Bonsoir bonsoir ! On passe à la septième année OMG. Par contre, je viens de capter que ça fait plus de 7 mois que je publie cette histoire o_o Je vais avoir du mal à lui dire au revoir...

Merci à Aralorn (j'aime trop Théo, même s'il a décidé de lui-même d'être le gars parfait dans cette ff. J'ai une petite surprise dans ce chapitre concernant la visite à l'Infirmerie !), Lolitamaguis (tu peux pas savoir comme ton commentaire m'a fait plaisir, OUIIIII. J'essaye de mettre beaucoup d'émotions dans les chaps à venir, j'espère que tu ressentiras tout ça) et Max132 (sincèrement, dans cette histoire, Harry est pas toujours très sympa, il me semble que Draco soit le plus à plaindre ;) )

Précédemment : La fin de la sixième année approche et Draco est au plus bas. Lors d'une violente dispute dans les toilettes des filles avec Harry, il reçoit un Sectumsempra. Trois semaines plus tard, il prend la fuite après avoir fait entrer les Mangemorts dans Poudlard...


HIBRIDAE

SEPTIEME ANNÉE

Chapitre 26 : Regrets et Solitude

''entrelacés, amoureux et pathétiques''


27 juillet 1997 – Chambre de Harry au 4, Privet Drive

Harry avait passé la matinée à vider entièrement sa grosse valise. C'était la première fois qu'il faisait ça depuis qu'il l'avait remplie, six ans auparavant. Au début de chaque année scolaire, il s'était contenté d'enlever la partie supérieure de son contenu, qu'il remplaçait ou adaptait en fonction des besoins, laissant au fond une couche de débris divers – vieilles plumes, yeux de scarabées desséchés, chaussettes solitaires devenues trop petites.

Mais cette année, c'était différent. Il ne retournerait pas à l'école à la rentrée.

Après une courte pause, le garçon replongea la main dans le fouillis et en extirpa un Scrutocospe défectueux, un médaillon d'or dans lequel se trouvait un message signé R.A.B et un vieux badge dont l'inscription luisait faiblement en passant de « Vive Diggory » à « Potter pue ».

Cette relique de sa quatrième année lui fit immanquablement penser à Malfoy, chose qu'il s'empêchait de faire depuis le soir où Dumbledore était mort, un mois plus tôt.

Malheureusement pour lui, Harry était toujours aussi mauvais Occlumens et les souvenirs, heureux et malheureux, affluèrent dans sa mémoire sans y être autorisé...

Malfoy, onze ans : entortillant ses doigts couverts d'un liquide argenté, la nuit de l'Incident.

Malfoy, douze ans : traitant Hermione de Sang-de-Bourbe, se vantant d'avoir le sang plus pur que de l'eau de source.

Malfoy, treize ans : s'inclinant respectueusement devant Buck, expliquant à Harry que la licorne les avait bénis, l'embrassant par dessus une table aux Trois Balais, essayant l'Eclair de Feu le jour de Noël, paniquant à l'idée de se faire sucer. Accusant Harry d'être un mirage et une malédiction.

Malfoy, quatorze ans : observant les Mangemorts durant la Coupe du Monde, à l'abri dans les bois, refusant d'embrasser Harry dans le wagon à bagages, se jetant dans son cou sous la forme d'une fouine blanche, dansant contre lui au Bal de Noël avec son tee-shirt trop petit des Weird Sisters, l'embrassant dans le Parc un jour de tempête de neige, prenant un bain avec lui dans la Salle de Bain des Préfets. Brûlant son P.d.C au petit-déjeuner. Suppliant Harry de rejoindre les Ténèbres ou de fuir avec lui.

Malfoy, quinze ans : sortant avec Théodore Nott, ignorant Harry durant toute la cinquième année.

Malfoy, seize ans : se balançant sur une balançoire dans un parc pour enfants moldu, tenant tête à Dudley dans ce même parc, se frottant désespéramment contre Harry dans sa chambre au Manoir, se vantant à ses amis d'avoir été choisi par Voldemort, s'extasiant devant Retour vers le Futur. Pleurant dans les toilettes les mains agrippés au lavabo, se vidant de son sang sur le carrelage. Baissant sa baguette face à Dumbledore. Fuyant avec Snape.

Harry se jeta dans son lit, toute motivation envolée. S'il s'était écouté et avait rendu visite à Malfoy à l'Infirmerie, il partirait sans trop de regrets... mais il ne l'avait pas fait. Il ne s'était même pas excusé.

Il avait tergiversé plusieurs jours durant puis ça avait été trop tard. Après la victoire de Gryffondor contre Serdaigle, Ginny s'était jetée dans ses bras, et ils s'étaient embrassés, et Harry avait vécu quelques semaines de bonheur simple avec elle, comme si Draco Malfoy n'avait jamais compté.

Comme si, car il pensait chaque mot de ce qu'il avait dit à Ginny le jour de l'enterrement de Dumbledore : avec elle, il avait eu l'impression de vivre la vie d'un autre.

Harry n'était en effet pas destiné à sortir avec la petite sœur de Ron, à retourner à Poudlard en septembre puis à devenir Auror.

Son futur, c'était Voldemort, c'était les Horcruxes, c'était essayer de sauver le monde en oubliant qu'il était amoureux de Malfoy.

