La mission confiée par Dumbledore présentait un gros problème : ne sachant quoi retenir, Lily retenait tout. A l'exception des anecdotes croustillantes, bien évidemment. Les duels, les altercations, les faits divers aussi importants qu'anodins ; Lily n'omit aucun potin, les inscrivant peu à peu dans un carnet en prenant grand soin de ne pas être remarquée par les Commères, Mary ou Jessica. Malgré cela, rien, au premier abord, ne lui paraissait d'un grand intérêt.
Certes, les duels démontraient une certaine nervosité quand ils concernaient deux élèves d'une même maison. Lorsque l'un des duellistes était à Serpentard, cependant, rien ne sortait de l'ordinaire, car son adversaire était souvent un enfant de Moldu qui, sans nul doute, avait été insulté et n'avait pas manqué de réagir. Que cherchait donc Dumbledore ? Quel élément était censé les mettre sur la voie de l'espion envoyé par le Seigneur des Ténèbres à Poudlard ?
Les questions étaient sans réponse, pour le moment, mais chacune des personnes invitées à enquêter se les posait constamment. Comme chaque soir, Sonia était passée par le Q.G. des Commères, juste après le dîner, pour aller vérifier qu'aucune autre anecdote n'était arrivée pendant leur absence. Alana, sur son lit, contemplait un point invisible en attendant le retour de la petite brune. Mary et Jessica, elles, se trouvaient toujours dans la salle commune de Gryffondor, à l'affût du moindre incident.
Lily, étendue sur son lit, relisait sérieusement son devoir de métamorphose à rendre pour le lendemain, soucieuse d'avoir manqué un argument justifiant de la complexité d'une métamorphose humaine. Si ses yeux parcouraient son parchemin, à l'affût de la moindre faute, une partie de son esprit restait bien malgré elle orienté vers les évènements discrets qui se déroulaient depuis deux ou trois jours. Car Lily, tout comme ses amies, avait parfaitement senti la tension régnant sur les professeurs.
Il n'était pas rare de croiser un professeur lors d'une patrouille, mais rencontrer plusieurs fois des duos d'enseignants, baguettes sorties, dans les couloirs pendant les rondes nocturnes avait de quoi susciter les plus vives inquiétudes. Cela signifiait-il que le corps professoral s'attendait à une nouvelle attaque du meurtrier ? Dumbledore soupçonnait-il une éventuelle intrusion dans les jours à venir ? Ou bien ne désirait-il que dissuader les Mangemorts infiltrés dans les membres de la Brigade magique de tenter un méfait ?
Les questions tourbillonnaient furieusement dans l'esprit de Lily, persuadée que quelque chose était en cours. Elle fut cependant tirée de ses réflexions par l'entrée de Sonia, qui referma la porte derrière elle et rejoignit Lily sur son lit en se laissant tomber dessus. Alana tourna la tête vers la petite brune étalée sur le matelas, en même temps que la préfète-en-chef lançait un regard interrogateur à son amie. A en juger par l'expression de Sonia, cependant, rien de bien particulier n'était à signaler.
─ Quelque chose ? demanda Alana.
─ Rien, répondit Sonia d'un air grincheux.
Lily consulta rapidement sa montre puis reposa son devoir sur sa table de nuit. Alerte, Sonia bondit sur ses pieds, comme si elle avait attendu impatiemment qu'elles partent pour leur ronde. Avec un sourire intérieur, Lily rejoignit la petite brune près de la porte et adressa un geste de la main à Alana avant de refermer la porte derrière elle.
Si les professeurs se comportaient comme s'ils s'attendaient à une attaque, Alana n'était pas en reste. Tout au long de la journée, Lily l'avait vue plus alerte que jamais, comme si elle aussi sentait que cette soirée ne serait pas comme les autres. Mais Lily ne s'étonnait plus vraiment des étranges attitudes de la splendide blonde ; Alana avait un comportement particulier, et c'était sans doute ce qui la rendait si intéressante.
