Titre : Tu pourrais…
Auteur : Courtepointe
Petite note : Allez, on tient le bon bout cette fois !^^ Le temps des révélations approche à grands grands pas !^^
Réponses aux reviewveurs masqués :
Luanne : Eh oui, je savais que tu allais rentrer de vacs et je t'ai fait une surprise ! (non, ok, c'était une coïncidence !) Ron est un ami très proche donc c'est un peu logique qu'il soit présent pour Hermione dans un moment si dur. Un vrai ami quoi^^. Pour Blaise… je ne sais pas si Harry était la personne la mieux placée pour donner des conseils séduction mais… on parle de son meilleur ami, il sait forcément des détails sur ce qui fait craquer Ron, ce qu'il aime, etc. Et puis Blaise était à court d'idées… Disons que c'est surtout très gonflé de sa part d'aller voir Harry… XD Pour Ron et ses réflexions, le pauvre, il en a pas fini malheureusement… Merci pour ta review en tout cas et bonne lecture !
Juju : Merci pour ta review^^ ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Kitkat : Merci pour le personnage d'Hermione, j'essaie de la rendre réaliste… et cohérente avec l'image que j'ai construite au préalable… XD Beaucoup de frustrations mais le temps des révélations a sonné, ce chapitre et le prochain vont t'apporter quelques clés… Pour ne plus avoir la sensation qu'on te jette des miettes… !
Lilou2809 : Hello^^ ! J'adore écrire cette fic et je ne lâcherai pas avant d'avoir écrit le mot fin, t'inquiète ! Mais je suis occupée donc, le temps de parution peut être lent, désolée… Blaise est toujours adorable, c'est comme ça^^ ! Merci pour tes encouragements et tes compliments et j'espère que la suite te plaira^^ !
Gaëlle : C'est vrai que c'est agréable de voir des reviews mais je suis une lectrice avant tout et je comprends bien qu'on ne reviewve pas tout ce qu'on lit, surtout si on passe en coup de vent entre les études et les études ! Chacun sa vie, je ne suis pas non plus un exemple dans la régularité de parution ! Mais c'est vrai que ça me fait plaisir de voir ton petit mot^^ ! Merci encore pour tous tes compliments et puis… eh bien, je ne peux que te souhaiter une très bonne lecture^^ !
Chapitre 26 : Consolation désirable
Ron fronça les sourcils en voyant Hermione fixer le miroir en face d'elle sans sembler s'en apercevoir. Il posa sa main sur son épaule et esquissa un léger sourire quand elle cligna des yeux, revenant à elle-même.
-À quoi tu penses ? interrogea-t-il doucement.
-Andrew. Toi. Peu importe, répondit-elle en haussant les épaules.
-Tu vas pouvoir te reposer chez tes parents.
-Je sais. Et puis avoir ma mère sur le dos toute la journée me changera un peu les idées, plaisanta-t-elle.
Ron émit un léger rire, secouant la tête.
-Ne me dis pas que la dernière révolution en prothèse dentaire ne va pas susciter ton enthousiasme débordant…
-Ca ou la pâte à moulage goût citron, ça va être difficile de me retenir, reconnut-elle caustiquement.
-Dis-toi que tu peux leur rendre la pareille avec ton verbiage juridique, suggéra Ron avec humour.
-Tu es en train d'insinuer que je peux être aussi pénible qu'eux ?
-Seulement que la filiation ne se renie pas ! se défila-t-il à moitié.
Elle lui donna un petit coup de poing dans l'épaule pour le punir de cette taquinerie.
-J'ai contacté Andrew. On se voit demain soir, annonça-t-elle soudainement grave.
-Seulement ?
Hermione haussa les épaules.
-Il travaille. Et je ne suis pas non plus pressée de le voir.
-Tu veux que je t'accompagne ? proposa une nouvelle fois Ron.
-Tu es trop gentil, refusa la jeune femme d'un mouvement de la tête. Je vais profiter d'une soirée en famille et me reposer calmement… Et puis j'irai voir ce connard en face pour voir ce qu'il veut, conclut-elle plus froidement.
-Tu veux que je te prête ma baguette magique ?
-Hein ?
-Pour lui jeter un sort s'il t'énerve trop. Comme ça, je serai ton alibi, fit avec malice Ron.
Cette plaisanterie la fit rire et elle secoua ses boucles brunes.
-Merci, murmura-t-elle simplement.
Il la prit dans ses bras avant de déposer un baiser sur sa joue.
-Prends soin de toi. Et n'hésite pas à m'appeler si tu te sens seule.
Elle hocha la tête et lui adressa un sourire sincère avant de transplaner chez ses parents. Ron fixa le vide un moment avant de pousser un soupir et de se diriger vers sa chambre pour se laisser tomber sur son lit.
Il soupira encore, fermant les yeux. C'était sa seule journée de repos et il était trop fatigué pour faire quoi que ce soit. Pour faire ce qu'il était censé faire. La lessive, les courses, le ménage…
Il y avait des jours où avoir un elfe de maison ne se refuserait pas… Il envisagea un moment la tête que ferait Hermione si elle apprenait cette pensée et émit un léger rire. Il rouvrit les yeux pour contempler son plafond, restant plongé dans ses réflexions durant de longues minutes.
Il s'agita nerveusement quand il se rendit compte que ses pensées dérivaient toutes vers une même conclusion.
Blaise lui manquait.
Ron poussa un énième soupir.
