-1Pitti voyage temporel
Chapitre 24 : Granger.
Couloir de Poudlard, 1996
Dès que Harry réussit à tirer Kamina quelques mètres sur le côté, une flamme de détermination brilla dans les yeux des élèves présents et certains se permirent même de sourire d'excitation. Tout à sa perplexité de voir Kamina se faire tirer sur le côté par une force invisible, Eileen ne fit pas attention à la meute de sorcier et faillit se prendre un stupefix qu'elle n'évita que de peu. Par réflexe, elle toucha son gantelet et les deux sorts qui suivirent s'écrasèrent sur le bouclier comme avec celui de Max, ne causant qu'un souffle chaud sur son visage. Mais loin d'être déconcertés, les élèves continuèrent de jeter des sorts à un rythme soutenu. À côté, Kamina remettait ses esprit en place, la chute imprévue l'avait complètement déboussolée, et elle sentait toujours une main qui lui enserrait le biceps et qui la mettait hors de portée d'un possible sort perdu.
"Hé, ça va ?" demanda une voix invisible qu'elle reconnut aussitôt.
"Harry ? Où t'es ? Depuis quand t'es là ?"
"Depuis le couloir où je vous ai entendu vous disputer avec elle. Je vous ai discrètement suivi tout en prévenant des amis." expliqua Harry tandis qu'Eileen ne parvenait pas à faire le moindre geste sous le feu nourri de sorts qui commençait d'ailleurs à faire sérieusement chauffer l'intérieur du dôme. "Ne bouges pas, on s'occupe de tout." dit il en lançant des sorts à son tour, toujours caché sous sa cape. Au départ, les élèves avaient commencé en envoyant des sorts puissants comme le stupefix mais la fatigue les gagna assez rapidement et ils se rendirent compte que des sorts moins gourmands en énergie faisaient le même effet sur le bouclier, alors pourquoi se faire chier ?
Dix minutes plus tard, Eileen était trempée de sueur et s'était remise à respirer, avec difficulté à cause de l'air brûlant. Mais le groupe de sorciers commençait aussi à fatiguer. Seuls les étudiants de sixième et septième année arrivaient encore à maintenir une cadence à peu près rapide, ce qui se résumait à l'équipe de quidditch de Gryffondor plus quelques autres inattendus comme Zabini et les frères Crivey, aussi étonnant que cela puisse paraître. Harry aussi commençait à s'essouffler et désespérait d'y arriver quand il entendit des pas dans son dos. Craignant la possibilité qu'Ombrage vienne voir le résultat de son initiative, il se retourna silencieusement et fut soulagé de voir que ce n'était que Max qui arrivait, le visage à moitié recouvert de sang à cause d'une arcade ouverte mais bien conscient et surtout, remonté à bloc.
"Désolé les gens, je me suis un peu assoupi." s'écria-t-il sans voir Harry, bien évidemment. Galvanisés par la présence du mercenaire, les élèves reprirent du poil de la bête et se déchaînèrent sur le bouclier qui faiblissait doucement.
"Tu vas bien Kami… c'est quoi ces trous dans ta gorge ?"
"Je vais bien, je t'expliquerais plus tard. Les gamins approchent de leurs limites."
"Ça tombe bien, moi je suis en pleine forme !"
"À voir ta tête, on dirait pas." remarqua Harry.
"Ah tu es là, toi ? Bon reculez vous, je vais tout défoncer, aguamenti !" s'écria Max, la baguette fièrement tendue vers Eileen. Harry se demanda comment un jet d'eau pouvait mettre à mal un bouclier aussi puissant… avant de voir que ce qui sortait de la baguette n'était pas un simple jet d'eau mais plutôt un véritable canon à eau. En plus de ça, l'eau magiquement invoquée fut entièrement transformée par le bouclier, causant une véritable fournaise à l'intérieur du dôme tandis que Max s'expliquait.
