DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+18
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 25 – De si fragiles créatures
21 juin 2010 – Commission de Contrôle des Jeux et des Casinos, Londres
Ron et Neville transplanèrent dans une petite ruelle à proximité de la station de métro Mornington Crescent. Ils parcoururent en courant la centaine de mètres qui les séparaient de Crowndale Road où se situait le siège de la Commission de Contrôle des jeux.
Le bâtiment était typique de l'architecture des années 70 : en béton, aride mais fonctionnel. Ils se présentèrent à un guichet derrière lequel était postée une employée maquillée aussi discrètement qu'un camion volé. Elle mâchouillait peu élégamment un énorme chewing-gum.
- C'est pourquoi ? demanda-t-elle d'une horrible voix nasillarde.
- Le service des plaintes et du contentieux, énonça sommairement Neville.
La bulle rose bonbon qu'elle venait de former avec grande application éclata dans un bruit sec.
- Z'êtes qui ?
- Ronald Weasley et Neville Londubat, CID de Lon… de Liverpool, corrigea Ron.
Il y avait de fortes chances que les enquêteurs de la police judiciaire de Londres soient connus de ce service. Ils ne feraient pas illusion deux minutes s'ils prétendaient en faire partie.
- J'peux voir vos cartes ?
A l'aide de sa baguette cachée dans sa manche, Ron lança un sort de confusion sur l'employée. Au même moment, Neville et lui exhibèrent leur Oyster Card qu'ils utilisaient lorsqu'ils devaient emprunter les transports en commun moldus.
Le regard flou, l'employée acquiesça mollement avant de leur tendre un registre.
- Nom, prénom, signature et heure d'arrivée.
Tout en remplissant le document, Ron donna un léger coup de coude à Neville pour attirer son attention sur le nom qui figurait deux lignes plus haut.
Seamus Finnigan.
Il avait signé dans la colonne « entrée » mais pas la colonne « sortie ». Il devait donc se trouver encore dans les lieux.
Neville signa le registre à son tour avant de le restituer à l'employée.
- Sixième étage, dit-elle en actionnant le bouton d'ouverture de la porte.
Les deux Aurors se postèrent devant les portes d'ascenseur. Ron appuya frénétiquement sur le bouton d'appel.
- Allez… dépêche-toi, dit-il en appuyant à nouveau par petits coups répétés.
- J'ai lu un article le mois dernier, dans la revue « Mieux comprendre les Moldus » qui expliquait que le fait d'appuyer constamment sur le bouton d'appel de l'ascenseur ne servait à rien. Les Moldus croient que ça fera venir l'appareil plus vite mais c'est faux, expliqua Neville d'un ton docte.
Ron le regarda, les yeux légèrement plissés comme pour évaluer si son collègue se foutait de lui ou non. Manifestement non.
- Les Moldus ne croient rien de tout ça Neville. Ça calme leurs nerfs, c'est tout.
- Vraiment ?
Les deux Aurors ne purent argumenter davantage car un léger ting leur annonça l'arrivée de la cabine.
La progression vers le sixième étage fut atrocement lente et quand la cabine s'arrêta en rebondissant légèrement, Ron s'en extirpa en se faufilant sitôt que les portes coulissantes lui donnèrent un espace suffisant.
Nouveau couloir. Nouveau guichet. Nouvelles explications à donner. La différence étant que leur interlocutrice semblait beaucoup plus professionnelle. Une petite plaque à droite du guichet l'identifiait comme Jane Abbott.
- Messieurs, puis-je vous aider ?
- Ron Weasley et Neville Londubat, CID de Liverpool. Notre collègue Seamus Finnigan s'est présenté ce matin. Nous venons le rejoindre.
- Finnigan… Finnigan…, murmura-t-elle en faisant courir son doigt sur un registre.
Le doigt s'arrêta sur le nom de Seamus et Jane releva la tête, le regard suspicieux.
- Monsieur Finnigan s'est présenté comme travaillant au CID de Belfast. Et vous de Liverpool, c'est ça ?
Maudit irlandais chauvin, pesta Ron en lui-même.
- C'est bien ça, affirma néanmoins l'Auror avec aplomb. Nos deux services collaborent dans le cadre d'une enquête qui concerne le groupe Slytherin Casino & Entertainment.
- Hm… Il a été envoyé chez Alan Carter. Couloir de droite. Troisième bureau à gauche, dit-elle en actionnant l'ouverture de la porte.
- Merci Madame.
La porte du bureau d'Alan Carter était ouverte. Au moment où les Aurors arrivèrent, Carter était au téléphone. De la main, il leur fit signe d'entrer.
La pièce était de taille moyenne, meublée des habituelles armoires métalliques grises que l'on retrouve dans la plupart des bureaux de l'administration. Des piles de dossiers s'amoncelaient un peu partout. Et nulle trace de Seamus.
- Messieurs, dit Carter en raccrochant.
- Bonjour, nous sommes du CID, entama Ron. Notre collègue, Seamus Finnigan est passé ce matin vous remettre des documents relatifs à l'Oblivion.
- Finnigan, vous dites ? Non… ça ne me dit rien. Je n'ai rencontré personne de ce nom.
- Mais pourtant... à l'accueil…
- Il a peut-être été envoyé chez moi parce que je suis en charge du suivi des établissements de Monsieur Zabini mais je devais être absent car je n'ai jamais vu votre collège et aucun document ne m'a été remis.
- Vous avez une idée de qui a pu le recevoir ? demanda Neville.
- Hm… non. Je suis le seul à travailler sur le dossier Zabini. Je suis d'ailleurs étonné que la police s'intéresse à lui… ses établissements sont parfaitement bien tenus.
- Vous les contrôlez souvent ? interrogea Ron.
- Le casino est contrôlé trois fois par an. Les boîtes de nuit, une fois. Aucune irrégularité n'a jamais été constatée. Quel est le problème ?
- Peut-on voir votre collègue Abigail Travers ? demanda Neville sans répondre à la question.
Un peu interloqué, Carter se leva.
- Heu… oui, suivez-moi. Son bureau est au bout du couloir.
Ils arrivèrent devant une porte identique à celle de Carter. Ce dernier frappa deux coups secs avant de pousser le battant.
- Abby ? demanda-t-il en passant sa tête à l'intérieur.
La pièce était vide.
- Elle est sans doute partie déjeuner. Allons poser la question à Jane.
Comme Carter se détournait pour retourner à l'accueil, Ron en profita pour entrer dans le bureau et jeter un sort de détection. Le résultat lui noua le ventre : de la magie avait indiscutablement été pratiquée dans ce bureau.
Lorsqu'il eut rejoint Neville et Carter, il entendit confirmer ce dont il se doutait déjà : Jane n'avait pas vu Abigail quitter l'étage et sa carte d'accès n'avait pas été utilisée depuis son arrivée à 8H06. Logiquement, elle devait donc se trouver dans les lieux.
Carter fit le tour des autres bureaux, sans succès. Abigail Travers n'était nulle part.
- Pourquoi souhaitez-vous la voir ? demanda Carter.
- Je suis désolé Monsieur Carter, nous ne pouvons rien vous dire, énonça calmement Neville.
