Titre : Flawed lines
Auteur : Diagonlist
Ancienne traductrices : Hermichoco (1 à 9), Luna0401 (10 à15)
Nouvelles traductrices : Patti/Misschatelle/Isaae/Elana
Bêta traductrice : remus james lupin
Correctrice : Vif d'or
Genre : Yaoi
Couple : HP/SS
Rating : M
État de la fic en anglais : 40 chapitre (fini)
État de la fic en français : Prologue, 24; Traduction FINI
&
Disclamé : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire.
&
Résumé : Snape sauve Harry des Dursley et se rend compte qu'Harry doit assumer plus qu'il ne le pensait. Il aidera Harry à s'en remettre. Angoisse et thèmes suicidaires. HPSS Slash.
&
Avertissement : Cela se déroule au cours de la 5ème année d'Harry, il n'y donc aucun spoilers.
Nous avons l'accord
pour reprendre cette traduction
&
Bonne lecture
Vif d'or
Chapitre 25: Parler
Alors que la porte de la chambre de Snape se refermait derrière eux, Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir terrifié. Il n'avait pourtant rien fait. Pas vraiment. Il se sentait tout de même coupable. Pourquoi se sentait-il coupable?
Il n'était jamais venu dans cette pièce avant. Bien que la tension nerveuse qu'il éprouvait ait quelque peu diminué sa curiosité, elle ne la supprimait pas complètement. Il avait eu raison de supposer que Snape gardait tous ses effets personnels dans sa chambre. Il y avait des tas d'étagères pleines à craquer de livres, de potions et de curieuses choses non-identifiées. Les murs étaient nus. Il y avait un beau, doux et luxueux tapis sur le sol, qui contrastait radicalement avec le carrelage froid des autres pièces. Le tout semblait confortable. Il n'y avait aucune chaise.
Snape lui indiqua qu'il devrait s'assoir sur le lit, alors il prit place au bord de celui-ci.
S'agenouillant à ses côtés, le professeur tendit la main afin de commencer à enlever le pansement. Harry tressaillit, retirant son bras de la poigne de Snape. Le visage de l'autre homme devint sérieux. Oh non, se dit Harry. Mais il n'avait rien fait. Pas vraiment.
«Veux-tu m'en parler?»
Lui parler de quoi? Il n'y avait rien à dire. Pourquoi tout le monde agissait comme s'il s'apprêtait à refaire une tentative de suicide? Il ne l'avait même pas voulu la première fois, il avait juste coupé un peu trop profondément alors qu'il avait la tête ailleurs. Il ne l'avait pas fait exprès.
«Harry.»
Merlin, la façon que Snape avait de prononcer son nom le faisait se sentir comme s'il gardait pour lui une douzaine de terribles secrets. Et qu'il devait tous les divulguer immédiatement.
«Je vais bien, je n'ai rien fait!»
Un grognement d'incrédulité. Snape se releva et se mit à faire les cent pas, marmonnant pour lui-même. Harry ne parvint à en comprendre qu'une toute petite partie.
«Pourquoi n'ai-je rien senti? J'aurais dû savoir.» entendit-il.
Lorsque Snape sembla avoir mis fin à sa propre conversation, il se retourna vers Harry.
«Dis-moi ce qui s'est passé.»
Harry se contenta de le fixer. Il n'avait pas besoin de parler de tout ça. Pourquoi est-ce que tout le monde le harcelait? Il allait bien!
«Harry, tu peux me le dire. S'il-te-plaît, dis-moi.»
«Laissez-moi tranquille.»
Snape tendit à nouveau son bras, mais il repoussa son professeur et bondit en arrière. Il n'avait pas besoin de toute cette attention.
Il se dirigea vers la porte, pour la trouver verrouillée. Il était enfermé. Il détestait être enfermé. Cela lui rappelait son placard. Et l'obscurité. Et il ne voulait pas qu'on lui rappelle toutes ces choses.
«Laissez-moi sortir, s'il-vous-plaît, laissez-moi sortir.» dit-il d'une voix faible, le visage contre la porte et la main agrippant à la poignée.
«Harry.» La voix était plus douce maintenant. Cela ne le faisait pas se sentir mieux. «Harry, parle-moi.»
Il se retourna. Snape était assis sur le lit.
«Je n'ai vraiment rien fait de mal, vous savez.» Il tenta de glisser un ton indigné dans ses paroles.
«Alors laisse-moi jeter un œil à ton poignet.»
Harry ne savait pas vraiment pourquoi il ne voulait pas que Snape voit son bras. Mais il y avait bien une raison. S'il n'avait rien fait de mal, alors il ne devrait pas être inquiet. Harry jeta un regard à son propre poignet l'espace d'un moment, tentant de se rappeler.
Les mains de Snape pénétrèrent dans son champ de vision et il se recula aussitôt, alarmé.
«Tout va bien, Harry.»