En tout cas, c'était le plan, mais son imagination s'était soudain mise en ébullition, jouant à l'addictif jeu du « et si » et lui inventant une visite à l'Infirmerie...

x

La nuit du Sectumsempra, drapé dans sa Cape d'Invisibilité, Harry se serait glissé dans le trou du portrait et se serait rendu à l'Infirmerie. Il y aurait trouvé Malfoy endormi, couvert de bandages et le front en sueur. Harry se serait assis sur une chaise à côté de son lit et aurait murmuré :

– Hey, Malfoy... c'est moi, Harry.

Malfoy aurait ouvert un œil et, avec un rire bref, il aurait répondu :

– Venu inspecter les dégâts que tu as causés, Potter ?

Harry aurait rougi de honte. Il se serait penché en avant, avec dans l'idée de recoiffer les mèches collées au front du Serpentard, puis il se serait ravisé.

– On regrette ? On n'assume pas–

– Oh, tais-toi, Malfoy, aurait soupiré Harry, avant de détourner le regard, gêné. Je suis venu m'excuser.

Malfoy aurait levé les yeux au ciel en haussant les épaules. Le mouvement lui aurait arraché une grimace de douleur.

– Je ne savais pas ce que faisait ce sortilège, Malfoy... Ce n'est pas une excuse bien sûr, dans tous les cas, je n'aurais jamais dû l'utiliser mais... Je suis désolé. Vraiment.

Malfoy serait resté silencieux.

– Est-ce que tu sais si tu vas garder des cicatrices ? aurait bafouillé Harry, les regrets qui engourdissaient sa langue l'empêchant de parler distinctement.

x

Dans son lit au 4, Privet Drive, Harry fronça des sourcils. Malfoy avait-il gardé des cicatrices ? En toute honnêteté, il n'en savait rien... Cela n'empêcha pas son imagination de continuer à travailler.

x

– Pas celles au visage, ce sont les premières que Pomfresh a soignées... aurait répondu Malfoy d'un ton froid. Mais dans le cou et sur le torse, peut-être.

Harry aurait senti les larmes lui monter aux yeux. Il aurait baissé la tête, incapable de se confronter au regard accusateur de Malfoy. Le blond aurait ricané.

– Ne fais pas ta petite tête d'écureuil en colère, Potter. J'ai survécu. Si tu veux tout savoir, je suis plutôt content, en fait. Désormais, tu n'es plus le seul héros à cicatrices de la Terre.

– Tu m'as sauvé la vie dans la Forêt, et moi...

– Notre Lien s'est simplement renforcé, voilà tout, l'aurait coupé Malfoy.

– Je suis désolé, Draco.

Malfoy aurait de nouveau levé les yeux au ciel.

– Tu sais, Potter, être au bord de la mort a ses avantages. Par exemple, on y voit beaucoup plus clair. Lorsque je me vidais de mon sang sur le carrelage glacé des toilettes, j'ai eu une révélation. Le centaure a raison, tout compte fait. Nos destins sont liés. Je peux t'aider à renverser les Ténèbres.

– Allons voir Dumbledore ! se serait exclamé Harry, l'espoir fleurissant dans son estomac comme la primevère le premier jour du Printemps. Il saura quoi faire, il te protégera, toi et tes parents... Abandonne ta mission, Draco. Je... je ferai tout ce que tu voudras, tout ce qu'il faudra pour que vous soyez en sécurité.

Avec un demi-sourire, Malfoy aurait levé le bras. Harry aurait sursauté, s'attendant à une gifle, mais le blond lui aurait simplement caressé la joue avec le pouce.

– Tu crois que tu ne mérites pas d'être pardonné, aurait dit Malfoy en retirant sa main. Tu crois qu'il vaudrait mieux que je te gifle et que je te jette le même sort, que tu portes les mêmes cicatrices que moi.

Harry aurait acquiescé.

– Je te comprends, Potter. Tu m'as lancé un sortilège de Magie Noire sans savoir quels effets il aurait. A ta place, je m'en voudrais terriblement.

– Je suis dés–

– Je sais que tu es désolé. Tu as raison de l'être d'ailleurs, ce serait obscène si tu ne l'étais pas. Toutefois, dans ma grande magnanimité, je t'accorde le pardon après lequel tu cours. Alors approche, espèce d'inconscient, aurait dit Malfoy, avec un petit sourire narquois.

La lune aurait choisi ce moment-là pour faire briller ses yeux gris d'un éclat charmant et, sous l'effet d'une mystérieuse brise, ses cheveux blonds se seraient mis à onduler, insaisissables et hypnotiques comme des vagues à la surface d'un lac.

Harry se serait dit que Malfoy était la raison pour laquelle le mot « beau » avait été inventé. Puis, le cœur battant à toute allure, il se serait penché en avant et aurait déposé un baiser sur les lèvres de l'autre sorcier.

Quelques jours plus tard, Madame Pomfresh aurait enlevé les bandages de Malfoy et aurait déclaré qu'il ne garderait aucune cicatrice. Harry l'aurait aussitôt emmené jusqu'au bureau du Directeur.

Dumbledore aurait écouté leur récit avec patience et bienveillance. Il aurait hoché la tête aux bons moments, souri quand ils évoquaient des souvenirs heureux, adopté une expression empathique quand ils parlaient d'événements tragiques.

