Prentiss leva les yeux vers le bâtiment et grimaça. « Pourquoi les planques se trouvaient systématiquement dans des ruines ?! » Railla-t-elle intérieurement en pénétrant dans le petit immeuble de 4 étages qui faisait office de locaux pour la cellule d'Interpol qu'elle venait de monter. Elle avait passé la nuit dans un motel guerre plus attrayant que ne l'était la battisse qui l'entourait, à se demander si Belser allait défoncer sa porte (« Ce qui aurait sacrément arrangé ses affaires à bien y réfléchir ! »), ou si Hotch – et Morgan – allait la détester pour de bon, cette fois, de faire à nouveau cavalier seul…

Mais, elle était lasse de tergiverser. Et elle se savait bien plus apte à agir lorsqu'elle était loin des regards protecteurs et, parfois, jaugeurs de ses compagnons. La première chose avait été de passer un coup de fil à Mick. Après une nuit passée dans le Jet d'Interpol, il l'avait rejointe au petit matin, un sac de donuts dans une main, un café dans l'autre.

- J'ai réussi à joindre Felicity. Lança-t-il en guise de bonjour.

Sans attendre d'y avoir été invité, il pénétra dans la chambre de motel qu'elle occupait et… stoppa net, une grimace explicitement dégoûtée sur les lèvres.

- Tu as passé la nuit LA ? Godailla-t-il.

- Mick, je ne suis pas d'humeur ! Rétorqua Prentiss dans un bâillement.

Elle s'empara d'un donuts et croqua dedans à pleine dents. Puis lui vola son gobelet de café et en avala une longue gorgée brûlante.

- Ouais, bon… Transigea l'ancien agent des Forces Spéciales anglaises. Je te disais donc que Felicity était partante. En fait, elle doit déjà avoir installé son joli matoss' à la planque. Je ne serais pas surprit si elle nous disait qu'elle avait retrouvé ton prétendant lorsqu'on l'y rejoindra.

- J'en doute. Grogna Prentiss.

Mais, à l'idée de la toute jeune femme qui occupait à Interpol la place qu'occupait Pénélope au FBI, elle reprit espoir. Les 2 informaticiennes partageaient la même blondeur, et la même maladresse sociale. Mais en dehors de ça, elles avaient peu en commun. La première sortait tout juste de l'Université et était aussi épaisse qu'un brun de paille. Elle avait rejoint Interpol sur les recommandations de Mick (« Fait suffisamment rare pour que Prentiss n'ait pas à réfléchir bien longtemps avant d'embaucher la jeune femme ! »). Tout comme Garcia, Felicity était un petit génie du monde virtuel et Emily comptait là-dessus, ainsi que sur son œil neuf, pour localiser Belser.

Lorsque Mick et elle débarquèrent au dernier étage de l'immeuble qui leurs servait de planque, ils trouvèrent les lieux envahit de câbles en tous genres, d'écrans dernier cri et de générateurs électriques. Au milieu de tout ce capharnaüm, une queue de cheval blonde s'agitait en vociférant.

- Mais tu vas fonctionnez stupide machine à la gomme ! Cria la voix rauque de la petite blonde alors qu'elle s'évertuait à faire démarrer une machine à grand renfort de coups pieds.

- Hum, Hum ! Toussa Mick sans pouvoir réprimer le sourire qui lui venait aux lèvres.

- Oh ! Euh ! Bafouilla la jeune informaticienne en rougissant jusqu'aux oreilles. Mick, salut ! Madame, bonjour ! Fit-elle à l'adresse de Prentiss avec un début de révérence involontaire.

- Je t'ai déjà dit de m'appeler Emily. La reprit la Profiler en adressant un sourire gentiment moqueur à l'adresse de son compagnon.

Ce dernier prétendit ne rien remarquer.

- Fi' tu as du nouveau ? S'enquit-il diligemment.

- Euh, non, oui… Peut-être ! Bafouilla-t-elle encore en fouillant dans le bazard de ses affaires éparpillés sur la table qui se dressait face à elle. Joe Belser. Voici sa bio.

Elle tendit une pochette cartonnée à Emily.

