Chapitre 25


Les élèves du futur semblaient avoir disparus. Ginny avait cherché sa fille en vain avant de comprendre que cette dernière avait dû partir avec ses amis, sans même lui dire au revoir, sans même lui avoir laissé ne serait-ce qu'un mot. Elle avait été énervée au plus haut point puis s'était dit que rien ne l'empêcherait de mettre le grappin sur Harry. Son espoir devint encore plus important quand elle se rendit compte qu'elle était la seule à se souvenir des petits monstres ainsi qu'Astoria, pour une raison qui leur échappait.

Après la disparition des petits monstres, Ginny s'était aperçue que tout avait repris comme s'ils n'avaient pas existé. La fouine ne s'approchait plus de son Harrynounet et elle avait pensé qu'il serait alors simple de s'en rapprocher, de la même manière qu'Astoria qui collait la fouine. Mais il n'en avait rien été. Harry s'était réfugié chez Mme Pomfresh et cette dernière veillait sur lui comme un dragon veille sur son trésor, c'est-à-dire crocs et griffes sortis. Elle avait alors appris au bout de plusieurs semaines, en écoutant aux portes que « son petit-ami » était enceint.

Elle avait alors pris sur elle pour le convaincre d'avorter, mettant en avant qu'il n'allait pas l'élever seul, qu'il s'agissait probablement d'un enfant non voulu. Seulement il n'avait rien voulu entendre et quand elle avait levé sa baguette pour lui faire perdre cette abomination, un bouclier vert l'avait protégé. Elle n'avait plus pu l'approcher. Voyant ses rêves s'effondrer, elle en avait rejeté la faute sur la fille qui poussait dans son ventre. C'est pourquoi, plusieurs semaines après l'évènement, elle se rendit dans le monde moldu pour avorter, un sourire sadique aux lèvres, heureuse de savoir que dans le futur elle punirait et ferait souffrir les petits monstres qui avaient empêché sa vie avec son Harry.

Elle avait également pris son pied en réalisant qu'avec son acte, elle se vengerait d'autant plus d'Harry. En effet, il y avait quatre-vingt-quinze pour cent de chance que l'hybride à la charge de celui qu'elle aurait dû épouser meurt en l'absence de son âme-sœur qu'elle avait tuée en avortant. Ainsi Harry perdrait son filleul et presque fils. C'est ainsi que jubilant sur sa vengeance future, elle attendit patiemment que leur retour ait lieu dix-huit ans plus tard.

Harry, de son côté, n'avait pu se résigner à rester en Angleterre, après les derniers événements. La fin d'année avait été des plus étonnantes et si quelqu'un ne lui en avait prédit, ne serait-ce qu'un dixième, il l'aurait envoyé à Sainte Mangouste au niveau psychiatrique.

Mais pourtant, cela avait eu lieu. Il ignorait encore comment il avait pu coucher avec Ginny, ce dont il n'avait d'ailleurs pas souvenir. Seulement, ce n'était pas le seul problème. En effet, ses meilleurs amis, enfin ceux qu'ils pensaient être ses meilleurs amis, Ron et Hermione, avaient décrété que vu qu'il avait osé toucher à la petite sœur de ce dernier, il se devait de l'épouser. Ce qui n'était nullement dans ses intentions. Il ne se rappelait même pas de cette nuit, par Merlin !

Alors qu'il pensait que la situation ne pouvait pas être pire, il avait vite déchanté. En effet, il s'était rendu compte que la prise de poids dont il était victime n'était pas accidentelle. Loin de là. Effectivement, ce sale petit Serpentard avait réussi à l'engrosser. Cette après-midi-là, par contre, il s'en souvenait. Cette après-midi, du moins jusqu'à son réveil, avait été la plus belle de sa vie. Celle où il avait cédé à la tentation.

Alors il se retrouvait en Angleterre avec deux anciens meilleurs amis, qui voulaient à tout prix le marier à la jeune rouquine, un beau blond qu'il n'avait plus revu en dehors de la première page de la gazette, qui proclamait le futur mariage de ce dernier avec la cadette Greengrass. Mais aussi et surtout, avec ce bébé qui grandissait dans son ventre. Un bébé qu'il n'avait pas voulu, un bébé que rejetterait chaque personne le connaissant, mais un bébé qu'il aimait déjà.

Mais il n'y avait pas que son bébé, il y avait aussi son filleul. Ce filleul qui avait perdu trop tôt ses parents et dont la grand-mère, trop âgée, avait préféré laisser la garde à Harry. Il se retrouvait donc avec deux enfants à charge ou du moins une grossesse et un enfant à charge, alors même qu'il sortait de l'école de sorcellerie.

Il n'y aurait eu que ses anciens amis à éviter il serait resté. Mais quand il apprit que ces derniers avaient annoncé ses soi-disant épousailles avec la fille Weasley dans la gazette il craqua et prit avec lui son filleul et ses affaires, avant de partir de manière moldu et donc intraçable par magie, vers le Japon. Cependant, contrairement à son plan de départ, il ne partit pas seul.

En effet, lors de son rendez-vous à Sainte Mangouste pour sa grossesse, il vit l'un de ses anciens condisciples attendre dans la salle d'attente avec son compagnon. Olivier Dubois, puisque c'était lui, en voyant Harry dans le même état que lui, avait alors décrété qu'ils accoucheraient ensemble et iraient au même endroit, parce qu'il était hors de question que son fils grandisse uniquement entouré de Serpentard.

