Bonjour à tous.

Je poste ce chapitre tant que je peux le faire, c'est à dire maintenant, même si je cours un petit peu car je commence ma journée à 8h et qu'il va me falloir courir pour ne pas être en retard. Je tiens à tous vous remercier pour vos commentaires qui m'ont fait très plaisir et qui s'avèrent être très encourageants. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !

Je tiens à vous dire que je répondrais à toutes vos reviews à la fin de la semaine car je suis actuellement un peu débordée et je suis en stage, ce qui précipite encore plus les choses. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous oublie pas !

Je vous souhaite à tous une bonne journée et une bonne (fin ?) de semaine. Bisous !


« Si tu as mal lorsque tu regardes le passé et que tu as peur lorsque tu regardes vers l'avenir, regarde à côté de toi et tes amis seront là »


Le brouhaha qui régnait dans l'immense cour de Minas Tirith aurait donné à n'importe qui l'impression que la guerre venait de reprendre. Entre les cris atteignant parfois des tonalités étranges et peu humaines, et les pleurs qui retentissaient partout autour de nous, Sauron aurait pu apparaître que le son n'aurait pas été différent. Mais ce n'était pas lui qui était la cause de cette euphorie. Mais plutôt les retrouvailles entre nous tous, qui se trouvaient être plutôt bruyantes.

Les nains étaient évidemment les plus bruyants avec leurs rires puissants et l'alcool qui aidait, mais les humains et les elfes n'étaient pas en reste. Et malgré notre statut royal, chacun des membres des maisons de noblesse eu l'occasion de se taper sa propre honte.

- Mon ami ! S'exclama Aragorn en se précipitant sur Haldir qui ne le vit approcher que trop tard et qui se retrouva coincé dans une étreinte fraternelle sous mon ricanement moqueur. Comme je suis heureux de vous revoir !

Je n'écoutais pas la réponse que mon garde du corps donna puisque je manquai de mourir piétinée par deux hobbits en furie. Merry et Pippin, évidemment !

- Alzena ! Hurlaient-ils en sautillant tout autour de moi jusqu'à ce que je m'agenouille pour les serrer dans mes bras. Comme cela fait longtemps ! Comme nous sommes heureux de vous revoir !

- Et moi donc, répondis-je avec un grand sourire avant de me tourner vers Frodon et Sam qui se tenaient plus en retrait. Et vous aussi !

Les deux hobbits sourirent et vinrent à leur tour me serrer dans leurs bras. Quand je finis enfin par me redresser, ma main se posa immédiatement sur mon ventre qui commençait à s'arrondir, attirant ainsi le regard curieux de Gimli qui s'approcha.

- Est-ce que je vois bien ce que je vois ? Demanda-t-il d'une voix forte.

Un bras enlaça ma taille et je souris en reconnaissant Legolas. Laissant à ce dernier le soin de prévenir nos amis, je me concentrai sur la scène qui se jouait un peu plus loin et qui manqua de me faire éclater de rire.

Visiblement, les nains avaient décidé d'enterrer la hache de guerre avec les elfes et tentaient de leur faire comprendre sans avoir à le dire à voix haute et distinctement. Résultat, Thranduil ne comprit absolument pas pourquoi Gloïn se jeta dans ses jambes pour le serrer dans ses bras dans le seul but de lui faire part de son salut. En revanche, je vis clairement les yeux de mon beau-père briller de douleur. Et quelque chose me dit que le père de Gimli s'était vengé une dernière fois avant de reculer pour lui parler de sa voix bourrue sous le regard de plus en plus suspicieux de Thranduil. Un autre ricanement m'échappa jusqu'à ce que j'entende à nouveau Gimli.

- Enceinte ?! Mes félicitations ! s'exclama ce dernier en me serrant contre lui, c'est-à-dire en me broyant les jambes.