- Non merci, je connais ! Grimaça cette dernière.

- Pas moi. Fit Mick en saisissant le dossier.

- Quelque chose d'autre ? Fit Emily.

- Oui. Poursuivit Felicity. Les Marchals avaient localisé Joe Belser, il y a quelques mois de ça, dans le Lake Forest Park dans l'état de Washington. Mais, lorsqu'ils sont arrivés sur place, l'homme avait déjà disparu.

- Mais cela prouve bel et bien qu'il est venu dans la région.

- Exact. Mais recherches effectuées, j'ai découvert que Belser s'était en fait cacher dans un chalet appartenant précédemment à ses parents. Chalet qu'il a vendu lorsqu'il a perdu toute leur fortune en bourse. Mais apparemment, ce Monsieur avait gardé une clef car les Marchals n'ont trouvé aucun signe d'effraction.

- Et les Marchals t'ont gentiment autorisé à fouiller leurs dossiers en cours ? S'étonna Mick en levant un sourcil ironique du dossier qu'il parcourait.

- Euh… J'ai… J'ai peut-être, un peu, oublier de leurs demander leur autorisation

Le sourire de Mick s'accentua. Celui d'Emily également.

- Hum… Du coup, reprit Fi', je me suis permise de rechercher tous les anciens biens que possédaient Mr & Mme Belser avant leurs trépas, et qui restaient inoccupés à ce jour

- Et qu'est-ce que tu as trouvé ?

- Que ces gens étaient vraiment très très riche ! Soupira la jeune femme. 17 appartements sur la côte Est des états Unis, une autre douzaine dispersée à travers le monde, une villa à L.A., une autre dans les Caraïbes et une 3ème en Afrique du Sud. Ajouté à ça un chalet dans les Alpes Françaises en plus de celui du Lake Forest Park et vous aurez une idée approximative de leurs niveaux de vie…

- Ils auraient du m'adopter. Soupira Mick.

- Une activité électrique ou un débit d'eau sur l'un des sites supposément vide ? S'enquit Prentiss.

- J'étais en train de regarder quand cette stupide machine est tomber en panne ! Fit la jeune femme en pointant un doigt accusateur vers un générateur.

- Bien ! Fit la Profiler en laissant la jeune femme retourner à son générateur rebelle, puis se tournant vers Mick, reprit. Bon… Comment on va coincer ce gars ?

- En te suspendant nue à un hameçon ? Suggéra son ami, moqueur.

Prentiss lui envoya un direct du droit dans l'épaule. « Aouch ! » Geignit Mick.

Puis redevenant sérieux, l'un et l'autre, ils se penchèrent sur une table sur laquelle une large carte était étendu. Sur celle-ci, 17 points parsemaient la côte Est et un autre, isolé, brillait sur Los Angeles.

- Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Bougonna Mick.

- Vous avez tous les 2 étés des Profilers, Lança Felicity depuis son PC, vous ne pouvez pas entrer dans la tête de ce gars ?!

- Fi', ne sois pas désobligeante je te prie ! Lui lança l'ancien Agent des Forces Spéciales Anglaise en retour.

- Bon, bon… Se renfrogna la jeune informaticienne. Je voulais juste aider

A nouveau Mick ne pu réprimer un sourire. Emily haussa un sourcil à son encontre.

- Il y a quelque chose dont je devrais être informé ? Lui chuchota-t-elle en lançant un regard en direction de Felicity.

- Ne sois pas ridicule ! Fit-il en haussant les épaules. Fi' est une gosse !

- Mouais… Accorda Emily, septique. Parce que toi, tu es un modèle de maturité hein ?!

- Et toi ? Défia Mick, sarcastique, en retour. Ca en est où ton histoire avec l'Agent Hotchner ? Il a joué les preuxs chevaliers avec toi ? …TU as joué la demoiselle en détresse avec lui ?

- Mick, la ferme !

Les 2 amis échangèrent néanmoins un même sourire complice.

- Bon, nous mettre dans la tête de ce gars… Réfléchit Mick à voix haute.

Et soudain, il fit face à Prentiss.

