Richard
Nous étions l'un contre l'autre depuis de longues minutes, abandonnés dans une bulle de tendresse. Je caressais doucement son corps toujours appuyé sur sa poitrine, ses mains étaient dans mes cheveux. Nos respirations avaient retrouvé un rythme beaucoup plus calme. Je repensais aux mots qu'elle avait eu pour moi durant la soirée. J'avais été touché. Depuis ma première rencontre avec elle je savais qu'elle n'était pas comme les autres femmes et je l'éprouvais à cet instant au plus haut point. Je lui devais donc toute la sincérité. Je posais une main sur son ventre et l'appelais :
Kate ?
Oui Rick.
A propos de mon père….
Les mots étaient difficiles à trouver, à exprimer. Je voulais me confier à elle, mais tout ceci était tellement enfoui en moi que je devais me concentrer pour formuler quelque chose. J'étais en proie à une émotion intense. Elle le savait, le sentait sa main vint caresser ma joue tout doucement, elle me réconfortait. D'une voix tendre et douce elle me dit :
Prends ton temps Rick, je suis là, je t'écoute.
J'ai beaucoup souffert de ne pas avoir de père. Ma mère a toujours su s'occuper de moi, mais à l'école j'étais la risée de tous et notamment des garçons en particulier à l'âge bête qu'on peut traverser, les filles sont différentes. Enfin tu vois ce que je veux dire ?
Ah bon l'âge bête des garçons se finit un jour ? dit-elle en plaisantant.
Je n'ai pas été un ado facile, et ma mère a du en souffrir. Un jour je t'ai dit que je m'étais fait renvoyer de toutes les écoles privées tu t'en rappelles ?
Oui je me souviens de cette enquête.
Mais je ne t'ai pas dit pourquoi. A chaque fois je me faisais renvoyer pour comportement violent. Mais je ne pouvais pas laisser passer ça.
Quoi ?
Ils traitaient ma mère de femme facile, qui dormait tous les soirs avec un autre homme. Et qu'elle ne devait pas se rappeler qui était mon père tellement les hommes défilaient à la maison. Que si mon père ne s'était pas manifesté c'est qu'il avait honte d'avoir enfanté une femme aux mœurs si légères. Et je ne pouvais pas le supporter qu'on parle de ma mère ainsi. Cela me mettait dans des colères irrépressibles, je ne me contrôlais plus et généralement je les envoyais à l'hôpital. Et le pire dans tout ça, c'est que quand je me battais je me sentais différent, bien. En frappant ces garçons je m'imaginais que c'est mon géniteur que j'aimerai assaillir de coups, pour ce qu'il avait fait à ma mère, à moi. J'ai commencé à faire des recherches pour le retrouver et parallèlement j'ai commencé à écrire en montant des scénarios pour me venger de lui. Je continuais à me battre, cherchant presque les altercations. Je prenais aussi pas mal de coups, mais je m'en sortais toujours. Seulement, une fois une bagarre est allée très loin et le gamin a failli y rester. Il avait osé traiter ma mère de putain et là cela m'avait mis hors de moi. Ce soir là, j'avais pris de la drogue. Vu mon état, celui dans lequel j'avais mis le gamin ma mère a décidé de prendre les choses en main, avant que je ne commette un impair irréparable. Alors que beaucoup de parents auraient envoyé leur progéniture chez un psychologue cela n'a pas été la réaction de ma mère. Elle s'est occupée de moi pendant deux mois et ensemble nous avons décidé qu'il serait bon que je passe un temps dans un internat en dehors de la ville. Et c'est là bas que je me suis repris en mains, j'ai continué à écrire pour extérioriser et canaliser mes pulsions. Seulement j'ai progressivement commencé à ne plus mettre en scène mon père dans mes écrits. Aux premières vacances de l'année mère est venue me chercher et nous avons fait un voyage tous les deux. Un soir elle m'a tendu un papier avec les coordonnées de mon paternel, du moins les dernières qu'elle avait. En me le donnant, elle m'a dit les mots suivants : « Richard je ne pense pas qu'il soit un homme bon. Mais je comprends que tu aies besoin de savoir, de le connaître. Alors fais ce que tu veux, quoiqu'il arrive je suis avec toi mon fils. »
Je marquais une pause dans mon récit, Kate m'avait écouté, suivant mon monologue, me caressant lorsqu'elle sentait que les mots étaient durs. Même si elle était restée silencieuse elle était avec moi.