&&RWBZ&&
Plusieurs coups retentirent à la porte d'entrée, obligeant Ron à reposer le livre qu'il lisait. Il se leva pour aller ouvrir et se surprit à plonger plus de deux mois en arrière en découvrant son visiteur.
Blaise se tenait dans l'embrasure, dans la même posture que le soir où il était venu récupérer son étui. Il portait le même costume ce qui ne fit qu'accentuer le trouble de Ron. Cependant, un élément avait changé depuis cette première fois où Blaise avait toqué à sa porte. Il lui souriait sincèrement.
-Je cherchais un prétexte pour venir te voir et… je me suis dit que tu pourrais penser que c'est un mensonge. Du coup, je viens te voir sans prétexte. J'avais juste envie de te voir, expliqua tranquillement le brun avec un air innocent.
Son sourire s'accentua, dévoilant ses dents parfaitement alignés et un bout de langue espiègle.
-D'accord, accepta Ron sans chercher à comprendre. Hum, je crois qu'il faut qu'on parle, ajouta-t-il après un silence.
Il fit une grimace ennuyée, ne sachant même pas ce qu'il voulait lui dire. Mais il savait qu'il devait avoir une discussion avec le brun.
-Est-ce que tu as déjeuné ? demanda Blaise avec un sourire engageant. On pourrait aller au restaurant ou… rester ici si tu préfères.
-Non.
L'idée de rester dans son appartement avec lui ne lui semblait pas du tout attrayante.
-Je connais une crêperie sympa, enchaîna-t-il rapidement avant de prendre son manteau. Suis-moi.
Il lui fit un geste de la main, l'invitant à lui emboîter le pas.
-Elle n'est pas loin, expliqua-t-il alors qu'ils marchaient dans la rue.
Il s'appliquait soigneusement à ne pas le regarder dans les yeux, se concentrant inutilement sur le chemin qu'ils empruntaient. Il le connaissait par cœur.
-Comment va Hermione ? demanda Blaise.
Ron ralentit sensiblement le pas, surpris par la question. Il chercha une trace quelconque d'émotion dans le ton du brun mais il n'y en avait pas. Pas de moquerie, pas d'indifférence, pas d'inquiétude.
Juste une simple question, posée comme on commente le beau temps.
-Ca ira mieux. Elle s'est installée chez ses parents, dit-il brièvement.
-D'accord, répondit Blaise après un silence. Une table pour deux, annonça-t-il au serveur qui venait à leur rencontre.
Quelques minutes plus tard, ils se faisaient face, attablés autour d'une carafe d'eau claire. Ron se sentit soudainement nerveux, toujours incapable de savoir ce qu'il pouvait dire à Blaise. Pourtant, il fallait qu'il lui parle. Il ne pouvait pas prétendre l'indifférence après ce que lui avait dit Blaise juste avant qu'Hermione ne vienne les interrompre.
Je me fiche d'être blessé. Je me fiche de tout ça. Sers-toi de moi, utilise-moi si ça te fait te sentir mieux, tout pourvu que je reste à tes côtés.
-Je suis désolé, finit-il par dire.
Il fixa son verre d'eau vide, le reflet de la lumière électrique sur la matière transparente. Il poussa un soupir, secouant la tête.
-Honnêtement, je n'ai pas envie de t'entendre me dire que tu acceptes que je te fasse souffrir tant qu'on continue à se voir. C'est pas vraiment un discours qui me fait plaisir.
Il s'étonna de la facilité avec laquelle les mots lui venaient, maintenant qu'il s'était lancé. Il ne regardait pas Blaise, se concentrant sur ces pensées qui le traversaient lorsqu'il se remémorait les paroles du brun.
-Je te l'avais dit que c'était une mauvaise idée. Tout ça, fit-il avec un large geste de la main. Ca ne fait que compliquer un peu plus les choses. Les rendre plus difficiles pour nous deux.
Il jeta un bref coup d'œil à Blaise sans oser s'attarder de peur de reconnaître une expression familière sur son visage. Il n'avait pas vraiment envie de savoir ce qu'il pensait en ce moment. Il voulait juste pouvoir vider son sac. Tenter de s'expliquer.
-Je le savais et pourtant… je n'arrive pas à te quitter complètement, admit-il finalement. Te dire de ne plus chercher à me revoir, te sortir de ma vie définitivement. Je peux pas.
Serrant les dents, il se décida à affronter le regard du brun, plongeant dans ses yeux noirs. Les mots lui venaient désormais naturellement et il avait une idée très précise de ce qu'il voulait lui dire.
-J'ai besoin de toi, confessa-t-il en retenant sa voix de trembler.
Son esprit entier se révoltait devant cette déclaration mais il ne pouvait que rendre les armes devant la vérité.
-Et je ne veux pas, je ne veux pas me remettre avec toi, poursuivit-il fermement. Je ne te fais pas confiance. Pas du tout. Mais ça ne m'empêche pas de te chercher dans la foule. Ou d'être soulagé quand je te vois toujours revenir vers moi. Alors voilà c'est très égoïste mais…
Leurs plats arrivèrent et Ron attendit que le serveur s'éloigne pour continuer à déverser ce qu'il avait sur le cœur.
-Je ne veux plus que tu essaies de me séduire. Je n'ai pas besoin que tu me chantes une sérénade, pas besoin de cadeaux, que tu implores mon pardon ou que tu te traînes à mes pieds, je n'ai pas besoin de tout ça, finit-il par dire d'une traite. Je suis déjà attiré par toi. Ca ne changera pas la méfiance que j'éprouve à ton égard. Ca ne changera rien.
