Chapitre 26 : La naissance d'un miracle

Teito marchait de long en large devant la porte de sa chambre. Tous ses amis étaient rassemblés dans le salon et attendaient avec lui que Kira donne naissance au petit prince. Étrangement, seule Enen était absente, ayant disparu dès qu'elle avait appris que l'accouchement s'était déclanché. Kitai s'interrogeait tout en fixant la porte derrière laquelle se trouvait Kana. Celle-ci avait refusé l'accès à Teito, prétextant que l'accouchement allait être difficile. "Je suis cent fois plus inquiet quand elle me dit ça ! Je veux entrer !"

- Tu vas faire un trou dans le plancher, le prévint Anri. Arrête de gesticuler, ça n'aidera pas ma soeur.

- Je ne supporte pas de ne pas pouvoir être à ses côtés !

- Kana ne t'a pas demandé ça à la légère, dit Mikage. Je te signale que Kira n'était pas sencée pouvoir concevoir. Il est normal que la naissance soit un peu compliquée.

- Un peu compl...?

Il fut coupé par un hurlement de Kira. Teito actionna aussitôt la poignée mais la porte fermée de l'intérieur refusa de s'ouvrir. Frustré, il tappa contre le battant.

- Compliqué ! S'exclama-t-il en se retournant. Ce qui se passe là dedans semble bien plus que compliqué ! Vous l'entendez crier ?

- Evidemment qu'elle crie, c'est un accouchement, lui fit remarquer Sayu. Toutes les femmes souffrent le martyr. Tu n'étais pas là pour le mien...

- Oui mais Kira... la naissance d'Astel s'est si mal passée ! Dit-il fou d'inquiétude. J'ai cru que j'allais la perdre ce jour là, et je n'étais pas à ses côtés non plus. J'ai l'impression que ça se répète... si il lui arrive quelque chose, à elle ou au bébé...

- Kana est une experte, le rassura Raine. Tout ira bien. C'est elle qui m'a assisté pour la naissance des jumeaux.

- Kira est forte, ajouta Wida. Elle est increvable, tu le sais.

- C'est vrai, approuva Liam. Elle va faire de son mieux pour donner naissance à votre fils.

- C'est un moment qu'on attendait tous, renchérit Risa. Il y aura bientôt un nouveau petit prince au palais de Raggs.

Le calvaire de Kira (et de Teito) dura plusieures heures. Ce fut l'accouchement le plus long de leur cercle d'ami. Et le plus stressant. Mais lorsqu'enfin Kana ouvrit la porte, sa blouse et ses mains complètement tachées de sang, elle sourit et dit :

- Le petit prince est né !

Derrière elle se faisaient entendre les cris du nouveau né et Teito se précipita dans la chambre. Il se figea en appercevant son fils blotit dans les bras de sa femme qui bien que très pâle souriait de toutes ses dents. Elle tendit une main vers Teito qui la lui prit aussitôt, déposant un baiser sur ses lèvres avant de contempler son fils. Une toison brune identique à la sienne recouvrait déjà le sommet de sa tête et le petit l'observait avec des yeux aussi rougeoyants que ceux de sa mère.

- Approche Astel, dit doucement Kira en appercevant sa fille sur le pas de la porte.

Quand la jeune fille posa ses yeux sur son petit frère une grande chaleur envahit son coeur. Ses derniers soucis s'envolèrent. Enfin... presque. Car maintenant que la naissance s'était bien passée, elle se retrouvait sans excuse pour ne rien dire dece qui la tourmentait depuis quelques temps. "Mais maman est tellement heureuse... je ne peux pas lui dire maintenant."

- Comment allez-vous l'appeller ? Demanda Anri en s'approchant à son tour pour voir son neveu.

- Nous n'avons pas encore... commença Teito mais Kira le coupa.

- Cet enfant est un véritable miracle. Appelons-le Kiseki.

- Kiseki ? Ça me plait, dit Teito en souriant et caressant la joue de son fils. Le miracle Kiseki.

- Notre miracle, précisa Kira en souriant.

Teito embrassa sa femme doucement.