Et qu'as-tu fait ?
Rien, j'ai jeté le papier dans une poubelle. Ma mère est tout ce que j'avais et je ne voulais pas risquer de la perdre. Si elle me disait qu'il n'était pas bon elle avait ses raisons. Ce soir là Kate je me suis fait une promesse.
Laquelle ?
Je me relevais tout en lui prenant la main. Nous nous assîmes sur le lit l'un en face de l'autre nous regardant plus intensément que jamais.
Celle de ne jamais abandonner qui que ce soit : un ami, ma mère, ma fille, une femme.
Et c'est que tu as fait Rick. Je ne connais pas d'ami plus fidèle que toi, de fils si dévoué, de père aussi aimant.
Oui, mais aujourd'hui j'ai peur.
Peur de quoi ?
Peur chaque jour à l'idée de te perdre Kate. Si jamais il t'arrivait quelque chose par ma faute sur une affaire ou que je te fasse mal dans notre relation, je ne pourrais me le pardonner.
Rick écoute moi. On ne peut pas se promettre de ne jamais souffrir, c'est impossible. Mais crois-moi en arrivant dans ma vie tu as tout chamboulé. Grâce à toi j'ai changé, je suis devenue plus gaie. Tu m'as donné envie de croire dans le genre humain et vu mon métier ce n'est pas une chose facile. Moi non plus je ne veux pas te perdre ni en tant que partenaire, ni comme l'ami que tu es et ni comme l'homme avec lequel je sors. Et je suis aussi effrayée que toi. Tu sais je n'ai jamais voulu m'engager dans une relation, de peur de souffrir de perdre à nouveau quelqu'un comme j'ai perdu ma mère. Mais toi, oui toi tu m'as fait comprendre qu'ainsi je ne vivais pas, je ne faisais que survivre me terrant dans mon existence banale et confortable. Et j'ai envie de vivre, même si un jour je souffrirai. J'ai longtemps lutté contre cette vérité et c'est pour ça que je t'ai repoussé pendant ces trois années. Je ne voulais pas avoir mal. Mais tu as changé, je t'ai vu autrement que comme l'image de bad boy coureur de jupons qui te colle aux basques et que tu te faisais un plaisir d'entretenir au début.
Elle eut un sourire à ce moment là.
Avoue que ça t'a toujours plu ce côté chez moi…
Oui bien sûr…mais tu as changé de statut pour moi. J'ai compris que je pouvais avoir confiance en toi. Assez pour te confier ce que je gardais pour moi, suffisamment pour que tu me racontes ça Rick.
C'était important. Je suis content d'avoir pu en parler. J'avais peur que tu t'enfuies en découvrant cette face de moi.
Ca serait inapproprié venant de moi, dois-je te rappeler que je ne maîtrise pas toujours mes émotions ? Et je vais te dire quitte à ce que tu aies envie de me faire enfermer dans un asile que ça me plait encore plus de te savoir comme ça.
C'est-à-dire….
Tout simplement parce que tu es un homme qui ferait n'importe quoi pour les personnes qui lui sont chères.
Elle était émue, des larmes coulaient sur ses joues. Mais ce n'était pas de la tristesse, juste une émotion intense. Elle était merveilleuse, plus belle que jamais. De mon pouce je séchais sa larme arrêtant sa course. Je lui caressais ensuite les lèvres et approchant mon visage du sien, l'embrassais tendrement. Puis je lui disais :
Non ça ne me donne pas envie de t'enfermer, mais plutôt de t'aimer toute la nuit.
Toute la nuit…intéressant…prouve-le…
Et là je fondais mon corps sur le sien. Je l'embrassais délicatement, la caressais comme on caresse ce que l'on chérit le plus au monde. Cette nuit là je lui faisais l'amour pas comme à une femme, ni comme à Kate Beckett, mais comme la femme avec laquelle je voulais partager ma vie.
