Mais mon vrai métier c'est la nuit.
Que je l'exerce en travesti :
Je suis artiste
J'ai un numéro très spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n'en croient pas leurs yeux.
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent

Comme ils disent : Charles Aznavour


T'as quitté ta province coincée
Sous les insultes, les quolibets
Le mépris des gens du quartier
Et de tes parents effondrés

A quinze ans quand tu as découvert
Ce penchant paraît-il pervers
Que tu l'as annoncé à ta mère
J'imagine bien la galère

Petit pédé...

T'aurais été noir, pas de lézards
Besoin d' l'annoncer à personne
Mais c'est franch'ment une autre histoire
Que d'avouer "j'aime les hommes"

C'est pas d' ta faute, c'est la nature
Comme l'a si bien dit Aznavour
Que c'est quand même sacrement dur
A l'âge des premières amours

Petit pédé...

Toute sa vie à faire semblant
D'être "normal", comme disent les gens
Jouer les machos à tout bout de champ
Pour garder ton secret d'enfant

Dans le p'tit bled d'où tu viens
Les gens te traitaient pire qu'un chien
Il fait pas bon être pédé
quand t'es entouré d'enculés(…)

Petit pédé... : Renaud


Chapitre 32 : Retrouvailles (le 14 mars)

Watson et moi franchîmes les portes de la suite. Ce devait être la « Royale », le décor était somptueux ! Des dorures et des enluminures partout ! Plus des tableaux de grands peintres. Une nuit ici devait coûter notre loyer annuel !

En plus, il y avait une grande pièce à traverser et encore des portes à franchir avant d'arriver dans le salon principal. Il y avait de gros travaux dans les couloirs et dans les autres chambres, mais ici, on aurait dit qu'elle avait été épargnée par la remise à neuf.

La porte au bout s'ouvrit et quelle ne fut pas ma surprise en voyant Amélia en sortir.

- Amélia ! fis-je estomaqué de la trouver ici. Mais que fais-tu ici ? Comment est-ce que…

- Bonjour Sherlock, me dit-elle comme si de rien n'était. Moi aussi je suis contente de te voir ! Bonjour à vous aussi docteur Watson.

- Heu… fis-je légèrement décontenancé. Bonsoir Amélia… Désolé, mais te voir ici m'a un peu perturbé…

Elle s'approcha de moi, m'embrassa sur la joue et tendit la main à Watson.

- Tu piques un peu mon chou ! Il faudra songer à te raser !

- Je n'ai pas eu le temps de ces jours-ci… Mais tu ne m'as pas répondu à ma question. Que fais-tu ici ?

- Oh, me dit-elle en haussant les épaules, j'ai de mon côté une centaine de questions que je t'ai posées un jour et auxquelles tu n'as jamais daigné me répondre ! (J'encaissai la petite remarque. Elle seule se permettait de me parler sur ce ton !). En fait j'ai appris que tu débauchais mes gens sans me prévenir ! Tu aurais pu m'en parler non ? Et ta visite à Georges ? On ne me dit rien dans cette maison ! Tout le monde conspire dans mon dos… Toi en premier ! Bravo et merci !

- J'ai dû opérer dans l'urgence ! lui répondis-je en soupirant. Il me fallait des gens de confiance et j'ai pensé à Meredith, beaucoup plus disponible ! Je n'avais pas le temps de te prévenir et comme je voulais rester discret…pas question de rentrer « chez toi ». Je suis désolé Amélia…

- Ben voyons Milord ! J'ai raté ta visite… dommage… Georges m'a dit qu'il ne t'avait pas reconnu ! Et en plus, tu me chapardes des livres ! Je m'absente quelques heures et tu me chambardes tout ! Meredith m'a expliqué comment tu l'avais abordée… Mais enfin ! Tu n'as pas honte ? Quand elle m'a rapporté tes propos irrévérencieux, j'en suis tombée de ma chaise ! Je suis d'accord que tu devais être discret, mais quand même ! Je ne t'ai pas éduqué comme ça que je sache !

J'étais assez surpris qu'elle le prenne si mal, contrarié aussi qu'elle pense que je conspirais dans son dos.

Elle du le lire au fond de mes yeux parce qu'elle secoua sa tête de droite à gauche en souriant.

