Chapitre 24 : Run baby run (deuxième partie)
(Titre alternatif : Petite balade au pays des crustacés (ne cherchez pas à comprendre maintenant, lisez !)
La farce des Maraudeurs semblait avoir eu l'effet escompté (du moins selon les quatre garçons) : les invités étaient étonnés, voir outrés, et les professeurs étaient tout bonnement furieux, en particulier McGonagall. Ne disposant d'aucune preuve contre eux, la directrice de Gryffondor ne s'était pas pour autant privée de les sermonner, les menaçant d'une double retenue la prochaine fois qu'ils ouvraient la bouche en cours dans un autre but que pour répondre à une de ses questions.
Après ça, Sirius avait fait le pari qu'il serait le premier à écoper de cette double retenue, considérant l'incroyable attirance inavouée de McGonagall à son égard.
Heureusement pour Lily, la fin de soirée fut plutôt une période de flottement pour elle. Elle put passer un peu de temps en compagnie de Nawei, Kim et Poppy, et occasionnellement des Maraudeurs, qui allaient et venaient d'un coin à l'autre de la Grande Salle, toujours suivis de près par l'un ou l'autre groupe de filles.
« Black m'horripile quand il fait ça. » lâcha soudainement Kim, alors qu'elles étaient assises en retrait et sirotaient tranquillement leur Bièraubeurre.
« Quand il fait quoi ? » demanda distraitement Nawei.
« Se pavaner avec dix milles glousseuses sur ses talons. On dirait vraiment un coq entouré de sa basse-cour, ou des mouches autour d'un caca, c'est à voir... »
Nawei haussa les épaules, mais Lily fronça les sourcils.
« Tu es dure avec lui, Kim. Je te signale qu'il n'est sorti avec aucune fille depuis plusieurs semaines. »
La jeune fille eut un reniflement méprisant. « Ouais, depuis sont petit… débordement avec Owen. »
« Il est sage depuis. » se buta Lily, inflexible.
« Ouais, mais pour combien de temps ? Je ne serais pas surprise de le voir pendu aux lèvres d'une de ces cruches avant la fin de la soirée. »
« Pour toi, toutes celles qui aiment bien Sirius sont des cruches, alors ? » demanda soudainement Poppy.
Lily retint son souffle, craignant que les choses ne s'enveniment. Kim n'était pas au courant des sentiments de Poppy envers le jeune Black, et il y avait une forte probabilité pour que la jeune fille dise quelque chose de très blessant sans se rendre compte de rien.
Kim avala lentement une gorgée de Bièraubeurre avant de parler, comme pour laisser le planer le prétendu suspense de sa réponse.
« Je pense qu'il faut avoir une sérieuse case en moins pour aimer un type comme lui, en effet. »
« Je crois que tu confonds, Kim. » protesta aussitôt Lily. « Ces cruches qui tournent autour de lui comme des mouches autour d'un caca, comme tu le dis si bien, ne sont pas amoureuses de lui. Ce ne sont que des glousseuses impressionnées par con charisme. Elles ne le connaissent pas vraiment. »
« Mais qui le connaît vraiment, Lily ? » fit Kim, désabusée.
« Ses amis. » répondit simplement Nawei, qui jusque là avait pris soin de ne pas se mêler au débat. « Il y a toujours eu quelque chose de spécial entre ses quatre-là, n'est-ce pas ? Je crois qu'on ne peut pas le juger si on ne fait pas partie de leur petite bande. »
« Tu dis ça parce que tu aimes bien Lupin. » répliqua Kim avec une mine boudeuse.
Nawei rosit, mais répondit calmement : « Non, je ne parle pas que de Remus. » Elle secoua la tête, comme pour remettre de l'ordre dans ses pensées. « Je pense qu'il y a un lien qui les unit dont nous n'avons même pas idée, et qu'ils se comportent comme des gamins parce que c'est leur manière de protéger leur secret. »
« Mais quel secret ? » demanda Poppy, qui semblait perplexe.
Nawei haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je… Je le sens, c'est tout. »
Poppy semblait toujours aussi déboussolée, mais Lily adressa un regard à Kim, qui hocha légèrement la tête. Lorsque Nawei disait ce genre de phrases sibyllines, cela relevait du domaine du troisième œil, auquel elle et Kim étaient tout à fait étrangères. Elles avaient appris à accepter les propos parfois étranges de Nawei sans trop se poser de questions – parce qu'elles n'auraient sans doute jamais de réponse.
Ce fut ce moment que choisit Leanne Gray, la Préfète-en-Chef, pour débouler devant elles à toute allure et s'effondrer sur l'une des chaises, l'air exténué.
« Heu… Ca va, Leanne ? » demanda Lily, incertaine.
« Oui oui… Ca va, ne t'inquiète pas. Mais les invités m'épuisent. » répondit Leanne avant de pousser un soupir.
« Tout à fait d'accord avec toi. » décréta Kim en jetant un regard dédaigneux à la foule en robe de soirée.
« Des ennuis ? » questionna Lily.
« Si on veut… » Leanne se pencha vers la rousse, et quelques mèches rebelles s'échappant de son chignon. « Un groupe d'hommes n'arrêtait pas d'appeler Mary pour un service ou l'autre, et lorsqu'elle les a envoyé boulé, au bout de la neuvième fois, ils n'ont plus voulu la lâcher. » fit-elle sur le ton de la confession.
« Elle aurait dû mettre un autre décolleté ! » fit Kim, une lueur de malice dans le regard.
« Vous voyez de qui je parle ? » demanda Leanne, clignant des yeux.
Kim eut un de ses fameux sourires carnassiers « Oui, ils n'ont pas arrêté de jeter des coups d'oeils gourmands à Lily en début de soirée. », expliqua-t-elle. « Je suppose que ne la voyant plus, ils se sont rabattus sur Mary… »
Leanne leva les yeux au ciel.
« Et dire qu'ils ont l'âge d'être notre père. Qu'est-ce que ça devait être lorsqu'ils étaient à Poudlard… »
Lily sentit un frisson remonter le long de son échine alors que son imagination travaillait à plein régime, et elle secoua la tête pour chasser ces pensées désagréables.
« Oh, ils ne se seraient sans doute pas contentés que de coups d'œil… » glissa Kim, et Lily lui fit une magnifique grimace.
« Leanne ? »
Les quatre filles se tournèrent vers Russel Preston, le Préfet-en-Chef, qui venait d'apparaître devant elles. Il était vêtu d'une magnifique robe de sorcier bleu turquoise, qui mettait en valeur ses yeux et faisaient ressortir la couleur pâle de ses cheveux soyeux et savamment coiffés. Lily ne pouvait à cet instant qu'admirer sa prestance autant que la rigueur habituelle dont il faisait preuve dans son travail de Préfet-en-Chef. Elle savait qu'il faisait tourner bien des têtes (particulièrement chez les filles de Pouffsouffle de quatrième année) mais qu'il était bien trop sérieux et à cheval sur ses principes pour s'autoriser une relation sérieuse (voir moins sérieuse) pendant ses études.
« Mesdemoiselles. » fit-il en s'inclinant légèrement, et les filles lui rendirent poliment son salut.
« Oh non, ne me dis pas que cette bande de vieux pervers remet ça. » fit Leanne d'une voix douloureuse.
« Pardon ? » dit Preston, visiblement étonné.