Après un tout petit quart d'heure de réflexion, il aurait accepté de protéger les Malfoys.

Malfoy aurait arrêté de se rendre dans la Salle des Objets Perdus mais il aurait continué à fréquenter le petit salon boisé. En fait, durant les dernières semaines de classe, Harry et lui y auraient passé tellement de temps qu'ils auraient tout aussi bien pu y emménager.

A la fin du mois de juin, Harry et Dumbledore auraient déjoué les maléfices de la Caverne de l'Horcruxe et auraient récupéré le véritable Médaillon de Serpentard (car, dans ce monde parallèle, R.A.B n'existait pas). Dumbledore serait sorti affaibli de l'épreuve, mais il aurait rapidement retrouvé des forces.

Le premier jour des vacances d'été, Draco et ses parents auraient été déplacés au 12, Square Grimmauld. Pour prouver sa bonne foi, Lucius aurait fourni quantités d'informations essentielles sur le Seigneur des Ténèbres. Grâce à son aide, Dumbledore aurait accompli l'exploit de trouver et détruire tous les autres Horcruxes en l'espace de deux mois.

Il aurait alors reçu une lettre de Trelawney, la Professeure de Divination, qui lui aurait confessé avoir descendu une bouteille entière de xérès juste avant son entretien d'embauche, dix-sept ans auparavant. Dumbledore, ce génie, aurait alors conclu que la Prophétie n'était qu'un ramassis de bêtises et il serait parti à la recherche de Voldemort.

Un peu avant la rentrée scolaire, il aurait mis fin aux jours du Mage Noir.

Harry et Malfoy seraient retournés à l'école libérés d'un énorme poids et, surtout, prêts à se donner une nouvelle chance. Ils auraient été accueillis par Firenze, qui leur aurait annoncé que la malédiction était brisée, que le seul Lien qui subsistait entre eux était un lien d'amour, et que la Forêt les laisserait tranquilles à tout jamais...

x

Harry roula sur lui-même en hésitant entre rire et pleurer. Merlin, ce rêve était ridicule, impossible, mais tellement bon.

Cruelle, la réalité le rattrapa sous la forme de la Gazette du Sorcier du jour, qui traînait dans son lit. Harry ouvrit le quotidien et tomba sur une photo de Dumbledore marchant à grands pas d'un air tourmenté. L'article était intitulé « Dumbledore : Enfin la vérité ? » et signé Rita Skeeter.

Dumbledore n'allait pas passer l'été à chasser les Horcruxes à la place de Harry. Car Dumbledore était mort, tué par la main de Snape.

Quant à Malfoy, il n'avait pas emménagé au 12, Square Grimmauld avec ses parents au début de l'été, et il n'allait pas retourner à Poudlard à la rentrée en compagnie de Harry. Non, un mois plus tôt, Malfoy avait fait entrer des Mangemorts dans l'école, puis il avait disparu dans la nuit noire.

Et Harry, lui, ne s'était jamais excusé pour le Sectumsempra.

Harry se releva et recommença à faire ses affaires. Dumbledore lui avait laissé une quête à accomplir, un objectif concret. Au milieu de tout ce chaos, c'était déjà ça de pris.

xXxxXxxXx

Chambre de Draco au Manoir Malfoy

Draco referma calmement la porte de sa chambre derrière lui avant de s'effondrer dans son lit avec une sensation de délivrance. Enfin en sécurité. Enfin seul.

Salazar, la réunion de ce midi avait été une des plus éprouvantes auxquelles il ait eu le malheur d'assister. Durant tout le déjeuner, il avait dû lutter contre l'envie de se lever et de s'enfuir, ou de se lever et d'enfoncer son poing dans la gueule de Snape, ou encore de se lever et d'étrangler le Seigneur des Ténèbres avec Nagini en guise de corde.

Au lieu de quoi, il avait mangé son repas en silence, le dos voûté et le visage baissé sur son assiette. Il mâchait mécaniquement sa nourriture, même quand il recevait un coup de coude accidentel ou quand un postillon atterrissait dans son plat. Alors que la tablée était plus bruyante et excitée que jamais, impatiente de participer à l'embuscade qui aurait lieu ce soir-là, Draco aurait pu passer pour un automate en fin de carrière.

C'était un euphémisme que de dire qu'il ne partageait pas l'enthousiasme des autres Mangemorts. En réalité, rien que de penser à « l'opération » lui donnait envie de repeindre sa chambre dans un délicat camaïeu de vomi.

Que je le veuille ou non, c'est pour ce soir, songea Draco avec amertume. Ce soir, Potter va être transféré, mais il n'atteindra jamais sa destination. Les Mangemorts vont l'attendre sur son palier comme des renards postés devant un terrier de lapins. Ils le cueilleront dès qu'il ouvrira la porte...

Si Draco n'était pas si faible, il chercherait un moyen d'avertir l'Ordre du Phénix.

Mais quand bien même il arriverait à les prévenir du guet-apens, qui le croirait ? C'était lui qui avait réparé l'Armoire à Disparaître et permis aux fidèles du Seigneur des Ténèbres de s'introduire dans Poudlard. C'était lui qui avait fui avec Severus Snape, le traître qui avait tué Albus Dumbledore.