- Ce n'est pas croyable Sherlock ! fit-elle dans un grand éclat de rire. Cela fait vingt-et-un ans que nous nous connaissons et malgré tout, j'arrive encore à te faire peur quand j'hausse le ton ! Désolé mon garçon, je n'ai pas pu résister à l'envie de te remonter les bretelles encore une fois ! Tu m'as bien fait rire !

- Amélia, fis-je en soupirant, tu es odieuse avec moi ! Aucune pitié ! Dois-je te rappeler que j'ai vingt-neuf ans et que je ne suis plus un gamin ?

- Sache une chose mon grand : quand bien même tu aurais septante ans que je ne me gênerais toujours pas pour te taper sur les doigts et te mettre mon pied dans les fesses ! Ne l'oublie jamais ! Pour moi, tu seras éternellement un petit garçon !

- Tant pis pour moi alors ! Donc si je m'écorche les genoux, je ne demanderai pas à Watson de me soigner mais j'irai chez toi !

- Tu es toujours le bienvenu ! Même si tu ne débarques que quand tu as besoin… (Georges m'avait prévenu que j'aurais droit à la petite phrase assassine). Mais bon… Ah au fait ! J'adore ton nouvel assistant ! Meredith aussi ! Pire que deux larrons en foire ! Très tolérant en plus ! Aucun a priori sur nos professions ! Ton ami Watson devrait prendre exemple sur cette personne charmante… Au lieu de faire une grimace de dégoût chaque fois qu'il me croise…

Watson poussa un soupir de mécontentement, il ne l'aimait pas du tout…Je pense qu'elle le mettait mal à l'aise. Vu ce que lui allait faire chez ses collègues… il se voyait mal prendre le thé avec une ancienne prostituée !

- Et Andrew ? Cela a été avec lui ?

- Oh, lui c'est encore pire ! Il est EN-CH-AN-TE ! Sous le charme, je te le jure ! Tu risques de perdre ton assistant à tout jamais si tu le laisses entre ses mains ! Tu as réussi à faire fonctionner un trio improbable : ton assistant avec une prostituée et un inverti ! D'ailleurs, quand on parle du loup… Voilà Andrew le magnifique…

Effectivement, Andrew sortait lui aussi de l'autre pièce en se déhanchant de manière provocante. Il avait l'art et la manière de le faire aussi !

Il était aussi grand et aussi mince que moi. Cheveux châtain clair et toujours tiré à quatre épingles ! Un vrai dandy ! Physique qui plaisait aux femmes en plus ! Elles se noyaient dans ses yeux noisette.

L'autre meilleur ami de Meredith. Celui qui l'avait toujours respecté comme moi. Son garde du corps quand elle allait dans les quartiers mal famés. Infaillible au tir au révolver et au lancer de poignards.

C'était lui qui m'avait aidé à perfectionner ma boxe et avec lui que j'avais ramassé Meredith lorsque son père l'avait battue. Lui aussi qui m'avait aidé à la venger.

Vieille connaissance aussi ! Mais sa préférence à lui c'était les hommes ! Il ne marcherait jamais sur mes plates-bandes!

Spécialisé avant dans l'ouverture des coffres et des serrures, il avait prit le bon chemin ensuite. Spécialiste aussi de la provocation ! Il allait en user et en abuser ! Et comme cela faisait neuf ans que je ne l'avais plus vu, il allait se rattraper !

J'entendis Watson en avaler de travers. Andrew aimait provoquer et Watson était parfait pour cela ! Il allait nous faire son petit numéro de "grande folle" !

- Bon Dieu Holmes ! fit Watson choqué. Ce n'est quand même pas lui votre assistant ?

- Non, lui c'était en quelque sorte un des assistants de mon assistant… si vous suivez toujours. Salut Andrew ! Alors tout s'est bien passé ?

- Salut mon petit chou, fit-il de sa voix de fausset (Il fallait qu'il en rajoute !). Tout va bien mon grand ? Ne t'inquiète pas pour nous ! Oh bonjour beau moustachu ! (Watson manqua de s'étrangler). Oups, pardon ! Il ne m'aime pas ! Par contre, moi j'adooore ton assistant ! Merci Sherlock de me l'avoir confié ! Il n'a aucuns préjugés et il m'a laissé faire ! Un corps parfait ! Ses cheveux sont merveilleux ! Si doux, si fins… Je me suis régalé pour l'habiller ! A croquer ! Tu ne vas pas le reconnaître ! Je lui ai conseillé de rester avec les habits dont je l'avais revêtu pour ton enquête… Une pure merveille pour les yeux ! Si je puis me permettre un conseil mon grand, tu devrais changer d'assistant ! Celui-ci a plus la classe ! Et puis, je pourrais m'amuser avec… de temps en temps…si tu me le permets bien sûr…

Je rattrapai in extremis Watson par la manche.