Un ricanement retentit, répondant en écho au mien. Relevant les yeux, je vis le sourire moqueur de Thranduil. Le même dessina mes lèvres. Il me rendait la monnaie de ma pièce lui.

- Merci Gimli, répondis-je avec un grand sourire en espérant chasser les fourmis que son étreinte avait causé à mes jambes.

- Vous allez être grand-père ? Entendis-je Gloïn sortir à Thranduil. Comme quoi, même les elfes prennent un coup de vieux.

Cette fois, ce fut Legolas qui ricana et son père répondit par un regard noir qui ne parut pas du tout sincère. Il avait été le premier à nous faire part de sa joie pour ma grossesse. Avant évidemment de constater que cela signifiait qu'il devenait encore plus vieux. Je lui avais gentiment tapoté l'épaule en me retenant de rire. Je crois qu'il m'en voulait encore aujourd'hui.

Suivant Aragorn dans les longs couloirs du palais, on finit par se retrouver seuls entre nous. La communauté de l'anneau puisque théoriquement, nous étions toujours liés. Le calme en était presque assourdissant et chacun eu une pensée pour Boromir, qui n'était pas là aujourd'hui.

- Cela fait si longtemps, lâcha Merry au bout d'un moment quand, assis dans nos fauteuils, on ne disait rien. J'ai l'impression que cela fait si longtemps.

- C'est bien, répondit Gandalf. Cela signifie que nous pouvons surmonter cela.

Il y eu un silence, puis Pippin lâcha ce que tout le monde pensait tout bas.

- Personne ici ne ferait de cauchemars par hasard ? Demanda-t-il et chacun hocha la tête. Je ne suis donc pas le -seul.

- Les traumatismes mettront du temps à disparaître, murmura Gandalf. C'est normal. Mais nous devons surmonter cela.

- Pourquoi je dormais mieux quand on était en guerre ? Questionna Merry. Quand on risquait nos vies et celles de nos proches ?

- Parce que nous étions épuisés, et parce qu'on avait autre chose en tête que de réfléchir à la guerre, répondis-je subtilement. Maintenant, c'est terminé, alors tout tourne en boucle dans notre tête.

Le silence retomba et chacun replongea dans ses souvenirs. Quand je pensais à tout le chemin que j'avais parcouru, je n'en revenais toujours pas.

- J'ai accepté de devenir roi et d'être couronné, finit par lâcher Aragorn au bout d'un long moment. D'accepter le trône et de faire une cérémonie devant tout Minas Tirith. Serez vous là ?

- Pour moi la question ne se pose même pas, répondit Gimli. Vous êtes un ami digne de devenir roi. Je serais auprès de vous dans ce moment de gloire que vous méritez.

Aragorn inclina la tête pour remercier Gimli et nous regarda simultanément.

- Nous serons là également, lui annonça Legolas en parlant également en mon nom. Il est évident que nous nous devons d'être présent au couronnement d'un ami aussi cher.

-Quelle question, souffla Pippin. Bien sûr que nous serons présents. Et on sera calme aussi. Promit !

Un rire secoua l'assemblée avant que Aragorn ne pose son regard sur Gandalf qui avait hoché la tête avec un sourire.

- Je voudrais vous demander une faveur, fit mon ami. Je voudrais que ce soit vous qui me couronniez.

Je vis clairement la surprise de Gandalf qui ne s'attendait pas à une telle demande. Mais à mes yeux, cela me paraissait aller dans le cour normal des choses. Ne nous avait-il pas marié Legolas et moi ?

- Vous êtes un grand homme Gandalf, et un ami loyal, reprit Aragorn. Je ne veux personne d'autre pour me couronner. Votre bénédiction me suffira. Car nous avons combattu ensemble, je sais votre valeur, et vous savez la mienne. Et votre sincérité me touche.

Aragorn attendait la réponse de Gandalf avec appréhension, et je pouvais le comprendre. Nous avions eu la même quand nous avions demandé à Gandalf de nous marier.

