Amour, peine et dévouement

Au matin du réveillon de Noël, ou Yule pour les sorciers, Harry se réveilla pour la première fois tout seul. Pas de parents ou son parrain qui le veillait, pas de tante surprotectrice - que ce soit Narcissa ou Pétunia -, pas d'oncle - Lucius ou Vernon - ou de cousin désagréable, surtout Drago car il ne changeait pas vraiment son attitude vis à vis de sa nemesis de Poudlard. Pour le blond, Harry Potter restait Harry foutu Potter, il avait certes fait serment de le protéger car la famille était tout ce qui importait pour les Sangs Purs mais c'était tout. Leurs querelles n'allaient pas s'arrêter pour autant.

Non cette fois-ci, Harry se réveilla en compagnie d'Hermione qui était sur son propre lit, plongée comme d'habitude dans un livre. Il fronça les sourcils en lisant le titre : Rituels, Sortilèges et Rudiments de Magie Noire.

"Depuis quand t'intéresses-tu à la magie noire ?" demanda-t-il en tentant de se redresser, sifflant au mouvement, une pointe de douleur lui irradiant les côtes.

"Oh ! Bonjour, Ryry," fit la brune en lâchant son livre. "Depuis peu, Malfoy et ses parents m'en ont un peu parlé ces derniers temps," ajouta-t-elle en se levant pour aider son petit ami à s'installer. "Mais j'apprends mieux avec un livre comme base."

"Tu sais qu'il n'y a pas que les livres ...," fit le jeune homme en souriant.

"Oui, mais j'adore les livres. Tu as bien dormi ?"

"Bien mieux que ces dernières jours oui. Je me sens toujours éreinté magiquement. J'ai l'impression d'être sûr un bûcher tellement j'ai le corps qui me brûle."

"Les effets des inferi," soupira Hermione en lui donnant une fiole de potion.

Harry la prit difficilement en main - et il tremblait en tentant de ne pas la lâcher - et avec l'aide de sa petite amie, il la but. Il préférait ses moments avec Hermione qui l'aidait à refaire des mouvements aussi simples que celui-là, pas comme ses parents qui faisaient tout pour l'aider à sa place. Il se sentait mal avec cela, il n'avait certes pas le choix, mais il n'aimait pas être dépendant des autres. Il voulait faire les choses par lui-même. Il ne se plaignait plus car ses parents avaient été clairs avec lui, ils voulaient rattraper le temps perdu et il avait frôlé à nouveau la mort au point qu'ils ne voulaient plus le lâcher ... Cela l'exaspérait au plus haut point et il avait hâte de pouvoir faire de plus en plus de choses par lui-même.

Hermione le comprenait pour avoir vécu à ses cotés pratiquement toutes ces mésaventures et l'aidait à rééduquer ses bras dont les os s'étaient ressoudés mais qui étaient encore fragiles. Il ne pensait même pas encore à pouvoir marcher, cela attendrait sûrement quelques mois avant qu'il puisse se mouvoir tout seul et sans aide. Mais il espérait bien vite récupérer la fluidité de mouvements de ses bras et pouvoir recommencer à user de sorts simples pour dépendre un peu moins des autres et espérer pouvoir respirer un peu.

Mais dans le fond, il était content de toutes ces attentions, cela le réchauffait dans son fort intérieur, sa poitrine, faisait chaleureusement pulser son coeur. C'était cela, une famille.

"Le livre est intéressant ?" demanda-t-il pour en revenir à autre chose que lui-même.

"Assez oui. Et la bibliothèque des Blacks regorgent de livres sur toutes formes de magie, blanche comme noire, sur les potions, ... J'ai aussi trouvé des ouvrages sur les coutumes et rituels Sangs-Purs."

"Super," sourit Harry. "Est-ce que cela te dérangerait si on en lit un ensemble ?"

"Pas du tout," fit la brune en souriant à son tour. "Tu es la première personne qui me propose de lire un livre avec lui pour autre chose que des devoirs ou des recherches."