- OK, je peux le faire. Je peux être Belser. Rafraîchis ma mémoire

- OK. Répondit sa compagne se plaçant également face à lui. Tu es Belser. Tu as grandit dans un milieu aisé, tu es séduisant (Mick lui offrit un sourire arrogant et satisfait), tu as tout ce que tu désires….

- Jusqu'au jour où mes vieux passent l'arme à gauche. Et là, c'est l'apothéose, j'ai 18 ans et je me retrouve multimillionnaire. En parfait arrogant que je suis, je place tout cet argent en bourse et… perd tout !

- Et là, c'est le début du cauchemars. Tu te retrouves sans un sou, obliger de travailler, de te dégrader

- Mais, je choisis un métier qui me place dans le cercle que je connais. Voiturier. Je fréquente des gens de mon monde, de mon milieu… Et là, je rencontre ma fiancée et je me vois déjà sauvé. Elle est riche, elle m'aime. Je place tous mes espoirs en elle.

- Mais au dernier moment, la fiancée de dérobe.

- Et là, je pète les plombs. Humilié, isolé, je m'en prends à ces femmes qui ont tout, qui pourraient me donner tout…. Je les utilise les unes après les autres, je les aime les unes après les autres. Je leurs donne tout, mais à chaque fois, elle me trahisse alors je les tue.

- Et c'est là que j'entre en scène….

- C'est là que tu entres en scène. Tu es belleIncontestablement ! » lance-t-il avec un clin d'œil), professionnellement épanouie, financièrement à l'abris. Et tu es forte, tu as voulut m'attraper et tu m'as attrapé. Je me suis laissé attrapé. Pour te rencontrer, pour te voir. Ou tout du moins, c'est ce dont j'arrive à me convaincre.

- Tu parviens à t'échapper mais…. Il y a l'autre, il y a McGritt.

- Alors, j'attends qu'il sorte du champ de vision. Mais… toi, tu es partie. Tu es en Europe.

- Alors, il faut que tu me fasses revenir. Comment ?

- En utilisant McGritt, il sera mes yeux et mes oreilles. En le persuadant que, s'il veut t'avoir pour lui seul, il lui faut éliminer ses concurrents les uns après les autres. Je lui téléphone régulièrement, je lui murmure à chaque fois de nouveaux noms, de nouvelles personnes à abattre.

- Et il s'exécute !

- Je fais d'une pierre, 2 coups : Je t'attire au état unis, et McGritt attire toute l'attention sur lui, finissant par se faire coincer par le FBI.

- A présent, je suis toute à toi. Que fais-tu ?

Là, les 2 Profilers hésitèrent.

- J'attends, j'attends le moment opportun pour me saisir de toi, pour t'emmener dans mon délire… Reprit Mick en saisissant Emily par les épaules sans ménagement.

- Ce délire comprenant… ? Grimaça la jeune femme.

- Comme d'habitude : une jolie maison de banlieue, un tapis de pétales de roses rouges, un dîner aux chandelles, etc.

- Mais… Je n'ai pas de jolie maison. Lui rappela Prentiss. Alors où t'en procures-tu une ?

- Je n'ai pas de résidence propre, pas d'amis qui pourrait m'en prêter une. Je n'ai plus les moyen de louer une telle maison…

- Alors, que te reste-t-il comme option ?

- Je me sers, j'ai l'habitude de prendre ce que je veux Je choisis une maison inhabitée que j'aurai repérée, qui correspondra à mon fantasme…

Mick se tourna brusquement vers Felicity.

- Fi', Lança-t-il brusquement, faisant sursauter l'informaticienne, recherche les pavillons dans la banlieue de Washington – Il s'osera pas trop s'éloigner, pour ne pas risquer que tu lui échappes lorsqu'il t'aura enfin sous son emprise…. Vois si tu peux nous en trouver un qui correspond à son fantasme.

- A vos ordres ! Lança la jeune blonde en pianotant frénétiquement sur le clavier de ses PC.

Emily saisit les photographies des précédentes scènes de crimes. Celles des maisons dans lesquelles Bethany Heminger, Melissa Johnson et Erika Silverman ont été assassinées.