Le fonctionnaire pinça les lèvres, visiblement contrarié par la réserve de l'enquêteur. Il allait répliquer quand la porte du service s'ouvrit sur David Lee, lui aussi absent jusqu'alors.
- Ah David ! On cherche Abby. Tu ne l'aurais pas vue par hasard ?
- Pas à l'instant non. Mais il y a un peu moins de deux heures, je l'ai vue qui entrait dans son bureau avec un visiteur.
- A quoi ressemblait-il ? demanda Ron.
- Pas très grand. Des cheveux châtains, courts. Un visage assez rieur.
Ron et Neville se regardèrent. Il s'agissait de Seamus, à coup sûr.
- Bien, je vous remercie Monsieur Carter, dit Ron en se dirigeant vers la sortie, Neville à sa suite.
Dans l'ascenseur, Neville formula tout haut ce que Ron n'osait pas dire.
- Il a été enlevé, n'est-ce pas ?
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Impasse du Tisseur, Cokeworth
Après que Severus Rogue les ait quittés définitivement, Draco et Harry restèrent dans une sorte d'état second. Un peu hébétés, ils s'installèrent à la table de la cuisine sans échanger une parole.
Après un temps indéterminé, Draco se leva pour leur préparer du thé. Il aurait pu utiliser la magie mais il préféra le faire à la manière moldue. Après avoir été innocenté du meurtre d'Hermione Granger, il s'était retrouvé sans baguette. Il avait donc été contraint et forcé de se passer de la magie. Si ce fut éprouvant au début, il avait fini par trouver un certain apaisement à effectuer ces gestes du quotidien.
Il scrutait la surface de l'eau qu'il avait mise à chauffer pour qu'elle n'atteigne pas le point d'ébullition, repensant à toutes les fois où il avait rêvé de récupérer sa baguette et d'accéder à son coffre. Ces rêves étaient différents, parfois ordinaires, souvent épiques mais ils se terminaient toujours de la même façon : sitôt son argent en poche, il courait s'acheter de nouveaux costumes et de nouvelles chaussures.
Il soupira. Ce rêve lui parut bien futile tout d'un coup.
- Qu'y a-t-il ? demanda Harry en prenant la tasse que Draco lui tendait.
- Rien. Je me disais que faire du shopping quand on a un contrat au-dessus de sa tête n'était peut-être pas une bonne idée…
- Quoi ?
- Rien, fit Draco en agitant négligemment la main.
Le silence se réinstalla. L'atmosphère semblait lourde à Harry. Il ne savait pas comment interpréter cette étrange sensation qui lui étreignait le cœur. Bien qu'on soit en plein mois de juin, il avait froid. Il resserra ses mains autour de la tasse pour en absorber la chaleur.
C'était un peu comme un sentiment d'abandon… Un peu comme lorsqu'il était resté seul avec Hermione quand Ron était parti pendant qu'ils cherchaient les horcruxes.
Il réprima un petit reniflement de dépit. Jamais il n'aurait imaginé assimiler un jour le départ de son exécrable professeur de potions à celui de son meilleur ami. Et pourtant, c'était exactement ce qu'il ressentait…
- Qu'allons-nous faire ? questionna-t-il pour se détourner de ces pensées étranges.
- Eh bien, à part attendre des nouvelles de Ron, nous ne pouvons pas faire grand-chose.
- Pfff… Il n'y a vraiment rien qu'on puisse…
- Nous ne pouvons rien faire de plus, coupa Draco. Tu as donné à Ron tous tes souvenirs. Je lui ai donné les faux contrats. C'est à lui, Neville et Seamus d'agir maintenant.
- Tu veux dire que tu vas te contenter d'attendre ici ?
- Oui, parce que nous n'avons pas le choix Harry. Dehors, à cette heure-ci, il y a sûrement une centaine de personnes qui ont reçu l'ordre de nous tuer sans sommation.
Harry se leva subitement et commença à marcher de long en large. Il était de mauvaise humeur et l'attitude passive de Draco ne l'aidait pas. Lui-même se sentait engourdi, incapable de penser correctement. A ce moment précis, il aurait tout donné pour une ligne de coke, histoire d'avoir les idées plus claires, d'avoir le sentiment de pouvoir agir.
- C'est impossible… Il doit bien y avoir quelque chose que nous puissions faire. On pourrait de nouveau prendre du polynectar…
- Impossible. Il n'en reste pas suffisamment.
- Ou nous soumettre à un sort d'impassibilité…
- Pas suffisamment fiable.
- On pourrait se cacher sous ma cape d'invisibilité.
- Elle est trop petite pour nous deux.
- JE NE VAIS PAS RESTER ICI A ME CACHER COMME UN LACHE ! explosa Harry, irrité d'être contredit constamment.
Il regretta ses paroles au moment où il vit Draco accuser le coup.
- Je te demande pardon ?
Harry soupira lourdement, se détourna mais ne répéta pas son propos.
- Es-tu en train de me traiter de lâche Potter ? insista Draco.
Il s'était levé à son tour et fixait le dos de Harry d'un regard dur.
- Tu pourrais au moins avoir le courage de me le dire en face !
- Draco, souffla Harry en se retournant. Ce n'est pas…
- … ce que tu voulais dire ? Oh, si. Je pense que c'était exactement ce que tu voulais dire ! Je m'en rappellerai la prochaine fois que je devrai risquer ma peau pour venir sauver tes miches.
- JE NE T'AI RIEN DEMANDE ! POURQUOI TU NE M'AS PAS LAISSE CREVER ?
La colère lui faisait ressentir le manque de drogue avec beaucoup plus d'acuité. Il sentait des pulsions violentes secouer ses entrailles. Il avait besoin d'être blessant.
Draco, lui, s'efforça de parler calmement.
- Parce que pour une raison qui m'échappe encore, je suis tombé amoureux de toi et que tu es tout ce qui m'importe dorénavant.
- Ouais, c'est ça… c'est mon cul qui t'importe, c'est tout ! Ça le fait pour un Proscrit de baiser le Survivant, hein ? dit Harry avec un rictus méprisant.
- Le Survivant ? ricana Draco. Mais pour qui tu te prends ? Il n'y a plus de Survivant, Potter. Juste un tueur à gages, drogué jusqu'aux yeux. Et je crois me souvenir que la première fois qu'on a couché ensemble, tu n'as pas vraiment été regardant… L'habitude, je suppose.
Le coup partit tout seul. Draco fut projeté contre le mur et sa tête heurta durement le carrelage. Il porta la main à sa bouche, constatant que sa lèvre était fendue. Harry se tenait devant lui, haletant, le poing toujours serré par la rage.
- La vérité est dure à entendre Potter ? dit Draco avec un sourire narquois.
Son sourire, son accent traînant et le P de Potter craché avec ce mélange de sophistication et de dégoût ramenèrent brutalement Harry des années en arrière. Il empoigna Draco par le col de sa chemise et l'attira à lui.
- Je t'avais prévenu de ne plus jamais me traiter de pute.
- Je le ferai à chaque fois que tu me traiteras de lâche, répliqua Draco.
- Pourquoi ? Parce que la vérité est dure à entendre, Malefoy ?
Draco repoussa brutalement Harry, qui tomba durement au sol. Il fixa de toute sa hauteur.