Les mains saisirent son poignet, le retournèrent, défirent le pansement et l'enlevèrent.
Il n'y avait aucune nouvelle entaille. Pourquoi toute cette agitation, alors? Harry tenta de comprendre pourquoi il n'avait pas voulu que Snape voit. Puis, il regarda de plus près les deux petites traces de morsure. Elles saignaient. Des incisions très petites mais profondes avaient été faites aux bords des morsures, dans une tentative de déguisement de leur présence. Ingénieux. Comment avait-il pu penser à cela? Sylrissin n'était pas avec lui, à ce moment-là. Il se souvenait l'avoir laissée derrière. Il n'était pas certain de pouvoir se rappeler avoir fait ces entailles, par contre. Étrange.
Snape ne se laissa pas berner, il vit tout cela d'un simple regard. Harry ressentit une soudaine faiblesse.
Il fut guidé vers le lit, où il fut forcé de s'assoir.
«Harry. Harry, regarde-moi.»
Il détourna son regard de son bras. Quand avait-il fait cela? Il avait été à la salle de bain. Il s'était probablement coupé à ce moment-là. Mais il avait essayé de ne pas le faire. Maintenant il se souvenait. Il avait transformé une brosse à dent en une petite lame. Mais il avait essayé si fort de ne pas en avoir besoin. Il laissa échapper un faible gémissement.
«Harry?» Aucun autre son que leur respiration pour un moment, puis, «Dois-je t'apporter quelques biscuits?»
Harry se relaxa. C'était Snape. Snape qui s'était occupé de lui durant les vacances, qui l'avait soutenu au travers de ses cauchemars. Snape qui l'avait écouté. Snape qui disait se soucier de lui.
«Je ne voulais pas.» Il perçut l'hésitation dans sa propre voix et s'ordonna de grandir. Puis décida que cette attitude ne l'avait pas mené bien loin jusqu'à maintenant et l'avait plutôt guidé vers l'automutilation à nouveau.
«Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. J'avais peur. Je savais que je n'aurais pas dû, parce qu'IL est parti maintenant, mais je ne pouvais pas cesser de penser à ce que j'avais ressenti.» Une pause pour reprendre son souffle, qui commençait à devenir rapide et saccadé. Calme. Être calme.
«Je ne me sentais pas bien. Je n'avais jamais autant mangé.» Il jeta un regard accusateur à Snape. «Alors je suis allé aux toilettes pour vomir.»
«L'as-tu fait volontairement?»
Harry sursauta à l'interruption. Et à ce qui avait été demandé. Il fronça les sourcils sans comprendre. «Volontairement? Je m'y suis seulement rendu à temps. Je doute que vous vouliez refaire votre plancher d'une couleur jaune vomi. Je me sentais affreusement mal.»
Il se tranquillisa, les souvenirs qu'il avait inconsciemment bloqués revenant à la charge.
«Harry? Que s'est-il passé alors?»
«Je n'ai pas...» Harry déglutit nerveusement. «Le goût. Le goût dans ma bouche. D'une certaine façon, ça m'a rappelé la mort de Voldemort. Je crois qu'il a été malade aussi. Tout est si flou. Et alors j'ai pensé à la douleur. Et à comment je ne pouvais même pas tuer Voldemort, comme tout le monde s'attendait à ce que je le fasse. À quoi d'autre suis-je bon?» marmonna-t-il pour lui-même. «Et je voulais savoir ce qui m'avait fait me sentir vivant à nouveau lorsqu'elle m'a mordu. Alors j'ai enlevé le pansement, juste pour voir. Et le rouge diminuait. J'ai pensé que si je ravivais le rouge, alors je raviverais à nouveau ce que j'avais ressenti.»
Une larme roula sur sa joue. «Je suis désolé. Je ne voulais pas être méchant. Je ne sais pas pourquoi ça m'est venu. Je me suis senti tellement coupable en entendant frapper. J'ai cru que vous seriez déçu de moi.»
Snape soupira, et passa un bras autour du corps de Harry. «Je ne suis pas déçu de toi, bien que j'aurais aimé que tu m'en parles avant. Harry, tu n'avais pas besoin de te mutiler, tu aurais plutôt dû venir me voir et me parler. J'aurais pu t'aider.»
Ce n'était pas comme s'il n'y avait pas pensé. Et s'il était venu voir Snape et qu'il l'aurait renvoyé ? Il ne pensait pas qu'il aurait pu supporter ce rejet.
«Mais je croyais que vous dormiez. Je ne voulais pas vous déranger.»
«Harry, ce n'est important que je sois endormi. À partir de maintenant, promet-moi que tu viendras me voir dès que tu te sentiras ainsi»
Snape se souciait de lui. C'était une sensation étrange de savoir que quelqu'un se préoccupait de lui. Harry aimait bien. Il acquiesça avec hésitation. «Mais...»
«Je ne te renverrai jamais.»