- Watson ! Restez ! Je ne vais pas changer de collègue de travail, rassurez-vous !

- Ouh, susceptible ton ami ! fit Andrew. Meredith m'a dit que tu avais besoin de mon matériel d'escalade. Mais je n'ai plus qu'un jeu d'escalade. Je vais tout te préparer ! Les cordes, les harnais… Tu comptes enfourcher aussi un fringant destrier pendant ton voyage ?

- Oui Andrew, fis-je en riant (Watson était totalement hermétique à son langage « double lecture » dont il avait fait sa spécialité lui aussi. Meredith était LA championne à ce jeu là !). Je compte monter à cheval ! Pourquoi ?

- Je me doute que tu vas passer beaucoup d'heures le cul assis sur une selle et moi, je pense à tes charmantes petites fesses ! Mio picolo culo d'amore ! (« Mon petit cul d'amour » ? Merci Andrew ! Venge-toi !). Et à celles de ton assistant aussi ! Terrible chute de rein entre nous ! Et fessier très adorable ! J'en ai encore les yeux qui pétillent ! Je ne voudrais pas qu'il s'abîme…Ton ami Watson me fait des yeux forts méchants ! Il serait jaloux ?

- Andrew ! lui dis-je en rigolant. Viens-en au fait ! Il ne te connaît pas lui !

- Bien mon chou… Pour le confort de tes fesses et de celle de ton assistant, je te propose le prêt de mes deux selles américaines que j'ai utilisé au Texas lorsque j'étais cow-boy ! Super confortable !

- Toi ? fis-en riant. Cow-boy au Texas ? Quand tu étais jeune fille sans doute ?

- Que tu es méchante ! me répondit-il en faisant semblant d'être choqué. Amélia ! Ta petite protégée est vilaine avec moi ! (Watson en avala encore une fois de travers ! Certes, quand on ne connaissait pas Andrew, c'était déconcertant ! Moi j'avais l'habitude). Mais quand tu descendras de ton cheval cassé en deux par une journée de monte, tu penseras à moi ! Je te parie même que tu me télégraphieras pour que je te les expédie ! J'ai aussi les fontes qui vont avec et les capes pour vous protéger de la pluie. Les lanières de cuir te permettront de lier des choses à l'arrière et à l'avant de ta selle. En plus, j'ai les deux tapis de selle qui vont avec ! Fabrication indienne ! Ils protègeront la peau du dos de ta monture, parce que, le frottement du cuir, c'est irritant pour la bête…Ici, personne ne pense au confort du cheval ! La selle directement sur le dos ! Et je te jure que mes selles sont confortables ! Je me devais de protéger mes outils de travail ! Penses-y mon chou ! Même si nous ne travaillons pas avec les mêmes choses toi et moi…Tu me diras que tes fesses sont loin de ta tête et que tu sauras toujours faire travailler ton cerveau, mais bon…

- Tes selles ont des fanfreluches ?

- Mais enfin Sherlock ! Non ! Elles n'ont même pas le cuir gravé comme certaines ! Toutes simples, cuir brun et je te jure que le confort y est ! J'ai convoyé du bétail moi !

- D'accord ! Tu as gagné ! Mais tu me diras comment je vais expliquer la présence de deux selles typées « cow-boy » en France…

- Tu leur diras que ton amant fut cow-boy un jour…il montait bien…grand fou va !

- Tais-toi, Watson va croire que tu dis vrai !

- Vu comment il grommelle dans ses dents…Bon, je vais vous laisser et rentrer avec toi Amélia. On sort par la porte de service et le gérant est chambre douze, je sais ! (Un vrai moulin à paroles notre Andrew). Sherlock, je me suis permis d'apprendre deux ou trois choses utiles à ton jeune assistant. Ne me remercie pas, c'est naturel ! Et si tu as encore besoin de mes services pour la suite, fais-moi signe ! J'accours de suite ! Je l'adore trop ! Mon compagnon aussi l'a adoré ! Adopté même ! Méfie-toi… Et pour la question que Meredith t'avait demandée, la réponse était : plus qu'elle ! (Je savais que Hélène avait un peu plus de poitrine que Meredith !). Pas eu besoin de faire des retouches à ce niveau là ! Allez, je t'embrasse, sur la joue, n'aie crainte ! Ouh, tu piques ma poule ! Viril à mort la barbe de deux jours… tu me rends folle Sherlock ! Docteur Watson ? Non ? Je comptais juste vous serrer la main… Pas marrant ton copain !

