La lourde porte en chêne se referma derrière eux avec fracas, et Hermione entendit toute une série de verrous s'actionner; ils étaient bel et bien prisonniers. Si encore elle avait eu sa baguette...! Elle se sentait réduite à une impuissance insupportable. De dépit, elle cogna du poing sur le battant, et poussa un petit cri de rage.
- Granger, regarde! on n'aurait pas pu rêver mieux, ils nous ont mis dans ma chambre!
Hermione se retourna et lança un regard torve à Malefoy qui s'extasiait.
- Regarde! mes fioles, mes livres, et même ma collection de chez Barjow et Beurk, tout est là! j'avais peur qu'on ne nous enferme dans une geôle... Mais non!
Dépitée, la jeune fille se laissa tomber sur le lourd couvre-lit
- Je suppose qu'il n'y a aucun moyen d'en sortir, de toute façon?
- Disons que si nous avions eu des baguettes ou des balais, on aurait pu tenter le coup... Mais là, je ne pense pas que ça en vaille la peine; à moins que tu ne veuilles t'écraser cinq étages plus bas, évidemment, ajouta le jeune homme en haussant les épaules.
- Aucun passage secret, aucune trappe, pas même quelque chose de très ancien dont personne n'aurait connaissance? non, ce serait trop beau, soupira Hermione.
- Effectivement.
La jeune fille poussa un soupir encore plus profond que le précédent, puis changea de sujet.
- Alors c'est ça, ta chambre.
Elle promena son regard dans la pièce. Les murs étaient en pierre solide, calfeutrés par endroits pour empêcher le froid de passer, et surtout, ils étaient presque vides. Aucun poster d'aucune sorte, comme ceux dont Hermione tapissait sa chambre pour rendre le lieu moins vide. Ses posters à elle étaient peut-être seulement des posters promotionnels pour des sorties de livres, mais au moins, elle se sentait chez elle... Ici, le lieu était glacial, et impersonnel à souhait. Elle grimaça. Ca n'avait strictement rien à voir avec la chambre de Malefoy à Poudlard; ici, elle avait l'impression de se retrouver dans un tombeau. La comparaison la fit frissonner... Et les objets de magie noire qui pullullaient sur les différentes étagères n'arrangeaient pas son malaise.
- Je n'irai pas jusqu'à dire que j'aime la déco... Mais ma foi, pourquoi pas.
Malefoy ne lui répondit pas. Il était en train de caresser délicatement un galet noir poli sur une étagère, le genre d'objet lisse et brillant qui provoque une envie de contact irrésistible. Il fit rouler la pierre dans ses mains quelques minutes, laissant le silence s'épaissir. Puis enfin, il déclara, sans lever les yeux:
- Tu ne m'en as pas reparlé.
Hermione fronça les sourcils. Son imagination lui jouait des tours, ou bien elle avait réellement décelé une pointe de reproche dans le ton du jeune homme?
- Reparlé de quoi? s'enquit-elle sur la défensive.
- De ce que je t'ai dit dans le bureau de Rogue, tout à l'heure, répondit Malefoy d'un ton égal.
- Ah, "ça"...
La jeune fille ne savait pas vraiment que dire. Que voulait Malefoy, après tout? Qu'elle lui pardonne toutes ses crasses rien que parce qu'il lui avait fait une déclaration tardive? Qu'elle mette ses principes dans sa poche avec son mouchoir dessus? C'était trop lui demander. Pour le moment, de toute façon, leur seul but devait être de sortir d'ici - ou de glaner des informations qui leur seraient utiles une fois qu'ils seraient dehors. Hermione se refusait à supposer qu'ils resteraient probablement prisonniers ici jusqu'à la fin de... D'elle ne savait trop quoi et ne voulait pas non plus y penser.
Mais Malefoy n'était pas décidé à abandonner aussi facilement.
- C'est tout ce que ça te fait? s'enquit-il sans se départir de son ton détaché. L'homme qui a fait battre ton coeur t'avoue son amour ardent, et toi tu t'en fiches?
- Oh, je t'en prie, Malefoy! s'écria Hermione. Tu ne trouves pas que tu rends la situation un peu trop mélodramatique? Déjà, tu as dix-sept ans, alors excuse-moi, mais j'ai un peu de mal à te considérer comme un homme.
- Pourtant, après ces bons moments que nous avons passés ensemble, ça m'étonne que tu n'en soies toujours pas convaincue.
- Arrête avec ce genre de sous entendus! s'indigna la jeune fille. Et efface ton petit sourire narquois, s'il te plaît. Ca me donne juste envie de t'étrangler. Et puis... Tout ça n'est pas aussi clair et limpide que tu sembles le penser.
Le caillou suspendit sa course dans les mains de Malefoy. Il ne levait toujours pas les yeux. Finalement, il demanda:
- Qu'est-ce que tu entends par là?
