Chapitre 25

-Et voilà toute l'histoire, résuma Clary aux filles en face d'elle.

-Tu vois, c'est pour ça que je déteste l'amour, répondit Isabelle.

-Je suis bien d'accord avec toi.

Maia piocha dans le tas de frite d'Isabelle.

-Oui c'est vrai que cette histoire est compliquée.

Clary sourit tristement. Isabelle était venue chercher Clary juste avant de déjeuner et elle avait décrété qu'elles avaient besoin de l'aide d'une autre fille intelligente. Mais Clary était dubitative. Elle ne voulait pas tout raconter à une étrangère, encore moins une loup-garou qui détestait Jace. Alors Clary avait omni certains détails. Comme le fait que Jace n'avait pas de parents connus et qu'il était à moitié ange. Comme Clary.

-Donc Jace n'est pas un démon ?

-Non.

-Oui enfin ça reste à prouver, grimaça Maia.

Serte elle était gentille et intelligente mais elle n'était pas objective envers Jace. Pour elle, Jace n'était rien de plus qu'un ado capricieux.

-Bon d'accord, il n'est pas si mauvais mais je ne l'aime pas. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi je suis impliquée moi ?

-Je voulais juste l'avis d'une autre fille. Et comme je n'en connais que deux à qui je peux parler, tu n'as pas vraiment le choix.

-Ah génial. Bon et bien je vais simplement écouter comme ça je vais satisfaire ma curiosité mais je ne vais pas participer.

-Et bien moi tu vois, si je devais être dans ta situation, je ferais un entraînement physique et puis j'irais voir Jace pour parler à coeur ouvert.

Clary écouta Isabelle lui donner des conseils que de toute manière elle ne suivrait pas.

-Si j'étais toi, intervint Maia, mais je ne suis pas toi. Si je devais penser comme toi, je dirais que je laisserais couler la chose et que tout reviendra à son équilibre.

-On croirait entendre Magnus, soupira Clary.

-Les loups et les sorciers sont très réfléchis.

Isabelle gloussa.

-Réfléchis ? Les loups ? Le soda te monte à la tête.

-Bon et bien je vais chez Magnus, peut-être que lui aura une vraie solution.

Clary se leva et prit son manteau.

-Et l'entraînement de bo-jutsu ? rouspéta Isabelle.

-Une autre fois. De toute façon je n'ai pas la tête à ça.

-Tu n'as jamais la tête à t'entraîner. Pourtant c'est important.

Clary secoua la tête et quitta la table. Elle entendit la fin de la conversation et eut un immense sourire.

-Je veux bien m'entraîner avec toi, ça me dégourtira, proposa Maia.

-Tu connais le bo-jutsu ?

-Non mais je veux bien apprendre.

Ah finalement Isabelle allait trouver une nouvelle victime d'entraînement.

Arrivée chez Magnus Clary entendit une conversation, le sorcier était en compagnie de son petit ami.

-Je vous dérange ?

-Oui, répondit Alec sans se retourner.

-Non pas du tout mon biscuit. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

-Je...

-Elle vient chercher une autre épaule sur laquelle pleurer. Parce que Jace a littéralement péter un câble. Il tape sur tout et tout le monde. En ce moment il est en train de faire des longueur dans le bassin de Central Park. Je crois qu'il s'énerve de plus en plus.

-Ah... Bon et bien, mets-toi à l'aise et cherchons une solution à trois.

Clary en était à sa seconde tasse de chocolat chaud quand Magnus eut un immense sourire.

-Ce soir on va faire un karaoké.

-Je ne crois pas que...

-Mais si ! J'ai entendu parler de ce bar pas loin de l'Institut. C'est un lieu terrestre mais ils servent de bon cocktail. J'ai vu une pub pour une soirée karaoké ce soir. On invite tout le monde sans les prévenir et tout le monde en piste.

Magnus claqua des doigts et de la musique se mit en route. Il saisit le poignet de Clary et la fit danser. Le rythme était joyeux mais elle n'avait pas le coeur à danser.

-Quand tu dis tout le monde..., commença Alec.

-Jace est compris dans le tout monde. Et Simon aussi, ça sera drôle de le voir chanter.

Il fallait avouer que Clary avait envie de passer une bonne soirée. Et à trois jours avant Noël...

-Oh c'est pas vrai ! s'écria Clary.

-Quoi encore ?

-C'est Noël dans trois jours.

-Et alors ? demanda Alec.

-Et bien je n'ai aucun cadeau encore !

Magnus sourit.

-Tu sais mon biscuit, de ce que je sais, les chasseurs d'ombres ne fêtent jamais Noël. C'est contre leur principe de neutralité de religion.

-Mon dieu, c'est d'un ridicule ! Noël c'est surtout le temps de partager un bon moment et d'offrir quelque chose à ceux qu'on aime. C'est... Tu ne peux pas comprendre, tu n'aimes personne toi Alec.

Le chasseur d'ombres sourit, amusé.

-Je ne t'aime pas toi. C'est différent. J'aime ma famille, j'aime Magnus et...