"L'eau est mon élément dominant. À partir du moment où je l'ai su à ma troisième année, j'ai tout fait pour augmenter mon affinité et le résultat ne me déplaît pas. Sans me vanter, je dirais qu'il n'y a que peu de personnes capables de faire un aguamenti aussi fort… et c'est aussi parce que j'ai l'eau en élément que je suis avantagé face à ce genre de bouclier : pour faire passer l'eau de l'état liquide à gazeux, il faut déployer une grande quantité d'énergie alors pour annihiler l'eau, l'énergie demandée est multipliée par cinq et cette même énergie est évacuée sous forme de chaleur. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il doit faire une bonne soixantaine de degré dans ce dôme, voire plus. Dis aux autres de se tenir prêts, elle ne va pas tarder à flancher." dit il en se décalant sur le côté. Une nouvelle vague de sorts s'abattit sur le bouclier et ce fut la vague de trop puisque le bouclier vola en éclat, son utilisatrice ne pouvant plus supporter la chaleur. Mais il y eut encore quelques sorts de lancés et Eileen s'en prit quelques un dans le corps, la projetant contre le mur.
"Bien, bravo à tous !" s'exclama Max tandis que les élèves exultaient de pur bonheur. C'était pas tous les jours qu'on battait une chasseuse de vampire. "Maintenant, dispersez vous, Ombrage semble avoir un détecteur spécial attroupement d'élèves. On verra les points à donner plus tard."
Peu à peu, les élèves commencèrent à partir dans tous les sens et certains en profitèrent même pour filer en amoureux. Harry, qui avait entre temps rangé sa cape dans son sac, vit Fred passer son bras valide autour des épaules d'Angelina qui inclina la tête sur le côté.
"Ah ? J'aurais oublié de te dire ça, vieux ?" demanda Ron en souriant. "Apparemment, les exploits de Fred chez Remus ont éveillé quelques sentiments chez Angelina. Maman espère qu'elle va l'aider à calmer Fred."
"Ah, la belle cause perdue que voilà. Le jour où on arrivera à calmer Fred, Voldemort pourra creuser aussitôt sa tombe." répliqua aussitôt Harry en souriant et en repartant pour le cours d'histoire, suivi par le reste des gryffondors de son année. Les derniers à partir furent les serpentards.
"C'est bon, Pansy. Je ne vais pas m'envoler." dit doucement Kamina à la serpentarde qui restait résolument accrochée à elle.
"Avec t… vous, on sait jamais." répliqua Pansy, en hésitant toujours entre tutoyer ou vouvoyer la jeune femme.
"Bon d'accord, vous pouvez rester là. Maintenant Kami, tu peux m'expliquer ces trous dans ta gorge ?" demanda Max en lui retirant ses menottes.
"C'est rien, je te dis. Elle m'a juste mordue pour m'endormir, ça va aller." répondit elle en se massant le cou. Rassuré, le jeune homme l'attira contre lui et enfouit son visage dans son cou, devant les mines mal à l'aise des quatre serpentards. Ce fut à ce moment qu'Eileen reprit conscience en serrant les dents. Son gantelet était entièrement fissuré et son bras gauche était vilainement cassé, de même que sa baguette détruite il y a plusieurs années. Seule lui restait la fiole de potion que lui avait donné son employeur "à utiliser en cas de dernier recours." avait elle dit. D'un geste maladroit et tremblant, elle se releva contre le mur et sortit la fiole de sa poche. Les autres avaient remarqué son réveil mais n'avaient pas jugés utile de la ré assommer… jusqu'à ce qu'elle porte la fiole à ses lèvres et que les mercenaires reconnaissent la couleur noire caractéristique.
"Ne bois pas !" s'écria Kamina mais en vain, puisque Eileen avait déjà tout avalé. D'après les informations obtenues, cette potion de force améliorée devrait l'aider à les battre aisément si le besoin s'en faisait sentir et là, le besoin se faisait plus que sentir. Mais rien ne se passa comme elle l'aurait voulu. Au lieu de partir dans ses muscles, l'action normale de toute potion de force, celle-ci se dispersa aussitôt dans son sang, faisant ressortir violemment ses vaisseaux sanguins devenus noirs sur sa peau pâle. Puis vint la douleur, presque aussi insupportable que le doloris, qui lui rongeait le sang et le ventre. Se tenant le ventre, elle s'écroula par terre et faillit ne pas se rendre compte que Kamina s'était précipitée à ses côtés.
"Idiote ! Pourquoi t'as bu ça ?" s'écria la vampire, les yeux brillants.
"Potion… de force…" balbutia Eileen avant d'hurler de douleur.