Hermione soupira.
- Je veux dire que... Les choses sont plutôt compliquées avec toi.
- Je vais t'apprendre une chose, Miss je sais tout, déclara Malefoy. En amour, les choses ne sont jamais simples. Et c'est d'amour qu'il s'agit, et si tu essaies d'affirmer le contraire, je n'aurais même pas à te contredire puisque toi-même sauras que tu mens.
Elle lui jeta un regard assassin. Le pire, c'était qu'il avait parfaitement raison. Qu'elle le veuille ou non, ils étaient liés. Tout ça à cause d'une stupide histoire de proximité, une fois de plus... Mais ils étaient bel et bien liés, d'une par ce qu'ils avaient partagé, et de deux parce qu'ils avaient appris à s'apprécier. Quoique pour Hermione, ç'avait été une série de chutes de plus en plus bas pour Draco dans son échelle d'estime personnelle... Elle ne savait plus que dire. Si elle faisait abstraction de tout ce qui entourait leur histoire, si on lui demandait si elle aimait Draco, elle répondrait oui sans hésiter: seulement, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à son indécrottable couardise et à ce cortège de défauts qui le caractérisaient.
- Alors? demanda le garçon.
- Mais alors quoi? qu'est-ce que tu veux que je te dise? s'écria Hermione. Tu veux que je te dise si moi aussi je t'aime? Désolée de te décevoir, mais une telle décision ne se prend pas à la légère. Je ne pense pas pouvoir te répondre, c'est tout.
- Donc, ce n'est pas non.
- En effet, ce n'est pas non, confirma-t-elle.
- Mais ce n'est pas oui non plus, acheva le jeune homme.
- Voilà.
Un long silence tomba sur eux comme une chappe de plomb. Draco recommença à jouer nerveusement avec son galet. Hermione, elle, gardait les yeux fixés sur le parquet au pied du lit. Soudain, elle entendit un bruit discret: Malefoy venait de reposer le galet sur son étagère, et avant qu'elle ait pu dire "scroutt", il s'était étalé sur son lit à côté d'elle, qui restait assise.
- Hé! Je peux savoir ce que tu fais?
- Jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours dans ma chambre, Granger, au cas où tu l'aurais oublié. J'estime que j'ai quand même le droit d'aller et venir où je veux.
Elle le gratifia d'une petite tape sans trop d'aimosité sur le genou, et se replongea dans la contemplation des veines du parquet. Toute idée politique l'avait désertée; son être tout entier était concentré sur le problème grandeur nature qui était allongé à quelques centimètres d'elle. Elle ne savait plus quoi penser. Elle ne savait plus quoi faire. Et ce silence gêné qui s'éternisait rendait la prise de parole encore plus difficile. Chacun attendait que l'autre se décide à briser le silence, et personne ne faisait le premier pas.
Finalement, ce fut Malefoy qui s'y attaqua en premier:
- Tu sais, toi non plus tu n'es pas parfaite!
- Je te demande pardon? s'enquit Hermione en ouvrant des yeux ronds.
- Oh, tu sais très bien ce que je veux dire. Je commence à te connaître, si tu me le permets, et je sais ce qui se passe sous ton crâne quand tu fais cette tête-là. Tu es en train de faire le catalogue de tout ce que tu considères comme "mes bourdes impardonnables". Pas la peine de nier. Seulement, avant que tu ne me considères à nouveau comme l'ennemi public numéro un, j'aimerais te faire remarquer que toi non plus, tu n'es pas exempte de défauts.
- Personne ne l'est, fit-elle remarquer. Mais j'estime que ça n'est pas une raison suffisante pour excuser certains de tes actes. Le lancer-de-Lavande-du-haut-de-la-tour-d'astronomie est en tête de liste, si ça t'intéresse. Je n'ai aucun problème avec le fait que tu aies des défauts; je préfèrerais juste que tu ne les laisses pas prendre le dessus sur toi.
- Granger, elle ne risquait strictement rien! et pas seulement parce que tu étais là, ça, ce n'était pas prévu; mais je lui ai lancé un sortilège de lévitation juste au moment où elle basculait dans le vide. Comment crois-tu qu'elle a réussi à attraper le rebord des crénaux? Adroite comme elle est, si je n'avais pas été là elle se serait écrasée au sol!
- Techniquement parlant, si tu n'avais pas été là, elle n'aurait jamais couru le risque de s'écraser au sol, fit remarquer Hermione.
- Tu ne vas tout de même pas pinailler sur des détails...
Le regard sans équivoque que lui lança la jeune brune lui cloua le bec. Ils restèrent à nouveau quelques minutes sans parler, puis Hermione, à son tour, rompit le silence:
- Le problème avec toi, Malefoy, c'est que tu n'es pas fiable. Aujourd'hui tu me dis que tu m'aimes, mais je ne sais pas si demain tu n'auras pas subitement changé d'avis. C'est ce qui me terrifie.