Quand son compagnon, en la personne de Marcus Flint, commença à râler, le regard noir que lui envoya l'ancien gardien le calma aussitôt. Marcus demanda alors pourquoi sa fille devrait se lier d'amitié avec l'enfant de Potter. Si le regard d'Olivier avait pu tuer, il n'y aurait alors plus eu de Flint sur terre. A l'exception de l'enfant que portait Olivier.

Après de longues discussions et après avoir plus ou moins fait connaissance les uns avec les autres, ils avaient décidé de partir ensemble, loin et ils s'étaient décidés finalement pour le Japon, en ayant remarqué qu'aucun portoloin anglais, cheminette ou transplanage, n'était possible dans ce pays. Au début, Marcus Flint avait bien sûr râlé, plus ou moins fortement, mais quand il avait entendu l'histoire d'Harry et qu'il avait vu qu'Olivier était plus calme à proximité de ce dernier, il avait fini par céder. Le fait que ses parents aient menacé de s'en prendre à son compagnon, avait aussi joué un rôle dans sa prise de décision.

Alors ils étaient partis tous les quatre : lui, Teddy, Marcus et Olivier, direction le Japon. Au début ils avaient hésité à s'installer dans une grande ville comme Tokyo ou Osaka, mais ils étaient finalement tombés en admiration devant un petit château assez ancien dans l'arrière-pays. Le petit château était tout de même assez grand pour que le couple ait son aile et qu'Harry et Teddy aient la leur.

Les débuts furent assez difficiles, surtout avec les deux « mères » qui avaient les hormones en folie et qui passaient des crises de larmes au rire, en moins de quelques secondes. Si Teddy n'avait pas été là, les crises de larmes auraient prédominé. Cependant, le petit garçon, dès que l'une des « mères » commençait à pleurer, changeait la couleur de ses cheveux ou encore un trait de son visage et presque à tous les coups un sourire remplaçait les larmes.

Heureusement les grossesses masculines étaient plus courtes que les autres et cinq mois après être arrivés, ils accouchèrent, le même jour, à la même heure de deux petites filles, à croire qu'elles s'étaient battues pour le droit d'aînesse sur l'autre. Les deux médicomages venus pour l'occasion purent d'ailleurs assister à un spectacle que peu de monde peut se vanter d'avoir vu. En effet, ils avaient pu voir un Marcus Flint, Serpentard et maître des glaces, verser une larme, un magnifique sourire éclairant son visage, les bras enlaçant une magnifique petite fille brune. Harry, lui, accoucha d'une sublime petite fille aux cheveux noirs, qu'égayaient quelques mèches blondes.

La joie de Marcus Flint fut cependant de courte durée. Les grossesses masculines étant éreintantes, c'est lui qui était chargé de s'occuper des deux petites filles et de Teddy, le temps que les deux « mères » se remettent. Harry avait appelé sa fille Saki, en l'honneur de ce pays qui les avait accueillis et de l'avenir qui se dressait devant eux. Les Flints-Dubois avaient appelé la leur Gérémiah, après une énième dispute, qui fit trembler le château sur ses fondations.

Cependant, Marcus ne parvint pas à garder le rythme et fut rapidement débordé par les trois enfants en bas âge. C'est pourquoi Harry contacta Andromeda, qui décida de venir habiter avec eux pour un temps. Elle logea dans le château, dans une des pièces près de la chambre des deux jeunes filles, qui étaient inséparables.

C'est ainsi que les mauvaises nouvelles se succédèrent. En effet, Harry apprit ainsi que Ginny était enceinte et qu'il était recherché par les Weasley, pour légitimer l'enfant et donc se marier avec elle, que ce soit de grès ou de force. Seuls les jumeaux le soutenaient et avaient décrété que jamais Harry n'aurait couché avec elle de son plein grès et qu'elle n'avait qu'à « assumer ses conneries ». Bill, quant à lui, avait décrété qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient, mais que lui préférait s'occuper de sa femme et de sa fille, plutôt que de rechercher le Survivant. Charlie, lui, était retourné près de ses dragons « bien moins compliquer à comprendre » selon lui.

Cependant, Andromeda lui apprit aussi que Draco s'était marié à Astoria et que cette dernière était enceinte. Pendant un temps, tous eurent peur que le jeune père se laisse mourir. En effet, il ne parlait plus à personne, ne mangeait plus et restait assis à regarder la montagne enneigée par la fenêtre des heures durant. Ce fut le cas pendant près d'une année, une année où seule Androméda, Marcus et Olivier s'occupaient des trois enfants.

Tout changea en une matinée, qui aurait pu être comme toutes les autres. Elle aurait pu, mais ne le fut pas. Les deux bébés avaient décidé que ce jour-là serait différent. En effet, c'est ce jour-là qu'elles firent leur premier acte de magie accidentelle. Harry était toujours assis, les yeux sur la montagne, quand les rideaux se fermèrent d'un coup et que deux petites filles atterrirent sur ses genoux.

Il les regarda comme s'il les voyait pour la première fois, puis éclata en sanglot en demandant pardon et en les berçant contre lui. Il présenta ensuite ses excuses au reste de la maisonnée. Le futur permit de le voir s'occuper des trois enfants autant que les autres adultes de la maison.