L'affirmation était péremptoire, sans faille. C'était une chose dont il était certain, peu importe comment Blaise viendrait supplier pour son pardon, les mille et une excuses qu'il trouverait, ça ne ferait jamais revenir sa confiance.
-Mais je voudrais essayer… je voudrais essayer de te faire confiance à nouveau, ajouta-t-il doucement. Parce que c'était intense nous deux et ça me manque, je vais pas le nier, ajouta-t-il sur le ton de l'autodérision. Alors te faire confiance, je voudrais en être encore capable. Ca va te sembler stupide mais je voudrais qu'on se voie régulièrement… pour parler de tout et de rien. Pour regarder un film, pour déjeuner ensemble… Petit à petit, pour pouvoir nous donner une chance. Si, c'est toujours ce que tu veux.
En face de lui, Blaise hocha silencieusement la tête en signe d'assentiment.
Ron déversa de l'eau dans les deux verres posés sur la table avant de boire une gorgée, se donnant du courage pour continuer.
-Mais je me réserve une porte de sortie, précisa-t-il. Je ne veux pas qu'on redevienne un couple, juste qu'on sorte de temps en temps ensemble… Je ne te promets rien, je ne suis pas sûr de pouvoir te faire confiance à nouveau. Je veux juste essayer. Et si ma route croise le chemin d'un autre homme…
Ron fit un geste vague de la main pour illustrer la suite, haussant les épaules. En face de lui, Blaise sembla vouloir dire quelque chose mais il le devança.
-Je te dis ça parce que… J'en ai marre de lutter contre tout ça. Te dire non à chaque fois que tu me demandes pardon. M'énerver tout seul contre moi-même parce que je ne peux pas te faire confiance. M'énerver contre toi parce que c'est ta faute. Attendre tes tentatives d'approche, sourire quand je te vois et me maudire pour ce sourire… Je vais devenir dingue si ça continue comme ça.
-Je vois, déclara Blaise précautionneusement. Tu me demandes de t'aider à m'oublier.
Ron se mordit la lèvre inférieure, conscient que ses paroles pouvaient sembler cruelles. Mais elles n'étaient que le reflet de ses pensées, de ses conflits intérieurs, de leur situation. Autant être honnête.
-Je te demande de me redonner confiance en toi, rectifia-t-il.
Blaise esquissa un sourire dérisoire, comme s'il venait de lui dire la même chose et se contenta de hocher la tête.
-D'accord, accepta-t-il finalement. Oui pour les rencontres, oui pour tes réserves, oui pour tes conditions. De toute façon, c'est un peu ce qu'on fait depuis le début, non ?
-Non. Je cherchais des réponses… mais je me suis rendu compte que même si tu me les donnes, cela ne change pas mes sentiments. Je n'arrive pas à te faire confiance.
-J'ai compris, affirma le brun devant cette nouvelle assertion. Je sais, ajouta-t-il.
-Je pensais que tu refuserais ma proposition, dit Ron après un silence. Je l'espérais un peu, en fait, avoua-t-il.
-Pourquoi ?
-Pour ne pas souffrir davantage. Pour que notre rupture soit nette et définitive. J'espérais que tu aies le courage que je n'ai pas. Et toi… je pensais que tu dirais non. Par fierté. Parce que ce n'est pas ce que tu cherches.
-Oui mais je n'ai pas le choix, répondit Blaise. Je ne veux pas que tu sortes de ma vie. Je prendrais n'importe quel prétexte pour te voir, j'accepterais toutes les conditions.
Ses yeux noirs étaient très sérieux tandis qu'il affirmait sa volonté, l'expression de son visage conservant une douceur et un calme exemplaire.
-Alors quoi que tu proposes, je serai partant puisque je t'aime, conclut-il tranquillement en haussant les épaules.
Ron bloqua sur les dernières paroles, surpris à la fois par la déclaration et par le ton désinvolte et presque anodin sur laquelle elle avait été dite.
-Tu m'aimes ? répéta-t-il sourdement.
-Oui, soupira Blaise d'un air ennuyé. Mais je ne l'ai compris qu'en te voyant t'énerver lorsque Hermione t'a appris que son compagnon la quittait.
Il disait tout ça très naturellement, comme si tout découlait d'une logique infinie.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? ne put s'empêcher de demander Ron, ne le suivant pas.
C'était fascinant comme il commençait à s'habituer aux réflexions étranges du jeune homme et cherchait à en percer les mystères, dans l'espoir de mieux le comprendre. Même s'il savait pertinemment qu'au final, il ne comprendrait pas.
-Tu sais, il n'est pas difficile de tomber sous ton charme. Tu es un excellent joueur de quidditch, tu as une bonne humeur et une joie de vivre communicative, tu as un sourire contagieux, des yeux bleus clairs qui promettent le bonheur. Tu as du caractère, tu es franc, persévérant, charmeur sans le vouloir, gentil, rêveur, protecteur et solide, tout semble briller autour de toi, énuméra Blaise comme si c'était une évidence, décomptant les qualités sur ses doigts.
Le brun haussa à nouveau les épaules, un sourire impuissant aux lèvres.
-Qui peut résister à ça ?
-Je ne suis pas comme ça…souffla Ron, gêné par la description idéaliste.
-Exactement ! convint Blaise vigoureusement.
Et le roux se dit qu'il était en train de se payer sa tête.
-C'est impossible, n'est-ce pas ? On ne peut pas être parfait. Tu n'es pas parfait, ajouta son vis-à-vis sans paraître remarquer son trouble.
Son visage s'adoucit soudainement alors que ses yeux dérivaient vers la fenêtre, se réchauffant sous un sourire attendri.
