Salut Antig0ne ! Faut dire qu'avoir un gamin alors qu'on a Voldemort aux fesses, c'est sans doute pas une idée très censée en même temps X)
Hello Piitchoun ! Pour ce qui est de tes questions, le fait que Harry ne naisse pas n'aurait rien changé au fait que Voldemort ait des Horcruxes vu que Harry était son dernier, sous entendu qu'il en avait déjà 6 (si je ne me trompe pas) avant ! Et je pense qu'il se serait tourné vers Neville. Ou peut -être que la prophétie aurait été différente, qui sait ? Après seule JKR pourrait vraiment te répondre ^^
Pour Hélène, j'ai prévu de caser une petite scène, mais pas tout de suite. Quant aux autres... Crystall va aller leur pourrir... quelque chose qui va franchement les emmerder et ça devrait pas trop tarder à arriver, par contre.
Oui, j'écris une fic sur Zilphya Zuutt ! Mais je ne la publierais qu'après la fin du troisième tome sur Crystall ! J'ai une chronologie à respecter ^^
Il y a effectivement un truc bizarre avec Dante, bien vu ! Y'a même un ou deux indices bien cachés dans ce tome !
Concernant l'alpha, en fait la raison pour laquelle il se contrôle mieux est très simple : il accepte complètement son état. Au lieu d'être en compétition avec son loup pour le contrôle du corps, ils sont en symbiose. Selon moi, plus tu rejettes la lycanthropie et plus tu le paies ! Greyback avait presque l'air heureux d'être un loup – garou dans les livres (ou du moins c'est l'impression que j'ai eu). Donc voilà, le secret pour que ça se passe mieux, c'est accepter... Ce qui est difficile vu le contexte dans le monde sorcier et la dangerosité de la lycanthropie.
Ils ne pouvaient décemment pas tous s'en sortir bien au beau milieu d'une attaque massive de loup - garou, alors il a fallu que j'en sacrifie un, malheureusement. Et Andreas accepte plutôt bien son nouvel état. Et, oui, je compte mettre un passage avec les moldus qui ont été mordus !
J'espère avoir répondu à tout :)
Merci pour la review Elysis ! ^^
Je commence mes partiels lundi, alors on verra si j'ai le temps de finir le prochain chapitre pour samedi ! Souhaitez moi bonne chance !
Bonne lecture !
Mangeurs de Chaires
Mardi 27 Novembre 1979 : chez moi
Ça fait du bien d'enfin rentrer à la maison ! Je commençais à n'en plus pouvoir de Ste Mangouste et de ces foutus Guérisseurs qui vous lâchent jamais la grappe !
Il y a deux mercredis de ça, Maugrey a débarqué dans mon labo de potion comme une furie alors que je me trouvais au beau milieu d'un étape super compliquée et délicate de la Potion Aiguise Méninge. C'est du niveau de 4ème année de Poudlard, mais j'essaye de la rendre plus performante. Avec tout ce que je lis à la Citadelle, j'ai tendance à oublier la moitié et ça m'ennuie sincèrement. C'est même sacrément emmerdant.
Bref, Maugrey a débarqué, m'a fait la peur de ma vie, et tout a loupé. La potion m'a explosée à la tête. Heureusement que j'ai eu le réflexe de me cacher sous le plan de travail. Le plafond ne s'en est pas aussi bien sorti…
- Mais ça va pas ? lui ai – je hurlé en ressortant de sous la table. Qu'est ce qui te prend de débarquer comme ça chez les gens ? T'es complètement cinglé ma parole ! J'aurais pu faire exploser la maison et la moitié de Londres si j'avais travaillé sur autre chose ! Et comment tu es entré d'abord ?
- Ta gueule gamine. J'ai besoin de quelqu'un pour venir avec moi maintenant.
- Et tes aurors ?
Il m'a fixée en silence, l'air si mortellement sérieux que ça m'a instantanément calmée. Maugréant, j'ai jeté sur le côté le tablier que je portais pour ne pas pourrir mes vêtements (les trous causés par les projections de potion ça ne se répare pas, même avec la magie. Du coup, j'ai investi une petite fortune dans un tablier en cuir de dragon) et je l'ai accompagné hors du labo. Maintenant que la potion avait explosé, elle n'irait plus bien loin.
- On va où ? ai – je demandé en sortant ma baguette.
- On m'a appris que Voldemort était sur Clare Island.
- Où ? me suis – je étonnée.
- Quelque part en Irlande.
- Qu'est ce que Voldy va foutre en Irlande ? Et qui te l'a dit ? Pourquoi tu n'embarques pas tes escadrons d'aurors ?
- On t'as jamais dit qui faudrait que tu la fermes ?
- Tu débarques et il faudrait que je te suive sans poser de question ? Tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate ! Et… oh putain ma porte !
On venait d'arriver dans le hall et la porte d'entrée gisait au sol, littéralement arrachée de ses gonds. Maugrey avait dû s'énerver de ne pas pouvoir entrer et avait utilisé la force pour ça.
- J'étais pressé, s'est – il justifié en me tirant hors de la maison par le bras.
Une fois sur le perron, il a tiré sa baguette pour remettre la porte à peu près droite. Puis, il s'est tourné vers moi, et il a eu de la chance que je sois muette d'indignation, parce que sinon il n'aurait jamais pu en placer une.