- Oui, c'est dur à entendre Potter. Surtout quand tu as seize ans, que les doloris pleuvent sur toi et que tu es obligé de le répéter encore et encore, devant une assemblée de mangemorts. Parce que tu n'es pas parvenu à tuer ton directeur d'école.
Harry, toujours assis par terre, ne disait plus rien.
- Je suis devenu exactement ce que Voldemort voulait que je sois, murmura Draco. Un meurtrier. Il m'a traité de lâche parce que j'avais échoué à tuer un vieillard… Je me demande ce qu'il dirait maintenant que je n'ai plus assez de mes deux mains pour compter toutes les personnes à qui j'ai ôté la vie.
Draco se passa la main sur le visage, dans un geste de grande lassitude. Harry se releva et s'approcha de lui à pas mesurés.
- Avoir refusé de tuer un homme ne fait pas de toi un lâche. Et même si j'ai longtemps pensé que c'est ce que tu étais, tu ne l'es certainement plus maintenant.
- Parce que je t'ai sauvé les miches ? dit Draco, désabusé.
- Non. Parce que tu as appris à survivre. Tu as été traîné plus bas que terre et tu as quand même relevé la tête. C'est ce que j'admire le plus chez toi, Draco. Malgré tout ce qui t'es arrivé, tu continues à regarder le monde d'en haut, pour leur montrer à tous que tu ne te laisseras jamais abattre.
- Je croyais que ça faisait de moi un insupportable petit con arrogant et snob ?
Harry ne peut faire autrement que de sourire à cette description.
- Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.
- Bien rattrapé Potter.
Maintenant que la tension entre eux était retombée, Harry s'approcha résolument de Draco et le prit dans ses bras.
- Je suis désolé. Je ne pensais pas un mot de ce que j'ai dit. C'était de la provocation inutile… et injuste.
- Moi aussi je t'ai provoqué... Je crois que c'est plus fort que nous… et quelque part, ça me rend heureux.
Ces derniers mots avaient presque été chuchotés.
- Comment ça ? demanda Harry en relevant la tête.
- Parce que ça veut dire que malgré la guerre, malgré la Proscription, malgré ce que la société sorcière a essayé de faire de nous, une part de nous est restée intacte.
- La part de nous qui haïssait l'autre, commenta sombrement Harry.
Draco eut un petit rire alors qu'il serrait Harry plus étroitement contre lui. Ni l'un ni l'autre ne s'en était rendu compte mais ils avaient glissés le long du mur et se trouvaient maintenant assis par terre, blottis l'un contre l'autre.
- Tu te souviens dans l'Eurostar quand tu m'as demandé si nous aurions pu être amis, si tu avais accepté de me serrer la main ?
Harry acquiesça, ne sachant pas trop où Draco voulait en venir.
- Tu m'as dit que non parce que trop de choses nous séparaient, que tu n'aurais jamais trahi tes parents pour te rallier à Dumbledore, se rappela-t-il.
- C'est vrai. En partie.
- Je ne comprends pas…
- A l'époque, j'impressionnais la plupart des enfants de mon âge. Par ma fortune, mon statut social. Mon apparence aussi. Tout le monde voulait être ami avec moi. Tout le monde, sauf toi. Et j'avoue que ça m'a fait mal… En fait, je me dis que je n'aurais pas pu être ami avec toi simplement parce que je n'aurais pas supporté d'être un parmi d'autres. Je n'aurais pas pu me contenter d'une relation tiède et courtoise comme celle que tu avais avec des dizaines d'autres personnes dans le Château. Il fallait qu'à tes yeux, je sois différent des autres. Unique.
Il soupira avant de reprendre.
- Il n'y avait pas d'alternative. Pas de demi-mesure. Je devais t'aimer inconditionnellement ou te haïr de toutes mes forces.
- Et tu as préféré la haine.
- Oui. Ce qui au final était bien plus simple… Je n'aurais pas su comment t'aimer. Tu m'as connu à cette époque, tu sais comment j'étais… j'aurais fini par tout gâcher et tu m'aurais détesté quand même.
- Et qu'aurais-tu fait de Blaise ?
Draco eut un petit rire sans joie.
- Je te l'ai dit… c'était plus facile de te haïr… à plus d'un point de vue.
- Et maintenant ?
- Maintenant ? Après tout ce que nous venons de vivre, tu poses cette question ?
- Je la pose depuis que je sais qu'une part de toi continue à me détester… et que ça te rend heureux.
- Tu n'entends que ce que tu as envie d'entendre Potter… J'ai dit que j'étais heureux parce qu'une part de moi veut toujours te provoquer. Et ça, ça ne changera pas… même si aujourd'hui, je t'aime inconditionnellement.
- T'es pas croyable Malefoy ! T'as douze ans ou quoi ? Je n'en reviens pas que…
Harry stoppa ses récriminations.
- Redis-moi ça ?
- Miracle… deux de tes neurones viennent de se percuter. Fais attention, ça peut devenir douloureux, à force.
- T'en fais pas pour moi. J'ai le crâne épais… Répète ce que tu viens de dire.
- Si tu commences à te vanner tout seul Potter, je vais me sentir inutile.
- Bien sûr que non. Je trouverai toujours bien quelque chose à te faire faire, commenta Harry non sans une certaine lubricité. Maintenant, arrête de te faire prier et redis-moi ça.
Draco eut un petit sourire en coin. Il se pencha vers Harry et l'embrassa très doucement.
- Je t'aime. Inconditionnellement.
Ces mots donnèrent à Harry l'envie de sourire bêtement, ce qu'il fit au demeurant. Malefoy avait décidément le don de le transformer en une petite chose toute molle et toute suintante de bonheur. Il était pathétique, vraiment.
Et il adorait ça.
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L'Empire, Londres
Blaise avait quitté l'Oblivion avec Marcus Flint, laissant le soin à Warrington de s'occuper de Tom.
De retour à son bureau de l'Empire, il se fit la réflexion qu'il devrait maintenant trouver un nouveau barman. Et aussi un nouveau directeur pour la boîte de nuit. Et nommer un autre conseiller. Et promouvoir un nouveau lieutenant…
Il soupira lourdement en se laissant tomber sur son siège. Aussitôt, Slytherin sauta sur ses genoux et commença à frotter sa petite tête contre son ventre, réclamant des caresses.
- Hé, d'où tu sors toi ? Je croyais t'avoir laissé à l'appartement… Je vais finir par croire que tu es un animagus et que tu transplanes quand j'ai le dos tourné.
Le chat miaula de plus belle tout en pétrissant les cuisses de Blaise avec ses petites pattes.
- Tu es un animagus ? demanda le métis en soulevant le chat à hauteur de son visage.
Tenant le félin d'une main, il attrapa sa baguette dans la poche intérieure de sa veste et la pointa sur le petit animal.
- Animagus revelio.
Slytherin ne tressaillit même pas, se contentant de regarder son maître de ses grands yeux verts indignés.
- Bordel, je deviens fou, souffla Blaise en reposant le chat sur ses genoux.
Il rangea sa baguette dans le tiroir de son bureau en secouant la tête. Cette journée avait été épouvantable et elle n'était pas encore finie.
