Nota bene : Merci à, meme, Scorpon, Naruhina82, fan, Miss-Louloute et Coorimo pour vos commentaires sur mon dernier chapitre qui m'ont fait fondre le cœur… Merci de votre fidélité, de me suivre, de me donner vos avis, je ris, souris souvent à vos mots, et prends vos conseils à cœur… Merci bien entendu à ce qui lisent la fiction depuis le début et qui sont fidèles à Naruto et mes personnages ! Je vous souhaite une bonne lecture… Avec toute ma gratitude sans limite, vraiment… Hime-Lay. AMAZING !

Chapitre 25 : « Un râle sentimental ».

Benoît pénétra dans sa loge, et s'assit sur le canapé, s'étirant comme le chat matinal. Le dos et les jambes n'avaient pas supporté la vielle de ne s'accommoder que du sol carrelé pour la nuit chez Riichi. Et puis, ils n'avaient dormi qu'une toute petite heure, passant le reste du temps à se câliner, se cajoler, se caresser et s'embrasser sans pause. Il en rougissait. Il n'en n'était pas certain, mais leur relation s'était enfin épanouie, éclos à la lueur du soleil qu'était son amour pour lui.

Benoît se leva pour ranger ses affaires, lorsqu'il sentit deux bras venir l'entourer, et sa nuque être embrassée. Affectueusement, Riichi prit l'initiative de masser ses épaules qu'il devinait en compote après la nuit écoulée durement.

- Merci pour cette nuit, c'était torride ! Taquina le pianiste à son oreille

- C'était douloureux aussi ! Bouda-t-il

Riichi fut amusé, il savait pourquoi Benoît rechignait subitement, et ce n'était pas uniquement à cause du sol plat et dur. Au petit matin, sa voisine avait frappé à la porte, et ce fût le pianiste qui tomba sur elle. Avec aucune gêne, elle avait entouré son cou sensuellement, réclamant son « habituel » petit-déjeuner coquin. Benoît avait pâlit, et le mot « habituel » l'avait irisé, malgré les arguments de son amant.

- C'était de la provocation ! Se défend Riichi

- Je ne voudrais surtout pas t'empêcher de savourer un petit-déjeuner coquin le matin !

- Benoît…

Le cœur de Benoît tambourina violemment, son prénom fut murmuré dans une douceur absolue, l'avait-il déjà interpellé par son nom, avec autant de sincérité… Non, c'était la première fois. Riichi attrapa son visage dans ses mains, et les yeux dans les yeux, il lui fit une confidence qui bouleversa son âme.

- Je ne t'ai pas trompé, et je ne compte pas le faire…

Explosion : le cœur de Benoît venait d'imploser dans tout son corps, et ce fut avec fougue qu'il agrippa son cou, et venu l'embrasser, fiévreusement, avec acharnement, et ce qui fut encore plus savoureux dans ce baiser, c'était sentir Riichi lui rendre tous ces sentiments à son tour. Il voulait le posséder, il voulait être à lui, et qu'il lui appartienne sans retenue, alors, pour continuer à capturer l'attention de son amant, Benoît répliqua innocemment,

- Tu devrais quand même changer d'immeuble en même temps que ton colocataire…

Riichi se mit encore une fois à rire devant la jalousie attendrissante de Benoît. Malgré le fait qu'il l'embrassait avec passion, qu'il le serrait si fort contre lui qu'il pourrait l'empêcher de respirer, qu'il émettait des signes, des messages, des insinuations, c'était presque vexant que son « petit-ami » ne comprenne pas les allusions.

- C'est avec toi que je veux vivre, idiot… Murmura-t-il à son oreille

Benoît resta la bouche ouverte de stupéfaction. Avait-il bien compris la demande de Riichi : il voulait vivre en collocation avec lui ? Le guitariste fut pris au dépourvu et sa tête se remplie de doute. N'était-ce pas dangereux de vivre aussi tôt ensemble alors qu'il n'avait pas encore mit mot sur leur relation.

- J'imaginais plus de joie de ta part ! Répliqua Riichi, faisant la moue

- Non, je suis heureux, mais… Ce n'est pas un peu tôt quand même ?

- Pourquoi ça serait trop tôt ?

- Et bien… Nous… Enfin…

Riichi captura les lèvres de Benoît qui soufflant le doute le rendait morose. C'était un désir qui partait du ventre que de souhaiter partager son quotidien avec Benoît et Riichi se heurtait à son incertitude.

- Des tas de gens attendent des années avant de vivre ensembles, et finissent par se séparer… Argumenta le pianiste

- Tu essayes de me convaincre… S'amusa Benoît

- Je vais finir par croire que de nous deux c'est moi le plus attaché ! Se moqua-t-il

- Aucune chance… Susurra-t-il

Benoît agrippa le cou de Riichi et lui fit comprendre qu'il souhaitait être soulevé par son affection pour que son amour le regarde de haut. Passionné, ce fut lui qui donna le second baiser, un baiser contenant toute son ivresse pour Riichi et qui répondrait à sa demande : acceptée depuis l'instant où il avait émis l'idée.

…..

La porte s'ouvrit brutalement, faisait sursauter Keiji, Shiro, Naruto et Hayley qui se trouvaient dans la salle de répétition. Ce qui les surprit davantage, était l'auteur de cette entrée remarquée. Ils s'attendaient à voir débarquer un Tomas fou furieux, hargneux, dont son élan serait dicté par sa colère, mais la personne qui s'était présentée devant eux avec détermination, fut Hinata.

Sans prononcer un mot, une phrase, pas même un « bonjour » ou un futile « salut », elle pressa le pas en direction d'Hayley, attrapa sa main et la guida vers l'extérieur de la pièce, sous le regard interrogateur de leurs amis.

Hinata traîna Hayley jusqu'à la salle des cafés, et installant sa meilleure amie sur un siège, elle s'assit en face d'elle, l'air grave, les yeux emplis de colère, et commença par,

- Il faut qu'on parle ! Grogna-t-elle

- Je te promets ma chérie, je ne t'ai pas trompée avec la voisine du dessus ! Plaisanta Hayley

- Ce n'est pas le moment de faire le pitre Hayley, je suis sérieuse… !

Hayley reprit un air sérieux. Hinata avait terminé sa phrase dans un sanglot. Mais enfin, qu'est-ce qui pouvait rendre sa meilleure amie si inquiète, si troublée, munie d'un air aussi grave ? Il était vrai que depuis plusieurs semaines, elles se voyaient moins, ne pouvaient pas se confier, parler ou plaisanter en toute liberté, mais si c'était le cas, ce fut uniquement parce qu'Hayley pensait laisser Hinata tranquille, étant donné qu'elle avait un examen important bientôt. Cependant, elle se fourvoyait…

- Hinata, tu m'inquiètes… Qu'est-ce qu'il se passe… ? Demanda-t-elle, prenant ses mains

- Mais c'est à toi de m'expliquer ce qu'il se passe ?!

- Hein ?! Mais, il ne se passe rien !

- Tu plaisantes ?! Depuis mon déménagement, je ne pense plus qu'à ça ! Tu as voulu te confier à moi sur quelque chose, quelque chose qui semblait t'atteindre, te peiner, et tu n'es jamais venu vers moi en dire plus !

- Mais, Hinata…

- Depuis, je suis hantée par ça, parce que tu me caches quelque chose, parce que tu avais l'air affecté et que je m'inquiète pour toi, tellement que je suis incapable de me concentrer !

Hayley ne réfléchit plus, et vient serrer sa meilleure amie dans ses bras : encore une fois, elle avait tout faux. Elle ne voulait pas inquiéter Hinata, et encore moins la mêler à ce qu'il se passait entre elle et Tomas. Elle souhaitait justement lui éviter cette inquiétude, ces tourments pour qu'elle puisse se vouer complètement à ses examens, mais Hayley avait causé l'effet inverse. Hinata était restée dans le flou, dans le brouillard, seule, à chercher sa meilleure amie dans l'obscurité pour qu'elle lui apporte lumière.

- Je suis désolée Hinata, je ne savais pas que tu pensais encore à ça…

- Bien sûr que je pensais à ça, tu es ma meilleure amie, et je suis affectée aussi quand quelque chose de mal t'arrive…

Hinata et Hayley se regardèrent et échangèrent finalement un rire. Elles se vilipendèrent délibérément d'idiotes, pourquoi n'étaient-elles pas venues avant se confesser l'une à l'autre ? Pourquoi avoir attendu dans le tourbillon de l'anxiété ? Chacune respectait certainement encore l'intimité de son amie la plus chère, mais les forces de cette amitié de marbre brisait encore les interdits du jardin secret.

Hayley reprit place en ne lâchant pas les mains de sa meilleure amie, et attendue dans le silence le courage de se livrer.

- Tu sais… Je respecterais que tu n'es pas envie de m'en parler… Répliqua Hinata

- J'ai embrassé Tomas au jour de l'an…

- …

- Et… Depuis, je suis…

Hayley ne parvenait pas encore à le dire, à se l'avouer complètement. Elle expliqua en détail les événements qui s'étaient déroulés entre eux, de ce fameux présent à Noël, en passant par leur baiser échangé dans son bureau, jusqu'à leur conversation dans l'armoire dû à l'agacement de Maurice.

Hinata écoutait sa meilleure amie parler nerveusement et tremblante de ces moments. Et pourtant, toute une passion se lisait dans son regard, elle rougissait comme un ange, souriait sans s'en rendre compte et ses yeux brûlants, foudroyants, comme si elle regardait Tomas dans les yeux en s'adressant à lui.

Malgré le plaisir qu'elle prenait à lui conter ces instants, ils l'avaient bien plus perturbée que rendues heureuses, ou bien au contraire,

- Tu es bouleversée parce que tu as pris plaisir…

Hayley baissa les yeux et rougit davantage. Hinata pouvait apercevoir son visage s'ensoleiller, ses dents mordre inconsciemment sa lèvre supérieure et ses prunelles qui s'évanouissaient dans ce souvenir bon à déguster, à se rappeler, à revivre mille fois dans son esprit.

- Il embrasse si bien que ça ? Taquina Hinata, posant sa tête sur sa main, coude posé sur son genou, comme le penseur observe la terre

- C'est, c'est mal !

Hayley se leva subitement, et toute la beauté que son bien-être peignait sur son visage se dissipa comme le soleil au contact de nuage gris. Elle tournait en rond, et parlementa auprès de sa meilleure amie, tel l'accusé plaidant coupable. « Je n'ai pas le droit ». Elle répéta trois fois ces six mots en les expulsant à la manière que le corps se vide d'une nausée. C'était intense pour elle que de se mutiler de son comportement. « Il est marié ! », conjura-t-elle, c'était par conséquent infect, elle collaborait avec la trahison. « À chaque fois que je vois Mélanie, j'ai comme un coup de poignard dans le cœur » pleura-t-elle, respectant sa femme, son épouse qui était une femme amoureuse, et déjà suffisamment malheureuse par les tromperies de son mari. « Je suis une mauvaise personne ! Je n'ai pas le droit, pas le droit de… », s'effondra-t-elle.