- J'ai eu vent du fait que Voldemort semble s'absenter régulièrement ces derniers temps, m'a t –il dit. Et j'ai enfin une piste sur l'endroit où va. Si je t'emmène toi, c'est parce que je sais.
- Tu sais ?
- Je sais que si je te dis « tue le » tu le tueras.
Il m'a fixée droit dans les yeux, et j'ai vérifié la solidité de mes barrières mentales. J'ai réalisé seulement à ce moment là que le grand patron du bureau des aurors savait que j'avais déjà tué quelqu'un et fait usage des Impardonnables. Je ne sais pas comment il l'a su, mais il sait. Je vais devoir être plus prudente. Mais en gardant ça pour lui, il se rend complice de mon crime aux yeux du Ministère. Il n'ira jamais me dénoncer.
On a ensuite transplané. Je l'ai laissé nous guider. On a atterri sur un promontoire rocheux qui nous offrait un bon panorama. On s'est accroupi derrière les buissons encore humides de la dernière pluie et j'ai fait apparaître une veste. Il faisait plus froid ici qu'à Londres.
- Je ne vois rien, ai – je chuchoté.
- On descend.
Rien ne semblait bouger, alors on a exploré l'île. Elle était plutôt grande et échelonnée sur plusieurs niveaux, comme une cuvette géante.
- Nous ne sommes pas seuls, m'a dit Maugrey en se figeant soudainement.
J'ai haussé un sourcil, et j'ai pivoté pour qu'on se retrouve dos à dos afin d'élargir notre chambre de vision. Mais rien. C'était calme. Tellement calme. Trop calme. On avait même pas vu un oiseau survoler l'île. Et ça, ça prouvait plus que tout qu'il se passait vraiment quelque chose ici.
Coup de chance, on se trouvait dans les parages quand Voldemort est arrivé. Il a ramené avec lui des gens. Ils étaient tout raides, signe d'un petrificus totalus. J'allais profiter d'une de ses absences (il a été obligé de transplaner à plusieurs reprises pour ramener la dizaine de personne) pour tenter quelque chose, mais Maugrey m'a attrapée par le bras pour que je reste à couvert.
- Bouge pas, m'a t –il ordonné.
Son regard fixe ne lâchait pas l'endroit où Voldemort réapparaissait toujours, comme un prédateur tapit dans les buissons attendant le bon moment pour bondir. Je lui ai obéi et heureusement. Je n'aurais jamais eu le temps de faire quoi que ce soit sans foutre en l'air notre planque.
Finalement, quand il y a eu une dizaine de personne, Voldemort a sorti sa baguette. Il les a libéré du sort et des tas de cris terrifiés nous sont parvenus. Les gens ont rampé, se sont mis à quatre pattes puis se sont levés et ont commencé à courir, vraisemblablement pour lui échapper.
J'ai froncé les sourcils en constatant qu'il ne faisait rien pour les en empêcher. Puis, quand ils ont été éparpillés dans tous les sens, il a ouvert la bouche et des sifflements aigus à glacer le sang en ont jailli.
- Fourchelangue, a marmonné Maugrey plus pour lui que pour moi, je pense.
Mais ça m'a éclairée sur la nature de ces sifflements. Le fouchelangue n'était qu'un mythe pour moi jusque là.
Et soudainement, de tous les côtés, même de derrière nous, ont surgi des ombres. Énormes.
J'ai cligné des yeux, essayant de comprendre ce qu'étaient ces choses. J'ai vu en premier une queue de scorpion, noire et recourbée, énorme, avec un aiguillon de la taille d'un poignard, rattachée à un corps qui ressemblait à un mélange d'humain et de lion. Certains avaient même une crinière. Et leur visage était à semblant humain avec un nez, des yeux, des sourcils. Mais leurs bouches anormalement grandes se prolongeaient sur leurs joues et dévoilaient des crocs aiguisés du même genre que ceux qu'on voit sur un lophiiforme ou un poisson dragon.
Mais ce qu'ils ont fait m'a empêchée de demander ce que ces choses étaient. Elles se sont jetées sur les gens qui couraient et les ont dévoré vivants. Ils ont hurlé tellement longtemps ! J'ai détourné le regard quand le sang et les morceaux de chaires ont commencé à voler. Ça ne m'a pas empêchée d'entendre. Les hurlements, les bruits de déchirement, des os qui se brisaient. Je n'avais pas grand-chose dans le ventre, mais j'ai bien failli tout vomir. Et soudainement, le rire glacé de Voldemort nous est parvenu. Des gens se faisaient massacrer et il riait à gorge déployée.
- Maintenant ! a ordonné Maugrey.
Il a bondi si vite que je n'ai pas pensé à le suivre. Il s'est jeté sur Voldemort comme un faucon fondrait sur un pauvre rongeur. Mais il ne l'a jamais atteint. L'une des chose l'a attrapé au vol. Les créatures n'avaient pas d'ailes, mais étaient visiblement capable de bonds phénoménaux. J'ai décidé de rester cachée tandis que Voldy s'approchait de lui :
- Bienvenue mon ennemi fouineur, a t –il dit d'une voix guillerette. Généralement, je n'aime pas qu'on mette son nez dans mes affaires, mais ta présence ici va me permettre de régler rapidement le problème que tu représentes. Sans toi le Ministère va tomber en moins d'une semaine.