Je m'endormais au petit matin avec l'idée que la nuit serait de très courte durée. Mais j'étais bien, je me sentais différent d'avoir pu lui parler. Et elle n'avait pas fui, bien au contraire. Son écoute avait été totale et elle avait compris. Quand je me réveillais elle n'était plus dans le lit. A en juger la température de sa place elle était partie depuis un moment. Je m'étirais et me levais du lit, prenant soin de le refaire.
Alors que je sortais de sa chambre j'entendis la porte de l'appartement s'ouvrir sur une Kate en tenue de sport. Elle avait à sa main un paquet que je devinais issu d'une boulangerie. Elle me vit et me dit :
Salut, alors bien dormi.
Bonjour toi. Oui pas beaucoup mais vu que c'était avec toi ça va. Tu es levée depuis longtemps ?
Ca va faire 1 heure dit-elle en regardant sa montre. Vu que tu dormais bien je n'ai pas voulu te réveiller et je suis allée courir. J'ai rapporté le petit déjeuner. Ce matin ça sera des croissants, ils sortent tout juste du four.
Si tu avais besoin de sport il fallait me réveiller…
Rick j'avais juste besoin de courir. Bon on déjeune.
Je m'occupe du café et du jus d'oranges.
Parfait.
Une fois les boissons prêtes je rejoignais Kate à table et nous prîmes ce délicieux petit déjeuner. Les croissants étaient effectivement savoureux.
Rick je pensais au rendez-vous de ce matin avec l'architecte.
Tray ?
Oui. En prenant rendez-vous j'ai donné un faux nom pour tromper la réceptionniste. Je me disais que ça serait bien de faire une mission sous couverture pour le faire parler.
Mission sous couverture ? Kate si tu savais que j'aime quand tu prononces ces mots là.
Pas si vite Monsieur Castle. Il a l'air d'aimer les jeunes femmes et ne semble pas être des plus fidèles donc on va l'attaquer sur ce terrain là. Donc je me disais que j'allais me faire passer pour une sportive et toi tu serais mon agent. Je veux investir dans l'immobilier et faire construire ma propre maison. Une amie, Sarah Pit, m'a parlé de lui. Qu'en dis-tu ?
En dehors du passage où tu suggères qu'il va te falloir jouer la carte de la séduction ça me semble bien.
Monsieur Castle serait-il jaloux ? me dit-elle.
Jaloux moi ? Ah, double ah.
En fait elle avait raison mais je ne voulais pas l'admettre. Je détestais quand d'autres gars portaient leur regard sur elle et cela arrivait beaucoup trop souvent. Et là j'allais devoir de nouveau encaisser ça sans rien dire.
Bon très bien. Alors ce que je te propose c'est que tu rentres chez toi, tu te change en essayant d'avoir l'air de ressembler à un agent et on se retrouve au commissariat. D'accord ?
Je me levais, faisais le tour de la table. Kate s'était levée elle aussi, mais encore très proche de sa chaise. Je la prenais par la taille lui collant un baiser sur les lèvres. Il s'intensifia très rapidement, mes mains la parcouraient déjà sous ses vêtements de sport. Elle émit une protestation :
Rick…si tu me laissais aller me laver avant ? Ca me gêne je suis toute collante.
Je ne lui répondais pas et déposais des baisers dans tout son cou et dans des endroits stratégiques. Quand j'aspirais très légèrement sa peau entre mes lèvres elle bascula la tête en arrière gémissant. Je compris qu'elle ne lutterait plus. Je faisais tomber ses vêtements et l'allongeais sur la table. Nos corps se retrouvèrent une nouvelle fois. Je me rhabillais, de toute manière je prendrai une douche au loft avant de me changer.
Bon maintenant tu as une bonne raison d'aller te laver lui dis-je souriant. Je rentre chez moi, me change et je te retrouve au poste.
Ok beau gosse.
Redis-moi ça s'il te plaît…
Ok beau gosse fit-elle en m'embrassant.
Mmm. Bon j'y vais et Kate….
Oui…
Tu me manques déjà.