Hinata venu la rejoindre et s'assit au sol en face de sa peine. Elle était touchée par ces sentiments douloureux et néfastes, et elle comprenait mieux ce qui bloquait son inspiration, du moins, le courage de dévoiler ses œuvres. La situation devait bien au contraire l'inspirer pour des textes de toutes parts, mais la tristesse qu'elle ressentait prenait lamentablement le dessus.

- Hayley, écoute-moi… Tu n'es pas un monstre…

- Mais !

- Tu es tombée amoureuse d'un garçon… C'est tout… Ça n'a rien de criminel…Sourit-elle, tendrement

Hinata caressa sa joue à la façon d'une mère consolerait son enfant. Hayley dramatisait ses sentiments. Évidemment, Tomas était un homme marié, compliqué et elle savait sûrement peu de détail à son sujet, à propos de son passé et de sa vie intime, mais il était sûr qu'un lien particulier c'était tissé, et quiconque ici ne pouvait l'ignorer.

- C'est lui qui t'a offert la boucle d'oreille… ? Demanda Hinata tout en caressant le bijou

Hayley acquiesça. Hinata avait raison, elle connaissait peu de ligne de la vie de Tomas, son enfance, les chemins traversés – bons et mauvais – son parcours, ce qui l'avait mené à être aussi distant, froid et solitaire et surtout, ce qui le poussait à mener une vie sans scrupule sentimentalement à sa femme, mais il avait su surtout ouvrir son cœur. Il avait fait une brèche pour y déposer de l'assurance, des responsabilités, tenté de la rendre plus forte, plus ouverte et moins réfractrice.

Aussi, Hinata était bien placée pour le savoir, Tomas ferait et fera n'importe quoi avec n'importe qui pour Hayley… Il avait trouvé une place de pédiatre à son père, il payait son école de peintre, et le ciel seul savait tout ce qu'il avait encore fait pour elle. Par ailleurs, Hinata s'inquiétait, car si sa meilleure amie venait à le découvrir, elle imaginait déjà l'état de colère dans lequel elle se trouverait : Hayley n'acceptait pas le marchandage affectif.

- Hayley… Laisse faire les choses…

- Mais… !

- Tes sentiments sont là et ils ne partiront pas de ta simple volonté, tu le sais…

Hinata avait encore une fois raison. Hayley était tombée amoureuse, mais restait fragile et attentive de ses sentiments, car ils étaient puissants et peu commun. Après tout, elle n'était pas obligée de se justifier, elle était amoureuse, point, il n'y avait rien à ajouter, c'était ainsi, et qu'importe tout le mal qu'il en ressortait, le bien-être de cet amour était plus fort.

- Merci… Hinata… Et pardon aussi…

- Tu n'as ni à me remercier ni à te faire pardonner… Nous sommes amies… !

Hayley et Hinata s'enlacèrent : partager un instant d'intimité, où elles pouvaient se livrer sans tabou leur avait manqué. Elles avaient oublié combien partager un secret renforçait ce sentiment d'amitié.

…..

Tandis qu'Hayley et Hinata se réconciliaient et s'avouaient des secrets coquins, taquins et intimes, l'ambiance qui trônait en salle de répétition était son antonyme, et bientôt la glace paralyserait les murs de la pièce, et les âmes candides.

Car depuis quelques minutes déjà, Keiji dévisageait Riichi, il le dévisageait à cause des yeux rougis de Benoît : son ami avait pleuré, c'était sûr, et la cause se trouvait assis devant le piano. Il souriait bêtement, fièrement même, comme se vantant d'une action, d'un geste accompli. En plus de l'électricité que générait déjà le guitariste au fond de lui à l'attention de Riichi, une visite inopinée rendue sa fureur plus grande.

Layla débarqua dans le studio, et accouru telle une groupie vers Riichi, et sans se préoccuper de l'entourage, sans se sentir embarrassée ou pensant importuner la pudicité des autres musiciens, elle embrassa sans autorisation le pianiste, qui ne s'attendant pas à une telle preuve affective, resta de longues secondes, sans bouger, sans la repousser.

Benoît palis et fut désarmé, il ne réalisait pas que son « petit-ami » était en train de se faire happer par son ex-amante. C'était un peu comme lutter contre le brouillard, et puis au bout de secondes interminables, il réalisa, vu réellement Riichi en train d'être embrassé par un autre que lui, par une autre…

Riichi n'était pas concentré, il n'avait même entendu arriver Layla, ni l'entendre crier son prénom, trop occupé à sourire comme un enfant devant le présent de Benoît : cette gravure de bronze prouvait à quel point il l'aimait, ils s'aimaient… En ce bien être silencieux, il n'avait par conséquent, aucunement anticipé la folie de Layla, et c'était laissé d'embarrassantes secondes, embrasser par elle.

Réagissant à l'appel du regard de son « petit-ami » qui traversait son dos, Riichi posa ses mains sur celles de Layla et cessa finalement ce baiser.

- C'était un court aperçu de ce que je désir de toi… Riichi… Déclara-t-elle

- Je ne me contenterais jamais d'un baiser… S'amusa Riichi

L'envie de Layla ne passa pas inaperçu, et la tentation du pianiste se voyait public. Benoît ne savait pas où se placer. Au ton de son « petit-ami » il était évident que la situation l'amusait, le réjouissant, après tout, il était avant tout autre chose, un séducteur, aimant séduire et se faire séduire. Et si le guitariste était un peu piqué à vif dans sa fierté, Keiji prit encore davantage la situation au sérieux. Observer son ami cher devenir pâle et triste le mis dans tous ses états, brisé le bouclier qui empêcherait tout scandale, Keiji attaqua.

- Tu n'as qu'à demander à ton second amant de faire le reste ! Le piqua-t-il

Hayley et Hinata arrivèrent sur ce phrasé. Que se passait-il dans cette pièce ? Elles ressentaient la pression émise par des âmes froissés et souhaitant se délivrer par la colère. Keiji et Riichi se dévisageaient sévèrement, pendant que Shiro et Naruto essayaient de comprendre ce qu'il se passait entre les deux hommes. Quant à Benoît, son regard se figeait sur Keiji, et la peur se lisait presque : savait-il ?

Riichi se leva, furieux. Il ne supportait plus les impertinences de ce morveux impulsif. Le pianiste se moquait de ce qu'on pensait de lui, ou même de ce qu'on disait de lui, mais il savait Benoît plus susceptible, plus fragile, et balançait d'une manière presque vulgaire « ton second amant » le mettait hors de lui. Riichi en était de plus persuadé, Keiji ne crachait pas cette remarque au hasard, il savait, et ce fut ce qu'il le mettait plus en rage.

- Tu veux dire quelque chose ? Dis-le jusqu'au bout ! Mais il va falloir assumer les conséquences après ! Répliqua Riichi d'un ton ferme

Keiji n'avait rien compris pour Riichi. Il comptait dissoudre ce malentendu avec Layla en délicatesse, avec le peu de courtoisie qu'il resterait à définir, mais non, tout allait devoir se régler là, maintenant, tout de suite, comme un règlement de compte de quartier. Et pour ce qui était de sa relation avec Benoît, il aurait souhaité profiter un peu plus de ce secret, de cette bulle intimement friponne, mais encore une fois, l'impulsivité égoïste de Keiji gâchait tout.

- Tu me prends pour un idiot ? S'emporta Keiji. J'assume et assumerais tout ce qu'il va se passer ici !

- Eh, on peut savoir ce qu'il se passe ici ?! Intervenu Tomas, suivi par Maurice, interpellés par les cris s'égarant jusqu'au couloir

- Alors Keiji, il se passe quoi ? Continua Riichi dans la provocation

Keiji avait l'impression de se prendre des coups par Riichi sans pouvoir riposter, et l'impression qu'il perdait le « combat » le rendait encore plus nuisible. Le pianiste n'aurait pas dû souffler sur la braise de l'animosité que Keiji possédait à son égard.

- Riichi couche avec Benoît, et c'est un foireux manipulateur !

La révélation subite et pour la moins vomie sans filtre, sans barrière, sans management, avec presque jugement sans preuve, mettait chaque personne dans la pièce mal à l'aise. Naruto et Shiro furent stupéfaits, jamais Ô grand jamais ils n'auraient l'espace d'un instant même universellement vide, imaginés, imagés Benoît et Riichi amants. Et si Shiro tentait de remodeler l'information pour la rendre plus posé, plus sereine et y réfléchir avec calme et tolérance, Hinata pouvait déjà lire le mépris de Naruto, s'approchant même de Keiji comme pour le soutenir dans ses propos.

La tension était à son apogée, et Hayley sentait la tempête venir. Elle ne souhaitait pas comme à son habitude, réagir de manière impulsive, autrement dit, elle sauterait bien au cou de Keiji pour lui apprendre les bonnes manières, mais sa nouvelle force lui dicta de relativiser, et de faire redescendre la tension assassine.

Ce fut par le rire qu'Hayley décida de combattre. Le ventre de la chanteuse expulsa un rire nerveux, fort, et bruyant, comme une hystérie éclatante, sous le regard interrogateur et un peu moqueur de toutes les personnes présentent dans la pièce.

- C'est impossible ! Benoît et Riichi ne couchent pas ensemble ! Dit-elle se tenant le ventre, se remettant de son rire nerveux

- Navré de te décevoir, mais je l'ai vu tous les deux se rhabiller dans la loge de Benoît, et ils n'avaient pas l'air d'avoir joué aux cartes ! Se défendit Keiji

- Non, non, ce que je veux dire c'est qu'ils ne font pas « que » coucher ensembles… Sourit-elle

Hayley monta sur la scène rejoindre Riichi. Elle se plaça face au piano et se mit à caresser la décoration de bronze que Riichi avait accroché. C'était le présent que Benoît avait offert au pianiste au jour de l'an, et qu'elle avait aperçu. Hayley connaissait son ami, et s'il avait accepté ce présent et le garder près de lui, en pouvant l'observer chaque jour, accroché au piano, l'instrument qui avait guidé sa vie, c'était alors que Benoît était bien plus qu'un « amusement » : il avait développé des sentiments pour lui.