- Et c'est moi le parain ! Dit Anri plein de joie.

- Bien sûr que c'est toi, dit sa soeur en souriant. Et la maraine...

Kira se tut soudain, cherchant Kana du regard sans la trouver.

oOo

Kana s'essuya le front d'un revers de main en soupirant, y laissant une trainée écarlate. Elle s'était éclipsée de la chambre, portant les draps souillés et s'apprêtant à sortir dans le couloir. Elle venait juste de passer la porte quand elle se sentit retenue par le bras. Mikage l'observait. Lentement, il sortit un mouchoir de sa poche et lui nettoya le visage. Kana resta figée, n'osant rien dire. C'était la première fois qu'il la touchait depuis des semaines. Ils étaient obligés de dormir dans le même lit qepuis qu'ils étaient au palais, mais c'était dos à dos le plus loin possible l'un de l'autre. Mais leur proximité bien que distante troublait Kana. Elle n'arrivait presque pas à fermer l'oeil, pensant sans cesse qu'il lui suffirait de faire un geste pour toucher son mari. Mais elle se refusait à le faire, ne voulant pas mettre Mikage en colère. Et voilà que c'était lui qui avait tendu la main vers elle. Quand il eut fait disparaire toutes les taches écarlates de son visage, il demanda :

- Tu te sens bien ?

-...oui, réussit-elle à dire interloquée.

- Je m'occupe de ça, dit-il en prenant les draps. Va te reposer.

Voyant qu'elle ne disait rien, restant complètement figée, Mikage demanda à son fils :

- Aoi ! Raccompagne ta mère.

Lorsqu'il se fut assuré que son fils s'occuperait de Kana, Mikage partit sans un mot ni un regard de plus pour elle. Kana se laissa guider par Aoi et ils arrivèrent à sa chambre avant qu'elle ne s'en rende compte. La voyant totalement déconnectée de la réqlité, Aoi s'inquiéta :

- Maman ? Tu ne te sens pas bien ?

- Hum ? Demanda-t-elle vaguement.

- Maman ? Insista-t-il en lui secouant un peu l'épaule.

- Oui ? Répondit-elle finalement en tournant le regard vers lui.

- A quoi est-ce que tu pensais ?

- Oh... pas grand chose.

- A papa ?

Kana se figea. En observant le visage de son fils, elle sut qu'il se doutait de quelque chose.

- Aoi... Dit-elle gênée.

- Qu'est-ce qui se passe maman ? Toi et papa vous... vous vous êtes séparés sans en parler ?

- Non ! Nous ne... sommes pas séparés.

- Alors vous êtes quoi ?

- Disons... un peu distants. Mais ça va s'arranger, je te le promet.

- Mais pourquoi ?

- J'ai perdu la confiance de Mikage. Pourquoi... Je ne peux pas te le dire. Je ne peux pas le dire à ton père. Je ne peux le dire à personne.

- Je ne comprend pas...

- Ne t'inquiète pas Aoi.

Elle voulut prendre le visage de son fils, mais elle se rendit soudain compte que ses mains étaient encore tachées de sang. Elle se ravisait quand Aoi la prit subitement dans ses bras.

- Aoi ! Tu va être couvert de sang...

- Qu'est-ce que j'en ai à faire ! Maman tu...

- Oui ?

- Est-ce que tout ça à un rapport avec... tes cheveux ?

Kana se raidit. Elle savait que son fils était au courant de la raison de ses cheveux blancs.

- J'ai raison ?

- Non... ça n'a rien à voir.

- Dis-moi la vérité maman.

- Tu t'inquiètes trop, dit-elle en se reculant. Je te l'ai dit, tout ira bien.

Puis elle partit rapidement s'enfermer dans la salle de bain. "Je ne veux pas... je ne veux pas qu'il le découvre. Si Aoi apprend que je n'en ai plus pour longtemps... je ne veux pas voir la tristesse dans ses yeux ! Ni lui, ni Mikage !"

oOo

Kitai s'était éloigné des manifestations de joie suite à la naissance, ne se sentant que peu concerné. Il passait dans le hall quand il apperçut Enen revenant de l'extérieur. Quand elle le vit, celle-ci s'arrêta et ils se fixèrent un instant. Puis la jeune femme sourit et reprit son chemin vers les escaliers. Elle venait de le dépasser quand il demanda :

- Où étiez-vous ?