« Heu… Non, rien. Tu voulais me parler, Russel ? »
« Oui. Et c'est assez important… »
Il jeta un regard gêné aux quatre filles assises autour de Leanne, et la jeune fille sembla comprendre.
« Oh, heu, oui, j'arrive. Peut-être à plus tard, les filles. »
Elle leur fit un léger signe de main et ils disparurent dans la foule. Lily fixa un moment l'endroit où ils venaient de disparaître puis reporta son attention sur ses amies. Un large sourire vint étirer ses lèvres quand elle remarqua l'air mystifié qu'arborait Poppy.
« J'ai l'impression que le charme de notre Préfet-en-Chef ne laisse pas indifférentes certaines d'entre nous… » glissa-t-elle, et Poppy rosit légèrement.
« Tu dois avouer qu'il est craquant. » répondit la jeune fille.
Lily hocha légèrement la tête, mais Kim, comme à son habitude, décida d'y mettre son grain de sel.
« Il a un certain charisme, j'avoue, mais il est du même acabit que Darwin, malheureusement. » déclara-t-elle.
« Oh, allez… » se lamenta Poppy. « Si droit, si ferme et inflexible… Qui ne rêverait pas de lui faire enfreindre le règlement en l'embrassant sauvagement dans une salle de classe vide après le couvre-feu ? »
Mais Kim avait l'air de trouver l'idée beaucoup moins attrayante.
« Reviens un peu sur Terre, ma grande. » répondit-t-elle d'une voix traînante. « Les Préfets-en-Chef, c'est toujours à se prendre la tête pour rien. »
« Pourquoi tu dis ça ? » demanda aussitôt Lily.
Kim haussa les épaules. « On dirait que s'occuper du règlement d'ordre intérieur de Poudlard, ça relève du secret d'Etat, avec eux. »
« C'est normal qu'ils prennent leur fonction au sérieux. » protesta Lily, fidèle à elle-même. « S'ils ne le faisaient pas, que se… »
« LILY ! »
La jeune fille sursauta et tourna vivement la tête.
« James ? » fit-elle, incrédule. « Qu'est-ce que… »
« Lily, il faut… que tu… viennes voir… tout de suite ! » dit le garçon, le teint plus rouge qu'une écrevisse, ayant visiblement du mal à reprendre son souffle.
« Tu as couru ? Qu'est-ce qui se passe, c'est grave ? »
« Non… toi… venir… te montrer… quelque chose… »
« Okay, je vais venir, James, mais d'abord fais moi le plaisir de te calmer et de reprendre ton souffle. » tempéra la rousse en se levant.
James hocha la tête en signe d'assentiment, et au bout de plusieurs minutes de récupération (sous le regard moqueur de Kim, celui amusé Poppy et celui perplexe de Nawei), il fut enfin capable de parler correctement.
« Je… J'ai quelque chose à te montrer. »
« Oui, ça j'ai compris, mais quoi ? » claqua Lily, un peu irritée, mais surtout brûlante de curiosité.
« Je… Il faut que tu viennes la voir par toi-même. »
« La voir ? »
« Viens ! »
Et, avant qu'elle ait eu le temps de réagir, James s'était emparé de sa main et la guidait à travers la foule.
Lily savait qu'elle aurait du lui hurler de la lâcher, qu'elle était assez grande pour se débrouiller toute seule, qu'il n'avait pas le droit de la toucher et que, par Merlin, qu'est-ce que les gens allaient dire en la voyant ainsi ? Mais à chaque fois qu'elle vouait ouvrir la bouche, ses paroles semblaient comme fondre sur sa langue, franchissant ses lèvres dans un orchestre de balbutiements inintelligibles.
Où était passé la verve légendaire de Lily Evans ? Tout le monde se le demandait… Y compris elle-même.
Ce ne fut que cinq bonnes minutes plus tard qu'il lâcha enfin sa main, provoquant chez elle à la fois une vague de soulagement (pour ne plus se rendre ridicule à balbutier tout le temps) mais aussi une certaine déception. Sa main était chaude, autour de la sienne, et Lily avait la soudaine impression qu'on avait plongé sa paume dans de la neige éternelle, maintenant éseulée.
« Heu… Lily ? »
« Hein ? Oh… Pardon, j'étais dans la lune… »
Et voilà qu'elle piquait un far, maintenant. Ben voyons !
Et James semblait l'avoir remarqué, de toute évidence, parce qu'il la regardait d'une étrange manière…
A moins que son expression bizarre fut causée par la présence de cette femme, devant eux, avec ces traits étrangement familiers…
Et ce fut à ce moment que Lily faillit s'étrangler.
« Qu… Mais… Comment… Hein ?! » fut son très intelligent commentaire.
« Heu, Mrs Griffith, je vous présente Lily. »
« Enchantée. » fit la femme en tendant sa main droite à Lily, l'air tout aussi subjugué que la rousse.
Ses traits lui étaient familiers, et pour cause : c'était ceux qu'elle apercevait à chaque fois qu'elle se regardait dans un miroir. Ses yeux étaient d'un bleu pâle, ses cheveux d'un brun foncé, mais il y avait quelque chose dans son visage qui lui rappelait indubitablement ses propres traits. La jeune femme avait les mêmes yeux en amande, les mêmes pommettes hautes et la même courbe du visage que Lily.
La jeune Gryffondor resta sans voix quelques secondes.
« C'est hallucinant, n'est-ce pas ? » fit James, véritablement amusé par la situation.
« Plus qu'hallucinant. » ajouta la femme, penchant la tête pour mieux scruter le visage de la jeune fille avant de lui tendre sa main droite. « Enchantée, je suis Susan Griffith. Lily, c'est ça ? »
La rousse hocha lentement la tête, toujours subjuguée, et serra sa main par automatisme.
« Hé bien… Si on m'avait dit un jour que je rencontrerais mon sosie à Poudlard… » fit la jeune femme, l'air ailleurs.
« Vous étiez élève ici ? » demanda Lily, regrettant aussitôt vu la stupidité de la question.
Mais la femme ne sembla pas s'en rendre compte, puisqu'elle eut un sourire aimable – un peu nostalgique, peut-être.
« Oui, j'étais à Serdaigle. »
« Et aucun professeur ne vous a fait la remarque ? »
« En ce qui concerne ma ressemblance avec Lily ? Non… Mais je crois qu'ils auraient du mal. A part le professeur Dumbledore, aucun des professeurs actuels n'était en fonction à l'époque où j'y étais… Le professeur McGonagall n'enseigne que depuis une dizaine d'années, et les autres n'étaient pas dans la même année que moi. Je pense que le seul à se souvenir de moi, ici, c'est Roy Fulton. »
« Fulton ? » répéta James, incrédule.
La jeune femme hocha la tête. « Oui… Il devait avoir un an de plus que moi à l'école, et il était à Serdaigle, lui aussi. Il m'a harcelé pour sortir avec lui pendant trois années entières avant de partir de l'école. J'ai été vraiment soulagée de ne plus voir sa tête tous les matins en descendant dans la salle commune… Quel crétin… »
Et, sans prévenir, James éclata de rire.
« Voilà ton explication, Lily ! » s'écria-t-il, un sourire jusqu'aux oreilles. « Voilà pourquoi il n'a jamais su t'encadrer ! Tu ressembles à la fille qui l'a rejeté pendant sa jeunesse ! »
« Il ne t'aime pas ? » demanda la jeune femme à la rousse.