- C'est un présent qui vient du cœur… Et que Riichi a accepté avec le cœur… Rougit-elle

Le présent de Benoît symbolisait nombreux souvenirs pour Riichi. Ce bronze sculptait son musicien favori, celui qu'il écoutait, fredonnait dans les moments pénibles de sa vie, et la musique l'avait complètement sauvé du suicide. Ce cadeau avait la même valeur sentimentale que Tomas lui a faite également… Hayley comprenait que ce qui unissait par conséquent Riichi et Benoît était fort, et que ça le deviendrait davantage avec le temps…

- Je comprends que tu veuilles défendre ton ami, mais ce jour-là, Riichi a été particulièrement désagréable avec Benoît, et ce matin il arrive les yeux rougis par les larmes ! Continua Keiji

- Mais non, je n'ai pas pleuré… ! Répliqua Benoît

- Tu plaisantes, tu as vu ta tête et tes yeux sont bouffis !

- Je te remercie, j'ai l'impression de faire peur maintenant ! Bouda-t-il

- Je n'ai pas fait pleurer Benoît espèce d'abruti ! Ou alors, il a pleuré de plaisir ! Taquina-t-il

- Riichi ! S'intimida son amant

- Nous n'avons pas dormi de la nuit, car nous avons fait l'amour sur le carrelage !

Benoît devenu aussi carmin que le poisson qui tournoie dans son bocal domestique. Riichi déballait leur intimité sans frontière et cela le gênait. Mais, en même temps, ça le rendait timidement heureux, son amant assumé pleinement leur relation.

- Tu as tiré des conclusions hâtives Keiji, et j'aimerais bien que tu t'excuses auprès de Benoît… Demanda Riichi

- Je n'ai pas besoin de tes conseils !

- Ce n'est pas grave de toute façon, Keiji a voulu bien faire, j'en suis sûr… Défendit Benoît

- C'est exact, j'ai voulu bien faire, j'ai voulu bien faire parce que je ne crois pas à cette relation ! Persista Keiji

- Keiji, s'il te plaît, tu en as assez fait… Essaya de tempérer Shiro, son petit-ami

- Justement non ! Ce n'est pas un homme pour toi, il te fera souffrir !

- Tu commences sérieusement à m'agacer avec tes préjugés ! S'emporta Riichi, s'approchant de Keiji

- Écoutez les gars, si on faisait une pause, hein, histoire que les tensions redescendent ! Encouragea Naruto

- Excuse-moi mais je ne compte pas me laisser insulter par ce gamin primaire ! Répliqua Riichi

- Et bien, moi, je vais vous laisser… Intervenue Layla, restée dans son coin

- Layla, je suis désolé ! La retenu Riichi, sincère

- Ce n'est rien… Tu mérites d'être heureux…

Layla sourit une dernière fois à Riichi, un sourire où derrière se dissimulait une tristesse. C'était bien tout ce que le pianiste ne souhaitait pas, que la situation finisse dans un drame absolue. À cause de l'impulsivité de Keiji, il avait l'impression que tout se terminait avec Layla à l'image qu'on jette un pot de yaourt périmé à la poubelle !

- Tu es vraiment un petit con ! L'insulta Riichi

Hayley et Hinata se regardèrent : elles ne savaient pas comment calmer le jeu. Puis, le regard d'Hayley se dirigea instinctivement vers Tomas, et ce fut avec rougissement qu'elle constata qu'il la regardait. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle dire de plus que le témoignage d'une parfaite preuve d'affection dont elle avait été témoin ? Elle n'avait plus le temps de réfléchir, les garçons essayaient déjà de séparer Riichi et Keiji, tout basculait.

- S'il te plaît Riichi, arrête… Supplia Benoît, les mains posés sur son torse pour le faire reculer

- Arrête aussi Keiji, tu vas trop loin… Le stoppa Shiro, de la même façon

- Je ne vais pas me laisser insulter par ce dépravé ! Se défend Keiji

- C'est vrai que tu as toujours était un saint toi ! Provoqua Riichi

- Stop ! Ça suffit maintenant !

Hayley ne pouvait plus supporter de voir ses amis s'entre déchirer. Le groupe partait dans tous les sens, et bientôt les insultes ressembleraient à des vérités qui blesseraient tellement qu'un sentiment malsain piétinerait leur amitié.

- Vous êtes ridicules… Tous les deux !

Keiji et Riichi regardèrent la colère dans les yeux d'Hayley et ils virent la honte de leurs propos dans ses iris. À quoi servait cet échange rempli de colère et d'aucune lucidité. N'étaient-il pas tous deux forts au point d'avoir réussi à combattre leur douloureux passé pour en faire une force, une force d'aimer ? Pourquoi se déchiraient-ils ? Est-ce qu'ils ne voyaient pas une similitude dans leurs blessures et reportaient ainsi leur propre peur sur l'un et l'autre.

- Keiji, tu n'as pas ton mot à dire sur la relation entre Benoît et Riichi ! Libre à toi de ne pas la concevoir, mais tu n'as aucunement le droit de porter un jugement !

- …

- Si tu as encore des peurs, des doutes, des incertitudes, c'est avec Shiro qu'il faut les régler, et pas avec Riichi !

- …

- Quant à toi Riichi, tu sais d'avance que si tu faisais souffrir Benoît, bien que personnellement, j'en doute, nous te tomberons tous dessus !

- …

Riichi se calmait quelque peu, par les mots de sa meilleure amie et le regard suppliant et peiné de Benoît. Mais Keiji, lui, ne pouvait pas supporter de voir son ami prisonnier d'un homme qui ne le rendrait pas heureux, d'un homme comme lui… Hayley avait touché la cible et il était blessé.

- C'est vrai que toi aussi tu connais bien ça, être amoureuse d'un pourri !

Keiji avait murmuré cette insulte au visage de son innocente amie en ressentant déjà le déshonneur. Et si le guitariste goûtait sans même y avoir été invité à la bassesse, Tomas monta sur la scène, se positionna droit comme un « i » devant Hayley pour faire face à Keiji : l'enfant qu'il était visiblement encore méritait une leçon de vie.

- J'en ai assez de vous entendre caqueter comme des poules ! Vous ne faîte que crier pour rendre sourd l'autre !

- …

- Il serait peut-être temps de laisser un peu derrière vous vos démons et d'apprendre à grandir ! Vous êtes tous des professionnels ici, alors prenez de l'énergie à travailler plutôt qu'à vous engueuler pour des futilités…

- …

- À partir de maintenant, tout ce que vous aurez à vous dire se fera à l'extérieur de ma production ! Je suis clair ?

- …

- Farber ?!

- Euh, oui !

- Avez-vous un texte à nous proposer, vos musiciens sont à bout de nerf comme mon équipe et il serait temps pour vous aussi d'apprendre à faire la part des choses !

Hayley était comme bousculée par un individu dans la rue, trop pressé pour s'arrêter et s'excuser. Tomas avait un air si autoritaire subitement, et il était à des kilomètres de l'homme engageant qui se troublait devant elle. Qu'importe ! La tension était suffisamment à son apogée pour qu'elle se dispute à son tour avec son manager.

- En réalité, j'en ai même deux à vous proposer… Manager ! Dit-elle, souriant en le snobant

Tomas eu comme un grondement de tonnerre dans tout son corps. Hayley l'impressionnait, elle avait saisi son message, ses mots, voilà maintenant qu'ils se comprenaient d'un regard… Finalement, après une nuit passé avec lui-même, Tomas ne regrettait pas son choix, sa décision, la barrière qu'il allait sauter.

- Et bien parfait ! Une semaine, c'est le temps que je vous accorde pour préparer vos morceaux et je n'accepterai pas le dépassement de ce délai !

- Ok !

Tomas en aurait presque sourit, Hayley osait lui répondre avec ce « ok » arbitraire, le même répondant à ses sentiments, il ne la savait pas rancunière : pouvoir attractif.

…..

Sept jours échus. Tomas arrivait en salle de répétition avec Mélanie, Yann et Jack pour entendre les deux morceaux de Soul Artist. Maurice avait l'air épuisé, éreinté, comme s'il avait couru depuis une semaine sans s'arrêter. Tomas avait été très absent durant la semaine, entre réunion, conférence et préparation marketing pour les autres groupes de sa production, il n'avait pu à aucun moment venir à la rescousse du coach vocal.

Le groupe avait été difficile à gérer pour la grâce de Maurice. Tension, dispute, discorde, règlement de compte, désaccord sur les notes et combat des égos, les cinq hommes du groupe avait mené la vie dure à la chanteuse également… Ces deux textes étaient splendides, émouvants et forts en sentiments, mais les écarts personnels de chacun avait complètement emprisonné la créativité, le partage d'idée, le débat était stérile et sans fondement : Maurice redoutait l'éclat de colère de Tomas.

Hinata c'était invitée pour l'occasion accompagné de Sasuke qui souhaitait encore se confier à elle. Depuis que Karin avait fermé la porte au nez du brun, elle ne l'avait plus jamais ouverte. Elle ne répondait plus à ses appels, ni à ses messages, et la cerise sur le gâteau sucré de l'inquiétude de Sasuke,

- Elle a déménagé !

- Déménagée ? Fut surprise Hinata

Hier soir, éjectant son mépris d'être ignoré sur la porte de l'appartement de Karin, un homme avait fini par ouvrir. L'habitant avait bien évidemment insulté Sasuke de cogner comme un « malade » à sa porte, et qu'il allait réveiller sa « petite-amie » clouée au lit par la grippe. Alors, sans réfléchir, interprétant le scénario monté de toute pièce par sa jalousie, il avait donné un coup de poing au garçon.

- Tu as fait quoi ? Sursauta Hinata

Sasuke n'était pas allé au bout de son explication, avouant honteusement qu'il était entré en trombe dans la chambre, pensant y trouver Karin… Bien évidemment, il tomba sur une jeune fille mal en point, ayant eu peur par l'arrivé subite et violente de Sasuke. L'homme l'avait mis dehors, en lui offrant un présent inoubliable,

- Je comprends ton pansement à l'arcade maintenant ! Ricana Hinata

- C'était son poing ou la police…

- Sasuke…

- Je sais ! Je sais !

Sasuke était agacé, et il avait peur de lui-même, de ce qu'il devenait. Il le savait, il aurait été capable de réellement mettre minable ce garçon s'il avait été véritablement avec Karin. Aucunement, il ne se serait imaginé un jour tenir autant à une femme au point d'en devenir incontrôlable, complètement indomptable…

- Tu es amoureux ! Le taquina Hinata, attrapant son bras, affectueusement

Sasuke resta silencieux et s'accapara égoïstement la chaleur d'Hinata. Par ailleurs, c'était une autre énigme de son cœur. La petite-amie de Naruto était devenue une amie, à lui, réussissant à se confier facilement, sans honte ni limite, et elle lui rendait sa confiance. L'amitié dont elle faisait preuve allait même jusqu'à tenir tête à son amant.