Lily, cependant, chassa Alana de son esprit et suivit Sonia dans la salle commune, qu'elles traversèrent d'un trait en échangeant des sourires avec Mary et Jessica, puis elles quittèrent la tour Gryffondor. Le portrait de la Grosse Dame se referma derrière elles. Baguettes sorties, elles commencèrent leur ronde au septième étage, en silence, à l'affût du moindre bruit suspect.
Quand Dumbledore lui avait annoncé que les directeurs de maison éliraient de nouveaux préfets parmi les septième année, Lily avait espéré que le professeur McGonagall désigne Alana à ce poste, en partie parce que ça lui aurait permis de se rapprocher de la jeune femme. Toutefois, la présence de Sonia ne manquait pas d'intérêt, comme à l'ordinaire. Et s'il devait se produire quelque chose de fâcheux, Lily préférait avoir Sonia avec elle, car elle ignorait totalement de ce dont était capable Alana.
─ Y a un placard à balais, là-bas… commença Sonia.
─ Pas ce soir, dit Lily en souriant.
─ Pff, soupira la petite brune d'un air boudeur.
Là était tout l'avantage d'avoir Sonia avec elle car, même dans les moments de tension, comme cette nuit, la magnifique petite brune trouvait toujours le moyen de détendre l'atmosphère. Comme tous les soirs, Sonia essayait d'entraîner Lily dans un placard à balais pour, sans aucun doute possible, imiter les couples désireux de franchir le cap des baisers ; et bien que Sonia en fit la proposition à Lily toutes les nuits, la préfète-en-chef ne s'en lassait pas.
Etait-elle amoureuse de Sonia ? Lily ne s'accordait jamais la moindre minute de réflexion à ce sujet et elle doutait fortement que la petite brune ait également fait le point sur ses sentiments. Tout ce dont la préfète-en-chef était certaine, c'était que sa meilleure amie était la dernière personne chère à son cœur qu'il lui restait, maintenant que ses parents s'étaient volatilisés de la surface de la Terre.
Les songes de Lily sur les innombrables tentatives de Sonia de l'entraîner dans des coins sombres aux accents intimes passèrent bientôt en second plan, car deux sorciers patibulaires surgirent à l'autre bout du couloir qu'elles parcouraient et les avertissements de Dumbledore refirent surface en un éclair dans l'esprit de Lily. Il fallait admettre que de tous les employés de la Brigade magique croisés, ces deux-là n'encourageaient guère à la discussion.
Légèrement tendue, Lily passa donc à côté d'eux en concentrant son attention sur le fond du couloir, tous les sens aux aguets. Bien sûr, il était difficile d'imaginer deux Mangemorts tenter de commettre le moindre méfait sur le territoire même de l'opposition, mais Dumbledore l'avait clairement prévenue que son seul nom n'était pas un rempart à tout crime. Ne soupçonnait-il pas la présence d'un espion au sein même des étudiants, après tout ? Ne soupçonnait-il pas un élève capable d'accomplir une mission que l'on penserait confiée à des Mangemorts expérimentés ?
Plus que jamais, Dumbledore impressionnait grandement Lily. Aussi brillant et puissant fût-il, le vieux sage n'écartait aucune hypothèse, ne prenait aucun risque – bref, il était le contraire même de l'image d'homme trop confiant qu'on lui attribuait. Combien de directeurs d'école auraient pu admettre qu'une menace pouvant aussi venir de ses étudiants ? Pas beaucoup, Lily en était convaincue.
Lorsqu'elles atteignirent le quatrième étage, Lily et Sonia s'immobilisèrent un instant en entendant un martèlement de pas précipités s'élever d'un couloir avoisinant. L'espace d'une fraction de seconde, les deux jeunes femmes échangèrent un regard indécis, se demandant visiblement s'il était arrivé encore quelque chose. La seconde d'après, deux préfets surgirent devant elles, hors d'haleine et blafards. Lily les reconnut aussitôt : Sean Chanklis et Miranda Parker.
─ Qu'est-ce qui s'passe ? demanda aussitôt Lily, anxieuse.
Il fallut un long moment à Sean et à Miranda pour retrouver leur souffle, comme s'ils avaient traversé le château tout entier, depuis ses fondations jusqu'à sa plus haute tour, pour finalement redescendre sans marquer la moindre halte.