"De force ? C'est loin d'être le cas : c'est la potion du kamikaze. Elle va concentrer le peu de force qui te reste pour la libérer en une explosion magique destructrice."
"Merde, je veux pas mourir… Kaminaaargh !" termina Eileen en tentant de combattre une convulsion.
"Je suis là Eileen." dit elle en lui prenant la main, tant pis si Max ferait une crise de jalousie plus tard.
"Kami… urgh ! Dis moi…"
"Quoi ?"
"Dis moi… que tu m'aimes."
"Eileen, je te l'a…"
"Je sais !" l'interrompit cette dernière. "Mais je veux l'entendre une dernière fois, quitte à ce que ce soit un mensonge. Je veux juste… l'entendre." supplia Eileen en commençant à pleurer, terrifiée à l'idée de mourir bientôt.
"Vas y, Kami. Dis lui." souffla Max en posant une main rassurante sur son épaule. Il pouvait aisément comprendre qu'elle doive dire une dernière fois des mots doux à son ancienne amante.
"Je… je t'aime Eileen." murmura Kamina au creux de l'oreille en la serrant contre elle. La chasseuse prit une profonde inspiration erratique, notamment à cause des pics de douleur, et quand elle rouvrit les yeux, la potion avait envahie les vaisseaux sanguins dans les yeux et même les larmes étaient devenues noires. Dans le silence, elle posa son regard sur Max et hocha la tête, signe auquel il répondit. Puis Eileen leva la tête vers le plafond en souriant faiblement.
"Maintenant… vous deux… vivez !" s'écria-t-elle en jetant avec une force nouvelle Kamina dans les bras de Max qui la retint de toutes ses forces. Puis la chasseuse se releva en titubant et se précipita dans un couloir vide tandis que Kamina hurlait de manière quasi hystérique, le visage à moitié noirci par les larmes. Eileen eut tout juste le temps de lui envoyer un dernier sourire amoureux avant de refermer la porte et de mettre le plus de distance possible. En sentant une boule dure et brûlante se former dans son estomac, elle eut une dernière pensée pour la vampire.
Je t'aime, Kamina, alors vis. Vis pour moi.
Kamina était toujours dans les bras de Max à hurler comme une malade mais n'avançait pas d'un pouce, notamment à cause de son amant qui gardait une main serrée sur sa gorge et des quatre serpentards qui s'étaient accrochés à elle. Soudain, une lumière blanche filtra sous la porte et celle ci fut réduite en cendre par l'explosion. Le groupe aurait sans doute beaucoup dégusté aussi si les cinq sorciers n'avaient pas lancé un sort de bouclier, mais ça ne les empêchèrent pas de se faire souffler. Quand tous se relevèrent, Kamina était déjà debout et semblait ne plus aligner une seule pensée cohérente, complètement sous le choc. Puis elle se laissa tomber au sol et éclata en sanglot tout en martelant le sol de ses poings.
"Vous pouvez y aller, je m'occupe du reste." dit Max aux serpentards qui obéirent machinalement. Ce fut au détour du troisième couloir que Théodore explosa.
"Ombrage a été trop loin cette fois ci, je ne peux pas laisser passer ça."
"Je sais pas ce que tu comptes faire mais je marche avec toi." grogna Pansy.
"Et qu'est ce que vous voulez faire ? On a plus aucune preuve qu'elle était impliquée. Si on avait eu les menottes ou le gantelet, on aurait pu la donner en pâture à la presse mais tout a été détruit dans l'explosion et nos paroles ne valent pas grand chose." expliqua Drago, pragmatique.
"En tant que serpentards, c'est vrai… mais si des poufsouffles, des serdaigles et même des gryffondors corroborent notre version des faits." demanda Théodore.
"Personne ne croira ça. Depuis qu'on sait que Vous-savez-qui était à Serpentard ainsi que la plupart de ses mangemorts, les trois autres maisons se méfient. Alors quatre serpentards qui sont limite copains avec des gryffondors, ce n'est pas crédible, même si c'est la vérité." répondit Blaise. Les quatre sorciers se murèrent chacun dans le silence, cherchant quelque chose à faire. Puis soudainement, au bout de cinq minutes, Pansy releva la tête d'un air déterminé. Kamina faisait partie de sa famille… enfin, faisait partie de ce cercle très intime qu'elle considérait comme sa famille de cœur et Ombrage avait essayée de la blesser, voire même de la tuer. Œil pour œil, dent pour dent, la devise que Pansy allait précisément mettre en œuvre. Bon, elle n'était pas assez folle pour essayer de la tuer, elle ne s'appelait pas Bellatrix Lestrange mais elle allait quand même la blesser… dans son orgueil et dans son petit monde.