-C'est vrai ? le coupa le sorcier.

-Hein ?

-Tu m'aimes vraiment ?

-Comme si tu en doutais, souffla Alec.

-C'est la première fois que tu me le dis...

Les deux hommes s'embrassèrent, laissant Clary très mal à l'aise.

-Je vous laisse roucouler, je vais retourner chez Luke.

Clary était rentrée chez elle, frigorifiée.

-Je hais la neige ! Je hais le froid !

-Je croyais que tu portais une rune thermis sur toi ?

-Oui et bien Jace m'a appris qu'on ne devait pas...

Clary posa ses clés dans le bol près de la table. C'était un bol affreux, percé à plusieurs endroits, qu'elle avait elle-même réalisé à l'âge de huit ans. Elle en était fière à l'époque. Maintenant, elle le trouvait juste affreux. Trop rose et trop...moche. En relevant la tête, elle vit Jace, posé sur le canapé.

-Qu'est-ce que ce crétin t'a appris ?

-Qu'on ne devait pas abuser des runes. Mais il m'a aussi appris qu'aimer c'était détruire et qu'être aimé c'est aller à sa destruction.

-Bon stop les enfants. Mon appartement est un lieu de paix, pas un champ de bataille. Jace était là pour surveiller le quartier dès que la nuit sera tombée.

-Pourquoi lui ?

-Parce que moi.

-Bon et bien c'est dommage car ce soir Magnus nous a convoqué tous les six à une réunion très importante.

-Comment ça très importante.

Clary soupira bruyamment.

-Je n'en sais rien moi ! Demande-lui. Bien qu'actuellement il soit occupé à...

Jace grimaça en touchant sa rune.

-Il est occupé avec mon parabatai, je le sais très bien crois-moi.

Clary fit chauffer un café au lait avec beaucoup de sucre et un autre noir, bien serré. Elle ne parla pas et s'efforça de regarder le plafond. Jocelyne était en face de Jace et continuait de tricoter. Elle bavardait tranquillement avec lui, lui posant des questions sur sa vie en général. Quand le micro-onde sonna elle apporta le café à Jace.

-Et comment... Comment était ton enfance ? Est-ce que Valentin était aussi aimant avec toi que je l'imagine ?

-D'un certain sens, il m'aimait. Mais pour certain, des personnes aimante comme Clary, mon enfance est une histoire d'horreur.

Clary posa la tasse devant le blond et fusilla sa mère du regard.

-Jace n'aime pas qu'on parle de son enfance. Et c'est un peu personnel comme sujet de conversation.

Jocelyne eut un sourire discret mais amusé.

-Trop personnel ? Pourtant il te l'a raconté visiblement.

-Oui mais c'est différent ! s'agaça Clary.

Elle quitta le salon et alla dans sa chambre, en entendant Jace la suivre, Clary ferma brusquement la porte et sortit sa stèle.

-Fermer la porte, chuchota-t-elle.

Une rune arrondie avec des traits au centre se forma sur la porte. La rune de verrouillage.

-Qu'est-ce que tu disais à propos de ne pas abuser des runes ?

Un café plus tard, un appel à Simon pour le prévenir de la soirée et une consultation sur internet avait poussé Clary à faire le pour et le contre de fêter Noël à l'Institut. Si elle voulait devenir une véritable chasseuse d'ombres à part entier, elle devait vivre selon leurs traditions. Mais Noël était l'une des fêtes préférées de Clary. La porte de Clary vibra sous les coups de Jace.

-Je ne veux pas te voir pour l'instant. On se verra à la soirée Jace.

-La soirée ? Je croyais que c'était une réunion importante ?

-Oui enfin c'est dans la soirée, tu m'as comprise. Je suis occupée là.

-Bien sûr. Je retourne à l'Institut.

Clary laissa quelques minutes passer puis elle vérifia que le blond était parti de chez Luke. Elle retourna dans la pièce principale où Luke lisait son journal pendant que sa mère travaillait toujours son morceau de laine.

-Tu es dure avec lui, commenta Luke.

-Je ne...

-Je dis ça juste comme ça. Mais après tout qu'est-ce que j'en sais moi ? Je n'ai jamais été dans cette situation. Tu es assez grande pour prendre tes décisions amoureuses toute seule.

-D'ailleurs en parlant de ça, intervint Jocelyne. Cette soirée organisée par Magnus ?

-C'est simplement un karaoké pour détendre l'atmosphère dans le groupe. Simon est brouillée avec Isabelle pour je ne sais quelle raison, Jace et Alec ont l'air en colère l'un contre l'autre, Isabelle en veut à son frère et...

-Jace et toi c'est la catastrophe, conclut Luke.

-Merci Luke pour cette analyse constructive.

-A ton service.

-Je n'ai rien contre l'idée que tu y ailles mais je voudrais seulement que tu sois en lieu sûr avant de t'endormir, dis-moi juste où tu es.

-Oui maman.

-Allez file te préparer avec ta copine.