─ Y a… balbutia Sean. Un taré !
─ Un taré ? répéta Sonia, interloquée.
─ Un type bizarre, dit Miranda d'une voix hystérique, les yeux exorbités. Un monstre... un… une…
Sean prit une profonde inspiration.
─ Il a assassiné trois types, révéla-t-il d'un ton fébrile. A mains nues… y a du sang partout et… et des morceaux…
Il blêmit davantage et sembla sur le point de s'évanouir. Il y eut alors une détonation, très proche, et le château tout entier parut s'ébranler. Un cri de douleur résonna dans les couloirs, mais l'écho rendit les évaluations sur la distance qui séparait les étudiants et de son auteur impossibles. Pourtant, aucun des quatre préfets ne bougea, comme tétanisé – ou, plus vraisemblablement, comme par peur de produire le moindre son pouvant orienter ce monstre dans leur direction.
Malheureusement, un bruit sourd, une exclamation étouffée puis un étrange frottement retentit derrière Lily et Sonia, qui firent volte-face juste à temps pour voir le corps d'un homme traverser le carrefour en glissant sur le sol dallé, apparemment inconscient. Lily entendit vaguement Sean et Miranda détaler aussi vite qu'ils le purent mais, avant même que Sonia ou elle n'ait amorcé le moindre geste, le terrible monstre fit son apparition dans un silence total.
Aussi mortelle que fut la situation, Lily fut choquée par sa propre pensée à la vue du monstre, et qui se résuma à un « Wow ! » époustouflé. Car en entendant les Serdaigle parler d'un monstre, Lily avait très naturellement pensé à une espèce de créatures tentaculaires recouvertes de verrues et dotées d'une multitude de griffes acérées et de crocs tranchants. Quelle ne fut donc pas son étonnement lorsqu'elle se rendit compte que l'effroyable monstre était… un homme.
Sensiblement plus grand qu'elle, son torse et ses mollets dénudés offraient un spectacle assez agréable, dans le sens où chacun de ses muscles s'était formé naturellement, à la sueur de son front et non dans d'innombrables exercices de musculation. La peau mate, lisse, le monstre épatait autant par son allure physique que par son allure vestimentaire.
Son pantalon noir était en lambeaux, comme si toute sa masse musculaire s'était développée d'une façon brutale dans un bas trop étroit. Quant au haut, il s'agissait d'un étrange habit composé de deux manches rattachées à une capuche ; de sorte qu'à part son visage et ses bras, tout le reste de son buste soit nu. De son visage, on ne distinguait que son menton et ses lèvres fines, étirées sur un sourire cruel qui révélait deux canines plus longues que la moyenne.
Le monstre tendit la paume de sa main en direction de l'homme qui avait glissé sur le sol dallé et qui, au grand soulagement de Lily, était hors de vue. Un crépitement précéda l'apparition d'une minuscule sphère d'une intense couleur violette, à quelques millimètres de la main tendue de la créature, dont le sourire mauvais s'élargit. Avant qu'il n'ait pu passer à l'attaque, toutefois, un trait argenté jaillit entre les deux jeunes femmes et frappa l'intrus dans les côtes, le propulsant à l'autre bout du couloir.
Incapable de détacher les yeux du monstre, Lily le regarda s'élever dans les airs dans son vol plané et redescendre à grande vitesse vers le sol, au-dessus duquel il s'immobilisa brusquement. Flottant dans les airs à la manière d'un fantôme, il s'éleva un peu et posa les pieds sur le sol dallé en se retournant le plus calmement du monde pour faire face à son agresseur. Au même moment, Dumbledore dépassa Lily et Sonia d'un pas serein.
Lily tressaillit, cependant, car quand le directeur apparut dans son champ de vision, il émanait de lui une sorte d'aura écrasante. Pourtant, Dumbledore s'adressa au monstre d'une voix très calme, comme s'il avait reçu un invité :
─ La légende n'exagère rien de vos capacités, commenta-t-il.