Indifférent à l'inquiétude de son maître, le chat continuait de miauler pour obtenir les caresses qu'il réclamait depuis trop longtemps. Quand Blaise finit par poser sa main sur sa tête et gratter le petit triangle entre les deux yeux, Slytherin émit un ronronnement appréciateur.
- Tu es bien comme tous les autres toi, dit Blaise. Exigeant et ingrat. Si je cessais de te nourrir et de te soigner, tu n'hésiterais pas à quémander l'attention d'un autre, n'est-ce- pas ? Combien de temps mettras-tu pour m'abandonner toi aussi ?
Pour toute réponse, le chat s'installa plus confortablement. Blaise soupira pour la énième fois.
- Et je fais comment pour travailler moi ?
Il n'eut pas à se poser la question très longtemps car on frappa à sa porte.
- Entrez.
Il vit apparaître Marcus Flint.
- Blaise, Abigail Travers demande à te voir.
A cette annonce, tous ses muscles se crispèrent. Machinalement, il resserra sa prise sur le cou du chat qui protesta énergiquement.
- Fais-la entrer.
Marcus s'écarta pour laisser passer la visiteuse, une jeune femme aux cheveux noirs comme une nuit sans lune, très courts et aux yeux d'un bleu violet hypnotisant. Elle portait un tailleur pantalon à la coupe cintrée qui mettait parfaitement en valeur ses formes plantureuses.
- Bonjour Blaise.
Blaise ne prit même pas la peine de se lever. Il continuait à caresser Slytherin avec un calme qui n'était qu'apparent.
- Abigail. Que fais-tu ici ?
La voix était sèche et suintait la désapprobation.
- Te parler de quelque chose qui t'intéressera certainement.
- Quoi que tu aies à me dire, tu pouvais passer par la procédure habituelle. Tu sais que je ne veux pas que mes contacts viennent ici !
- Ne monte pas sur tes grands hippogriffes mon petit Blaise. Si je suis ici, c'est précisément parce que ce que j'ai à te dire ne peut pas passer par la procédure habituelle.
Le regard de Blaise se fit encore plus dur qu'il ne l'était déjà.
- Crache le morceau. Qu'on en finisse.
- Oh mon petit Blaise, où sont passées tes bonnes manières ? Tu pourrais commencer par me proposer à boire…
Disant cela, Abigail s'était avancée dans la pièce et avait pris place dans un des fauteuils qui meublaient le bureau du Parrain. Blaise se fit la réflexion qu'elle ne marchait pas, elle ondulait.
- N'abuse pas de ma patience, siffla-t-il. Parle. Maintenant.
Abigail s'adossa plus confortablement dans son siège et croisa élégamment les jambes, dévoilant une cheville fine et déchaussant partiellement son pied de l'escarpin à talons aiguilles qu'elle portait. Elle esquissa un léger sourire en voyant le regard de Blaise, captivé par le mouvement de balancier de la chaussure sur ses orteils.
Elle n'avait pas peur de lui.
- J'ai enlevé Seamus Finnigan, lâcha-t-elle en contemplant ses ongles ornés d'un vernis grenat.
- Tu as fait quoi ? dit Blaise, après un temps.
- Tu m'as bien entendue.
- Et peut-on savoir pourquoi tu as fait une chose aussi stupide ?
Il avait parlé lentement, en articulant chaque mot, les yeux fermés dans un vain effort pour contenir sa colère.
- Crois-moi, il n'y a rien de stupide là-dedans, répliqua calmement Abigail. Finnigan venait dénoncer à la Commission des faits qui t'auraient immédiatement envoyé en prison. Et je ne parle pas de Pentonville évidemment.
- Dénoncer des faits ? Quels faits ? Et avec quelles preuves ?
- Les faux contrats d'emploi de l'Oblivion… La comptabilité trafiquée… Je continue ?
- Tu aurais pu te contenter de prendre note de sa plainte et de détruire les preuves ensuite. Je ne…
- Oui, j'aurais pu, en effet, coupa Abigail. Mais c'était tellement plus… excitant de l'enlever. Tu aurais dû voir sa petite tête de lutin quand j'ai sorti ma baguette et que j'ai lancé le stupéfix. C'était à mourir de rire !
- Comment as-tu fait pour quitter le bâtiment sans te faire voir ?
- En transplanant bien sûr.
Blaise se leva d'un bond, faisant fuir son chat qui décampa en feulant. En trois pas, il était devant elle.
- MAIS TU AS PERDU LA TETE PAUVRE FOLLE ! TU NE SAIS PAS QUE LES SORTS DE TRANSPLANAGE PEUVENT ETRE PISTES PAR LES AURORS ? ET QU'ILS ONT TOUS SUR EUX UN SORT DE LOCALISATION ?
Abigail soupira en fermant les yeux. Mais quand elle les rouvrit et que son regard se posa à nouveau sur Blaise, il était dur et menaçant.
- Tu crois que je ne le sais pas ? Tu me crois sotte au point d'avoir transplané dans ton casino avec l'Auror sous le bras ? Bien sûr que non ! Tout ce que les Aurors découvriront, c'est que j'ai transplané dans le parking, à côté de ma voiture. Quant au sort de localisation, tu sauras qu'il n'est pas posé sur l'Auror mais contenu là-dedans.
Elle exhiba une petite plaquette en métal argenté de trois centimètres sur deux qui pendait au bout d'une chaîne en maille jaseron. Blaise pouvait voir le nom de Seamus Finnigan gravé dessus ainsi qu'un numéro à 6 chiffres.
- Que veux-tu ? demanda Blaise d'une voix blanche.
Abigail sourit et se leva. Elle était beaucoup plus petite que le métis et dut lever la tête pour le regarder en face.
- Tu es toujours aussi perspicace… Tu dois bien te douter de ce que je veux. Une place au Conseil du Cartel.
- Je te l'ai déjà dit, je…
- Pas de femmes dans le Cartel… blablablabla… oui, je sais. Sauf que tu n'es plus en mesure de me le refuser.
- Ah oui ? cingla Blaise. De quel droit tu viens ici me faire du chantage ? Tu penses pouvoir m'intimider avec ta stupide breloque ? Qu'est-ce qui me dit qu'il ne s'agit pas d'un leurre ?
Abigail éclata d'un rire clair et musical.
- Rien du tout ! A toi de voir si tu veux prendre le risque…
- Quoi ?
- Tu me donnes ce que je veux et Finnigan ainsi que les preuves disparaissent définitivement et proprement, de telle manière que personne ne pourra jamais remonter jusqu'au Cartel. Je peux être aussi douée que Potter l'était, tu sais ? Je pourrais parfaitement prendre sa place.
Blaise ne répondit rien. Il serrait les poings de rage.
- Dans le cas contraire, continua-t-elle, Finnigan repart chez ses copains tout leur balancer. Bien sûr, il m'aura oubliée. Il se souviendra seulement avoir été enlevé par un de tes sbires et séquestré dans une cave de ton précieux palace. Après ça, je ne donne pas dix minutes aux Aurors pour venir t'arrêter sur le champ.
- Tu es…
- Tssss… Blaise, dit-elle en posant un doigt sur sa bouche. Ne jamais dire du mal des femmes, ces créatures si douces et si fragiles, c'est ta règle, non ?