J'ai senti mon sang se glacer dans mes veines. Je savais que Maugrey était important, mais cette phrase m'a fait prendre conscience que l'une des seules raisons pour laquelle le Ministère n'est pas encore tombé sous le joug de Voldemort, c'est Maugrey. Un auror fou, c'est vrai, mais le meilleur de tous.
- Ou as – tu eu ces manticores ? a grogné Maugrey. Elles sont interdites au commerce.
- J'ai beaucoup voyagé avant de revenir dans notre bonne vieille Angleterre. J'ai rencontré beaucoup de monde et fait des découvertes qui feraient se retourner Merlin en personne dans sa tombe. Dont le fait que ces délicates créatures…
Il a passé une de ses mains squelettique dans la crinière de ce qui était vraisemblablement une manticore et qui tenait Maugrey immobilisé au sol.
- … sont très réceptives au Fourchelangue. Avec un peu de patience, elles deviennent des serviteurs très dévoués. Après tout, je les nourris de leur met favori : les humains. En ce moment, je les éduque à reconnaître les vrais sorciers des Sang – de – Bourbe et des moldus.
Et il a lâché une autre phrase en fourchelangue. J'ai vu comme au ralenti l'énorme bouche s'ouvrir pour fondre sur la gorge de Maugrey. Et j'ai fait la seule chose possible : j'ai bondi hors de ma cachette, brandissant ma baguette et j'ai lancé un sort de répulsion qui a fusé droit vers la créature… pour n'avoir aucun effet.
La scène s'est figée. La créature a dû sentir quelque chose vu qu'elle s'est interrompue pour me regarder. Et là, j'ai réalisé qu'on était bien dans la merde. Le rire de Voldemort a de nouveau résonné désagréablement à mes oreilles.
- Voilà donc le pitoyable renfort d'Alastor Maugrey ! J'avais prévu quelque chose pour toi aussi Crystall Entwhistle, mais tu me facilites énormément la tâche !
Il a craché encore deux ou trois phrases en fouchelangue avant de transplaner. Et toutes les manticores ont commencé à se rapprocher lentement de nous. Elles avaient le visage et les pattes avant barbouillés de sang humain qui gouttait sur le sol. D'aussi près, j'ai noté qu'elles avaient en réalité plusieurs rangées de dents, comme des requins et que la langue qui dardait était fourchue. Vu que ces choses sont réceptives au Fourchelangue, elles devaient bien avoir quelque chose reptilien. Je me serais bien passée de tous ces détails à ce moment là.
- Alastor, ai – je appelé en tournant sur moi-même pour tenter de toutes les voir en même temps.
Il était toujours piégé au sol.
- Les Manticores sont insensibles à la magie, m'a t –il appris au milieu du silence insoutenable qui s'était installé. Pour les tuer, il faut leur transpercer le cœur.
- Rien de plus facile, ai – je tenté d'ironiser. Un retrait stratégique serait une bonne idée non ?
- Vas –y toi. Je ne peux pas : les manticores neutralisent la magie de ce qu'elles touchent.
On tapait la discut' au milieu des monstres et ils nous regardaient curieusement faire, alors qu'ils s'étaient jetés sans hésiter sur les autres humains. J'aurais vraiment pu transplaner. Mais si je faisais ça, Maugrey était condamné. Et c'était hors de question.
- Je ne pars pas sans toi. Tu n'as pas une idée pour les faire fuir ?
- Je suis auror, gamine, pas responsable du département de régulation des créatures magiques. Je sais les tuer, pas le reste.
J'ai grogné de dépit. On était bien dans la merde. J'avais bien un poignard sur moi, mais que faire d'une seule lame de 20cm contre une armée de manticores ? On peut l'utiliser une fois comme arme de jet, et c'est tout. En prenant en compte le fait que je n'avais jamais appris à utiliser un poignard comme ça, et que je me retrouverais départie de la seule arme physique efficace, j'ai préféré laisser tomber cette option.
J'aurais pu rester là encore longtemps réfléchir, mais nous sommes arrivés au bout de la patience de ces bestioles. Elles ont commencé à déplier et replier nerveusement leurs queues de scorpion. Je crois que ce qui leur posait réellement problème, c'est que toutes les proies qu'elles avaient croisées jusque là couraient en criant. Or, nous étions silencieux et immobiles.
Et soudainement, et aussi étrange que ça puisse paraître, une sorte de mélodie, douce et envoûtante s'est élevée dans les airs.
- Fuis ! m'a intimé Maugrey. Elles chantent quand elles dévorent leurs proies.
J'ai obéi sans me poser de question. J'ai tranplané, mais pas pour partir. J'ai réapparu une centaine de mètre plus loin, et j'ai décidé d'employer la même stratégie qu'avec les loups – garous.
J'ai tendu mes deux baguettes vers le sol et il s'est mis à trembler. Puis des fissures sont apparues et les manticores se sont éparpillées comme des pigeons effrayés. Je me suis précipitée vers Maugrey qui se relevait, cinq blessures profondes sur son torse.
- Saleté, a t –il grommelé. On…
J'ai juste eu le temps de voir ses yeux s'écarquiller avant de sentir un truc s'enfoncer dans mon flanc, puis ressortir, m'entraînant à moitié avec lui. J'ai plaqué ma main sur mes côtes et je l'ai retirée maculée de sang. Je venais de me faire piquer par l'une des manticores. Maugrey a bondi en brandissant sa baguette pendant que la partie logique de mon cerveau reprenait le dessus.
