Bien le bonsoir! On passe au choses sérieuses avec ce chapitre, il est temps d'aller faire du pâté de démons! Et j'ai aussi une bonne nouvelle : j'ai trouvé quelqu'un qui accepte de traduire mes fics en anglais. Le premier chapitre de L'oubli est déjà publié et franchement, c'est du très bon travail. La traductrice s'appelle Aviendhaphiragon, et la fic est publiée sous le titre The Forgotten. Si vous voulez voir ce que ça donne, allez y faire un tour. Elle l'a publié hier et il y a déjà pas mal de gens qui suivent ou ont mis l'histoire en favoris.
Avant de passer aux réponses des commentaires, un petit appel à l'aide : par pitié, aidez-moi à trouver un nom pour les créatures grises! J'ai beau me triture les méninges, je ne trouve rien! Si vous voulez bien me mettre des suggestions, je verrais si j'en trouve une qui me plaît, ou je pourrais en combiner plusieurs. Je vous demande juste de respecter la façon dont les vikings nomment les êtres vivants. C'est-à-dire avec des noms qui portent sur des particularités physiques ou autres.
Réponses aux commentaires :
Orianette : Je te crois sur parole pour le fait que ce qu'Harold dit à Astrid est un truc qu'on voudrait toutes entendre... je n'ai absolument aucune expérience dans le romantisme, alors je ne peux dire si c'est vrai. Mais je dois avouer qu'un garçon me dirait ça... ouais, d'accord, pas mal. Et bien sûr qu'Harold ne va pas rester sagement au village à se tourner les pouces! Le combat sera avec lui ou pas du tout. Pour la suite, j'étais morte de rire! Moi? Sadique? Mais qu'est-ce qui te fais penser ça?! Et niveau torture, je suis pour la torture éternelle!^^ Ah, j'adore tes commentaires, j'ai encore failli m'écrouler de rire tout en devant me retenir! Tu vas finir par me tuer.^^ Merci beaucoup pour ton commentaire.
Jyuunokuon : Mais avez quoi, tous, à me traiter de sadique?! Je fais un Harold pas éperdument amoureux d'Astrid, vous grognez. Je fais un Harold un peu joueur, vous grognez! ^^ Pour les décisions du Conseil, tu as les réponses dans ce chapitre. En ce qui concerne le chapitre spécial, c'est quelque chose que j'ai décidé de faire dès ma première fic. Je donne à l'auteur du centième commentaire le droit de choisir un thème et je l'écris dans un chapitre spécial après le dernier chapitre de la fic. Cependant, ça ne fonctionne que lorsque la fic est en cours. Si elle est finie avant d'atteindre les 100 commentaires, il n'y aura pas de chapitre particulier dédié à un lecteur. Enfin, n'en parlons pas puisque ce n'est pas le cas ici! Ton choix est intéressant, je n'avais pas pensé à ce côté-là de l'histoire, je verrais ce que je peux faire pour le développer. J'ai copié ta suggestion mais je ne ferais pas le chapitre avant la toute fin, tu as donc du temps pour apporter des détails ou pour le modifier, voire changer complètement de thème.
Comme toujours, merci pour votre soutien et vos commentaires. Bonne lecture!
Astrid et Harold parlent encore quelques temps avant que la fatigue ne rattrape le jeune forgeron. Avec l'aide d'Astrid, il se glisse dans le grand fauteuil de son père, qui a été avancé près de la cheminée, et s'y recroqueville, bien au chaud dans les couvertures. Astrid lui fait boire un peu du remède de Gothi puis glisse un oreiller sous sa tête. Harold s'endort très vite, laissant Astrid à nouveau seule. Entendant un bruit de raclement devant la maison elle ouvre la porte pour trouver Krokmou faisant les cent pas devant la porte, sa prothèse traînant au sol et raclant contre la pierre. Tempête est non loin, roulée en boule et dormant profondément. Astrid hésite un peu puis laisse entrer Krokmou dans la maison. Le dragon se précipite immédiatement auprès d'Harold et le renifle. Quand il est rassuré que son ami viking n'est pas blessé, le furie nocturne se couche entre le fauteuil et la cheminée, enroulant sa queue autour des pieds du fauteuil.
