Les lesbiennes aussi elles sont marrantes
Même avec ses airs de mort-vivant, Aryadnée est vraiment magnifique. Sa cascade de cheveux noirs tombent à la naissance de ses reins et brillent, ses yeux sont maquillés de noir, rendant son regard encore plus profond, ses lèvres légèrement ourlées peintes d'un rouge-à-lèvre noir, ses longs ongles parfaitement manucurés recouverts de noir, son décolleté laisse voir une peau de couleur de craie qui a l'air si douce … Même moi, qui ne suis pourtant pas lesbienne, je suis subjuguée par la beauté de cette fille.
Elle est assise sur un banc en bois dans le jardin, en faisant semblant de lire, moi je suis cachée dans les buissons, et on attend l'autre cruche. Comment savons-nous qu'elle va venir ici ? C'est très simple, j'ai discuté avec mon beau gosse de Gryfondor pour qu'il nous aide.
FLASH-BASK :
-Eh ! Black !
-Hmm ?
-J'ai besoin d'un petit service.
C'est quoi ce sourire moqueur sur son (magnifique) visage ? Qu'il l'efface maintenant ou je lui refais le portrait.
-Qui êtes-vous ? Qu'avez-vous fait de Carrie Render ?
-Fais pas le con, tu seras content et moi aussi.
-Vraiment ?
-Mais oui. Tout ce que t'as à faire, c'est d'être méchant.
-Désolé, c'est contre mon sens de l'honneur.
-Mais laisse-moi parler ! La prochaine fois que Korner viendra te tourner autour, tu l'envoies méchamment rouler, faut qu'elle pleure c'est super important.
-Pourquoi ?
-Je vais la caser avec une fille et elle sera moins chiante pour tout le monde.
-Une fille ? Ce serait pas la gothique avec qui tu traines ?
-Si, celle-là.
-Dommage, elle était super canon.
Si ça ruinerait pas ma réputation, je le violerai sur place avant de le tuer, comme punition d'avoir des pensées déplacées. OK, zen, self-control …
-Yo Patmol !
-Cornedrue ! Lily.
Je me retourne, c'est le binoclard et Evans qui arrivent, main dans la main. Tiens, ma jolie rousse me regarde avec un drôle d'air. Qu'est-ce qui lui prend ?
-J'peux te faire confiance sur ce coup Black ?
-Promis.
FIN DU FLASH-BACK
Et puis, comme je sais que Korner a un mental de petite fille de primaire, elle va aller, sans s'en rendre compte, dans le jardin pleurer sur un banc. Elle va voir une fille super belle qui a un côté mystérieux, et comme elle est en état de choque elle va engager la conversation, et le tour est joué.
Qu'est-ce que je disais ? Voilà la bonde qui arrive le visage dans ses mains et en pleurs. Aryad' relève la tête et fais semblant d'être surprise et inquiète. Korner croise son regard et elle ouvre légèrement la bouche de surprise : la beauté froide d'Aryadnée a encore frappée.
Korner sèche ses larmes avec sa manche et s'approche timidement de la gothique qui n'a toujours pas baissée les yeux.
-Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu pleures ?
-Hein ? Oh je … je n'ai pas vraiment envie d'en parler.
-Vu l'état dans lequel tu, excuse-moi, mais je pense qu'il vaudrait mieux que tu parles. Assied-toi. dit-elle gentiment en désignant le banc.
Korner fait un petit oui timide de la tête et s'assoit à ses côtés. Elle jette un coup d'œil au livre.
-De quoi ça parle ?
-Une histoire d'amitié qui se transforme en histoire d'amour.
-L'amour c'est n'importe quoi. Ca sert à rien à part être blessé.
La vois de Korner est sèche, elle a l'air complètement dégoûtée.
-J'ai pensée comme toi pendant un moment.
-Vraiment ?
-Oui. J'étais tombée amoureuse, et puis quand je me suis déclarée, j'ai été rejetée devant beaucoup de monde, ensuite tout le monde se moquait de moi, j'étais discriminée.
-Hein ? Pourquoi ça ?
-J'étais amoureuse d'une fille.