J'ai lâché mes baguettes et j'ai plongé mes mains dans mes poches, à la recherche du flacon d'antidote que je garde toujours sur moi. Mes mains tremblaient bien avant que j'arrive à m'en emparer. Je l'ai lâché en le sortant de ma poche et j'ai regardé ma seule chance de survie rouler pour tomber dans une des fissures que j'avais moi-même créée. Je n'étais même pas capable de me jeter à sa poursuite.
J'avais froid. Terriblement froid. Et des points noires ont commencé à danser devant mes yeux.
- Me… merde, ai – je articulé avant de tomber au sol.
La dernière chose dont je me souviens avant de perdre conscience, c'est que j'avais l'impression qu'une main énorme me compressait les poumons. Et mon cœur battait tellement vite dans mes oreilles...
Bien sûr, je m'en suis tirée. Sinon je ne serais pas là à relater ce qu'il s'est passé. Mais c'est pas passé loin cette fois.
J'ai repris connaissance à Ste Mangouste. Vu le nombre de fois où je m'y retrouve, je ferais bien de leur demander s'ils ont une carte de fidélité. Ou de louer un lit à l'année, au choix.
Je n'étais pas au meilleur de ma forme, il faut l'avouer. J'avais mal partout, et j'avais l'impression que mon corps allait se disloquer au moindre de mes mouvements. Et il y avait quelque chose qui gênait ma respiration. Des alarmes stridentes ont envahi la pièce pendant que je commençais à m'étouffer.
Il y a des gens, des centaines de gens de mon point de vue, qui sont entrés en criant et en s'agitant et j'ai à nouveau été assommée par quelque chose, sans doute un sort.
Le deuxième réveil a été le bon. Je pouvais respirer librement et j'avais moins mal. J'ai finalement levé une main pour la poser à l'endroit où j'avais été piquée. J'ai rencontré un épais bandage. J'étais en vie. Sans doute de pas grand-chose, mais en vie.
- Crys ! Tu es réveillée !
J'ai sursauté. Je n'avais même pas remarqué Sirius, somnolent sur une chaise un peu plus loin. Il s'est levé tellement vite qu'il a manqué d'atterrir la tête la première sur le sol. Il s'est rattrapé au lit.
- Tu as mal à quelque part ? m'a t –il demandé. Tu as besoin de quelque chose ? Attends, je vais appeler les Guérisseurs.
- Sirius, Sirius, ai – je articulé d'une voix que je n'ai pas reconnu moi-même. Ça va.
- Il faut que tu arrêtes de faire ça. Je prends 10 ans à chaque fois que tu te retrouves ici ! Je vais ressembler à Dumby bientôt !
- Tu n'as pas un cheveux blanc : j'ai encore de la marge, ai – je tenté de plaisanter.
- Je suis sérieux ! Quand j'ai vu la porte défoncée et toi qui avais disparu, j'ai cru que j'allais faire une syncope !
- C'est Alastor…
- Je sais !
- Est – il vivant ? ai – je demandé.
Si j'étais à Ste Mangouste, il devait s'en être aussi sorti.
- Pas de beaucoup. J'ai failli l'étrangler quand il nous a appris dans quoi il t'avait embarqué ! Il est complètement siphonné ! Suivre Voldemort ! A deux ! Sans plan !
- J'imagine que ça n'a pas été son opération la plus réussie, ai – je répondu en rigolant.
Mais ça s'est vite transformé en quinte de toux. Sirius m'a tendu un verre d'eau.
- Merci… Ça fait combien de temps que je suis là ?
- 5 jours. Les Guérisseurs n'étaient pas très optimistes…
- Merci Sirius, je me sens beaucoup mieux maintenant ! Quand est ce que je peux sortir ?
- Tu ne vas aller nulle part, a t –il répliqué en me pointant du doigt. Tu vas rester là jusqu'à ce que les Guérisseurs te disent que tu es guérie.
- Exactement !
Nous avons tous les deux sursauté quand un Guérisseur est entré dans la chambre.
- Bonjour Miss Entwhistle, je suis le Guérisseur Melvis et je vais m'occuper de vous durant au moins une semaine, alors j'espère qu'on s'entendra bien !
- Continuez à me parler comme si j'étais une enfant et nous allons nous fâcher encore plus rapidement que vous ne le pensez, ai – je sifflé en plissant les yeux.
- Apparemment, rien ne changera jamais ton mauvais caractère. Je suis rassuré, m'a dit Sirius en souriant.
- Vous voulez bien nous laisser Monsieur Black ? a continué le Guérisseur. Je vais changer son pansement alors mieux vaut qu'il y ait le moins de personne présentes dans la pièce.
Sirius m'a embrassée sur le front avant de s'exécuter, m'assurant qu'il resterait derrière la porte en cas de besoin. Le Guérisseur s'est installé sur un tabouret et a tiré à lui le chariot avec lequel il était entré.
Il a découpé les bandages et retiré délicatement le tissu au contact de la plaie. Et ça a fait un mal de chien. Vu la couleur qui imprégnait le bandage, j'en ai déduis que c'était bien moche. Je ne pouvais pas me pencher pour regarder.