"Je vais faire quelque chose. Ne me suivez pas si vous ne voulez pas risquer votre scolarité ici." dit elle en avançant d'un pas rapide. Les trois garçons se regardèrent un très, très court instant avant de la rattraper et de marcher à ses côtés. Après une dizaine de minutes de marche, ils arrivèrent à destination : le bureau d'Ombrage.
"Maintenant ? La suite de plan ?" demanda Drago en croisant les bras.
"On entre et on saccage tout, j'imagine." dit Théodore.
"Si c'est le cas, faites attention aux portraits de chats. Ils se parlent entre eux et peuvent avertir Ombrage." expliqua une voix qu'ils ne s'attendaient pas à voir ici. Se retournant vivement, ils virent Potter qui était derrière eux, un sourire en coin.
"Potter ? Qu'est-ce que tu fous là toi ?" s'exclama Drago, ahuri.
"Apparemment la même chose que vous." se contenta il de répondre.
"Merde, ça fout tout en l'air." jura Pansy en tapant rageusement du pied.
"Peut être pas… je peux me rendre invisible et retourner les portraits de chat. Puis vous rentrerez et on fera ce qu'on avait prévu." exposa tranquillement Harry en sortant sa cape tout en veillant à ne pas la montrer aux serpentards. Ainsi, les yeux à l'interieur du bureau virent simplement la porte s'ouvrir et se refermer sans que personne n'entre et retournèrent donc à leurs occupations de félins en céramique. Puis un à un furent discrètement retournés et après s'être assuré qu'il n'y avait plus aucun risque d'être vu, Harry rangea sa cape et ouvrit la porte aux serpentards.
"Pas mal. Comment t'as fait ?" demanda Drago d'un air agréablement surpris.
"Secret maison, mon vieux. Bon, départ de l'opération vengeance." clama Harry. Une heure plus tard, les cinq étaient assis à leurs tables respectives et mangeait avec appétit quand Dumbledore se leva, attirant le silence dans la grande salle.
"Chers élèves, j'aimerais faire une annonce qui va sans doute plaire à certains d'entre vous. Suite à un accident survenu plus tôt dans la journée, nous allons être obligé de faire venir une équipe de mages bâtisseurs pour réparer les dégâts et afin de ne pas les déranger dans leurs travails, les cours seront suspendus pendant quelques jours. Considérez cela comme un week-end anticipé. Les mages bâtisseurs ont besoin du plus grand calme et j'insiste pour qu'aucun élève ne reste ici demain, quitte à ce qu'ils soient transplannés chez eux. Le Poudlard Express a été spécialement affrété et vous attendra à Pré-au-lard demain matin. Sur ce, je vous souhaite bon appétit."
Une rumeur enthousiaste s'éleva dans la grande salle et les élèves affiliés aux trois B se demandèrent si le combat contre Eileen avait pris une telle ampleur, contrairement aux quatre serpentards qui savaient de quels dégâts il s'agissait. Prise d'une soudaine inquiétude, Pansy tourna la tête vers la table des gryffonfors et fut nettement plus rassurée en voyant le hochement de tête d'Hermione. C'est à ce moment qu'Ombrage entra en hurlant.
"Potter ! Comment avez-vous osé ? ! ?" hurla-t-elle en pointant du doigt Harry qui réussit à feindre une innocence parfaite que seul Snape aurait pu percer.
"Moi ? Mais qu'est-ce que j'ai fais ?" s'exclama-t-il en prenant un air pur. Beaucoup d'élèves se mirent à chuchoter et une grande partie pensait qu'il était coupable sans pour autant savoir de quoi on l'accusait.
