Chapitre 27 : Jamais

Tout le monde à Poudlard est bien placé pour décréter la bibliothèque l'endroit le plus calme de tout le château. Et pourtant …

La bibliothèque était calme comme à son habitude, durant cet fin d'après-midi. Un silence religieux s'était installé. Les grandes fenêtres en ogives laissaient passer des grandes surfaces de lumière dorée, qui révélait tous les grains de poussière en lévitation dans la pièce, qui venaient des vieilles étagères où reposaient les vieux grimoires. On n'entendait qu'une mouche solitaire voletant contre les fenêtres, cherchant une issue, et les grattements de plumes sur le parchemin. Assise à une table en bois qui sentait la cire, le bout de la plume lui caressant la lèvre, Amy réfléchissait.

« Les révoltes des Grands Sorcier contre l'oppression des gobelins devinrent un élément majeur des histoire magiques du XIVe siècle… La population porta main forte aux armée et bla bla bla bla …»

Le livre se referma d'un coup sec.

« Pff j'y comprends pas grand-chose à ce résumé » soupira-t-elle intérieurement. Elle jeta un coup d'œil à Jamie et Hermione, toutes les deux plongées dans leurs devoirs, ou dans le cas d'Hermione, dans un gros volume sur la Guerre de France chez les Sorciers.

Elle baissa les yeux vers son parchemin qu'à demi complété. Puis elle leva les yeux vers la fenêtre, pour tenter d'apercevoir quelque chose de plus intéressant. Mais rien, pas un seul oiseau ni rien du tout en vue.

Amy se dit qu'elle mourait d'envie d'aller dehors, sentir la neige s'enfoncer sous ses pieds, mais elle devait terminer ce devoir avant ce soir. Et il n'y avait pas d'échappatoire possible, Hermione la surveillait de près. Donc, elle se remit au travail malgré elle.

Soudain, des échos de voix lui parvinrent depuis la porte ouverte de la bibliothèque. Elle leva brusquement la tête, alertant le regard d'Hermione.

- Qu'est-ce qu'il y a Amy ? lui demanda-t-elle.

Amy la fit taire d'un geste et lui désigna la porte. Les filles tendirent l'oreille. C'était des voix, il avait un garçon et une fille. Et ça criait, tout en se rapprochant.

- Laisse-moi t'expliquer ! Ecoute-moi !

- Oui, mais moi je n'ai plus RIEN à te dire !

- Tu n'y est pas du tout ! Ginn' attend-moi !

- Arrête de me suivre !

En coup de vent, les deux jeunes filles virent débarquer Ginny, en tenue de Quidditch et Jeremy sur ses talons. La rousse avait l'air complètement hors d'elle et au bord des larmes.

- Ginny, écoute-moi une fois pour toute, reprit Jeremy. Je n'y suis pour rien, je te jure !

- Quoi ? Pour RIEN ? cria Ginny. Tu veux peut-être me faire croire qu'elle t'es tombée dans les bras toute seule ??

- NON ! Je n'ai pas dit ça ! Laisse-moi m'expliquer Ginn', je t'en supplie…

Il voulut lui prendre la main, mais la jeune fille la retira d'un geste rageur.

- Mais tu ne comprend pas ?hurla-t-elle à plein poumons, les larmes dans la voix. Je ne veux plus JAMAIS te revoir ! JAMAIS, tu entends ! Cours la retrouver, oublie-moi ! Retourne avec ELLE, qui est certainement 100 fois mieux que MOI ! CASSE-TOI !

Sur le coup, Amy crut que Jeremy allait soit fondre en larmes, soit s'évanouir. Mais il n'en fit rien, il se contenta de se retourner, d'obéir et il s'enfuit. Mais Amy eut la certitude qu'elle l'avait vu le jeune Serdaigle s'essuyer furtivement les yeux.

Ginny pleurait pour de bon cette fois. Elle avait été rejointe par Hermione et Jamie, et elle sanglotait sur leurs épaules. La brune se joignit à leur accolade, en caressant doucement les cheveux roux de son amie.

- Je … le …déteste, hoqueta-t-elle entre trois sanglots, le visage enfoui dans l'épaule d'Hermione.

- Ginn', que c'est-il passé ? demanda Amy doucement, une fois que les sanglots de son amie se furent apaisé et qu'elle fut en mesure de parler normalement.

- Raconte-nous, insista Jamie.

