Chapitre 26
Le plafond magique était toujours incontrôlable et Draco venait de finir d'expliquer notre petite mésaventure aux professeurs. La petite blague d'Harry lui avait fait perdre le peu de crédibilité qu'il avait, alors Draco avait prit les choses en main. Le Professeur Slughorn avait récupéré la potion d'Astoria au milieu des explications et les autres professeurs écoutaient les explications de Draco, debout devant eux. L'héritier Malfoy s'était bien débrouillé, il avait annoncé « publiquement » que ses amis et lui voulaient rejoindre l'Ordre et McGonagall était aux anges de pouvoir aider des enfants de Mangemorts et futurs Mangemorts.
« - Euh non, on est des mangemorts. On a la marque et tout !
- Vous êtes sûr monsieur Zabini ?
- Ah oui professeur. Regardez. »
Effectivement, ils avaient la Marque des Ténèbres sur l'avant-bras gauche. Et c'était encore plus moche vu de près. Rusard arriva en trottinant, expliquant à qui voulait l'entendre que des parents paniqués et/ou en colères attendaient devant les grilles du Château. Dumbledore alla alors les accueillir et leur expliquer la situation, laissant le cas des dix alliés aux mains de la directrice de la maison Gryffondor.
McGonagall avait été claire et précise. Une seule nouvelle bourde de ce genre et ils faisaient un retour express chez eux sans passer par la case départ. La vague de parents qui était arrivés avait rendu le Château soudainement tout petit et comme il fallait bien faire dormir tout ce petit monde quelque part, Minerva McGonagall fit la dernière chose à laquelle les parents s'attendaient et la première pour les élèves : une fusion des maisons.
Serdaigle et Poufsouffle avaient été réunis dans le dortoir des Poufsouffle laissant la Tour de Serdaigle aux parents des deux maisons, puis Gryffondor et Serpentard avaient été réunis dans le dortoir des Serpentard, laissant la Tour de Gryffondor aux parents des deux autres maisons. Les élèves n'avaient même pas crier au scandale, à peine soupirer. C'est dire s'ils ne s'y attendaient pas… Serpentard et Gryffondor… L'effet de surprise avait été omniprésent.
« - C'était tellement évident…
- C'était sûr…
- Pourquoi avec eux ?
- Parce qu'on se déteste et qu'il faut « une bonne entente entre les maisons »…
- C'est nul. »
Les élèves allèrent dans leur nouvelle Salle Commune, et lorsque les Gryffondor entrèrent dans l'antre des serpents, Harry sourit en voyant le tableau qui se jouait sous ses yeux. Draco était assit sur un canapé vert entouré d'Astoria (sa fiancée), Pansy, et Blaise. Théodore était devant la cheminée, les mains dans les poches, le visage inexpressif, et Daphné était assise sur la table basse devant Draco, les jambes parfaitement croisées. C'était la parfaite représentation de « Je suis le Prince des Serpentard, ceci est mon Royaume, vous faites un truc de travers et je vous allume, c'est moi qui commande ic et vous n'êtes que des sous-merdes. »
Alors que les Gryffondor analysaient la Salle Commune, les Serpentard grognaient en regardant leur Prince comme s'il pouvait réellement faire quelque chose comme « on s'en fou des ordres du directeur, qu'ils dorment dehors. » Une belle bande de crétins. Le préfet-en-chef arriva alors pour prévenir qu'il était l'heure du dîner et que les parents (ou une bonne partie) étaient présents et resteraient au Château un moment.
Certains sourirent à cette annonce, d'autres pas du tout. Draco, lui, était bien arrangé puisqu'il voulait parler à son père de l'Ordre et lui expliquer convenablement le problème qu'ils allaient avoir sur les bras. Et tel un troupeau d'hippogriffes, les élèves se mirent en route pour la Grande Salle, marchant d'un pas lent qui énerva un tantinet le blond.
Un coup de tonnerre retentit alors qu'ils s'approchaient de la Grande Salle, rappelant aux élèves que le plafond magique était gentiment en train de péter un câble, menaçant les habitants du château d'une tempête dont ils allaient se souvenir pendant un moment. Les grandes portes s'ouvrirent sur les visages des adultes qui avaient l'air, soit inquiets pour leurs progénitures, soit heureux de les revoir, soit (comme Lucius Malfoy) étaient totalement inexpressif voir froid.
Les élèves s'installèrent comme d'habitude mais chacun à côté de leurs parents respectifs, et après un regard vers la table des rouges et ors, Draco pu voir qu'Hermione et Harry avaient été pris en charge par la famille Weasley.
« - Il faut qu'on parle Père. »
Narcissa Malfoy lança discrètement un silencio autour de sa famille pour que aucunes oreilles indiscrètes n'entendent ce que son fils avait à dire. Ils allaient donc devoir avoir l'air de ne pas parler pour que ce ne soit pas étrange aux yeux des autres.