Je lui déposais un ultime baiser sur les lèvres et la voyais partir vers sa chambre, certainement sortir ses vêtements avant de se laver. Je reprenais mes affaires dispersées dans l'appartement et le quittait.
Quinze minutes plus tard je retrouvais mon appartement. Il était désert, j'avais du manquer de peu mère et Alexis. Dommage je les aurai bien embrassées avant qu'elles n'entament leur journée. Je montais rapidement l'escalier me menant à ma chambre. Je jetais mes vêtements au sol, faisais escale devant mon dressing choisissant une tenue adaptée et fonçais sous la douche. Il était déjà 8h, notre rendez-vous était à 11h mais devant passer au commissariat avant je négligeais l'étape rasage. Je passais le costume que j'avais sorti, pensant qu'il serait adapté au rôle d'agent que je devais jouer. En redescendant à la cuisine je me faisais un café et 5 minutes plus tard j'étais dehors. J'hélais un taxi en lui annonçant ma destination.
Kate
Je reprenais peu à peu mes esprits, descendant du nuage dans lequel Rick m'avait emmené. Nous étions blottis dans notre univers. Lui non plus n'avait pas parlé. Je me sentais bien, à la fois moi-même et une autre. Il réussissait à me laisser tomber toutes mes défenses. Je ne voulais pas aller trop vite, pourtant je ne m'imaginais plus passer une soirée ou une nuit sans lui. J'avais déjà plus de comportements de couple envers lui que je n'en avais eu par le passé pour tous mes petits copains réunis. A ce moment là j'avais du mal à identifier ce que cela représentait pour moi. J'en étais contente évidemment, mais en même temps j'étais déstabilisée. Mais en lui caressant les cheveux je me décidais à cesser mes tortures cérébrales et me laisser aller à ce doux moment avec lui. Je sentis sa main se déplacer et se poser à plat sur mon ventre en toute douceur et me dire :
Kate ?
Oui Rick.
A propos de mon père….
Sa voix était différente, je ne la connaissais pas. Il était balbutiant, hésitant presque tremblant. Je ne pouvais pas le laisser comme ça, alors le touchant j'essayais de le rassurer.
Prends ton temps Rick, je suis là, je t'écoute.
J'ai beaucoup souffert de ne pas avoir de père. Ma mère a toujours su s'occuper de moi, mais à l'école j'étais la risée de tous et notamment des garçons en particulier à l'âge bête qu'on peut traverser, les filles sont différentes. Enfin tu vois ce que je veux dire ?
Ah bon l'âge bête des garçons se finit un jour ? répondis-je pour essayer de le détendre, ce qu'il avait toujours essayé de faire avec moi.
Je n'ai pas été un ado facile, et ma mère a du en souffrir. Un jour je t'ai dit que je m'étais fait renvoyer de toutes les écoles privées tu t'en rappelles ?
Oui je me souviens de cette enquête.
Mais je ne t'ai pas dit pourquoi. A chaque fois je me faisais renvoyer pour comportement violent. Mais je ne pouvais pas laisser passer ça.
Quoi ?