Ginny s'essuya les yeux d'un revers de manche et garda les yeux dans le vide.

Flash Back

Ginny parcourait les couloirs, pour descendre au terrain de Quidditch, pour un entraînement avec l'équipe. Le bruit de ses pas se répercutait sur les murs de pierre froide. Elle avançait d'un pas rapide et déterminé, très motivé pour le premier entraînement depuis la fin des vacances.

La jeune Weasley s'apprêtait à tourner à droite, pour accéder à l'escalier de marbre, quand elle entendait des voix familières, qui venaient du couloir 3 mètres plus loin.

-Mais qu'est-ce que tu veux enfin?

- Mais tout ! Absolument tout …

Intriguée, Ginny s'approcha silencieusement de l'endroit où venaient les voix. Elle jeta un coup d'œil discret et son esprit se décomposa.

Cho. Les bras autour du coup de …

- Jeremy ! s'étrangla-t-elle.

Fin Flash Back

A cet instant, Ginny se prit la tête entre les mains, pour cacher ses sanglots.

Chapitre 28: La souffrance est un plat qui se mange chaud et longtemps

Janvier passa lentement, puis arriva petit à petit à sa fin, pour laisser place à un Février glacial et tempétueux. Aussi tempétueux que le ciel, la relation entre Ginny et Jeremy était à son plus bas, au même titre que celle de Parvati et Anthony, qui avaient rompu la semaine qui précédait le premier week-end de Février. Celle-ci se plaignait qu'il ne faisait pas assez attention à elle et ce dernier supportait mal qu'elle batifole à gauche et à droite. Cela c'était fait presque à l'amiable et les deux adolescents décidèrent de rester amis.

Quand à Jeremy, il tentait par tous les moyens pour que Ginny accepte de l'écouter, mais la rousse était déterminée à le chasser de sa vie, entièrement. Ce qui rendait le Serdaigle encore plus malheureux.

Un jour, Hermione avoua à Amy et à Jamie qu'elle entendait Ginny pleurer la nuit, quand elle croyait tout le monde endormis. Les Griffondors durent se rendre à l'évidence : le blond et la rousse s'aimaient encore, et leur rupture les avaient fait beaucoup souffrir. Leur histoire faisaient fit de nombreux débats dans la salle commune. Hermione et Amy pensait en « l'innoncence » de Jeremy et que le problème était Cho. Jamie, Lavande et Parvati étaient contre le jeune homme. Au cours d'une discussion mouvementée, Lavande exposa les arguments :

- Jeremy a été pris sur le fait entrain d'enlacer Cho Chang ! C'est une preuve, non ?

- Oui, mais on sait également que Cho Chang a été particulièrement énervée par sa rupture avec Harry, renchérit Hermione. On sait de quoi elle est capable pour avoir ce qu'elle désire.

- Oui, ça on le sait, coupa Parvati. Mais pourquoi se serait-elle « attaqué » à lui en particulier ?

- Vous semblez oublier un détail, fit remarquer Amy. Pour Cho, Jeremy représente un attrait peu négligeable, une nouvelle conquête à inscrire sur son tableau. Cette fille est une coureuse de première catégorie et elle est prête à tout pour parvenir à ses fins.

- C'est fort probable qu'elle l'ait dragué volontairement, ajouta Hermione.

- Mais cela remet en cause la fidélité de ce type, dit Jamie, les sourcils froncés. Si il aimait Ginny autant qu'il le dit, pourquoi a-t-il cédé aussi facilement à ses avances ?

Un silence s'installa, pesant, lourd. Soudain, Amy brisa le silence.

- Mais qui nous dit qu'il y a vraiment cédé ? On a entendu que la version de Ginny. Et elle a put s'imaginer des choses pas forcément vraies ! Moi ce que je propose c'est qu'on entende…

-… la version exacte de Jeremy, compléta Hermione, en regardant Amy.

Le lendemain matin au déjeunés, Jeremy se retrouva entourée par Amy, Parvati, Hermione et Jamie dans la cour. Quand Amy lui demanda sa version, il parla d'une traite, sans s'arrêter.

- C'était un accident. J'allais aller à la salle des professeurs pour mon devoir de sortilèges en retard. Et là, il y a Cho qui a débarqué. Je suis passé à côté d'elle, elle m'a sourit et elle m'a poussé contre le mur. Je n'ai pas trop eu le temps de réagir en fait. Je lui demandé ce qu'elle voulait, elle m'a posé les bras autour de mon coup … et c'est là que Ginny est arrivée …

Il baissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure ses yeux verts fixant ses chaussures.