- J'espère que Stoïck ne sera pas trop énervé de te voir dans sa maison, dit Astrid après avoir fermé la porte. Vu comment tu prends tes aises, je n'arriverais pas à te faire sortir.
Krokmou hoche la tête d'un air très content avant de caler ses pattes devant lui et de poser sa tête dessus. Astrid étrécit les yeux, regardant le dragon avec mécontentement mais le furie nocturne se contente de prendre un air si triste que la viking blonde finit par pousser un gros soupir.
- Harold a fait de l'excellent travail avec toi, commente Astrid en s'asseyant sur une chaise près du fauteuil, tu es le dragon le plus gâté de cette île. Même Bouledogre n'obtient pas toujours ce qu'elle veut, et pourtant Varek n'est absolument pas strict avec elle.
- On dit laxiste, grommelle Harold.
- Quoi? demande Astrid en se rapprochant pour voir que le jeune viking a les yeux à moitié ouverts et semble loin d'être tout à fait éveillé.
- C'est plus court de dire laxiste que pas strict.
- Rendors-toi, conseille Astrid, tu me donneras une leçon de vocabulaire demain.
- Tu n'es pas la seule à en avoir besoin, chuchote Harold en se rendormant, pratiquement tous les vikings devraient suivre au moins un cours de vocabulaire. Sont faignants, prennent que les mots simples, apprennent jamais les autres.
- Eh bien tu pourras faire ça quand tu te réveilleras, suggère Astrid, quand tu arriveras à faire des phrases entières.
Ne recevant aucune réponse, Astrid se penche pour voir qu'Harold est de nouveau endormi. Secouant la tête, la viking blonde réarrange les couvertures et retourne à sa chaise. Elle veille silencieusement sur le fils du chef durant la nuit, le réveillant à intervalles réguliers pour lui faire avaler un peu plus du remède de Gothi. Les premières lueurs du jours passent sous la porte et éclairent l'intérieur de la maison quand Astrid s'étire en baillant. Fatiguée par une nuit sans repos, elle se lève et sort pour se rendre à la barrique d'eau placée au coin de la maison. Brisant la glace, Astrid prend de l'eau dans les mains et s'en asperge le visage. Réprimant un frisson, la viking blonde récupère quelques bûches dans la réserve à l'arrière de la maison avant de revenir à l'intérieur pour raviver le feu. Krokmou la regarde arranger le bois et souffler sur les braises, faisant s'élever quelques flammèches qui deviennent vite un feu vif et chaud. Harold est toujours endormi et ne semble pas décidé à rejoindre le monde des conscients. La matinée est bien avancée quand Stoïck et Gueulfor arrivent. Tous deux ont l'air épuisés et le chef semble même énervé, n'ayant pas assez d'énergie pour manifester une colère plus vive.
- Ah, Astrid, dit Stoïck en se laissant tomber sur une chaise qui grince bruyamment, merci d'être restée avec Harold cette nuit. Comment va-t-il?
- Il s'est réveillé juste après que vous soyez partis, hier soir. Nous avons un parlé un peu puis je l'ai aidé à monter dans le fauteuil et il s'est rendormi. Il ne s'est pas réveillé de lui-même jusqu'à présent. J'ai tout juste réussi à lui faire ouvrir les yeux toutes les deux heures pour lui donner le remède de Gothi.
- Il a dit s'il était blessé? Gothi pense qu'il pourrait avoir des blessures internes puisqu'elle n'a rien trouvé hier.
- Non, il avait juste froid, répond Astrid, et il se sentait complètement vidé de toutes ses forces. Je lui ai dit qu'il devait juste se reposer.
- Tu as bien fait, approuve Stoïck.
- Mais ça ne va pas être facile de le garder inactif, contre Gueulfor qui coupe du pain, de la viande et du fromage. Le gamin ne reste jamais en place, sauf s'il est occupé. Et si on veut qu'il se repose, il faut l'empêcher de s'occuper. Il faudrait limite l'enfermer dans une des cages que l'on garde pour les dragons malades ou blessés.
- Harold n'est pas dangereux au point de devoir l'enfermer! objecte Astrid.
- Crois-moi, tu ne veux vraiment pas te retrouver dans la même pièce qu'Harold lorsqu'il s'ennuie. Il ne fera rien physiquement, mais tu ressortiras de la pièce avec une forte envie de sauter de la falaise la plus proche. Il est capable de te réduire le cerveau en bouillie avec juste des mots aussi sûrement qu'un autre le ferait avec une masse.