Clary posa sa tasse dans l'évier et récupéra son sac dans l'entrée. Elle prit son manteau et quitta l'appartement. Une heure plus tard, elle était rentrée à l'Institut.

-Bienvenue à la maison, souffla-t-elle.

-Clary tu es rentrée ! cria Max.

-Tiens Max ! Qu'est-ce que tu fais là ?

-Bah je voulais demander à Jace comment ça s'est passé la guerre de cent ans mais...

-La guerre de cent ans entre la France et l'Angleterre ? Et bien elle s'est déroulée en Aquitaine et euh...

-En fait, tu n'en sais rien du tout quoi, pouffa Max.

-C'est vrai. Mais je peux t'aider à réviser parce que je ne sais pas où est Jace.

-Bon et bien je vais me contenter de toi.

Clary rit de l'impertinence du petit garçon et le suivit jusqu'à la bibliothèque. Elle aimait passer du temps avec lui. Il était calme mais il savait être espiègle quand il le voulait. Et à chaque fois, Clary ne voyait jamais le temps passer. Elle regardait une carte de France datant du Moyen-Âge en se demandant ce que devait être la vie à cette époque. Elle avait dessiné Max avec une armure de chevalier sur son cheval. Le garçon en avait était ravi.

-Dis Clary, tu as appris à dessiner avec un prof ?

-Non. J'ai toujours sur dessiner. C'est un don.

-Ah oui. J'ai entendu dire que certains chasseurs d'ombres avaient des dons particuliers qui se transmettent de famille en famille. Vous les Fairchild, c'est l'art.

-C'est vrai.

-Mais nous les Lightwood, on a rien d'exceptionnel.

Max semblait triste. Il devait être dur de vivre dans l'ombre d'un frère charismatique et d'une soeur douée au combat et très belle.

-Je ne suis pas d'accord avec toi. Les Lightwood sont intelligents et sont tous très beaux.

Max sourit.

-Tu trouveras ta voie Max, je te le promet. Un jour, tu sauras ce que tu veux faire de ta vie.

La jeune fille regarda son téléphone.

-Oh par l'Ange ! Je n'ai pas vu le temps passer. Je suis désolée Max mais je dois aller me préparer.

-Tu sors ce soir ? Demanda Max avec un sourire.

-Oui.

-Ah c'est bizarre parce que Jace a mentionnée une réunion importante à maman.

-Oui voilà c'est ça. Une réunion. A plus Max !

Clary avait pris une douche pour se réchauffer mais surtout pour se décontracter. Elle avait enfilé une robe rose et noire appartenant à Isabelle. La chasseuse l'avait oublié un matin après s'être douchée dans la chambre de Clary parce que sa salle de bain était encombrée. Elle appela Simon pour s'assurer qu'il serait bien présent.

-Je suis déjà en route pour l'Institut Clary. J'attends que la route se dégage. Je serais là dans quelques minutes. Par contre prends de quoi te couvrir parce qu'il fait très froid.

Clary n'écouta pas plus le conseil de Simon et se contenta de son manteau long habituel. Elle vérifia une dernière fois que son maquillage n'avait pas coulé et qu'elle avait une coiffure potable. Au moment où elle passa devant la cuisine, Isabelle l'interrompit.

-Mince ! J'ai oublié de t'appeler pour ce soir.

-Ah oui la fameuse réunion entre nous avec Magnus. Oui je suis au courant.

Isabelle montra Max qui mangeait une assiette de spaghetti. En reposant son regard sur son amie, Clary se rendit compte qu'Isabelle portait une tenue banale. Tellement loin de ses tenues habituelles.

-Tu ne viens pas ?

-Malheureusement non. Je dois garder Max pour la soirée et...

Le garçon s'essuyait la bouche et regardait Clary d'un air coupable.

-Eh Max, ça te dit un petit karaoké avec tout le monde ?

-Quoi ? Un quoi ? Je ne sais pas moi, Izzy...

-Moi ? Je suis toujours partante pour faire la fête. Par contre j'ai deux conditions.

-Je t'écoute.

-La première tu n'en parles pas à maman. La seconde, tu vas te changer et tu enfiles quelque chose de mieux, plus branché. Comme ta chemise à carreaux noir et bleue et un tee shirt noir en dessous. Et puis tu mets aussi un jean. C'est cool un jean.

Isabelle était visiblement heureuse.

-Par contre, tu vas te brosser les cheveux le temps que je mettes ma robe de karaoké.

Dix minutes plus tard, Max était dans sa chambre et Isabelle portait une robe argentée. Elle coiffait les cheveux de Clary en une tresse sophistiquée. Très belle.

-On va rajouter des épingles roses.

-Je vais à un karaoké, pas un mariage.

-C'est pareil.

Isabelle avait laissait ses cheveux détachés et son maquillage était très voyant. Trop pour une simple sortie terrestre.

-Je suis tellement heureuse de pouvoir sortir ce soir.

-Je pensais que tu aimais t'occuper de ton petit frère, fit Clary en souriant.

-Oui j'aime énormément Max, je ne sais pas ce que je ferais s'il venait à...