Immanquablement, Sakura – suite à son altercation avec Sasuke – c'était immédiatement réfugiée chez Naruto pour exprimer sa peine. Le musicien avait pris parti pour son amie, et il avait eu le droit à une leçon de morale volcanique. Aussi, la tension avait failli partir dans l'extrême, car Naruto avait osé mettre en faute « cette fille », cette fille pour laquelle il ne savait rien, ignoré tout, et détruisait une amitié de longue date entre Sakura et Sasuke et une histoire qui aurait pu être belle.

- Tu sais qu'elle dort sur le canapé depuis… Avoua Hinata

- Tu plaisantes j'espère ? S'abusa Sasuke

- J'aimerais…

- Je suis navré !

- Ne t'excuse surtout pas… J'aime Naruto, mais je ne peux pas être toujours d'accord avec lui…

- Certes !

- Et tu fuis ma question… Continua-t-elle, avec une moue maternelle

Sasuke inspira avec un sourire nerveux collé sur ses lèvres. Après tout, où mènerait sans cesse l'attitude stupide de se cacher ses sentiments. Il réagissait comme un adolescent primitif, émoustillé pour la première fois, grossissant le moindre acte, susceptible à souhait, et grossissement jaloux et possessif, en soit, il faisait connaissance avec les défauts,

- Tu es amoureux ! Amoureux, amoureux !

Hinata le gigota pour qu'il esquisse un sourire fier et timide, et non coincé et apeuré. Sasuke était amoureux pour la première fois, et c'était un tableau que la peintre aurait adorée croquer. Toutefois, elle s'inquiétait quelque peu au fond d'elle-même, car Karin ne semblait pas vouloir faciliter les choses à Sasuke. Elle s'attrista pour lui, son cœur paraissait blessé, mais pas autant que celui de Karin pour ignorer de telle sorte Sasuke.

Hinata devait agir.

Mais avant, elle se hâtait d'entendre les deux nouvelles chansons de sa meilleure amie. Elle avait eu ouïe par Naruto, que de la conception à la répétition, l'ambiance avait été tendu et aucunement productif. Hinata espérait que la dispute que les garçons traînaient comme un boulet n'avait pas entaché le talent d'Hayley.

- Farber ?! S'éleva la voix de Tomas

- …

- Vous êtes prête… ? Demanda-t-il, devinant son mal aise

- Je crois…

D'ordinaire, cette réponse où un doute faisait écho aurait agacé le manager. Mais au regard que Maurice posait sur les musiciens, il démontrait à Tomas que pour une fois, ce n'était pas sa chanteuse qui avait manqué d'inspiration, de travail ou de concentration.

Le titre de la première chanson qu'elle interpréterait se nommait « Find home », traduction : « trouver la maison ». Les mots étaient venus naturellement en pensant au passé de Riichi, et à la nouvelle vie qui l'attendait avec Benoît. Ce fut encore en anglais, sa langue maternelle, qu'elle avait formé les paroles.

À peine la musique s'élança que Benoît et Shiro étaient en désaccord, et Keiji commença en retard ce qui déstabilisa le départ de Naruto. Tomas avait bien compris que pour l'instant, il devait se contenter d'écouter la voix suave de sa chanteuse, et se laisser porter par ses mots.

- Ouvre tes yeux, sur ce monde affreux, sur l'horizon brumeux, qui cache les jours heureux, je vends mon corps, j'empoisse mon sang, je troue mon cœur, pour un peu de chaleur, pour un « toit » qui m'accueillera,

Tomas ferma les yeux, ce premier couplet était ficelé avec son cœur, ce cœur débordant de son amitié sans limite, sans barrière, où la tolérance présidait. Ce fut avec une certaine impatience qu'il souhaitait ouvrir les portes du refrain.

- Je veux rentrez chez moi, mais je ne sais pas où je suis bien, je retiens mes larmes, mes larmes de solitude, je ne sais où aller, je ne sais pas comment y aller, trouverai-je quelqu'un pour me guider…

Tomas en ressortit bouleversé. Où puisait-elle l'idée d'unir, de marier convenablement les mots, telles des âmes-sœurs qui se rencontraient et savaient en un instant qu'ils sont faits l'un pour l'autre. En train de flotter au-dessus de son océan de talent, il continue sa marche sur le sable doré, menant au second couplet.

- Les passants me jette un œil mauvais, certains ne savent pas comment me sauver, une pièce pour un morceau jouer au piano, un pourboire pour un baiser voler, pour un « toi » qui m'accueillera,

Le refrain encore chanté deux fois mit fin à la chanson. Tomas était longtemps silencieux, appréciant la plume de son artiste, et il n'avait plus de mot pour la complimenter, ne serait-ce que,

- C'était parfait… Dit-il, ouvrant les yeux sur Hayley

- Merci…

Tomas et Hayley se regardèrent de nombreuses secondes, lorsque le souvenir de la mélodie revint en tête au manager, et ce fut,

- Lamentable !

Tomas se leva, suivi par l'ombre d'un démon, tellement son air était strict et sévère, les musiciens de Soul Artist allaient passer un sale moment. Tel le professeur mécontent de ses élèves indisciplinés, le manager commença par une leçon de moral digne des plus grands maîtres : « irresponsabilités, immaturités, lâchetés » furent les adjectifs employés par Tomas.

- Je viens d'assister à un lâchage musical, à l'assassinat d'une chanson qui méritait le summum de votre attention, surtout de ta part Riichi !

Riichi baissa pour la première fois le regard face à Tomas. D'ordinaire, il avait toujours le mot pour rire, le pique qui détendrait l'atmosphère et relativiserait la faute, mais aujourd'hui, il reconnaissait son erreur et s'en voulait d'avoir offusqué la déclaration d'amitié d'Hayley à son égard.

- Inutile que j'écoute le second morceau, je n'ai pas envie de faire saigner mes oreilles !

- Nous sommes tous désolés… Murmura Naruto

- Je n'en n'ai rien à foutre de vos excuses, débarrassez-moi le plancher !

- Mais… Souffla Shiro

- J'ai dit dehors, tous les cinq ! Farber, vous restez là, nous allons bosser sur la musique tous les deux puisque vous avez pour l'instant cinq enfants incapables de régler leur problème comme des hommes !

La voix ferme confirmait la décision de Tomas. Tous furent conviés à sortir de la salle de répétition, même Maurice.

- Je t'ai demandé de fournir un travail exemplaire avec eux, et tu n'as pas su les maintenir, alors enferme-les dans un placard, ou enterre-les dans un trou, mais que c'est cinq gamins reviennent prêt à travailler comme de vrais professionnels !

Maurice voyait sa fierté se briser par la remontrance, mais son filleul avait raison. Il s'était trop centré sur la performance vocale d'Hayley, pensant que ça tairait le morceau musical même pas qualifiable de « débutant », mais il eut tout faux.

Hayley se retrouva seule avec Tomas dans la salle de répétition. Elle souhaitait prendre la défense de Maurice, en se mettant également en faute, mais le manager ne voulait rien entendre, il se mit au piano, lui demandant de rester au micro : ils avaient perdu assez de temps pour plaidoyer.

…..

Après la dispute, non, après l'orage causé par l'avertissement à couper au rasoir de Tomas, les musiciens c'étaient dispersés dans leur loge. Hinata ne souhaitant pas déranger Naruto qui devait digérer les propos de son manager, prit place avec Sasuke en salle des cafés, pour se servir une boisson bien chaude.

- Quelle tempête ! Ironisa Sasuke

- La chanson d'Hayley était magnifique, j'ai subitement envie de peindre ! Sourit-elle

- Ton inspiration revient ! S'amusa-t-il

- Entre autre oui !

Assis l'un à côté de l'autre, Hinata sentait l'inconfort de Sasuke. Il se forçait à parler, à communiquer, à sourire, et ses pensées étaient bien ailleurs. Elle s'était promis de l'aider, mais comment ? Que pouvait-elle faire pour débloquer la situation morose de son ami ? Une idée lui venait bien en tête, mais elle n'avait nulle certitude quant au résultat. Bien que, tant qu'elle n'avait pas tenté, elle ne pouvait pas anticiper la conclusion.

- J'avais complètement oublié ! Peux-tu me prêter ton téléphone ? Je dois appeler un de mes camarades et je n'ai plus de batterie !

- Bien sûr…

- Je reviens, je n'en n'ai pas pour longtemps… Sourit-elle

Hinata partit se réfugier dans un couloir, souhaitant distancer les oreilles de son ami. Allant dans le répertoire de Sasuke, elle trouva le numéro de Karin. Si elle ne répondait pas à ses appels, peut-être répondrait-elle à l'appel provenant d'un autre numéro ? Elle composa le numéro avec une certaine angoisse, elle appelait une femme meurtrie, sans savoir quel argument utilisé pour,

- Allô ?

La voix de Karin retentit dans l'ouïe d'Hinata. Elle resta quelques secondes sans prononcer mot, et puis sa conscience débloqua sa parole.

- Bonsoir ! Euh, je me présente, je suis Hinata, une amie de Sasuke…

- De Sasuke…

- Oui ! Je me permets de vous appeler pour vous dire que votre silence l'inquiète…

- …

- Il n'a pas de vos nouvelles et, il a besoin de parler avec vous…

- Je crois qu'il m'a tout dit la dernière fois !

- Vous vous méprenez sur lui… Même si je peux vous comprendre…

Karin était stupéfaite qu'une inconnue puisse l'appeler et prononcer la cause de Sasuke. Hinata semblait être une véritable amie pour accomplir ce geste, « il avait de la chance ». Elle craqua au téléphone, causant de la peine à Hinata. Karin craquait car elle se rendait compte que sans Sasuke, elle était seule, abandonnée, n'ayant aucune amie à qui se confier, et qui prouverait ce sentiment par une telle action.

- D'accord… Je répondrais à son prochain appel… Dit-elle entre des sanglots.

Hinata était terriblement peinée par cette jeune femme qui se mettait à fondre en larme pour Sasuke : elle devait être foncièrement amoureuse de son ami.

- Est-ce que vous ne me donneriez pas plutôt votre nouvelle adresse pour qu'il passe vous voir… Sourit-elle

- Euh… Oui… Rougit-elle

Hinata nota sur son téléphone l'adresse de résidence de Karin. Ayant obtenue une bourse et le financement grâce à son travail de serveuse, elle avait pu déménager dans une résidence étudiante afin de pouvoir intégrer son école d'infirmière, ce qui expliquait ce changement.

- Attendez-vous à le voir débarquer ce soir !

- Ce… Ce soir… ?!

- Je vous souhaite le meilleur… À bientôt…

- Hinata !

- Oui ?

- Merci….