- Oh, souffle Astrid.
- Ça te laisse sans voix, hein? lance Gueulfor alors qu'il attrape trois assiettes et y dispose les tranches coupées un peu plus tôt. Harold a le potentiel pour détruire absolument tout ce qui se dresse sur son passage. Nous avons de la chance qu'il ne soit pas ambitieux ou qu'il n'est pas une nature sombre.
- Il est pourtant assez manipulateur, dit Astrid.
- Bah, il faut bien qu'il s'amuse un peu. Le pauvre est tellement mis à l'écart qu'il a été obligé d'inventer de nouveaux passe-temps. Du coups, son sens de l'humour est légèrement tordu mais ce n'est jamais intentionnellement mauvais.
- Je ne comprends rien à ce que vous racontez, dit Stoïck. Harold n'est pas si terrible. Bien sûr il est maladroit et a de drôles d'idées mais vous le décrivez comme un être dont il faudrait presque plaindre les ennemis. Pourquoi parlez-vous ainsi?
- Parce que c'est le cas, mon bon chef, répond Gueulfor. Ton fils est puissant. Je ne parle pas des muscles ou mêmes de ses dons. Je parle de ce qu'il a dans la tête et de sa personnalité. Il ferait un adversaire redoutable pour quiconque se trouvant face à lui. Du coup, dire qu'on plaint ses ennemis est entièrement justifié. Personne, sauf les vikings les plus dérangés, n'apprécient de voir des gens se faire écraser sans pitié avec juste quelques mots. Tu te rappelles la fois où on est allés à une île voisine pour discuter d'un traité sur la laine? C'était pas vraiment passionnant, alors le petit est allé se balader. Comme il mettait du temps à revenir, je suis partit à sa recherche. Quand je l'ai trouvé, j'ai vu un viking bien grand et fort, un adulte, à la limite des larmes. Harold était devant lui et examinait sa marchandise. L'homme s'est enfui en criant avant que j'atteigne Harold. Quand j'ai demandé au petit ce qui s'était passé, il m'a répondu qu'il n'avait pas aimé la façon dont le marchand avait essayé de le rouler en lui vendant de la camelote. Du coup, il s'est mis à lister devant tout le monde les défauts de sa marchandise. J'ai ramené Harold à la maison que l'on occupait et je ne t'en ai jamais parlé, tu aurais pu faire une crise. Quand nous sommes repartis, une semaine après, j'ai entendu certains villageois dire que le marchand avait empaqueté toutes ses possessions et mit les voiles. Ton fils, âgé d'à peine onze ans, a mit en fuite un adulte. Les marchands sont des durs à cuire. Pour que celui-là s'enfuit, il a dû prendre un sacré coup.
Stoïck reste silencieux, réfléchissant à l'histoire qu'il vient d'entendre. Astrid laisse sortir un sifflement impressionné et attaque son petit-déjeuner. Elle laisse le chef et le forgeron manger avant de commencer à les questionner. Son impatience est visible par le fait qu'elle n'arrête pas de gigoter sur sa chaise.
- Parle, Astrid, avant de tomber de ta chaise, dit Gueulfor.
- Qu'a décidé le Conseil? lâche Astrid. Comment les autres ont réagis?
- Droit au but, hein? Stoïck, en tant que chef, c'est à toi de répondre. La petite a le droit de savoir, elle est mêlée à tout ça.
- Je sais, soupire Stoïck. Et autant en parler maintenant, avant que les autres villageois ne soient au courant et se mettent à courir dans tous les sens en criant.
- Oh, ne dramatise pas! Ils ne vont pas paniquer pour si peu!
- Gueulfor, je te rappelle qu'il y a un passage entre notre monde et celui des démons sur l'une des îles entourant Berk et que des choses pires que les Souffles du Froid s'y trouvent. Je suis certain que quelques villageois vont dire que Ragnarök arrive.
- Pas faux.
- Pour en revenir à tes questions, poursuit Stoïck en se tournant vers Astrid, le Conseil était partagé au départ. Le fait que le chef, son bras-droit et l'Ancienne apportent de telles nouvelles a suffit pour en convaincre la majorité. Mais les autres ont refusés d'y croire parce que c'est Harold qui est la source de cette information. Comme Gueulfor le craignait, ils n'ont acceptés l'histoire que parce tu étais celle qui nous l'a racontée et que tu étais un témoin direct.