-Voyons Izzy, Max ne va jamais sur le terrain et quitte très rarement l'Institut.

-Mais un jour, il sera envoyé pour sa première mission. Un jour il aura son premier ordre de mission et...

Clary remit en place son bracelet et secoua la tête.

-Oh tu sais, Max ne sera pas quelqu'un de combatif. Je le vois plus dans l'étude ou l'enseignement. Il est très intelligent pour son âge. C'est incroyable.

Isabelle approuva.

-Ça c'est vrai. Il est intelligent et un peu trop fouineur ! Viens là petite fouine au lieu d'écouter à travers la porte.

Clary éclata de rire et Max entra dans la pièce.

-Je ne savais pas si vous étiez dans une tenue décente. J'ai déjà vu Jace en boxer et...

-Jace met des boxers ? Demanda Clary.

Elle le regretta aussitôt. Le regard moqueur de deux Lightwood la fit rougir.

-En quoi ça t'intéresse ?

-Et je croyais que tu dormais tout le temps avec lui avant.

-Oui mais c'était avant que maman se réveille. Et il avait toujours un pantalon de pyjama noir ou bleu nuit. Il n'a jamais été en sous-vêtement devant moi et...

Clary s'empourpra.

-Bon je crois qu'il est temps de partir chanter ! annonça Isabelle.

Si on pouvait croire que la jeune fille essayait d'aider son amie, Clary savait qu'Isabelle lui réservait une petite farce. Elle ne savait juste pas laquelle. Simon appela Clary pour lui demander si elle comptait descendre un jour de l'Institut ou pas et les trois chasseurs d'ombres se dépêchèrent de quitter leur foyer. Isabelle monta en première dans la voiture, tenant fermement la main de son petit frère.

-Bonjour Simon, fit-elle froidement.

-Isabelle, mais qu'est-ce que ? Je ne savais pas que tu venais ! Et Max aussi est de la partie ? Oh bah c'est génial. Vraiment génial.

-Tu sais, répondit Max en remettant ses lunettes sur son nez, tu n'es pas obligé de faire semblant d'être content que je sois là. Mais c'est Clary qui nous a invité. Donc c'est comme ça, tu dois t'y faire.

Clary ricana avant de s'installer à côté de son meilleur ami. Elle lui embrassa la joue, ce qui fit tiquer Isabelle. Visiblement une conversation entre fille s'imposait ! Ils furent les derniers à entrer dans le bar. Magnus était déjà au bar pour commander des cocktails, Alec lisait la liste des chansons en se frottant la tête et Jace boudait.

-Il est toujours comme ça, soupira Isabelle. Ça fait des jours que ça dure. Je ne sais plus quoi faire !

-Moi je sais, piaffa le petit garçon.

Il passa derrière sa soeur et alla furtivement derrière Jace. Il posa les mains sur ses yeux.

-Qui sait ? cria-t-il.

Jace sourit et agrippa les mains de son petit frère, d'un geste habile et sûr, il fit basculer Max en avant et le fit atterrir sur ses jambes. Comme réponse, Jace chatouilla le garçon jusqu'à ce qu'il le supplie d'arrêter.

-Tu as gagner je rends les armes !

Jace lâcha Max et le remit dans une position assise. Le pauvre était à bout de souffle.

-Qu'est-ce que tu fais là Max ? demanda Alec, visiblement contrarié.

-Je suis venue en voiture !

-En voiture ? Où est...

Alec tourna la tête vers Isabelle, Clary et Simon. Les trois souriaient, fières de la frayeur qu'ils avaient fait à Alec.

-Très drôle ça ! J'ai cru que ce petit morveux s'était échappé de l'Institut.

-Comme si c'était mon genre ça ! protesta Max.

-Oh non tu es trop peureux pour ça toi ! se moqua Jace.

Se tournant vers Clary, il lui sourit impérieusement.

-C'est ça la grande réunion chez Magnus hein ?

-Ce n'est pas mon idée. Magnus m'a seulement demandé de prévenir tout le monde qu'on devait se réunir. Et puis si je t'avais dit que c'était une soirée karaoké, tu serais venu ?

-Non.

-Bon et bien j'ai eu raison de te cacher la vérité !

-C'est vrai que tu es plutôt douée pour ça, lança Jace.

-Et toi tu es doué pour...

-Bon stop ! imposa Alec. Je dois déjà surveiller Max, je ne vais en plus devoir gérer vos disputes ! J'en ai ma claque de vous deux !

Jace ouvrit la bouche mais Alec posa sa main dessus pour l'empêcher de parler. Il lui parla ensuite dans une langue étrangère, Clary ne comprit pas tout de suite de quoi il s'agissait, puis elle se marqua discrètement une rune de langage universelle.

-Wir kamen überein, einen Abend ohne Probleme zu verbringen. Si wird dir nie verzeihen, wenn Sie wie ein Idiot handeln!

Clary comprit par là que Jace voulait se faire pardonner mais que comme toujours, son orgueil était plus forte que tout. Elle sourit intérieurement mais ne montra rien.