Ils traitaient ma mère de femme facile, qui dormait tous les soirs avec un autre homme. Et qu'elle ne devait pas se rappeler qui était mon père tellement les hommes défilaient à la maison. Que si mon père ne s'était pas manifesté c'est qu'il avait honte d'avoir enfanté une femme aux mœurs si légères. Et je ne pouvais pas le supporter qu'on parle de ma mère ainsi. Cela me mettait dans des colères irrépressibles, je ne me contrôlais plus et généralement je les envoyais à l'hôpital. Et le pire dans tout ça, c'est que quand je me battais je me sentais différent, bien. En frappant ces garçons je m'imaginais que c'est mon géniteur que j'aimerai assaillir de coups, pour ce qu'il avait fait à ma mère, à moi. J'ai commencé à faire des recherches pour le retrouver et parallèlement j'ai commencé à écrire en montant des scénarios pour me venger de lui. Je continuais à me battre, cherchant presque les altercations. Je prenais aussi pas mal de coups, mais je m'en sortais toujours. Seulement, une fois une bagarre est allée très loin et le gamin a failli y rester. Il avait osé traiter ma mère de putain et là cela m'avait mis hors de moi. Ce soir là, j'avais pris de la drogue. Vu mon état, celui dans lequel j'avais mis le gamin ma mère a décidé de prendre les choses en main, avant que je ne commette un impair irréparable. Alors que beaucoup de parents auraient envoyé leur progéniture chez un psychologue cela n'a pas été la réaction de ma mère. Elle s'est occupée de moi pendant deux mois et ensemble nous avons décidé qu'il serait bon que je passe un temps dans un internat en dehors de la ville. Et c'est là bas que je me suis repris en mains, j'ai continué à écrire pour extérioriser et canaliser mes pulsions. Seulement j'ai progressivement commencé à ne plus mettre en scène mon père dans mes écrits. Aux premières vacances de l'année mère est venue me chercher et nous avons fait un voyage tous les deux. Un soir elle m'a tendu un papier avec les coordonnées de mon paternel, du moins les dernières qu'elle avait. En me le donnant, elle m'a dit les mots suivants : « Richard je ne pense pas qu'il soit un homme bon. Mais je comprends que tu aies besoin de savoir, de le connaître. Alors fais ce que tu veux, quoiqu'il arrive je suis avec toi mon fils. »
Il s'était arrêté après ce long récit. Il ne me voyait pas d'où il était mais mes yeux étaient figés sur lui, j'attendais chaque mot, chaque émotion. Je ne voulais pas l'interrompre, il avait besoin de tout lâcher alors je m'efforçais de lui montrer ma présence.
Et qu'as-tu fait ?
Rien, j'ai jeté le papier dans une poubelle. Ma mère est tout ce que j'avais et je ne voulais pas risquer de la perdre. Si elle me disait qu'il n'était pas bon elle avait ses raisons. Ce soir là Kate je me suis fait une promesse.
Laquelle ?
Et là il changea de position et se plaça en face de moi, ma main dans la sienne. Il était beau. Son visage exprimait quelque chose que je ne connaissais pas.
Celle de ne jamais abandonner qui que ce soit : un ami, ma mère, ma fille, une femme.
Et c'est que tu as fait Rick. Je ne connais pas d'ami plus fidèle que toi, de fils si dévoué, de père aussi aimant.
Oui, mais aujourd'hui j'ai peur.
Peur de quoi ?
Peur chaque jour à l'idée de te perdre Kate. Si jamais il t'arrivait quelque chose par ma faute sur une affaire ou que je te fasse mal dans notre relation, je ne pourrais me le pardonner.
Rick écoute moi. On ne peut pas se promettre de ne jamais souffrir, c'est impossible. Mais crois-moi en arrivant dans ma vie tu as tout chamboulé. Grâce à toi j'ai changé, je suis devenue plus gaie. Tu m'as donné envie de croire dans le genre humain et vu mon métier ce n'est pas une chose facile. Moi non plus je ne veux pas te perdre ni en tant que partenaire, ni comme l'ami que tu es et ni comme l'homme avec lequel je sors. Et je suis aussi effrayée que toi. Tu sais je n'ai jamais voulu m'engager dans une relation, de peur de souffrir de perdre à nouveau quelqu'un comme j'ai perdu ma mère. Mais toi, oui toi tu m'as fait comprendre qu'ainsi je ne vivais pas, je ne faisais que survivre me terrant dans mon existence banale et confortable. Et j'ai envie de vivre, même si un jour je souffrirai. J'ai longtemps lutté contre cette vérité et c'est pour ça que je t'ai repoussé pendant ces trois années. Je ne voulais pas avoir mal. Mais tu as changé, je t'ai vu autrement que comme l'image de bad boy coureur de jupons qui te colle aux basques et que tu te faisais un plaisir d'entretenir au début.
En lui parlant je me le remémorais lors de notre rencontre et ne pus retenir un sourire.
Avoue que ça t'a toujours plu ce côté chez moi…
Oui bien sûr…mais tu as changé de statut pour moi. J'ai compris que je pouvais avoir confiance en toi. Assez pour te confier ce que je gardais pour moi, suffisamment pour que tu me racontes ça Rick.