"J'ai toujours aimé lire, c'était juste les Dursley qui n'aimaient pas que je surpasse Dudley avant, alors j'avais pris l'habitude de ne pas donner mon maximum dans certaines activités pour éviter les ennuis. Et à Poudlard, Weasley n'était pas le type à faire ses devoirs alors ..."

"Tu es resté dans ton travers par habitude," termina Hermione en se levant. "Je reviens tout de suite."

Et quelques minutes plus tard, la jeune femme revint et s'installa sur le lit à coté d'Harry et ils lisèrent ensemble l'ouvrage, Hermione tournant les pages quand le jeune homme lui faisait comprendre d'un sourire ou d'un regard qu'il avait fini.

OoO

Tom se leva tôt, comme à son habitude, et après avoir embrassé tendrement sa femme encore endormie, il sortit de la chambre. Il s'apprêtait à descendre quand son regard se reposa sur la porte d'en face. Regulus Acturus Black. Cela lui évoquait quelque chose. Il essaya d'entrer dans la chambre mais la porte était verrouillée. Il voulut la forcer magiquement mais il sentit la demeure le repousser. Comme les Lords et Ladies étaient liés d'une certaine manière à leurs demeures, il n'insista pas de peur de faire du mal à son fils. Il descendit dans la cuisine et Kreattur lui prépara le petit déjeuner.

Il préférait Kreattur à Dobby. Kreattur était un Elfe de Maison lié à la maison qu'il servait. Il obéissait aux ordres de son maître. Même s'il venait à le détester, il allait lui obéir parce qu'il n'avait tout simplement pas le choix. Dobby était libre. Il respectait et vénérait Harry Potter pour son nom et parce qu'il l'avait libéré mais qu'arriverait-il le jour où l'elfe décidait d'agir contre lui. Il n'est en rien obligé de lui obéir. Ni obéir à qui que ce soit dorénavant. Il est juste obligé de vivre à proximité d'un sorcier pour sa propre survie. De plus, il avait travaillé à Poudlard, sous la protection accordée par Dumbledore. Il n'aimait pas cela. Mais Ulysse avait confiance en l'elfe. De plus, Dobby avait rapporté les preuves contre le vieux fou gavé de citron. Alors il ne disait rien mais gardait l'elfe à l'oeil. Il ne le craignait pas mais son fils n'était plus capable de se défendre même contre un moldu dans l'état actuel des choses alors contre une créature magique même aussi faible qu'un elfe de maison ...

Il soupira en espérant vraiment que son fils ait fait le bon choix en choisissant cet elfe de maison parmi tant d'autres. Il s'interrogeait sur son choix. Et sur son geste aussi. Pourquoi avait-il libéré cet elfe des Malfoy alors que ces créatures sont d'une certaine manière redevables aux sorciers qui leur accordent une protection et la magie nécessaire pour qu'elles puissent survivre ? Il vit passer l'elfe et se dit que cela valait le coup de demander.

"Dobby ?"

L'elfe se tendit en entendant la voix du Lord Noir. "Qu'est-ce que Dobby peut faire pour le Seigneur des Ténèbres ?" demanda-t-il craintif en se tournant pour croiser les yeux bruns du mage.

"Je me demandais pourquoi tu es si dévoué à mon fils."

Il vit les yeux globuleux de l'elfe pétiller malgré la crainte qu'il y voyait encore.

"Dobby a toujours apprécié Harry Potter et a toujours voulu le protéger. Même quand Dobby était au service de la famille Malfoy. Dobby s'était puni pour avoir dit à Harry Potter qu'il était en danger s'il retournait à Poudlard pour sa deuxième année. Et Dobby a eu raison puisque un monstre attaquait l'école de sorcellerie. Mais Maître Harry est retourné à Poudlard malgré toutes les tentatives de Dobby pour l'en empêcher ou pour le faire repartir. A la fin de son année scolaire, Lord Malfoy est allé à Poudlard pour parler à Albus Dumbledore et Harry Potter a libéré Dobby de son ancien et horrible maître."

"Tu exagères," l'interrompit Tom. "Lucius n'est pas si horrible."