-Et voilà la livraison de carburant ! s'écria Magnus.

Il posa les verres sur la table.

-Max ! Je ne savais pas que tu étais aussi de la fête.

-C'est Clary qui m'a invité, précisa le garçon pour la dixième fois.

-Je n'en doute pas, c'est typiquement son genre. Bon et bien je vais ajouter un soda à la liste de toutes ces merveilles !

Magnus fit apparaître une bouteille de soda à l'orange pour Max et un verre un plus. Alec ordonna à son petit frère de ne pas toucher au reste sans son autorisation ou l'autorisation de Jace et Isabelle.

-Je ne suis pas un bébé tu sais, je sais que je ne dois pas boire d'alcool. D'ailleurs toi non plus normalement.

-Je suis en repos. J'ai le droit de souffler un peu Max. Et tu n'as pas de leçon à me donner.

-Bien ! Le karaoké ne va pas tarder alors j'aimerai parler un peu avant qu'on se mette à boire et à chanter comme des idiots.

Magnus leva son verre et poursuivit.

-J'aimerai qu'on lève tous notre verre à la vie. Je voudrais qu'on profite de cette soirée pour se rappeler qu'on est tous vivants et en bonne santé. On devrait profiter de ce calme et de l'ambiance des fêtes de fin d'année. N'oubliez pas qu'on est en période de guerre et de trouble. Il est évident qu'un jour prochain, Valentin reviendra pour continuer son plan. Alors n'oubliez pas que personne n'est vraiment à l'abri et que vous pourriez regretter de ne pas dire ce que vous avez sur le coeur. A la vie !

-A la vie ! répéta tout le monde.

Magnus avala son verre d'un coup.

-Bien maintenant que j'ai été philosophe je peux me conduire comme un adolescent !

Clary ricana. Elle grimaça en avalant la petite gorgée de cocktail et reposa son verre. Ce n'était pas le moment d'être ivre alors qu'elle devait chanter une chanson devant toute une assemblée et qu'elle ne savait pas chanter. Tout le monde choisit sa chanson et alla valider son choix dans une petite machine informatique. Clary portait le numéro trente. Mais l'ordre était au hasard, elle pouvait très bien être la première à passer dans le groupe. Elle croisait les doigts pour ne pas passer avant Jace. Plusieurs personnes chantèrent avant que quelqu'un du groupe ne soit désignée. Clary s'amusait plutôt bien, elle redécouvrait des tubes des années passées, Magnus semblait euphorique et entrainait Alec dans sa bonne humeur. Le sorcier hurla de joie et projeta des étincelles tout autour de lui quand son numéro sortit. Bien sûr, personne ne savait quelle chanson il avait choisi. Il monta sur scène et prit le micro dans les mains. Son pantalon blanc et sa chemise dorée renvoyaient la lumière des projecteur, Magnus brillait littéralement sur scène. La musique démarra, Magnus battait le rythme avec sa jambe. Il se mit à bouger des épaules.

-Sweet dreams are made of this..., chanta Magnus d'une voix assurée.

-C'est quoi cette musique ? demanda Jace.

-Sweet Dreams de Eurythmics, indiqua Simon.

Isabelle ne tarda pas à se lever et à danser avec son petit frère.

-Magnus assure vraiment sur scène !

Alec avait des étoiles dans les yeux, il était fière de son petit-ami. Clary avait envie de danser mais elle ne savait pas le faire alors elle regarda Isabelle s'amusait avec Max, Alec ne tarda pas à les rejoindre. Vers le dernier refrain, Magnus leva les bras et des étincelles dorées jaillirent de ses doigts.

-Personne ne va remarquer ça ? s'inquiéta Clary.

-Non. Seuls ceux qui ont la double vue le verront, peut-être Simon si l'effet du charme de Magnus fonctionne toujours.

-Ah d'accord.

La chanson prit fin et toute la salle était surexcitée. Isabelle s'assit, complètement essoufflée.

-Dis Isabelle, je peux te parler entre fille ?

-Pas de soucis.

Isabelle se rapprocha de Clary pour mieux l'entendre.

-Pourquoi tu as tiqué quand j'ai embrassé Simon sur la joue ? J'ai fait quelque chose de mal ?

-Pas du tout. C'est plutôt Simon. Il n'arrive pas à comprendre la différence entre histoire sérieuse et fiançailles.

-Comment ça ?

-Et bien tu vois, il voudrait être l'unique homme dans ma vie quand lui a plusieurs amours en même temps.

-Simon n'a pas...

-Tu étais au courant que Maia et Simon se voyaient tous les vendredi soirs après le lycée de Simon et qu'ils passaient la soirée à jouer à des jeux vidéos ?

-Non.

-Et on parle de son amour pour toi ?

-Je...

-Je sais bien que tu ne l'aimes pas comme lui t'aimes. Mais ça me fait littéralement chier de l'entendre t'appeler quand il dort. A chaque fois qu'il m'embrasse, j'ai l'impression qu'il pense à toi. Et je...