La jeune femme s'arrêta surprise. Puis elle décida d'ignorer la question et continua.

- Je vous ai posé une question ! S'exclama Kitai furieux qu'elle l'ignore ainsi.

- C'est mon droit de ne pas y répondre, dit Enen en se tournant enfin vers lui.

- Répondez-moi ou je...

- Inutile, le coupa-t-elle. Je ne veux de mal à personne.

- Et je dois vous croire sur parole ?

- Oui. Car la seule preuve qui existe, je ne vous la montrerai pas. Le seul fait d'y penser...

Kitai sentit de nouveau cette sensation étrange. Mais elle se dissipa lorsque leur regards se croisèrent à nouveau. Enen souriait faiblement.

- On m'a dit pour votre tatouage, dit-elle. C'est à la fois impressionnant et effrayant. Dans mon cas... il s'agit de quelque chose de bien plus redoutable. Vous les mettrez seulement mal à l'aise si vous leur dites quoi que ce soit. Cela les inquièterait et je serait obligée de partir.

- Alors c'est bien quelque chose à craindre, dit Kitai sur la défensive.

- Il n'arrivera rien à personne. Je mourrais plutôt que de laisser cela se produire.

Kitai resta interloqué. N'avait-elle vraiment pas de mauvaises intentions ? Mais quoi qu'elle cache, pourquoi et comment l'avait-elle obtenu ? Il le sentait, c'était indiscutablement quelque chose de très mauvais et dangereux. Enen repartit vers les escaliers, mais alors qu'elle avait monté la première marche, elle s'arrêta et se retourna.

- Est-il né ?

Surpris par la question, Kitai répondit :

- Le prince de Raggs ? Oui. Il y a moins d'une heure.

- Il est en bonne santé ?

- Oui... dit-il perplexe.

- Bien... et la reine ?

- Idem.

- Tant mieux, dit-elle sincèrement soulagée.

- Pourquoi vous me demandez ça ?

Enen mit un peu de temps à répondre :

- Vous étiez là quand j'ai dit que mon père était de Raggs. Il s'agit de ma reine et du prince.

- Vous êtes aussi de Barsburg. Je n'aimerais pas me retrouver avec une double allégence.

- A ce que j'ai compris, vous n'en avez aucune.

- Erreur ! Je ne renie pas mes origines. J'ai accepté ce tatouage en sachant que mon peuple me banierait. J'ai enfreint la loi.

- Mais que ferez-vous si la guerre éclate ? La trahiriez-vous ?

Kitai rougit d'embarras et de colère.

- Je vous ai dit de ne pas vous mêler de mes affaires !

- Vous vous mêlez bien des miennes, répondit-elle du tac au tac.

- Ce n'est pas... pareil.

- Ah non ? Très bien, alors je vais deviner.

- Quoi ?

- Je n'ai pas la présomption de pouvoir lire dans votre esprit, mais je pense... que vous n'approuvez pas les méthodes que le roi Eidan utilise. Cela vous trouble car vous êtes fier d'être Valmarien et que si la guerre éclatait vous ne sauriez pas quoi faire.

- Troublé ? Fier ? Tss ! Qu'est-ce que vous pouvez bien...

- Je vois que vous avez laissé tombé le chapeau, dit-elle en souriant.

- Vous l'avez brûlé, je vous le signale. Et puis il n'y a pas grand monde, c'était juste pour la fête.

- Vous êtes fier de la couleur de vos yeux et de vos cheveux. Je trouve cela tout à fait nomal. En fait vous étiez heureux que je brûle ce chapeau.

- Pas du tout !

Enen rit de le voir complètement dépassé par la véracité de ses dires.

- Bonne journée, monsieur le Valmarien, dit-elle en lui faisant un signe de salut alors qu'elle gravissait les marches.