-Je le sais bien mais… tu vois, quand je suis attiré par une personne, je ne vois que ses bons côtés. Je suis aveuglé par ce côté brillant, je ne vois plus que ça, je laisse l'illusion prendre le dessus.
Son regard revint à son verre d'eau qu'il saisit entre ses doigts, regardant le liquide miroiter au soleil.
-Jusqu'à ce que l'illusion vole en éclat, acheva-t-il plus sombrement avant de finir le contenu de son verre. Alors avec toi… parce que tu brillais trop… j'ai voulu en avoir le cœur net. Je voulais tout connaître de toi, je voulais voir tes aspects les plus noirs, tes imperfections, tous tes défauts. J'arrivais en retard à nos rendez-vous pour mieux apprécier tes colères, pour me confronter à ton impatience, à ton énervement. Je voulais savoir, tu comprends…
-Savoir quoi ? demanda Ron un peu sèchement.
-Si le côté qui ne brillait pas était aussi attirant pour moi. C'est facile d'aimer quelqu'un pour ses qualités. Mais une fois qu'on a vu les défauts ? Une fois qu'on a découvert tout ça, avec les manies désagréables, avec les vices cachés, les préjugés, l'indifférence… Moi je voulais être sûr, bien sûr que cet amour que je murmurais à mon cœur était vrai, qu'il n'était pas une illusion qui disparaîtrait avec la réalité. Je ne t'aimais pas, j'aimais tes qualités. J'aimais les efforts que tu faisais devant moi lorsque nous étions seuls. J'aimais ce côté brillant de la médaille.
Il retourna son couteau, comme pour illustrer ses propos.
-On aime toujours les côtés brillants de toute façon, souffla-t-il d'un air fataliste.
Il fit une moue triste avant de pousser un soupir, semblant revenir à lui.
-Alors j'ai cherché tes défauts. Mais même en les voyant, je trouvais quand même que tu étais beau. J'étais toujours fier de toi, j'étais toujours amoureux. Tu avais beau avoir tous ces préjugés sur moi, je continuais à être sous le charme. Et quand je t'ai vu la haine à l'œil, tenant Hermione dans tes bras alors qu'elle pleurait… J'ai eu peur qu'un jour, cette haine-là me soit adressée, cette même aversion, ce même mépris non-dissimulé… Et j'ai su que j'étais foutu comme ça, conclut le jeune homme d'un ton désinvolte. Parce que même avec les traits déformés par la colère, tu avais toujours cette aura, toujours…
Blaise eut un geste résigné, s'interrompant lui-même, prenant une légère inspiration.
-J'arrive pas à détester tes défauts, confessa-t-il. Même en connaissant tous tes côtés, ton air chiffonné au réveil, ton entêtement ou… peu importe. Du coup, je peux te le dire en face et pour de vrai : je t'aime. Tes qualités, tes défauts, tout de toi. Ce que je sais et ce que je ne sais pas… Je t'aime tout simplement. Alors tu vois, tu peux bien m'imposer ton égoïsme ou ton manque de confiance, je resterai à tes côtés, acheva-t-il d'un ton évident.
Et Ron resta sidéré devant le ton qu'il avait employé pour lui expliquer tout ça. Un peu ennuyé, un peu blasé, comme une évidence qui aurait sauté aux yeux de n'importe qui.
Il lui déclarait qu'il l'aimait comme il lui aurait annoncé que son prêt immobilier était ennuyeux à gérer… Cela lui fit l'effet d'une douche froide. Il avait rêvé d'entendre ces mots quand ils étaient ensemble. Encore aujourd'hui, ils réveillaient certaines émotions au fond de lui.
Mais il ne put s'empêcher de les enfouir profondément, les cachant soigneusement à son interlocuteur.
Laissant ses réflexions de côté, Ron se contenta de hocher la tête.
-Ca ne change rien. Que tu m'aimes. Ce ne change pas le fait que je te fasse confiance, déclara-t-il prudemment.
-Je sais. Je voulais juste te le dire.
Ron fut une nouvelle fois frappé par l'absence de passion dans les yeux de Blaise qui le dévisageaient calmement, presque sagement, derrière un rideau de cils dissimulateurs.
Maintenant qu'il y prêtait attention, quoi qu'il dise, Blaise gardait constamment ce recul avec lui. Et s'il avait été tactile lorsqu'ils étaient ensemble, il semblait désormais éviter tout contact physique aux accents ambigus.
Il y avait presque de la froideur dans les rapports que Blaise entretenait avec lui. Ce qui était considérablement contradictoire avec toutes les attentions et les mots qu'il disait.
Ron déglutit difficilement, une boule au fond de la gorge.
-Mais je vais me permettre de te faire une suggestion, si tu le veux bien, ajouta Blaise sans paraître se rendre compte de son trouble.
Incapable d'émettre un son, le roux se contenter de hocher la tête, l'invitant à continuer.
-Oublions toute cette discussion. Tu m'as posé une question alors j'ai répondu mais… Ça ne change rien. Et je crois qu'on devrait simplement profiter des moments qu'on passe ensemble… On verra bien ou ça nous mène, non ? J'ai compris le message. Je n'essaierai plus de te séduire ou de me faire pardonner, promit-il. Mais je continuerai à te voir et à t'écouter parce que… j'aime passer du temps avec toi, sourit-il sincèrement.