Elle sourit à nouveau et se dirigea vers la porte.
- Tiens, garde ça en souvenir, dit-elle encore en lui lançant la plaquette d'identification de Seamus.
Blaise l'attrapa d'un geste, sans comprendre.
- C'est une réplique. L'original est quelque part ici, dans ton casino. C'est l'endroit idéal, il y a tant de cachettes possibles… jamais tu ne le retrouveras. Pour le moment, le médaillon est couvert par un sort de protection qui empêche les Aurors de le localiser… et toi de le trouver. Le sort est programmé pour se lever automatiquement dans trois jours. C'est le délai que je te donne pour réfléchir à ma proposition. Après… hé bien après, on verra.
- Jamais je ne céderai à ton chantage !
- C'est ce qu'on verra. Au fait Blaise… je te connais, toi et tes… méthodes. Sache que le sort de protection est intrinsèquement lié à ma magie. Je meurs, il disparaît. Et les Aurors déboulent ici… Réfléchis donc deux fois avant de lancer tes chiens à mes trousses.
Après un léger signe de la main, Abigail quitta le bureau.
Fou de rage, Blaise s'empara d'une bouteille de whisky posée sur le bar et la jeta de toutes ses forces sur le mur. Elle explosa en mille morceaux et le liquide ambré se répandit en longues traînées.
Il connaissait bien Abigail, il savait qu'elle n'avait pas menti. Elle était prête à tout pour intégrer le Cartel. En se trouvant en présence de Seamus Finnigan, elle avait perçu une opportunité et l'avait saisie.
Déjà à Poudlard, elle était déterminée, ambitieuse et ne reculait devant rien pour arriver à ses fins. Blaise avait toujours admiré et respecté cette force de caractère. Quand, quelques années après le début de la Proscription, il l'avait retrouvée par hasard, serveuse dans un bar, il s'était dit que son intelligence et ses capacités pouvaient être bien mieux employées.
Il s'était alors débrouillé, la magie aidant, pour qu'elle soit recrutée par la Commission de contrôle des jeux. Son casino allait ouvrir dans quelques mois et il avait besoin de quelqu'un à l'intérieur pour l'aider à dissimuler son véritable business.
Abigail s'était immédiatement montrée à la hauteur de la tâche. Délibérément, afin qu'aucun lien ne puisse être fait entre elle et le Cartel, elle ne s'occupa pas du dossier Slytherin Entertainment, le laissant à son collègue Alan Carter. Mais dans l'ombre, elle se débrouillait pour intercepter tout ce qui concernait la société, n'hésitant pas à jeter de temps à autre un sortilège de confusion à Carter.
Le résultat avait toujours été parfait. En réalité, Abigail était parfaite. Mais c'était une femme…
Blaise avait eu plusieurs prises de bec avec Draco à ce sujet.
- Par Salazar Blaise, je ne te comprends pas ! Tu t'accommodes de pignoufs comme Bletchey dans ton équipe mais tu refuses de voir la perle que tu as sous les yeux ! Travers est exactement celle dont on a besoin !
- C'est une femme.
- Tu fais bien de le préciser. J'aurais pu confondre ses seins avec une paire de couilles.
- Draco, tu connais la règle…
- ELLE EST DEBILE TA REGLE !
- Travers nous est plus utile là où elle est que dans le Cartel…
- Elle est dans le Cartel ! En travaillant pour nous, elle est des nôtres ! Qu'elle soit dans le Conseil ne…
- Draco, la discussion est close.
- Tu m'emmerdes Blaise !
Blaise soupira en repensant à cet échange. Si Draco avait été là, nul doute qu'il aurait remis cette discussion sur le tapis et qu'il lui aurait dit sa façon de penser.
Mais Draco n'était pas là. Draco était planqué quelque part avec Potter en se tapant la cuisse de rire à l'idée de l'avoir berné pendant tout ce temps.
Une carafe en cristal s'apprêtait à aller rejoindre la bouteille contre le mur quand la porte du bureau s'ouvrit à nouveau. Sur Ginny cette fois.
- On ne t'a pas appris à frapper avant d'entrer ? grinça Blaise en lui jetant un regard noir.
- Je l'ai fait mais tu ne sembles pas m'avoir entendue, répliqua Ginny calmement.
Blaise haussa les épaules.
- Que veux-tu ? demanda-t-il sèchement.
- Juste savoir si nous dînons toujours tous les trois chez Vito ce soir.
- Bien sûr ! Nous dînons chez Vito tous les lundis depuis cinq ans ! Pourquoi ça changerait ?
Elle ne releva pas le ton venimeux de son mari et dit, placidement :
- A cause de ce qui s'est passé ce week-end. Tu n'as peut-être pas envie de…
- Que s'est-il passé ? Il ne s'est rien passé !
- Je lis les journaux Blaise. Je…
- Pour la dernière fois, il ne s'est rien passé ! cria-t-il. Et nous dînerons chez Vito ce soir !
- Bien.
Ginny fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Elle avisa alors la bouteille cassée sur le sol. Elle sortit sa baguette et d'un petit geste bref, elle fit disparaître les débris et les éclaboussures d'alcool.
- Blaise, dit-elle en le regardant par-dessus son épaule. Si tu n'es pas d'humeur, je peux le comprendre tu sais… Mais dans ce cas, je préfère dîner seule avec Anthony. Tu sais que ça l'angoisse de te voir dans cet état-là.
Le métis soupira. En quelques pas, il combla la distance qui le séparait de sa femme et l'enlaça par derrière.
- Je suis désolé. Tu as raison, la journée a été épouvantable et je suis de très mauvaise humeur mais Anthony et toi n'y êtes pour rien. J'ai vraiment envie d'une soirée tranquille en votre compagnie.
- D'accord, sourit Ginny en se retournant pour lui faire face. On passera une bonne soirée, tu verras. Et après, je te ferai oublier tes tracas.
Elle lui donna un baiser très prometteur avant de quitter la pièce.
Voilà une vraie femme, se dit Blaise. Une femme qui connaît son rôle et qui l'assume parfaitement. Une femme qui ne cherche pas autre chose que d'être une épouse et une mère exemplaire.
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Ministère de la Magie
- PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !
Le presse-papiers vola à travers la pièce avant de s'écraser sur la tête de Zabini, manquant de peu celle d'Ernie McMillan. La photographie ne résista pas à ce traitement et se déchira en deux.
- OU EST-IL BORDEL ? POURQUOI NE PARVIENT-ON PAS A LE LOCALISER ? hurla Ron pour la troisième fois.
- Ron, tempéra Neville. Ron, il faut que tu te c…
- NE ME DIS DE ME CALMER LONDUBAT ! AU CAS OU CA T'AURAIT ECHAPPE, SEAMUS EST…
Il n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase car il finit plaqué contre le mur par Neville qui le tenait fermement par le col de sa chemise.
- Au cas où ça t'aurait échappé, Weasley, Seamus est aussi mon collègue et mon ami, siffla Neville d'une voix dangereusement basse. Et oui, je sais qu'il est en danger mais tu ne nous aides pas en gueulant comme tu le fais. Alors, une fois pour toutes, tu te calmes, ok ? Si tu n'es pas capable de ça, sors de ce bureau.