-Tu … Tu es lesbienne ?
-Si ça te gêne, tu peux partir, je ne serai pas blessée.
-Après ce que tu viens de dire ? Jamais ! Et puis tu sais, je n'ai jamais eu de problèmes avec les homos.
Aryadnée lui fait un sourire resplendissant, c'est incroyable ! Je me répète, je sais, mais elle est tellement belle ! Je vois très bien le trouble de Korner. C'est compréhensible, elle vient de se faire jeter, elle se retrouve devant une beauté, celle-ci est gentille avec elle, elle lui fait un sourire à damner tous les Saints ! Un peu plus et elle l'embrasserait.
-Au fait, je suis Aryadnée Dollender.
-Samantha Korner.
Elles se serrent la main avec un sourire.
Tout le monde dans le réfectoire est surprit : Darkos et Korner sont ensembles, Darkos rit (doucement, évidemment) Korner a l'air moins stupide, elle ne fait même pas attention à Black. Ce dernier me lance un regard surprit auquel je réponds par un pouce. Kallender arrive et vient s'asseoir à côté de moi.
-C'est du bon boulot.
-Ouais, je sais.
-Tu sais que Aryad' ne rit jamais ?
-Vraiment ?
-Ouais, même pour faire semblant elle peut pas. C'est un miracle. Je crois que cette fille lui plaît vraiment.
-Le problème avec Korner, c'est qu'elle essaye d'être comme tout le monde pour ne pas être rejetée et pour essayer de charmer Black. Elle est pas conne, ni moche, elle fait juste semblant.
-Notre société est tellement triste.
On soupir tous les deux.
Le truc qui est cool avec le collège de Punkie, c'est qu'ils ont le droit de rester debout jusqu'à 11h00. Il fait nuit noire, et les deux nouvelles « meilleures amies » sont dehors sur leur banc, avec deux cinglés cachés dans les buissons.
-Sam', tu vas faire quoi maintenant avec Black ?
-J'abandonne.
-Sérieux ?
-Oui. Il faut que je passe à autre chose.
Silence.
-J'ai une question Aryad'.
-Vas-y.
-Comment tu t'es rendu compte que tu étais … que tu étais lesbienne ?
Ah, elle s'en rend enfin compte qu'elle est bi.
-Et bien … Il y avait une fête chez des amis, quand j'étais en vacance, et j'ai un peu trop bu. Je me suis retrouvée seule avec une fille de 25 ans, qui était un peu bourrée elle aussi, et y faisait super chaud. Je vais pas t'effrayer plus que cela …
-Non ! Non ! Ca va, ne t'inquiète pas, continue.
-Bah on s'est juste embrassée. Et c'était assez chaud, mais quand c'était fini, je me suis rendue compte que ça me faisait pas le même effet qu'avec un garçon, j'y prenais plus de plaisir et je trouvais ça plus naturel.
Ses paroles laissèrent Korner songeuse. Je vois très bien qu'elle veut essayer, mais elle est trop cruche et trop coincée pour passer à l'acte.
-Mais embrasse-la, merde !
-Hein ? Tu as entendu ?
-Carrie ! Fais moins de bruits !
-Désolée, c'était plus fort que moi.
-Je suis sûre que j'ai entendu quelque chose !
-Mais non Sam', c'est ton imagination.
-Si ! Ca venait des buissons.
Oh, oh ! Danger, danger. La blonde vient droit vers moi et Punkie. Trop tard pour bouger.
-RENDER ! Qu'est-ce que tu fous là !
Vite, vite, une idée … une idée … Soudain, Kallender m'attrape par le col et m'embrasse ! C'est quoi ce délire ! Putain, il embrasse vachement bien ! Elle a de la chance la Tête-brulée ! Ah ! J'ai compris ce qu'il essayait de faire ! Je lui rends son baiser, sous le regard surprit de Korner.
-Euh … Sam' ? On devrait peut-être les laisser tranquilles ?
-Euh … Oui. Désolée de vous avoir dérangés.
On fait un vague geste de la main tandis qu'elles partent. Darkos se retourne et nous fait un petit signe discret de la main. Punkie me lâche enfin.
