Hello !
C'est moi, Jin ! Après une longue absence... Désolé pour le retard... J'ai repoussé l'écriture de ce chapitre un moment, mais cela m'a permis de trouver de nouvelles idées pour les choses à venir ! Cependant, je ne vous apprends pas que la fin de l'année approche, avec les examens... Je ne vous promets donc pas d'être régulière ce mois-ci, même si je vais faire de mon mieux pour poster au moins une fois par quinzaine.
A ce stade de l'histoire, je pense écrire un résumé concernant Ladislas - évidemment - et les différents événements dont j'ai parlé (concernant Tom, Albus, Voldemort, le Conseil...). Cela restera très court, mais permettra la compréhension du chapitre.
Résumé : Après une Coupe du Monde de Quidditch chamboulée par une attaque de mangemorts, Ladislas se lie accidentellement avec Zoran lors du Conseil. Il passa le plus long de ses vacances à Kastell Moros, le fort où habite les Casistos, pour s'habituer au lien tout nouveau. Au Conseil sont évoqués l'attaque des mangemorts qui ne présument rien de bon pour l'Angleterre, ainsi qu'un rassemblement important de détraqueurs en Europe de l'Est, dû à une secte qui donnent des moldus aux détraqueurs. Les vacances se passent, et bientôt la rentrée arrive, signe d'importants changements pour Albus et Selena, dû fait de l'événement secret qui rassemblera Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang.
Chapitre 25 : Rentrée et rencontre
Ladislas remua dans son sommeil, faisant tanguer la barque qui flottait tranquillement sur le lac de la propriété Dumbledore. Ouvrant un œil, il ne put s'empêcher de sourire devant le ciel sans nuage qui s'offrait à lui pour sa dernière journée de vacances avant de quitter sa position inconfortable. S'asseyant du mieux qu'il put compte tenu du balancement de la barque, il ramassa le livre que lui avait fait parvenir Isadora Ozerov portant sur les animagi.
L'ouvrage en parlait de façon très générale, abordant tant l'apprentissage que les caractéristiques de l'animagus, ce qui était parfait pour introduire le sujet. Si Ladislas avait été légèrement découragé devant la difficulté théorique, il s'était rapidement promis de s'accrocher pour réussir à devenir animagus. Pouvoir se changer dans une forme animale lui paraissait incroyable, et peu lui importait quel animal il serait, car il avait l'intime conviction qu'il lui conviendrait parfaitement.
La barque qui l'accueillait heurta le ponton en bois dans un bruit sourd et se balança doucement sur les eaux tranquilles du lac. Satisfait de sa lecture qui s'était achevée en sieste improvisée, Ladislas sortit de la barque et revint sur la terre ferme pour se diriger vers la table sur la terrasse où Sheshir semblait lui aussi profiter du soleil.
– Tu as une vie trépidante, mon cher, se moqua-t-il en s'asseyant à la table. Dormir, manger, dormir, chasser, dormir et… somnoler au soleil, compléta-t-il en grattant affectueusement le pelage bleuté du félin.
– Te supporter me fatigue, répliqua au tac à tac Sheshir dont les yeux turquoise brillaient de moquerie.
– Alors tu vas pouvoir te reposer, puisque je pars ce soir, le rassura faussement Ladislas tout en posant son livre à côté de lui.
Le félin miaula de mécontentement mais s'abstint de tout commentaire. Son regard se posa avec curiosité sur le livre des animagi :
– Tu vas accepter la formation ? Demanda-t-il tout en exécutant sa toilette sans paraître gêné.
– Bien sûr ! S'enthousiasma le jeune humain dont le regard passa à un joli bleu, proche de celui de son grand-père. Ce serait tellement génial de pouvoir me changer en… chat, par exemple !
– Ma foi… Tu pourrais dormir, manger, chasser et… quel était l'autre chose ? Ah ! Somnoler au soleil ! Railla Sheshir en ronronnant de rire.