- Je te ferais tout de même remarquer que c'est le principe de toute relation amoureuse; ça peut se terminer à n'importe quel moment, même au plus inattendu.
- Oui, mais j'ai tout de même besoin d'un minimum de certitude. Qu'est-ce qui me dit que dès qu'on te pointera une baguette sur la tempe, tu ne vas pas te rétracter et préférer m'abandonner pour je ne sais quelle raison, comme tu sais si bien le faire?
- Je te signale tout de même qu'il y a à peine une heure, j'ai fait face à toute une bande de mangemorts, dont Rogue, et également Voldemort lui-même, et tout ça pour te sauver la vie.
Hermione réfléchit un instant.
- Tu exagères peut-être un peu, mais c'est vrai que globalement, c'est plutôt ça, avoua-t-elle.
- Non, ça n'est pas plutôt ça, c'est exactement ça, la contredit Draco. J'ai bondi entre Rogue et toi et je t'ai littéralement sauvé la vie. En plus, c'était juste après que j'aie presque défié Voldemort en refusant de continuer à le servir.
- Si on prend les choses dans ce sens, c'est mon arrivée qui a sauvé ta peau, alors, s'amusa Hermione.
- Je ne crois pas qu'on en soit toujours à compter les points, Granger.
- Non, en effet, confirma-t-elle.
Le jeune homme soupira, puis se redressa, assis sur le lit.
- Je voudrais pouvoir te laisser du temps pour réfléchir, pour peser le pour et le contre. Seulement, du temps, on n'en a pas, Granger. Les mangemorts risquent de débarquer d'un instant à l'autre. Je ne sais même pas ce qu'ils comptent faire de nous, et à mon avis, peu de leurs plans comportent une option visant à nous laisser en vie. J'ai peut-être l'air de te brusquer, ou quelque chose comme ça, mais si tu m'aimes, je veux le savoir avant de mourir - excuse-moi pour le ton mélodramatique, mais tu avoueras que la situation s'y prête.
- Ne dis pas ça, protesta Hermione. Tu peux toujours t'en sortir. Ton père est dans les petits papiers de Voldemort, alors il n'aura qu'à pleurnicher un peu et ton ardoise sera effacée. Tu n'as pas à désespérer comme ça.
Elle tressaillit soudain. Il venait de saisir sa main. La sienne était froide et dure, comme de la glace.
- C'est parfaitement faux, Granger. Tu es normalement plutôt futée, mais tu ne comprends que ce que tu veux comprendre. Si tu es en danger, je le suis aussi. Si tu es menacée, je le suis aussi. Et si quelqu'un te tue, il est hors de question que je te survive.
Hermione, effarée, ouvrit des yeux ronds.
- Enfin! Ne dis pas des horreurs pareilles! C'est terrible, ce que tu dis, tu te rends compte? Si jamais il m'arrive quelque chose, tu rencontreras quelqu'un d'autre, et voilà tout! Et je t'interdis de faire quoi que ce soit d'autre, on ne se sacrifie pas pour un bête coup de coeur d'adolescent!
Mais les lèvres de Malefoy étaient déjà dans le creux de son oreille, et il murmura:
- C'est là que tu te trompes, Granger. J'ai passé des nuits entières à y réfléchir, et ce feu qui me dévore le ventre à chaque fois que je te vois n'a rien à voir avec un bête coup de coeur adolescent, comme tu dis.
Hermione ferma les yeux. Elle ne connaissait que trop bien cette sensation: lorsqu'elle commençait à entendre sa voix grave vibrer dans le creux de son oreille. C'était le moment où, en général, se contrôler lui devenait très, très difficile. Faute de mieux, elle se contenta de serrer les poings, tandis que Draco murmurait toujours:
- La nuit, je rêve de toi. Le jour, je pense à toi. En ce moment-même, je me fiche complètement que quelqu'un débarque pour me faire subir va savoir quoi: tout ce dont j'ai conscience, c'est de l'odeur de ta peau, celle de tes cheveux, la beauté de ton teint et ton souffle régulier qui soulève ta poitrine. Tu n'as pas idée de l'effort surhumain que ça me demande, de me retenir de te toucher, de te prendre dans mes bras et de te serrer contre moi aussi fort que possible.
- Arrête.
- Pourquoi j'arrêterais? Je te dis ce que j'en pense, à toi de te débrouiller avec ça.
La jeune fille en resta bouche bée. C'était tellement... typique de Malefoy, une réplique pareille! Elle se retourna brusquement... et elle rencontra son regard.
Elle crut qu'elle allait s'y noyer.
- Malefoy, je voudrais que tu me promettes une chose, commença-t-elle.
- Vu le ton que tu prends, je sens que je ne serai pas d'accord. Dis-moi, on verra si ça me convient...