Hinata sourit à ce « merci » où sonnait de la sincérité et de la reconnaissance. À peine avait-elle raccroché, qu'elle partit rejoindre Sasuke en salle des cafés lui annoncer la bonne nouvelle. Comme une enfant, elle se positionna devant lui et ce fut avec un immense sourire qu'elle tendue le téléphone sous son nez, fièrement. Avec curiosité, Sasuke regarda ce qu'elle lui tendait, et lu une adresse.

- Tu veux qu'on se retrouve là-bas en amoureux transis ?! Se moqua ce dernier

- Mais non idiot ! Rougit-elle. C'est l'adresse de Karin !

- Quoi… ?!

- Je l'ai appelé… Elle accepte de te parler, mais sache tout de même que tu l'as énormément blessée…

Sasuke n'en croyait pas ses oreilles : Hinata avait joint Karin pour la convaincre de lui parler, de s'expliquer, de lui avouer son imbécillité et les sentiments meilleurs qu'il voulait lui offrir. La femme qui se tenait devant lui était fantastique, impossible de deviner autant de tendresse et de générosité dans ce frêle corps intimidant. Ne tenant plus devant sa douceur, il se leva pour la prendre encore une fois dans ses bras et la remercier de prendre autant soin de lui, et de ne pas l'abandonner.

- Je ne t'ai pas déjà dit de ne plus poser tes pâtes sur ma bien-aimée !

Naruto pénétra dans la pièce, vivement, déjà agacé de sa journée, trouver Hinata dans les bras de Sasuke ne lui plaisait guère. Il était non seulement en froid avec son groupe, mais également avec son meilleur ami, qui avait blessé Sakura. Ce n'était pas dans son caractère d'en vouloir à ses amis et de tenir rancune, mais ces derniers temps, tenir nerveusement à cause de la mauvaise ambiance au travail semblait éreintante.

Hinata cessa son étreinte avec Sasuke et sourit innocemment à Naruto qui paraissait à bout de nerf. Elle n'eut guère le temps de consoler un peu son petit-ami que les garçons arrivèrent en compagnie de Maurice qui leur avait demandé de se réunir. Il ferma la porte derrière lui, les musiciens de Soul Artist allaient passer un mauvais moment.

- Maurice, on n'a pas le cœur à se faire remonter les bretelles comme des enfants ! Répliqua Riichi

- L'intervention de « papa » Tomas nous a suffis ! Argumenta Shiro

- Et bien voilà… ! Quand vous voulez, vous êtes d'accord ! Ironisa Maurice

Le coach vocal était sur le point d'imploser, et ça ne convenait pas à son caractère paternaliste et pacifiste. Or, ils avaient dépassé les limites de l'irrespect envers l'art de leur chanteuse, et c'était intolérable pour de tels professionnels dont la renommée commencer à poindre.

- Écoutez, je veux que vous dissipiez ce malentendu entre vous ! Ça vous empêche complètement de travailler !

- Tu aurais pu nous dire que c'était complètement nul ! S'agaça Keiji

- Et moi je crois que vous aviez besoin de cette gifle !

- Alors quoi ? Tu vas nous enfermer dans la salle des cafés jusqu'à ce qu'on se réconcilie ? Se moqua Riichi

- Exactement !

Maurice s'exécuta immédiatement. Il quitta la pièce, la fermant à clef, prenant en otage les cinq musiciens et leurs deux amis. La méthode avait fonctionné pour réconcilier Hayley et Tomas, il en serait sûrement autant pour ces cinq têtes de mules. Collant son dos à la porte, il attendrait que passe la tempête avant de les libérer.

La réconciliation commençait difficilement. Chacun se regardait, ne sachant par où commencer. La dispute avait démarré à cause de la relation entre Benoît et Riichi subite, à laquelle croyait modérément le groupe d'ami : ce fut l'un des concernés qui commença par conséquent le démêlé.

- Je peux savoir ce que vous me reprochez vraiment ? Questionna Riichi

- Comment ça ce qu'on te reproche vraiment ? Demanda Keiji

- Vous ne faîte pas la gueule parce que j'ai une relation avec Benoît ?

« Si ! ». La querelle prenait sa source dans cette relation atypique car les trois garçons ne connaissaient pas Riichi. Tous se fréquentaient depuis le collège, et même le jardin d'enfant pour Keiji et Shiro, sans parler de Sasuke et Naruto. Mais Riichi, lui, il ne le connaissait que depuis seulement six mois, c'était l'amie d'Hayley et non le leur, et même s'ils étaient ouvert d'esprit d'ordinaire, le pianiste ne pouvait pas ignorer sa personnalité hasardeuse.

- C'est juste que… Tu ne connais pas Benoît comme nous on le connaît ! S'intimida Shiro

- Il a traversé beaucoup d'épreuve, et il n' pas besoin d'un homme aussi instable que toi ! Continua Naruto

- En plus de ça, doit-on te rappeler que tu ne t'entendais pas du tout avec Benoît dès notre rencontre et tu as été impitoyable avec lui ! Accusa Keiji

Riichi recevait les informations avec maturité, mais surtout avec incompréhension. Était-ce la différence d'âge et le vécu qui faisait que le pianiste était sidéré par ce genre de réflexion, où avait-il raté un épisode de sa vie ?

- Je vous pensais plus indulgent ! Se moqua ce dernier

- Ce n'est pas une question d'indulgence ! On n'oublie pas combien tu as été insupportable avec notre ami, et puis Benoît est homosexuel, ce n'est pas ton cas ! Répondit Keiji

- Ah parce que Shiro et toi l'étiez avant de tombé amoureux l'un de l'autre ?!

- C'est différent, Benoît aime les hommes, et toi les femmes !

- Sauf que je n'ai pas envie d'une femme, mais de lui…

Benoît sentit son cœur se décrocher de sa poitrine. Riichi avait la force d'avouer sans limite ses sentiments, ses envies, ses ressentis et les assumer. Et puis, il devait s'avouer que ça le rassurait d'entendre un tel propos de la part de son amant, car bien évidemment qu'il s'était fait la réflexion de la différence d'orientation sexuelle, mais en même temps, dans ses bras, il n'avait jamais eu peur d'être moins convenable qu'une femme.

- Vous n'êtes que des gamins, et vous ne comprenez rien… Sourit Riichi

- Parce que tu as vingt-sept ans et que tu vas nous expliquer la vie ? S'agaça Keiji

- Non… Par ailleurs, je suis étonné que de vous trois, ça soit toi Keiji, qui est le plus de problème avec ça…

- …

- Tu sais ce que sais d'être mis dans une catégorie sociale… Tu es l'enfant battu, Benoît est l'homosexuel renié par sa famille, Naruto est l'orphelin, Shiro l'enfant bien heureux et choyé, et quant à moi, je suis un miséreux juste bon à se prostituer !

- Où veux-tu en venir ? Questionna Shiro

- Que c'est ce système corrompu qui nous met dans une catégorie sociale pour nous trier et faire bonne usage de l'argent qu'il faudra distribuer !

- Tu nous fais un cours économique ! Ironisa Naruto

- Ce que je vous dis c'est qu'on s'est tous sorti de ça, de cette catégorie pour devenir nous-même des hommes à part entier… C'est grâce à notre volonté et aux rencontres que l'on a fait…

- Et ? Intervient souriante Hinata, comprenant les mots de Riichi

- Et je ne suis ni homosexuel, ni hétérosexuel, ni même autre chose, je suis juste tombé amoureux, et c'est bien la seule catégorie pour laquelle personne ne peut être trié… Finit-il en regardant Benoît

Benoît pensait rêver, tellement que si ce n'était pas honteux, il se pincerait pour savoir s'il rêvait ou non. Riichi lui accordait bien plus d'importance qu'il n'aurait pu le penser. Quelle sagesse, quel savoir-vivre, quelle remise en question, le pianiste avait bien des défauts, mais sa qualité première était d'être sincère dans tout ce qu'il disait ou faisait en assumant le positif et le négatif de ses actes. Et puis, « attendez », est-ce que Benoît avait bien entendu ?

- Tu es amoureux de moi ?! S'écria-t-il avec surprise

Hinata éclata de rire – la réaction de son ami fut naïve et adorable. La peintre avait particulièrement aimé le discours de Riichi, le rejoignant sur la totalité de ses points de vue sur la vie. Elle espérait que ce message soit ancré dans le cœur de chacun, et même celui de Sasuke qui avait également besoin d'entendre ce genre de mot.

- Pourquoi ? Pas toi ?! S'approcha-t-il, menaçant, consciemment amusé

Benoît ne put s'empêcher de laissé tomber des larmes de bonheur avant de venir sans pudeur, embrasser Riichi, et lui répondre au bout des lèvres,

- Complètement amoureux…

Sasuke ne supportait plus ce moment guimauve où il fallait absolument être sérieux, et puis observer cet arc-en-ciel de phéromone envahissait son instinct animal. Regagnant la porte, il cogna violemment en demandant à Maurice de bien vouloir ouvrir maintenant que ce groupe de « copine » était réconcilié. Le coach vocal exécuta la demande de Sasuke, et avant de sortir, il répliqua,

- Moi aussi je te casserais la gueule si tu le fait souffrir !

- Message reçu ! Sourit Riichi

Riichi avait raison : ce n'était parce qu'une relation commençait dans le noir qu'elle ne pouvait pas franchir la lumière. Sasuke n'était pas proche de Benoît, mais il ne méritait pas de souffrir, et il méritait encore moins de ne pas pouvoir aimer librement l'homme qu'il souhaitait, sans que son entourage les regarde d'un œil mauvais.

- Où est-ce qu'il va ? Demanda Naruto

- Rejoindre Karin… Sourit Hinata

- Je croyais qu'elle ne voulait plus le voir ?! Dit-il, comme contrarié

- Naruto, as-tu entendu les mots de Riichi à l'instant ! S'agaça-t-elle

Naruto était surpris de voir sa bien-aimée être agacée et fâchée contre lui ? Qu'avait-il fait pour la déplaire à ce point ?

- Évidemment que j'ai entendu… Je vous présente mes excuses… ! Dit-il, s'adressant à Riichi et Benoît

- On est tous désolés… Compléta Shiro

- Je crois qu'on a tous besoin de rentrer chez nous… Répondit Riichi, souriant

- Oui, rentrez chez vous, reposez-vous et demain sera un autre jour, d'accord ! Conseilla Maurice

- Merci Maurice… Sourit Naruto

- Filez, vilains garnements !

Shiro, Keiji, Benoît et Riichi devancé par Maurice quittèrent la pièce, mais Naruto retenu Hinata, il ne pouvait pas attendre d'être dans leur appartement pour décoincer ce malaise entre eux. Il sentait bien que depuis de nombreux jours, un froid se glissait, et rendait glaciale l'ambiance amoureuse du quotidien.