Lily secoua la tête. « Il est infecte avec moi depuis ma première année, et je n'ai jamais compris pourquoi. »
Mrs Griffith leva les yeux au ciel.
« Hé bien, tu as ta réponse, maintenant. Ca ne m'étonne pas de lui. A l'époque, il était boutonneux et assez complexé, et pour se valoriser, il se vantait et était des plus désagréables avec ses cadets. Je lui avais tapé dans l'œil, mais malheureusement pour lui, il n'a jamais su comment s'y prendre avec les femmes… Et visiblement, il ne s'est pas amélioré avec les années. » finit-elle en coulant un regard amusé vers le professeur, qui jouait le loup solitaire dans un coin de la Grande Salle.
James éclata à nouveau de rire, et Lily ne put s'empêcher de le suivre. Elle remarqua ensuite un mouvement sur sa droite, et réalisa que les préfets étaient en train d'installer la piste de danse. Une musique lente et mélancolique commença à jouer et plusieurs couples enthousiastes s'élançaient déjà sur la piste.
« Bon, je vais vous laisser, les tourtereaux, mon vrai mari m'attend avec une coupe de champagne un peu plus loin. » La jeune femme les salua d'un signe de main, tout sourire. « Ravie de t'avoir rencontrée, Lily, j'espère qu'on se reverra, et merci à ton ami pour avoir su ouvrir l'œil et le bon. Faites de la vie de Roy un enfer… mais d'abord, profitez de la soirée, et filez danser ! »
Elle leur fit un clin d'œil puis les laissa plantés là, légèrement sonnés.
« Merci. » fit Lily au bout de quelques secondes de silence.
« Pour quoi ? »
« Pour m'avoir permis de résoudre ce qui sera probablement le plus grand mystère de toute ma courte vie : pourquoi Fulton ne pouvait pas me voir en peinture. »
« Oh… Mais c'est tout naturel, voyons. » répondit le jeune homme avec un petite révérence.
Lily lui adressa un faible sourire, mais la perspective de se retrouver seule avec James Potter à côté d'une piste de danse la rendait nerveuse. Allait-il… ?
« Tuveuxdanser ? » demanda rapidement le jeune homme, trébuchant sur chaque mot.
« Heu… oui, d'accord. »
A nouveau, il prit sa main dans la sienne, et Lily sentit une douce chaleur s'emparer d'elle. Elle était sûre qu'on aurait pu faire griller des marshmallows sur ses joues…
Arrivés sur la piste, elle se planta raide comme un piquet, complètement tétanisée. Il lui semblait alors que le soir du bal, où elle avait dansé avec lui, était très, mais alors très loin. Où était passé son self-contrôle habituel ? Ce n'était qu'une danse, elle ne devait pas se mettre dans des états pareils, elle devait se montrer ferme et dure, elle devait lui faire comprendre que ça ne voulait rien dire, elle ne devait pas…
Mais ses bonnes (ou mauvaises, tout dépendait du point de vue) résolutions semblèrent fondre comme neige au soleil au moment où elle sentit les bras puissants de James enserrer sa taille avec délicatesse mais fermeté. Lily entoura maladroitement ses propres bras autour des épaules du jeune homme, une drôle de boule au creux du ventre.
Elle pouvait sentir son parfum, à travers ses vêtements. Non, pas son parfum, son odeur – l'odeur de la malice, de la joie de vivre, cette odeur propre aux jeunes hommes pleins de fougue, mais aussi… l'odeur de la sécurité. Peut-être que oui, finalement, son subconscient était corrompu, car elle avait intégré cette odeur comme une odeur rassurante. Que si elle venait à lui frôler les narines, alors elle n'avait rien à craindre. Et cette révélation la confortait autant qu'elle lui faisait peur.
Elle sentit malgré elle ses bras raffermir leur prise autour du cou du jeune homme, et lui, de son côté, enfouir son nez dans ses cheveux. Elle pouvait sentir son souffle dans son cou, cette chaleur qui semblait émaner de lui, et elle s'enivrait de l'odeur du creux de son épaule.
Elle était si bien, à cet instant, qu'elle sentit ses jambes se dérober sous elle, comme incapables de soutenir plus longtemps le poids de ses craintes informulées. James dut remarquer qu'elle lui échappait, car il raffermit sa prise autour de sa taille, pressant son corps contre le sien, et elle sentit ses propres mains s'accrocher aux vêtements du jeune homme comme à une bouée de sauvetage.
« Hey. » fit-il doucement dans son oreille. « Si tu tombes, Lil, je suis là pour te rattraper. »
« Je sais. » murmura Lily en retour, incapable de penser à une réponse plus appropriée.
Oh, oui, elle savait qu'il serait là… Enfin, elle venait de s'en rendre compte.
Elle ne savait pas depuis combien de temps ils étaient là, enlacés sur la piste, et tout compte fait, elle n'avait peut-être pas envie de le savoir. Si elle se préoccupait du temps qui passe, il finirait par les rattraper… Et elle ne voulait pas que ça arrive.
« Lily, regarde… » chuchota soudain James à son oreille.
« Quoi ? »
« A ta gauche…»
Lily tourna légèrement la tête, cherchant du regard ce que James désignait. Et soudain, elle les vit : tendrement enlacés, Remus tenait Nawei contre son torse, la petite ne lui arrivant qu'à la poitrine, et caressait doucement ses cheveux.
« Tu crois… Tu crois que c'est officiel, pour eux deux ? » demanda-t-elle.
« Je ne sais pas… J'espère. On verra à la fin de la soirée ce que ça dit… »
Lily reposa sa tête contre son épaule, avant d'avoir un petit rire.
« Et on dirait que Nawei et Remus ne sont pas les seuls à avoir pris les choses en mains… Regarde Peter et Poppy, à ta droite. »
« Waouw. Je ne m'attendais pas à ça de sa part. » fit James.
« De la part de qui, Peter ou Poppy ? » demanda Lily.
« Heu… Des deux, en fait. C'est assez inattendu… »
« En effet. Alors, Sirius devrait lui aussi être en train de danser… »
Mais elle sentit James secouer la tête au-dessus d'elle. « Non, regarde, il est assis. »
Lily jeta un regard vers le fond de la salle et remarqua aussitôt Sirius, qui, le regard fixe, semblait contempler les danseurs sans vraiment les voir. Plusieurs fois, Lily crut voir ses yeux suivre les mouvements lents de Remus et Nawei, s'attardant quelques secondes sur le couple avant de chercher James et Lily, ainsi que Peter et Poppy.
« C'est étonnant. » fit Lily. Et Kim a tort, une fois de plus.
« Je ne sais pas. Il est encore un peu secoué, je crois… Quand je lui ai demandé, l'autre fois, pourquoi il ne sortait avec aucune fille, il m'a répondu qu'il était toujours en cure de désintoxication. »
Lily laissa échapper un petit rire. « C'est bien Sirius, ça… Pourtant, il ne s'est pas privé de danser avec la moitié de la gent féminine de Poudlard, au bal d'Halloween, non ? En tout bien tout honneur, je veux dire. » ajouta-t-elle en réalisant que ses propos pouvaient être mal interprétés. « Une danse n'est qu'une danse. Ce… Ca ne veut rien dire. »
Et rien, à cet instant, n'aurait put lui faire plus regretter ses paroles que le regard blessé et déçu que lui lança James.
