il se plaça en face de moi). Dit moi pourquoi tu m'as transformé. Sois sincère.
— P-Parce que Tyrone me l'a demandé.
— Mais encore ? Fit-il sévèrement.
— Parce que... Parce que je ne voulais pas te perdre... Je tiens trop à toi... Je sais... C'est égoïste. Pour mon simple intérêt, je t'ai condamné, je suis ignoble... Je... Je n'aurais peut-être pas dû.. ? »
Sa mâchoire se desserra et sa respiration devint plus calme. Il baissa la tête quelques secondes avant d'inspirer profondément et de me regarder. Je vis enfin ses yeux bleus, mais je vis aussitôt des larmes commencer à perler en leurs coins.
« J-J'ai fais quelque chose d'horrible, Mitchell.. ! »
Il se mit à pleurer et aussitôt je le pris contre moi et le serrait aussi fort que je le pus tout en le berçant doucement. Il sanglota pendant de longues secondes jusqu'à ce que je le décolle légèrement de moi et que je lui essuie ses larmes silencieusement.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé... ?
— J-Je... J'ai... commença-t-il la voix hachée par la panique. J-J'ai...
— Shht...Calme-toi... Ça va aller, d'accord ? Inspire un bon coup et dit moi ça calmement.
— Mitchell...je...(il inspira profondément pour se calmer) J'ai...tué un de mes collègues..! »
Mon sang se glaça et Anders se remit à pleurer mais silencieusement. Je me disais aussi que son comportement était étrangement agressif et que sa force avait augmentée. J'aurais dû m'en douter...
Mais mes quelques secondes de non réactions poussèrent Anders à se décoller de moi et à aller dans le salon.
« Anders, attend, il faut qu'on en discute.
— Pour dire quoi ?! S'énerva-t-il tout à coup, les yeux rougis par les larmes.
— Je veux savoir ce qu'il s'est passé...
— Je l'ai tué ! Voilà ce qu'il s'est passé ! Une soudaine colère s'est emparé de moi et je lui ai sauté au cou ! J'ai bu tout son sang, Mitchell ! Tout ! Et le pire dans tout ça, c'est que j'ai aimé ça ! Et je vais certainement recommencer, parce que son sang ne m'a pas suffit pour calmer toute la soif que j'ai accumulée depuis ma transformation ! »
Je resserrai soudainement la mâchoire lorsqu'il m'avoua tout ça. Déjà du fait qu'il ai tué son collègue et qu'il y a prit plaisir, mais le pire n'était pas ça... le pire, c'était elle. Anders s'arrêta tout à coup de respirer et se tourna lentement pour voir Jean dans le salon, les yeux rivés sur nous, avec une lueur d'incompréhension mais aussi de terreur.
« Non non non..! Fit Anders en réalisant ce qu'il venait de dire en sa présence.
— Tu as...tué quelqu'un.. ? Fit-elle horrifié.
— N-Non, Jean...fit-il en s'approchant d'elle. J-Je n'ai rien fait d'accord ? Et je ne ferais jamais rien...
— Pourquoi tu as dit ça alors ? Et de quelle transformation tu parles ?
— De...de rien, c'est...
— C'est un texte d'une pièce de théâtre ! Intervins-je. Pour évacuer les événements passés, nous nous sommes inscrit à des cours de dramaturgie. Tu étais très bon Anders, félicitation, tu as même réussi à convaincre ta fille ! »
Jean me regarda étrangement avant de poser ses yeux sur son père, qui semblait complètement vidé d'énergie par toutes les violentes émotions qui l'avaient submergé.
« Tu veux voir mon dessin.. ? Demanda-t-elle alors à Anders.
— Oui...Oui, montre-le-moi...sourit-il tristement. »
Elle partit chercher sa feuille et la tendit à son père.
« Aïe.. ! Je me suis coupé avec la feuille ! »
Une montée d'adrénaline me poussa à me rapprocher d'eux, et je pu voir qu'elle s'était coupé au niveau du doigt. Ce n'était vraiment pas grand-chose. Je soupirai de soulagement.
« C'est rien, je vais te chercher un pansement, fis-je à Jean.
