Ils marchaient le long du sentier depuis dix bonnes minutes déjà, en silence. La neige tombait abondement, leurs pieds s'enfonçaient dans l'or blanc, ils étaient trempés et glacés et pourtant, ils continuaient d'avancer, encore et encore d'un pas lent. William jetait de réguliers coups d'œil à son épouse qui, elle, fixait l'horizon. Elle ne voyait pas plus loin que cinq mètres devant elle et lorsque le vent se leva, elle ferma les yeux,sentant la neige lui battre le visage et lui brûler la peau. Après une courte pause, elle s'essuya le visage et elle repartit. Son pied s'enfonça une fois encore dans un tas de neige, et elle tomba. Dans un soupir, elle tira violemment sur le bas de sa jupe avant de sentir le bras de William se glisser dans son dos. Elle l'aida à se relever et lorsqu'elle voulut continuer sa route, les doigts de son époux se refermèrent avec force sur son avant-bras. Elle leva les yeux vers lui, laissant une mèche de ses cheveux s'échapper de sa capuche.
-William, qu'est-ce que...
-La tempête se lève Julia, il nous faut nous abriter.
-Il est hors de question que je m'arrête tu m'entends? Gronda la jeune femme en voulant se dégager de lui.
Mais il continua de la tenir fermement, son regard plongé dans le sien.
-Lâche-moi, murmura Julia, tu...
-Il y a une cabane un peu plus loin, dit-il en désignant une modeste bâtisse derrière les arbres, nous y allons et tu ne discute pas.
-Je te demande pardon? S'offusqua la jeune femme. Tu veux que je t'obéisse sans poser de questions? William jamais auparavant tu ne m'as demandé une telle chose, crois-tu vraiment que je vais t'obéir, simplement parce que tu le décides? Il est hors de question que...
Elle cessa de parler au moment où son époux l'attira violemment contre lui et la prit dans ses bras pour la faire quitter le sol. Il vacilla dangereusement et Julia ne put que s'accrocher à lui de toutes ses forces. Il la plaça sur son épaule, tel un sac de farine, posant une de ses main sur ses fesses et l'autre dans le creux de ses genoux.
-WILLIAM ! Vociféra Julia la tête à l'envers dans son dos. Repose-moi IMMÉDIATEMENT.
-Il en est hors de question, grommela William en marchant, si tu refuse de marcher jusqu'à la cabane, eh bien tu n'auras pas à marcher mais il est hors de question que nous continuions notre route et il est hors de question que tu meurs de froid.
-Je te préviens je...
-Je t'ai vu malade l'hiver dernier Julia et tu as failli en mourir, alors conteste autant que tu le souhaite, déteste-moi et frappe-moi si tu le veux, mais tu passeras la nuit dans cette cabane un point c'est tout.
Elle ne répondit pas et il l'a sentit arrêter de lutter. Elle se détendit et il continua sa route en silence, sans même se retourner. Ils arrivèrent à la maisonette tant bien que mal. Avant de vouloir déposer Julia sur le sol du perron en bois, elle prit la parole.
-Comptes-tu me poser au sol maintenant?
-Ca dépend, comptes-tu t'enfuir en courant?
Elle ne répondit pas et soupira profondément. Alors très doucement, William la fit glisser contre lui, il plaça ses mains dans le creux des reins de son épouse pour la maintenir tout contre lui. Ils étaient si proches l'un de l'autre qu'ils pouvaient sentir leur souffle tiède se mêler.
-Alors dis-moi, murmura William, vas-tu te décider à passer la nuit ici ou vais-je devoir t'attacher avant de m'endormir?
-Je ne sais pas, souffla Julia sur ses lèvres, nous n'avons jamais essayé après-tout. Peut être que ça te plairait te m'attacher.
Il ne répondit pas, sentant la tension qui les unissait à cet instant, alors qu'il voyait une étincelle de désir danser dans le regard de la jeune femme. Elle effleura à peine ses lèvres avec les siennes sans quitter son regard avant de lui prendre le sac qu'il tenait toujours et qu'elle ne le contourne pour entrer dans la demeure déserte. Il resta immobile sur le pas de la porte afin de reprendre ses esprits, puis, après un raclement de gorge, il entra à son tour. Comme ils l'avaient pensé, la maison était abandonnée. Elle ne possédait qu'une seule pièce mais tout le mobilier nécessaire pour y vivre s'y trouvait. Il y avait également une cheminée, des lampes à huiles, un lit, une table avec deux bancs en bois, un coffre, un placard. Julia partit à l'exploration de l'espace et elle sortit des couvertures d'une armoire alors que William ferma la porte derrière lui.
-Ca ira pour une nuit, murmura-t-il en se frottant les mains, nous allons faire un feu, ajouta-il en se dirigeant vers la cheminée.
Il prit du papier, des allumettes et il vit du bois entassé à coté de l'antre. Pendant qu'il s'efforçait de faire démarrer le feu, Julia papillonnait autour de lui pour allumer les bougies et les lampes à huile qu'elle trouvait. Lorsque la chaleur gagna la pièce, ils retirèrent leur cape et leur manteau. William prit l'un des bancs qu'il plaça devant la cheminée alors que Julia fouilla un meuble. William l'entendit rire et une seconde après, elle vint s'asseoir à ses côtés. Il plaça alors aussitôt une couverture sur ses épaules et la jeune femme lui tendit une bouteille.