Ron fixait Neville les yeux écarquillés. Les trois autres Aurors présents en faisant autant. Neville était ce qu'on pouvait appeler une bonne nature, il s'énervait rarement. Mais les quelques fois où ça arrivait, personne n'osait bouger. Pas même le chef des Aurors…
Neville lâcha Ron qui reprit ses esprits.
- Je… je suis désolé. Tu as raison… c'est juste que…
- Je sais, coupa Neville en posant la main sur son épaule. On va le retrouver.
Ron acquiesça silencieusement puis se tourna vers Eddie Carmichael et Rose Zeller, deux des meilleurs briseurs de sorts du Bureau des Aurors.
- Rose, Eddie, expliquez-nous ce que vous avez trouvé.
- A mon avis, commença Rose, un sort de protection a dû être placé sur la plaquette d'identification de Seamus, ce qui l'empêche d'être localisée.
- Un sort de protection ? interrogea Neville.
- Il en existe plusieurs sortes, précisa Eddie, mais ils fonctionnent tous de la même manière : ils sont liés à la personne qui l'a posé. Seule la volonté ou la mort du poseur de sort peuvent le rendre inactif.
- En soi, ce n'est pas une mauvaise nouvelle, dit Rose.
- Ah oui ? demanda Ron.
- Eh bien, si Travers a pris la peine de poser un sort de protection, c'est qu'elle compte garder Seamus en vie. S'il était mort, elle n'aurait aucun intérêt à le cacher, au contraire.
Neville, Ron et Eddie hochèrent la tête.
- Ce que je ne comprends pas, dit Ron, c'est comment Travers a su qu'un sort de localisation recouvre la plaque d'identification des Aurors. Cette information est censée être confidentielle…
- N'oublie pas que son père a dirigé le Département des usages abusifs de la Magie avec lequel les Aurors travaillent régulièrement, répondit Neville. Il a pu connaître cette information et en parler à sa fille…
- Je ne suis pas convaincu.
- Ron, la seule autre hypothèse, c'est qu'un Auror lui en ait parlé, dit Neville.
- C'est bien ce qui me fait peur…
Personne ne commenta le propos et Ron ne s'étendit pas davantage.
- Et pour le transplanage ? demanda-t-il.
- Malheureusement, on a rien, dit Ernie McMillan, resté silencieux jusque-là. Elle a transplané jusque dans le parking, sûrement pour rejoindre sa voiture. Après, elle n'a plus laissé aucune trace.
- Cette garce a pensé à tout, grinça Ron.
- Je la connais un peu, dit Rose. Elle et moi étions de la même année à Poudlard. Elle est terriblement intelligente, confirma Rose. Ne la sous-estimez jamais.
Ron s'approcha de la carte de Londres qui était épinglée au mur.
- On sait où elle habite ?
- Un appartement dans le nord de Londres, pas loin de la station Seven Sisters. On a mis l'endroit sous surveillance, confirma Ernie.
- Elle n'aurait jamais pris le risque de l'amener là-bas, c'est trop risqué. Elle a d'autres points de chute ?
- Aucun, dit Ernie. Comme tous les Proscrits, elle n'a plus de famille et vit le plus discrètement possible.
- Hm…
Il se tourna alors vers Ernie, Rose et Eddie.
- Bien. Je vous remercie tous les trois. Je vous avertirai si avons du nouveau.
- Mais… commença Ernie.
- Vous pouvez disposer.
Un peu choqués d'être congédiés de la sorte, les trois Aurors sortirent du bureau sans toutefois protester. Neville, lui, avait parfaitement compris que Ron ne voulait pas qu'ils soient mis au courant de certaines choses, notamment concernant Harry, ses liens avec le Cartel et avec Draco.
- Ron… qu'y a-t-il ?
- Tu ne trouves pas curieux que Draco ou Harry ne nous aient rien dit à propos d'Abigail Travers ? Or, ils devaient être au courant non ? Malefoy en tout cas…
- Tu crois qu'ils nous ont tendu un piège? demanda Neville, incrédule. C'est impossible ! Pas après tout ce que Draco a fait… Quant à Harry, je ne peux pas y croire…
Ron soupira.
- Je ne sais plus quoi penser. J'ai l'impression que tout nous file entre les doigts. On y était presque… et maintenant Seamus a disparu. Et les preuves aussi.
Il s'assit lourdement à son bureau, complètement abattu.
- Neville, dit-il la tête entre les mains. Va voir Draco et confronte-le. Moi, je me charge de Zabini.
- Tu vas aller voir Zabini ? Mais tu es fou ! Ron, c'est…
- Il le faut.
- Mais… jamais on ne te laissera entrer à l'Empire !
- Je n'irai pas à l'Empire, répliqua Ron. Tous les lundis, Ginny et lui dînent dans un restaurant italien sur le Strand, Casa nostra, tenu par un certain Vito Andolini.
- Tu es sûr que tu ne crains rien ?
- On n'est jamais sûr de rien, répliqua Ron en se levant. Quant à toi, sois prudent avec Malefoy et Harry.
Il ouvrit une armoire et en sortit un porte-clés en forme de smiley. Il le remit à Neville.
- C'est un portoloin d'urgence. Si ça tourne mal, active-le en prononçant portus. Il fonctionne partout même dans les lieux protégés ou confinés.
- Ron, tu ne crois quand même pas qu'ils sont capables de…
- Je te l'ai dit. Je ne sais plus ce que je dois croire. Alors sois prudent. J'ai déjà perdu Seamus, je ne veux pas te perdre toi aussi.
Neville hocha la tête et quitta le bureau à son tour.
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L'Impasse du Tisseur, Cokeworth
Draco Malefoy était sur le point de mourir. C'était une question de secondes. Il le savait. Il le sentait.
Il avait beau tirer sur ses liens de toutes ses forces, rien n'y faisait. Au contraire, il ne faisait que les resserrer davantage. Ce bâtard de Harry Potter était définitivement doué pour faire des nœuds…
Et tout cela était entièrement de sa faute.
Flash-back
De la cuisine, Draco et Harry étaient passés à la chambre. N'étant manifestement d'aucune utilité pour le monde extérieur, ils avaient décidé d'employer leur temps à s'occuper d'eux-mêmes.
- Ça me fait dire que tu ne t'es pas encore excusé de m'avoir traité de pute, dit Harry entre deux baisers.
- Oh, c'est vrai ? C'est peut-être parce qu'un Malefoy ne s'excuse jamais…
- Hm… mauvaise réponse. Il va falloir que je trouve une manière de te faire payer ça, Malefoy.
- Tu n'as qu'à m'attacher au lit et faire de moi ce que tu veux, proposa Draco, complètement électrisé par les dents de Harry qui lui mordillaient le lobe de l'oreille.
- Merveilleuse idée.
En voyant l'étincelle machiavélique qui illumina les yeux verts l'espace d'un instant, Draco se dit qu'il aurait mieux fait de se taire.
- Harry, s'il te plaît…
Allons bon… Le voilà qui était réduit à supplier maintenant.
Harry ne répondit pas. Vu la position dans laquelle il était et la concentration qu'il mettait à sa tâche, il ne l'avait peut-être même pas entendu.