- Si jamais il se passe quoi que ce soit, que je suis en danger de quelque manière que ce soit, je t'interdis absolument de te mettre en danger pour moi.
- Mmmh... Est-ce que ça veut dire que ce qui peut m'arriver t'importe?
Pour toute réponse, Hermione se pelotonna tout contre lui.
- Ca m'importe assez, oui. Promets-moi, seulement.
- Granger, s'enquit le jeune homme, est-ce que je rêve, ou est-ce que tu viens, implicitement, de confesser ce que j'ai envie que tu me dises depuis des semaines?
Hermione leva la tête, et posa tendrement ses lèvres sur celles de Draco. D'abord surpris, puis subermgé de délice, le jeune homme y répondit avec tout autant de douceur.
- Mmh... Je crois que je vais prendre ça pour un oui.
- Non! promets-moi d'abord.
- Tu n'étais pas persuadée que j'étais le pire des lâches il y a quelques secondes?
Prise de court, Hermione s'immobilisa, et Draco en profita pour la faire basculer allongée sur son lit, et il commença à l'embrasser, sur le front, le nez, les joues, revenant parfois sur ses lèvres pour mieux retourner embrasser sa gorge.
- J'ai envie de toi, Granger. Malheureusement, c'est encore plus sérieux qu'une montée d'hormones, et il va nous falloir composer avec.
- Arrête de dire "nous"... protesta-t-elle faiblement.
Mais les lèvres de Malefoy étaient déjà au creux de son oreille.
- Est-ce que tu vois un inconvénient à ce que nous fassions l'amour une dernière fois?
Etait-ce la voix grave du jeune homme? était-ce le ton vibrant de ses paroles? était-ce le désespoir de la situation? Toujours est-il que Hermione saisit soudain Malefoy à bras-le-corps et répondit à ses baisers. Autant se concentrer sur ce qui lui restait d'important à vivre. Elle n'aurait jamais cru que Draco puisse se dévoiler à ce point et mettre à nu ses sentiments; cela ne lui ressemblait tellement pas... Il aurait tout aussi bien pu garder tout ça pour lui, il aurait pu la laisser à la merci de Rogue... Hermione était perdue. Et le corps de Draco qui se pressait contre le sien avec ferveur ne l'aidait pas à y voir clair. Dans un dernier instant de lucidité, elle se demanda ce qu'elle tenait pour certain, dans toute cette histoire; il n'y avait pas de doute possible. Ce dont elle était absolument certaine, c'était qu'elle était folle du jeune homme qui avait enfoui sa tête dans ses cheveux. Elle en était folle, et quoi qu'il lui en coûte par la suite, elle était prête à se laisser aller à ses envies.
Doucement, elle laissa ses lèvres s'aventurer dans le cou de Malefoy. La barbe blonde de plusieurs jours lui râpait le visage. Ravi de la sentir répondre à ses ardeurs, Draco chercha ses lèvres pour les embrasser avec passion. Elle répondit à son baiser et se serra contre lui. Il tendit le bras pour les débarrasser tous les deux de leurs chaussures, et s'allongea à côté d'Hermione sur le matelas moelleux. Durant quelques instants, ils restèrent immobiles, la jeune fille blottie contre son torse, protégée par le bouclier des bras de l'adolescent qui l'entouraient dans une fervente étreinte. Elle pouvait entendre battre son coeur, régulier, rapide, presque affolé. Il embrassa son front, et elle releva la tête. Les amants restèrent les yeux dans les yeux de longues secondes. Ils allaient s'aimer pour la toute première fois. Même Draco était intimidé par ce que cela représentait. La toute première fois...
D'une main timide, elle caressa son visage. Le souffle du jeune homme effleurait doucement son cou... Leurs lèvres s'unirent pendant de longues secondes. C'était tout ce qui importait désormais: ils s'aimaient.
Alors qu'elle se fondait dans l'étreinte délicieuse de son fougueux amant, Hermione ne se doutait pas qu'elle attisait les passions ailleurs que dans les draps de Draco.
Dans la salle sur demande, l'excitation était sans précédent. Depuis que Harry avait ramené la nouvelle de son arrestation plus ou moins officielle, il y avait ceux qui étaient atterrés, ceux qui cherchaient quelqu'un à blâmer, et ceux qui tentaient de trouver une solution. Les trois attitudes étaient également distribuées entre les membres de l'AD, surtout pour trois garçons très véhéments: Neville, Zacharias, et, plus étrangement, Ron. Celui-ci était fou de rage contre Harry, d'avoir laissé Hermione se mettre en danger sans réagir. Il lui fallut une réflexion acerbe de Cho concernant la dernière impression très agréable que Hermione risquait d'avoir de lui pour qu'il consente enfin à garder pour lui les adjectifs les plus fleuris dont il avait commencé à abreuver son ami.