« Oui, tu as raison. Une danse n'est qu'une danse. »
Parfois, il arrivait à Lily de parler sans réfléchir.
Et souvent, elle le regrettait…
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« Nana ! J'exige des explications ! »
« Pardon ? »
La petite asiatique regarda Kim en clignant plusieurs fois des yeux.
« Ne fais pas l'innocente, ma chère. » susurra la grande fille en se penchant vers Nawei et la dardant de ses yeux légèrement plissés. « Vous vous êtes embrassés, tout le monde l'a vu. Tu croyais pouvoir cacher ça à Tata Kim et emporter ton secret dans la tombe ? Hé bien non, tu es démasquée, vile traîtresse ! »
Nawei vira au rose crevette, mais c'était au tour de Lily de s'offusquer.
« Vous vous êtes embrassés ? Mais… Comment j'ai pu rater ça ! »
« Peut-être parce que tu étais trop occupée à dévorer ton charmant partenaire du regard, mmmhhh ? » glissa Kim avec un sourcil haussé.
Lily se sentit piquer un far, mais elle fit de son mieux pour garder contenance. La honte cuisante qu'elle avait ressentie après leur dernier échange verbal, à elle et James, était encore trop présente dans sa mémoire.
« Alors comme ça, Remus t'a embrassée… » fit-elle à Nawei, dans une lamentable tentative de diversion discrète.
Du coin de l'œil, elle vit Kim rouler des yeux, mais n'en avait cure. Elle s'était fixée pour objectif se focaliser sur la crevette rougissante à sa gauche.
« Hé bien… » commença d'une toute petite voix la crevette en question, mais fut coupée par Kim.
« Ce n'est pas tout à fait ça. Pour être exacte, c'est elle qui l'a embrassé. »
Lily poussa une exclamation.
« Comment ? C'est vrai ? »
La petite, mortifiée, hocha simplement la tête. Elle semblait ne pas savoir se décider entre honte et fierté pour quelque chose d'aussi contraire à sa nature.
« Oh, Merlin ! » s'exclama Lily avant de planter un baiser sonore sur chacune des joues brûlantes de la petite. « Nawei, tu es grandiose ! »
« Et une vile traîtresse, aussi. » ajouta Kim, en grande rancunière qu'elle était. « Madame est revenue vers moi comme si de rien n'était. Je parie qu'elle n'avait même pas l'intention de nous en faire part, Lily. »
« Bien sûr que si ! » protesta Nawei, les sourcils froncés. « Je voulais juste attendre le bon moment… »
« Voyez-vous ça. » fit Kim avec un air faussement indigné. « Vous me poignardez en plein cœur, là, très chère. »
« Et il embrasse bien ? » demanda une voix derrière elles.
Toutes trois sursautèrent, mais lâchèrent aussitôt un soupir de soulagement.
« Depuis combien de temps tu es là ? » demanda nerveusement Nawei.
« Depuis assez longtemps pour savoir qu'il y a matière à chantage en ce qui te concerne. » fit Poppy, les yeux pétillants.
Nawei eut l'air assez inquiet pendant un instant, mais Poppy la rassura d'un large sourire.
« Ne t'inquiète pas, voyons. J'emporterai ton secret dans la tombe. » assura-t-elle.
« Et j'espère pour toi que les trois quarts des invités vont faire pareil, Nawette. » fit Kim.
Lily et Poppy eurent un petit rire, mais Nawei n'avait pas l'air de trouver la plaisanterie très drôle.
« Tu n'as pas répondu à ma question… » enchaîna aussitôt Poppy. « Il embrasse bien ? »
« Poppy ! » s'exclama Nawei, outrée, alors que son teint passait lentement mais sûrement du rose crevette au rouge homard.
Mais Kim poussa un profond soupir. « Ne nous dis pas que tu ne t'y attendais pas, Nana. On a fait le même coup à Lily en début d'année. »
« Ouais, ma grande, chacune son tour. » fit la rousse avec un sourire faussement désolé.
« Mais ce n'est pas du tout pareil. » protesta Nawei, rouge écrevisse. « Je veux dire… Enfin, tu n'étais pas amoureuse d'Adrian… si ? »
La question prit tellement Lily au dépourvu qu'elle se sentit automatiquement secouer la tête. « Non. » souffla-t-elle après un instant de réflexion. « Non, tu as raison, Nana. Je n'étais pas amoureuse de lui. »
Peut-être ne s'en rendait-elle pas compte, mais Nawei venait d'achever à la hache une branche de l'arbre des certitudes de la rousse. Et bizarrement, Lily se sentait plus légère de ce poids en moins…
« Alors ? »
« Alors quoi ? » répondit Nawei.
« N'espère pas échapper à la question aussi facilement ! » gronda Kim. « Il embrasse bien ou pas, ce Lupin ? »
« Mais… Il… Je ne sais pas… »
Kim poussa une exclamation étouffée. « Tu ne sais pas ? Tu veux dire qu'il n'a pas répondu à ton baiser ? »
Lily avait de plus en plus de mal à trouver des crustacés pour décrire le teint de la petite.
« Si ! Enfin, pas au début… Mais après oui… »
« Tu l'as pris par surprise, c'est compréhensible… » fit pensivement Poppy. « Enfin, il aurait pu se montrer un peu plus alerte, tout de même, il y avait une forte probabilité pour que ça arrive… »
« Le pauvre ! Elle s'est jetée sur lui comme une affamée, je l'ai vue ! » commenta Kim en pointant un doigt accusateur vers la petite.
Mais Nawei, qui semblait avoir repris une couleur décente, asséna à Kim une petite tape sur la tête.
« Tu es intenable, Kim. » fut son seul commentaire.
« Heu… Enfin, ce n'est pas que ta passionnante vie amoureuse ne m'intéresse pas, Nawei, loin de là, mais je venais vous voir pour vous passer un message de la part des Maraudeurs. »
« Qui est… ? » fit prudemment Kim.
Poppy se racla la gorge et prit un ton solennel.
« Rendez-vous à 23h37 où vous savez. Faites vous discrètes, filez à travers les couloirs de Poudlard comme des Kneazles dans la nuit. Ah, et rapportez de la meringue s'il en reste. »
« Je ne me mouille pas beaucoup en pariant que la dernière phrase était de Sirius. » fit Lily en roulant des yeux.
« Tout juste, Auguste. » répondit Poppy avec un large sourire.
« Il est presque onze heures et demie. » dit Nawei en jetant un coup d'œil à sa montre. « On y va maintenant ? Le temps qu'on arrive là-bas… »
« Pressée d'aller retrouver un certain quelqu'un ? » susurra Kim en haussant un sourcil suggestif.
Nawei lui ficha un coup de coude dans les côtes et Kim réprima un cri de douleur.
« Oui, on peut y aller maintenant. » dit Poppy. « Juste le temps de faire un détour par le buffet, histoire de chiper quelques meringues… »
« Oui, et puis nous aurons tout le temps de disserter sur les meeeeeeeeeerveilleux baisers de Remus Lupin… Outch ! »
Kim adressa un regard courroucé à la petite, mais cette dernière lui répondit par un sourire rayonnant.
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Evidemment, Sirius n'aurait pas pu prévoir, au moment où il écoutait docilement les ordres de son estomac désespéré, qu'il venait d'une certaine manière de précipiter les événements.