Potter ne lui ferait jamais confiance. Au contraire, il le soupçonnerait d'agir sous les ordres du Seigneur des Ténèbres. Mais Draco pourrait au moins le voir une dernière fois...

Une dernière entrevue avec Potter...

Roulé en boule dans son lit, un oreiller serré contre lui, Draco laissa libre cours à son imagination.

x

Draco allait se lever et appeler Tinky, qui apparaîtrait dans un crac sonore.

– Oui, Maître ? dirait l'Elfe de Maison.

– Amène-moi chez Harry Potter.

Tinky le regarderait avec ses grands yeux globuleux, comme si elle ne comprenait pas.

– Tu peux faire ça, n'est-ce pas, traverser les protections magiques ? Je sais que Dobby a déjà transplané dans la chambre de Potter, l'été entre sa première et sa deuxième année.

– Dobby ? répéterait Tinky. Dobby a laissé Tinky toute seule. Dobby a abandonné sa famille ! Dobby est un mauvais Elfe !

– Dobby a été libéré, mais là n'est pas la question. Alors ?

– Dobby a pu le faire parce qu'il était un Elfe de Maison. Tinky est aussi un Elfe de Maison, dirait Tinky en posant sa main sur le coude de Draco.

Un instant plus tard, ils apparaîtraient dans la chambre de Potter. Draco regarderait autour de lui et...

x

A quoi ressemblait la chambre de Potter ? Draco rouvrit les yeux, un peu énervé que son imagination lui fasse subitement défaut. Il décida de se représenter une pièce simple et fonctionnelle. Il y ajouta une grosse malle, une cage pour hibou et quelques effets personnels. Voilà, ça irait très bien.

x

Draco regarderait autour de lui et il remarquerait avec satisfaction la grosse malle au pied du lit, l'écharpe aux couleurs de Gryffondor abandonnée sur le dossier du fauteuil ainsi que, posée sur le bureau, la cage de Hedwige.

Pendant une glorieuse seconde, il aurait l'impression d'être privilégié. Combien de sorciers pouvaient se vanter d'avoir vu la chambre de Harry Potter ? Puis il se rappellerait qu'il n'y avait pas été invité et il se sentirait ridicule.

– Malfoy ! s'écrirait Potter, paniqué. Qu'est-ce que– C'est Voldemort qui t'envoie, c'est ça ? Tu viens pour m'achever ?

Il sortirait sa baguette et se mettrait en position de défense, ses babines retroussées et ses yeux verts lançant des éclairs.

Draco jetterait sa baguette par terre en levant les mains en l'air. Il se forcerait à regarder Potter droit dans les yeux, l'air le plus honnête possible.

– Personne ne sait que je suis là, sauf Tinky, dirait-il lentement. D'ailleurs, tu peux y aller, Tinky.

– Maître... ? dirait l'Elfe, l'air soucieux.

– Je sais que ça peut te paraître insensé, mais je peux me débrouiller sans toi. File maintenant.

Tinky lui retournerait un regard entre inquiétude et désespoir et, pendant un instant, Draco penserait qu'elle allait lui désobéir.

– Bien, Maître, finirait-elle par dire, en s'inclinant bas.

Puis elle transplanerait.

– Qu'est-ce que tu veux ? cracherait le brun, sans baisser sa baguette. Comment savoir si tu dis la vérité ? Tu vas appuyer sur ta Marque d'un instant à l'autre, hein ? Appeler ton Maître ?

– Je n'ai aucune preuve, grimacerait Draco.

Potter hésiterait quelques secondes... non, quelques minutes et, pendant qu'il réfléchirait, l'air craquerait autour d'eux, oppressant comme un ciel d'orage. Draco ne détournerait jamais le regard, de peur de rater le moment où Potter prendrait sa décision. Il garderait aussi les mains en l'air, car l'autre sorcier n'aurait pas abaissé sa baguette.

Finalement, le visage du brun se détendrait imperceptiblement. La peur laisserait place à de la colère.

– Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ? demanderait à nouveau Potter. Tu as réparé l'Armoire à Disparaître et fait entrer tes abrutis de compagnons dans l'école. C'est à cause de toi que Dumbledore est mort, et avec lui, notre seule chance de battre Voldemort !

– Non, objecterait Draco, tu oublies Firenze. Il m'a dit qu'un jour viendrait où je devrais faire les bons choix... il m'a dit que nous pourrions changer le Destin et l'issue de la guerre...

– FIRENZE AVAIT TORT ! hurlerait Potter, et le bout de sa baguette se mettrait à crépiter. Tu l'as dit toi-même dans les toilettes des filles, il n'y a pas de prophétie nous concernant ! Notre histoire, c'est le fait du hasard, rien de plus !

– C'est moi qui avais tort, confesserait Draco dans un murmure. Dans la salle de bain, j'étais... Je ne savais plus ce que je disais. Cette année a été la pire année de ma vie, Potter. Sans nos rendez-vous dans la Salle sur Demande, je n'aurais pas tenu. Il y a un Lien entre nous, un vrai Lien, j'en suis sûr, je le sens. Nous pouvons renverser le jeu. Tous les deux. Depuis le début, il s'agit de nous deux.