Neville, lui, cherchait frénétiquement une solution en compagnie d'un Ernie complètement dépassé, tandis que Zacharias se montrait ravi de seconder Ron dans sa tâche de vitupérations à l'encontre de Harry. Finalement, ce fut Parvati qui réussit à couvrir le brouhaha ambiant pour déclarer:
- Et pourquoi ne pas nous occuper prioritairement de ce qui est dans nos cordes? Je nous vois mal voler immédiatement au secours d'Hermione, mais aller récupérer les croc de Basilic pour détruire les deux Horcruxes, ça me semble réalisable. Et ce sera déjà ça de fait.
- C'est vrai, appuya Cho. Vous pensez vraiment que Hermione serait contente de tous vous voir vous invectiver les uns les autres? A mon avis, elle préférerait de loin une solution concrète. Autant aller voir si des crocs de Basilic sont toujours dans les sous-sols, non?
Ron bondit.
- Voilà! on n'a qu'à aller maintenant chercher des crocs de Basilic, plutôt que de rester assis ici sans rien faire!
ÿÿÿÿville, Erÿÿe et Chðÿÿÿflui jetíeent ÿÿÿÿ
ÿÿlourd de sens, qui soulignait ÿÿnsmment que Rÿÿ était ÿÿ loiÿÿle moiÿÿ produ ava du groupe, Zacharias compris... Mais Harry coupa court.
- Cho a raison. On va déjà commencer par ça. De toute façon, avec des mangemorts partout dans l'école, c'est pas le moment de foncer tête baissée droit dans un mur, et ce serait bête de tout anéantir parce qu'on n'a simplement pas réfléchi.
- J'ai encore une suggestion, lança Cho.
- Quoi? s'écria Ron qui était toujours d'aussi bonne humeur.
- Les garçons... rasez-vous. Neville et compagnie, ça peut passer, mais Harry et Ron... le camping sauvage ne vous réussit vraiment pas.
Les filles et les frères Crivey éclatèrent de rire, bientôt rejoints par Neville et Ernie; mais la détente fut de courte durée. Harry poussa un profond soupir. Il était temps d'y aller... La cape d'invisibilité ne pouvait couvrir que deux personnes, et comme il l'avait souligné, ce n'était vraiment pas le moment de prendre des risques. Chacun le savait, et c'est pourquoi lorsqu'il regarda les autres, des regards gênés partirent dans tous les sens, également partagés entre le plafond et le tapis.
- Bon, déclara-t-il à contrecoeur, qui vient avec moi?
Il était clair que Ron et Neville luttaient tous les deux pour ne pas faire un pas en avant. Finalement, ce fut Ernie qui se détacha du groupe.
- Je ne vais pas t'accompagner, commença-t-il, mais j'ai une suggestion.
Les regards convergèrent vers lui.
- Voilà, déclara-t-il, depuis un petit moment, on s'entraîne ensemble... Et vous deux venez de passer un bon moment à travailler tous les deux. Les mangemorts cherchent Harry... Mais ça m'étonnerait qu'ils sachent où, ni même qui nous sommes. Si on se sépare en deux équipes, ce serait un choix stratégique plus judicieux: je pense que Ron devrait aller dans les cachots avec Harry. On a besoin d'un leader ici, et, avec tout mon respect, Ron, Neville est celui qui fait le meilleur boulot dans ce domaine. Il nous a entraînés un moment, et si jamais les mangemorts trouvent la salle sur demande - on n'est à l'abri de rien - on aura besoin de Neville. Voilà. C'est tout ce que j'ai à en dire.
Un silence succéda à ses propos. Chacun réfléchit un moment; Neville était le plus remué par les paroles d'Ernie. Alors comme ça, il était considéré comme un leader? Lui qui avait été toute sa vie le minable de la classe? C'était une sensation toute nouvelle.
Pour finir, Ron rejoignit Harry et désigna sa cape d'un mouvement du menton.
- Bon, alors, on y va?
Harry lui assena une tape sur l'épaule.
- Bien sûr, qu'on y va, Ron. Neville... ajouta-t-il sur un ton plus grave, je pense qu'Ernie a raison. En cas de problème, tu seras tout à fait capable de gérer la situation. On compte tous sur toi.
- Ca va, pas la peine de faire dans le mélodrame, Harry, lui assura Neville. D'ici une demie-heure vous serez de retour. Et vous pourrez vous raser.
- Tu sais quoi, mon vieux? déclara Ron. Je crois que j'aime bien ne pas avoir à me raser tous les jours.
- Et après, on nous regarde de travers quand on parle de nos jambes... souffla Parvati à Cho.
- Je crois qu'on s'égare, là, non? s'enquit Harry. Bon, allez, en route. Ron, viens par ici, on n'en sortira jamais si tu marches à deux mètres de moi... et j'aimerais profiter de l'absence de Rogue dans son bureau pour aller rendre une petite visite au portrait de Dumbledore... J'ai des questions un peu plus précises à lui poser.