- Évidemment que j'accepte si vous me trouvez digne de cette lourde tâche, accepta Gandalf et Aragorn se détendit. Mon ami.

Merry et Pippin frappèrent dans leurs mains avec engouement et je souris à nouveau, tandis que Legolas entrelaçaient ses doigts aux miens.

Je surpris le regard mélancolique que Aragorn posa sur nous, comme s'il regrettait quelque chose. Et j'avais la très nette impression que ce quelque chose se nommait Arwen. Arwen qui était à présent devenue pleinement humaine, tandis que son père avait accepté l'irrémédiable avec un aplomb qui m'avait impressionnée. Moi qui croyait qu'il allait faire tout une esclandre, il avait finit par comprendre.

- Elle sera sans nul doute présente Aragorn, soufflai-je à mon ami quand on reprit les couloirs en sens inverse pour rejoindre la salle de réception. Elle ne vit à présent plus que pour vous, vous le savez autant que moi. Ne la décevez pas cette fois-ci.

- Je ferais tout ce qui est en mon possible, tu as ma promesse, jura Aragorn. Je l'aime trop pour la perdre. Maintenant que plus rien ne s'oppose à notre amour, je ne me battrais pas contre. Seulement, je regrette qu'elle est due perdre son immortalité.

- C'était son choix, murmurai-je. Pas le vôtre. Tout ce que vous avez à faire maintenant, c'est l'accepter et lui rendre le même amour incommensurable qu'elle vous voue. Car avoir affronté la transmutation en humaine juste pour votre coeur, c'est le plus bel acte possible.

Aragorn hocha la tête en souriant et serra mes doigts avant que l'on entre dans la salle de réception où une scène improbable nous attendait.

Visiblement, les nains avaient véritablement faire comprendre aux elfes qu'ils voulaient repartir sur un bon pied. Sauf que évidemment, leur égo leur imposait de ne pas le dire à voix haute. C'était donc la tactique de l'attaque silencieuse qu'ils avaient choisit. Et autant dire qu'ils avaient réussit.

Chaque elfe était coincé entre deux nains, visiblement peu ravi et très gêné. Et du haut de la table d'honneur, Thranduil semblait sur le point de dépérir, encadré par Gloïn et son ami. Connaissant mon beau-père, c'était surtout la petite taille et la tonalité de la voix des nains qui le gênait.

- Si on allait sauver la vie de ton père ? Demandai-je à Legolas quand on eu finit de rire de la scène. Avant qu'il ne fasse un geste regrettable.

Car en effet, Thranduil était armé. Toujours armé et dangereux pour des nains visiblement de plus en plus bruyants. Et ses yeux ressemblaient au ciel quand l'orage n'était pas loin. Non, vraiment, il fallait intervenir. Vite.

- Et pourquoi ne mangez-vous pas de viande mon cher Thranduil ? Demandait Gloïn en brandissant une part de ragoût devant ce dernier qui plissa immédiatement le nez de dégoût.

Ce que je pouvais totalement comprendre, puisque je ne supportais pas de manger de la viande non plus. Et cela, même si j'avais décidé de devenir humaine plutôt que elfe. Trait hérité de ma mère.

- Laissez le donc tranquille, fit Legolas en rejoignant son père qui soupira de soulagement dans ce qu'il espérait être discret, mais qui en réalité ne l'était pas le moins du monde. Nous ne mangeons pas de viande car notre corps n'est pas préparé à cela. Donc on risque de vomir.

- Évite de parler de malheur, sifflais-je en m'asseyant à ses côtés et en grimaçant.

Mes nausées c'étaient quelque peu calmées, mais il m'arrivait encore de me sentir mal et de devoir courir aux toilettes. La dernière fois, j'avais manqué de vomir sur Elrond et il n'avait du son salut qu'à ma vitesse de réaction.

- Excuse-moi, fit Legolas tandis que Gloïn tournait les yeux vers moi, un grand sourire aux lèvres.