– Je ne comprends pas, dirait Potter. Tu l'as dit toi-même, il n'y a pas de nous deux.

Draco chancelerait, blessé.

– Savais-tu que, selon Théo, notre relation est toxique ? répondrait-il pour se venger. Il m'a recommandé de couper les ponts, d'arrêter de me torturer. Il pense que tu es dangereux pour moi. En même temps, comment lui en vouloir ? Avec ce qu'il s'est passé dans les toil–

– Non. Non, je n'ai jamais voulu... Je suis vraiment désolé pour ça, balbutierait Potter, sa baguette tremblant dans sa main. Quand je t'ai vu, baignant dans ton propre sang... ça m'a déchiré le cœur. C'était comme si la Licorne était morte une seconde fois. Je tenais tellement à toi, Draco...

– Tenais ?

– Avant que tu ne fasses entrer Greyback, Rowle, Yaxley et tous les autres dans Poudlard ! Si tu n'avais pas fait ça...

– J'ai une chance de me racheter aujourd'hui, interviendrait Draco, d'une voix presque suppliante. Ecoute moi. Toutes ces années, nos disputes ne m'ont jamais inquiété outre mesure. Je savais que le Lien était plus fort, qu'il suffisait d'une fois pour qu'on replonge dans nos vieilles habitudes.

– Et alors ?

– Et alors, c'est différent aujourd'hui. Si tu pars aujourd'hui-même... Tu vas mourir, Potter. L'information a fuité, le Seigneur des Ténèbres sait que tu vas être déplacé ce soir.

Potter tituberait, comme s'il avait pris un coup dans la poitrine.

– Alors c'est déjà trop tard... L'Ordre du Phénix a tout organisé, je pars tout à l'heure.

– Pars avec moi ! J'ai mon permis de Transplaner, je peux–

– Ça ne marchera pas, tu as la Marque, raisonnerait Potter à toute vitesse. A l'heure qu'il est, Voldemort t'a sûrement localisé. En fait...

Il jetterait un coup d'œil par la fenêtre. Draco suivrait son regard et constaterait avec effarement que des Mangemorts étaient en train d'examiner les barrières magiques du 4, Privet Drive.

– On est morts, affirmerait Potter, en se passant une main dans les cheveux.

– Ce n'est pas possible, ça ne peut pas se terminer comme ça, répondrait Draco. Firenze–

– Firenze a prédit ce qu'il a prédit il y a des années, le couperait l'autre sorcier, en se mettant à faire les cent pas. Les choses ont changé. Nous avons fait des choix... De toute façon, ce n'était qu'une prédiction, ça ne voulait rien dire...

– Arrête, gémirait Draco, sans trop savoir ce à quoi il faisait référence.

Potter s'arrêterait de tourner en rond pour le dévisager.

– Prends ça, dirait le Serpentard en lui tendant sa chevalière. Ma mère m'a offert cette bague l'été dernier, c'est un talisman, elle te protégera.

– Merci, mais je crois qu'il est trop tard, répondrait l'autre sorcier sans faire un geste pour prendre le bijou. Garde-la.

Draco se dépêcherait de renfiler sa bague.

– Tu ne voulais pas vraiment me la donner, n'est-ce pas ? demanderait Potter, avec un petit rire incrédule.

– Bien sûr que si, mentirait Draco. Je ne te l'aurais pas proposé sinon.

– Je ne sais pas pourquoi tout le monde s'évertue à louer tes talents d'acteur, tu es un très mauvais menteur, Draco.

– Seulement avec toi, chuchoterait Draco.

Ce qui serait une réplique très mélodramatique dans un autre contexte, mais qui fonctionnerait parfaitement à ce moment-là, car ils seraient sur le point de mourir.

Un instant plus tard, les deux adolescents se serreraient l'un contre l'autre, aussi étroitement que s'ils étaient dans une forêt en flammes.

Draco humerait une dernière fois le cou de Potter ; ses ongles s'enfonceraient dans le dos du Gryffondor comme pour l'incorporer. Potter se presserait contre lui comme si son plus grand désir était aussi de fusionner avec Draco.

Derrière la fenêtre, les barrières magiques s'effondreraient une à une mais ils resteraient entrelacés, amoureux et pathétiques.

x

Pour la énième fois de la journée, Draco crut qu'il allait régurgiter l'intégralité des repas qu'il avait pris depuis sa naissance. Il se dégoûtait lui-même. En effet, il savait pertinemment qu'il n'aurait jamais le courage d'aller à Privet Drive.

Ainsi, au lieu d'appeler Tinky et de lui demander de l'amener chez Harry Potter, Draco s'accouda à sa fenêtre et fuma une cigarette.

Son seul réconfort était de savoir que le Lien l'informerait du moment où la vie de Potter lui serait arrachée. Draco sentirait son deuxième cœur battre de plus en plus lentement, comme à chaque fois que le Gryffondor était en danger. Il sentirait son deuxième cœur s'arrêter, et il était presque certain que, à ce moment-là, son propre cœur lâcherait à son tour.

xXxxXxxXx

un jour d'Octobre – forêt quelconque

Contre toutes attentes, Harry survécut à l'attaque surprise des Mangemorts et il put assister au mariage de Bill et Fleur. La fête aurait été grandiose si, au même moment, le Ministère de la Magie n'était pas tombé entre les mains de Voldemort. Harry, Ron et Hermione prirent la fuite, comme tous les autres convives.