Un silence s'en suivit, ou chacun réfléchissait. Hermione brisa le silence.

- Si tu dis la vérité, on veut bien te croire. Et maintenant, il faut que Ginny accepte de te parler...

- C'est là que les choses se compliquent, fit Amy.

- J'aimerai tant lui faire comprendre que je n'y suis pour rien, souffla le jeune homme. Vous savez, … Ginny je l'aime tellement … Je ne supporterai pas de la perdre …

- On va t'aider Jerem' , assura Jamie. Elle va te parler tu vas voir. On va aller lui parler. Et si elle ne veut pas, il nous faut un moyen de pression…

- De pression ?, s'étonna-t-il. Quel moyen ?

- Ah ça monsieur Goldstein, c'est notre affaire, fit Parvati avec un air malicieux.

- Fais-nous confiance, assura Hermione, en faisant un clin d'œil à Parvati.

- Merci.

- Pas de quoi.

Quand le jeune Serdaigle fut loin, Amy demanda aux autres :

- Alors, dites-moi maintenant si cette histoire de moyen de pression était uniquement pour lui redonner espoir ou si c'était du bidon.

- Tatata, coupa Parvati. C'est pas du bidon, ce truc ça marche à tous les coups.

- On a le R.E.J au complet, ajouta Jamie.

- Le quoi ?

- Le R.E.J., expliqua la châtaine. Raison, Evénement …

- Et Jalousie, compléta Parvati.

Les filles discutèrent encore toute la soirée pour mettre au point la stratégie. Ils se turent ensuite avec l'arrivée de Ginny, Ron et d'Harry. La rousse avait l'air renfrognée et avait la figure tâchée de sang séché. Quand Amy lui demanda ce qu'elle s'était fait, elle répondit d'un grognement sourd et se dirigea d'un pas vif vers son dortoir. Ron répondit à sa place :

- Elle s'est pris un cognard en pleine tête, en plein sur le nez. Elle a voulu nous faire croire qu'elle ne l'avait pas vu, mais je n'y crois pas trop …

- C'est vrai ça, intervint Harry, après avoir embrassé Amy pour lui dire bonsoir. On aurait dit qu'elle l'avait vu, mais qu'elle n'avait pas voulu l'éviter …

Amy reçut le regard d'Hermione cinq sur cinq.

- Vous croyez qu'elle aurait fait exprès de se le prendre en pleine tête ? s'étonna Jamie. Mais pourquoi ?

- Ginny est très triste ses derniers temps, dit Amy d'un ton sombre. A cause de Jeremy …

- Ah, si je le tenais celui-là, grogna Ron en serrant les poings. Il a de la chance d'être à Serdaigle, et que je sois pas dans la même salle commune que lui, parce que je l'aurai réduit en bouillie.

- C'est pas sa faute, à Jeremy ! s'indigna Hermione. C'est Cho qui lui a sauté dessus.

- Oui mais on est pas là pour plaider le sort de ce type Hermione ! cria Ron, la figure rouge. C'est de ma petite sœur dont il est question !

- Oui, mais bien sûr, mais toi qui ne voit pas plus loin que le bout de ton nez !

Ils continuèrent à se disputer, si Harry n'avait pas brisé la conversation.

- çA suffit ! Vous commencez à me taper sur les nerfs avec vos disputes ! Moi je pense qu'il faut les laisser se débrouiller. Après tout ce n'est pas nos affaires.

Tout le monde se tut et les conversations reprirent sur un sujet plus sympathique, mais au grand dam d'Hermione : le Quidditch et les matchs à venir. A un moment, Amy sentit qu'elle s'endormait gentiment contre l'épaule d'Harry. Il le remarqua, se leva et lui prit la main pour l'aider à le relever. Elle le suivit jusqu'à la porte de son dortoir. Il se retourna vers elle, la regarda dans les yeux. Amy commença à parler.

- Tu sais, Ginny m'inquiète. Cette histoire de cognard n'est vraiment pas nette… Et si elle avait voulu … mourir à cause de Jeremy ?

- Amy, coupa Harry, l'air faussement agaçé. Est-ce qu'on pourrait arrêter de parler de Ginny et de Jeremy, ne serait-ce qu'une petite minute ?

La brune lui sourit. Harry le lui rendit et l'embrassa passionnément. Le baiser dura encore quelques secondes.