Isabelle acheva sa phrase par un mouvement de la main évasif, faisant comprendre qu'elle ne voulait plus en parler. Elle termina son verre et regarda Alec roucouler avec son sorcier.

-Au moins lui est heureux.

-Qui aurait cru qu'il allait se laisser aller comme ça en public ?

-C'est facile pour lui, intervint Jace en regardant droit devant lui. Il est dans un lieu terrestre, personne de l'Enclave ne risque de nous surprendre. Il ne prend aucun risque en faisant ça.

-Ça veut dire quoi ça ? demanda Isabelle.

-Que je reconnaîtrais qu'Alec est courageux le jour où on le verra embrasser Magnus à Idris ou devant un représentant de l'Institut.

-Ce que tu peux être idiot !

Isabelle fut appelée sur scène et elle semblait ravie.

-Vous allez voir ce que vous allez voir ! lança-t-elle.

Isabelle se mit aussitôt à chanter. Elle couvrit la salle d'un regard sensuelle. Même Clary ressentit la tension venant de tout le monde.

-J'y crois pas ! murmura Simon.

-I play with your heart..., chantait Isabelle.

Elle pointa Simon du doigt et sourit méchamment. Isabelle dansait sensuellement les paroles et quand elle mima un coeur brisait Simon resta sans voix.

-Je sens que cette soirée va mal tourner, ronchonna Max. Pourquoi vous compliquez toujours tout avec l'amour ?

-En fait Max, les femmes sont comme ça, lui apprit Jace.

Le blond fixa Clary en continuant.

-Tu vois, les femmes sont nées avec le besoin de faire du mal autour d'elles. C'est comme ça, elles ne le font pas exprès. Par exemple ta soeur, a toujours brisé le coeur de ses amants, elle en avait l'habitude. Là elle se retrouve dans une situation inverse et elle ne sait pas comme s'en sortir alors elle fait comme si ça l'amusait mais ce n'est pas le cas.

-Ne l'écoute pas Max, lui conseilla Clary. Ce n'est pas vrai. Les femmes ne sont pas toutes comme ça, moi par exemple, je n'aime pas briser le coeur de quelqu'un.

Simon toussa bruyamment.

-Toi n'en rajoute pas.

-Clary est aussi une briseuse de coeur et aussi de famille, balança Jace.

Alec se leva et récupéra Max qui était bouche bée. Clary n'avait même pas remarqué qu'Isabelle avait arrêté de chanter.

-Pardon ? Briseuse de famille ? En quoi j'ai brisé une famille ?

-Tu as brisé ma famille en entrant dans ma vie, cracha Jace.

-J'arrive pas à y croire.

Clary croisa les bras sur la poitrine. Jace était méchant dans ses paroles mais Clary savait qu'il ne les pensait pas. Faire du mal à ceux qu'il aimait était sa propre façon de se punir. Alec se leva pour prendre la place de sa soeur. Mais avant que la musique ne démarre il parla.

-Je dédie cette chanson aux deux hommes de ma vie Jace mon parabatai, ma vie, et Magnus l'amour de ma vie.

Clary connaissait la chanson. C'était une chanson d'amour mais pas seulement. Une chanson qui exposait tout ce qu'un homme pouvait ressentir pour quelqu'un. La peur, la colère, la jalousie, la possessivité. Toutes ses émotions qui créaient une relation parfaite ou non. Alec n'était pas un bon chanteur mais il ne chantait pas faux non plus. Il était honnête et chantait avec son coeur. Il ne quittait pas Magnus des yeux et le sorcier semblait sous le charme. Il avait un petit sourire amoureux sur le visage et était sans voix. Clary regarda ses doigts et se mordit la lèvre, elle sentait les larmes lui montaient aux yeux. Elle aurait aimé que cette chanson soit pour elle. Que quelqu'un lui dise qu'il sera toujours derrière son dos, quoi qu'il arrive.

-Tu l'as cette personne, murmura Simon.

Elle le regarda avec un sourire complice bien que triste.

-Je ne parle pas de moi.

Il lui mit un coup de coude et montra Jace d'un signe du tête. Jace... Combien de fois avait-il dit qu'il serait toujours là avec Clary, quoi qu'il arrivait. Alec revint à sa place et personne d'autre ne fut appelé pour chanter. C'était le temps de faire une pause, de se rafraîchir la tête. Isabelle entraina Clary au toilette.

-Tu as choisi comme chanson ? Demanda-t-elle.

-Suprême de Robbie Williams.

-Dédiée à quelqu'un en particulier ?

Isabelle sortit des toilettes et se lava les mains.

-D'après toi. Par contre j'ai aimé le retournement de situation dans ta chanson.

-Comment était Simon ?

-Je crois qu'il a compris le message.

Isabelle remit un peu de rouge à lèvre.

-C'était le but. Maintenant allons nous amuser avant que cette soirée ne vire au drame !

Et le drame arriva quand, à peine sortie des toilettes, Clary fut entraînée sur scène. Elle tapa le nom de sa chanson sur le boitier et ferma les yeux. Elle avait chanté cette chanson tellement de fois depuis son enfance, qu'elle la connaissait par coeur. C'était bien avant qu'elle sache parler français. D'ailleurs c'était cette chanson qui lui avait donné le goût pour cette langue complexe.