-Alors vous êtes sur le point de devenir parents ? S'exclama-t-il. C'est super ! Vous avez de la chance Thranduil. Moi je n'ai plus aucun espoir. Gimli refuse de se marier. Alors avoir des enfants, vous imaginez.

Thranduil sembla se dire que vu les catastrophes ambulantes qu'étaient Gimli et son père, c'était sans doute le mieux, mais il eu la bonté de ne rien dire, se contentant de détourner les yeux pour pas que le nain puisse voir la lueur d'ironie qu'ils contenaient. Et de soulagement. Aussi.

- Je peux vous poser une question ? Demanda une jeune femme à ma gauche. J'ai appris que les elfes quittaient la Terre du Milieu. Est-ce vrai ?

J'échangeai un regard avec mon mari, notre bonne humeur quelque peu amoindrit. Elle avait raison, en effet. Notre peuple diminuait de plus en plus pour gagner les Terres Immortelles. Bientôt, il était évident que Celeborn et Galadriel les gagneraient à leur tour. Thranduil semblait également y penser ainsi que Elrond. Revoir leurs épouses semblait les persuader de plus en plus maintenant que la guerre était terminée. Mais ils n'étaient pas les seuls. Legolas et moi-même y pensions. Sans vraiment oser en parler.

Parce que malgré tout, les blessures de la guerre étaient bien plus profondes qu'elles n'y paraissaient et que les cauchemars étaient de plus en plus épuisants. Partir pour les Terres Immortelles étaient synonymes de paix. Quelque chose qui nous manquait aujourd'hui dans notre bonheur. D'autant que les bateaux en partance se faisait de plus en plus rare. Bientôt, il n'en resterait plus.

Les doigts de Legolas trouvèrent à nouveau les miens et les serra doucement. Inconsciemment, je posais mon autre main sur mon ventre rebondit, y sentant à présent clairement la vie. Une petite vie, minuscule, fragile et endormit, mais que j'aimais déjà de tout mon coeur.

- Oui c'est la vérité, finit par dire mon mari au bout d'un long moment. Notre place n'est plus ici. Désormais, la Terre du Milieu passe aux mains des autres peuples. C'est à eux d'en faire une terre d'avenir. Et je pense que vous avez bon espoir à avoir.

- C'est dommage, murmura la jeune femme. Votre peuple est sans nul doute le plus beau à découvrir.

Elle nous adressa un dernier sourire avant de se fondre dans la foule. Ce fut à cet instant que je vis que les nains nous regardaient, visiblement mélancoliques.

- Alors vous décidez de partir ? Demanda doucement Gloïn pour la première fois. De quitter la Terre Du Milieu ? De nous laisser ?

- Notre place n'est plus ici, lui répondit Thranduil d'une voix dénuée de ressentiments ou d'accusations. Nous avons joué notre rôle, c'est à vous de tenir le vôtre à présent. De faire de la Terre Du Milieu une terre de paix.

- Votre absence se fera sentir jour après jour, murmura Gloïn visiblement touché par ce qu'il apprenait. Certes, les liens entre nos deux peuples ne sont pas les meilleurs, mais vous faisiez partit de notre monde. Cela va faire un sacré changement. Un grand manque.

Je lui adressai un sourire qui se voulait réconfortant, puis je me levai pour rejoindre Eowyn qui se tenait un peu plus loin en compagnie de Faramir. Tous les deux me serrèrent dans leurs bras quand je parvins à leur hauteur et je leur répondis avec joie.

- Félicitations, fit Faramir. Nous avons appris pour ta grossesse. C'est vraiment fantastique !

- C'est un pur bonheur, répondis-je sur le même ton. Un beau cadeau.

- Tu feras une excellente mère, j'en suis sûre, avoua Eowyn. Je le sais.

Je lui répondis par un sourire et on s'éloigna toutes les deux des conversations trop bruyantes. Eowyn rayonnait littéralement et la bague à son doigt me disait que ce n'était pas simplement à cause du magnifique soleil au dehors.