La cape d'invisibilité fut soulevée en l'air, et en un instant, les deux garçons disparurent. La porte d'entrée de la salle sur demande s'entrouvrit, puis se referma: ils étaient partis. Neville soupira. Dennis Crivey, lui, demanda une précision sur un point qui lui trottait dans la tête:
- Si jamais ils sont capturés... il ne restera plus que nous?
Neville, Ernie et Zacharias lui jetèrent tous trois un regard éloquent. Le garçon déglutit et continua:
- Et si jamais les mangemorts nous découvrent... il faudra se battre?
Se détournant en direction de la vitre brisée, Neville répondit d'un air sombre:
- Ca, c'est inévitable. J'espère juste que ça n'arrivera pas trop vite...
Hermione et Draco étaient dans un autre monde. Aucun d'eux ne se souciait plus de ce qui arrivait autour d'eux; à vrai dire, ils avaient même oublié qu'un monde existait au-dehors de la chambre. Lorsque le soleil de midi se fraya un chemin au travers des carreaux sales de la chambre, Draco retomba sur Hermione, essoufflé, le nez dans le creux de son cou. Il souriait.
- Une minute, Granger... Laisse-moi une minute, ou je meurs...
La jeune fille profita de son épuisement passager pour le faire basculer sur le côté et s'installa au-dessus de lui.
- Et comme ça, tu te plains moins? le taquina-t-elle.
Le jeune homme renversa la tête en arrière, avant de se redresser sur ses avant-bras pour mieux embrasser Hermione.
- C'est par-fait. Je suis complètement prisonnier, et j'espère ne pas avoir envie de m'évader, mais je ne pense pas qu'il y ait trop de risques, vu la situation...
Doucement, Hermione se pencha pour l'embrasser. Au moment où les lèvres de Draco s'emparaient des siennes, elle s'arrêta net.
- Malefoy! les cachots! s'écria-t-elle.
L'adolescent leva un sourcil.
- Pardon? je sais qu'on s'amuse bien, mais je ne suis pas encore certain d'avoir besoin de ce genre de piment... nuança-t-il.
- Mais non! les cachots, là où sont enfermés les prisonniers... Et si Ginny y était enfermée?
Malefoy laissa échapper un long soupir.
- Granger, t'as pas l'impression qu'on est légèrement occupés, là? pour l'instant, j'ai autre chose à penser, je te signale!
- Oh, idiot! si jamais on trouve un moyen de sortir d'ici, et de rejoindre les cachots, on aurait peut-être une chance de trouver Ginny! s'écria-t-elle avec enthousiasme. Ce serait génial!
- Et ça, c'est pas génial, peut-être? demanda Malefoy en mouvant son bassin sous celui d'Hermione.
La jeune fille se mordit les lèvres pour ne pas gémir. Le jeune homme avait vraiment des arguments convaincants.
- Tout à fait, concéda-t-elle, mais je me demande si on ne pourrait pas essayer de faire quelque chose de constructif pour sauver notre peau...
- Mais on sauve notre peau! s'indigna faussement Malefoy, on procrée!
Hermione secoua la tête, amusée.
- Tu penses vraiment qu'après mon aventure occasionnelle de l'été dernier je ne me suis pas jetée sur les manuels de sorts contraceptifs? avec tout ce que j'ai utilisé, tu n'es pas près d'engendrer quoi que ce soit pour le moment, c'est moi qui te le dis!
- Dommage... s'attrista Daco. J'aurais bien aimé démarrer ma vie d'après les ASPICS avec ma femme et mon bébé à la maison...
- Ca non plus ça n'est pas près d'arriver, précisa Hermione. Si tu crois vraiment que c'est ce à quoi j'aspire, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule. Mais on n'était pas en train de parler de ça...
- Effectivement, on était en train de parler... de ça, confirma Draco en reprenant sa danse enivrante à l'intérieur d'elle.
- Malefoy, non! Non, on parlait d'évasion!
Le jeune homme suspendit son mouvement.
- Granger, quand on est entrés il y a quelques heures, tu étais complètement désespérée; est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi d'un coup tu te sens une envie d'aller planer un peu dans les airs depuis le cinquième étage avant de t'écraser au sol? s'exclama Draco.
- Je pense que ma combativité me reprend. C'est plutôt une bonne chose, non? le taquina-t-elle.
- Pour ma part, je préférerais que tu limites ta combativité à ce lit, tu sais... c'est tellement plus productif... aïe! ma tête!
- Tu l'as mérité, statua Hermione. Non, je ne pense pas que ce soit si productif que ça tant qu'on a une chance, si minime soit-elle, de s'en sortir. Vois-tu... Ce qui a changé depuis tout à l'heure, c'est que maintenant... je ne veux pas te perdre, Malefoy. Pas maintenant. Ce serait trop bête.