Harry baissa la tête. Les reproches défilèrent dans sa tête. Mais il n'en prononça aucun. Il ne le pouvait pas, pas à la seule personne qui semblait se soucier qu'il soit vivant ou non. Snape sembla savoir ce à quoi il pensait. Il soupira à nouveau.
«Je sais Harry, je sais. Mais je t'ai expliqué pourquoi je t'ai traité de cette façon et j'en suis sincèrement désolé. Cela n'arrivera plus. Peu importe à quel point je suis grognon.»
Les lèvres de Harry se courbèrent en un sourire en entendant le mot «grognon» sortir de la bouche du professeur.
«Est-ce que tout ira bien si tu retournes te coucher maintenant?» demanda Snape.
Il se souciait de lui. Il se souciait de lui. Harry serait honnête alors.
«Je crois. Ça prendra certainement du temps, mais je n'ai plus aussi peur, et je n'ai plus l'impression que je vais être malade. Je crois que je peux dormir.»
Snape sourit face à son honnêteté. «Bien.» Il déverrouilla la porte. Harry se sentit soulagé d'entendre le déclic. «Maintenant, viens me voir si tu as besoin de quoique ce soit.»
«Oui, monsieur, je le ferai.» Il hésita un moment, puis, réalisant que c'était quelque chose qui ne devait pas sembler aussi forcé, dit «Je vous promets de vous le dire si je me sens encore ainsi.»
Snape hocha la tête, paraissant satisfait. Harry retourna se coucher dans son propre lit. Sylrissin le réprimanda durement, mais lui pardonna dès qu'elle se blottit dans sa chaleur.
o0O0o
«Est-ce que tout va bien?» fit la voix basse venant du lit voisin. Draco. Oh, de toute façon, il ne pensait pas pouvoir s'endormir d'un seul coup de toute façon.
«Oui, Snape a seulement dû refaire le pansement sur mon bras.»
«Que s'est-il passé?»
«Mon serpent m'a mordu.»
«Pourquoi est-ce que je ne crois pas ça? C'est la pire excuse que j'ai jamais entendue. Et j'en ai entendu beaucoup. Tu es un fourchelang, pourquoi le serpent te mordrait-il? Qu'as-tu vraiment fait?»
Il était inutile de prétendre que Sylrissin l'avait mordu. Il était trop épuisé pour s'en préoccuper, de toute façon.
«Je ne me sentais vraiment pas bien, alors je me suis mutilé.»
Oh Mon Dieu, venait-il tout juste de dire ça? Wow. C'était vrai, dans un sens. Il n'avait jamais vu cela de cet angle.
«Et Snape t'as surpris?»
«Oui, il m'a fait ce long discours sur le fait que je ne devais jamais recommencer.»
«J'y ai déjà pensé, au suicide je veux dire, mais il y a toujours quelque chose... je ne sais pas.»
«Je n'essayais pas de me suicider. Je ne suis pas si fou!» se défendit Harry.
«Alors, pourquoi te mutilais-tu? Si tu le faisais pour le plaisir, c'est encore plus fou que le suicide.»
«Non, c'est juste que... Je veux dire, je ne me suiciderais jamais, parce qu'il y a trop de chose qui dépendent de moi, et Sirius aurait... Bien que je suppose que maintenant, je n'ai plus de raison de ne pas le faire.»
«Oui, il y en a.» dit Draco avec fermeté. «Même si tu n'en trouves pas. Tu dois rester, même si c'est juste pour ne pas me laisser seul avec Snape. Il me déteste vraiment, tu sais, à cause de mon père.»
Harry rit faiblement. «J'ai eu le même problème. Je crois qu'il a surmonté tout ça, par contre. Et, en tenant compte de ce que tu as fait, il ne peut pas vraiment te traiter comme ton père, désormais. Non?»
Draco se contenta de grogner en guise de réponse. «Puis, il y a ton petit serpent. Tu dois rester en vie pour l'empêcher de me mordre. Je suis sûr qu'elle serait très violente dans sa peine. Et tu ne peux pas mourir parce que...» Sa voix devint très faible et Harry dû tendre l'oreille pour l'entendre. «Parce que, alors, je n'aurais plus personne à qui parler.»
Alors, il semblait bien que plus d'une personne se souciait de lui. Il y avait Snape, Draco et Sylrissin. Ses nouvelles raisons de vivre.
«Je suis désolé pour tes parents.» dit-il d'une voix endormie.
«Ne le sois pas.» répondit Draco. «Ils étaient plutôt malveillants.»
«Je suis quand même désolé. Peu importe ce qu'ils étaient, ils doivent te manquer.»
«C'est vrai.»
Ils furent alors silencieux. Harry tenta de ne pas penser aux entailles, ou à la dépression. Il pensa à son balai, au vol. Puis, il se souvint que les Dursleys avaient brûlé son balai.
Il pensa à la liberté, et comment il s'en approchait peu à peu.
Il pensa au fait qu'il n'était plus seul.