Moins d'une heure après leur départ du Terrier, ils effaçaient la mémoire de Rowle et Dolohov dans un coffee shop de Tottenham Court Road, et transplanaient au 12, Square Grimmauld.

Durant le reste du mois d'août, basés dans l'ancien Q.G de l'Ordre, ils organisèrent leur infiltration du Ministère de la Magie. Le 2 septembre, ils mirent leur plan à exécution et réussirent à voler le véritable Médaillon de Serpentard.

Puis les semaines passèrent, à bouger vainement de forêt en forêt, à manger des champignons caoutchouteux et à subir l'influence néfaste de l'Horcruxe. La mission que Dumbledore avait confiée à Harry paraissait de plus en plus fantasque, de moins en moins réalisable...

Début octobre – Harry aurait été incapable de dire quel jour – Ron décida qu'il en avait assez et il les abandonna. Les jours suivants, Hermione et Harry évitèrent consciencieusement de parler de Ron. Harry était décidé à ne plus jamais prononcer son nom et Hermione savait qu'il était inutile d'aborder le sujet. Parfois, cependant, Harry l'entendait pleurer la nuit quand elle le croyait endormi.

Entre-temps, Harry avait pris l'habitude de sortir la Carte du Maraudeur et de l'examiner à la lueur de sa baguette, attendant le moment où le nom de Ron ressurgirait dans les couloirs de Poudlard.

Mais le temps passait et Ron n'apparaissait pas sur la Carte. Harry commença à sortir l'artefact simplement pour voir le nom de Malfoy dans les cachots, en se demandant si l'intensité de son regard pouvait le visiter dans son sommeil, lui faire savoir d'une manière ou d'une autre qu'il pensait à lui, espérant qu'il allait bien.

Quand il était d'humeur à se tourmenter, Harry se passait et repassait en boucle la vision qu'il avait eue début août, celle où Malfoy torturait Rowle. Il revoyait, aussi clairement que s'il avait été là – et, d'une certaine manière, il avait été là – son air terrifié, sa main tremblante et ses yeux brillants de larmes.

Cette vision était comme un cauchemar, ou pire qu'un cauchemar, car elle avait vraiment eu lieu.

Le grand Mangemort blond, Rowle, se tordant sur le sol en hurlant. La silhouette mince de Malfoy, penchée sur lui, la baguette tendue. Et lui, Harry, parlant d'une voix glacée et impitoyable :

Tu en veux davantage, Rowle, ou bien on en reste là et on te donne à manger à Nagini ? Lord Voldemort n'est pas sûr de pardonner, cette fois... Tu m'as rappelé pour ça, pour m'annoncer que Harry Potter s'était à nouveau échappé ? Draco, fais sentir encore une fois à Rowle l'intensité de notre déplaisir... Vas-y ou c'est toi qui subiras ma colère !

Puis une bûche s'écroulait dans la cheminée, les flammes se dressaient, projetant leur clarté sur le visage blafard et pointu de Malfoy, sur ses yeux gris et hantés...

Si Harry avait rendu visite à Malfoy à l'Infirmerie... Ou s'il n'avait pas lancé le Sectumsempra... Ou s'il avait essayé par tous les moyens de le convaincre d'abandonner sa mission... S'il était allé voir Dumbledore pour le supplier de protéger les Malfoys... Ils n'en seraient pas là.

Mais ils avaient tous les deux fait leurs choix, et ça avait produit beaucoup de sang. N'était-ce pas ce que les étoiles avaient confié à Firenze ? Qu'ils commettraient de « graves et sanglantes erreurs » ?

Enfin, la Divination n'a rien d'une science exacte. Firenze a prédit qu'on renverserait le Destin et pourtant, ça n'arrivera pas, songea Harry. Malfoy ne m'a jamais semblé si loin... Il est de retour à Poudlard, tandis que Hermione et moi parcourons la campagne en faisant du camping sauvage.

– A quoi tu penses ? A l'épée de Gryffondor ? demanda soudain la voix de Hermione.

Harry sursauta. Il ne l'avait pas entendue sortir de la tente et approcher de son poste de garde. Il faisait un piètre sentinelle.

– Non, dit-il avec franchise. Je n'en peux plus de me demander où Dumbledore aurait pu la cacher.

– Pareil, à force de faire des listes de potentielles cachettes, j'ai l'impression de devenir folle, répondit Hermione, en s'asseyant à côté de lui. Tu as sommeil ?

– Pas vraiment. Tu n'as rien contre un peu de compagnie pendant ton tour de garde ?

Pendant une seconde, Harry crut que Hermione allait insister pour qu'il aille se reposer, mais elle acquiesça finalement avec un sourire reconnaissant.

Assis sur la même pierre plate, les deux amis levèrent la tête pour contempler le ciel étoilé, cet immense voile noir qui, dans ses plis, cachait des galaxies vertes ou roses et sur lequel on avait cousu des milliers d'éclats de miroirs.

Harry n'avait jamais cessé d'être émerveillé par les étoiles, même après avoir vécu six années dans un château où l'on pouvait voir ce spectacle toutes les nuits, ou presque. Il continuait à graver chaque constellation dans sa mémoire comme s'il vivait toujours dans un placard dépourvu de fenêtre.