Draco, à genoux, les mains convulsivement serrées sur la barre en fer forgé de la tête de lit, ferma les yeux pour tenter d'endiguer ce trop-plein de sensations qui déferlaient sur lui. Après plusieurs inspirations profondes, il se risqua à les rouvrir et à baisser la tête. Il les referma aussitôt.
De Harry, il ne voyait rien sinon le haut de son front, légèrement perlé de sueur et ses cheveux ébène. Le reste de son visage était enfoui sous lui.
S'il ne le voyait pas, par contre, il le sentait parfaitement. Il sentait ses mains lui écarter les fesses, sa langue tiède le lécher avec application et ses dents lui mordiller les testicules à intervalles réguliers.
- Harry, je t'en prie… enlève-le.
Non content de lui avoir attaché les mains pour l'empêcher de se toucher, Harry avait placé sur son sexe un anneau pénien qu'il avait conçu en métamorphosant un vulgaire élastique, à l'aide de la baguette de Draco.
Comment un objet si petit et si anodin pouvait-il se révéler si destructeur ? Des points noirs dansaient devant ses yeux. Son souffle était erratique et son membre était tellement tendu qu'il collait littéralement à son ventre. Il ne tiendrait jamais une minute de plus…
A peine avait-il pensé cela que la tête de Harry disparut soudainement d'entre ses cuisses. Avec la souplesse d'un chat, il s'était relevé derrière Draco, le déplacement de son corps occasionnant un léger courant d'air qui fit frissonner le blond. Harry colla alors son torse contre le dos de Draco, promenant le bout de ses doigts le long de ses épaules et de ses bras.
- Harry, s'il te plaît… répéta Draco qui était maintenant parcourut par un courant électrique partout où l'autre posait ses doigts.
- Que veux-tu Draco ?
- J'ai besoin de… Enlève-le… s'il te plaît.
- C'est tout ce que tu veux ? demanda Harry en frottant lascivement son corps moite contre celui de Draco, lui faisant sentir de toute l'étendue de son envie de lui.
- Non… Prends-moi… prends-moi maintenant…
- Hm… c'est vraiment ce que tu veux ?
Il y a des moments charnières dans l'existence, où il est vital d'exprimer clairement les choses. Ce moment était venu pour Draco.
- Potter… si tu ne fourres pas ta queue dans mon cul maintenant, je te tue, c'est clair ?
- Et comment feras-tu ? Sans baguette et les mains attachées ? ronronna Harry, très satisfait de la torture qu'il imposait à son amant.
Draco serra la barre du lit encore plus fort.
- Par Merlin, Harry. Baise-moi. Maintenant, siffla Draco d'une voix dangereuse.
Voyant les étincelles de magie qui commençaient à crépiter autour des mains de son amant, Harry se dit qu'il avait suffisamment joué avec le feu. Sans autre préparation, il s'insinua à l'intérieur de Draco directement jusqu'à la garde. Celui-ci émit un long gémissement de plaisir, provoquant une vibration qui se communiqua au corps de Harry.
Ce son, le plus intensément érotique qui soit, mit Harry à feu et à sang. Il commença à pilonner Draco à un rythme effréné, se délectant de son étroitesse, passant ses mains sur la cambrure de ses reins, puis autour de sa taille, jusqu'à remonter à ses tétons qu'il roula entre ses doigts.
Draco, toujours attaché au montant du lit, émettait des propos incohérents desquels s'échappaient néanmoins l'une ou l'autre supplication.
Harry n'allait plus tenir très longtemps. Sa main droite glissa le long du ventre pâle, ses doigts se perdirent un instant dans la soyeuse toison blonde avant d'enserrer la base du sexe de Draco. Habilement, il fit sauter l'attache qui maintenait l'anneau de cuir avant de malaxer doucement ses testicules afin de soulager la tension. Immédiatement, Draco jouit violemment, son sperme éclaboussant son torse, son cou et même son visage. Harry vint quelques secondes plus tard, se libérant par saccades dans le corps accueillant de son amant.
Usant de ses dernières forces, il défit les cordes qui maintenaient Draco attaché au lit. Ils restèrent quelques instants dans la même position, Harry collé contre le dos de Draco, bercé par la respiration lourde de son amant, les doigts entrelacés aux siens.
- C'était incroyable, souffla Harry. Tu es incroyable.
- Comme toujours.
Harry se mit à rire. Même haletant, décoiffé et en sueur, Malefoy parvenait à être suffisant.
- Ceci dit, je te retourne le compliment Potter. Tu as bien failli m'achever.
- Ose prétendre que tu n'as pas aimé.
Draco tourna légèrement la tête, une réplique sarcastique au bord des lèvres. Mais en voyant sur le visage de Harry une expression attendrie et inquiète à la fois, il se retint. Ce n'était pas le moment de faire du sarcasme. A la place, il finit par la lâcher la barre du lit et se laissa glisser sur le matelas, Harry tout contre lui.
- J'en ai aimé chaque seconde, murmura-t-il, le nez enfoui dans la masse de cheveux bruns.
Il sentit Harry frémir et sourire de toutes ses dents. Lui-même était content de son petit effet. Il maîtrisait à merveille l'art de transformer Harry en guimauve.
- Hé ! Mais… oh merde, s'exclama Harry soudainement.
- Qu'y a-t-il ? s'alarma Draco.
- Tes… tes poignets…
Draco tendit les mains devant lui. Ses poignets étaient rouge vif.
- Que veux-tu ? Tu es une brute épaisse Potter.
- Je suis désolé ! J'aurais dû utiliser du tissu plutôt que de la corde !
- Ça va, ce n'est pas un drame… un sort de guérison et on en parle plus.
Harry se tourna vers la table de nuit sur laquelle la baguette qu'il avait utilisée pour créer l'anneau de cuir était posée.
- Non, pas celle-là, dit Draco en se levant.
Il fit quelques pas dans la pièce, soulevant l'un ou l'autre vêtement qu'ils avaient semé un peu partout. Il finit par trouver ce qu'il cherchait et revint avec la baguette d'aubépine. Il la donna à Harry puis tendit les bras devant lui pour qu'il jette le sort.
- Et quoi ? Tu ne peux pas le faire toi-même ? commenta Harry sur un ton railleur.
- Tu m'as abîmé, à toi de me rafistoler.
Harry soupira en marmonnant quelque chose sur les aristocrates fainéants et précieux mais jeta néanmoins le sort. Quand ce fut fait, la peau de Draco était à nouveau parfaite.
- Hm... Merci.
- Pas de quoi. Tiens, répondit-il en rendant l'artefact à Draco.
- Garde-là.
Harry le regarda avec des yeux ronds.
- Garde-là. Tu l'as utilisée tout ce temps, elle t'obéit mieux qu'à moi. Et puis, il faut bien remplacer la tienne.
Le cœur de Harry se serra au souvenir de sa baguette de houx, cassée en deux, que Draco avait récupérée sur les lieux de sa séquestration. Elle avait déjà été réparée une fois, grâce à la Baguette de Sureau, mais il doutait de pouvoir la réparer à nouveau.