Du côté de Draco, tout avait été plus compliqué. Astoria ne l'avait pas lâché et avait prévenu ses parents de sa grossesse. Quand ces derniers l'avaient appris, ils n'avaient pas laissé le choix à Draco, faisant publier les bancs pour le mariage, puis les mariant, au grand bonheur des Greengrass, mais au désespoir de Draco. Ce dernier perdait effectivement peu à peu sa joie de vivre, devenant un doublon de son père en froideur et en rigidité, ne partageant jamais la couche de sa femme. Doué en potion, il put créer un ersatz afin de survivre malgré le manque de son âme-sœur partie il ne savait où. C'était sa revanche sur sa femme, cette dernière n'avait ni son corps ni son argent.

Théo, lui, se rappelait de tout. C'était à la fois une joie, après tout il avait vécu des bons moments et une malédiction, de voir les autres sans leurs souvenirs, de les voir s'éloigner et ainsi comprendre que rien ne serait jamais pareil, surtout après l'annonce de la fausse couche de Ginny qu'il apprit dans la gazette.

Il se rappelait de Saki mais en même temps, plus le temps passait plus il pensait avoir rêvé. Ça et le fait qu'il était en bonne santé et en pleine forme physique, le poussa à ne pas tenir sa promesse. Il ne l'attendit pas. De plus, comme Harry et Draco ne se souvenait de rien, il ne risquait rien.

Alors il profita de sa vie, batifolant à droite et à gauche, allant même jusqu'à l'oublier, le badge qui lui avait été offert restant dans un tiroir à l'abri. Puis il l'a rencontré, il pensait avoir enfin trouvé la bonne, une fille plutôt jolie, ayant fait ses études à Beaubâton. Pour elle il était prêt à se marier, presque vingt ans après ses études à Poudlard, près de cinq après l'avoir rencontrée. Mais un événement était venu perturber la vie parfaite qu'il s'était créé. Draco l'avait invité, lors de la soirée du nouvel an, au manoir Malfoy.

Et il l'avait vu.

Elle n'avait pas encore traversé le temps pour revenir dans le passé, alors il ne s'était pas inquiété plus que ça. Leurs regards s'étaient plusieurs fois croisés durant la réception, s'accordant quelques sourires, mais rien de plus.

Il était ensuite rentré chez lui, accompagné de celle qui disait être la femme de sa vie. Elle était belle, douce, intelligente, aimante, de sang-pur. Mais, étrangement, il trouvait qui lui manquait un petit quelque chose et il ne trouvait pas quoi. Elle était pourtant magnifique avec son corps élancé et sa peau caramel, ses longs cheveux de jais aux boucles parfaites, ses yeux noirs en amande, sa voix douce et chaude. Toutes ses choses qu'il aimait, il leur trouvait à présent tous les défauts du monde. Son corps trop maigre, on sentait les os sous la peau, ses cheveux beaucoup trop longs et trop foncés, ses yeux trop sombres, sa voix beaucoup trop chaleureuse, son sang trop pur et depuis quand il aimait le caramel ? Il en était même allergique, par Merlin !

Une soirée. Il lui avait fallu une soirée pour remettre en question toute sa vie. Mais elle ne se souvenait pas encore de ce qu'il s'était passé entre eux. Il lui fallait attendre pour cela plus d'un an et demi, le jour de la Commémoration.

Quand il l'a vu ce jour-là, un espoir était né au fond de lui. Il avait depuis longtemps quitté sa petite-amie, après lui avoir expliqué qu'il était amoureux d'une autre depuis des années et qu'il avait cherché à l'oublier depuis tout ce temps. Il avait réussi, mais tous ses efforts avaient fini par être atomisés quand il l'avait revu. À sa grande surprise, elle lui avait répondu qu'elle avait remarqué qu'il n'était plus le même depuis cette fameuse soirée au manoir Malfoy. Ils s'étaient alors quittés en bons termes et Théodore avait pris son mal en patience durant cette année.

Mais le jour J, rien ne s'était passé comme prévu.

Il avait tout de suite remarqué l'absence de Chelsea et il avait eu mal au cœur en entendant les paroles de Ginny. L'histoire de la fausse couche annoncée par la gazette cachait une histoire pire encore, un avortement.

Alors il avait préféré s'effacer. Mais durant la soirée, la mise avait changé. La Team Camétiboc ne se souvenait aucunement de leur amie, mais tout le monde était au courant de l'histoire.

Et puis... ces regards qu'ils s'étaient adressés tous les deux. Ils s'étaient rapprochés, avaient discuté et il lui avait montré le fameux badge qu'il avait toujours en sa possession. Il lui parla aussi de toutes ses années et de ce qu'il avait fait. Tout ce qu'il avait fait.

Elle l'écouta sans rien dire, sans expression. Elle s'était ensuite levée, l'avait giflé et l'avait évité le reste de la soirée.

Tenir une promesse était si dure ou les hommes ne pensaient qu'avec ce qu'ils avaient entre les jambes ? Elle pouvait comprendre que rester seul près de vingt ans était peut être dur à vivre, voire impossible et dans l'absolue elle ne lui en voulait pas pour ça. Non, elle lui en voulait pour avoir fait une promesse qu'il n'avait pas tenue. Si il n'était pas capable de tenir sa parole à ce propos, sur quoi d'autre pourrait-il mentir ? Elle lui en voulait aussi pour avoir songé à se marier avec une autre qu'elle alors même qu'elle était son âme sœur.