- Un pavillon avec un garage, lança-t-elle à l'adresse de la jeune informaticienne. Avec un étage. Une superficie de… (Elle évalua rapidement les clichés) 250/300m3, un jardin à l'arrière

Pendant une seconde supplémentaire, les doigts de la jeune Geek continuèrent à s'activer sur les touches.

- Sans consommation énergétique depuis quelques semaines ? S'enquit-elle.

- Mais qui consommerait à nouveau depuis 2 ou 3 jours…. Compléta Prentiss.

- J'en ai… 36. Nota l'informaticienne.

- Recoupe ça avec les fleuristes alentours qui ont eu une commande anormale élevée de roses rouges ces derniers jours. Intervint Mick.

Felicity pianota encore un instant. Et lorsque, finalement, son PC émit un « BIP » sonore, elle sauta de sa chaise.

- J'ai trouvé ! S'écria-t-elle avec un enthousiasme débordant qui arracha un même sourire amusé à ses compagnons.

- Où ça ? Demanda Mick.

- Euh… Oui, l'adresse : 157, Madison Road, Washington DC. Bafouilla-t-elle.

- Tu peux nous sortir un plan des lieux ? Demanda Emily.

- Euh, oui M'dame !

A nouveau, la jeune femme se précipita sur son clavier et un instant plus tard, apparaissait la vue satellite d'un charmant petit pavillon de banlieue… Mick demanda à voir une vue plus étendue du quartier.

- Là ! Fit-il en pointant son doigt sur le toit d'un garage, de l'autre côté de la rue. De là, je pourrais avoir un angle de tir sur toute la façade avant.

- Euh… Et la façade arrière ? S'enquit timidement Felicity après un instant d'hésitation.

Prentiss et Mick échangèrent un regard. « En ce qui concernait la façade arrière, Emily devrait faire face seule ! »

- Mais, euh… Reprit Fi' en comprenant les intentions de ses collègues. Pourquoi ne pas appelé le FBI ? Ou votre ancienne équipe ?

- Hors de question ! S'exclama Prentiss alors que venaient de surgir soudainement devant ses yeux les images de Spencer, gisant contre le mur de la salle d'interrogatoire, la tête en sang, et de Hotch, une balle en pleine poitrine, inerte sur ses genoux.

- Appelons nos gars ! Suggéra Mick. Interpol doit bien avoir quelques gars qui traînent dans le coin

- OK. Accorda Prentiss.

D'un regard inquiet, Mick envoya Felicity passer les coups de téléphone.

- Ils risquent vraiment de mal le prendre cette fois, tu sais ?! Tes amis. Fit-il remarquer à Emily.

- Je sais.

- Mais tu ne les impliqueras pas, je me trompe ?

La jeune femme lui offrit un sourire contrit.

- Non.

- Pourquoi ? … Et ne me dis pas que c'est pour les protéger

La jeune femme soupira.

- Je n'ai pas envie qu'ils assistent à… ça !

- Ca ?

- Moi… comme ça !

Cette fois, ce fut Mick qui laissa échapper un soupire.

- Em', cette équipe t'adore. Ils t'adoreraient, même si tu t'avérais être la réincarnation de Jack l'éventreur !

Prentiss eu un sourire amer.

- Ne crois pas ça ! Morgan a toujours eu du mal avec mon côté….

- Indépendant ? Têtu ?

- Avec le fait que j'ai pu aimer Ian Doyle malgré ce qu'il faisait pour vivre !

- Et Hotch ?

Emily haussa les épaules.

- Hotch est l'homme le plus droit que j'ai jamais rencontré. Je ne suis pas certaine qu'il comprendrait que…

- Que quoi ? Qu'un gars puisse s'éprendre de toi ? J'avais pourtant l'impression que, de tous, il était pourtant le plus apte à comprendre… Non ?

Prentiss se sentit rougir.

- Il a déjà prit une balle pour moi ! Lui rappela-t-elle. Je ne peux pas lui en demander plus ! Je ne peux pas prendre le risque de faire de Jack un orphelin…

- C'est ton choix ! Soupira finalement Mick, désabusé.

- En effet ! Se reprit-elle en conclusion.