"Lord Malfoy traitait Dobby comme de la vermine. Quand Harry Potter a rencontré Dobby pour la première fois, il a traité Dobby comme s'il était son égal. Maître Harry est un bon et gentil sorcier, respectueux des autres même dans les moments les plus difficiles. Depuis Dobby veille toujours sur Harry Potter et l'aide quand Dobby le peut."

"Tu travaillais pour Dumbledore."

"Seul Dumbledore a accepté de prendre Dobby car Dobby demande à être payé. Dobby n'est plus un esclave. Dobby est un elfe libre. Personne ne voulait engager Dobby mais Dumbledore l'a fait. Alors Dobby a travaillé à Poudlard. Mais quand Harry Potter a demandé de l'aide à Dobby et lui a proposé de rester vivre avec sa famille, Dobby a tout de suite accepté. Rien ne fait plus plaisir à Dobby que d'aider Harry Potter."

"Puis-je te poser une question personnelle ?"

Dobby ne répondit pas mais lança au mage noir un regard interrogateur. Personne jusqu'à présent, mis à part la famille d'Harry Potter ne l'avait fait, mais les Dursley étaient des moldus, pas des sorciers. Ils n'avaient pas tous les préjugés qu'avaient les Sangs Purs vis à vis des elfes de maison.

"Si jamais cela devait arriver, serais-tu capable de te sacrifier pour Harry ?"

"Dobby donnerait sa vie pour Harry Potter," affirma avec un grand sérieux l'elfe de maison en se redressant de toute sa hauteur.

"Kreattur aussi," fit l'elfe des Black en posant le petit déjeuner devant le mage noir. "Lord Black est un sorcier au grand coeur qui mérite d'être défendu. Il donne sans jamais rien demandé en retour. Il est très apprécié auprès de beaucoup de sorciers mais aussi auprès des créatures magiques."

"Merci, c'est tout ce que je voulais savoir," dit Tom en commençant son repas.

Il se plongea dans ses pensées sur Regulus Acturus Black et pourquoi cela lui était si familier, hors le fait que l'homme avait fait un jour partie de ses mangemorts. Bellatrix lui avait dit qu'il avait un jour déserté pour se tourner vers la Lumière. Il mangea en regardant dans le vide, ne remarquant pas l'arrivée des Dursley, de Severus et Remus. Ces derniers le voyant plonger loin dans ses réflexions ne le dérangèrent pas du tout. Autant éviter de se ramasser un sort vicieux de la part du Lord en le ramenant brutalement à la réalité.

OoO

Quand Harry commença à avoir faim, Hermione lui proposa de lui faire apporter à manger. Le jeune refusa, préférant être dans le fauteuil flottant dans la cuisine en compagnie des autres. Il en avait marre d'être au lit. Un peu ça va mais il voulait aussi voir autre chose que les quatre mêmes murs. Et il voulait être avec tout le monde pour ce jour de fête. Pas question de le passer dans son lit. Même si en soi, il savait qu'il allait faire une ou deux siestes de sa journée. La jeune femme l'installa donc dans le fauteuil avec douceur.

Quand ils arrivèrent sur le palier du premier étage, Harry demanda à sa petite amie de s'arrêter.

"Bonjour, Lady Black," dit-il.

"Lord Black," salua Walburga Black dans son tableau. "J'espère que vous vous remettrez rapidement sur vos pieds, Mr Potter."

"Appelez moi Harry, ou Ulysse, s'il vous plaît."

"Appelez-moi Walburga dans ce cas," fit la sorcière avec l'ombre d'un sourire.

"Puis-je vous poser une question, Walburga ?" demanda le jeune homme en souriant.

"Je verrais si je peux y répondre."

"J'étais très attaché à votre fils, Sirius, tout comme l'un de mes proches. Sauriez-vous par hasard où est son portrait dans l'une des demeures Black ?"

"Non, je n'en ai aucune idée. Mais je peux aller voir à la demeure ancestrale des Black où sont tous les autres portraits de la famille. Mais il risque d'y avoir un problème sur deux tableaux."

"Quel genre de problèmes ?"

"Ma présence n'est pas vraiment tolérée au sein des autres portraits de la famille et Sirius en particulier ne voudra certainement pas m'entendre. Je n'ai pas bonne réputation."