Blaise fronça les sourcils et esquissa une grimace avant de s'excuser. Ron le regarda consulter son carnet enchanté sans vraiment le voir, fixant le vide. Le brun s'excusa encore et glissa un billet sur la table avant de s'éclipser sur de nouvelles paroles dont le roux n'entendit qu'un bourdonnement.
Ce n'est qu'au bout d'une minute qu'il se rendit compte que Blaise était parti, ayant réglé la note et qu'il se retrouvait seul devant les assiettes vides. Il se leva machinalement et quitta le restaurant, la tête encore toute songeuse.
&&RWBZ&&
Pansy tira longuement sur son cigare avant d'en apprécier les saveurs puis d'observer la fumée qu'elle souffla lentement. Un sourire de contentement traversa son visage avant qu'elle reporte son attention sur le jeu.
-Tu penses que tu pourras battre mon brelan de dames ? demanda-t-elle à Vincent, assis sur sa gauche.
-Tu penses que tu te rappelles des règles du poker ? grinça Greg en réponse, haussant un sourcil.
-Qui te dit que ce que j'annonce est la vérité ?
-La règle au poker, c'est pas d'observer le silence ? demanda Blaise d'un ton indifférent.
-Est-ce qu'on n'a jamais respecté les règles ? Et puis ce n'est pas vraiment une règle, c'est une convention pour laisser les autres joueurs faire semblant de réfléchir, exposa la jeune femme.
-Je savais que depuis le début, tu jouais au hasard, affirma Greg.
-Tapis. Chéri, si je jouais au hasard, je ne gagnerai pas systématiquement.
Elle ramassa ses gains, souriant devant ce qu'elle venait de récupérer.
-Blaise, tu joues petit aujourd'hui, et tu n'as fait aucun de ces coups d'éclats auxquels tu nous avais habitués… Tu es malade ? demanda Pansy en se tournant vers le brun.
-Ta conquête te fait du souci ? interrogea Vincent.
-Oui, au fait, tu en es où avec Weasley ? demanda Greg.
-Ca avance… soupira Blaise.
-Ca manque de motivation, tout ça… remarqua Millicent en haussant les sourcils.
-C'est compliqué. Je crois que je suis nul en séduction. La preuve, il m'a carrément demandé d'arrêter d'essayer de le faire, déclara le jeune homme d'un air consterné.
-Weasley doit être le seul homme de ta vie qui te résiste autant. Qu'est-ce que tu veux ? Il a vu clair dans ton jeu. Il sait comment tu es, affirma Pansy.
-Oui, il ne s'est pas laissé avoir par le mythe du beau milliardaire solitaire. Quel dommage, fit légèrement Greg, démentant par son ton ses paroles.
-Merci pour votre compassion, ironisa Blaise.
-Tu n'as pas l'air d'être très affecté par ta situation. La dernière fois, tu prenais tout ça plus à cœur, remarqua Millicent.
-Pas du tout. Je suis tout autant motivé, répliqua d'une voix neutre Blaise. C'est à qui de jouer ?
-À toi, répondirent Vincent et Pansy en chœur.
-Je me disais aussi… marmonna Blaise en relançant la mise initiale.
-Depuis quand date ta dernière nuit ? demanda soudainement Pansy, plissant les yeux de suspicion.
-La nuit dernière, lui sourit le jeune homme.
-Quel fuseau horaire ? interrogea-t-elle encore.
-D'accord, admit le brun. Il me manque quelques heures de sommeil au compteur. C'est pas un drame.
-Et tu tiens la journée grâce à…
-Des potions vitalisantes, affirma Blaise simplement.
-Ce qui provoque des insomnies, je suppose…, diagnostiqua la jeune femme.
-Mais je prends des potions de somm…
-Qui lui explique avant que je l'achève ? le coupa Pansy, prenant une grande inspiration.
-Ça a des effets secondaires. Et puis… tu ne peux pas rythmer ta vie selon ton bon vouloir, il faut que tu respectes tes cycles de sommeil… exposa brièvement Vincent.
-Je sais…
-T'as pas l'air de comprendre. C'est dangereux ! On apprend ça en deuxième année à Poudlard ! asséna Pansy.
-Ces potions me font peu d'effet de toute façon. Et ce n'est que temporaire. Le temps de régler certains problèmes sur les filiales textiles de la Marten…
-Tu as des DG, sers-t-en ! s'indigna Millicent. Délègue un peu !
-Dites, j'apprécie votre inquiétude mais ça commence à devenir un petit peu lourd, là…, fit d'un ton ennuyé le brun.
-Alors arrête de jongler avec les potions. Ca te rend moins réceptif et comme tu l'es déjà pas en temps normal…
-Très drôle. J'assure parfaitement mes fonctions.
-Je sais, soupira Millicent. Tu n'as rien à prouver. Mais comprends simplement qu'on puisse te mettre en garde contre les effets pervers de ce mélange. Regarde-toi ce soir !
-Je suis juste fatigué, tout va bien. Et de quoi vous vous plaignez ? Je vous fais gagner au poker depuis deux heures !
-Tu es trop généreux avec nous, sourit Greg.
-Je veille à la bonne circulation de l'argent, lui assura d'un ton docte le jeune homme.
-Toujours protecteur, quel grand cœur ! fit mine de s'extasier Pansy.
-Oui, c'est vrai que pour un serpentard, tu étais le plus généreux d'entre nous ! remarqua nonchalamment Vincent.
-Toujours à défendre la veuve et l'orphelin ! renchérit Millicent, amusée.
-Non mais faut pas exagérer non plus ! protesta Blaise, haussant les sourcils d'un air blasé.