- Je ne peux pas Draco… cette baguette, je te l'ai volée. C'est la tienne, ta première baguette, celle qui t'a choisi toi. Moi je ne suis qu'un usurpateur.
Draco, qui avait perçu le malaise de Harry, s'assit à côté de lui.
- Tu as entendu le Gobelin ce matin. Cette baguette est désormais à toi autant qu'à moi. Tu me l'as prise de force mais tu ne l'as ensuite rendue volontairement. Et maintenant, c'est moi qui te la donne. Tu n'es pas un usurpateur.
- Mais… et toi ?
- Aussi curieux que ça puisse paraître, je me suis attaché à ma baguette de contrebande. Elle a été difficile à apprivoiser mais maintenant, je ne pourrais plus m'en séparer.
- C'est celle-là ? demanda Harry en prenant la baguette posée sur la table de nuit.
- Non, celle-là c'est celle que le Ministère m'a imposée dans la mission d'infiltration. Mais elle ne me convient pas du tout.
- Elle est en quoi ?
- Cornouiller et plume de jobarbille.
Harry éclata de rire.
- J'imagine en effet que ce n'est pas très productif ! Le cornouiller s'adapte bien aux sorciers farceurs et aux situations amusantes et excitantes.
- Dis tout de suite que je suis ennuyeux !
- Mais non voyons ! Je dis juste que ton principal trait de caractère n'est pas forcément l'espièglerie.
Draco bougonna encore peu avant de demander :
- Comment se fait-il que tu t'y connaisses en bois de baguettes ?
- C'était un des cours au programme de la formation d'Auror. Le seul que j'ai suivi avec plaisir, je dois dire.
- Et qu'évoque pour toi une baguette en bois de cerisier et crin de sombral ?
L'expression de Harry se fit plus sérieuse.
- Eh bien… c'est une sacrée combinaison que celle-là. Le bois de cerisier est connu pour posséder un pouvoir mortel. Il faut une maîtrise de soi et une force de caractère exceptionnelle pour posséder une telle baguette. Quant au crin de Sombral, c'est… c'est quelque chose de rare… on dit que… seuls les sorciers qui ont accepté de regarder la Mort en face en sont dignes.
Draco hocha la tête pensivement.
- C'est ta baguette illégale, c'est ça ? demanda Harry.
- Oui.
- Le fait que tu sois parvenu à la maîtriser alors qu'elle ne t'avait pas choisi tient pratiquement du miracle.
- Je pensais qu'on était déjà tombé d'accord pour dire que je suis exceptionnel, répliqua Draco en riant.
Harry lui, ne riait pas.
- C'est une baguette dangereuse Draco…
- Quand on me l'a proposée, je n'ai pas vraiment eu le choix ! On ne peut pas vraiment faire le difficile quand on est un Proscrit, tu sais !
Draco avait haussé le ton, énervé par les propos de Harry.
- Je sais ! tempéra celui-ci. Je te demande juste d'être prudent… Ce genre de baguette pousse son porteur à affronter la mort.
- Oh… elle te conviendrait bien alors ! ricana Draco.
- Ce n'est pas drôle ! Tu ne comprends pas ce que ça implique ! Si la baguette ressent la moindre faiblesse, le moindre doute quant au fait que tu sois prêt à mourir, elle cessera de t'obéir !
Draco détourna les yeux, fixant quelque chose derrière la fenêtre.
- Alors il n'y aura pas de problème, dit-il. Ça fait longtemps que je n'ai plus peur de la mort.
- Ce n'est pas la peur que la baguette ressent, soupira Harry. C'est le fait de savoir si tu as quelque chose à perdre ou non. Si elle ressent que quelque chose… ou quelqu'un… te retient… elle cessera d'obéir.
Draco ne dit rien. Prenant soin de ne pas regarder Harry, il se leva.
- Il n'y aura pas de problème, répéta-t-il.
Il traversa la chambre puis le couloir et s'enferma dans la salle de bain.
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Une heure plus tard, lavés et habillés, Harry et Draco étaient redescendus au rez-de-chaussée. L'ambiance légère de l'après-midi semblait s'être complètement évaporée.
Draco était dans le salon, lisant un des nombreux livres de la bibliothèque de son parrain, tandis que Harry était assis à la table de la cuisine, perdu dans ses pensées. Il aurait voulu reparler à Draco de cette histoire de baguette, le convaincre d'utiliser plutôt celle du Ministère ou même reprendre sa baguette d'aubépine. Mais il ne savait pas comment l'aborder. Sans compter que ses derniers mots résonnaient douloureusement dans le cœur de Harry.
Il n'y aura pas de problème.
Que voulait-il dire ? Que rien ni personne ne le retenait ici, même pas Harry ? Ou bien qu'il était prêt à mourir pour lui ?
Harry se prit la tête entre les mains en jurant. Puis il se leva brusquement, traversa la petite cuisine en quelques pas et se posta devant Draco.
- Ecoute Draco, il faut qu'on…
Il fut interrompu par des coups frappés à la porte de derrière.
Aussitôt, Draco et Harry furent debout, baguette à la main. Ils s'approchaient tous les deux de la porte à pas de loup quand les coups redoublèrent.
- HARRY ! DRACO ! C'EST NEVILLE !
Les deux hommes se regardèrent d'un air entendu. Harry se colla au battant et dit :
- Le mot de passe de la salle commune en cinquième année ?
- Mimbulus Mimbletonia. Le seul que je sois jamais parvenu à retenir.
- C'est bon, dit Harry à Draco.
Ils déverrouillèrent la porte et laissèrent entrer l'Auror.
- Merde Neville ! jura Harry. On aurait pu te jeter un sort ! Pourquoi tu n'as pas transplané directement dans la maison ?
- Parce que la politesse veut qu'on ne transplane pas au milieu du domicile des gens…
- Merci l'éducation des Sang-purs ! s'exclama Draco. Au moins quelqu'un qui connaît la bienséance.
- … et ensuite, poursuivit Neville, Ron m'a dit que vous étiez de vrais lapins. Je n'avais pas forcément envie de tomber sur une scène de sexe intense qui m'aurait décollé la rétine.
Harry était trop offusqué pour répondre et Draco enrageait littéralement.
- Ce bâtard de Weasley… je ne sais pas ce qui me retient de…
- Trêve de plaisanteries, coupa Neville. Je ne suis pas là pour ça.
Le ton mortellement sérieux de l'Auror remisa la colère de Draco au second plan.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
- Seamus a été enlevé.
- QUOI ? PAR QUI ? COMMENT ? cria Harry.
- Abigail Travers. Mais je suppose que vous le saviez, non ?
- Quoi ? Mais c'est n'importe quoi ! Je ne sais même pas qui c'est ! s'insurgea Harry.
- Et toi Malefoy ? questionna Neville en sortant sa baguette.
Draco qui avait baissé sa garde releva sa baguette à son tour.
- Hé ! s'interposa Harry. Je t'interdis de menacer Draco ! On ne sait rien de cette femme… cette Abigail. N'est-ce pas Draco ?
Mais Malefoy restait silencieux, fixant Neville sans ciller.
- Draco ? répéta Harry.
Le blond pencha légèrement la tête. Il esquissa alors un sourire qui n'augurait rien de bon.
A suivre...