— D'accord. (Elle se tourna de nouveau vers son père). Tu as vu, ce sont deux petits oiseaux qui s'envolent dans le ciel, mais ils ont oubliés leurs bébés oiseaux dans le nid. Mais ils ne savent pas encore s'ils vont revenir ou pas... Papa.. ? »
J'étais en haut des escaliers quand je m'arrêtai sur le dernier mot prononcé par Jean. Bon sang, j'avais oublié Anders, même une petite coupure comme celle-ci pourrait le rendre fou ! Je redescendis en courant et je le vis figé, les yeux rivés sur la blessure de Jean.
« Andy, on va prendre un peu l'air d'accord ? Je crois que tu as trop tenu à ton rôle aujourd'hui, hm ? »
Je lui attrapai le bras, mais il se dégagea brutalement avant de se retourner et de me pousser violemment contre la porte d'entrée.
« Ne me dit pas ce que je dois faire ou non. Je le sais très bien ! (Il refit face à Jean) Et je ne vais pas m'en priver... !
— Anders, non ! »
Je me précipitai vers lui, l'attrapai par le col de sa chemise et le tirai en arrière. Il était sur le point de commettre l'irréparable. Il se débattit de longues secondes alors que je tentais de le maintenir contre moi, mais je pense que le mal avait été fait.
Il n'avait pas mordu Jean, mais il l'a fixait, avec ses yeux noirs. Elle, se trouvait au fond du canapé, dans le salon, en train de trembler de peur et de pleurer silencieusement.
Bon sang, mais qu'avais-je fait à Anders.. ?
Lorsqu'il se calma et que nous pûmes enfin aller dehors, Andy se rendit rapidement compte de ce qu'il aurait pu faire, mais que désormais, Jean était au courant qu'il était comme moi. Il ne cessait de s'accuser, de regretter tout ça... Mais il ne cachait toujours pas qu'il recommencerait tôt ou tard.
« Je ne peux pas Mitchell... Je pensais pouvoir tenir, vivre une vie normale après ma transformation, mais c'est impossible.. ! Je suis un vampire et je suis constamment assoiffé de sang ! J'ai tué Nikolaï, j'ai eu envie de tuer ma propre fille ! Je ne peux pas, je ne peux plus.. ! Fit-il énervé et en larmes.
— Que veux-tu faire, Anders ?
— Je veux partir Mitchell. Je veux partir le plus loin de ma famille, des gens qui me sont chers. Je ne veux pas être responsable de ce genre d'accident. Si je pars loin d'eux, alors ils seront en sécurités.
— Mais tu penses à Jean.. ?
— Je serais prêt à la laisser avec mes frères pour qu'elle vive... Partons dès demain Mitchell.. tous les deux... Je ne sais pas où, ni pour combien de temps, mais partons... »
J'inspirai profondément avant de le serrer contre moi et de l'embrasser. Cela allait être dur, très dur... Mais Anders avait raison. C'était la meilleure solution.
Première victime !
Alors oui, je sais, ce chapitre était super long, il devait faire le double de ceux que je poste habituellement, mais j'étais grave inspiré et je n'arrivais plus à m'arrêter x) Alors j'espère que ce roman (en un chapitre) ne vous a pas trop saoulé ^^'
Sinon, il fallait bien que la véritable vérité (oui oui !) sur l'assassin d'Amanda éclate au visage de notre dieu ! Mitchell le tueur mais à la fois celui qui délivre.. :/
(C'est hors sujet, mais j'avais des petites crevettes dans mon aquarium et comme elles avaient une maladie incurable et qu'elles se faisaient littéralement bouffer de l'intérieur, j'ai préférer les tuer pour les empêcher de souffrir. J'ai pensé à Mitchell et Amanda en faisant ça...) BREF !
La deuxième vérité, est qu' Anders ne peut pas vivre une vie normale et le meurtre lui a ouvert les yeux. En mal...( à voir plus tard). Et puis le départ, très important pour la suite des événements ! Au départ je voulais m'arrêter à Anders qui devient vampire, mais finalement, j'ai fait un mélange des deux fins que j'avais en tête ^^"
BREF ! On se retrouve au chapitre 26 !
(Où vous allez découvrir une nouvelle facette d'Anders...)
Bibizz !