« - Blaise, Pansy, Théo, Daphné et moi avons pris contacte avec Potter. Nous les aidons dans leurs démarchent et ils nous aident pour qu'on reste vivant. Le professeur McGonagall va nous faire rentrer dans l'Ordre.
- Je le sais ça Draco. Severus nous l'a dit. Ce que j'aimerais que tu m'expliques c'est cette histoire de potion !
- Ah. »
Draco hésita un instant. Qu'allait-il dire ? Qu'ils avaient trouvé une potion amenant le futur et qu'Astoria a réussie à avoir la recette et donc qu'ils allaient se retrouver avec des clones d'eux à l'âges de vingt-deux ans (si Théo et Hermione avaient raisons) sur les bras ? Où qu'ils avaient trouvé cette potion en utilisant de la magie pure, une magie éteinte depuis des siècles ? Draco soupira.
« - Nous avons trouvé un livre entouré d'une barrière faite de magie pure, et nous nous sommes entrainés pour la détruire. Granger la détruite. Et Greengrass… pardon… Astoria a pris une copie de la potion pour la faire, pensant que Granger voulait avoir des points en plus.
- Je t'avais dit qu'elle était stupide Lucius.
- Je n'avais pas besoin de cette histoire pour savoir que dans la famille Greengrass l'idiotie est génétique. Daphné doit être la seule à être épargnée. Continu Draco.
- La potion est une potion du futur. Elle fait apparaitre le futur des personnes qui ont mit leurs ADN dans le livre de magie pure. Si les calculs de Théo et Granger sont exactes, alors nous devrions avoir l'âge de vingt-deux ans environ.
- Et s'ils paniquent ? S'ils révèlent des choses interdites ? Ça peut être tellement dangereux… »
Madame Malfoy avait raison sur un point. C'était extrêmement dangereux.
Madame Weasley était accrochée au bras de sa fille, refusant qu'elle ne s'éloigne d'elle de peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Elle avait peur du futur, et surtout de la guerre qui arrivait.
« - Vous mettre avec les Serpentard… C'est ridicule ! Dangereux aussi ! La plupart sont des Mangemorts en devenir ! Regardez la famille Malfoy, c'est écrit sur leurs fronts qu'ils pactisent avec Vous-Savez-Qui !
- Maman… Ne t'inquiètes pas…
- Bien sûr que si je m'inquiète ! Vous êtes mes enfants et…
- Molly, chérie, calme toi. À Poudlard ils ne risquent rien. »
Arthur Weasley avait prit sa femme par le bras pour la rassurer un peu plus loin, mais ses enfants voyaient bien à son visage que c'était difficile.
« - Tu crois que maman va nous laisser rester ?
- Bien sûr Ron ! Elle ne peut pas nous retirer de Poudlard !
- REGARDEZ ! »
Un élève de première année venait de hurler en pointant l'estrade des professeurs du doigt. Toutes les personnes présentes se retournèrent vers l'endroit désigné, remarquant qu'un rond gris de la consistance d'un nuage et de la taille d'un homme venait d'apparaitre. Flou, tournant sur lui-même, il fit sortir de son centre des formes rectangulaires qui se déposèrent lentement sur le sol. Un énorme coup de tonnerre claqua et le nuage disparut d'un coup, laissant les cinq formes floues devant eux.
« - Qu'est-ce que c'est ? Professeur ? »
Le Professeur Snape et Albus Dumbledore s'approchèrent et passant leurs baguettes dans le brouillard qui entourait les formes, ils le dissipèrent, révélant cinq lits assez grands et occupés, rendant la Grande Salle silencieuse.
« Mais faites quelque chose ! Réveillez les ! »
Astoria Greengrass, déboussolée et paniquée à l'idée d'avoir créer des monstres hurla sur les professeurs qui firent quelques pas sur le côté quand les occupants du premier lit bougèrent. Un bras tatoué de la Marque des Ténèbres sortit de sous les couvertures et s'enroula autour de la deuxième silhouette. Un grognement humain se fit entendre et la deuxième silhouette, plus petite, se rapprocha de la première. Une main féminine s'accrocha à la main du Mangemort et un murmure s'éleva.
« - Y'a un truc qui cloche.
- Hum.
- Y'a un truc qui cloche je te dis… Il fait pas aussi froid dans l'appartement d'habitude.
- Hum.
- Bébé ?
- Hum. »
Soupire. Un homme et une femme. Un couple. Le professeur Dumbledore s'approcha lentement et se racla la gorge pour signaler sa présence et le couple s'arrêta de bouger, arrêtant aussi par la même occasion, de respirer.
« - Pourquoi ça n'arrive qu'à nous ?
- Une malédiction qui doit suivre les gryffondors.
- T'es ridicule… »
Gryffondor ? Un Mangemort et une Gryffondor ? Ça n'avait aucun sens pour les spectateurs que représentaient les élèves, les parents et les professeurs de Poudlard. L'homme bougea, se relevant lentement et entrainant sa compagne avec lui. Et le monde se figea.
« - Hum… Salut. »