- On voit rarement des plaies de ce genre ici, a t –il dit.
- J'imagine, ai – je répondu.
- Alors, dites moi tout. Comment avez-vous fait pour vous faire attaquer par des manticores ? Ces créatures ne se trouvent qu'en Grèce dans des zones protégées.
- Le hasard.
- Le hasard ? Il me semble que pour croiser une créature pareille sortie de son environnement naturel, il faut vraiment le chercher … ou savoir où elles se trouvent.
- Croyez moi, si j'avais su, je serais partie dans la direction opposée. Je me suis pas baladée en l'appelant pour qu'elle me pique.
L'interrogatoire commençait à m'agacer sérieusement. Il cherchait quelque chose, c'était évident. Mais il n'a pas semblé le remarquer et a continué.
- Qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? ai – je fini par répondre. J'ai trouvé que c'était un super plan pique nique alors j'y suis allée ! On ne peut pas m'en vouloir d'avoir été malchanceuse cette fois.
- Ne me prenez pas pour un imbécile, a t –il répondu en appliquant brutalement la compresse sur ma plaie, ce qui m'a fait super mal entre parenthèse.
- Ça, c'est ma phrase. Vous cherchez à me faire dire quelque chose depuis que vous êtes entrez ici et je n'aime pas les fouineurs. Faites votre boulot et dégagez !
Autant dire qu'après ce premier contact "amical", les choses ne se sont pas améliorées les autres jours. Il continuait à me poser des questions, et j'ai fini par me dire que c'était le Ministère qui le payait pour ça. Si le but c'était qu'il se renseigne discrètement, c'était foutu. Ils auraient envoyé un auror pour un interrogatoire en règle que ça aurait été moins suspect. Ce mec était imbuvable.
Mais je veux bien lui concéder que je ne suis pas une malade facile. Si j'avais été en état de me lever, je ne serais pas restée plus d'une demi journée supplémentaire dans ce fichu hôpital où on ne peut même pas aller aux toilettes sans qu'un Guérisseur débarque.
Malheureusement, le poison avait fait suffisamment de dégât pour que j'ai besoin d'un traitement plus poussé que ce que j'aurais pu me préparer moi-même. J'ai eu la visite des Maraudeurs. Ils se débrouillaient pour qu'au moins l'un d'entre eux passent tous les jours.
Il y a même Andreas qui est arrivé un matin et m'a regardée sévèrement, planté à côté du lit :
- Je pensais t'avoirrrr mieux entrrrainée que ça, m'a t –il reproché. Tu n'aurrrais jamais dû êtrrre blessée.
- J'aimerais bien voir comment tu t'en serais sorti en face d'une dizaine de manticore avec ton partenaire en passe de se faire bouffer, ai – je rétorqué d'un ton mordant. J'ai sauvé la putain de peau de Maugrey après qu'il ait mis la mienne en danger. Alors tes reproches, tu peux te les carrer là où je pense !
Comme je l'ai déjà dit : j'étais totalement excédée d'être immobilisée à l'hôpital. Et mon vocabulaire a tendance à vite se fleurir quand je suis énervée. Je ne sais pas vraiment à quelle réaction je m'attendais. Qu'ils se mette à crier aussi, qu'il prenne la mouche ou qu'il me renvoie une tirade qui me ferait passer pour une imbécile… Je ne sais pas. Je ne le connais pas après tout. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne pensais pas qu'il réagirait comme ça :
- Quand tu serrras surrr pied, toi et moi on va avoirrrr du trrrravail.
- Quoi ?
- J'ai prrromis de ne rrrien fairrre contrrre l'Orrrdrrre. Et je ne pas t'entrrrainer, c'est définitivement lui nuirrre.
- Tu m'as déjà montré comment me battre et manipuler un poignard, ai – je souligné.
- Je ne t'ai pas montrrré tout ce que je savais. Alorrrs vient me trrrouver quand tu sorrtirrras d'ici.
- Et les autres ? Tu ne dois pas aussi les entraîner à cause du Serment ?
Et là il m'a lancé un sourire inquiétant :
- Je t'ai prrrêté serrrment. Notrrre magie étant équivalente, il est laissé à ma subjectivité son interrrprrrétation.
- Alors tu m'as vraiment choisie pour arriver à le retourner à ton avantage, ai – je répondu.
- En parrrtie, a t –il admis.
- Et le reste ?
- Il y a un proverrrbe qui dit : "mieux vaut se fier à un naïf honnête qu'à un érrrudit félon". Et il est juste.
- Tu es en train de dire que je suis naïve ? ai – je grogné.
- Plus vrrraiment … mais ce n'est pas encorrre ça.
Il s'en est allé avant que j'arrive à trouver quelque chose à lui balancer à la figure. Il avait réussi à rajouter une couche à mon énervement, et je compte bien lui demander de s'expliquer lors de notre prochaine rencontre. Je ne suis PAS naïve par Merlin ! Si on veut le type même de quelqu'un de naïf, qu'on aille chercher Elena Beef mais par moi !
Bref, ça n'est pas le plus important de ce qu'il s'est passé pendant mon séjour à Ste Mangouste. Je n'ai pas arrêté de dire qu'il fallait que je parte. Et ils auraient mieux fait de m'écouter. J'ai maintenant une raison valable de ne plus m'attarder là bas en tant que patiente : Voldemort a essayé de me faire assassiner, purement et simplement.