-D'accord. Qui se dévouait pour aller chercher des sucreries à Honeydukes pendant qu'on l'attendait au chaud aux Trois-Balais ? le contra immédiatement Pansy.
-C'était simplement pour pouvoir prendre celles que j'aimais, se défendit Blaise sur le ton de l'évidence.
-Qui se proposait pour faire faire le tour de l'école aux nouvelles années quand notre préfet se déchargeait du boulot ? renchérit Millicent.
-Qui nous montait du porridge dans le dortoir quand on était malade ? ajouta Greg.
-S'occupait même des élèves des autres maisons ? C'est toi qui avais retrouvé le rat de la petite Pouffsouffle, non ? Qu'est-ce qu'elle nous avait pris la tête… Genre il s'était perdu dans les cachots…souffla Vincent d'un air ennuyé.
-C'était le cas ! lui fit remarquer Blaise.
-Oui, eh bien, tu es la seule grande âme à l'avoir réellement cherché, crois-moi, assura Millicent.
-C'est n'importe quoi, murmura le brun en levant les yeux au ciel.
-Et la fois où tu as passé la nuit avec Wood et que Marcus a voulu te démonter ! intervint soudain Pansy.
-Tiens, encore un joueur de quidditch… Je dis ça, je dis rien…, chantonna Greg en regardant ses ongles d'un air faussement préoccupé.
-Non, mais faut arrêter avec ça, c'est complètement faux. Il était saoul et ne voulait pas rentrer dans son dortoir, j'ai juste veillé à ce qu'il ne fasse pas n'importe quoi… S'il était tombé dans les escaliers ou autre…
-Blaise, protecteur de ces messieurs ! Tu vois, tu ne peux pas t'en empêcher ! Il faut que tu aides les autres !
-Flint était furieux contre toi quand il l'a appris ! Et après ça, tu dis que tu l'intéressais pas, hein ? Il était vert de jalousie ! T'avais passé une nuit entière auprès de son pire ennemi, il était hors de lui, s'amusa Vincent.
-Non mais vous délirez complètement !
-T'attires les joueurs de quidditch, c'est comme ça ! affirma Pansy en haussant les épaules.
-La meilleure partie de cette histoire, c'était quand même le duel avec Flint après. Je n'avais jamais vu une telle application dans l'art de se ridiculiser ! ajouta Millicent, le sourire au bord du rire.
-« Mais reparo, protego, c'est pareil ! » citèrent les amis en chœur d'un air indigné avant d'éclater de rire sous le regard blasé du brun.
-Ah, c'est sûr qu'il fallait voir ta tête quand tu as réparé le bouton de chemise de Flint tout en te prenant de plein fouet un expelliarmius ! rit Vincent.
-C'est à se demander si tu l'as pas fait exprès ! renchérit Greg.
-Pour le protéger ! se moqua encore Pansy, déclenchant un fou-rire général.
-Tapis, s'imposa froidement la voix de Blaise, les interrompant. Les enchères ont monté sans que vous vous en préoccupiez mais…
Blaise étala ses cartes avec un sourire satisfait.
-Payback time, conclut-il en faisait un léger geste de la main, les incitant à lui donner tous ses gains.
&&RWBZ&&
You had my heart inside of your hand
And you played it
To the beat
Hermione éteignit d'un geste sec la musique qui s'élevait dans sa chambre, appuyant sur la télécommande de sa chaîne hi-fi. Elle prit une lente inspiration en sentant les larmes lui monter aux yeux, cherchant à se calmer.
Son regard erra sur le papier peint qu'elle avait choisi un été de son adolescence, pendant les vacances. Il y avait ses étagères pleines de livres, ses classeurs de cours, des bougies parfumées qui n'avaient jamais servi…
Sa chambre d'enfance.
La jeune femme laissa ses yeux dériver vers la fenêtre ouverte, regardant le ciel.
Elle se souvenait encore de la main tendue d'Andrew la première fois qu'il l'avait invitée à danser, son sourire lorsqu'elle avait accepté et son odeur alors qu'ils se tenaient l'un contre l'autre.
Ils s'étaient fait une promesse. Ils…
Les larmes la reprirent alors qu'elle repensait aux mots qu'ils s'étaient échangés et à la sensation qu'elle avait ressentie… Tout ce à quoi elle pouvait penser, c'était aux moments qu'elle avait passé dans les bras de cet homme, à ses yeux rieurs…
Comment avait-il pu… Elle avait du mal à croire que c'était le même homme que celui qui lui avait annoncé sans la regarder qu'il la quittait. Elle caressa machinalement son ventre rebondi, sanglotant silencieusement. C'était un cauchemar, ce n'était pas possible…
Elle émit quelques hoquets en tentant de se calmer. Peu à peu elle s'apaisa et put reprendre un rythme de respiration normal. Une sensation de douce chaleur l'envahit, lui faisant fermer les yeux. D'un coup, toute la fatigue qu'elle avait accumulée se fit ressentir et elle passa une main sur sa nuque, cherchant à se délasser un peu.
Elle poussa un soupir, humectant lentement ses lèvres. Hermione passa ses doigts sur sa tempe, la massant par petits cercles. Un sentiment d'une infinie tranquillité la berça alors qu'elle s'allongeait sur son lit. Elle allait se laisser emporter par la vague d'apaisement qu'elle ressentait lorsqu'une ombre aperçue du coin de l'œil la fit se redresser brusquement, le doute prenant place sur son visage.