Ladislas lui envoya un regard blasé en réponse sans répliquer. Il resta sur la terrasse une dizaine de minutes avant de regagner l'intérieur où il trouva Skeeny préparant le dîner, qui serait pour lui le dernier au Domaine avant plusieurs mois. En effet, Albus l'avait prévenu qu'il ne pourrait pas, ainsi que Selena retourner au Domaine pendant les vacances à cause de l'événement qui rassemblait Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang. Il avait été de ce fait décidé qu'il irait chez les Agazzi ou les Casistos pour les vacances puisque Koldovstoretz fermait pendant les vacances.
Selena et lui étaient bien tristes de ne pas se voir plus longtemps, mais étaient également tout deux impatients de retrouver l'école, chacun pour des raisons bien différentes. Car si Ladislas avait des amis précieux, en plus de Leonardo, et des professeurs qu'il appréciait, Selena, elle, trépignait surtout à l'idée de pouvoir enfin connaître l'évènement qu'Albus gardait obstinément secret. De plus, elle aurait peut-être la chance de rencontrer enfin des jeunes qui l'accueillerait pour elle sans prendre en compte son nom, comme l'avait dit son professeur.
Albus quant à lui semblait satisfait de pouvoir garder un œil sur sa petite-fille et avait promis à Ladislas qu'il essayerait de le faire rentrer à Poudlard, ou du moins à Pré-au-Lard pour qu'ils puissent se voir.
– Ladislas, dis-moi, fit justement Albus en le croisant dans le couloir, alors que le plus jeune se rendait dans sa chambre, t'es-tu occupé de ranger tes affaires ?
– J'y allais, Grand-père ! Répondit Ladislas avec un sourire candide qui amusa le plus âgé des deux.
– Ne traîne pas trop, ton portoloin est à vingt heures précises, lui rappela-t-il en levant les yeux au ciel face à l'insouciance de son petit-fils.
Celui-ci acquiesça énergiquement avant de prendre l'escalier pour le deuxième étage. Rentrant dans sa chambre, il souffla de soulagement en s'apercevant de l'ordre relatif de la pièce. Puisqu'il n'y avait pas été longtemps, il n'avait - heureusement - pas eu le temps de la déranger, ce qui l'arrangeait bien à présent qu'il devait préparer sa valise. Il ne put cependant s'arrêter avant le repas, et c'est fatigué qu'il s'attabla aux côtés de sa sœur.
– Tu pourrais me dire ce qu'il va se passer, maintenant ? Demanda-t-il à son grand-père, les yeux pétillants de curiosité.
– Je me dois de garder la surprise pour ta sœur, répliqua Albus, avec un sourire amusé. Selena protesta vainement et ils finirent par rire tous trois, sous le regard moqueur de Sheshir.
Alors qu'ils entamaient le dessert, Albus demanda, l'air préoccupé, ce qui alerta ses deux petits-enfants, s'ils savaient exécuter le sortilège du Patronus.
– Partiellement, oui, répondit Ladislas, dont les sourcils se froncèrent d'inquiétude. Pourquoi ?
– Tu n'étais pas vraiment présent au Conseil, répondit Albus en se grattant pensivement la barbe, mais il a été question d'un… rassemblement important de détraqueurs en Europe de l'Est. Je préfère vous savoir en capacité de vous défendre, si jamais il venait à y avoir un accident.
Ladislas hocha la tête, et promis à son grand-père de s'entraîner, tout comme Selena, même si cette dernière était peu concernée, puisqu'elle passerait l'année à Poudlard où elle serait en parfaite sécurité.
Ils achevèrent le repas en parlant orientation. Selena avait, dans l'optique de rentrer en médicomagie, pris les spécialités potions, sortilèges et métamorphose, tandis que Ladislas s'était concentré sur la défense contre les forces du mal avec l'option duel, les sortilèges et également métamorphose. Venait s'ajouter l'apprentissage pour être animagus. Même si
Ladislas ne savait pas ce qu'il ferait plus tard, il était satisfait de ses options, car toutes les matières qu'il avait gardées le fascinait, hormis la botanique. De plus, il s'était renseigné auprès de ses amis pour s'apercevoir qu'ils avaient pour une grand partie les mêmes options.