- Hinata, si tu as quelque chose à me dire, dis-le…

Hinata apercevait rarement cet air sérieux et ce ton sec chez Naruto, mais elle méritait la turpitude, car c'était bien beau d'avoir des reproches à faire à son petit-ami, mais comment les corriger si elle se taisait devant la réalité.

- J'ai trouvé ton comportement envers Sasuke et Sakura très exagéré… Avoua Hinata

- Ma meilleure amie a le cœur brisé par mon meilleur ami à cause d'une étrangère, comment veux-tu que je réagisse ?!

- Chéri, c'est bien là le problème… Ce n'est pas la faute de Karin, mais la tienne !

- La mienne ?

- Tu… Tu as forcé la main à Sasuke, pour qu'il fréquente Sakura, mais il n'en n'avait pas envie !

- Mais… !

- Et de ce fait, tu as généré de faux espoirs à Sakura qui maintenant souffre par ta négligence !

- Ma négligence ?

- Je comprends que tu te sentes coupable par rapport à Sasuke… Mais ce n'est plus un enfant, laisse lui de la liberté… !

Naruto n'en revenait pas, avait-il sa première dispute avec Hinata ? Malgré le fait que ça lui coûte de l'admettre, sa bien-aimée avait parfaitement raison. Il avait emprisonné Sasuke pour le protéger, car il connaissait sa fragilité, son tempérament à vite être perdu ou pris au dépourvu lorsqu'il s'agissait de sentiment, et il pensait qu'avec une femme qu'il connaissait, et qu'il avait déjà fréquenté, serait le meilleur parti. À tort.

Naruto se mit à rire nerveusement. Entre Benoît, Hinata, Sasuke, Hayley et Sakura, il avait décidément très mal agi, et il était un mauvais amant et ami en cette période d'hiver. De surcroît, il réalisa que Sakura - bien qu'il l'avait fait avec cœur - encombrait le quotidien du couple, et qu'il y avait un moment que Naruto ne c'était pas montré amoureux…

Naruto s'insulta, se gifla moralement, et dans un élan causé par la réalité, il prit la main d'Hinata, et la guida jusqu'à sa loge. Refermant la porte derrière lui, il embrassa fougueusement Hinata, cette femme, « sa » femme, exceptionnelle, divine, courageuse, généreuse, aimante et que dire encore si ce n'était qu'elle fut l'idéale du genre humain.

- Je t'aime… Souffla-t-il en la serrant contre lui

- Moi aussi, je t'aime…

Naruto ôta le gilet, le tee-shirt et le sous-vêtement d'Hinata pour venir baiser son corps de haut en bas. Elle prenait un plaisir immense à sentir la langue chaude de son bien-aimé sur sa peau, et glissa ses doigts dans sa chevelure blonde pour indiquer son plaisir, et de le continuer.

Naruto pointait son nez devant l'intimité gardée par le jeans de sa compagne. Avec ses dents, il défie le bouton, en brûlant son regard dans le sien. Les rougeurs d'Hinata le séduisent, toujours attendri par sa timidité gardée. Encore plus excité par ce visage carmin valut par le bien-être qu'il procurait au corps de sa bien-aimée, il enleva son pantalon, fit glisser doucement, trop doucement sa culotte à ses pieds, et dans une hésitation qui cherchait juste à taquiner, il déposa le bout de sa langue sur son pêché, et commença sa torture orgasmique.

- Naruto… Fais-moi l'amour… Susurra-t-elle, presque suppliante

Aspiré par le désir certain de sa bien-aimée, Naruto se releva et captura sa bouche goulûment. Ne pouvant plus attendre lui-même, il recula vers le canapé, et allongea Hinata sur le divan, ne cessant de sucer, happer, mordiller, embrasser ses lèvres.

Un râle,

Benoît ne cessait de gémir, les mains de Riichi qui massait son corps lui firent un bien considérable. Depuis une semaine, son mal de dos ne voulait pas passer, et les rapports tumultueux avec son amant n'arrangeaient rien. Allongé sur le lit, Riichi à califourchon, il appréciait ce moment intime. Vivre ensemble était la meilleure idée de son amant.

Sept jours qu'ils vivaient ensembles, et Benoît devaient avouer n'avoir jamais été aussi heureux. Les joies de vivre à deux, de pouvoir discuter, rigoler, cuisiner ou prendre une douche ensemble, coincés dans ce carré où l'eau chaude coulait sur leur corps enlacé n'avait pas de prix.

- Est-ce que ça va mieux… ? Demanda Riichi

- Beaucoup mieux ! Mais tu ne veux pas aller plus bas ?

Riichi souffla d'agacement, ce n'était pas un massage qu'il voulait faire avec Benoît, mais bien d'autre caresse plus spontanées. Enragé d'être prisonnier de son désir, il venu embrasser et lécher la nuque de son amant pour lui faire entendre raison, et succomber à leur instinct bestial : ça fonctionnait. Les souffles lents de Benoît commentaient le plaisir de sentir sa bouche contre sa peau. Cherchant davantage à le faire succomber, il descendit le long de son échine, et descendu jusqu'à sa cambrure qu'il mordit. Le son jouissif de son bien-aimé à sa morsure ne put contenir encore plus longtemps son désir, et sa fierté bien épanouie par le désir brûlait.

Riichi glissa son bras sous le ventre de Benoît, et le retourna pour se trouver face à lui, et l'embrassa, fougueusement, venant caresser sa joue. Mais sous ses doigts, il sentit de l'eau, de l'eau qui roulait fraîchement. Quittant ses lèvres, il regarda son amant, et constata qu'il pleurait ?

- Pourquoi pleures-tu… ? Murmura-t-il à son oreille

- Je… Je ne pensais pas qu'on pouvait tomber amoureux de moi… Sanglota-t-il

Riichi commençait à comprendre ce qu'avait voulu entendre Keiji sur Benoît lorsqu'il avait prétendu ne pas le connaître comme eux. Il connaissait la loi de la souffrance et de la solitude, et l'espoir d'être un jour aimé pour ce qu'il était, alors que sa famille le haïssait pour ces mêmes raisons, ne devait ressembler qu'à un rêve lointain.

Riichi essuya les larmes de Benoît et vient embrasser son front, puis d'un ton ferme, avec une voix rauque qui exprima de la gratitude, il dicta,

- C'est fou que dans un si petit corps puisse se trouver une telle connerie !

- …

- Je vais te faire l'amour si fort que tu ne te poseras plus jamais ce genre de question…

Benoît sentit son corps être redressé : Riichi l'assit sur ses cuisses, et commença à caresser son corps, le toucher, le griffer, le lécher, le mordiller, il voulait tellement lui appartenir que la rage poussa dans son sang.

Un râle,

…..

- Grand-frère !

Mya accueillie son frère les bras ouverts la porte à peine ouverte. Keiji la prit immédiatement dans ses bras, et la serra contre lui, et respira son odeur d'enfant. Pénétrant dans la pièce, il remercia la nounou de l'avoir gardé si longtemps.

- Elle vous attendez pour aller au lit ! Sourit-elle

- Merci…

La nounou salua Shiro et prit congé en saluant Mya. Tendrement, Keiji laissa sa petite-sœur allée embrasser son « oncle » Shiro avant de partir au lit, et revenant dans ses bras, il alla la coucher.

Comme chaque soir, Keiji prenait le temps de lire une histoire à Mya pour qu'elle s'endorme, pendant que Shiro préparait le dîner. Le batteur adoré ce quotidien. Il ne vivait pas officiellement avec son amant, mais c'était presque tout comme, les soirs qu'il passait chez ses parents se faisaient rares maintenant.

Shiro reprit une grande et profonde respiration. La soirée l'avait épuisé, et toute cette tension redescendait enfin. Massant sa nuque pour détendre ses muscles endoloris, il sentit deux bras venir entourer son corps. Keiji posa sa tête sur son dos, et souhaitait prendre des forces avant d'aborder un sujet délicat.

Shiro pensait son petit-ami heureux, épanoui, traversant le chemin du bonheur avec courage, et volonté, mais visiblement, une ombre maléfique rodait encore autour de son âme. Il n'assumait pas encore complètement leur relation, pour la raison simple qu'il voulait préserver sa petite-sœur, déjà bien chahutée psychologiquement par la vie. Mais ce « secret » cachait sans doute encore un autre sentiment…

- Shiro, je suis…

- Je sais, tu n'es pas heureux avec moi !

- Quoi ?

Keiji défit immédiatement son étreinte à l'entente de cette accusation sans fondement ! Le guitariste comptait simplement s'excuser de son comportement, d'avoir semé une pagaille amicale entre les garçons, à cause de son amitié protectrice envers Benoît – sachant qu'il avait étroitement souffert de son homosexualité – et voilà que Shiro, l'homme qui était censé le connaître par cœur, l'inculper d'un tout autre sentiment.

- Je dois t'avouer que je ne sais pas quoi faire de plus pour te rendre heureux… Je suis patient, j'entends tes douleurs, fait exactement tout ce que tu désires, mais apparemment je n'arrive pas à te satisfaire !

- Qu'est-ce qu'il te prend enfin ? S'emporta Keiji

- Est-ce que tu t'es vu et entendu ces derniers jours ?! Est-ce que ton esclandre visait notre relation en réalité ?! Hayley l'a compris ! Tu reproches quelque chose à notre relation ?!

Keiji se mit à rire nerveusement, et s'éloigna de son petit-ami, qui n'avait rien compris à la situation. Mais maintenant qu'il y faisait allusion, maintenant qu'il mettait le sujet sur le tapis de jeu, peut-être était-il temps de mettre carte sur table.

- En effet, oui, il y a quelque chose que je te reproche ! S'agaça Keiji

- Et bien va s'y, parle ! S'emporta Shiro

- Tu n'as pas confiance en l'amour que je te porte…

- Exac… Quoi… ?!

Shiro était bousculé par le propos, la confession de son bien-aimée. Avait-il bien entendu ? Il donnait l'impression de ne pas avoir confiance en l'amour que lui portait Keiji ? Le musicien s'attendait à tout, sauf à une telle déclaration ! Qu'est-ce qui faisait penser à son petit-ami qu'il n'était pas amoureux, qu'il pouvait faire semblant après ce qu'ils s'étaient dit au jour de l'an et les jours précédents…

- Tu… J'ai du mal à cerner tes propos Keiji… Fut dépourvu Shiro

- Tu plaisantes ? Tu me traîtres comme un enfant, comme une faible chose, comme si je ne pouvais pas survivre seul ! Tu es toujours en train de me demander si je t'aime, si je suis heureux, tu surveilles mes faits et gestes et surtout, tu as constamment besoin de preuve de mon affection… Tu sais que je ne suis pas comme ça… Mielleux ou pot de colle ! J'ai besoin d'espace…

- Je t'étouffe alors ?