La jeune femme posa son regard sur un petit oiseau sur le rebord de sa fenêtre. La main sur le cœur, elle constata que son rythme cardiaque n'avait en rien augmenté malgré l'intrigue qu'elle ressentait. C'était un sentiment étrange, elle savait qu'elle aurait dû avoir une poussée d'adrénaline mais seul un grand calme l'habitait.
Elle se rapprocha de l'oiseau qui ne bougea pas d'une aile, son œil droit toujours fixé sur elle. Hermione se mordit la lèvre inférieure, son esprit réfléchissant à toute vitesse.
Elle agita sa main devant la créature qui ne bougea pas. Près d'elle, le sentiment d'apaisement était constant et pleinement actif. Hermione émit un léger rire désabusé.
D'un mouvement vif, elle saisit sa baguette magique et lança un sort sur l'oiseau. Aussitôt, ses couleurs chatoyantes disparurent pour ne laisser la place qu'à des plumes argentées. La jeune femme laissa échapper une exclamation sous le spectacle.
Elle avait eu un doute mais…
Elle ne s'attendait pas vraiment à avoir raison. Sa conversation avec Ron lui revint en mémoire. Il lui avait parlé d'un patronus invoqué dans un but de consolation mais… C'était impossible. Et pourtant, elle en avait la preuve sous les yeux.
Ce qui était difficile à comprendre c'était… que ça devait être le patronus de Zabini qui se trouvait devant elle. Mais ce n'était pas logique… Pourquoi ferait-il ça ? Comment le pouvait-il ?
Hermione se rassit sur son lit, ne quittant pas des yeux l'oiseau qui n'avait toujours pas bougé mais dont elle pouvait sentir les vagues apaisantes déferler jusqu'à elle, agissant comme un baume protecteur.
Pourquoi Zabini…
Elle avait beau réfléchir, elle ne comprenait pas ses motivations… Ses pensées dérivèrent lentement vers ce qu'elle connaissait du brun.
« -Tu n'es pas obligé d'aller aussi loin, l'accord à l'amiable est très satisfaisant…, soupira Hermione.
-Hors de question. Je veux qu'ils me mangent dans la main et je veux ensuite pouvoir les détruire en toute impunité. Brique par brique, je démonterai ce fichu journal.
-Tout ça pour…
-Je te paie pour exécuter mes ordres, pas pour les mettre en cause, l'interrompit brutalement Zabini. On refuse l'accord et on attend la date fixée par le tribunal. On va les allumer une fois à la barre.
-Ils n'ont besoin que d'une tape sur les doigts, c'est complètement démesuré ! C'est juste un article, Merlin ! Et il n'y a qu'une pauvre phrase qui insinue que tu es caractériel et il me semble qu'ils sont loin d'avoir tort ! Tu ne peux pas faire ça juste parce qu'ils t'ont blessé dans ta fierté ! Grandis un peu, tu es dans le monde des affaires, tu recevras des coups durs. Pires que cet article minable ! Il n'a pas eu tant d'impact que ça d'ailleurs, c'est toi qui lui donnes trop d'importance et qui créés la polémique avec ce procès !
-Granger, je te déconseille de continuer ton réquisitoire. Ce procès servira à montrer l'exemple. Je ne veux aucune intrusion dans ma vie privée. « Pas. Touche. » Et s'il faut les anéantir pour qu'ils comprennent le message, alors ce sera fait !
-Je ne cautionne pas tes actions.
-Ce n'est pas du tout ce que je te demande. Contente-toi de défendre ce dossier ou je te retire l'affaire.
Zabini fit quelques pas dans la salle avant de lui adresser un sourire plus aimable, essayant visiblement de calmer le jeu.
-Si tu comptes faire carrière avec notre milieu, tu vas devoir t'habituer à l'orgueil des présidents, je le crains, déclara-t-il sur le ton de l'autodérision. Que veux-tu ? On supporte mal qu'on parle plus de notre vie privée que de nos exploits sur l'échiquier commercial ! conclut-il légèrement en haussant les épaules. »
Zabini avait tenté d'alléger l'atmosphère après cet échange tranchant mais Hermione se souvenait encore de la rage froide qui animait ses yeux et de sa détermination sans faille.
Cet acharnement l'avait tellement dégoûtée qu'elle en avait changé de spécialité judiciaire…
Elle avait été impressionnée par ce visage indifférent et sans pitié alors que le procès avait lieu, plus encore par l'éclat de satisfaction sauvage qui l'avait traversé lors de la victoire.
Visiblement, une fois que Zabini était blessé dans sa fierté, il était prêt à tout.
« Il insiste tellement… tellement que ça en devient louche, tu vois ? »
La voix de Ron résonnait encore dans sa tête, se mélangeant au souvenir impitoyable de Zabini. Était-il possible qu'il ne recherche que la vengeance ?
Elle ne savait pas si elle devait mettre en garde son ami ou si elle se faisait des idées… Cette scène remontait à si loin… Il ne pouvait pas avoir fait tout ça pour ensuite vouloir repousser Ron de toutes ses forces, en lui rejetant sa faiblesse au visage, n'est-ce pas ?
Il n'irait pas jusqu'à ce jeu malsain ?
Peut-être qu'elle s'en faisait trop…
Après tout, les démarches de Zabini semblaient sincères… et il faisait preuve d'une grande persévérance vu le nombre de fois où Ron l'avait repoussé. Même si celui-ci ne le faisait qu'à moitié, entretenant leur relation ambigüe…
C'était étonnant comme les Serpentards semblaient s'appliquer à ravir les cœurs de ses meilleurs amis… Ron ne le niait même pas. Il était attiré par Zabini, il le voulait, il l'aimait.