"Ne jouez pas aux innocents ! Je sais que c'est vous qui avait mis le feu à mon bureau !" bizarrement, la déclaration fit pencher la balance en faveur de Harry. Si certains puristes pro-Ombrage pensaient toujours que Harry étaient coupable, les autres s'étaient un peu refroidis en se disant que d'accord, Harry n'aimait pas Ombrage mais de là à brûler son bureau, y avait quand même une sacré marge. Et pour en revenir au principal concerné, il n'était pas vraiment coupable puisqu'il n'avait pas lui-même mis le feu au bureau mais n'avait pas non plus essayé d'empêcher les serpentards de le faire.
"Très bien, Potter. Dans ce cas, donnez moi votre baguette." grinça Ombrage. Bien qu'il n'ait rien à se reprocher, Harry lui donna tout de même de mauvaise grâce, d'une part parce qu'il avait moyennement envie qu'elle la casse "par accident" et aussi parce que comme ça, elle croyait qu'il avait quelque chose à se reprocher. Seulement, elle n'avait pas pensée qu'il puisse avoir mis le souk dans son bureau juste avec ses mains. Le dernier sort qui ressortit de sa baguette fut donc un sort d'allégresse qu'ils avaient révisés avec Flitwick. Mais au moment où il tendit la main pour reprendre sa baguette, il vit avec horreur Ombrage lever le genoux pour la briser. Mais elle eut à peine entamé son geste qu'une fléchette se planta dans son épaule, la faisant aussitôt lâcher prise. Elle se retourna en geignant de douleur et se prit le plat en porcelaine que Max avait lancé juste après sa fléchette.
"Il n'y avait peut être pas besoin d'une solution aussi extrême." dit doucement Dumbledore qui ne paraissait pas particulièrement en vouloir au mercenaire qui était étrangement seul.
"'Me suis pas pris la tête." se contenta de marmonner Max en se rasseyant. Sans doute sous le choc que l'enseignante ait essayé de briser une baguette sans raison, les élèves sortirent de la grande salle sans trop chouiner tandis que Harry ricanait.
"Il va sans doute falloir que tu passes la matinée de demain sous la cape." l'avertit très sérieusement Hermione, ce à quoi il répondit par un hochement de tête, ça allait être marrant.
Le lendemain matin, les élèves partaient en masse pour la gare de Pré-au-lard. Et parmi les quatre serpentards, Pansy sentait une appréhension grandir dans son estomac. Elle allait s'installer chez les Granger, les parents de celle avec qui elle s'était frittée pendant quatre ans. Depuis que Dumbledore l'avait annoncé, elle attendait ce moment avec impatience, augmentant par la même occasion les discussions amicales avec la gryffondor mais maintenant que le moment était venu, elle balisait à mort. Et s'ils avaient changé d'avis ? Et si le ministère l'attendrait à King's Cross pour la renvoyer chez ses parents biologiques ?
"Arrêtes de te prendre la tête Pansy." souffla doucement Théodore en prenant la jeune fille par les épaules. "Ce sont des gens biens, j'imagine. Et puis, rien ne peut être pire que tes vrais parents."
La jeune fille eut un petit sourire et essaya de dormir, en vain. À la fin du voyage, lorsque le quai fut en vue, son cœur battait à cent à l'heure et elle transpirait légèrement. Soudainement, Potter déboula dans le compartiment, la mine inquiète.
"Hé Parkinson, tu…"
"Je m'appelle Pansy !" l'interrompit celle-ci. Plus jamais elle n'accepterait de porter le même nom qu'eux, quitte à ce que toute l'école l'appelle par son prénom.
"Euh… si tu veux. Je disais qu'il y a un problème puisque je pense avoir vu tes parents."
Pansy blêmit subitement et s'accrocha à la manche de Théodore qui posa une main sur son épaule.
"Enfin, tout ça pour dire que tu devrais mettre ça." expliqua Harry en sortant sa cape. Intriguée, la jeune fille se recouvrit avec et entendit aussitôt les exclamations de surprises des garçons.
"Une cape d'invisibilité ? Stupéfiant." murmura Drago, ébahi. Surprise, Pansy laissa retomber la cape sur son bras et constata qu'effectivement, son bras était devenu invisible.
"Je te la prêtes pour ce coup ci, Hermione est au courant alors n'essaie pas de me la piquer." dit Harry en souriant.
"Euh… ben… merc…" balbutia Pansy mais Harry était déjà reparti.