Autant avait-il été légèrement anxieux à l'idée d'entrer à Koldovstoretz l'année précédente, de peur de n'être considéré que comme un Grindelwald, autant il était presque pressé d'y retourner et rien ne venait entacher son bonheur. A présent qu'il avait des amis, en premier lieu Leonardo, et surtout pas de Snape, de Draco, de cauchemars sur un Quirell qui enlèverait son turban ou de chambre des Secrets.
Sa vie en tant qu'Harry Potter était bien loin derrière lui.
Lorsque vingt-trois heures sonna, il alla chercher sa valise, ainsi que son sac de cours dans l'entrée. Il étreignit sa sœur et son grand-père avant de prendre en main le jeton de Koldovstoretz qui était censé s'activer dans quelques minutes.
– Tu n'emmènes pas Levi ? Demanda Selena, remarquant l'absence de l'aigle.
– Il est parti voler, répondit Ladislas en haussant les épaules. Et puis, il connaît le chemin pour Koldo.
Il ne s'inquiétait pas pour son aigle qui avait, à présent qu'il était adulte, l'habitude de longs vols. Son caractère indépendant le poussait à partir chasser pendant de longues heures, parfois même plusieurs jours.
– On se revoit dans… commença Selena, son regard glissant vers Albus qui sourit :
– Le plus tôt possible, promit-il. Je ferai tout pour que vous vous voyiez à l'une ou l'autre vacance.
– Merci Grand-père ! Fit Ladislas avec sincérité. Il échangea un regard rempli d'espoir avec sa sœur.
Les vacances leur avaient paru bien courtes, même s'ils avaient profité de chaque instant passé ensemble. Les deux jumeaux avaient repris l'habitude de discuter jusqu'à l'aube, passant généralement le reste de la nuit dans le même lit, fatigués à l'idée de parcourir les quelques mètres qui les séparaient de leur chambre. Selena s'était largement confié sur son appréhension à passer l'année à Poudlard. Ce n'était pas tant qu'elle quitte Beauxbâtons qui l'effrayait, puisqu'elle n'éprouvait aucun attachement pour son école, mais plus l'idée de rencontrer d'autres élèves, qui à l'instar des étudiantes de son académie, la jugerait pour son nom. Être une Grindelwald l'avait toujours gardé dans un isolement dont elle souffrait, même si son grand-père, Skeeny, Sheshir, et maintenant Ladislas la soutenait. Ce dernier l'avait rassuré, après tout, il y aurait bien une personne pour passer outre son affiliation avec un mage noir.
Ladislas quant à lui avait partagé avec elle ses sentiments sur son lien avec Zoran. C'était étrange de ressentir à chaque instant des émotions qui n'étaient pas siennes. A certains moments, son esprit se rapprocher de celui de son jeune ami, et c'était comme si lui, était à Kastell Moros. Heureusement, l'Occlumencie l'aidait beaucoup à contrôler ce lien, et Zoran de son côté apprenait cette branche de la magie avec son grand-père.
L'ancien gryffondor voulut rajouter quelque chose mais le portoloin s'activa et il disparut dans un craquement sonore.
L'instant d'après il se retrouvait dans la cour intérieure de son école, où arrivaient les élèves de toute l'Europe. L'arbre aux feuilles sanglantes s'élevait toujours avec prestance, digne d'être le symbole de la famille Ozerov. Comme à son habitude, Ladislas trébucha et se retrouva le nez dans l'herbe. Se relevant en grognant contre sa maladresse, il aperçut Yakov qui venait lui aussi d'arriver. Lui faisant signe, le jeune Grindelwald saisit ses affaires avant de se diriger dans un coin à l'écart de la zone d'arrivée des élèves.