"Ne vous ayant jusqu'à présent qu'entendu vociférer des insultes à tous les passants, je ne peux pas vraiment donner tort à cela," remarqua doucement le jeune Lord. "Cela dit je ne vous connais pas, donc il sera mal vu de ma part de vous juger juste sur ce point-là. Je ne connais que le point de vue de Sirius sur vous. Je n'ai encore jamais demandé à ma mère ou à ma tante."

"Vous êtes un homme sage, Harry."

"Pas spécialement, non. J'ai juste rencontré trop de gens qui font des jugements hâtifs sur certaines personnes et au final ne les connaissent vraiment pas. J'essaie juste de forger ma propre opinion avant de m'attarder sur celle des autres. Mais si vous dites mon nom à Sirius, il vous écoutera peut-être, je suis son filleul."

"J'irai me renseigner à la demeure Black. Par contre, il faut vous méfier de Phineas. Il est aussi dans cette demeure, dans le bureau."

"Pourquoi ?" demanda aussitôt Harry.

"Parce qu'il a été un directeur de Poudlard et qu'il a son portrait là-bas également. Je ne sais pas à qui va son allégeance mais je n'ai pas confiance en Dumbledore. J'ai pu remarqué dans quel état il a mis Lily Potter. La pauvre. Cela fait longtemps qu'elle est dans cet état ?"

"Quelques semaines déjà. Mes parents travaillent sur un contre sort pour lui rendre la vue et l'ouïe. Nous l'avons bloquée dans son portrait pour éviter qu'elle retourne entre les mains de Dumbledore. Je ferais passer le mot pour le portrait de Phineas. Merci beaucoup."

"Allez manger, Harry. Vous semblez bien pâle."

"Ah bon, vous trouvez ?" fit Hermione en parlant pour la première fois - sachant très bien que Walburga Black n'appréciait pas du tout les Sang-Mêlés et Nés-de-moldus, elle avait préféré se faire toute petite. Elle regarda son petit ami. "Moi, je trouve qu'il a repris déjà pas mal de couleur depuis ..."

"... la crique avec les inferi," termina Harry.

"Des inferi ?!" s'exclama Walburga avec des yeux ronds. "Mais comment ... ?"

La sorcière ne put finir sa question, trop choquée, mais Harry la comprit car tous autour de lui la posait. Comment peut-il avoir survécu à une attaque d'inferi ?

"Je n'en suis pas sûr," répondit le jeune homme. "Mais j'ai une théorie. J'attends juste que mon père vérifie quelque chose."

"Quelle théorie ?" demanda aussitôt Hermione.

"L'horcruxe."

"Quoi, l'horcruxe ?" fit la brune.

"Je pense que je n'en suis plus un. Que d'une certaine manière, c'est lui qui est mort quand je suis tombé dans le lac."

"Possible," dit Hermione, pensive. "Cela aurait même du sens. Tom a avoué avoir eu une douleur extrême pendant qu'il te réanimait, comme si quelque chose se déchirait ou se détruisait à l'intérieur de lui. A la base, je pensais juste que c'était le chagrin de te perdre. Mais cela serait aussi possible."

Le couple descendit dans la cuisine manger, Hermione guidant le fauteuil d'Harry précautionneusement en bout de table, saluant tout le monde au passage et s'installant auprès du Lord Noir toujours plongé dans ses pensées. Avec l'aide de Remus qui avait déjà mangé, Harry prit son petit déjeuner à son tour tout en observant son père immobile, le regard dans le vide.

"Dis-moi, Lunard, est-ce que Méduse est passé dans le coin dernièrement ?"

"Méduse ?"

"Mais oui, la Gorgone ..."

"Je ne pense pas, pourquoi ?"

"Parce qu'elle a encore fait des ravages," répondit le jeune Lord en faisant un signe de tête vers son père. "A moins que ce soit un basilic, mais la maison paraît trop bien rangée pour qu'une créature de cette taille puisse en être la cause. D'où Méduse et ma question..."