C'est essoufflées et plus rouges que jamais que les filles firent leur apparition dans le QG des Maraudeurs ce soir-là.
« On a… trouvé… quelque chose ! » s'exclama Poppy.
« Vous êtes en retard. » fit sévèrement James. « Nous avions dit 23h37. Il est presque minuit. Qu'est-ce qui vous a retenues ? »
« Justement ! » cria Lily avant de s'arrêter pour reprendre son souffle. « Sirius voulait de la meringue… »
« … alors on est allées près du buffet… » continua Poppy.
« … et on est tombées sur une bande d'adultes… » poursuivit Kim.
« … qui avaient une conversation très sérieuse sur Vous-Savez-Qui. »
« Ils veulent les enfants ! » s'exclama soudain Lily, qui n'en pouvait plus de faire durer le suspense.
« Quoi ? » fit Sirius, l'air très perplexe.
« Les adultes, c'étaient des agents du Ministère. Il y avait tes parents parmi eux, James. » continua Lily.
« On s'était cachées sous la table pour récupérer discrètement les meringues. » expliqua Poppy.
« Et on les a entendu parler. Ils n'ont pas remarqué qu'on était à leurs pieds… »
« Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire d'enfants ? » demanda Remus, perplexe.
Mais James fit un geste de la main. « Attends, Moony, je pense qu'il vaut mieux les faire asseoir avant qu'elle ne nous fassent un crise d'apoplexie. »
« Merci… » murmura faiblement Lily alors qu'elle s'installait à côté de Sirius.
Elle avait hésité à prendre la place libre à côté de James, et ne savait toujours pas si son choix était le bon. Mais quand elle vit Nawei s'asseoir entre James et Remus, elle se dit que finalement, elle avait peut-être bien fait. A côté d'elle, Sirius se cala un peu plus dans son fauteuil, l'air maussade.
« Très bien. » fit James, qui comme à son habitude prenait les choses en mains. « Racontez nous ce que vous avez entendu – et une à la fois, s'il vous plait. »
Les filles s'entre-regardèrent. Voyant qu'aucune d'entre elles ne semblaient vouloir se lancer, Lily prit une grande inspiration.
« On a surpris les agents du ministère parler de l'arrestation de Gary Lynch. » commença-t-elle. « Alors on a tendu l'oreille, parce qu'on pensait qu'ils pourraient en venir à parler de Jamie. Mais au lieu de ça, ta mère a mentionné une chose, James. Des menaces successives qu'ils ont reçues, elle et ton père, depuis cet été. »
James semblait abasourdi. « Comment ? Je n'ai jamais entendu parler de menaces ! »
« Pourtant, il semblerait que la plupart des personnes influentes au Ministère en aient reçues. » intervint Nawei.
« Quel genre de menaces ? » demanda prudemment Remus.
« Dirigées contre leurs enfants. » répondit Lily. « Molly et Arthur Weasley en ont aussi reçues cet été, tu te souviens, James ? C'est sûrement pour ça qu'ils ne t'ont pas mis dans la confidence. »
« C'est ridicule. » lâcha Sirius. « Si ces menaces étaient vraiment dirigées vers James, ses parents lui en auraient fait part, j'en suis certain. »
« Pas si ils savent qu'il est en sécurité ici à Poudlard, et qu'ils ne veulent pas l'alarmer pour rien. » suggéra Remus.
« Si les enfants sont pris pour cible, Dumbledore est certainement au courant. » approuva Poppy.
« Cible ? » répéta Sirius. « Je pensaient qu'ils n'étaient que des moyens de pression pour faire céder les parents. »
Les filles se turent un instant, gesticulant inconfortablement.
« Tu te souviens du double meurtre d'Evander Graham et de sa femme, il y a quelques semaines ? » lui demanda Nawei. Sirius et les autres acquiescèrent. « Leurs deux enfants ont disparu. De toute évidence, ce n'est pas la première fois que les parents sont laissés pour morts et que les enfants sont enlevés. »
« Mais pourquoi ? » s'exclama James, qui semblait déconcerté. « Dans quel but ? Des enfants… A quoi peuvent-ils leur servir, si leurs parents sont morts ? Ils ne constituent plus aucun moyen de pression ! »
« Non, mais ils sont de potentiels futurs Mangemorts. » fit Sirius d'un air sombre. Tout le monde se tourna vers lui, silencieux. Voyant que tout le monde s'attendait à ce qu'il s'explique, il poussa un profond soupir. « Un petit lavage de cerveau, quelques sortilèges douteux, un endoctrinement de choc pendant plusieurs mois et ils peuvent en faire ce qu'ils veulent. Des machines à tuer, s'ils en ont besoin. »
« Mais… Ils ont tué leurs parents ! » fit Poppy, pâle comme la mort. « Un enfant ne peut pas oublier ça… si ? »
Mais Remus secoua la tête. « Il a raison. » fit-il. « A cet âge, ils sont terriblement malléables. Pus ont les prend jeunes, mieux c'est. Il y a moyen de leur faire croire n'importe quoi… Ils peuvent même leur faire endosser la culpabilité de la mort de leurs parents. »
Il avait parlé calmement, mais Lily avait décelé une certaine amertume dans sa voix qui la déstabilisa quelque peu. Et, de toute évidence, ça n'était pas passé inaperçu pour Nawei et Sirius non plus.
Plus personne ne parla pendant quelques secondes. Tous regardaient dans le vide, légèrement choqué, et passablement effrayés.
« Ils ont renforcé les mesures de sécurité. » fit soudain remarquer Kim d'un air sombre. « Je n'ai pas pu faire entrer mon oncle à l'intérieur de la salle commune, on avait donné l'ordre à la Grosse Dame de ne laisser entrer que les élèves et les directeurs de maisons. J'ai du demander à Jamie de sortir pour qu'elle puisse lui parler. »
« Et nous avons entendu Darwin et Stavenski se disputer à propos de la sortie à Pré-au-Lard de samedi prochain. » ajouta James. « Normalement, les élèves de 5ème, 6ème et 7ème sont autorisés à rester jusque minuit, pour assister au feu d'artifice. Mais Darwin disait que c'était trop dangereux, et qu'il valait mieux tout annuler. »
« Stavenski n'était pas d'accord, et elle lui a demandé pourquoi il tenait tant à annuler cette sortie alors qu'il ne s'était pas autant inquiété de la première. » poursuivit Remus. « Il lui a reproché de ne pas s'investir assez dans la sécurité des élèves. »
« D'après lui, elle oublie de faire ses rondes de temps à autres. » mentionna Peter.
« Il a ajouté un truc du genre « Ils sont tous a égalité, il est interdit de faire du favoritisme. » » continua James.
Lily fronça les sourcils. « Du favoritisme ? Vous croyez qu'il parlait de Mary ? »
« C'est possible, elle traîne souvent dans son bureau. » fit James.
« Et comment tu sais ça ? » demanda Lily, perplexe.
« Heu… » Le jeune homme sembla hésiter un instant. Il jeta un regard aux autres Maraudeurs, cherchant visiblement un quelconque soutient, et Lily vit Remus hocher légèrement la tête. « Hé bien, grâce à ça. »
James extirpa précautionneusement une sorte de vieux parchemin jauni de sa poche.