– Ladi ! S'exclama son ami qui pour la rentrée s'était coupé les cheveux dans une coupe militaire stricte. Comment vas-tu ?
– Un peu fatigué, admit Ladislas avec un sourire léger. Et toi ? Tes vacances ?
– Génial ! Répondit Yakov dont les yeux marrons brillèrent joyeusement. Tu as vu la finale ? Krum est un Gé-Nie ! On n'aurait jamais pu le battre…. Et les poursuiveurs irlandais ? Leur… leur…
– Harmonie ? Tenta son ami en secouant la tête avec amusement.
– Oui ! Et leur façon de bouger comme s'ils n'étaient qu'un ! C'est…
– Impressionnant, termina Ladislas en hochant la tête. Ils échangèrent un regard complice avant d'éclater de rire.
Autour d'eux, les premières années les regardaient d'un air impressionné et quelques filles gloussèrent bêtement, mais aucun des deux amis ne s'en aperçu, trop occupé à raconter ses vacances. S'ils y avaient prêté attention, ils se seraient aperçus qu'ils étaient tous deux très attirants, Yakov dans son style sobre et rigide auquel il ne manquait que l'uniforme d'auror, et Ladislas, dont le charme n'était plus à prouver entre ses yeux aux reflets changeants, et ses cheveux ambrés.
– Je me suis entraîné chaque jour, annonça fièrement Yakov. Primakov ne pourra pas me traiter de fainéant, ou de je-ne-sais-quoi !
– Ça m'étonnerait, le contredit Ladislas avec un regard pétillant. Il trouvera toujours une petite bête contre toi.
Ils rentrèrent à l'intérieur du bâtiment tandis que Yakov niait farouchement la prévision de son ami. Leurs rires résonnèrent un instant dans les couloirs du cloître avant qu'ils n'atteignent la tour de l'Internat, où ils étaient à présent au cinquième étage. Dans le couloir, où certains élèves avaient déjà accrochés des affiches de différents joueurs de Quidditch – notamment Krum - ils saluèrent sur le chemin leurs camarades de classe avant d'atteindre leurs chambres respectives, où Ladislas se retrouvait de nouveau avec Leonardo, ce qui lui allait très bien.
Leur nouvelle chambre était assez chaleureuse, avec des teintes de coucher de soleil assez douces pour ne pas choquer. Le mobilier était pour sa part identique à celui de l'année précédente, deux lits en bois, deux bureaux et une étagère pour poser livres et manuels scolaires. La fenêtre était plus grande, et donnait sur une autre vue des montagnes qui entouraient l'école. Ladislas, en collant son nez à la vitre crut distinguer au loin le parcours de la vallée, qu'il referait sans aucun doute lors de son prochain cours de vol.
Le jeune Grindelwald commença à s'installer et entreprit de sortir toutes ses affaires scolaires. Une fois cela terminé, il rangea ses habits dans l'armoire de la salle de bain – bien élégante que l'an passé, avec un carrelage lumineux et une petite lucarne. Enfin, il s'allongea sur le lit qu'il avait choisi. Lançant un tempus tout en calculant par rapport au décalage horaire, il apprit qu'il était pour lui minuit passé, et pourtant le soleil commençait tout juste son déclin dans le ciel.
Après avoir examiné son nouvel emploi du temps et noté qu'il commencerait le lendemain avec défense contre les forces du mal, Ladislas entreprit de méditer un court instant avant de visualiser sa magie, d'où partait un léger filon lumineux. Sachant déjà vers quoi, ou plutôt vers qui il menait, le jeune russe le suivit mentalement, jusqu'à trouver l'esprit de Zoran, qui s'anima joyeusement à sa présence.