- Je vous interdis de penser que je suis de même côté que vous ! fit Watson entre ses dents. Gardez vos distances !

- Merci pour tout Andrew !

- De rien ma choute ! Tu remarqueras l'effort que je fais pour te trouver des petits noms comme tu les aimes ! Tu râles et j'adore quand tu râles ! Passe à l'occasion… pas avec ton ami mais avec ton assistant ! Addio amore mio !

Amélia et Andrew me firent un petit clin d'œil et sortirent de la suite.

Il ne nous restait plus qu'à retrouver ces dames au salon.

Watson ne se doutait pas que mon assistant était en fait une assistante ! Andrew avait laissé croire qu'il avait eu affaire à un jeune homme… Ma main à couper qu'il l'avait fait exprès pour titiller Watson.

Il adorait en faire des tonnes pour faire grincer les dents des gens trop coincé. Watson en avait fait les frais ! Parce que d'habitude, Andrew se comportait « normalement » !

Ceux qui ne le connaissaient pas n'auraient même pas su dire qu'il « marchait de l'autre côté » et les femmes étaient toute folles de lui !

- On y va Watson ? Que je vous présente mon jeune assistant…

- Vos fréquentations sont douteuses Holmes ! Un inverti ? Qui se dit avoir été votre amant en plus ! Je vais finir par croire que vous êtes vraiment de la jaquette !

- Vous croyez ce que vous voulez Watson, lui répondis-je en haussant les épaules. Mais en attendant, venez !

- Mais enfin Holmes ! Ce type est invertit et il vous drague ouvertement !

- Andrew adore jouer à ce petit jeu avec moi ! Il en rajoute toujours un peu… En temps normal il ne se comporte pas ainsi ! Mais vous avez fait la grimace en le voyant marcher ! Bon, vous venez ?

- J'en apprends tous les jours sur vous… Mais là, je viens de toucher le fond !

- Watson ! J'ai besoin du matériel d'Andrew ! Et pas de celui auquel vous venez de penser ! Ne le provoquez jamais, c'est un adversaire redoutable à la boxe ! Pareil au lancer de couteaux, à la carabine et révolver ! Il m'a appris à perfectionner la boxe et c'est loin d'être un tendre ! J'ai mordu la poussière au début !

- Voyez-vous ça…

- Watson ! Bridez votre imagination ! Les hommes ne sont pas ma tasse de thé ! Bon, vous voulez venir oui ou non ?

- Ami avec un inverti ! Vous n'avez jamais eu peur de trop vous pencher en avant ?

- Non ! Il y a le respect entre nous ! Andrew n'a pas choisi son orientation, la nature l'a fait pour lui ! La vie n'a pas toujours dû être facile pour lui ! Meredith connaît toute son histoire et il en a bavé ! Vous pensez que c'est facile ? Pour lui je ne crois pas ! Maintenant, il s'y est fait… même si pour la loi il est considéré comme un criminel ! Vous venez ?

Il me marmonna un « oui », nous traversâmes la pièce et poussâmes les grandes portes pour pénétrer dans le salon principal ou un bon feu brûlait dans la cheminée pour ne pas que nous ayons froid.

Les deux femmes nous tournaient le dos, elles discutaient ensemble, la bonne humeur régnait entre elles. Tant mieux !

Meredith portait du bleu, sa couleur préférée et Hélène avait une robe gris anthracite, difficile de nommer précisément la couleur, mais cela lui faisait une chute de rein à tomber par terre ! Ses épaules étaient nues, le dos aussi et ses cheveux étaient relevés et coiffés d'une manière que je ne lui avais jamais vue.

En entendant nos pas elles se retournèrent et nous firent leur plus beau sourire ! Watson et même moi étions époustouflé.

Lui parce qu'il ne se doutait pas une seconde que j'avais fait appel à Hélène et qu'il ne l'avait pas reconnue en entrant dans la pièce.