Au mot basilic, Tom reprit pied dans la réalité et salua son fils avec un sourire en coin mais malgré tout chaleureux.

"Ah non, j'ai rien dit," fit Harry avec grand sourire. "Bonjour Papa," continua-t-il en fourchelangue.

"Bonjour, petit serpent."

"Je suis pas petit !"

"Tu es petit pour moi."

Les deux fourchelangues rirent doucement, Harry gémit juste après - la potion contre la douleur ne faisait plus effet - attirant tous les regards sur lui.

"C'est rien ...," grimaça Harry. "Juste mes côtes."

"Désolé," répondit Tom.

"Pour ?" demanda Harry alors que Severus arrivait avec une fiole d'anti-douleur.

"Pour t'avoir fait rire."

"Tu plaisantes, là, j'espère ... ?" demanda le jeune Lord, les sourcils froncés et avec une pointe de colère dans la voix. Voyant que son père ne plaisantait pas, il continua. "Je suis blessé, ça d'accord mais il hors de question que l'on m'enferme dans une bulle d'apathie durant l'entièreté de ma convalescence. Je ris, je pleure, je hurle, je pique une crise, je roucoule, je siffle, je fais tout ce que mon corps me permet de faire pour l'instant ! Je ne suis pas une ..."

"Roucoule ?" demanda Tom les sourcils relevés d'étonnement.

"Tu n'es pas au courant ?" demanda son épouse, à coté de lui, qui avait observé le petit manège de ses deux hommes préférés avec un regard tendre. "Il a une petite amie."

Tom fronça les sourcils, perdu. "Qui ?"

"Et c'est dans des moments pareils que j'ai envie de me taper la tête sur la table," soupira Harry.

"On peut t'aider, si tu veux," sourirent les jumeaux pour la blague, bien qu'en réalité, ils n'allaient pas le faire vu l'état de leur petit frère.

"Non, ça ira," répliqua le jeune Lord avec une moue faussement paniquée. "Mione, protège-moi des méchants rouquins."

"T'inquiète pas Ryry, Gred et Forge ne t'approcheront pas du tout," sourit-elle, baguette en main, avec une lueur sadique et maraudeuse dans les yeux - à force de traîner avec Harry, cela déteint - faisant frissonner et sourire encore plus les deux Weasley.

"Et nous, on sert à quoi ?" demanda Bella en désignant son mari et elle-même avec une moue légèrement boudeuse.

"On a qu'à faire front ensemble face à l'ennemi," fit Hermione avec un sourire sadique encore plus grand.

"Qui êtes-vous ..."

"... et qu'avez-vous fait à Hermione Granger ?" firent les jumeaux.

Toute la scène eut pour effet de faire rire le loup et Harry, bien que plus calmement pour ce dernier. Tout le monde sourit et les jumeaux éclatèrent de rire en se rasseyant et discutant entre eux. Puis le calme revint dans la cuisine.

"Non, mais sérieusement qui ?"

"Maman ? Il est toujours aussi peu réactif le matin, ou c'est le sujet qui pose problème ?"

"C'est le sujet," soupira Bella en regardant son mari comme s'il était une cause perdue. "Ton père n'a jamais été doué pour voir cela chez les autres, déjà qu'il m'a fallu attendre cinq ans pour qu'il vienne m'avouer ses sentiments."

"Eh !" fit le Lord Noir alors que des sourires fleurirent de nouveau sur les lèvres. "Bella, non ! Tout mais pas ça !"

"Pas ça quoi ?"

"Laisse tomber," soupira-t-il. "Je peux avoir ma réponse ?"

"Papa, je te présente Hermione Jane Granger, ma petite amie." Cela eut pour effet de bloquer le Seigneur des Ténèbres. "Euh ... Est-ce que ça va ?"

"Ne t'inquiète pas, Ulysse," rit Bella en embrassant son époux sur la joue. "Il réagit toujours comme ça. Je devrais te faire voir le jour où je lui ai annoncé que j'étais enceinte ..."

"Qu'est-ce qui s'est passé ?"

"Il a fait une syncope," sourit le couple Malfoy. "Bella était terrorisée parce qu'elle n'avait encore jamais vu Tom s'évanouir."