- Je n'étais pas heureux ! S'énerva Kitai. Je ne l'étais pas...

Mais même s'il refusait de l'avouer, Enen n'avait pas tors. Quand on lui avait demandé de porter ce chapeau, il en avait été profondément outré et blessé dans sa fierté. "Oui je suis Valmarien. Je n'ai pas à me cacher. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent."

oOo

Le soir venu, Kana était déjà couchée quand Mikage entra dans la chambre. Elle était plus gênée que les autres soirs vu le comportement étrange de son mari quelques heures plus tôt. Elle lui tournait le dos, mais Kana l'entendit se changer et comme à l'accoutumée il se glissa dans les draps sans un mot. Que faire ? Elle voulait tenter de lui parler. Peut-être accepterait-il ce soir. Tout ce qu'elle voulait c'était échanger ne serait-ce qu'un mot avec lui, comme ils l'avaient fait tout à l'heure. Déglutissant difficilement, Kana tenta :

- Mi... Mikage ?

-...

Paniquée de ne pas avoir de réponse, Kana chercha ce qu'elle devait dire pour l'inciter à lui parler.

- Mikage ? répéta-t-elle ne trouvant que ça à dire.

-... quoi ? Dégna-t-il enfin répondre.

- Tout à l'heure... Je... Tu... dit-elle en cherchant ses mots.

- Si tu n'as rien à dire, tu ferais mieux de dormir.

- Non ! S'exclama-t-elle en prenant le risque de se retourner.

Son mari lui tournait toujours le dos.

- Je... j'ai parlé avec Aoi, décida-t-elle finalement de dire. Il a remarqué que quelque chose n'allait pas...

- Et alors ?

- Et bien... il s'inquiète.

- Je suppose que tu l'as "rassuré" en lui sortant la même excuse qu'à moi : "Je ne peux pas te le dire".

- Mikage... dit-elle désespérée. S'il te plait... il n'y a rien entre moi et Kitai.

- Ne prononce pas son nom ! S'écria-t-il en retournant vivement des éclairs dans les yeux. Pas devant moi ! Pas ici !

Il n'arrivait pas à croire qu'elle ose prononcer le nom de cet homme dans leur chambre, dans leur lit ! Le seul lieu qui donnait un sens à leur statut de couple.

- Si tu prononces encore son nom... dit-il furieux en la saisissant par les poignets. Je jure que...

Soudain il se tut en remarquant une chose qui lui fit écarquiller les yeux de stupeur puis de fureur.

- Où est-elle ? Demanda-t-il en essayant de contenir sa rage.

- Quoi ? Demanda Kana effrayée sans comprendre.

- Tu l'as jetée ? Dit-il en la serrant plus fort que jamais.

- Tu me fais mal... dit-elle les larmes aux yeux.

- Répond ! Dit-il en la secouant.

- Je ne sais pas de quoi tu parles...

- Ton alliance ! OÙ EST-ELLE !

Il se saisit de la main gauche de Kana et la lui mit sous le nez. Stupéfaite, elle se rendit compte qu'elle ne portait pas la bague à son annulaire.

- Je... ne comprends pas... balbutia-t-elle.

- Pourquoi l'as-tu enlevée !

- Je ne...

Soudain, elle poussa une exclamation et dit :

- La salle de bain !

- Pardon ?

- Elle est dans la salle de bain. Sur le lavabo. Je voulais faire partir le sang... alors je l'ai enlevée... j'ai oublié de la remettre.

- Tu as oublié de la... dit-il un peu perdu.

- Je suis désolée...! pleura-t-elle. Pardon... c'est la première fois que ça m'arrive. J'étais confuse parce que tu avais enfin daigné m'adresser la parole aujourd'hui... Pardon...!

- Ne pleure pas, dit-il avec une pointe au coeur. Kana...

Il tenta d'essuyer ses larmes mais sa femme lui agrippa la main et le supplia :

- Pardonne-moi Mikage ! Pardon... je ne le referai plus jamais... Peu importe les circonstances je ne l'enlèverai plus ! Je le jure...! Ne te met pas plus en colère...