C'était important. Je suis content d'avoir pu en parler. J'avais peur que tu t'enfuies en découvrant cette face de moi.
Ca serait inapproprié venant de moi, dois-je te rappeler que je ne maîtrise pas toujours mes émotions ? Et je vais te dire quitte à ce que tu aies envie de me faire enfermer dans un asile que ça me plait encore plus de te savoir comme ça.
C'est-à-dire….
Tout simplement parce que tu es un homme qui ferait n'importe quoi pour les personnes qui lui sont chères.
L'instant était chargé en émotions. Nos regards étaient figés aux yeux de l'autre. Il s'était ouvert à moi, je lui devais ses réponses. Je découvrais derrière l'homme sûr de lui quelqu'un de sensible, se posant des questions, ayant des doutes. Cela me rassurait tellement. Je perdais définitivement tout contrôle avec lui, mais seulement parce que je le pouvais. Des larmes se mirent à couler de mes yeux, je ne les retenais pas. C'est de son pouce qu'il arrêtait leur progression. Il me caressa ensuite les lèvres le plus délicatement du monde et scella nos bouches une nouvelle fois.
Non ça ne me donne pas envie de t'enfermer, mais plutôt de t'aimer toute la nuit.
Toute la nuit…intéressant…prouve-le…
Nos corps s'unirent à nouveau, reprenant leur conversation. C'était une fois de plus différent. Notre étreinte différait de celle de tout à l'heure où nous étions en train de jouer. Cette fois-ci c'était la conclusion charnelle d'une confidence. Il était doux, attentionné, précautionneux. Je me sentais fragile et forte à la fois. Cette discussion dura une grande partie de la nuit. La fatigue eut raison de nous à un moment. Je n'avais aucune idée de l'heure mais je plongeais dans un doux sommeil. Celui-ci fut de courte durée, mais à mon réveil je me sentais en forme. Je tournais la tête et le contemplais, il dormait profondément un sourire présent au coin de sa bouche. J'avais envie de l'embrasser mais ne voulant pas le réveiller je quittais le plus silencieusement possible le lit, prenant soin qu'il ait assez chaud remontant la couette. Dans la salle de bains je récupérais mes affaires de sport. Il était 6h. Je sortais pour courir un peu, ce qui me permettrait de me réveiller complètement le corps. Dehors les rues étaient encore calmes. Mes pas foulaient le sol et mes muscles encore endormis réagissaient. J'empruntais l'itinéraire me permettant de repasser par la boulangerie pour ramener à manger à mon invité. Sur le chemin du retour je rebranchais mon esprit sur notre enquête constatant que je n'y avais pas songé depuis hier après midi en quittant le poste. Je pensais à une stratégie pour forcer Tray à parler et l'élaborais en rejoignant mon immeuble.
Je préférais les escaliers à l'ascenseur et retrouvais le confort de mon appartement. J'aperçus Rick qui venait de sortir de ma chambre. Il était en boxer t-shirt et ses cheveux étaient tout ébouriffés. Lui me dévisageait. Je lui dis :
Salut, alors bien dormi.
Bonjour toi. Oui pas beaucoup mais vu que c'était avec toi ça va. Tu es levée depuis longtemps ?
Ca va faire 1 heure répondis-je consultant ma montre. Vu que tu dormais bien je n'ai pas voulu te réveiller et je suis allée courir. J'ai rapporté le petit déjeuner. Ce matin ça sera des croissants, ils sortent tout juste du four.
Si tu avais besoin de sport il fallait me réveiller…
Rick j'avais juste besoin de courir. Bon on déjeune.
Je m'occupe du café et du jus d'oranges.
Parfait.
Pendant qu'il s'exécutait j'avais mis la table et je l'attendais au salon. Il vint me rejoindre avec les cafés et les jus de fruit.
Rick je pensais au rendez-vous de ce matin avec l'architecte.
Tray ?
Oui. En prenant rendez-vous j'ai donné un faux nom pour tromper la réceptionniste. Je me disais que ça serait bien de faire une mission sous couverture pour le faire parler.
Mission sous couverture ? Kate si tu savais que j'aime quand tu prononces ces mots là.