Harry pouffa et retourna à son petit déjeuner, toujours avec l'aide de Remus, le temps que son père puisse de nouveau connecter ses neurones ensemble et les faire fonctionner correctement. Cela prit quand même plusieurs minutes.

"Et sinon qu'est-ce que t'intriguait avec mon cousin Reg', hier soir ?" demanda Bella quand son époux eut repris ses esprits.

"Je ne sais pas, cela me trotte dans la tête depuis ce matin," soupira le Lord qui n'aimait pas quand quelque chose lui échappait.

"RAB a toujours eu cet effet là," dit Remus. "Sirius n'a jamais compris son frère non plus. On n'a d'ailleurs pas compris comment il a disparu. Il nous avait rejoint et puis, on ne l'a plus jamais revu."

"Comment l'avez-vous appelé ?" demanda Tom.

"RAB, c'est comme cela que l'appelait Sirius. R.A.B. pour Regulus Acturus Black, enfin je crois que c'est ça."

Les yeux de Tom rougirent de colère quand il fit enfin le lien, faisant reculer le loup en position défensive, légèrement devant Harry. Ce dernier avait froncé les sourcils d'incompréhension pendant qu'il voyait son père sortir un porte document d'où il sortit un médaillon vert contenant un morceaux de parchemin qu'il relit.

Au Seigneur des Ténèbres, je sais que je ne serai plus de ce monde bien avant que vous lisiez ceci. Mais je veux que vous sachiez que c'est moi qui ai découvert votre secret. J'ai volé le véritable Horcruxe et j'ai l'intention de le détruire dès que je pourrai.

R.A.B.

"Dès que je recroise ton cousin, je le tue de mes propres mains," siffla Tom entre ses dents à son épouse.

"Cela risque d'être difficile, il est déjà mort."

"... ?"

"A ma sortie d'Azkaban, j'ai regardé par curiosité l'arbre des Black pour me mettre un peu à jour sur la famille et j'ai vu que son nom s'est grisé. Il est mort, Tom."

Elle n'eut pour toute réponse qu'un grognement inintelligible de la part de son mari. Personne n'avait remarqué la larme qu'un elfe de maison versait alors qu'il entendait la conversation des sorciers. Personne ne faisait jamais attention aux elfes de maison de toute façon, ce n'était que des esclaves, des êtres inférieurs dépendant des sorciers. Sauf qu'une personne dans la pièce avait vu Kreattrur pleurer avant qu'il ne disparaisse dans un pan de mur vers ses quartiers personnels.

"Hermione," murmura Harry. "Va voir ce qu'il ne va pas avec Kreattur, s'il te plait."

"Qu'est-ce qu'il a ?"

"J'en sais rien, c'est pour ça que je te demande ça. Il pleure, je crois. Tu peux aller voir ?"

"Oui, bien sûr."

La brune se leva et embrassa son petit ami avant de suivre Kreattur dans le quartier de vie réservé aux elfes de maison. La jeune sorcière retrouva Kreattur affalé sur son petit lit miteux et pour le moins crasseux à pleurer à chaudes larmes en implorant le pardon de son Maître Regulus. Et il s'autoflagellait d'avoir échoué dans la dernière mission que cette personne lui avait donnée. Hermione n'aimant pas ce qu'elle vit avança rapidement et attrapa fermement le bras de Kreattur pour le faire arrêter. L'elfe couina de surprise, puis, en reconnaissant la sorcière en face de lui, eut un regard mauvais. Il s'apprêtait à dire ce que la jeune femme savait être une insulte, mais elle ne lui en laissa pas le temps.

"Non, ne le dis pas,"fit-elle doucement. "Je sais très bien que tu vas me traiter de Sang-de-Bourbe ou de quelque chose dans le même acabit. Je ne veux pas l'entendre. Je suis là pour toi et avant que tu me dises que tu n'as pas besoin de moi, sache que je viens de la part d'Harry. Il t'a vu pleurer." Le visage de l'elfe s'horrifia. "Ne t'inquiète pas, Kreattur, Harry ne te fera rien parce que tu pleures. C'est normal de pleurer, cela arrive à tout le monde - même à Lord Voldemort," continua-t-elle avec un sourire alors que Kreattur frissonna au nom. "Harry voudrait savoir ce qui te bouleverse autant. Et moi aussi maintenant que je t'ai vu. Nous n'aimons pas voir les gens souffrir, surtout si l'on peut les aider. Voudrais-tu m'en parler ? Ou en parler à Harry ?"