"Voilà quelque chose d'imprévu. Mets la, Pansy, on prendra tes bagages." dit Blaise alors que le train s'immobilisait. Les quatre serpentards sortirent et Pansy, bien cachée sous la cape d'invisibilité, eut du mal à passer discrètement à côté de ses parents qui scrutait attentivement la foule. Leurs regards se croisèrent, même si les Parkinson ne pouvaient pas la voir, et cela suffit à paralyser la jeune serpentarde qui se fit percuter par un première année qui avait comme excuse de ne pas la voir. Elle s'étala de tout son long sur le carrelage et se dit que la situation dérapait en entendant Drago jurer. La cape avait entièrement glissée et exposait la jeune fille aux yeux de ses parents qui s'avancèrent rapidement, le regard perçant. Mais ils ne purent même pas franchir les cinq derniers mètres qu'une poignée d'adultes formèrent un mur impénétrable.
"Parkinson, je vous déconseille vivement de tenter quoi que ce soit, à moins que vous ne teniez si peu à la vie." gronda Max d'un air menaçant en exhibant la partie d'une lame. La menace eut l'effet escompté et les mangemorts reculèrent. Tandis que les deux mercenaires les maintenaient en respect en faisant miroiter l'éclat de leurs lames, le reste des adultes conduisit discrètement Pansy, qui avait récupéré la cape, auprès des Granger qui l'attendaient en souriant.
"Bien, vous voilà arrivée, Pansy." expliqua Severus qui était personnellement venu pour éviter un accident en rapport avec les parents de la jeune fille. Puis il se tourna vers les Granger. "Je crois que vous devriez partir au plus vite, les parents de cette jeune fille sont dans les parages et il vaut mieux qu'ils ne savent pas où elle va."
"Je ne peux même pas leur casser la figure ?" demanda Henri Granger avec une pointe de déception.
"Henri ! N'y penses même pas !" intervint sa femme, Lucy.
"Pourquoi ? Ce n'est pas parce que je suis molgu…"
"Moldu, papa, moldu."
"Oui, si tu veux. Je disais, ce n'est pas parce que je suis moldu que je vais tolérer ce qu'ils lui ont fait." s'exclama-t-il et Pansy en fut profondément touchée. Ils ne la connaissaient que depuis moins d'une minute et le père avait déjà envie d'aller cogner ses parents. Théodore avait raison, c'était des gens bien. Finalement, Henri se résigna à ne pas aller faire un scandale et mena les trois femmes jusqu'à la voiture, ce qui était la première fois pour la serpentarde. Après qu'elle se soit installée correctement grâce aux conseils d'Hermione, la voiture démarra et quitta la gare dans un silence un peu gêné.
"Ça dérange quelqu'un si je mets de la musique ?" demanda Henri au bout d'un moment.
"Si c'est encore ton groupe, tu peux ranger le CD !" intervint Lucy d'une voix impitoyable.
"Tu es cruelle avec moi !" gémit il en reposant sa main sur le volant.
"Vaut mieux que tu t'habitues, ils sont comme ça tout le temps… ça va ?" souffla Hermione à la serpentarde qui était bien pâle.
"J'ai mal au coeur, je crois." dit Pansy d'une petite voix.
"Ah oui, c'est vrai que c'est ta première fois… papa ralentis, elle est un peu malade."
"Oh, vraiment ?"
"Henri ! Regarde la route !" s'écria sa femme en le voyant se tourner complètement vers la banquette. Avec un comportement comme celui là, pas étonnant que la pauvre fille soit malade, encore heureux qu'il n'était pas aussi étourdi sur ses patients. Puis, quand elle fut assurée qu'il ne détournerait pas le regard, elle se retourna en souriant doucement à la jeune fille qui avait connu des jours meilleurs.
"Tu devrais sans doute manger quelque chose… chéri, donne moi tes bonbons." ordonna t'elle en changeant radicalement de ton.
"Quoi ? Quels bonbons ?" demanda Henri en feignant un air innocent. Mais il en fallait plus pour tromper Lucy Granger.
"Le paquet de bonbons que tu caches dans ta veste pour en bouffer dès que j'ai le dos tourné alors aboule, tu parles d'un dentiste." pesta t'elle en prenant les fraises tagada et en les tendant à la jeune fille.