- Et toi une bonne épouse, répondis-je à sa phrase d'avant.

Elle leva des yeux surprit avant de les poser sur sa bague de fiançailles et de sourire. Ses yeux se posèrent un instant sur Faramir et brillèrent de bonheur.

- J'ai hésité au départ, avoua-t-elle. Je me disais que c'était trop tôt, que les blessures de la guerre étaient encore bien trop présentes. Mais finalement, je n'ai pas résisté, parce que je l'aime sincèrement.

- Tu mérites le bonheur autant que chacun d'entre nous, lui lançais-je quand on gagna le balcon royal. Et je suis sûre que tu seras heureuse.

Mon regard détailla tout ce qui m'entourait. Les travaux de reconstruction allaient de bon train, certaines maisons avaient déjà été totalement reconstruites. Le royaume se préparait à présent à rendre hommage à ses morts. Avant que le couronnement de Aragorn nous permette à tous de tourner la page.

Aragorn s'était comporté en ami loyal et sincère. Et grâce à lui, le corps de mon père reposerait aux côtés de sa famille dans la crypte royale. Actuellement, il se trouvait dans l'immense chambre froide du palais où reposait notamment Boromir et les cent cinquante mille autres personnes qui avaient trouvés la mort.

- Ce que je regrette c'est de ne pas avoir pu connaître Boromir, murmura-t-elle quand j'eu finis d'examiner les nombreuses reconstructions. De ne pas savoir à quel point il s'agissait d'un grand homme.

- Les familles ont été brisées dans cette guerre, lâchais-je en comprenant ce qu'elle ressentait. Je ne connaitrais jamais ma belle-soeur. Du moins, pas sur cette Terre.

- La compagne de Boromir, releva Eowyn. Dieu que cette guerre a été injuste.

- Une guerre n'est jamais juste Eowyn, murmurais-je. Jamais. Elle laisse toujours des familles endeuillées, des personnes à pleurer et des morts. Toujours des morts. Mais quand cette guerre est gagnée, il faut apprendre à vivre. A vivre pour ces personnes qui ont donnés leur vie pour sauver la nôtre, pour ces personnes qui ne sont plus là.

Elle serra mes doigts et je répondis à son étreinte. Ce fut à cet instant qu'Haldir arriva pour nous prévenir que l'on nous avait attribué des chambres et que nous pouvions nous retirer pour nous reposer. Remerciant mon garde, je suivis Eowyn dans les couloirs de l'immense palais.

*0*0*

Aragorn s'était dépassé pour l'occasion. Dans le but de nous faire à tous savoir qu'il nous accueillait avec joie dans son palais, il avait organisé l'une des plus grandes fêtes que Minas Tirith connaissait depuis plusieurs centaines d'années à présent.

Bon, personne ne doutait de ses talents de roi, et personne ne remettait en cause son statut. Mais une chose était sûre, il devrait engager des conseillers qui feraient quelques tâches à sa place. Notamment tout ce qui concernait l'administratif. Car sur ce point-là, il était nul. Vraiment nul.

Pour tout expliquer, il avait manqué de provoquer une troisième guerre en Terre du Milieu en confondant les chambres et les noms. Ainsi, j'avais moyennement apprécié de me retrouver dans la même chambre que Thranduil et Legolas avait rit jaune en constatant que les talents de son ami l'avaient placé avec Gimli. Certes, il l'appréciait beaucoup, de là à dormir à ses côtés, il y avait un grand écart.

De fil en aiguilles, Aragorn s'était trompé dans tous les noms. Ainsi avait-il fourré Gloïn avec Merry et Pippin (au moins ne les avaient-ils pas séparés ces deux-là), Sam avec Eowyn (je ne saurais jamais lequel des deux étaient le plus gênés), Frodon avec Faramir (Frodon avait prit la chose avec une relative indifférence tandis que Faramir avait commencé à douter de la santé mentale de son roi), Haldir avait été placé avec Tauriel (le premier avait manqué de s'étouffer, gâchant ainsi la réputation des elfes, tandis que ma soeur avait ricané jusqu'à ce qu'elle constate que son mari avait été placé avec Jorika).