- Est-ce que je rêve, ou est-ce que... tu envisages le futur au-delà de ces murs? s'étonna Draco.
- Et pourquoi pas? Ca n'est pas parce que nous sommes prisonniers que nous ne pouvons pas nous échapper...
- Tu es mignonne, mais je crois que c'est un effort inutile. On ne sortira pas d'ici.
- Oh, si, on sortira! s'écria Hermione en rejetant la couverture.
- Hééé!
Sans tenir compte des protestations du jeune homme, elle se mit à la recherche des différents éléments vestimentaires qu'elle portait peu de temps auparavant, et qui avaient été lancés un peu partout dans la pièce.
- Par Merlin, Granger, mais qu'est-ce que tu fais? s'écria Malefoy.
- Je m'HABILLE, assena-t-elle, à mon avis ça devrait optimiser ta concentration...
- Non, s'il te plaît! Je promets de me concentrer, mais reviens, oublie ces fichus vêtements! supplia le garçon.
- Haha, bien essayé, ironisa Hermione. Mon dieu, mais qu'est-ce que tu as bien pu faire de mon soutien-gorge?
- Je ne sais pas, la renseigna Draco, tout ce dont je me souviens, c'est de ce qu'il y avait dedans.
- Très utile, merci... Je vais regarder derrière la grosse malle, là...
Le garçon se rallongea dans le lit et tira les couvertures avec un soupir. Hermione était déterminée. Il n'avait plus qu'à attendre qu'elle se rende à l'évidence... Elle finirait bien par revenir le rejoindre sous les draps, de toute façon.
Hermione avait beau s'activer à la recherche d'une porte de sortie, elle n'était pas en mesure de détruire des Horcruxes, ni même de s'attaquer à Voldemort. Harry, par contre...
Dans les sous-sols les plus sordides de Poudlard, Harry laissa retomber au sol les deux moitiés du diadème de Serdaigle, brisé par la destruction de la part de Voldemort qu'il contenait.
- Et de cinq! s'écria-t-il en contemplant les débris de la coupe et du diadème. Ca nous fait... un petit avantage. Non?
- Tu parles, répondit Ron. Depuis qu'il sait qu'on a la coupe, il va tout faire pour essayer de mettre en sécurité le dernier horcrux... et en attendant, on ne sait toujours pas ce que c'est.
- Oui, mais je sens qu'on va bientôt le savoir... répliqua Harry du tac-au-tac. A ton avis, est-ce que le portrait de Dumbledore est toujours dans son ancien bureau depuis l'autre fois?
- Va savoir, fit Ron en haussant les épaules. Je suppose que ça vaut le coup d'aller voir, non? Et Rogue n'abandonnera pas son bureau comme aujourd'hui de sitôt; je pense que de toute façon, si on veut chercher de ce côté-là, il faut le faire maintenant.
Son ami aquiesça, et ils remontèrent en silence le long de la tuyauterie des toilettes des filles, espérant de tout leur coeur ne pas tomber sur Mimi Geignarde. La remontée leur prit un certain temps, surtout compte tenu des fuites et des endroits glissants; tout bon sorcier n'a pas forcément participé à un stage d'initiation à la varappe...
Lorsqu'ils se retrouvèrent enfin à l'air libre - tout aussi libre que possible avec un Voldemort en furie dans les parages - ils s'accordèrent quelques instants de repos pour retrouver leur souffle et reposer leurs bras, qui avaient été mis à rude épreuve, et surtout, se laver les mains, qu'ils avaient passablement dégoûtantes. Ron frottait aussi fort que possible, au cas où il aurait frôlé une araignée sans le savoir, tandis que Harry, qui se reposait dans un angle invisible depuis le couloir, prenait un air songeur. Enfin, il finit par demander:
- Ron... ça te met hors de tes gonds à ce point, que Hermione soit... sortie avec Malefoy?
Le garçon interrompit son entreprise de récurage, et soupira, prenant appui sur le lavabo.
- Tu sais qu'elle n'est pas simple, ta question, Harry?
- Je me doute. Mais je me demandais... si tu étais tellement en rogne contre elle, ou si c'était plus subtil.
- Ah, c'est ça, alors! oh, tant mieux, un instant je m'étais inquiété... Non, bien sûr que ce n'est pas subtil, moi, Ron Weasley, je suis encore en train de faire ma tête de mule tout simplement parce que j'ai été vexé et que ça me gonfle au plus haut point! ironisa-t-il. Evidemment que c'est plus subtil, enfin, Harry. Réfléchis deux secondes.
- Et... je peux savoir ce qui t'énerve à ce point, alors?
- Non. Je veux pas en parler. D'ailleurs, on n'est même pas en train d'en parler, c'est clair?