Un matin, ce n'est pas le Guérisseur Melvis qui est entré mais un homme que je n'avais jamais vu, même durant mes brèves balades dans le service où j'étais admise. Ça ne m'aurait pas interpellée (il avait bien le droit à un jour de congé dans la semaine, ou alors il avait décidé d'échanger la corvée de s'occuper de moi avec quelqu'un, ce qui m'aurait vraiment fait plaisir au passage), si ce mec là n'avait pas eu des yeux de tueurs.
- Qui êtes vous ? ai – je demandé en me redressant.
La bonne nouvelle, c'est qu'il est venu quand j'avais déjà bien entamé ma guérison. Je pouvais me lever, presque sans avoir mal. Bon, je n'avais plus de baguette magique, on me les avait confisquées et c'est Sirius qui les gardait à la maison.
Il portait l'uniforme des Guérisseurs. Il ne m'a pas répondu et s'est contenté de sortir sa baguette. J'avais plongé derrière le lit avant qu'il se lance son sort. Il y a maintenant un gros trou dans le mur de Ste Mangouste. Le genre de trou qui aurait été assez mortel sur moi. L'alarme de ma chambre s'est déclenchée et je n'ai jamais été aussi contente de l'entendre. C'est fou comme on est heureux de savoir que des gens vont arriver quand on est face à quelqu'un qui veut vous tuer et qu'on a pas de baguette.
Malheureusement pour lui, j'avais un as dans ma manche : les incantations. Il va falloir que j'aille remercier Flitwick. C'est lui qui m'a incitée à développer cette capacité alors qu'elle est totalement abandonnée chez les sorciers aujourd'hui. Vu le nombre de fois où ça m'a sauvé la vie, je vais même lui offrir des bonbons, tiens.
Les Guérisseurs sont arrivés, mais la porte était verrouillée et ils ont dû se cogner dedans vu le bruit que ça a fait. J'ai profité que mon agresseur y jette un coup d'œil (erreur de débutant: il ne faut jamais lâcher son ennemi du regard, surtout si on sait qu'on a soit même bien verrouillé toutes les sorties) et j'en ai profité pour lui envoyer mon incantation à la tête.
Il l'a reçu de plein fouet et est allé s'encastrer dans le mur. Je me suis empressée de lui enlever sa baguette et le sort qui scellait la porte a cédé dès qu'il a perdu conscience. Les Guérisseurs sont littéralement tombés dans la pièce.
Je me suis assise par terre, l'incantation m'avait épuisée, et je leur ai dit :
- Vous voyez que je n'aurais pas dû rester ici.
Il s'est avéré que l'homme était recherché par les aurors qui sont venus le récupérer en me présentant leurs excuses et qu'il avait volé l'uniforme du Guérisseur Melvis. Son cadavre a été retrouvé dans une poubelle à côté de l'entrée réservée au personnel de l'hôpital. Je ne l'aimais pas, mais je n'avais pas voulu qu'il meure parce qu'on voulait m'assassiner.
Après cet incident, on m'a changée de chambre et on m'a regardée différemment. Les rumeurs courent vite dans les couloirs d'un hôpital. Même si tout le personnel a tenté de l'étouffer : une tentative de meurtre en plein jour sur l'un de leur patient les plus surveillé (l'avantage d'être une patiente intenable, j'imagine) ça n'était pas très bon pour le business. Il y a beaucoup de petites cliniques privées qui sauteraient sur l'occasion pour leur voler leur clients.
Quoi, Journal, tu n'imaginais quand même pas que Ste Mangouste était le seul centre de soin sorcier à travers tout le pays ? C'est le seul hôpital à proprement parler, et comme il reçoit des subventions du Ministère, il est mieux équipé et peut donc faire face aux trucs les plus invraisemblables, mais il y a plein de cliniques en Angleterre.
Ils ont été beaucoup plus enclins à m'écouter quand je leur ai dit que plus tôt je partirais, mieux ce serait. Et finalement, victoire, ils m'ont laissée sortir. Je suis tellement contente de rentrer chez moi.
Je ne suis pas encore au mieux de ma forme. Pas d'entraînement, de transplanage seule et de potions avant quelques jours, voir une à deux semaines, et une infirmière va passer pour lancer les sortilèges nécessaires à la cicatrisation de ma plaie et me donner les potions qu'il me faut.
Sirius est aux petits soins pour moi. Il m'a même fait du thé et apporté mon petit déjeuné au lit avant de partir en cours, ce qui est suffisamment étrange pour être noté.
Finalement, avec cette blessure, je vais être obligée de me reposer, ce que je n'ai pas pu faire à Ste Mangouste avec tous ces foutus guérisseurs et les bruits.
Mercredi 28 Novembre 1979 : Citadelle
Bon, je retire ce que j'ai dit. Je n'arrive pas à me reposer. Tout à l'heure, j'ai envisagé de m'asseoir pour lire un livre. Tranquillement. Je n'avais pas tourné deux pages que je n'en pouvais déjà plus.
Je ne pouvais pas rester là à ne rien faire alors qu'il y a tellement de chose à faire ! Je n'ai pas de temps à perdre et j'en ai déjà perdu suffisamment avec cette guérison qui n'avance pas.