Un beau bordel en somme. Excusez mon langage.

Et Aragorn avait trouvé pour excuse qu'il avait confondu Legolas avec son père. Essayez après cela de faire comprendre à votre ami que Thranduil avait l'âge d'être mon père et donc plus âgé que moi. Le tout sous le regard fixe du concerné qu'il ne fallait surtout pas vexé. Car autant le dire, Thranduil avait une capacité fantastique à se vexer. Même les Nazguls n'avaient pas autant d'amour propre !

- J'ai récupéré ma chambre avec Haldir, souffla Jorika en s'effondrant à mes côtés.

- Tu as passé une robe ! M'exclamai-je, estomaquée en voyant la dégaine de ma meilleure amie. Toi ?!

- C'est si étonnant que cela ? Demanda-t-elle avec un sourire.

- Oh non pas du tout, soufflai-je sur le même ton. C'était pas vraiment à la mode dans le Mordor.

- M'en parle pas, répondit-elle. Nos tenues étaient vraiment horribles ! Mais dit moi, c'est bien Haldir que je vois en train de fuir la piste de danse ?

Je suivis son regard et constatais qu'en effet, l'amant de ma meilleure amie tentait subtilement de quitter la danse, sans grand succès au vu de la jeune fille qui s'était visiblement pris d'un amour inconditionnel à son égard.

- Tu as de la rivalité fait gaffe, lançai-je à ma meilleure amie qui bondit sur ses pieds et fusa sur le pauvre Haldir qui l'a vit arriver, catastrophé.

- C'est moi ou tu te moques de ton amie ? Me demanda Legolas en me rejoignant.

- J'aime la faire tourner en bourrique, répondis-je avec un sourire moqueur. Et ça marche super bien.

Je tournai les yeux vers mon mari et constatais qu'il cherchait quelqu'un.

- Que fais-tu ? Demandai-je curieuse.

- Je cherche mon père, souffla-t-il.

- Pourquoi ? Il est assez grand pour se débrouiller seul, fis-je remarquer avec un sourire.

- Lui oui, mais Gloïn semble s'être mis en tête de se faire pardonner les années de non-dits entre nous, expliqua Legolas avec de la moquerie dans la voix. Mon père a manqué de le tuer tout à l'heure. C'est qu'il a de ses réflexes !

- C'est moi ou tu n'as pas l'air du tout compatissant pour lui ? Questionnai-je dans un rire.

- C'est pas toi, c'est bien la vérité, affirma mon mari en m'accompagnant dans mon rire. C'est juste que c'est marrant de le voir fuir le nain alors qu'il était capable de décimer des orques, des araignées et des trolls.

- Ça c'est bas, fis-je remarquer en ne pouvant qu'être d'accord avec Legolas.

Finalement, il s'avéra que mon beau-père avait préféré la compagnie de Celeborn et Galadriel à celle du nain. Plus calme, fallait l'avouer.

- Une danse ? Demanda mon mari en me tendant la main.

Je la pris avec joie et l'accompagnais sur la piste, évitant de justesse Merry et Pippin qui s'en donnait à coeur joie en compagnie de Gimli. Aucun doute que aucun des trois n'étaient sobres. Mais qui leur en voudrait ?

Enlacée contre Legolas, je le laissais guider mes pas. Je savais à présent danser, c'était l'une des innombrables choses que j'avais apprises en devenir princesse héritière. Et même si cela n'avait pas été de tout repos, j'étais fière à présent de pouvoir faire honneur à ma famille biologique ainsi qu'à ma belle-famille.