Sous les étoiles, il se sentait seul et insignifiant, plus seul et insignifiant qu'un caillou sur la route. Souvent, ce sentiment l'apaisait.

– Qu'est-ce que tu sais des prophéties faites par les centaures ? demanda-t-il, après un long silence.

Si Hermione trouva la question curieuse, elle n'en montra aucun signe. Peut-être appréciait-elle la distraction.

– Dès que j'ai appris qu'il y avait des centaures dans la Forêt Interdite, j'ai voulu en apprendre plus, mais il y a peu de livres à leur propos, répondit-elle en se mordillant un ongle. En plus d'être très énigmatiques, ils n'aiment pas partager leurs connaissances. Il me semble qu'il n'y a qu'une dizaine de sorciers dans l'Histoire qui ont eu la chance d'entendre une prédiction de centaure.

– Mais tu penses qu'ils connaissent vraiment l'avenir ? Je sais que la Divination et toi–

– Oh, Harry, je ne suis pas assez stupide pour penser qu'on peut comparer la Divination faite par les sorciers et celle pratiquée par les centaures ! Si j'en crois ce que tu m'as raconté de vos cours avec Firenze, les centaures n'utilisent pas de mediums comme les boules de cristal ou les tasses de thé, ils puisent directement leur savoir dans la Magie Ancienne. C'est comme s'ils étaient en symbiose avec la Nature, avec la Forêt Interdite. A mon avis, ça change tout.

– La Magie Ancienne ? répéta Harry en se creusant la tête, cherchant quand est-ce qu'il avait déjà entendu cette expression.

– Tu sais bien, tiqua Hermione avec un geste impatient, celle qui coule dans toutes les choses du monde et qui n'a pas besoin de baguettes ou de sortilèges pour s'exprimer. Aucun humain n'a jamais réussi à la maîtriser, elle agit quand bon lui semble. C'est grâce à elle que tu es en vie, Harry, tu devrais lui montrer plus d'intérêt.

– Grâce à– Oh, tu parles de la protection de ma mère ?

– Exactement. La Magie Ancienne ou Vieille Magie appartient à l'univers. Elle crée des protections inviolables comme celle de ta mère, ou encore des dettes de vie. Quelque part, c'est elle qui écrit le Destin.

– Les dettes de vie, répéta Harry.

– Oui, Harry, les dettes de vie. Tu vas répéter tout ce que je dis ? rétorqua Hermione d'une voix sarcastique. Si je me souviens bien, Pettigrow en a une envers toi, n'est-ce pas ? Un jour, il sera obligé de la rembourser. Je me demande comment ça se passera, est-ce que tu crois qu'il le fera de bon cœur ou est-ce qu'il agira sous la contrainte ?

– Je n'en sais rien... Revenons-en aux centaures si tu veux bien, dit Harry. Tu disais qu'ils arrivaient à lire l'avenir en puisant dans la Magie Ancienne... Qu'est-ce que ça veut dire, qu'ils sentent les flux et les mouvements du futur en regardant les étoiles ?

– Quelque chose comme ça, oui. Enfin – c'est très compliqué, je vais vraiment être obligée de caricaturer –, c'est plutôt comme si les étoiles leur confiaient des secrets. Les centaures sont simplement beaucoup plus sensibles à leurs messages que les humains.

– Donc, si j'ai bien compris, tu crois vraiment qu'ils peuvent lire une partie de l'avenir ?

Hermione fit la moue.

– Dire que la Divination c'est « lire l'avenir » équivaut à dire que la Légilimencie c'est « lire dans les pensées ». C'est faux et grossier. Mais oui, pour te répondre très simplement, je pense que les centaures sont capables de voir le champ des possibles dans le ciel. Le temps s'écoule différemment pour eux. Je ne sais plus quelle formule l'auteure de mon livre employait exactement... une superposition du présent, du passé ou du futur ? Oui, je crois que c'est ça... Les centaures voient l'enchaînement des causes et des effets. En voyant une action, ils voient aussi la réaction. Pour eux, le futur est déjà du passé, car il est déjà virtuellement arrivé. Mais il leur arrive de se tromper ! Après tout, toutes les conséquences ne sont que des possibilités...

– J'ai eu un long tour de garde, je ne suis pas certain d'avoir tout saisi, dit Harry en clignant des yeux. Mais si je devais résumer... les centaures voient l'avenir le plus probable, celui qui a le plus de chances d'arriver, mais il existe d'autres futurs possibles. C'est comme lorsqu'on calcule la trajectoire d'un astre et, qu'au final, il prend une tout autre direction.

– Malgré ton long tour de garde, tu es plus synthétique que moi, grimaça Hermione, l'air contrite. Tout dépend de nos choix, en fin de compte. Il suffit d'un choix pour mettre à mal une prédiction.

– Tout comme il suffit de louper ce choix pour que la prophétie se réalise...

– C'est vrai, admit Hermione, en lui adressant un regard interrogateur. Je te remercie d'avoir essayé de me changer les idées, Harry. Tu ferais quand même mieux d'aller te coucher.

Mais ses gestes contredisaient ses mots et elle posa sa tête sur l'épaule de Harry.