Au fur et à mesure qu'elle parlait, sa poigne sur le bras de l'elfe s'était faite plus douce et légère. L'elfe se calma aussi mais refusa de lui parler à elle. Il promit de parler à Harry mais hors du champ de vision du Seigneur des Ténèbres.

"Tu sais, Tom n'est pas un monstre. Il a un coeur comme tout le monde."

"Mais le Seigneur des Ténèbres a une fois fait du mal à Kreattur en l'obligeant à boire une potion qu'il y avait dans une vasque et l'a après laissé pour mort. Si Maître Regulus n'avait pas appelé Kreattur, Kreattur serait mort noyé."

En se rendant compte qu'il avait finalement avoué une partie de ce qui le tracassait à la jeune femme, l'elfe essaya de se punir à nouveau mais il fut vite immobilisé par la sorcière.

"Non, Kreattur," dit-elle fermement. "Harry n'aime pas ce genre de choses. Alors, arrête !" Elle inspira lentement, analysant ce qu'elle venait d'entendre, cela ressemblait un peu à ce que Dumbledore avait fait à Harry. "Kreattur ... Est-ce que Tom et toi étiez dans une crique souterraine avec un lac ?"

"Oui."

"Que s'est-il passé ensuite ?"

"Maître Regulus a demandé à Kreattur de l'accompagner dans la grotte et il a demandé à Kreattur de lui faire boire la potion pour récupérer un objet dans la vasque. Kreattur ne voulait pas le faire car Kreattur savait que son maître souffrirait." L'elfe se remit à pleurer tout en continuant. "Mais Kreattur était obligé d'obéir à son maître. Il lui a fait boire la potion et il a prit le médaillon et il a suivi les ordres. Il a placé un autre médaillon similaire et a tenté de détruire celui du Seigneur des Ténèbres comme Maitre Regulus a demandé à Kreattur de le faire. Mais en dépit de tout ce que Kreattur a essayé, jamais Kreattur n'a pu détruire le médaillon."

Hermione soupira lourdement en s'installant en tailleur devant l'elfe qui pleurait toujours. Elle lui tendit un mouchoir. L'elfe paniqua en voyant le tissu, pensant qu'elle le lui donnait.

"Non, je ne te le donne pas," le rassura-t-elle. "Je tiens à récupérer mon mouchoir. C'est vrai que j'aimerais bien tous vous libérer car je n'aime pas cette idée d'esclavagisme ancrée dans vos petites têtes d'elfe mais non ... Là, je ne fais que tendre mon mouchoir comme je le ferais à n'importe quel ami. Essuie tes larmes, Kreattur," dit-elle avec un sourire. Et en voyant la morve qui sortait du nez de la créature, elle ajouta. "et mouche-toi aussi."

Elle se redressa pour sortir rejoindre Harry. "Reste ici pour reprendre tes esprits si tu ne veux pas que les autres te voient ainsi," dit-elle toujours avec son sourire rassurant. "Je vais parler à Harry. Tu n'auras qu'à me rendre mon mouchoir quand tu n'en auras plus besoin."

Elle s'arrêta au seuil de la porte, une idée lui traversant l'esprit, et elle se retourna. "Kreattur ?" L'elfe la regarda de ses yeux humides. "Est-ce que par hasard tu as toujours le médaillon que Maître Regulus voulait que tu détruises ?"

"Oui, Kreattur l'a toujours," renifla l'elfe.

"Est-ce que tu peux me le donner ?"

L'elfe hésita un instant avant de farfouiller dans son bordel qu'était ses quartiers avant de lui tendre un collier en argent serti d'émeraudes avec un grand 'S' gravé.

"Merci, Kreattur."