« La Carte ! » s'exclama Poppy. « Bien sûr ! »
Lily ne put s'empêcher de se sentir vaguement irritée de savoir que Poppy connaissait l'existence de cette Carte et pas elle. C'était stupide, elle savait très bien que la jeune fille trainait bien plus souvent qu'elle avec les Maraudeurs et qu'elle avait donc probablement gagné leur confiance, mais elle ne pouvait pas nier la pointe de jalousie qui taquinait ses entrailles alors qu'elle voyait James adresser un sourire complice à Poppy.
« C'est quoi, ce truc ? » demanda Kim d'un ton traînant.
« Ce truc, comme tu le dis si bien, est le secret de notre réussite, ma Furie. » fit Sirius d'un ton exagérément courtois.
« C'est une carte détaillée de Poudlard. » expliqua Remus à Nawei. « On a mis presque deux ans à l'élaborer, mais c'est sans regret. »
« Elle couvre tous les recoins de Poudlard, des cachots jusqu'à la tour Ouest, en passant par les passages secrets et les salles cachées. » fit fièrement James. « Et en plus de ça, elle repère les personnes qui se trouvent à l'intérieur du château, indique leur nom et leur emplacement exacts. »
« C'est stupéfiant. » fit Lily, qui s'était levée pour examiner l'objet de plus près. Elle adressa un regard impressionné à James, qui lui répondit par un sourire timide qu'elle lui avait rarement vu. (Elle fit d'ailleurs de son mieux pour ignorer la colonie de papillons qui semblaient avoir envahi son ventre.)
La rousse laissa son regard se balader sur la Carte, subjuguée. Elle pouvait voir un nombre inquiétant de petits points se concentrer dans la Grande Salle, mais ce qui attira le plus son regard fut les noms qui apparaissaient un peu à l'écart, principalement dans le Hall et sur le perron du château. Il y avait Leanne et Russel Preston entourés de Tobey Darwin, les sœurs Stavenski et Mary. Un peu à l'écart se trouvaient le professeur McGonagall et Dumbledore, et dehors, sur les marches de pierre, elle pouvait lire « Evan Cygnus Rosier » et « Dannie Lysandra Owen »
« On dirait que la grande peste à la langue fourchue a décidé de s'attaquer à quelqu'un de sa propre Maison… » fit remarquer James, les sourcils haussés, puis il releva la tête. « Hey, Padfoot, tu n'as plus rien à craindre, Owen a déjà une autre proie. »
Mais la remarque n'eut pour effet que de rendre Sirius encore plus renfrogné qu'il ne l'était au début de leur réunion. S'il y avait bien une chose dont James manquait cruellement, c'était le tact.
« Et qui c'est ? » demanda Nawei.
« Evan Rosier. » répondit Lily, perplexe. « Etrange de sa part. »
« Surtout qu'il n'a pas arrêté de te fixer de toute la soirée, Lily. » fit Remus, ce qui lui valu quelques regards étonnés.
« C'est vrai ? » demandèrent Lily et James à l'unisson.
Mais il y avait, dans la voix du garçon, une note de profonde irritation qui ne dupa personne.
« Oui, enfin, j'ai vu son regard traîner dans ta direction une ou deux fois pendant la soirée. » répondit précipitamment le jeune Lupin qui, Lily était bien placée pour le savoir, s'arrangeait toujours pour ne pas créer de tension autour de lui.
« Mhhh. » fut le seul commentaire de la rousse, mais l'air passablement maussade de James ne lui échappa pas.
« Il y a un truc qui cloche, dans votre raisonnement. » fit soudain Kim, le regard dans le vide. « S'ils ont vraiment décidé de s'en prendre aux enfants, pourquoi Jamie est-elle toujours en vie ? »
Un silence étrange suivit sa question.
« Ils n'ont de toute évidence pas jugé nécessaire de la tuer, ils l'ont laissée partir sans rien lui faire. »
« Si, un sortilège d'Oubliettes. » objecta Peter.
« Si elle avait vraiment reçu un sortilège du genre, jeté par un sorcier aguerri et certainement Mangemort, elle ne se serait jamais souvenue de Gary Lynch, ni de tout le reste. » fit très justement remarquer Remus. « Ils ne lui ont rien fait. »
« Mais pourquoi ? » fit Kim, la voix tintée d'une froide incompréhension. « Pourquoi est-ce qu'ils ont tué Grand-Mère et n'ont pas touché à Jamie ? »
« La laisser partir était un risque énorme à prendre pour eux, et ce genre d'énergumènes ne sont ni stupides, ni imprudents. » ajouta Nawei.
Tout le monde se tut, plongé dans ses propres réflexions. Au bout d'une minute de silence total et pesant, James finit réagir.
« Bon, ça vous dit, une petite bataille explosive ? Je ne sais pas à quelle heure est fixé le couvre-feu, mais on l'a sûrement loupé, alors autant profiter de la soirée et nous changer les idées avant d'aller nous coucher, non ? »
Tout le monde approuva sa suggestion avec joie – et un certain soulagement, aussi.
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De tous les genres de soirées, c'était probablement celles-ci que Lily préférait : assise au coin du feu, sur une carpette rendue moelleuse et confortable par un sortilège de son cru, les jambes repliées sous elle, et ses amis qui l'entouraient, leurs bavardages légers interrompus par des seuls éclats de rire et des bruits explosion.
Peter affrontait James dans une bataille acharnée et Poppy s'était autoproclamée arbitre de la partie. Lily (qui n'appréciait pas particulièrement que des cartes lui explosent à la figure pour un oui ou pour un non) s'était résignée à observer l'affrontement à une distance respectable. Nawei et Remus (à la joie d'à peu près tout le monde) étaient pelotonnés l'un contre l'autre dans un fauteuil, rougissant à chaque regard furtif que leurs amis leur adressaient.
Kim était partie se coucher (comprendre : retrouver Jonathan) et seul Sirius avait décidé de s'isoler. Etendu de tout son long dans un sofa pourpre, il regardait le plafond comme Pandore contempla tous les maux du monde s'abattre sur la Terre.
Lily s'apprêtait à aller lui parler, mais une fois debout, elle entendit un timide « Toc toc toc » provenant de la fenêtre.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda aussitôt Sirius en se redressant, la baguette déjà dégainée et tous les sens en alerte.
« Calme-toi, Sirius, ce n'est qu'un hibou. » le tranquillisa Lily, qui se dirigea vers la fenêtre contre laquelle la pluie battait.
« Je ne le reconnais pas. » grogna Sirius, la baguette toujours levée.
« C'est un hibou de l'école. » expliqua Lily. « C'est mon grand-père qui me répond. »
Sirius rangea sa baguette mais ne quitta pas l'oiseau du regard pour autant. Lily lui adressa un léger froncement de sourcils, et le garçon regarda ailleurs, le visage vide d'expression.
L'ouverture de la fenêtre souleva une vague de protestation chez les Gryffondor – le vent était particulièrement violent – mais bientôt Lily put se laisser tomber dans le fauteuil à côté de Sirius, les yeux rivés sur la missive.
Ma petite Lily,
Tout d'abord, je te prie d'excuser le retard de ma réponse. J'ai été assez occupé ces temps derniers, et j'ai un peu négligé mon devoir de grand-père… Pour me faire pardonner, j'ai joint une boîte de chocolats (tu peux aisément deviner lesquels).