Elle-même ne voulait pas se marier, mais qu'il songe à lier toute son existence à une autre qu'elle, qui lui était destinée, la rendait malade, au sens propre du terme. Ses gênes de créature magique lui menaient la vie dure. De fait, cela lui donnait de plus en plus l'envie de s'isoler pour panser ses plaies en quelque sorte. Raison pour laquelle elle se retrouva rapidement en haut de la tour d'astronomie. Pour l'occasion ses ailes étaient sorties et elle se retrouvait dans un cocon de douceur et de chaleur, avec pour seuls témoins les étoiles qui brillaient au-dessus de sa tête.

Théodore, quant-à-lui, ne savait plus quoi faire. Est-ce qu'il fallait qu'il lui court après ou qu'il la laisse un peu ?

_Toi, tu as la tronche de quelqu'un qui a merdé.

Le jeune homme se retourna et vit Gérémiah s'asseoir près de lui.

_Qu'est-ce que tu as fait, encore ?

_Je crois que je lui ai brisé le cœur.

_Ça ne serait pas la première fois.

_Je suis un boulet à ce point ?

_T'imagine même pas. Comment t'as fait ton compte, cette fois ?

Il raconta pour la seconde fois de la soirée tout ce qu'il s'était passé pour lui ces dix-huit dernières années. Il n'osa pas croiser le regard de l'adolescente, dont les yeux ne quittaient pas son interlocuteur.

A la fin de son récit, comme il s'y attendait, le poing de la brune s'écrasa sur sa mâchoire, le faisant tomber au sol.

_T'es vraiment qu'un putain d'abruti. Tu ne connais pas le proverbe « vaut mieux un mensonge qui fait du bien qu'une vérité qui fait mal » ?

_Je voulais être honnête avec elle, tout comme elle l'a été avec moi, répondit penaud le plus vieux.

_Hey, tonton, on est des Serpentards, l'honnêteté on ne connait pas. Et qu'est-ce que tu entends par elle aussi ?

_Elle m'a confié ce qu'il s'est passé dans ce couloir, en cinquième année, avec les Gryffondors.

_Elle t'a parlé de quoi ? fit Miah, surprise.

_Ce n'est pas un très bon souvenir, je sais, mais ça m'a touché qu'elle se confie à moi comme ça.

_Elle t'a dit tout ce qu'il s'était passé ?

_Oui, enfin, je crois. Qu'ils lui ont lancée un Impero et qu'ils ont... abusé d'elle...

_...

_Miah, ça va ?

_Ça va. Je suis juste surprise qu'elle te l'ait dit, c'est tout, dit-elle le regard perdu dans le vague. Bref, c'est pas que j't'aime pas, mais j'ai deux papas poules qui vont s'inquiéter si je disparais trop longtemps.

Elle se leva et tendit sa main à l'ex-Serpentard. Mais avant qu'il ne fut sur ses pieds elle le saisit violement par le col, rapprochant leurs visages, une aura menaçante émanant d'elle.

_Qu'on soit d'accord, Nott. Tu vas te lever, la retrouver et te faire pardonner quitte à ce que tu rampes devant elle, c'est clair ? Car si je venais à la perdre à cause de tes conneries, je te jure, par Salazar lui-même que, où que tu sois dans le monde : je te trouverai. Je te tuerai.

Elle lui tapota la tête en lui accordant un sourire froid, puis le lâcha, le laissant tomber le dos contre les marches. Il se releva en se massant l'échine, tremblant encore de la menace de la brune. Soufflant un bon coup pour se donner du courage et se rassurer, il termina de descendre l'escalier sur ses deux pieds et fila vers le lieu où il était sûr de trouver Saki : la tour d'astronomie.

De son côté, Gérémiah était rentrée dans le château, mais elle n'avait pas pris le chemin de la Grande Salle. Elle avait continué tout droit et grimpé les escaliers quatre à quatre. Elle avait poussé la porte des toilettes de Mimi Geignarde et avait posé ses mains sur le rebord du lavabo. Elle la sentait monter, cette colère sourde, cette rage incontrôlable qu'elle avait contre elle-même pour n'avoir rien remarqué, contre Théo de le savoir, contre Saki pour ne lui avoir rien dit. Elle se retenait d'exploser, mais elle sentait sa magie frétiller tout autour d'elle. Ses jointures blanchissaient alors que ses mains serraient davantage la faïence du lavabo.

_Tu le savais, n'est-ce pas.

_...

_Tu savais parfaitement ce qu'il s'est passé dans ce putain de couloir et tu ne m'as rien dit ?

Elle releva la tête, plantant son regard sombre dans le reflet de Scorpius.

_Elle m'a fait jurer de jamais en parler, répondit-il d'une voix calme.

_Ce n'était pas un serment inviolable, non ?

_Non...

_Tu aurais dû me le dire ! fit-elle en se retournant vivement vers lui, les vitraux explosant sous la puissance de sa magie qui se déchainait.

_Je lui ai promis.

_La ferme, je veux même plus t'entendre !

Elle sortit précipitamment de la pièce, le bousculant au passage.

Il soupira et agita sa baguette pour réparer les fenêtres. Il le lui avait bien dit que Miah le prendrait très mal si elle n'était pas mise au courant. Il appréhendait grandement la confrontation des deux brunes. Un peu anxieux, il décida de se lancer à la poursuite de la jeune fille.

Il mit une vingtaine de minutes avant de retrouver la trace de Miah, ne la trouvant ni dans la Grande Salle ni dans les autres couloirs ni même dans la cuisine. Cependant dans cette dernière pièce, Winky l'informa que Gérémiah était passée en coup de vent emportant avec elle au moins deux bouteilles pleines d'Ice-tea zéro pour cent, accompagnées d'un énorme plat de cookies.