Après la stabilisation de leur lien, ils avaient rapidement compris comment s'affranchir des pensées et sensations de l'autre, ou au contraire, se rapprocher spirituellement jusqu'à pouvoir se parler par image mentale. Comme Zoran ne parlait ni anglais ni russe, leurs conversations étaient limitées, mais étaient source de joie pour les deux amis. De plus, le jeune grec s'entraînait d'arrache pied pour utiliser la magie et ses efforts portaient à présent leur fruit.
Avec les conseils de son grand-père Casistos et de son ami Ladislas, il avait réussi en un mois à maîtriser le sortilège de lévitation. L'entendre répéter encore et encore la formule si connue « Wingardium Leviosa » avait replongé Ladislas dans ses souvenirs, à l'époque où Ron s'était disputé avec Hermione sur la prononciation du sort, tandis que Seamus faisait exploser sa plume.
Il était curieux de savoir si sa sœur allait les rencontrer, quel que soit l'événement qui la poussait à Poudlard. S'entendraient-ils bien ? Il en doutait. Ron s'arrêterait sans doute sur son nom, comme il l'avait fait pour Malfoy. Bien évidemment, il avait raison - Malfoy était un crétin - néanmoins… néanmoins, peut-être leur relation n'aurait-elle pas été si difficile s'il avait simplement accepté sa poignée de main. Après tout, à ce moment-ci, il avait été presque amical.
Ce qui avait fait douter le russe, c'était l'attitude du blond lors de la coupe du monde de Quidditch. Il était surtout resté silencieux, mais n'avait pas eu le comportement qu'on pouvait lui reprocher à Poudlard. Son ami, Blaise s'était quant à lui montré plus que convivial, et lui avait laissé bonne impression. Or s'il traînait avec Malfoy, c'est qu'il ne devait pas être aussi mauvais qu'il n'en avait l'air, si ?
– Ladislas ! S'exclama Leonardo, faisant sursauter le russe en pleine réflexion.
La porte claqua contre le mur dans un bruit sourd avant de se refermer sèchement, sans que l'italien ne s'en soucie un seul instant.
Son ami se redressa sur son lit, le visage barré d'un grand sourire. Ce ne fut que la fatigue qui le fit rester assis au lieu d'entreprendre une accolade avec son meilleur ami, qui ne lui en tint pas rigueur.
– J'espère pour toi que tu as eu de bonnes vacances, reprit celui-ci en posant lourdement ses affaires sur le parquet.
– Les Casistos ont été très gentils avec moi, acquiesça Ladislas en gardant les yeux fixés sur son ami qui s'installait. Même Casimir… On pourrait croire qu'il est toujours un peu… grognon, mais en fait, c'est quelqu'un qui peut être de bonne humeur.
– En même temps, tu viens de sauver sa famille, s'esclaffa Leonardo, pas dupe.
– Roh, ce n'est pas que pour ça ! Répliqua son ami, un sourire aux lèvres.
– Et le lien ? C'est toujours aussi… bizarre ou ça a changé depuis ta lettre ?
– Ça a évolué, commença lentement le jeune russe en se redressant. On peut le mettre en sourdine quand on le veut. C'est un peu comme la méditation, en quelque sorte…
– Et ça lui va à Zoran ? Je veux dire… devenir l'héritier Casistos et tout ce qui va avec.
– Il est surtout heureux de pouvoir faire de la magie, pour l'instant, sourit Ladislas. Et je ne pense pas que son grand-père le forcera s'il n'en a vraiment pas envie. De toute façon, il est encore trop jeune pour se préoccuper de ce genre de choses.
– Pas faux, convint Leonardo qui eut un cri de surprise en passant dans la salle de bain. Il nous gâte, dis-moi, en cinquième année ! S'écria-t-il lorsqu'il revint.
– Tu trouves aussi ? Rit Ladislas en se positionnant confortablement dans son lit. Et toi, tes vacances, c'était bien ?
– Horrible… hormis ton court séjour, bien sûr, grimaça l'italien.
– Tu ne devais pas aller en Amérique du Sud avec ta famille ? Interrogea Ladislas en fronçant les sourcils.