Le monstre bomba le torse, visiblement très fier. Les bras le long du corps, il ouvrit alors la main dans laquelle il avait fait apparaître sa sphère violette. La boule lumineuse bondit aussitôt vers Dumbledore à une vitesse vertigineuse. En moins d'une seconde, elle n'était plus qu'à dix centimètres du directeur, mais elle s'immobilisa tout aussi soudainement qu'elle avait fusé. La baguette de Dumbledore n'avait même pas eu le temps de se lever, mais il paraissait toujours aussi détendu qu'à son arrivée.
Dans un panache de fumée, la sphère se volatilisa au creux de la main du professeur Potter, qui fit son apparition, apparemment soumis jusqu'alors à un sortilège de Désillusion particulièrement puissant. La réaction du monstre ne se fit pas attendre fléchissant légèrement les genoux, il serra les poings, ses muscles se contractant automatiquement avec violence.
─ NYFAN ! hurla-t-il.
Quelque chose émana instantanément du corps même du monstre. Une bourrasque de vent d'une telle intensité que Lily vit les portraits alentours être emportés. Dumbledore et le professeur Potter ne furent pas épargnés : titubant dans un premier temps, ils furent finalement arrachés du sol et projetés vers les deux jeunes femmes, qui purent bientôt affronter la terrible bourrasque à leur tour. Emportées comme des fétus de paille, elles exécutèrent toutes les deux un vol plané, l'esprit passablement étourdi par la violence de l'impact de la rafale.
Lily percuta douloureusement le sol dallé en grimaçant, le bas du dos meurtri. Sonia atterrit tout aussi violemment à côté d'elle, sur le flanc, et poussa une exclamation étouffée, la respiration coupée. Mais pour la première fois, Lily ne s'inquiéta pas pour la petite brune, les yeux rivés sur le professeur Potter et Dumbledore qui s'étaient déjà relevés et brandissaient leurs baguettes vers le monstre.
Deux traits de lumière fusèrent vers la créature qui s'élançait à leur rencontre avec une rapidité et une agilité proprement surhumaines. A quelques centimètres de l'impact avec les maléfices, toutefois – et Lily crut rêver quand elle vit ça ! – le monstre fit un pas souple et vif sur la gauche… mais également sur la droite. Pendant un court moment, Dumbledore et le professeur Potter se retrouvèrent face à deux monstres identiques, qui ne reformèrent plus qu'un dès que les sorts furent passés entre eux.
Dumbledore retenta sa chance et fit jaillir de sa baguette une longue flamme blanche, qui fusa vers la créature et lui emprisonna les chevilles, les poignets et les bras. Sans nul doute grâce à son aptitude à léviter, le monstre parvint à garder son équilibre et contracta à nouveau tous ces muscles, mais aucune bourrasque ne jaillit cette fois – le maléfice de Dumbledore émit un craquement sec et se volatilisa. La fraction de seconde après, le démon se tenait entre les deux professeurs, une main plaquée sur le torse de chacun d'eux.
Il y eut deux éclats écarlates, semblables à des éclairs, et les deux enseignants s'effondrèrent au sol à la manière de personnes perdant brusquement connaissance. Dans un premier élan, Lily fut soulagée de voir leur poitrine se soulever paisiblement, à un rythme régulier ; dans un deuxième élan, toutefois, elle réalisa que le monstre brandissait chacune de ses paumes sur chacun des deux sorciers. Sans une seconde d'hésitation – sans même en prendre conscience –, Lily ramassa sa baguette en se relevant et la brandit.
Un éclair de lumière rouge fendit les airs au moment où des sphères verdâtres apparaissaient dans les mains du démon, qui prit l'attaque de Lily de plein fouet et tituba légèrement en perdant le contrôle de ses maléfices, qui s'évaporèrent instinctivement. Le monstre redressa légèrement la tête et, bien que le tissu de sa capuche tomba entre ses yeux invisibles et Lily, la jeune femme sentit un regard terrifiant la fixer impitoyablement.
Le monstre fit un pas – un seul ! – mais il franchit les nombreux mètres qui le séparaient de Lily en un rien de temps, flottant au-dessus du sol en fonçant à toute allure sur la jeune femme. Immobile, Lily le vit fondre sur elle comme dans un rêve. Le poing de la créature se leva, ses jointures blanchies, prêt à frapper. Lorsque le poing s'abattit, une lumière aveuglante explosa entre Lily et le monstre. Une voix terrible, féminine, désincarnée – et familière aux oreilles de Lily – résonna alors, comme jaillissant des murs même :
─ NON ! gronda-t-elle.