Il remercia l'elfe de maison de cette information et connecta ses derniers neurones pour savoir où avait pu disparaitre la brune. C'est en passant devant une fenêtre que ses yeux se posèrent sur le saule pleureur près du lac et il se frappa le front de ne pas avoir trouvé plus tôt.

Paniqué devant la dose de sucre plutôt conséquente que la brune avait prise avec elle, il se rua comme un possédé vers le pauvre arbre. Ce n'est qu'en reconnaissant la silhouette de Miah sous le feuillage de l'arbre qu'il se demanda si c'était une bonne idée et qu'est-ce qu'il pourrait dire à la jeune fille. Seulement il aurait dû y penser avant puisque la jeune demoiselle l'avait repéré et le fusillait du regard attendant son prochain geste.

Rassemblant tout son courage il prit place à côté d'elle, n'hésitant pas à attraper la bouteille pour se désaltérer. Cependant il n'osa pas approcher ne serait-ce qu'un doigt du plat de cookies, sachant qu'elle n'hésiterait pas à le jeter dans le lac. La bouteille était déjà peut être de trop au vue du regard digne d'un Seigneur des ténèbres que lui envoya Gérémiah, pas encore calmée après l'incident qui avait eu lieu plus tôt et elle n'hésiterait certainement pas à l'envoyer nager avec les strangulots du lac et même Paulo n'y pourrait rien.

Le blond s'adossa contre le tronc après avoir reposé la bouteille, ses yeux louchant tout de même sur le plat de cookies à moitié entamé. Gérémiah était une esclave de ces gâteaux, ne pouvant leur résister, mais si en plus elle ajoutait de l'Ice-Tea elle était soit triste soit énervée et il penchait nettement pour la seconde option. Tout à ses réflexions il ne réagit que lorsqu'il entendit la voix de Gérémiah s'élever dans l'air :

_Pourquoi elle ne me l'a pas dit ? demanda-t-elle d'une voix plutôt calme, même si le plus jeune savait qu'à la moindre erreur de sa part il allait prendre très cher.

_Tu la connais, elle est comme nous, elle n'aime pas paraitre faible devant les autres.

_Je compte pour quoi, moi, si elle ne me dit rien ? Depuis toutes petites on vit H vingt-quatre, sept jours sur sept l'une avec l'autre, c'est hyper rare qu'on soit séparé plus d'une semaine, même si on reste en contact par téléphones ou hiboux. On se raconte tout et n'importe quoi, elle sait tout de moi et elle ne me dit pas un truc aussi important ? Et le pire c'est que je n'ai rien vu ! J'avais remarqué qu'il s'était passé un truc, elle semblait bizarre, mais je pensais qu'elle allait finir par m'en parler, comme on le fait toujours, mais non, alors je n'ai pas cherché plus pour éviter qu'elle se referme davantage sur elle-même, mais putain que j'aurai due ! termina-t-elle son monologue en attrapant la bouteille et un cookie.

Scorpius resta silencieux, la laissant se détendre à nouveau avec sa drogue à elle. Il analysa tout ce qu'elle venait de lui dire et pesa bien ses mots avant d'ouvrir la bouche.

_C'est la pitié dont elle ne voulait surtout pas. Qu'elle se souvienne de ce couloir dès qu'elle croiserait notre regard. Rien qu'à moi il lui arrive de me lancer des éclairs avec les yeux parce qu'elle pense que je la détaille de cette façon.

_Je ne l'aurai jamais regardée de cette façon.

_Je le sais bien, mais tu la connais mieux que moi, tu l'as dit toi-même. Elle n'aurait pas supporté qu'on s'apitoie sur son sort, souviens toi, elle est à moitié Griffy elle aussi et déjà que tout le monde la dévisage à cause de son nom et de ses origines, imagine si l'histoire venait à s'ébruiter.

_Va dire ça à Nott, c'est lui qui me l'a dit.

_Comment ça ?

_Elle lui a raconté. Et il me l'a dit comme si j'étais censée le savoir.

_Tout est dans le mot « censé ».

_C'est ma phrase, ça, blondasse.

_Je n'ai pas d'argent sur moi pour les droits d'auteur, tu m'excuses.

Il dit cela tout en chipant finalement un cookie. Qui bizarrement disparu rapidement de sa main sans que ce ne soit de sa faute. Par contre, il sentit parfaitement l'eau froide imbiber ses vêtements, se retrouvant par il ne savait quel moyen dans le lac. Quand il sortit la tête de l'eau, Gérémiah le regardait tout en mordant dans un gâteau, un grand sourire aux lèvres. Il ne savait absolument pas si elle était calmée, mais si elle s'embarquait à lui faire à nouveau la misère c'est que ça commençait à aller un peu mieux.

Après être sorti en douceur du lac, surveillant les faits et gestes de la jeune fille afin d'éviter de se retrouver à nouveau dans l'eau, le jeune sorcier se jeta un sort de séchage afin d'éviter d'attraper froid.

_Il va prendre cher quand elle l'apprendra, je n'aimerai vraiment pas être à sa place le pauvre, commenta Scorpius.

_J'espère qu'elle me laissera regarder, je suis sûre que ça sera drôle.

_Tu me fais peur, parfois, tu le sais ça ?

_C'est comme ça que tu m'aimes non ?

_Oui.