– Si. Sauf que mon débile de cousin a voulu crâner devant des amis et a transplané. Résultat : Un désartibulement complet du bras droit. Du coup, mon oncle l'a accompagné à l'hôpital en ordonnant à mon père de s'occuper des affaires et on n'a pas pu partir…
– Quel crétin…
– Je ne te le fais pas dire ! En plus, il a fallu que mon père s'occupe du… des… enfin tu vois, et ça ne s'est pas super bien passé, acheva Leonardo dont les yeux se baissèrent sur le plancher. Il n'était jamais à l'aise lorsque la question des trafics de la famille Agazzi était abordé, même si cela faisait belle lurette que Ladislas avait assuré accepter cet aspect de sa famille.
– En même temps, s'il ne gère que l'hôtel habituellement…, nota ce dernier en haussant les épaules.
– Il n'y a pas que ça, soupira Leonardo en glissant sa main dans ses cheveux anormalement longs. Certains pays ont interdit la poudre de fée, et du coup, c'est une belle affaire pour nous, sauf que mon père ne connaît pas ce milieu, et comme mon oncle ne voulait pas quitter son fils, je cite « à l'agonie », on a perdu de l'argent. Pas beaucoup, hein, mais mon oncle a râlé et… ce n'était pas la joie à l'hôtel, quoi.
– Tout ça à cause de ton cousin, remarqua Ladislas en grimaçant.
Leonardo hocha tristement la tête avant de s'allonger à son tour.
– La bonne nouvelle, c'est qu'il ne pourra pas aller à Durmstrang pour la rentrée, finit-il par dire dans un bâillement. Avec un peu de chance, il ne pourra pas participer au voyage scolaire.
– Tu pense que c'est un voyage scolaire ? S'étonna aussitôt Ladislas en se relevant.
– Aucune idée. Mais il va y avoir un échange entre Dumstrang, Poudlard et Beauxbâtons.
Les deux amis restèrent en silence, tous deux fatigués par leur longue journée, observant les rayons du soleil qui allait bientôt se cacher derrière les montagnes. La lumière ne les dérangea pas, de même que les bruits des étudiants arrivant au fil de la journée, et bientôt, Leonardo et Ladislas s'endormirent pour une très longue sieste.
Bien que l'école prenne en compte le décalage horaire qui pouvait perturber le sommeil des élèves, ils n'eurent pas le droit de quitter l'internat, selon le règlement, et durent attendre la fin du couvre-feu pour descendre au réfectoire où les attendait le petit-déjeuner. Ils profitèrent du temps d'attente pour revoir les devoirs qu'ils avaient eu pendant les vacances et les peaufiner avec l'aide de l'autre.
En traversant les couloirs pour se rendre au bâtiment de l'ancienne église, Ladislas observa les élèves qui l'entouraient, distinguant certains visages connus parmi les étudiants, notamment ceux des cours de vol et de méditation qui confondaient toutes les années.
Les deux amis arrivèrent au réfectoire et s'installèrent à la table où les attendaient déjà Yakov et Alvis. Edwin les rejoignit rapidement accompagné d'Ava qui s'assit aux côtés de Yakov, non sans lui lancer un regard avertissant.
– Comment était le festival ? Demanda Ladislas à Alvis, dont les yeux s'illuminèrent avant qu'il n'entame un récit plus qu'élogieux sur la prestation des Bizar'Sister.
La table l'écouta avec intérêt, comprenant sans mal sans goût pour la musique. Pourtant, son visage s'assombrit un instant lorsqu'il aborda la question de la sécurité qui venait gâcher l'ambiance du festival. En effet, en rapport avec la grande concentration de détraqueurs observés dans le pays voisin, la Russie avait renforcé de manière significative le nombre d'aurors présents pour prévenir à toute attaque. Ce phénomène s'était même accentué suite aux événements de la Coupe du Monde de Quidditch dont parla Yakov qui babilla joyeusement sur le jeu des poursuiveurs irlandais, coupé de temps à autre par Leonardo sous le regard amusé d'Ava. La jeune fille secoua ses longs cheveux bruns d'un geste désinvolte quand son voisin lui demanda ce qu'elle avait fait et répondit d'une voix claire qu'elle avait, bien évidemment, étudié.