S'il se laissait aller que se passerait-il ? Zabini trahirait-il une nouvelle fois sa confiance ? Et s'il le faisait, dans quel état se trouverait Ron à la sortie ?
C'était cette peur-là qui empêchait son meilleur ami de céder, elle le savait bien. Et elle ne pouvait rien faire pour l'en soulager, tout simplement parce qu'elle doutait aussi des intentions de Zabini.
Cet homme avait une rage indescriptible qui brûlait en lui lorsqu'on s'attaquait à sa fierté, elle l'avait vu. Mais c'était le passé et les gens changeaient…
Comme Andrew, se dit-elle amèrement avant de replonger dans de plus sombres réflexions sur son couple et son avenir.
Un flash lumineux la fit sursauter et un sourire désabusé prit place sur ses lèvres en voyant le petit oiseau argenté désormais perché sur son genou gauche.
&&RWBZ&&
Ron entendit une porte se fermer et il se retourna vers la silhouette qui se découpait dans l'ombre de la pièce.
-Blaise ?
Le jeune homme lui fit un sourire, son regard accrochant le sien sans le lâcher. Il esquissa un sourire, ses dents effleurant ses lèvres pleines.
-J'ai décidé de changer de méthode, lui annonça le brun d'une voix sensuelle en s'avançant vers lui tel un prédateur. Et de faire appel à tes sens…
Ron resta immobile, ne pouvant s'empêcher d'être dans l'attente de ce qu'il allait faire, ne pouvant détacher ses yeux de cette démarche féline et prédatrice. Des flashs de lumière l'assaillirent et il devina qu'ils provenaient des rêves de Blaise lorsqu'il rêvait. L'intensité était plus vive, les couleurs chaudes et brûlantes.
Il ferma les paupières devant une forme trop éblouissante, juste pour manquer les mains qui se posèrent sur son corps, provoquant son sursaut.
Il n'eut pas le temps de prendre une inspiration qu'il était plaqué contre le mur, plongeant dans le parfum envoûtant du corps qui imprimait son empreinte sur le sien. Une main fébrile remonta le long de sa jambe, attisant son désir déjà éveillé par cette étreinte.
Ron se mordit les lèvres d'anticipation, se laissant totalement submerger par les vagues de plaisir qui l'envahissaient lentement, remontant dans tout son corps.
-Tu me veux, murmura à son oreille le brun, souriant à moitié.
Le souffle de Blaise se prolongeait dans son cou, chatouillant son épiderme, réveillant ses sens. La lumière les entourait désormais, ne laissant entrevoir au jeune homme que leurs peaux colorées de leur spectre, s'écrasant l'une contre l'autre, s'imprégnant et se mélangeant.
Leurs lèvres se frôlèrent enfin et Ron avança les siennes, quémandant une délivrance, un toucher qu'il se refusait depuis leur rupture.
Mais Blaise attisait son excitation sans jamais l'embrasser réellement, laissant sa bouche descendre sur son menton et dessiner les contours de sa mâchoire. Leurs corps s'étreignaient avec force alors que les mains s'efforçaient de retirer les vêtements qui les entravaient.
Ils glissèrent au sol, nus et haletants, la force de leur désir entravant leur raison, leur faisant exécuter des mouvements désordonnés, imprimant leurs marques sur le corps aimé avec force.
Ron observa sans vraiment la voir la main de Blaise qui se refermait sur son bras, sa chevalière étincelant à son doigt d'un halo orangé, alors que son sexe venait de le pénétrer.
Il s'émerveilla en pouvant à nouveau effleurer cette peau parfaite qui s'offrait à lui et l'emmenait vers des plaisirs qu'il appelait de ses gémissements crescendo. Ses bras qui l'enlaçaient avec force, son parfum qui l'enivrait, ses jambes qui cognaient contre les siennes, le forçant à écarter un peu plus les cuisses à chaque ondulation.
Il laissa sa bouche courir le long de son cou, provoquant des soupirs de plaisir chez Blaise, faisant naître des frissons sur son corps nu. Retrouver son parfum, enfin. Être à l'origine de ses gémissements de plaisir, de ses muscles tendus sous les soupirs, revivre cette passion qui les animait.
Et la lumière qui était partout, même lorsqu'il fermait fort les yeux, ces lueurs de feu qui brûlaient ses rétines à la même intensité que la jouissance qui s'emparait de lui.
Et Blaise en lui.
Blaise dont la langue venait jouer avec la sienne.
Blaise et ses mains magiques…
Un sourire de pure satisfaction remplit son visage alors que ses bras se resserraient sur le corps collé à lui.
Mais ses mains ne rencontrèrent que du vide. Ron les fit glisser sur les draps, encore et encore mais il ne rencontra que le tissu froissé sous ses doigts.
Ce n'est qu'en ouvrant les yeux qu'il se rendit compte que tout n'avait été qu'un rêve. Un grognement de frustration lui échappa alors qu'il se retournait dans son lit, seul.
-Putain ! ragea-t-il en se levant soudainement, emportant avec lui les draps désormais souillés.
Il eut une pensée soulagée en se rappelant qu'Hermione était partie la veille chez ses parents, heureux qu'elle n'ait pas entendu son rêve érotique.
Et le pire, c'est que ce rêve avait été des plus agréables et qu'il sentait encore les papillons de la jouissance dans son ventre.
À suivre : Chapitre 27 : Pourquoi un rêve ?
Merci d'avoir lu ! Le prochain chapitre arrive bientôt^^ ! (trop impatiente d'y être en fait)