L'étreinte de Legolas autour de ma taille était douce. Si j'avais eu peur que notre mariage n'impose qu'une sorte d'habitude entre nous, ce n'était pas le cas. Chaque jour à ses côtés était un pur bonheur que je vivais à cent à l'heure.

Soudain, alors que mon mari me rattrapait après m'avoir fait tournoyer sur moi-même, je sentis un coup dans mon ventre et ma main quitta immédiatement celle de Legolas pour se poser dessus. Un second coup me répondit et je levai des yeux émerveillés sur mon mari qui me regardait, surprit.

- Il bouge, murmurai-je en plaquant sa main sur mon ventre. Tu le sens ?

Les yeux de Legolas s'écarquillèrent de surprise, puis de tendresse quand il sentit à son tour les coups de notre enfant. Je sentis comme une bulle de bonheur m'entourer.

Car je devais l'avouer, j'appréhendais un peu cette grossesse malgré la présence constante de Galadriel à mes côtés. Porter pour la première fois la vie avait quelque chose de fantastique mais également de peur. Je faisais attention à ce que je mangeais, à ce que je faisais. Mes mains se plaçaient d'elles-mêmes contre mon ventre pour le protéger même quand aucun danger ne nous guettait. J'avais peur. Peur de le perdre.

Et le sentir à présent bouger me rassurait comme personne n'était parvenu à le faire. Certes, j'avais écouté Galadriel quand elle m'avait expliqué que c'était normal, que les elfes étaient calmes, contrairement aux humains. J'avais été quelque peu rassurée par Thranduil quand ce dernier m'avait juré que si quoi que ce soit se passait, les infirmiers le saurait immédiatement grâce à notre médecine. Mais une fois que ces deux points de repère disparaissait, mes appréhensions revenaient en force. J'avais peur.

Étonnamment, ce n'était pas tant l'accouchement qui me faisait peur, bien que je sache qu'il ne s'agissait pas d'une partie de plaisir. Mais c'était ces neuf mois d'attente, à faire continuellement attention à ce que je faisais. A savoir que cet enfant était sans défense, que j'étais la seule à le protéger. Un poids considérable sur mes épaules, alors que quelques mois auparavant, je n'avais que ma vie à défendre.

- C'est merveilleux, murmura Legolas quand il m'enlaça à nouveau. C'est merveilleux.

Mon sourire se fondit dans ses longs cheveux blonds. Je l'aimais à un point inimaginable. Tout comme j'aimais ma famille plus que tout. Et il m'en avait fallut du temps.

Aimer Legolas ne s'était pas fait du jour au lendemain, mais la guerre nous avait rapproché considérablement et avait précipité les choses. Tout comme aimer Elrond, Elhorir, Elladan et Arwen avaient été aisés grâce à leur aide. Aimer les autres membres de ma famille avait été plus difficile, plus long. Galadriel, Celeborn, Tauriel. Il m'avait fallut accepter l'idée de m'attacher à d'autres personnes. À créer des souvenirs qui n'existaient pas.

Étonnamment, m'attacher à Thranduil et Cirdan avait été presque plus facile. L'un comme l'autre comprenait une part de ce qui composait mon existence. Les ténèbres, le mal, le Mordor. La peur, la colère, la haine. Ces sentiments étaient les mêmes que les miens, s'y mêlant avec une perfection inouïe. Nous n'avions pas besoin de mots pour les exprimer. Quand mes souvenirs revenaient en force, mon beau-frère se contentait d'une main sur mon épaule et mon beau-père d'un hochement de tête. Ces sentiments étaient sans mots. On ne met pas de mots sur la souffrance. Ni sur le bonheur.

- Je t'aime, murmura Legolas à mon oreille et je répondis en relevant la tête pour l'embrasser.

Son contact me faisait toujours le même effet qu'au tout début de notre relation. Cette impression d'être une autre, celle d'être la femme la plus heureuse au monde. Celle qui n'avait plus aucune raison de s'en faire parce que les gens qu'elle aimait était tous auprès d'elle. Et s'il manquait certaines personnes à ce tableau parfait, je ne me plaignais pas. J'avais déjà bien plus que je n'aurais jamais osé demander.