- Et j'avais aussi raison sur le fait qu'ils voulaient t'attribuer tout le mérite de la découverte, intervient le forgeron.
- C'est vrai, reprend le chef, mais nous ne les avons pas laissés faire. Ingel et ton père ont été d'un grand support pour cela.
- Et donc? questionne Astrid. Qu'avez-vous décidé?
- Pour commencer, une équipe de guerriers expérimentés va être envoyée sur l'île avec la fissure. Ils nous rapporterons autant d'informations que possible. Harold ira avec eux donc l'équipe ne partira que quand il sera remis. En attendant, nous allons rédiger des rapports détaillés de tout ce que nous savons pour les envoyer aux chefs des tribus alliées. Nous allons sûrement devoir tenir une réunion des chefs anticipée, la prochaine n'était pas prévue avant encore quelques années. Je vais proposer qu'ils viennent sur Berk s'ils désirent discuter et participer aux recherches. Nous pourrions ensuite mettre au point une stratégie pour nous débarrasser de cette fissure. Le Conseil a déjà quelques idées qui méritent d'y réfléchir.
- Quelles idées?
- Ton père a proposé de combler la fissure, répond Gueulfor. Comme ça, les démons ne pourront plus venir dans notre monde.
- C'est une idée assez bonne mais les démons possèdent une force physique et des capacités qui leur permettraient de déblayer très rapidement. Vous ne feriez que les retarder un peu. Et même si vous parvenez à rendre la fissure inutilisable, rien ne les empêchera d'en ouvrir une autre. L'actuelle a un emplacement idéal mais il y avait des signes d'autres fissures plus petites et presque fermées tout autour. C'est l'île qui doit être détruite, pas la fissure.
Stoïck, Gueulfor et Astrid se tournent vers le fauteuil dans lequel se trouve Harold pour le voir appuyé contre l'accoudoir. Son visage trahi sa fatigue, tout comme ses mains qui tremblent légèrement. Astrid se lève immédiatement et s'approche de lui, soucieuse.
- Tu as froid? Tu veux que je te rapproche du feu?
- Non. Le tremblement vient du fait que je me suis appuyé sur mes mains pour me redresser. Je suis encore trop faible pour bouger, c'est pathétique.
- Ne sois pas trop dur avec toi-même, console Gueulfor. Gothi a dit que le froid n'est pas le seul responsable de ton état. Il y avait peut-être quelques chose dans l'air de Niflheim qui t'a rendu malade. Les humains ne sont pas fait pour passer dans d'autres mondes. Seuls les dieux et leurs élus ont ce privilège.
- Et les démons, ajoute Harold.
- Ah oui, ces bestioles aussi.
- Tu es sérieux quand tu dis que l'île doit être détruite? demande Stoïck.
Harold regarde son père longuement, sans répondre. Quand il ouvre enfin la bouche, ses yeux trahissent une certaine nervosité et de l'incrédulité.
- Tu as vraiment écouté? Tu me prends au sérieux?
- Oui, répond Stoïck sans la moindre hésitation. Tu as risqué ta vie pour rapporter des informations au village. Tu voulais juste nous protéger. Et puis, une voix insistante et pénible ne cesse de me dire de t'écouter plus souvent et j'ai fini par suivre son conseil. J'ai conscience aujourd'hui que bien des choses seraient différentes si je t'avais écouté par le passé.
- Merci pour les compliments, Stoïck, dit Gueulfor. J'ignorais que tu avais une telle estime de ma charmante voix. Tu veux que je chante?
- Non! s'écrient Harold, Stoïck et Astrid en chœur.
- Oh, je suis blessé.
- Tu t'en remettras, assure Harold avant de reporter son attention sur le chef. Tu vas vraiment m'écouter? Tu me laisseras expliquer avant d'élever des objections?
- J'essaierais. Je ne peux promettre de tout arranger tout de suite, mais je vais faire des efforts.
- Alors je pense qu'on peut se mettre au travail sans passer notre temps à nous hurler dessus.
- Je le pense aussi, approuve Stoïck.
- Parfait. Dans ce cas, il est temps de commencer, nous avons une île à détruire.