-Will you survive ? You must survive.

Clary ouvrit les yeux et les posa sur Jace.

-Quand l'amour n'est plus là. Que te reste-t-il pour survivre ici bas ?

Les larmes montèrent aux yeux de Clary. Elle continua de chanter, tout en regardant Jace.

-Et tu trouveras l'amour suprême.

Une larme coula sur la joue de Clary. Mais sa voix restait sans faille. Elle continua à chanter, refermant les yeux pour laisser les larmes couler sans résister. A chaque fois qu'elle chantait en français, Clary regardait Jace. Parce qu'il parlait couramment cette langue et qu'il était le seul à par peut-être Magnus à comprendre le sens caché de ces phrases. La fin de la chanson était uniquement en français. Mais c'était la partie la plus dure pour Clary.

-Donne le meilleur de toi-même. Viens vivre un amour suprême. Tout le monde à besoin d'amour.

Clary répéta cette phrase, sans s'arrêter, jusqu'à ce que sa voix se casse, à la toute dernière note. Elle recula du micro et baissa la tête. Honteuse de pleurer devant tout le monde.

-Cette nana m'a donné des frissons, chuchota un homme sur sa gauche.

-Si le gars est dans la pièce, il doit se sentir trop mal.

-En tout cas, reprit le premier, s'il ne veut pas d'elle, je m'en occupe cette nuit.

Clary sentit la présence de Jace et elle vit bondir sur l'homme qui venait de parler. Il l'attrapa par le col.

-C'est de ma...

-De ta quoi ? Demanda le terrestre en souriant.

-...dont tu parles, connard !

Clary ne comprit que la fin de la phrase et aussitôt Jace balança son point dans l'estomac de l'homme et le laissa sur place. Il alla récupérer Clary sur scène sans la regarder dans les yeux.

-Je n'aime pas qu'on parle de toi comme ça, expliqua-t-il.

-Merci.

Clary retourna à leur table et alla directement dans les bras de Magnus qui les tendait grand vers elle.

-Oh mon biscuit, c'était une belle chanson.

Il lui frotta le dos et Clary laissa ses larmes couler. Ce n'était pas de la tristesse mais de la colère. Elle avait rêvé tout ce temps que Jace ne soit pas son frère. Elle avait imaginé que Jace lui annoncerait après une révélation de Valentin et qu'il l'embrasserait à en perdre haleine. Et dans ses nuits les plus folles, elle avait même imaginé Jace la demandant en mariage. Jamais elle n'aurait cru que sa relation avec lui serait si dégradée après la révélation. C'était un véritable cauchemar. Clary n'écouta même plus les musiques, elle n'en avait plus envie.

-C'est mon numéro, annonça Simon.

La jeune fille fit quand même un effort pour se redresser et écouter son meilleur ami. Il chantait merveilleusement bien après tout, et du bon rock ferait du bien à tout le monde.

-Viens avec moi Clary.

Clary prit la main de Simon et le suivit.

-J'ai bien fait de choisir cette chanson, chuchota-t-il.

Les premières notes de guitare firent échos dans la salle et tout le monde se mit debout. Cette chanson était une légende peut importe la génération.

-Chante le refrain avec moi, chuchota Simon.

Quand Clary et Simon se prenaient pour des rockstar, ils écoutaient cette chanson tout le monde. Elle état devenue une hymne de la joie pour eux. Et les paroles correspondaient bien à leur vie maintenant. Isabelle se rapprocha de la scène et hurla.

-Allez Clary !

-I'm on the highway to hell. On the highway to hell, cria Clary de toutes ses forces.

Elle se laissa emporter par le rythme. Se moquant que tout le monde la regardait. Elle sauta, cria, dansa. Elle se libéra d'une tension qui était devenue ingérable. Isabelle ne résista pas longtemps à monter elle aussi. Elle dansait comme Clary. Après le deuxième refrain, Clary sentit la robe craquer sur la cuisse, lui dévoilant une partie de sa jartière portant son poignard. Mais elle s'en moquait. La chanson se termina sous les sifflements et les applaudissements de tout le monde.

-Simon est un dieu du rock, s'émerveilla Isabelle.

Les seuls qui étaient restés assis étaient Alec, Jace et Max. Le garçon essayait de résister à la fatigue qui commençait à l'envahir. D'ailleurs Clary remarqua que la salle était moins pleine qu'au début, les premiers fêtards avaient déjà quitté les lieux. Clary n'avait pas son téléphone et elle n'avait aucune idée de l'heure.

-Je vais appeler le numéro quatorze. Ensuite, la scène sera libre pour d'autre chanteur téméraire ou rockstar ensommeillée.

Jace prit le micro et ne fit pas semblant d'être heureux d'être ici. Mais quand il commença à chanter, sa voix fut douce, chaude et réconfortante.