Pas si vite Monsieur Castle. Il a l'air d'aimer les jeunes femmes et ne semble pas être des plus fidèles donc on va l'attaquer sur ce terrain là. Donc je me disais que j'allais me faire passer pour une sportive et toi tu serais mon agent. Je veux investir dans l'immobilier et faire construire ma propre maison. Une amie, Sarah Pit, m'a parlé de lui. Qu'en dis-tu ?
En dehors du passage où tu suggères qu'il va te falloir jouer la carte de la séduction ça me semble bien.
Monsieur Castle serait-il jaloux ?
Jaloux moi ? Ah, double ah.
Il niait mais je lisais clairement dans ses réactions. Même avant que nous soyons ensemble il se montrait possessif lorsque j'utilisais la séduction pour faire parler un témoin ou un suspect. Mais je ne cherchais pas cette fois-ci à lui démontrer qu'il était jaloux, je trouvais ça attendrissant. Vu qu'il ne répondait pas je continuais :
Bon très bien. Alors ce que je te propose c'est que tu rentres chez toi, tu te change en essayant d'avoir l'air de ressembler à un agent et on se retrouve au commissariat. D'accord ?
Il ne répondait pas, je le vis néanmoins se lever de table, faire le tour de celle-ci, je m'étais levée également. Il s'empara de ma taille et appuya un baiser. Il ne m'en fallut pas plus pour y répondre et il prit très vite une tournure plus approfondie. Rick étaient déjà en train de me caresser sous mes vêtements. Mais je venais de courir, alors j'essayais de l'arrêter :
Rick…si tu me laissais aller me laver avant ? Ca me gêne je suis toute collante.
Il me laissait une nouvelle fois sans réponse et commençait à m'embrasser dans le cou, ciblant parfaitement ses attaques. Lorsqu'il aspira ma peau entre ses lèvres je cédais. C'était mon point faible et dès qu'il appuyait dessus je perdais toute capacité rationnelle et d'entendement. Je laissais tomber ma tête en arrière, améliorant l'accès pour lui. Sa pression était douce, il n'aspirait pas mais réussissait quand même à me faire gémir. Je le laissais donc m'ôter mes vêtements et m'installer sur la table. Nos enveloppes charnelles se reconquirent, avec un plaisir renouvelé. Suite à cette nouvelle étreinte je me sentais chancelante, je ne me lassais pas de ses étreintes et pensais déjà que la journée allait être longue. Il se rhabilla et me dit :
Bon maintenant tu as une bonne raison d'aller te laver me dit-il d'un air fier. Je rentre chez moi, me change et je te retrouve au poste.
Ok beau gosse.
Redis-moi ça s'il te plaît…
Ok beau gosse redis-je en l'embrassant.
Mmm. Bon j'y vais et Kate….
Oui…
Tu me manques déjà.
Il scellait un dernier baiser avant de partir, de mon côté je rejoignais ma chambre pour amorcer ma préparation pour la journée, sélectionnant une tenue adoptée à la mission. Je souris en remarquant que le lit était soigneusement fait. J'entrais dans la salle de bains, j'entendis la porte de l'appartement se fermer et compris qu'il était parti. Il me manquait déjà aussi. Je faisais couler l'eau de la douche attendant qu'elle soit à bonne température et me retrouvais sous cette cascade chaude et rassurante. A regret je nettoyais les empreintes laissées par Rick. Je lavais mes cheveux encore humides par la course et par le dernier round avant son départ. Je reprenais peu à peu mes esprits, me concentrant à nouveau sur l'affaire.
Une fois lavée et séchée je passais ma jupe, mon débardeur et une chemise cintrée. Je jetais mon dévolu sur une paire de chaussures à talons mais qui dévoilaient mon pied. Je me séchais les cheveux rapidement les laissant prendre leur mouvement naturel. Enfin je me maquillais. Je me retrouvais dans la cuisine, 8h. Un dernier café avant de partir, même si ce que j'attendais le plus c'était son café quand il arriverait au poste. Je me saisissais d'une veste en cuir, de mes clés et de mon téléphone et quittais l'appartement. Vingt minutes plus tard je garais ma voiture dans le parking du commissariat.