- Tu m'a manqué ces temps, souffla-t-elle. Tu as beaucoup d'entraînement et de devoirs. On ne se voit presque plus …

- Toi aussi tu m'a manqué, répondit Harry. Je vais essayer de faire mon possible pour qu'on se voit plus souvent je te le promet. Et pourquoi tu ne viendrais pas une fois assister à l'entraînement ? Amène Hermione, ça va encourager Ron.

Amy éclata doucement de rire.

- Ouais tu as raison. Je vais l'emmener la prochaine fois.

- Je m'en réjouit d'avance, murmura-t-il.

- Bonne nuit Harry. Je t'aime.

- Moi aussi mon ange. Je t'aime.

Ils s'embrassèrent doucement et chacun rejoignit sa chambre respective. Quand Amy entra dans la sienne, elle resta un instant adossé à la porte en bois sombre. Sa relation avec Harry était si parfaite, si complète, elle n'y voyait aucune faille, aucune entaille.

Elle soupira de bonheur, et se dirigea vers son lit.

Soudain, un reniflement la fit sursauter, des sanglots. Elle aperçut de la lumière depuis la salle de bain. La jeune fille y entra à toute trombe, et se retrouva devant son amie aux cheveux roux accroupis sur le sol dallé.

- Ginny ! s'exclama-t-elle. Qu'est-ce que tu fais là ?

La rousse ne répondit pas mais se retourna lentement, les yeux rougis et le visage plus pâle qu'un fantôme. Elle semblait étrangement amorphe, sans énergie. Puis, sans avertir, elle s'affaissa sur le sol.

- Ginny ! S'étrangla Amy, en se précipita vers son amie. Réponds-moi ! Réveille-toi !

La jeune fille ne répondit pas, et la brune paniqua en voyant le flot de sang qui s'échappait de ses poignets ouverts.

- Au secours ! Hurla-t-elle. Aidez-moi, VITE !

Ses cris alertèrent Parvati, qui entra en trombe dans la salle de bain. Elle poussa un cri, puis appela Ron et Harry pour qu'ils viennent l'aider à l'emmener jusqu'à l'infirmerie.

Ron devint plus blanc d'un linge en voyant sa petite sœur à moitié morte et la souleva avec l'aide d'Harry. Amy et Parvati tenaient la main de Ginny, tandis qu'ils couraient à l'infirmerie.

Quand Ginny fut étendue sur un des lits blancs de l'infirmerie, les jeunes gens furent forcés d'attendre dans le couloir, tandis que Mme Pomfresh s'en occupait. Amy était serrée contre Harry et tremblait de tout son corps. Le survivant la serra plus fort, pour l'empêcher de trembler. Quand à Ron, entouré d'Hermione et de Parvati, il semblait complètement chouté et il avait le regard fixe, les lèvres gercées de se faire mordiller férocement. Hermione le remarqua et posa sa main sur son bras, en signe de réconfort. Parvati semblait choquée elle aussi, et restait très silencieuse.

Puis, 1h plus tard, Mme Pomfresh sortit de la salle. Ron fut le premier à se lever pour aller vers elle, suivit de près par tous les autres.

- Comment vas-t-elle ?

- Ne vous inquiétez pas, Mr Weasley. Miss Weasley est hors de danger. Mais elle a eut beaucoup de chance. Si vous ne l'aviez pas amenés, elle y serait resté.

Harry vit Amy flancher, mais il l'a retint d'un bras protecteur. Tandis qu'Hermione serra le bras de Ron contre sa tempe. Ron demanda aussitôt :

- Est-ce que je peux la voir ?

- Non pas ce soir, elle doit se reposer, trancha Mme Pomfresh. Et pas de négociations possibles bien entendues, ajouta-t-elle, en voyant Ron et Harry ouvrir la bouche pour répliquer. Vous viendrez tous voir Mrs Weasley demain matin. Et maintenant retournez vous coucher, jeunes gens.

Quand elle se fut éloignée, Ron se retourna vers Amy, le regard reconnaissant.

- Merci, tu l'a sauvée… Tu as sauvé ma petite sœur…

- Il n'y a pas que moi, on l'a tous sauvés, répondit-elle, les yeux humides.

Ron releva les yeux pour essayer de ne pas pleurer, mais larmes vinrent toutes seules à ses yeux. Amy alla serrer le roux dans ses bras, et fut imitée par tous les autres.