-We use to say that we were brother and sister

Clary éclata de rire. Cette chanson était très comique quand on connaissait l'histoire de Clary et Jace. Clary ne connaissait pas cette chanson mais pourtant d'un certain point de vu, c'était comme si cette chanson était ancrée en elle. Une part entière de sa vie.

-Today I break my promises. To stay out of the emptiness.

Clary sentit des larmes lui couler sur les joues pour la seconde fois. La chanson racontait l'histoire d'une gars et une fille qui avaient l'habitude de dire qu'ils étaient frère et soeur et que rien ne pouvait être meilleur. Mais que le garçon avait des sentiments plus fort que ceux d'un frère pour sa soeur. Et qu'à partir de ce jour, il ne cacherait plus ses sentiments. Leurs petits jeux avaient assez duré car au final personne ne pouvait gagner. Et il fallait ouvrir son coeur.

-Jace a une voix d'ange, souffla Magnus. On dirait tellement...

Alec se tourna vivement vers son petit-ami.

-Tu as fréquenté un autre chasseur d'ombres ? Je croyais que j'étais ton seul chasseur d'ombres...

-Alexander, soupira Magnus.

-Je vais rentrer, dit Clary. Ne vous faites pas de soucis je vais prendre un taxi.

-Tu dors où ? demanda Isabelle.

-Je pense que je vais aller à la maison, je ne veux pas réveiller mes parents.

-A l'Institut ? s'assura Simon.

-Bien sûr, après tout c'est la maison de tous les Nephilim, sourit Clary.

-On va aller boire un verre après, grimaça Alec. Ça te dérange de ramener Max ?

-Pas du tout. Izzy tu veux bien me faire une rune de force sur le bras pour que je puisse le porter ?

Le petit garçon s'était endormi sur le bras de son frère et tenait fermement la veste de Jace.

-Honnêtement, je ne pourrais même pas dessiner la rune enkeli alors tu vois...

-Je peux rentrer avec toi, proposa Jace derrière Clary. De toute façon il faut que je rentre, demain je me lève de bonne heure.

-D'accord.

Tout le monde se leva pour quitter le bar. Magnus régla la note, prétextant que c'était son idée donc il devait payer. Il était en retrait par rapport aux autres, au côté de Clary.

-Biscuit...Je suis désolé, dit-il au bout d'un moment.

-Pourquoi ?

-Je pensais que cette soirée allait être parfaite pour réconcilier tout le monde avant Noël mais je me rends compte que je me suis trompé. Cette soirée est une catastrophe.

-Pas forcément, le rassura Clary.

-Ah oui ? Faisons le bilan. Simon et Isabelle ont rompu officiellement ce soir. Tu as pleuré deux fois à grosses larmes. Isabelle a encore joué à la fille insensible. Alec a encore été jaloux pour rien. Jace n'a pas décroché un mot de la soirée sauf pour critiquer. Et surtout tu as déchiré ta magnifique robe !

-Mais il y a des choses positives. Max a passé une excellente soirée, pour commencer. Ensuite, ça m'a fait du bien de pleurer. Et des choses ont été dites ce soir. C'est important. Ma robe, qui est à Isabelle d'ailleurs, on s'en moque un peu. Maman l'a répara.

Ils étaient arrivés à la station de taxi. Plusieurs véhicules attendaient un client. Magnus glissa un billet dans la main de Clary.

-Tu sais que j'ai un salaire de la part de l'enclave ? demanda rétoriquement Clary.

-Être payée trois cents dollars par mois pour risquer sa vie, je n'appelle pas ça être payée mais être abusée. Enfin bon, disons que c'est le prix pour avoir appris une nouvelle leçon.

-Ah bon laquelle ?

-Oh tu dois t'en douter n'est-ce pas ?

Jace appela Clary pour quelle monte dans la voiture. Elle ne se fit pas prier d'avantage et monta dans le véhicule à l'odeur de rhum et de vieux tabac. Jace donna l'adresse de l'Institut.

-Mais c'est une vieille église presque abandonnée ça ! Qu'est-ce que deux adolescents avec un gamin endormi vont faire là-bas ? fit le chauffeur méfiant.

-On va le sacrifier à la gloire de Satan, répondit Jace visiblement blasé.

A chaque fois, on lui posait cette question.

-Il plaisante, rattrapa Clary. C'est son petit frère. On était chez des amis et comme on devait le garder, on l'a emmené chez eux. Notre logement n'est pas loin de cette église flippante. C'est plus simple à trouver voilà tout.

-Et vous habitez ensembles tous les deux ?

-En quelque sorte.

-Du genre adolescents amoureux en cavale ?

-Si tu fermes pas ta bouche, je vais te faire bouffer le cuir miteux de ton volant !

Le chauffeur râla sur l'humeur capricieuse des ados de cette génération et augmenta le son de la radio. Se ne fut qu'une fois dans sa chambre que Clary réalisa ce que voulait dire Magnus. Elle prit sa liste de règle et en ajouta une nouvelle.

Règle numéro vingt-cinq : Le karaoké n'est pas le meilleur moyen pour réconcilier deux personnes.