Avant, il n'y a pas si longtemps que ça, et pourtant j'ai l'impression que ça fait 10 ans, flemmarder était mon principal but dans la vie… après celui qui disait "faire en sorte que personne ne m'emmerde", bien sûr.
Donc, j'ai appelé Zek qui a eu l'amabilité de me déposer directement dans la bibliothèque. J'imagine que son énervante propriétaire lui a dit que je suis blessée. Je ne l'ai pas encore vue d'ailleurs.
*Citadelle*
Zilphya s'est fait attendre, mais elle a fini par venir. Elle vient toujours, ne serait ce que pour le plaisir de m'envoyer quelques pics.
- Comment vas – tu ? s'est – elle enquis en s'asseyant sur la table que j'occupais.
- C'est gentil de t'en inquiéter.
- Je me contente de faire mon devoir d'hôte. Il semblerait que tu persistes à te faire mordre, griffer, piquer par toutes sortes de créatures alors que la prudence te recommanderait de faire attention.
- Je n'ai pas choisi d'être piquée par une manticore !
- La même chose pour la fois ou le loup garou t'a enfoncé ses griffes dans le cou, pour la fois d'après où c'est un vampire qui y a enfoncé ses crocs et la morsure de l'inferius. Il y a des gens qui vivront sans jamais rencontrer une seule de ces créatures et tu te débrouilles toujours pour les croiser et en garder une trace. Ou tu le fais exprès, ou tu es terriblement malchanceuse.
- Qu'on vienne m'achever, ai – je soupiré.
- Ça peut s'arranger, mais ça ne t'avancera à rien.
Elle s'est redressée :
- Je suppose que cette fois, on peut au moins y voir un avantage.
- Le plaisir de me voir souffrir ? ai – je ironisé.
- Aussi, mais je ne parlais pas de ça. Je voulais dire qu'à présent tu es immunisée contre le venin de manticore et par extension contre presque tous les venins existants sur ce bas monde…
- Sérieusement ?
- Enfin, sauf si tu décides de rencontrer un basilic la prochaine fois et de le laisser te mordre. Ça ne me surprendrait même pas, tient !
- Je suis immunisée ? ai – je insisté.
- Bien sûr. Peu de gens survivent aux manticores pour en témoigner, mais leur venin est protecteur une fois que tu y as résisté, contrairement à beaucoup d'autres. Maintenant, retourne travailler. Je croyais que tu n'avais pas de temps à perdre ?
- C'est toi qui est venue me parler ! me suis – je indignée.
- Ce n'est pas de ma faute si tu es si facile à distraire.
Je le soupçonne de venir juste pour le plaisir de me titiller et voir où se trouve ma limite. Ce qu'elle n'a pas compris c'est que ça fait longtemps qu'elle a franchi la limite de ma tolérance.
Vendredi 30 novembre 1979 : orphelinat
Tout le monde était content de me voir, comme d'ordinaire. Les enfants m'ont littéralement sauté dessus, tapant sans aucune considération sur ma plaie. Kathie a dû le voir parce qu'elle les a vite chassés avant d'exiger que je la lui montre.
Elle a ouvert des yeux ronds quand je me suis exécutée. Ses yeux bleus ressortaient encore plus que d'ordinaire au milieu de sa peau brune. Elle a passé ses doigts sur la peau toute neuve, mais qui commence à doucement ressembler à un tissu qui laissera une cicatrice bien dégueulasse.
- Qu'est ce que tu as encore fait ? m'a t –elle demandé.
- J'ai oublié de regarder derrière moi en allant aider quelqu'un, ai – je grimacé en rabattant mon pull.
Elle m'a alors fixée avec tellement d'intensité qu'elle a réussi à me gêner.
- Quoi ? ai – je brusquement demandé.
- Je retire ce que j'ai dit la dernière fois, m'a t –elle dit. Tu ne mourras évidemment pas en te tuant à la tâche, mais en voulant sauver les autres sans prendre en compte ta propre sécurité !
- Je fais attention !
- Pas suffisamment ! Tu as une fois pensé à ce qu'il se passerait si tu mourrais ? s'est – elle énervée. Et les enfants ? Ils me demandent toujours quand est ce que tu reviens ! Je suis obligée de leur dire que je ne sais pas, parce que je n'ai aucune idée de si tu es encore vivante ou pas ! Tu as failli y passer cette fois ! Ne me mens pas ! Je le sais rien qu'en voyant ce qu'il reste de ta plaie !
Elle avait l'air furieuse. Je ne l'avais jamais vu comme ça, et pourtant elle et moi on a pas vécu que des trucs très sympathiques ensemble. Et ça m'a fait… plaisir. Ouais. J'étais contente qu'elle m'engueule.
- Tu trouves ça drôle ? m'a t –elle demandé en pointant du doigt le sourire que je n'avais pas réussi à retenir.
- Ne t'inquiète pas Kathie, ai – je répondu en posant une main sur son épaule, toujours sans cesser de sourire comme une imbécile. Je ne vais pas mourir aussi facilement. J'ai encore trop de chose à faire !
Et c'est vrai. Je ne peux pas mourir avant d'avoir trouvé un remède pour Remus, que Voldemort ait disparu de ce monde et bien sûr, bien sûr, d'avoir tué le meurtrier de Greg.
- Tu vas pas mourir, hein, Nini ?