Au loin un strangulot fit un saut périlleux comme les Dauphins qu'elle avait vu au Marineland lors d'un voyage en France. Miah posa alors son regard surpris voir choqué sur le blond, les joues arrondies par ce qu'elle avait dans la bouche. Se rendant compte de ce qu'il venait de dire, Scorpius tenta de se rattraper mais…

_Euh, j'voulais pas dire, ça, 'fin, si 'fin, non, pas comme ça, c'est que… Oh, regardes, t'as vu l'heure ? dit-il en regardant son poignet où aucune montre n'était attachée. Je vais retourner à la Grande Salle et rejoindre Teddy, il doit s'ennuyer tout seul !

…ce n'était pas trop ça.

Il se leva prestement et quitta rapidement l'abri de branches et de feuilles pour retourner à l'intérieur du château.

Toujours près du tronc, Gérémiah avala enfin ce qu'elle avait dans la bouche, l'annonce qu'elle venait de recevoir l'aillant bien secouée. C'était la première fois que ça lui faisait quelque chose qu'on lui dise cela. Sous le choc, elle ne se leva même pas pour le rattraper, restant à l'abri du feuillage du saule pour réfléchir en toute tranquillité aux derniers évènements.

Dans la tour d'astronomie, un Théo essoufflé débarqua. Saki, prise dans ses pensées, ne le remarqua pas et il en profita pour doucement reprendre son souffle, en l'observant. Elle semblait à des années lumières de là, dans un recoin de son esprit dont l'accès semblait interdit à quiconque. Il ne savait ni quoi faire ni quoi dire pour débloquer la situation.

Mais par chance ou pas, il ne savait pas encore, Gérémiah débarqua silencieusement derrière lui, une bouteille d'eau, un petit pot de caramel aromatisé au café et une assiette de crêpes entre les mains. Elle regarda tour à tour sa meilleure amie et le Serpentard, se disant qu'ils n'y en avaient vraiment pas un pour aider l'autre dans ce couple loufoque. En soupirant discrètement elle se plaça devant Théo, le faisant soudainement sursauter et lui colla le petit pot et l'assiette dans les mains. Elle fit ensuite rouler la bouteille jusqu'à Saki et disparue derrière la porte rapidement, alors que le récipient cognait contre les pieds de la brune aux mèches blondes, la reconnectant au monde réel et poser les yeux sur l'intrus.

Pour se donner contenance, elle ouvrit la bouteille d'eau et en bu une partie avant de relever les yeux sur Théo. Elle ne savait pas vraiment comment réagir, c'était adorable de sa part de lui amener des crêpes mais elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle pouvait se faire acheter parce que ce n'était pas le cas. En même temps elle comprenait qu'il ne pouvait pas faire abstinence pendant tant d'années, mais de là à penser se marier avec une autre, elle trouvait la pilule dure à avaler. C'est pourquoi elle ne lui hurla pas dessus, ne le foudroya pas du regard, mais à l'inverse ne l'accueillit pas non plus avec le sourire. Elle resta là à le fixer froidement comme indifférente, attendant qu'il se débrouille pour se sortir de ce mauvais pas.

Maladroit, Théo se rapprocha d'elle, posant devant elle sur le sol le pot et le plat de crêpes comme un geste de paix. Elle hésita, puis jeta un sort dessus pour les garder au chaud, les dédaignant pour l'instant et comptant continuer jusqu'à ce qu'il ait amorcé un début de conversation. Elle n'allait pas lui faciliter la tâche, elle était une Potter-Malfoy et une Serpy par Salazar !

_Tu ne comptes pas me faciliter la tâche, hein ?

_...

_Ok. Euh… et si je te dis que je ne suis qu'un putain d'abruti et que je regrette mon comportement de lâche, est-ce que tu vas manger une crêpe ?

Saki eut un très mince sourire au « putain d'abruti », qui ne pouvait venir que de Gérémiah, avant de se préparer une des gourmandises qu'il avait apporté. Elle commença à manger tout en le fixant afin qu'il continu son raisonnement. En la voyant s'arrêter une fois la galette finie, il soupira :

_Tu n'en mangeras pas d'autres tant que je n'aurai pas fait amende honorable à tes yeux c'est ça ?

Pour toute réponse, il eut droit au regard pénétrant de Saki, qui le dévisageait et l'absence de mouvement de cette dernière vers le plat.

_Je suis désolé d'accord, je ne voulais pas te blesser mais tu peux comprendre que je n'allais pas rester seul pendant presque vingt ans, c'est impossible pour un homme en bonne santé et en pleine possession de ses moyens.

_Non mais ça elle le sait que t'es un connard, crétin, soupira Miah depuis sa porte.

_Je m'en fiche de ça, rétorqua Saki.

_Alors c'est quoi le problème ?

_Le problème c'est que tu as envisagé de te marier avec elle. Te marier ! Comme si je…

_Tu ?

_Commesijenecomptaispas.

_Et en clair et sous-titré ?

_Comme si je ne comptais pas, comme si je n'avais jamais compté.

_Tu as compté…

_Mais ?

_Mais comprend que ce n'était pas facile pour moi non plus. Tu es partie, je suis resté près de vingt ans seul, je ne savais pas si j'allais te revoir entre temps. Et même en te revoyant reste le problème de tes parents qui voudront te protéger, sans oublier qu'avec ce que tu as vécu je risque de faire ceinture encore un moment. Heureusement que t'en as parlé à Gérémiah et Scorpius pour t'aider.

Alors qu'il continuait sa diatribe il remarqua Saki devenir de plus en plus pâle.

_Miah n'est pas au courant !