Moi parce qu'elle était encore plus superbe qu'il y a un mois ! Elle portait un collier de perles dans le cou, et le décolleté était merveilleux…

Andrew l'avait coiffée et maquillée légèrement, un vrai travail d'orfèvre ! Je comprenais pourquoi il s'était bien plu avec elle ! Nous en restâmes sans voix, bouche bée devant le spectacle.

- Bonsoir messieurs, firent-elles en cœur et en s'avançant vers nous.

- Vous nous emmenez danser messieurs ? me demanda Meredith en m'embrassant sur la joue. Ferme la bouche Sherlock, c'est malpoli. Bonsoir docteur Watson (Elle lui tendit la main qu'il serra sans chaleur). Vous aussi vous devriez fermer la bouche ! Mais qu'est-ce qui vous prend tous les deux ? On est si jolies ?

- Bonsoir monsieur Holmes, me fit Hélène en me souriant et en s'avançant vers moi.

J'étais tétanisé ! Et comment la saluer ? Je ne pouvais pas l'embrasser sur la joue comme avec Meredith, même si j'en mourais d'envie, et lui serrer la main serait trop pompeux.

- Bonsoir mademoiselle, fis-je en lui faisant un baisemain. (Bon compromis !) Vous êtes rayonnante d'élégance ce soir. Mais désolé de vous le dire, nous ne sommes malheureusement pas là pour vous emmener danser toutes les deux.

- Dommage ! me répondit-elle. Nous avions la tenue adéquate ! Bonsoir docteur Watson. Comment allez-vous ?

- Bonsoir mademoiselle, fit-il glacial. (Je vis Meredith faire une petite grimace en entendant le ton employé par Watson). Je vais bien, très bien même ! Je comprends maintenant pourquoi Holmes m'a caché le nom de son fameux assistant ! J'étais loin de m'imaginer que c'était vous ! C'est donc elle que vous avez envoyé recueillir des indices ? me demanda-t-il hautain. Effectivement, c'est un trio fort improbable que vous avez constitué…

- Peut-être Watson, mais il a fonctionné apparemment. Bon, si nous mangions d'abord, vous nous raconterez ensuite votre journée de folie !

- Bon appétit et bonne soirée à vous trois, fit Watson en tournant les talons. De toute façon vous n'avez pas besoin de moi !

- Watson ! fis-je en colère. Mais bon sang ! Qu'est-ce qu'il vous prend ?

Il était presque à la porte du salon quand Hélène le rattrapa par la main. Elle avait fait vite, ses talons avaient claqués sur le sol. Il essaya de récupérer sa main mais elle la tenait fermement.

- Docteur Watson ! lui dit-elle patiemment, un peu comme si elle parlait à un enfant qui fait un gros caprice. Restez ! Votre ami a besoin de vous ! Il a besoin de tout le monde pour cette affaire ! Si vous partez, il peut laisser tomber l'affaire parce qu'il n'y arrivera jamais sans vous ! Tout le monde a eu son rôle à jouer, et vous aurez le vôtre plus tard. Chacun y a mit du sien pour l'aider. Vous êtes le phare qui éclaire ses nuits ! Le conducteur de lumière c'est vous ! Moi, j'ai été chargée de relever les indices et je vous jure que ce n'est pas facile ! Ma journée n'a pas été de tout repos ! Meredith a annulé des rendez-vous, Andrew a entraîné son compagnon avec nous alors qu'il n'était pas bien, un gamin a traversé la campagne en courant pour m'apporter un message et moi, j'ai sauté dans le premier train pour Londres ! Je suis passé par toutes les tenues possibles et inimaginables aujourd'hui ! Monsieur Holmes avait besoin de toutes les personnes en qui il a confiance, mais vous Watson, vous auriez été trop repérable là-bas. Nous, nous sommes dans l'ombre, personne ne s'imaginera que c'est lui qui nous envoie… Nous sommes les maillons d'une chaîne, et si un maillon est manquant, rien ne fonctionnera.

- Il vous a dit votre texte ou quoi ?

- Non Watson ! La dernière fois que je l'ai vu c'était chez ma tante, et vous étiez là aussi ! Je vous ai dit ce que je pensais Watson ! Je vous ai tendu la main à votre arrivée en signe de réconciliation. On va arrêter les hostilités et manger. Nous, notre dernier repas c'était à treize heures ! Et je meurs de faim…

Le message fit mouche parce que Watson fit demi tour, mais j'eu quand même droit à un regard lourd de reproches !