Pour la première fois depuis des semaines, il prit sa femme dans ses bras, faisant ce qu'il pouvait pour calmer ses pleurs. L'entendre sangloter lui déchirait le coeur. Il était allé trop loin. Des semaines qu'il l'ignorait et voilà qu'il lui hurlait dessus... "Je l'ai blessée" réalisa-t-il en voyant des marques foncées apparaitre sur les poignets de Kana. Quand elle se fut enfin calmée, Mikage la redéposa sur les oreillers et se leva pour partir dans la salle de bain, revenant quelques secondes plus tard avec la bague. Prenant la main gauche de Kana, il la lui remit.

- Ne l'enlève plus, dit-il doucement.

- Je le jure...! dit-elle ses larmes menaçant de se remettre à couler. Pardon...

- C'est moi qui te demande pardon, dit Mikage en déposant un baiser sur ses poignets. Je t'ai fait mal.

- Non... j'étais tellement heureuse que tu me parles aujourd'hui.

- Je m'inquiétais parce que tu avais l'air très pâle. Tu l'es encore d'ailleurs.

- ça fait des semaines que je n'arrive pas à dormir ! Avoua-t-elle en lui aggripant la chemise. Tu es si près et pourtant... si loin ! Si je m'endors... je fais des cauchemars... dans lesquels tu me quittes à tout jamais !

- Kana... murmura-t-il en lui caressant les cheveux.

- Je jure que je ne t'ai pas trahit ! Jamais...! Par pitié crois-moi ! Crois-moi... Je ne sais pas ce que je ferai si... si ça continue...

- Calme-toi...

- Je suis désolée de ne rien pouvoir te dire... mais tu es le seul que j'aime ! Ça j'en suis sûre et je peux le crier au monde entier...! Mais toi... j'ai tellement peur que tu ne m'aimes plus !

- Je ne serais pas dans ce lit avec toi si c'était le cas. Je ne me serais pas mit en colère tout à l'heure pour l'alliance. Je ne porterais plus la mienne, dit-il en levant sa propre main gauche où brillait l'anneau d'or. Je te l'ai dit, je t'aime encore Kana. Je t'aimerai toujours.

- Mikage ! S'écria-t-elle en lui sautant au cou. Pardon ! Pardon ! Pitié, cesse de m'ignorer... ça me fait tellement mal.

- ça me fait mal à moi aussi, dit-il en la serrant contre lui. Tu n'imagines pas... ce que ça me coute de devoir passer mes nuits allongé à côté de toi sans pouvoir te toucher. Tu n'es pas la seule à ne pas avoir fermé l'oeil.

- Vraiment ? S'étonna-t-elle. Tu avais pourtant l'air...

- Je me contrôlais parce que je n'arrivais pas à te pardonner. Mais plus les nuits passent... plus c'est difficile.

- Je pensais être la seule... la seule à souffrir de cette situation.

- On a assez souffert, décida-t-il. J'ai toujours eut confiance en toi Kana, mais ça m'enrageait de savoir qu'il est au courant de ton secret et pas moi.

- Alors tu me pardonnes ? Demanda-t-elle pleine d'espoir. Tu vas cesser de m'ignorer ?

- Tu as dit que tu n'avais rien fait de mal avec lui. Alors je n'ai rien à te pardonner.

- Je t'aime...! murmura-t-elle en le serrant plus fort.

- Je t'aime Kana, répondit-il en la reculant pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas embrassés ? Une éternité semblait-il. Kana fut vite à bout de souffle face à la passion de Mikage qui, n'y tenant plus, la renversa sur les draps. Sous ses caresses, Kana s'aggripa aux oreillers, les bras au dessus de la tête.

- Mikage...! gémit-elle alors qu'il déposait des miliers de baisers sur son corps pour finalement revenir vers ses lèvres.

- Kana... murmura-t-il en enlaçant sa main gauche avec la sienne. Tu es ma femme. Ne retire plus jamais ton alliance.

- Plus jamais, approuva Kana en l'attirant à elle de sa main libre.