-Je suis désolée que t'es eu à faire ça Punkie. Sincèrement.
-C'est pas grave. Dis-moi œil-de-Braise, t'as jamais eu de petits copains ?
-Non, pourquoi ?
-Comment ça se fait que t'embrasse aussi bien ?
-Secret personnel ET professionnel.
-Professionnel ? C'est très inquiétant ce que tu dis.
-Un jour je te le dirai peut-être Punkie. Mais pas tout de suite.
Il ne dit rien et me regarde avec un regard inquiet. Personne ne sait à quel point Carrie Render est bourrée de secrets.
-A ton avis elles sont où ?
-Le coin spécial à Aryad' : une salle de classe située dans la cave, donc pas du tout de lumière, qui est inutilisée, et qu'elle a arrangée à sa façon.
-Vampire gothique ?
-Yep.
Ca promet. On se dirige tous les deux vers la cave.
Là, on ouvre très discrètement la porte. Darkos est assise, jambes croisées, sur un beau fauteuil en velours rouge, Korner est en train d'admirer une immense bibliothèque qui est collée au mur.
-Tous ces bouquins sont vraiment à toi ?
-Oui.
-Et tu as lu tout ça ?
-Pas encore, mais presque.
-Quel est ton préféré ?
Korner s'est dirigée vers elle et s'est assise sur l'accoudoir.
-C'est une l'histoire d'un adolescent pendant la 2ème guerre mondiale, il passe dans un monde imaginaire où il embarque sur un navire pirate, un navire pirate des nuages. Ils chassent des hippogriffes pour leurs ailes et leurs griffes qui rapportent beaucoup au marché noir. En chemin, il tombe sur une princesse qui est poursuivie par ses frères et sœurs, car elle est celle qui va monter sur le trône. Ensemble, ils ont beaucoup d'aventures avec des sorcières, d'autres pirates, des sirènes …
-Ca a l'air très bien.
-Il est absolument génial. Je le relis tout le temps.
-Tu veux bien me lire deux ou trois passages ?
Oh, je la vois venir.
-Pas de problèmes.
Ma gothique d'amour se lève et se dirige vers le mur où elle prend un livre à la couverture bleu ciel. Elle retourne s'asseoir dans le fauteuil et l'ouvre à un passage. Au fur et à mesure qu'elle lit, Korner se penche au-dessus d'elle, faisant mine de s'intéresser au livre. On voit très bien qu'elle penche sa poitrine en direction du visage d'Aryadnée et ses longs cheveux blonds s'entremêlent avec les longs cheveux noirs de la gothique. Je vois que Darkos sourit discrètement. Soudain, elle relève la tête, surprenant tout le monde. Leurs visages sont vraiment très proches.
-Alors, ca te plait ?
-Oui, il y a un bon style. En plus tu lis très bien.
Leurs visages se rapprochent de plus en plus, leurs lèvres ne sont qu'à quelques millimètres les unes des autres, puis soudain Aryadnée se lève et va remettre le livre à sa place. Elle est sadique cette fille, j'ai jamais vu Korner aussi frustrée.
-Sam', tu trouves pas qu'il fait chaud ?
-Pardon ?
Et c'est parti pour un tour de charme. Aryad' enlève son haut, mais elle n'est pas en soutien-gorge, elle a encore une espèce de t-shirt, mais il est transparent, et extrêmement sexy. C'est pas possible que Korner résiste à ça ! J'ai raison …
La blonde vient de se jeter sur la brune, elles sont toutes les deus sur le sol, Korner est assise sur les hanches d'Aryad', elle lui a plaquée les poignets au sol, et toutes les deux elles s'embrassent passionnément. Et quand je dis passionnément, c'est de l'interdit -18 ans ! Elles se séparent pour reprendre leur respiration, et c'est avec un sourire un peu (beaucoup) pervers que notre Darkos commence à enlever les vêtements de la blonde. On va les laisser en paix, hein ?
En retournant à la tente d'E.T., Punkie et moi on se frappe dans la main : on a fait du beau boulot.