En ce qui concerne tes inquiétudes vis-à-vis de ce garçon, Adrian, je pense que tu as bien fait. Il m'apparaît clairement que tu l'appréciais, mais que tu n'en étais pas amoureuse. Et, vois-tu, Lily - l'amour a ses raisons que la raison ignore – on ne peut pas se forcer à tomber amoureux. Continuer une relation dont les bases sont précaires afin de ne pas blesser l'autre peut avoir l'effet inverse : lorsque le mur s'écroule, il fait nettement plus de dégâts que s'il en était resté aux fondations.
Lily, ma petite fille, je te connais assez bien pour savoir que ce que tu cherches, tu n'as pas pu le trouver avec ce garçon. Les voies de l'Amour sont impénétrables, et s'il y a bien une chose en quoi nous pouvons avoir confiance, ce sont nos sentiments. Les tiens te poussaient à éviter de le faire souffrir, et et t'ont fait te rendre que tu ne pourrais pas le rendre heureux – et inversement.
Ce n'est ni de ta faute, ni de la sienne – il n'était simplement pas celui qui te ferait perdre pied…
Avec tout mon amour,
Grand-Père Harry.
Lily posa lentement la lettre sur ses genoux, le regard dans le vide.
Il n'était simplement pas celui qui te ferait perdre pied…
Cette phrase – qui semblait résonner encore et encore dans sa tête – la remuait beaucoup plus qu'elle ne l'aurait dû. Voilà probablement ce qui caractérisait le plus son grand-père : il écrivait une longue lettre rassurante, et puis gâchait tous ses efforts en ajoutant une phrase déstabilisante.
Et puis, il y avait les chocolats. Lily n'en avait plus mangé depuis plusieurs années, lorsque son grand-père l'emmenait à Londres visiter des musées, aller au cinéma ou faire les boutiques et qu'ils finissaient toujours leur visite par une pause chocolat chaud dans une crêperie-chocolaterie. C'était ne quelque sorte devenu leur repère, et ils y achetaient toujours une boîte de pralines en souvenir. (NdA : Je ne suis pas certaine, mais je pense que « praline » est un mot typiquement belge… Si c'est le cas, il veut simplement dire chocolats :-)
Mais cette époque était révolue - Lily grandissant, leurs petites escapades dans la capitales s'étaient faites moins fréquentes, et si Lily s'était bien gardée de demander pourquoi ils ne s'y rendaient plus, elle ne s'était pas pour autant privée de mener sa petite enquête.
Une petite fouille dans les albums photos de son père lui avait donné un élément de réponse : elle était tombée sur une photo représentant son grand-père et sa grand-mère, assis à l'intérieur de la crêperie-chocolaterie (bien moins moderne). Les deux protagonistes ne semblaient pas se rendre compte qu'ils étaient victimes d'un paparazzi, car ils se souriaient tendrement, les yeux dans les yeux, inconscients du reste du monde. Lily avait trouvé cette photo tellement belle, tellement puissante malgré sa simplicité, qu'elle l'avait chipée et enfermée dans sa boîte à trésors.
La rousse jeta un coup d'œil à la boîte qui accompagnait la missive. Elle reconnaissait aisément le ruban bariolé et le rouge tape-à-l'œil, si caractéristiques du petit commerce. Grand-Père Harry s'était-il donc déplacé jusqu'à Londres pour lui acheter ces chocolats, et ce rien que pour se faire pardonner du retard d'une lettre ?
Ca lui semblait assez étrange de sa part, mais après tout, son grand-père avait toujours été un peu marginal. Haussant les épaules, elle ouvrit le paquet et en proposa à tout le monde.
« C'est de qui ? » demanda innocemment James.
« De mon Grand-Père. Les meilleurs chocolats du pays. » fit fièrement Lily avant de fourrer une praline dans sa bouche.
Elle tendit la boîte à Sirius, qui, après un temps de réflexion, hocha négativement la tête.
Elle lui fit de grands yeux.
« Sirius Black, refuser de la nourriture ! Estime-toi heureux que je sois la seule à avoir vu ce que je viens de voir, j'en connais qui te cuisineraient toute la soirée pour moins que ça. » murmura-t-elle en se penchant vers lui, profitant de l'inattention des autres (Peter venait de faire exploser la moitié du jeu par maladresse et subissait les remontrances de James et les éclats de rire de Poppy).
Le jeune Black haussa un gracieux sourcil. « Parce que toi, tu ne vas pas me cuisiner peut-être ? » demanda-t-il sur le même ton.
La jeune fille lui adressa un sourire innocent. « Je n'en avais pas l'intention, voyons. »
« Tu me fais trop penser à James, quand tu fais ça. » fut le seul commentaire du garçon, agrémenté d'un large sourire.
Lily jugea préférable de se taire.
Quelques minutes (et une demi-douzaine de chocolats) plus tard, cependant, Sirius était de nouveau devenu taciturne. Sa mine sombre et fermée montrait clairement qu'il n'était pas enclin au dialogue, mais il y avait quelque chose dans ses yeux – un regard étrange fixé sur Nawei et Remus, en face de lui – qui lui disait qu'il y avait peut-être une ouverture.
« Ils sont mignons, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle prudemment.
« Hein ? Oh, oui… »
« T'as pas l'air très convaincu. » glissa Lily, et elle vit le jeune homme lui adresser un regard nerveux avant de reporter son attention sur la bataille explosive.
« C'est pas ça… Ils… C'est juste que je ne m'y attendais pas. » fit-il sur le ton de la confidence.
Lily lui jeta un regard surpris. « C'était évident, pourtant. »
Le jeune Black secoua la tête, faisant danser ses cheveux sombres et soyeux à la lueur du feu. « Oh, oui, c'est vrai qu'on taquine Remus avec ça depuis des années. C'est juste que… Je sais pas, ça me fait tout drôle de les voir ensemble. » Il haussa les épaules. « Je finirai sûrement par m'y faire. »
Lily lui adressa un regard confus, et il s'empressa d'ajouter : « Mais je suis content pour eux, hein. Remus est un de mes meilleurs amis, je suis content qu'il ait enfin trouvé quelqu'un. »
Il détourna le regard, évitant le sien, et un silence s'installa entre eux. Lily l'observa un moment, poussa un léger soupir puis sourit. Ses dernières paroles venaient d'éclairer sa lanterne.
« Toi aussi, tu trouveras quelqu'un, Sirius. » fit-elle doucement, posant sa main sur son épaule.
Le garçon tourna vivement la tête vers elle.
« Quoi ? Oh… Oui, je suppose. »
« Et moi j'en suis sûre. »
La rousse serra un moment le bras du jeune Black, puis enleva sa main et reporta son attention sur le bataille.
James venait de perdre et avait les cheveux en pétard et le visage couvert de suie. Il adressa à Lily un regard gêné, auquel elle répondit par un sourire amusé.
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Le retour vers la tour Gryffondor se passa sans encombre – du moins, il ne se passa rien de trop compromettant avant qu'ils n'entrent dans la salle commune.
Ce ne fut que lorsqu'ils se retrouvèrent à chuchoter, étouffer leurs rires, se marcher sur les pieds ou trébucher sur les fauteuils dans la salle mal éclairée que tout commença à déraper.
« Espèce d'idiot ! C'était mon pied ! »
« T'as qu'à regarder où tu marches ! »
« Il fait noir, Peter. » fit remarquer Remus avec une note d'amusement dans la voix.