-Alcool de noix ou de prunes? Demanda-t-elle en croisant on regard.
-Tu veux boire? Crois-tu vraiment que c'est bien sage?
-Oooh William, soupira Julia en levant les yeux au plafond, que veux-tu qu'il nous arrive? Nous sommes mari et femme et nous ne sortirons pas de cette maison avant la fin de la tempête. L'alcool tient chaud au corps tu sais.
-Et tu sais à quel point je n'aime pas l'alcool, dit-il en grimaçant.
-Bien, dans ce cas, ne bois pas, ajouta Julia en haussant les épaules.
Elle posa une bouteille au sol et ouvrit la seconde sous le regard de son époux. L'instant d'après, elle la mena à sa bouche et but plusieurs gorgées.
-MMMMHHH, gémit-elle en s'essuyant les lèvres, tu as tort, cette liqueur est délicieuse.
Il la regarda simplement quelques secondes avant de sourire timidement et de regarder le feu brûler en face d'eux. Ils restèrent alors silencieux de nombreuses minutes, sans même s'accorder un seul regard. Julia se contentait de boire, encore et encore alors que le jeune homme ne lui prêtait pas la moindre attention, perdu dans ses pensées. Après quelques minutes, il se leva et se dirigea vers la cheminée.
-Je vais aller voir s'il y a du bois dehors, dit-il en se tournant vers son épouse.
-Non, j'y vais, répondit Julia en se levant d'un bond avant de vaciller.
-Julia tu...
-Je n'en suis pas capable, je sais, soupira-t-elle, je dois te rappeler que j'ai de l'expérience avec une hache William, je sais couper du bois et je vais te le prouver.
-Julia, grommela William alors que son épouse se dirigeait vers la porte, tu ne sors pas, dit-il en la prenant par le poignet.
-Encore à me donner des ordres Inspecteur? Dit-elle en faisant de grands gestes. Eh bien tu sais quoi? Je ne supporte plus tes ordres, je vais faire ce que MOI je veux et si je veux aller couper du bois, je vais le faire, est-ce clair?
-Tu es soûl, continua William en désignant la bouteille qu'elle tenait toujours.
-Peut être bien, mais au moins je n'ai pas froid, alors que toi tu es glacé. Je suis le Docteur, William, alors c'est à toi de m'écouter.
-J'ai été bûcheron.
-Mais tu es incapable de trouver ton chemin dans la nuit.
-Et toi tu es inconsciente et bornée.
-Mais je ne suis pas aveugle et obtus, rétorqua Julia.
-Tu es insoumise et incroyablement...
-Quoi? Coupa Julia doucement en souriant. Que suis-je encore William?
Il ne répondit pas et plongea son regard dans le sien, l'instant d'après Julia vit le regard s'assombrir et avec une force inouïe, il l'attrapa et la coinça entre son corps et la table.
-Belle, murmura-t-il en caressant sa nuque, désirable et...
-Et? Soupira Julia sur ses lèvres.
-J'ai envie de toi, murmura William en laissant ses doigts effleurer la fine peau de sa nuque.
Elle rit avant de venir déposer un baiser dans la nuque de son époux.
-Dans ce cas, prends-moi William, prends-moi si tu es un homme, maintenant, souffla Julia au creux de son oreille.
Elle s'éloigna à peine de lui pour croiser son regard et elle lui sourit. Elle sentit William se saisir de la bouteille pour venir boire une longue gorgée. Il envoya la bouteille plus loin et une seconde plus tard il scella ses lèvres aux siennes. Il l'embrassa avec avidité. Julia poussa un long gémissement de plaisir, s'accrochant de toutes ses forces à son cou. Les mains de William partirent alors à l'exploration de son corps. Elle écarta les jambes et s'assit sur la table sans même quitter sa bouche, sentant sa langue danser sensuellement avec la sienne. William se plaça entre ses jambes en lui remontant le bas de sa jupe sur ses cuisses. Il lui ouvrit sa chemise pour venir déposer de brûlants baisers sur son corset et le haut de sa poitrine. La jeune femme se cabra de délice et ainsi la danse commença. La passion avait pris le pas sur la tendresse et en quelques courtes minutes, ils se trouvaient nus tous les deux. La table trembla à plusieurs reprises sous les assauts et les violents coups de rein de William, puis, Julia enroula ses jambes autour des hanches de son époux. Il plaça ses mains sur ses fesses nues et il la porta jusque devant la cheminée sans pour autant cesser de laisser sa langue danser sur la fine peau de son cou. William l'allongea sur le sol, la regardant quelques secondes, voyant le feu dessiner les courbes de son corps déjà transpirant. Il vit le médaillon qu'il lui avait offert à noël reposer entre ses seins. Il y posa la main et le caressa du bout des doigts, provoquant un autre spasme de plaisir chez la jeune femme. Il sentit la main de son épouse sur son torse et il se pencha vers elle à nouveau sans quitter son regard. Ils échangèrent encore un sourire, avant qu'ils ne s'embrassent à nouveau tendrement et profondément, avant que William ne lui montre à quel point il l'aimait, à quel point elle le rendait fou. Les gémissements résonnèrent à l'unisson, comme une musique, avant que finalement, ils ne reprennent leur souffle, étroitement enlacés devant le feu, après avoir partagé ce qu'ils n'avaient plus connus depuis des semaines déjà, le bonheur et la plénitude d'aimer et d'être aimé.
à suivre...