- Non, au contraire, tu ne m'étouffes pas assez !

Shiro captura et réécouta plusieurs fois les propos de Keiji et s'avouait être perdu ! Il ne savait pas sur quels pieds danser en cet instant, et la nervosité le fit rire. Toutefois, après s'être répéter les mots de son petit-ami, peut-être commençait-il à comprendre… Ce fut avec un sourire amoureux qu'il s'approcha de son bien-aimé, le prit dans ses bras, et colla son front au sien.

- Tu as raison, je t'aime de manière un peu immature… C'est juste que je ne voulais pas te brusquer… Avoua Shiro

- Je sais… Mais je n'ai pas besoin d'une baby-sitter !

- Tu es sûr d'être prêt !

- Prêt à quoi ?

- À ce que je t'aime comme un homme…

Keiji n'eut pas le temps de répondre à cette question, que Shiro mordait déjà ses lèvres, pour les lécher et les embrasser fiévreusement. Avide de le posséder, le musicien guidait son petit-ami en direction de la chambre : le dîner attendrait. Le monde attendrait pour qu'il accepte leur relation, il attendrait pour que le temps permette à Mya de comprendre, il attendrait pour éliminer les préjugés, les insultes, les incompréhensions, oui, le monde pouvait bien attendre, attendre une éternité, mais ce qui ne pouvait pas attendre, et n'attendrait plus jamais, c'était la confortable envie de faire Keiji sien, là, ici, maintenant, dans une chambre condamné à entendre,

Un râle,

…..

Tomas se massait le front pour faire disparaître sa migraine. Il ne parvenait pas à écrire les dernières tonalités de la chanson d'Hayley. Piètre compositrice, sa chanteuse ne lui été pas d'une grande aide. Maintenant plus d'une heure qu'il travaillait sur ce morceau. Hayley devait avouer que son manager était un exquis musicien et compositeur. La musicalité qu'il avait créé se rythmait à la perfection avec son texte et ce qu'elle imageait.

Hayley était peu bavarde, trop occupée à empêcher son cœur de se faire entendre tellement il battait à rude allure. Elle se détestait d'être aussi perturbée par la présence de Tomas. À peine prenait-il la parole pour échanger avec elle, que son corps en entier tremblait. Ce moment-là, maintenant, elle souhaitait qu'il ne s'arrête jamais… Être avec lui, l'avoir pour elle seule, composer, imaginer, créer avec lui, échanger, parler - l'artiste et la femme qu'elle était, adoraient, idolâtraient cet instant.

- Aide-moi !

La voix de Tomas qui la tutoyait subtilement la rendait encore plus nerveuse. Lorsqu'ils étaient seuls à seuls, il se permettait ce confort intime. Pourquoi ? Elle l'ignorait ! Et si la force ne lui permettait pas à elle de passer ce cap, la puissance de ce « tu » l'envoûtais.

- Tu m'écoutes ? Ne restes pas planter là comme une huître sur son piquet ! Je fais tout le boulot depuis tout à l'heure !

Hayley rageait en quelques secondes – elle oubliait également son côté malsain, perfide, immature et exigeant ! Elle se demandait parfois s'il ne souffrait pas de bipolarité pour passer aussi facilement de la tendresse à la torture.

- Je ne suis pas musicienne, je ne peux rien pour vous ! Le snoba-t-elle

- Menteuse ! Tu as bien su fredonner un air pour le second couplet tout à l'heure !

- C'est parce que j'en avais marre d'entendre vos affreuses propositions !

- Tu es toujours là quand il s'agit de parler, hein !

- Et qu'est-ce que ça veut dire ? Dit-elle le regardant

- Tu es une petite trouillarde !

Hayley fit la moue. Tomas pouvait aussi parfois se montrer très enfantin, bien que ce fût la première fois qu'elle le trouvait aussi détendu… Il était serein, calme, la tension quotidienne sur son visage disparaissait, il paraissait comme cet oiseau qu'on libère de sa cage, et qui s'envole, libre…

Amusée par son comportement, Hayley s'avouait prendre pitié pour l'inspiration en pause de son manager. Approchant de lui avec sûreté, le menton droit et l'allure affirmée, elle vient se poser près de lui au piano, sans trembler, sans faire remarquer son trouble. Les doigts de la chanteuse viennent caresser les touches, et avant d'élever sa voix et de faire entendre ses accords, elle donna un sourire chaleureux à son manger…

Encore une fois, le temps se suspens pour Tomas. Dès lors qu'Hayley pousse sa voix, accompagnée par une mélodie enchantée, il se sent transporter par une force irrationnelle. Il croit voler au-dessus de ce monde, et ressent comme le pouvoir suprême de pouvoir être heureux toute sa vie, rien qu'à l'entente de son chant.

- Tomas… ?

- Oui ?! Quoi ?!

- Vous m'avez écouté au moins… ? Rit-elle

- Bien sûr, c'était parfait… Dit-il fuyant son regard

- Parfait ? Ouah ! Décidément, vous êtes de bonne humeur !

Tomas devait s'avouer être bien… Et depuis des années, ça n'avait jamais été aussi intense. Pourtant, Hayley était jeune, dix-neuf printemps seulement, une femme, une jeune femme, naïve, difficile à dompter, sortant d'une fébrile adolescence… Mais elle avait cette fraîcheur, cette incontrôlable foi en la vie et aux jours meilleurs après les tempêtes. Elle était à elle seule, une vague d'oxygène qui ne laisse aucun remous la laisser à terre, elle se relève systématiquement, avec l'expérience de ces blessures… Auprès d'elle, un sentiment inexplicable se formait, et se forgeait…

- Tomas ?

- Passons au second morceau ! Dit-il, se munissant de nouvelles feuilles blanches

- Nous ferons ça plutôt demain ! S'affola-t-elle, se levant et s'éloignant du piano

Hayley rejoint les strapontins et remballa ses affaires, quand la voix criarde de son manager s'éleva. « Nous n'avons plus le temps ! ». Les échéances étaient déjà dépassées, et même s'il comprenait la fatigue de son artiste, il ne pouvait pas la laisser filer, son professionnalisme devait encore faire un effort.

- Je… Je ne peux pas…

- Qu'est-ce que tu ne peux pas ?! Tu as le texte, faisons la mélodie, je te le répète, je ne peux plus t'accorder de temps !

- Ce n'est pas utile…

- Quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas utile ?!

- J'ai… J'ai la mélodie…

Tomas était étonné, surpris même ! N'avait-il pas remarqué quelques minutes plus tôt que sa chanteuse avait su créé une mélodie alors qu'elle se disait ne savoir jouer d'aucun instrument ? Il savait qu'elle avait l'oreille absolue, il savait que la tonalité de sa voix se modulait à volonté, mais était-elle aussi…

- Tu es autodidacte ?

- Quelle importance ?! Ricana-t-elle gênée

- Tu enregistres et mémorises les gestes et les sons comme une machine ?

- Ce… Ce n'est pas juste… Des tas de personnes travaillent dur, comme Benoît pour avoir de l'expérience et exercer leur passion… Et moi, et moi je n'ai qu'à observer et tout s'enregistre dans ma tête comme… Comme un cyborg ! S'agaça-t-elle

Tomas se mit à rire, à rire de bon cœur… Hayley s'en retourna de stupéfaction car c'était bien la première fois qu'elle entendait son manager rire… Il ne souriait jamais et voilà qu'il exclamait clairement un son de… Joie…

Tomas en fut tellement abasourdi à son tour qu'il mit sa main devant la bouche comme un enfant avouant une bêtise. Il riait, c'était bien la première fois depuis… Il n'avait plus rit depuis ce jour, il n'avait jamais beaucoup rit par ailleurs dans sa vie, mais depuis cet incident, depuis cette perte, depuis sa perte, il s'était interdit de rire, d'être heureux, il ne méritait pas le bonheur, il ne méritait pas ce moment…

- Tomas…

- On perd du temps Farber ! Chantez !

Hayley se morfondait. Voilà qu'il se remettait à la vouvoyer, à prendre son ton sec, son air sévère, et que le lâcher prise plus tôt se voyait balayer à grand coup. Pourquoi ? Pourquoi se flageller à la manière d'un bagnard qui doit traîner son boulet pour lui rappeler sans cesse sa faute. Elle devinait, elle devinait maintenant qu'il s'empêchait le bonheur, la joie, la vie, tout simplement. Elle l'avait compris lors de cet après-midi funèbre, où l'espace d'un instant il avait lâché la corde du mal pour s'amuser tel un enfant innocent.

Hayley n'aimait pas le voir ainsi, et ça la mettait en colère de voir à quel point il pouvait facilement se laisser porter par la déchéance. Tomas sortait la tête de l'eau pour mieux se glisser dans les profondeurs des abysses – insupportable.

Reposant ses affaires, elle se dirigea tremblante vers le piano et demanda à son manager de partir s'asseoir – impossible de chanter et de jouer à ses côtés. Tomas ne réfléchit pas un instant et exécuta la demande de sa chanteuse. S'affalant sur un siège rouge, il s'alluma une cigarette pour évacuer l'angoisse, et regarda avec admiration son artiste prendre place.

Hayley était rougissante, son visage se fermait gracieusement comme une huître cachait sa perle précieuse. Les doigts qui allaient frôler les touches frissonnaient et Tomas pouvait même entendre les battements de son cœur empêcher une respiration convenable.

Hayley ferma les yeux, et commença à jouer un air au piano, intense, assez rapide, et en forte tonalité. Puis, il vit ses lèvres rosés danser les premières paroles en anglais d'un couplet puissant,

- Nous nous sommes rencontrés sous la neige, Tu avais froid, je cherchais à réchauffer une âme, Je n'étais pas sûre d'avoir le droit de t'aimer, Et sans m'y attendre, pour me répondre, tu m'as embrassé, Et quand c'est arrivé…

Tomas esquissait un sourire, et il avait l'impression que son cœur se vidait d'un liquide chaud qui se déversait dans son ventre. Tout ce qu'il ressentait pour Hayley était inexplicable… Et ce fut envoûté qu'il se laissa porter par la mélodie qui s'élève pour le refrain…

- Je suis devenue un oiseau, Je me suis envolée, J'ai pu toucher le ciel, J'ai su toucher les étoiles, J'ai su devenir une étoile…

Tomas ne pensait plus à rien, il était enveloppé dans une bulle chauffante, où rien ni personne ne pouvait l'atteindre…

- Je suis comme un zombie, Je passe mes journées à te chercher, À savoir comment te trouver, Et puis une nuit, pour me guider, tu as capturé ma main, Et quand c'est arrivé… Je suis devenue un oiseau, Je me suis envolée, J'ai pu toucher le ciel, J'ai su toucher les étoiles, J'ai su devenir une étoile…

Le refrain voyageait une toute dernière fois dans le corps de Tomas pour le sentir se compresser par les sentiments forts d'Hayley. Il avait des difficultés à respirer et son ventre gronder de plaisir, tous ses muscles se contractaient et désiraient venir serrer le corps d'Hayley contre le sien – ce qu'il fit.