« Ben il fait noir pour tout le monde ! »
« Avoir gagné cette fichue partie ne te donne pas le droit de crâner comme ça ! »
« James, là tu es mauvais joueur. »
« Quoi ? Mais c'est n'importe quoi ! Et puis d'abord, il a triché ! »
« N'importe quoi ! Non mais vous entendez ça ? »
Lily perdit un peu le fil de la conversation, essayant de se concentrer sur son propre trajet à l'aveuglette. Bien mal lui en prit : elle remarqua à peine que les garçons s'éteint mis à se battre gentiment à ses pieds, et qu'ils touchaient à peu près tout ce qui se trouvaient sur le passage – Lily y compris.
Bientôt, elle fut noyée dans un océan de bras et de jambes, de « Tu vas mourir, Peter ! », d'éclats de rire, de cris de douleur à demi étouffés, de chuchotements et de bruits de pas précipités.
Et puis, plus rien. Silence radio.
Elle sentait encore bien que sa main agrippait un vêtement, mais elle aurait été bien en mal de dire à qui le dit-vêtement appartenait.
« Qu'est-ce qui… Oh et puis zut ! »
Elle sortit sa baguette, murmura un fébrile « Lumos ! » … et se dit que tout compte fait, elle aurait peut-être mieux fait de laisser sa baguette dans sa poche. Parce que le vêtement qu'elle tenait en main n'était autre que la manche de James Potter – qui, à l'instant présent, la regardait avec des yeux exorbités.
« Lily ? Mais, heu… Où sont tous les autres ? »
Bonne question… Horrifiée, Lily jeta un regard autour d'elle et vit qu'ils étaient seuls – totalement, désespérément et effroyablement seuls. Son cœur s'emballa subitement, et elle eut soudain tellement chaud qu'elle aurait bien pris un bain de minuit dans le lac histoire de se rafraîchir (le corps et l'esprit, parce qu'à ce moment, l'un n'était pas là pour rattraper l'autre).
« Heu… » fit bêtement James, qui, à la lueur de sa baguette, avait pris une jolie teinte rouge écrevisse.
« Les autres sont sûrement déjà montés. On ferait mieux de… »
« Oui. » approuva James avec un vigoureux hochement de tête. Puis il jeta à la rousse un drôle de regard. « Heu… Lily ? »
« Mmmmh ? »
« Heu… Tu… Ma manche… »
« Oh ! » s'exclama la jeune fille avant de lâcher précipitamment le vêtement, les joues en feu.
Silence gêné.
« Bon, ben… Bonne nuit. » finit par marmonner le garçon, tournant les talons.
Mais Lily se saisit à nouveau de sa manche. « James, attends ! »
« Quoi ? » demanda-t-il, et il était à nouveau devant elle, vif comme l'éclair.
« Je… Heu… »
Voilà ce qui arrive lorsqu'on rappelle les gens sans avoir quelque chose d'intelligent à leur dire. Bravo, Lily… T'as plus qu'à faire marcher ton imagination…
« Je… Enfin, tu… Tu as de la suie sur le visage ! »
Oui, bien, bon début !
James la dévisagea, l'air légèrement déçu. « Oh. Oui, heu, Peter a… »
« Gagné la partie, oui, je sais. » le coupa Lily. « Mais, tu comprends, James, je ne pouvais pas te laisser monter dans cet état, parce que tel que je te connais tu allais t'effondrer dans ton lit en oubliant complètement l'état de ton visage, et tu allais salir tous tes draps, et Peter se serait fait une joie de te le rappeler à ton réveil, et au petit déjeuner, et en cours de métamorphose, et au dîner, et ainsi de suite jusqu'à ce que tu l'enchaînes au Saule Cogneur pendant toute une nuit avant de le jeter en pâture au calamar géant, et je préfèrerais éviter ça. »
Non ! Pas cette imagination-là ! Lily se ficha une énorme baffe mentale. Oh non… Ne me dites pas que j'ai dit ce que je viens de dire…
« Heu… D'accord. »
…Si, j'ai vraiment dit ça. Mais quelle idiote !
« Oui, enfin, je pense que je devrais t'arranger un peu avant que tu ailles te coucher, j'aurais certainement la conscience plus tranquille. »
Cette fois, James eut un léger sourire. « Heu, à vrai dire, moi aussi. Je n'aimerais pas trop avoir la mort de Peter sur ma conscience. »
Lily eut un petit rire nerveux, et elle fouilla dans sa poche à la recherche d'un mouchoir propre. Elle hésita une, deux, trois secondes, puis se rapprocha du garçon et entreprit d'essuyer la suite qui couvrait son visage. James avait l'air tout autant mortifié qu'elle et se laissait faire, droit comme un « i », si bien que Lily devait se lever sur la pointe des pieds pour atteindre son front.
« Voilà… C'est déjà mieux comme ça. »
Elle recula d'un pas, comme pour admirer son œuvre, et adressa un nouveau sourire nerveux à James.
« Merci. » fit-il au bout d'un moment, passant une main fébrile dans ses cheveux.
« De rien. »
Ils se regardèrent un moment, incapables l'un comme l'autre de savoir ce qu'il fallait faire ensuite.
« Bon, ben… »
« Oui. »
« …Bonne nuit, Lily. »
« Bonne nuit, James. »
Et, sans réfléchir, elle fit un pas en avant, se dressa sur la pointe des pieds et, appuyant légèrement sa main sur son bras, déposa un baiser sur sa joue.
Elle n'eut pas l'occasion de voir l'air éberlué du garçon après son geste car elle fila à toute vitesse dans son dortoir, refermant la porte derrière elle avec un certain soulagement.
Les jambes flageolantes, elle se dirigea lentement vers la salle de bain, vérifiant au passage que Kim et Nawei étaient bien couchées. Nawei avait fermé ses baldaquins, mais Lily savait que la petite ne dormait pas – et, avec tout ce qu'il s'était passé en une seule soirée, elle ne risquait sûrement pas de le faire avant longtemps. Kim, quant à elle, ronflait allègrement (c'était une habitude, chez elle, mais malgré les insinuations un brin moqueuses de Lily ou Nawei, elle avait toujours nié catégoriquement son penchant pour la ronflette sonore).
La jeune fille s'appuya un moment sur le bord de l'évier. Il lui semblait que ses jambes tremblantes avaient du mal à supporter son poids. Et le reflet du miroir lui renvoya une image singulière : les traits fatigués, bien sûr, mais des joues roses, un sourire idiot plaqué au visage, et un regard légèrement plus brillant que d'habitude – l'air « bêtement heureux » comme l'appelait souvent sa mère.
Et puis, elle avait de la suie sur les lèvres.
Il n'était simplement pas celui qui te ferait perdre pied…
Lentement, mais sûrement, elle se sentait perdre pied… pour James Potter.
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Cette deuxième partie de chapitre fait 23 pages Word, ce qui est (pour moi) absolument énorme. Et dire que je ne comptais n'en faire qu'un seul chapitre…
Enfin, je m'excuse de mon retard (encore et toujours…) mais j'ai répondu à toutes mes reviews signées (d'ailleurs, je donne un énorme bisou virtuel à tous les reviewers anonymes à qui je ne peux pas répondre ;-).
J'espère que l'attaque de guimauve vous a plue, perso, j'ai adoré l'écrire :D
Merci de me lire, je vous aimeeeeuuuh !!
Clickounette