_Ah bon, pourtant j'en ai parlé avec elle, le son de sa voix diminua au fur et à mesure des mots.

Et là il se souvint quand quelques années plus tôt, elle avait paniqué et mis une baffe à Scorpius qui hésitait à tout dire devant Gérémiah et lui-même. La dispute qui avait précédé entre Scorpius et la Flint-Dubois parce que ce dernier ne voulait rien lui dire. Et il comprit qu'il avait encore trop parlé, et que Gérémiah avait raison quand elle lui avait signalé par un proverbe dont il ne se souvenait plus que des fois il valait mieux se taire.

Puis il fut en état de choc quand il se reçut les crêpes restantes à la figure et le contenu du pot dans les cheveux avant de se prendre un coup de genou bien placé suivit d'une claque retentissante.

_Tu n'avais pas à lui dire ! Tu es un parfait crétin ! Dégage ! Je ne veux plus te voir ! T'es pas mieux que les autres ! Je préfère mourir sans mon âme-sœur que de te subir au quotidien, toi et ta bêtise !

Un sort bien placé l'envoya par une fenêtre rejoindre le vide avant que Saki ne la répare d'un coup de baguette bien ajustée, bien décidée à rester seule dans sa tour, comme Raiponse pensa-t-elle distraitement, avant qu'une larme ne coule sur sa joue. Gérémiah devait lui en vouloir à mort. Au mieux elle verrait la colère sur le visage de son amie, au pire ça serait la pitié. Elle ne voulait pas de la pitié. Elle ne voulait pas qu'elle sache, elle ne voulait pas la rendre triste.

Comme si ce n'était pas assez pour une seule soirée, Gérémiah poussa la porte derrière laquelle elle était cachée et vint s'asseoir comme si de rien était à côté de son amie, qui se sentait bien maudite ce soir.

Elles ne dirent rien durant un moment, Saki observant le mur d'en face, Miah contemplant ses ongles.

_Tu as osé gâcher des crêpes.

_Oui.

_Tu mériterais la corde pour ça.

_Seulement pour ça ?

_Tu veux en parler maintenant ou tu veux attendre un peu ?

_Je ne suis plus à ça près.

_Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

_La honte… et puis j'avais déjà vu la pitié et la tristesse sur le visage de Scorpius, je l'aurai encore moins supporté sur ton visage.

_Non mais v'là à qui tu te confis, aussi : Scorpius ! Sérieux, tu étais au bord du désespoir à ce point qu'il est le seul au courant ?

_Je ne me suis pas confiée à lui, c'est lui qui m'a trouvée… sinon personne aurait su.

_T'es sérieuse ? T'aurais rien dit à personne ? Tu demandes à Théo si tu ne comptes pas pour lui, mais est-ce que nous on compte encore moins pour que tu nous caches un truc pareil ?

_Au contraire vous comptez trop. Je ne voulais pas vous perdre. Je ne veux pas te perdre. Et pourtant à partir du moment où il m'a trouvé j'ai perdu mon frère d'une certaine façon, quand il me regardait c'est ce couloir qu'il voyait plus que moi. J'avais peur qu'en te le disant tu ne vois plus celle que j'étais mais seulement une victime pitoyable incapable de se défendre et salie au plus profond d'elle-même. Je ne l'aurai pas supporté, tu es trop importante pour moi.

_Et ne rien me dire et que je finisse par l'apprendre d'une manière ou d'une autre, tu ne t'es pas dit que ça serait pire ?

_Scorpius avait promis de ne rien dire à personne et même si il n'a pas fait de serment inviolable, il l'a promis sur notre lien fraternel. Scorpius ayant oublivaté ceux qui m'ont fait ça, tu n'aurais rien appris par eux non plus. Ne restait que moi, enfin jusqu'à ce que j'ai l'idée des plus stupides de croire que je pouvais faire confiance à la personne que la magie avait désignée comme mon âme-sœur. Je ne me suis pas dit que ça serait pire, parce que pour moi il n'y avait pas moyen que tu sois au courant, pas moyen que tu sois triste par ma faute, parce que je suis trop faible.

_La chose qui me rend triste c'est que tu m'ais justement gardé à l'écart. Crois pas que j'essaie de te faire culpabiliser, mais un peu quand même, mais sur le coup j'ai eu l'impression de ne servir à rien. Bon, O.K., j'aurais plus démonté la gueule des autres connards que de leur lancer un simple oubliette, mais j'aurai été là pour justement tenter de te faire oublier ce moment, pour que tu te décharges sur moi quand la pression devient trop forte ou un truc du genre. J'aurais pu t'aider, Boubou. Et puis pour ce qui est d'avoir honte, on parle de la mienne et de ma salopette rose fluo de Noël dernier ? dit Miah en tentant de détendre l'atmosphère.

Saki braqua son regard sur son amie, interloquée. Elle remarqua que cette dernière ne la regardait absolument pas de la même manière que son frère mais plutôt comme… comme elle le faisait tous les jours en fait. Voyant là une perche pour ne pas perdre son amie et changer de sujet définitivement, Saki répondit enjouée.

_Je dois encore avoir des photos de cette fameuse salopette.

_Keuwa ?! On avait dit pas de photo, justement ! Attends, tu ne les as pas diffusées au moins ? Non parce que c'était la honte vestimentaire, là !

_Je ne sais pas, fit Saki angéliquement.

_Je pourrais demander ta tête pour cet affront !

_Mais non tu m'aimes.

_Qu'est-ce que t'en sais ?