Eblouie, Lily tressaillit sous la brutalité de ce cri et cligna des yeux, se posant de multiples questions qui tourbillonnaient dans son esprit à une allure nauséeuse : d'où provenait cette voix ? Pourquoi était-elle toujours indemne ? Le monstre ne l'avait-il pas frappée ? Ou avait-elle était assommée nette sans même ressentir le coup ? Cette voix désincarnée était-elle un effet de son imagination ? Etait-elle dans le coma ou inconsciente ?
Lily secoua la tête en clignant lentement des yeux, sa vue revenant rapidement. La première chose que la préfète-en-chef remarqua, ce fut une silhouette floue percutant violemment le mur du fond avant de retomber brutalement au sol. La vision de plus en plus nette, elle constata qu'il s'agissait du monstre. Que s'était-il passé ? La créature se releva, visiblement étourdie, mais un simple hochement de tête lui remit les idées en place. Sa colère, cependant, semblait avoir complètement disparu.
Sous sa capuche, Lily devinait les yeux de la créature parcourir les environs d'un air dubitatif. Pendant un instant, le monstre sembla considérer qu'une nouvelle tentative ne lui coûterait pas grand-chose, et il amorça un geste pour se précipiter sur la jeune femme une nouvelle fois. Cette fois-ci, cependant, le monstre s'arrêta à mi-chemin au moment où la petite silhouette de Sonia se plaçait devant Lily pour, de toute évidence, s'interposer entre la créature et sa meilleure amie.
Il aurait été naïf de croire que ce fut ce petit bout de femme qui poussa le monstre à abandonner son deuxième essai. La véritable raison, Lily et Sonia la découvrirent quelques secondes plus tard : des pas innombrables s'élevaient dans toutes les directions tandis que des voix inintelligibles vociféraient une tonne d'ordres stratégiques.
La créature hésita, apparemment désireuse d'en découdre, mais elle finit par renoncer, surtout que le professeur Potter et Dumbledore reprenaient leurs esprits. Lorsqu'ils se redressèrent, le monstre tendit son index vers Lily avec un sourire torve puis disparut dans une gerbe de flammes noires, échappant d'extrême justesse à plusieurs maléfices jaillissant des baguettes de Dumbledore, du professeur Potter et des renforts arrivant par les couloirs latéraux.
Sur pieds, Dumbledore se retourna et s'avança d'un pas vif vers Lily et Sonia, visiblement soucieux de leur état.
─ Vous allez bien ? s'enquit-il, sans masquer son inquiétude.
─ Oui… je crois, marmonna Lily.
─ Très bien, dit Dumbledore tandis qu'une masse de personnes jaillissait des couloirs. Regagnez votre salle commune, nous discuterons demain… et essayez de rassurer un maximum vos camarades…
Lily et Sonia souhaitèrent bonne nuit au directeur puis s'éloignèrent vers le Grand Escalier, choquées par les évènements de la soirée. Quel était ce monstre capable de se débarrasser d'un expert en magie noire tel que le professeur Potter ? Quel était ce monstre capable de neutraliser le plus grand sorcier du siècle en moins de cinq minutes ? Sonia prit la main de Lily dans la sienne, rappelant involontairement à Lily le geste le plus incroyable que la petite brune eût jamais fait depuis qu'elles se connaissaient : se positionner entre le démon et la préfète-en-chef.
Aussi attachée que Sonia fut à Lily, la belle rousse n'aurait jamais cru que la petite brune pourrait faire acte d'autant de dévotion. Elle était prête à mourir pour elle car, sans aucun doute, le monstre l'aurait tuée sans la moindre hésitation si Dumbledore, le professeur Potter et les renforts n'avaient pas refait surface. Lily jeta un regard en biais à Sonia et parvint à sourire – à peine, mais elle sourit quand même à la pensée que l'anniversaire de Sonia approchait.