– Quelle idée, grogna son ami en se renfrognant.
– Je pense aux BUSES, moi, répliqua sa voisine sérieusement, mais avec une moue indulgente qui adoucissait sa voix.
Tous les garçons de la table levèrent les yeux au plafond, se souvenant de ce léger détail qui les attendait à la fin de l'année. Ils n'auraient pas de difficultés, au vu du niveau d'excellence de Koldovstoretz, cependant, leurs professeurs ne les lâcheraient pas pour autant.
Le jeune Grindelwald plongea son nez dans son bol en marmonnant dans sa barbe des insultes adressées au système éducatif. Il resta dans cette position quelques instants, avant qu'une voix guillerette ne vienne troubler le silence de la table.
– Bonjour tout le monde !
Les six amis se tournèrent d'un seul mouvement vers le nouvel arrivant qui s'était arrêté derrière la chaise de Leonardo, ce dernier retourné pour dévisager celui qui les dérangeait. Cependant son regard s'éclaira, comme ceux de ses voisins, à l'exception de Ladislas, le seul à ne pas connaître le nouvel élève, qu'il n'avait jamais vu à Koldovstoretz.
Il semblait du même âge qu'eux et était terriblement séduisant, comme en témoignait les rires peu discrets de certaines élèves qui observaient la table depuis quelque temps. Son visage, anguleux, était d'une blancheur presque maladive, faisant ressortir ses yeux si noirs qu'on ne pouvait distinguer l'iris de la pupille, créant un flou mystérieux dans son regard. Ses cheveux d'un blond platine était coiffés vers l'arrière et tenus par du gel, même si certaines mèches avaient été volontairement brossées pour retomber sur son front.
Se penchant au-dessus de la chaise de Leonardo, l'étranger sourit en adressant un sourire aux cinquièmes années. Arrivant à Ladislas, il eut un léger sursaut avant de s'exclamer :
– Mais c'est un nouveau !
– De mon point de vue, commença Ladislas avec un sourire légèrement forcé, avant de s'interrompre, ne souhaitant pas gâcher la bonne humeur ambiante.
– Comment ? On ne t'a jamais parlé de lui ? S'écria Yakov en s'esclaffant. C'est une légende… Il a réussi, par un exploit encore aujourd'hui inexplicable, à redoubler !
– Redoubler ? Répéta Ladislas, sans cacher son scepticisme.
– Ma cinquième année, sourit l'inconnu avec un hochement de tête. Mais comme je devais faire mon service militaire… Je crois que nous nous sommes ratés, acheva-t-il avec un sourire charmeur, qui ne réussit pas à dérider Ladislas, toujours défiant.
Sans se préoccuper plus du jeune Grindelwald, le redoublant tira vers lui une chaise pour s'assoir entre Leonardo et d'Alvis.
– C'est parfait, annonça ce dernier avec un grand sourire. Tu vas pouvoir me remplacer dans l'équipe. Tu sais que nous sommes arrivés en demi-finale cet été ? Primakov nous a même félicité ! Bon, ça n'a duré qu'un instant, mais tout de même…
– Tu quittes l'équipe ? S'étonna Ava, qui n'avait pas été présente au moment où Alvis l'avait annoncé.
– Oui, confirma ce dernier. Je ne suis pas fait pour le sport intensif. Autant, cela aurait été des matchs amicaux… Mais là, c'est d'un niveau presque professionnel. Inutile de me rajouter cette pression. Je préfère me concentrer sur mes autres matières, comme runes et métamorphose.
– C'est bien, approuva le nouveau, tu auras tes BUSES.