Harry acquiesça. Après tout, c'était le problème de Ron. Il n'était déjà pas très à l'aise avec ce genre d'histoire, mais alors lorsque cela touchait ses deux meilleurs amis, il était complètement perdu. Pour couper court, il se releva, épousseta ses habits qui de toute façon étaient dans un bien mauvais état, et déplia la cape.
- Allez, je pense qu'on peut y aller, là...
Le voyage jusqu'au bureau fut anormalement silencieux. Certes, le silence était de mise dans une telle situation, mais ça n'était pas seulement ça; Harry sentait Ron bouillir de rage sous la cape à côté de lui. Avec un peu de chance, le danger et la situation lui changeraient les idées... Quelle ironie. Ils y en avaient qui avaient besoin d'un monde à sauver pour oublier leurs problèmes de coeur. Dans le cas de Harry, c'était le contraire: il devait à tout prix sauver Ginny. S'il lui arrivait quelque chose, jamais il ne pourrait se le pardonner. C'était un problème central. Il avait besoin de Ginny.
Les deux adolescents pensifs finirent par arriver devant la gargouille gardant l'entrée du bureau. Ils se regardèrent, sous la cape, avant de dévisager la gargouille.
- Et si le mot de passe avait changé? demanda Ron. Tu penses que la gargouille nous dénoncerait à Rogue?
Harry haussa les épaules. Il n'en savait strictement rien.
- On n'a qu'à s'installer là et attendre que quelqu'un donne le mot de passe, suggéra-t-il.
- Oh, très judicieux, s'écria Ron, on va attendre que Rogue vienne dans son bureau pour l'y rejoindre! et ensuite, on boira du thé ensemble et on discutera chiffons! Franchement, t'es sûr de pas avoir une meilleure idée?
- Et toi, répliqua Harry, tu en as une?
- Non, mais je préfère mon absence d'idée à ta mission suicide.
- Ron! c'est notre seul moyen...
Ils se dévisagèrent un long moment. Finalement, Ron soupira.
- D'accord. Ok. Va pour la mission suicide; mais tu auras ma mort sur la conscience, que ce soit clair!
Harry le gratifia d'une bourrade, et ils s'assirent dans un angle du couloir, dans l'ombre, au cas où la cape ne les dissimulerait plus entièrement. Ils avaient parié sur une attente assez courte, au vu de l'activité et de l'effervescence dont ils entendaient les échos; ils avaient tort. Ils restèrent ainsi à leur poste durant plus de deux heures et demie. Ce fut lorsque l'estomac de Ron commença à gronder qu'ils commencèrent à envisager de retourner dans la salle sur demande, lorsque soudain... Ils entendirent des pas s'approcher. Harry lança un charme supersensoriel pour savoir qui arrivait: c'était Rogue. Et à en juger par son pas, il n'était pas d'excellente humeur...
Arrivé devant la gargouille, il cracha le mot de passe de façon presque inaudible; aucun des adolescents ne put l'entendre. Alors que la gargouille allait se refermer sur Rogue, Harry prit une décision insensée: il saisit Ron par le poignet et l'entraîna avec lui à la suite du mangemort.
Enfermés dans la cage d'escalier qui les conduisait au bureau, aucun des deux n'en menaient très large. N'aurait été la proximité avec Rogue et leur obligation vitale de ne faire aucun bruit, Ron aurait déjà agoni Harry. Mais le regard qu'il lui lançait suffisait largement: Ron pouvait avoir des yeux très expressifs. Harry retenait son souffle. Pourvu que Rogue ne les remarque pas. Pourvu qu'il ne se retourne pas. Pourvu qu'il n'ait pas installé de sécurité supplémentaire, que personne ne l'attende à l'intérieur du bureau, que... qu'ils réussissent à en sortir vivants. Mais en même temps, Harry savait pertinement que c'était son seul moyen d'entrer en contact avec le portrait de Dumbledore. Pouvait-il le subtiliser, ou Rogue mettrait-il alors Poudlard sans dessus dessous pour le retrouver? Il se posait sérieusement la question.
Enfin, ils arrivèrent devant la porte même du bureau du directeur, que Rogue poussa pour entrer. Etait-ce son imagination, où Harry l'avait-il bien vu retenir la porte quelques secondes derrière lui?
Harry et Ron lui emboîtèrent le pas, dans le but de s'éloigner de lui le plus tôt possible. Dès que leurs pieds auraient touché le tapis.
Mais l'usurpateur de leur en laissa pas le temps.
Se retournant vivement, il jeta le bras dans le vide et saisit la cape avant de tirer violemment dessus, révélant Harry et Ron au grand jour. Vif comme l'éclair, il pointa sa baguette sur Ron et le stupéfixa avant même que la cape n'ait touché le sol. Puis il baissa sa baguette, et un sourire désagréable se dessina sur son visage.
- Potter... Faut-il que vous teniez si peu à votre misérable petite vie pour être aussi peu prudent lorsque vous vous attaquez à un mangemort tel que moi?