J'ai tourné le regard vers la porte en même temps que Kathie. Aucune de nous n'avait remarqué que la moitié des enfants avait échappé à Marlène et écouté notre conversation. Ils me regardaient tous avec des yeux de chiens battus, comme si leur vie dépendait de ma prochaine réponde.
- Bien sûr que non, ai – je répondu.
Ça a suffi pour qu'ils me fondent à nouveau dessus comme une bande de vautours affamés.
Kathie leur a acheté de nouveau vêtement, a fait restaurer le dernier étage de cette aile, leur a donné de nouvelles chambres. Elle fait bon usage de l'argent que je lui ai donné. Ça fait plaisir.
Samedi 1er Décembre 1979 : chez moi
La réunion de l'Ordre vient juste de s'achever. Elle a eu lieu ici parce que je ne suis pas censée me promener à gauche à droite, ce que je fais dès que Sirius a le dos tourné, en réalité. Mais bon. Je suis tranquille tant que personne ne le découvre.
- Content de te revoir gamine, m'a lancé Maugrey.
- C'est pas réciproque vieux croulant, ai – je répondu. A chaque fois, tu essaies de me faire tuer.
- Tu es encore là, non ? a t -il rétorqué avec une grimace qui pourrait passer pour un sourire avant de rajouter : et ce ne sera pas la dernière fois.
J'ai vite compris ce qu'il voulait dire. Quand le sujet de ma blessure est venu sur le tapis, Maugrey a dit :
- Il faut aller exterminer ces manticores.
- Pourquoi ne pas dépêcher une brigade d'auror sur place, Alastor ? a demandé Caradoc.
- Elles se trouvent sur le territoire de l'Irlande. Nous n'avons pas l'autorisation de nous y rendre. Vous savez qu'on entretient pas de très bonnes relations avec eux.
- C'est trop dangereux, a protesté Lily. Personne n'a suffisamment d'expérience pour les affronter ! Elles sont insensibles à la magie et sont capables de la neutraliser, par Merlin !
- La magie élémentaire fonctionne, ai – je rétorqué. Tant que la magie n'est pas directement dirigée vers elles, ça marche.
- Je suis plutôt bonne en magie élémentaire, nous a appris Marlène.
- Vous n'irez pas sans moi, suis – je intervenue.
- C'est de la folie, non ! a protesté Sirius.
- Je suis immunisée contre leur venin maintenant, et je les ai déjà affrontées, même si ça s'est mal terminé. Ce n'est pas une expérience proprement dite, mais c'est déjà mieux que vous tous.
- Prrresque tous, est intervenu Andreas depuis sa place. J'ai déjà combattu une manticorrre.
- J'ignorais qu'il y avait ce genre de chose au programme de Durmstrang, a ironisé Maugrey qui ne le croyait visiblement pas.
- La question est plutôt de savoirrr ce qui est vrrrai parrrmis tout ce que vous pensez savoirrr surrr Durrmstrrang, a rétorqué sèchement le russe. Mais vous avez rrraison, ce n'est pas au prrrogrrramme. Durrrmstrang n'est pas seulement une école, mais aussi un lieu de rrrecherrrche. Il y avait un laborrratoirrre avec une manticorrre qui s'est un jour échappée. Quelle tombe surrr ma Section n'a été qu'un hasarrd.
- Et comment avez-vous survécu ? a demandé James avec un certain intérêt.
- Avec des épées.
Ils se sont tous entre regardés, surpris. Ce n'est pas le genre de chose qu'on s'attend à entendre. Les armes blanches font partie d'un autre monde, d'une autre époque chez les sorciers et les moldus actuels. Ils ont du mal à concevoir qu'on puisse encore s'en servir.
Au final, nous avons formé un groupe pour retourner chasser la manticore. Maugrey, Marlène, Andreas, Franck, Remus, Gideon, Fabian et moi. Alice devait venir, mais il s'avère qu'elle est aussi enceinte (On dirait que c'est une véritable épidémie ces derniers temps. Sans rire, elles se sont toutes concertées ou quoi ? Il n'y a que moi pour penser que c'est légèrement dangereux ? On est déjà pas très nombreux dans l'Ordre, alors si elles tombent toutes enceintes ça ne va pas s'améliorer !) et donc elle a refusé. Sirius a essayé de s'incruster, ainsi que James mais Maugrey a refusé. A vrai dire, je me sens mieux en sachant que Sirius sera loin de ces choses. J'imagine qu'il ressentirait la même chose si les rôles étaient inversés. Je peux comprendre sa frustration.
Nous avons planifié ça mercredi prochain. C'est la pleine lune lundi soir et il faut laisser à Remus le temps de se reposer. Même chose, c'est une mauvais idée de l'emmener sur une mission où il va couler beaucoup de sang alors qu'il est si proche de la transformation. Et ça me laisse le temps de terminer ma guérison. C'est le prétexte que je leur ai servi pour justifier le décalage de la mission.
Reste à espérer que Voldemort ne va pas les lâcher sur la population avant mercredi.
*Toujours chez moi, plus tard*
Je suis soudainement prise de culpabilité. C'est vrai, quoi ! Ces pauvres manticores, même si elles mangent les humains, n'ont rien demandé. On aurait pu essayer de les faire rapatrier dans une réserve en Grèce. J'imagine qu'il est trop tard maintenant.
A suivre...