"Tiens, manges en un peu, ça te fera du bien." Pansy piocha un des bonbons roses et le mâchonna avec perplexité mais se sentit un peu mieux quand le goût sucré envahit sa bouche, reprenant des couleurs. La mère d'Hermione lui sourit en retour et se retourna vers la route, laissant Pansy se poser des questions d'apparence anodines. Comme l'intérêt de regarder dans trois miroirs différents pour regarder en arrière, ou l'utilité de tout ces boutons un peu partout dans la machine. Bref, la pauvre serpentarde devait avouer qu'elle aurait beaucoup de mal à comprendre les moldus tout en continuant de machouiller ses bonbons. Mais ils avaient pas mal de qualités quand même. Ces bonbons pour commencer qui étaient pas mal, puis surtout le mode de transport qui était bien plus confortable que tout ce qu'elle avait connu jusqu'ici, mis à part sans doute le Poudlard Express.
"Alors, dis moi un peu Pansy." commença Henri en continuant de regarder la route, faisant sursauter la jeune fille. "Désolé pour ça, je voulais savoir si tu as beaucoup d'affaire à Poudlard ou si ma femme devrait t'emmener faire des courses ?"
"Je… je n'ai plus que ce qui est dans ma valise, désolée de vous embêter avec ça."
"Allons, c'est normal que tu aies besoin de nouveaux achats. Maintenant, tu vas vivre chez nous alors il ne faut pas hésiter à dire si tu as des problèmes, quels qu'ils soient."
Touchée, Pansy hocha vigoureusement la tête et rencontra le regard d'Hermione qui lui fit un petit sourire. Souriante à son tour, la jeune fille reposa sa tête contre le dossier de la banquête et se laissa bercer par le bruit du moteur et les conversations entre Hermione et ses parents.
"Elle dort ?" demanda Henri en la voyant affalée contre la vitre, quelques mèches de cheveux dans la bouche.
"Elle dort." se contenta de répondre Hermione.
"Tant mieux, parce qu'il vaudrait mieux qu'on parle de ce qu'on pourrait faire pour elle."
"Franchement papa, je ne penses pas qu'on puisse faire grand-chose. Elle a été profondément traumatisée à cause de ses parents et je pense que le mieux à faire, c'est de la soutenir au mieux."
"Étonnant que tu dises ça quand on sait tout ce qu'elle t'a fait avant." dit sa mère en souriant.
"Comme tu dis, c'était avant de savoir ce que lui faisait subir ses parents."
"À ce propos, rappelez moi d'investir dans une batte de baseball… ou un club de golf. Mais je parlais plutôt de ce que tu pourrais faire comme activités avec elle, comme aller au cinéma ou faire des trucs entre filles. Tiens, je parie qu'elle n'a jamais été à la piscine… elle sait nager au fait ?"
"Je sais pas, je pense."
Le reste du trajet se passa sans éclat notoire, mis à part Henri qui voulut remettre son CD, tentative impitoyablement réprimée par sa femme tandis que Pansy souriait dans son sommeil. Quand elle se réveilla, la voiture était entrée dans un quartier de banlieue et Hermione s'aperçut de son réveil.
"On peut dire que tu te réveilles au bon moment, on est bientôt arrivés. Dis, je voulais te demander, tu sais nager ?"
"Euh… un petit peu, pourquoi ?" demanda la jeune serpentarde.
"Eh bien comme ça, tu découvriras les joies des sports nautiques." répondit le père d'Hermione en se garant devant une maison. "Terminus, tout le monde descend !"
Pansy sortit de la voiture en se souvenant comment s'ouvraient les portières et fit face à une simple maison avec un seul étage, un petit jardin devant et un plus grand derrière. Tout ça respirait la banalité mais c'était précisément ce pourquoi elle se sentit tout de suite bien ici.
"Et voilà, maintenant Pansy, toi aussi tu es chez toi ici." dit Henri en empoignant les bagages des filles. Les yeux embués de larmes, la serpentarde sauta sur Hermione dans une longue embrassade devant les parents amusés de sa réaction. Théo s'était trompé, ce n'était pas des gens biens, ils étaient plus que ça. Elle se doutait que c'était encore trop tôt pour ça mais ce dont elle était sure, c'est qu'à la fin de l'année, elle les appellerait sans doute papa et maman.