Toute la tablée éclata de rire, à l'exception de Ladislas, qui décidément avait un problème avec le nouveau. Passant une main dans ses cheveux auburn, le jeune Grindelwald se coupa de la conversation, et après un moment, se leva dans l'optique de parler avec la directrice avant le premier cours où il retrouverait son professeur de défense contre les forces du mal préféré.
Traversant d'un pas rapide les couloirs de l'école sans se préoccuper des gloussements et jacassements des premières années sur son passage, le jeune sorcier ne put dissimuler son irritation et laissa échapper un soupir.
Il n'aimait pas ce nouveau. Pourtant, en toute objectivité, il ne lui avait rien fait. Il semblait même convivial et bon vivant. Mais quelque chose, dans son regard joyeux, et paradoxalement si sombre, ou bien était-ce dans ses traits fuselés, quelque chose, oui, n'allait pas.
Et cela contrariait beaucoup le russe de voir ses amis s'entendre si bien avec lui.
Déjà, pourquoi fréquentaient-ils un élève d'un an leur aîné ? Même si à présent ils étaient tous en cinquième année, ce n'était pas le cas auparavant. Avait-il été dans leur équipe de vol ? Non, Primakov ne prenait les élèves qu'à partir de la quatrième année.
Le jeune sorcier sentit ses sourcils se froncer de contrariété alors qu'il s'engageait dans le cloître, à cette heure désert. Il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour monter les étages de la tour principale de l'école et atteindre la porte du bureau d'Isadora Ozerov.
– Entrez, lança-t-elle après que Ladislas ait timidement toqué.
Il entra avec plus de confiance, et se permit de sourire à la directrice qui lui rendit son salut chaleureusement.
– C'est une bonne chose que tu viennes, je devais justement parler avec toi de tes cours pour l'apprentissage à l'animagus. Comme tu l'as vu sur ton emploi du temps, aucun horaire n'a été défini pour cela.
– C'est pour cela que je suis venu, sourit Ladislas en se grattant la nuque.
– J'ai réfléchi avec Nikolai, reprit-elle en fouillant impatiemment dans un tiroir de son bureau au bois clair. Nous allons te donner le libre accès à une salle pour que tu puisses s'exercer tranquillement, et lorsque tu auras besoin de conseils, tu viendras nous voir. Comme je te l'ai dit, c'est un apprentissage très personnel. Cela te convient-il ?
– C'est parfait, sourit Ladislas.
Elle lui rendit son sourire et lui tendit la clé qu'elle avait si longuement cherché. Elle l'accompagna ensuite à la porte en lui indiquant l'emplacement de la salle, qui se situait à côté de la pièce utilisée pour la méditation.
Ladislas la remercia une nouvelle fois avant de partir vers le gymnase où avait lieu le cours de défense contre les forces du mal. Il rangea en chemin la clé que lui avait donné la directrice, se promettant d'aller jeter un oeil à sa pièce attitrée dans la journée, et accéléra le pas en s'apercevant de son retard. Sa courte visite dans le bureau de la directrice avait suffi pour que les cours commencent, laissant les couloirs vides et silencieux.
Remerciant Merlin d'avoir eu l'intelligence de prendre avec lui son sac de cours, le jeune Grindelwald acheva son parcours en courant avant de s'arrêter devant la porte pour reprendre son souffle.
Il finit par ouvrir la porte pour découvrir le gymnase plongé dans l'obscurité et un silence inquiétant. Cela n'arrêta pourtant pas le jeune russe qui se souvenait parfaitement de son premier cours avec Akin - et des salamandres. Cependant, toute confiance le quitta lorsque la porte se referma dans un claquement sinistre.
Le temps qu'il fasse demi-tour pour la rouvrir, un sifflement brisa le silence lugubre qui régnait dans le gymnase glacial.
Et, avant qu'il ne comprenne, Ladislas se retrouva en face à face avec un détraqueur.
Voilou ! Je me met immédiatement à la suite !
A la prochaine !