_Tu n'aurais pas aidé Théo.

_Quel boulet celui-là. Comment tu l'as fait voler à travers la fenêtre d'ailleurs ! s'extasia Miah. Tu crois qu'il est mort ?

_Il tombe au ralenti, je ne suis pas suicidaire à ce point. Et puis on s'en fiche, non ?

_Pour l'instant, mais si tu viens à mourir parce qu'il n'est plus là je te jure que je viens te chercher là où tu seras et que j'te ramène à coup de pied dans le derch', caprit ?

_J'suis une Potter-Malfoy, j'fais ce que je veux.

Gérémiah passa son bras autour du cou de son amie et commença à lui frotter vigoureusement le crâne pour tenter de lui ôter ses bêtises de la tête.

_Tu es aussi importante pour moi, mon érable du Canada.

_Moi aussi je t'aime, ma petite marmotte adorée.

F.I.N.


Et voilà. C'est terminé. La Team Camétiboc referme la quatrième de couverture du livre de son aventure dans le Monde Magique de J.K. Rowling.

La première lettre de cette histoire a été inscrite en juillet 2012. Le point final en octobre 2014. Elle nous aura pris deux ans et trois mois de nos vies, à jongler enter les études, le boulot, l'écriture de projets personnels, la lecture d'autres histoires fictives ou réelles et bien d'autres choses encore.

Deux ans c'est long. C'est très long. Nous n'en voyions plus le bout, par moment. Il a pu s'écouler plusieurs jours, semaines voire mois sans qu'on ne touche à notre fichier Word/OpenOffice contenant cette histoire. Le seul remède à cela était de se voir, d'en discuter posément et puis le courant repartait. Les pages blanches virtuelles se noircissaient d'encre fictive à nouveau, l'inspiration de nouveau au rendez-vous.

La longue liste de mails échangés avec un fichier en pièce jointe suivit d'un « Hey ! Regarde ce que j'ai ajouté, t'en penses quoi ? »

Un défi lancé un peu dans le vent « Et si on allait jusqu'à vingt-cinq chapitres ? » Qui sera finalement un but à atteindre.

« Et si on atteignait les deux-cent pages ? » Qui deviendra lui aussi un objectif à accomplir.

Il aura fallut plus de deux ans pour cela mais ces deux challenges seront menés à leur termes. Deux-cent pages étalonnées sur vingt-cinq chapitres. Nous n'avions jamais autant écrit de nos vies. À l'exception de nos feuilles de cours, mais cela ne compte pas ici.

S'il y a bien un endroit où nous avons butté à écrire c'est bien celui-ci.

G : Non, je ne peux pas l'écrire.

S : Mais si, ensemble. Un ?

G : Deux...

S&G : Trois !

F.I.N.

Ce mot a été l'objet de moult émotions. Tout d'abord, la joie et la fierté d'avoir mit le dernier point, après la dernière lettre, du dernier mot, du dernier paragraphe, du dernier chapitre de cette épopée. Et puis la tristesse de l'avoir enfin mit, après tout ce temps, d'enfin conclure notre histoire. Nous venions de la terminer et nous en étions déjà nostalgique.

Nous l'avons aimé, cette histoire. Ou plutôt, nous l'aimons. C'est un peu comme notre petit bébé, qu'on vous a fait découvrir.

Nous voudrions en profiter pour remercier Solfee, Minerve et Luffynette, nos commentatrices de choc !

Nos huit followers : Solfee, Zarbi, RedBlackSky, LOVEMANGAANDDRARRY, RedBlackSky, Bambou03, Leticia79, Trixy Calla et Angie Riddle Snap Potter.

Ceux qui nous ont ajoutés en favoris : Captain Wonderful, Solfee, RedBlackSky, Trixy Calla, Kawa-sensei, Emrys l'Émeraude et Luffynette.

Sans oublier tous les autres que vous soyez de France, du Canada, de Belgique, du Maroc, d'Espagne, Des États-Unis, de Suisse, de Finlande, de Nouvelle-Calédonie, de Taïwan, de l'île de la Réunion, de la Nouvelle-Zélande, d'Allemagne, de Turquie, d'Argentine, d'Irlande, des Îles Maurice, du Vénézuela, de Tunisie, du Royaume-Uni, du Japon, d'Islande, Des Émirats Arabes Unis, d'Haïti, du Brésil, d'Italie, du Mexique.

Cette histoire a fait le tour du monde. Elle a été lu dans des pays plus que reculés du nôtre et vous ne pouvez pas savoir à quel point cela fait chaud au cœur !

Cette histoire est venue au monde grâce à nous. Jamais nous n'aurions pensés quelle prendrait une telle ampleur !

Merci à toutes et tous du fond de nos cœurs !

Maintenant, si certains ou certaines sont intéressés à défaut d'une suite, que Solfee nous a déjà réclamé, et que nous n'avons pas sous la main, nous avons des histoires annexes à cette histoire principale, des "petites sœurs", avec ces quatre personnages que vous avez suivis. Des petites histoires courtes, qui pourraient faire durer encore un peu cette aventure avant de fermer définitivement la porte. Ce ne sont pas des histoires qui se passent ensuite. A vrai dire, elles se passeraient avant leur voyage dans le temps, pour la plupart voire toutes. Mais c'est seulement si elles vous intéressent.

Juste par curiosité, d'autres personnes que Solfee serait intéressées par une suite ? Cela nous demandera réflexion...

Encore merci à tous.

S&G