Sous l'immense voûte céleste, au milieu de la nuit, Harry se sentait toujours aussi insignifiant mais il ne se sentait plus seul.

xXxxXxxXx

un jour d'Octobre – Dortoir de Serpentard

Dumbledore... Fumseck... Fol Œil... Patmol... Cornedrue... murmurait Draco en tapotant son poste de radio sur des rythmes divers et en faisant tourner le cadran de longueurs d'onde, à la recherche de la bonne fréquence.

– … une nouvelle nuit sur Potterveille ! claironna soudain la voix familière de Lee Jordan.

– « Corne drue » ? Comment tu as pu deviner le mot de passe ? s'étonna Théo. Et que veut dire « patte molle » ?

– Chut ! lui intima Draco, en baissant le volume au minimum et en collant son oreille contre le haut-parleur.

Théo fit de même.

Les deux Serpentards étaient serrés l'un contre l'autre dans le lit de Draco, les rideaux fermés et protégés par un sortilège de Silence. Leurs camarades de dortoir s'imaginaient sans doute qu'ils avaient recommencé à coucher ensemble.

En réalité, Théo ne rejoignait pas Draco dans son lit plusieurs fois par semaine pour faire des bébés mais pour essayer de capter Potterveille, l'émission de radio pirate qui donnait des informations réelles sur ce qu'il se passait en dehors.

– … toujours aucune nouvelle de notre Eclair préféré, dit Lee avec regret. Romulus, vous êtes la dernière personne à lui avoir parlé, que pensez-vous de cette inquiétante absence ?

– Son absence n'est pas si inquiétante que cela, Rivière, ça ne fait que deux mois. Comme à chaque fois, je maintiens qu'il est en vie et qu'il poursuit actuellement une mission de la plus haute importance...

Draco écarta son oreille du haut-parleur en soupirant. Il s'allongea sur le dos, les bras croisés sous sa tête, les yeux fixés sur son ciel de lit.

Contrairement à Théo, qui écoutait Potterveille pour savoir comment avançaient les efforts de la résistance, lui cherchait simplement à obtenir des informations sur Potter. Mais, comme venait de le rappeler Romulus, aka Remus Lupin, personne n'avait eu de nouvelles de Potter depuis le début du mois d'août...

Théo éteignit le poste juste après que Lee ait donné le prochain mot de passe, « Hedwige ».

– Arrête de te faire du mouron pour Potter, dit-il en s'asseyant en tailleur. S'il était vraiment mort, ça aurait fait la Une des journaux pendant plusieurs semaines. De toute façon, je suis sûr que tu serais le premier au courant s'il lui arrivait malheur. Vous avez la relation la plus bizarre qui soit...

– Qu'est-ce que tu veux dire ? grogna Draco, en relevant la tête pour dévisager son ex petit-ami.

– Tu sais ce qu'on raconte sur les jumeaux, n'est-ce pas ? Qu'à l'origine, ils sont une seule âme accidentellement séparée en deux et que c'est cela qui leur permet de percevoir leurs émotions respectives, peu importe la distance entre eux ?

– Oui, et alors ?

– Et alors, je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que c'est votre cas, à Potter et à toi. Ne serait-ce pas terriblement romantique ?

Draco ricana faiblement, comme si ce que Théo disait n'avait aucun sens. Car même s'il y avait bien un Lien entre Potter et toi, ce Lien ne servait à rien.

Avant, Draco chérissait la connexion qui l'avertissait à chaque fois que Potter était en danger. Il l'aimait, car elle rendait leur relation spéciale et elle lui permettait d'avoir des nouvelles du Gryffondor. Il pensait que c'était mieux que rien.

Mais maintenant, Draco détestait le Lien. Depuis quelques mois, il recevait sans cesse des appels à l'aide de la part du cœur de Potter, mais il n'avait aucun moyen de lui porter secours. Au lieu de le réconforter, le Lien le torturait.

Ce fichu Lien ! ragea-t-il. Je préférerais ne pas savoir, plutôt que de subir sans pouvoir agir, je préfèrerais être une personne comme une autre, sans connexion étrange avec Harry Potter, je préfèrerais que Harry soit là, avec moi, plutôt que Merlin savait où, en train de risquer sa vie...

Et voilà que le cafard lui rendait de nouveau visite. Draco l'accueillit avec beaucoup plus de joie qu'il n'était sain de le faire.

– Bonne nuit, Théo, aboya-t-il, en poussant l'autre sorcier hors de son lit.

Ce qui était terriblement malpoli mais ses idées noires s'impatientaient.

– Oh, Draco, j'aime quand tu me malmènes. Les fleurs et les bougies, c'est tellement démodé, ironisa Théo. Passe une belle et douce nuit, Drakkke.

Draco ne répondit pas. Cette nuit-là, comme toutes les nuits depuis la rentrée, il s'endormit en regrettant de ne pas avoir transplané dans la chambre de Harry Potter cet été.


A Suivre...


Prochain chapitre en ligne le 7 octobre : coucou Manoir Malfoy

Merci d'être là ! Plus de 300 reviews YEEEES ! :D

(dites moi ce que vous avez pensé de ce chapitre si vous le souhaitez, car moi je le souhaite beaucoup beaucoup)