Un toussotement retentit derrière nous et on se retrouva face à Aragorn. Haussant un sourcil moqueur, il me présenta sa main et ce fut à cet instant que je me rendis compte que la musique avait changé, ainsi que les couples. Certains étaient même improbable.

Comme Haldir et Galadriel (le premier était droit comme un piquet et la seconde avait un sourire légèrement moqueur aux lèvres), ou encore Thranduil et Eowyn (cette dernière paraissait gêné comme jamais, nettement plus petite que lui). Mais là où je rigolais, ce fut le couple incroyable que formait Gimli et Jorika. Tous les deux rigolait comme des fous et cela semblait amuser la galerie.

- Votre couple est le modèle même de l'amour, clama Aragorn à mon oreille quand on se mit à danser. Nous l'avons toujours su.

Nous ? Relevai-je, surprise.

- Boromir et moi-même, expliqua mon ami. Même quand vous vous haïssiez, il y avait ce lien entre vous. Comme quelque chose d'impossible à briser, même dans la haine. Boromir l'a su au premier regard, j'ai mis plus de temps à le comprendre. Il disait toujours que Legolas avait la chance immense d'être aimé par une femme telle que vous.

- N'a-t-il jamais parlé de Serïdnë ? Demandai-je en osant enfin poser la question qui me brûlait les lèvres depuis tellement de temps. Je ne crois nullement quand on me dit qu'il l'avait oublié, quelque soit le sort lancé et la puissance de Thranduil.

- Si, il s'en souvenait, me répondit Aragorn. On ne peux pas oublier la personne que l'on aime. Qu'importe la distance, qu'importe les obstacles, qu'importe les guerres. Mais contrairement à moi, il a refusé de la faire souffrir. Il pensait qu'il rentrerait en vie. Qu'il pourrait enfin se montrer digne devant Thranduil.

Je me rappelais ma relation avec Boromir. Une relation fraternelle qui n'aurait jamais pu basculer en amour. Notre baiser échangé au moment de sa mort n'était rien d'autre qu'un adieu. Le seul que j'étais alors capable d'effectuer.

- Il me manque, avouai-je tristement. Je l'ai connu pendant si peu de temps et pourtant, j'ai tellement d'affection pour lui que mon coeur se brise de douleur quand je pense à lui.

- Il manque à chacun d'entre nous, fit Aragorn. Et c'est normal. Mais à présent, nous devons lui rendre hommage en vivant notre vie. Car lui, il est là-haut, en compagnie de la femme qu'il aime. Et il ne souhaiterait pas nous voir nous morfondre.

- Je n'ai aucune envie de me morfondre, répondis-je avec un sourire. Je suis enceinte je vous rappelle ! En revanche vous, vous devriez faire quelque chose pour ne pas avoir à vous morfondre pour les cent prochaines années.

Il comprit immédiatement que je parlais de ma cousine et il m'accorda un clin d'œil qui ne m'accorda pas le bénéfice du doute. Il avait enfin fait son choix. Il avait enfin accepté le choix d'Arwen.

Un magnifique sourire dessina mes lèvres et mon rire se répercuta à travers la musique, accompagné de celui qui deviendrait sans nul doute prochainement mon cousin. C'était cela le bonheur.


Je tiens également à remercier ma merveilleuse béta Gaga-Ella, qui fait comme toujours un travail monstre pour pouvoir me rendre mes chapitres corrigés en temps et en heures pour que je n'ai pas de retards à cause de cela. Donc un grand merci à elle !

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, j'attends vos commentaires avec grande impatience. La suite la semaine prochaine, si ne beugue pas à nouveau ! En attendant, bonne semaine (ou fin de semaine si, comme moi, vous êtes pressés d'être Vendredi soir). Bisous !