Tel un zombie revenant à la vie, il ouvrit les yeux et se leva précipitamment pour se diriger vers Hayley. Mais à la vue de son manager, de Tomas, de l'homme qui accourait comme un lion ayant repéré sa proie, elle prit peur et se leva du piano pour emprunter le couloir vers la sortie… Trop tard, Tomas l'avait rattrapé, tenant fermement son bras pour la tirer vers lui, regard affrontant son regard.

- Tomas, s'il vous plaît… Sanglota-t-elle

- Hayley, j'ai…

Un râle,

…..

Sasuke chantait dans sa voiture, il chantait la chanson d'Hayley qu'il avait plus tôt écouté. Ils ne s'étaient jamais entendu tous les deux, mais il reconnaissait indéniablement son talent. La mélodie de ses musiciens était certes pitoyable, mais les paroles, elles, restaient.

Sasuke ne parvenait à y croire, mais il pactisait avec le bonheur. Il se hâtait de retrouver Karin, de lui présenter ses excuses et de savourer son âme jusqu'à l'épuisement, jusqu'au lever du jour.

Comment, comment avait-il pu agir comme le plus affreux des gougeât avec une femme délicate et aimante. Sans l'intervention et les mots d'Hinata, il serait toujours enfermé dans sa coque protectrice, où rien ne pouvait le toucher, le rendre faible et le blesser. Avec Karin, le goût du risque, le parfum de l'appartenance, l'odeur de l'amour, le toucher de la passion se savourer sans limite et sans peur.

Sasuke s'arrêta au feu rouge, il s'alluma une cigarette, ouvrit sa fenêtre et alluma la radio. Apaisé, il respirait l'air de l'hiver comme une énergie infaillible. La neige commençait doucement à tomber, et ce spectacle émerveillait encore plus son cœur. Il profitait enfin des détails infimes de la vie pour les savourer et les moduler en moment de nirvana.

Sasuke redémarra son véhicule avec le sourire aux lèvres, rictus qui naissait fébrilement sur son visage. Il ne tenait plus, il voulait retrouver Karin, vite, rapidement, sans attendre, son cœur battait, battait à vive allure – bien trop de temps s'était écoulé depuis le dernier baiser échangé, depuis qu'il l'avait touché, depuis ce regard éloigné, il fallait qu'il la voit, maintenant, tout de suite,

Mais,

Un râle,

…..

Junichi observait la ville sur les toits de l'Hôpital. Il repensait à la proposition de Nina – sa collègue et amie de Tomas. Le médecin-chirurgien avait repéré en lui un parfait patient. Une opération permettrait de récupérer la mobilité de ses jambes après une rééducation poussée. Il pourrait enfin se débarrasser de son fauteuil roulant et profiter encore de l'enfance de son fils. L'action était tentante, et ses enfants seraient heureux, mais Junichi redoutait de perdre une identité. Quand sa femme était encore en vie, il avait ses deux jambes, ses deux jambes qui portaient sa famille, consolidant les liens. Mais une fois l'amour de sa vie partie, l'accident dû à une nuit trop arrosée avait tracé la ligne d'une nouvelle vie sans elle. Renoncé à son handicap, égoïstement, c'était resté puni de n'être parti avant elle, avant Charlie.

- Junichi ?!

- Ah, Nina…

Nina devinait à son sourire forcé que son ami méditait sur sa proposition. Elle comprenait que la peur puisse le gâter, le tétaniser. En tant que médecin, il aurait bien plus de crédibilité, et de facilité à exercer cette profession qu'il aimait passionnément, et il serait surtout un homme plus indépendant.

- Tu réfléchissais à mon offre… ?

- J'ai encore besoin de temps pour y réfléchir… Sourit-il

- Pourquoi tu n'en parles pas avec ta fille ?

- Hayley a beaucoup de responsabilité, et elle serait bien trop distraite et inquiète pour moi si elle savait…

- Je comprends…

Nina s'était énormément attachée à Junichi. Malgré les vingt ans qui les séparaient, cet homme portait à merveille ses quarante-sept ans. Il était gentil, respectable, courtois, professionnel, souriant, drôle et apaisant. Une allure droite et certaine émanait de lui, et les qualités qu'il énumérait en quantité rivalisaient de taille avec les jeunes hommes qu'elle fréquentait. C'était un désir étrange, mais elle y pensait souvent, fréquemment, elle hésitait, reculait lorsqu'elle souhaitait lui demander,

- Junichi, on pourrait peut-être…

- Docteur, venez vite, un trauma arrive aux Urgences !

Un médecin interne venu interrompre sa question. Poussant le fauteuil de Junichi, ils se rendirent tous trois au Urgences. Un accident de la route avait eu lieu sur un croisement, et les deux conducteurs se trouvaient dans un état critique.

- Junichi avec moi pour le jeune conducteur, Meiko avec Anko pour le second ! Ordonna Nina, commençant à mettre ses gants.

Sortant de l'ascenseur, Junichi et Nina rejoignirent les pompiers qui amenaient sur un brancard un jeune homme. Junichi suivait derrière eux, et Nina lui demanda de préparer un groupe rhésus, il perdait beaucoup de sang, son bras gauche sévèrement touché. En s'approchant du patient pour lui introduire l'aiguille, il pâlit…

- Junichi quelque chose ne va pas ?! S'affola Nina

- C'est… C'est un ami de ma fille…

Un râle,

…..

Tomas tenait fermement les deux bras d'Hayley, il ne souhaitait aucunement qu'elle s'échappe. Il voyait ses iris trembler et ses joues s'empourprer discrètement. La courbure de ses lèvres étaient parfaites, et une envie une seule le rongeait, les dessiner avec sa langue. Ses deux mains glissèrent de ses bras à ses hanches, pour remonter dans son dos afin de coller sa poitrine à son torse. La tension montait de plus en plus, et il sentait Hayley devenir de plus en plus mal à l'aise.

- Tu sens bon… Glissa-t-il à son oreille

- Tomas… S'il vous plaît, arrêtez ça… Dit-elle, des larmes tombant de ses yeux

- Tu es si mal que ça avec moi… ?

- Ce n'est pas le problème et vous le savez ?!

Le téléphone d'Hayley se mit à sonner, et c'était le prétexte parfait pour elle de s'échapper de ses bras, mais la force qu'exerçait Tomas sur son corps était plus forte. Visiblement, il ne souhaitait sous aucun prétexte qu'elle ne brise son emprise. Elle devait s'avouer être bien, être troublée par sa présence, par sa proximité, et si elle n'écoutait que son cœur, elle serait déjà en train de fondre dans ses bras pour happer toute sa chaleur. Malheureusement, sa raison prenait le dessus et soufflait à la mauvaise action, soufflait que c'était un homme marié, et que Mélanie mourait sous son indifférence, sous ses trahisons répétées.

- Tomas… Murmure-t-elle, vibrante

- Désolée, mais je ne peux pas toujours me retenir…

Tomas, du bout de ses lèvres, caressa sa joue, son nez, effleura ses lèvres et voulait, désirait les embrasser, il les touchait, glissait sur sa peau, lorsqu'Hinata rentra dans la pièce en trombe, le visage rempli de larme.

- Hayley, Hayley !

- Hinata…

Hayley se défaisait des bras de Tomas pour venir accueillir dans les siens la détresse d'Hinata. Elle tremblait, était blanche comme la neige et elle avait des difficultés à s'exprimer. Hayley lui demanda de reprendre sa respiration, de la regarder dans les yeux et d'essayer de parler, doucement, calmement.

- Sasuke… Sasuke a eu un accident… Pleura-t-elle

- Mon dieu ! Où est Naruto ?!

- En salle des cafés…

- Hayley, appelle ton garde du corps, qu'il vous conduise à l'Hôpital, ça sera plus prudent ! Intervenu Tomas

- Vous avez raison, vient chérie…

- Tiens-moi au courant… Glissa Tomas

- Promis ! Souffla Hayley avant de partir

Le garde du corps d'Hayley conduisit les trois jeunes gens à l'Hôpital. Dans la voiture, Naruto tenait à joindre Sakura pour qu'elle soit tenue au courant, un soutient de plus ne serait pas de trop dans cette panique ultime. Hinata pleurait dans les bras de sa meilleure amie, l'inquiétude la rongeait, qui sait ce qu'ils apprendraient une fois arrivé.

Se dirigeant directement au Urgences, ce fut le père d'Hayley, Junichi qui les accueillit. Hayley serra fort dans ses bras son père, et lui posa la question fatidique,

- Papa, comment va Sasuke…

Junichi n'osait pas répondre, Hinata et Naruto étaient au bord de l'évanouissement, et même après toutes ces années de professionnalismes, il redoutait ce moment, ce moment imposant de sentiment douloureux. Hayley commençait à paniquer elle aussi, son père restait muet et ce n'était pas dans ses habitudes. Observant son mal être, un collègue de Junichi, Meiko, venu chercher Nina pour l'intervention, arriva à son secours.

- Votre ami est dans un état critique…

Sasuke était entre les mains de Nina en chirurgie. Il avait perdu beaucoup de sang, avait de nombreuses contusions, et son bras gauche avait subi un très grand choc. La voiture arrivant sur ce côté, le conducteur avait grillé le feu rouge pendant que Sasuke, lui, démarrait au vert. Ils avaient constaté qu'il s'était servi de ce bras pour se protéger de l'impact.

- L'autre conducteur n'a pas survécu…

Hinata se jeta dans les bras de Naruto et agrippa son cou. Elle sentait son corps partir en pièce, et elle devait accrocher également l'âme de son bien-aimé à son cœur, pour ne pas que lui aussi ne perde pied. Le musicien ne cachait pas son angoisse, et il recula jusqu'à une chaise pour s'asseoir et réaliser que le pire pouvait se produire…

Hinata ne parvenait pas à réaliser, elle priait pour se réveiller, pour transpirer en ouvrant les yeux et sortir de ce cauchemar immonde… Ce soir, pour Sasuke, ce devait être une nuit de bonheur, de retrouvaille, une soirée inoubliable, débordante de tout ce qu'il avait espéré et manqué depuis sa venue au monde… Ce soir devait être pour lui,

Un râle sentimental.