Voici le dernier chapitre de ma fic !

Je vous remercie toutes pour vos messages et votre soutien.

Et je ne pense pas faire de suite. Désolée pour l'attente, mais je travaille actuellement sur une autre histoire qui me demande beaucoup de temps (et surtout de recherches !), postée sur un autre forum.

Merci surtout à vous, Aulandra17, Lovelly, Aude77, Missguyane et Onja. Vos reviews font chaud au cœur !

J'espère sincèrement que cette fin va vous plaire.

Allez, je n'en dis pas plus, sauf que j'ai été contente de vous faire partager cette fic.

Bonne lecture !

Chapitre 17

Toute la famille se trouvait réunie et se leva pour m'accueillir. Des sourires illuminaient chaque visage. Emmett fut le premier à mes côtés. Il me serra dans ses bras puissants. Si j'avais pu, j'aurai suffoqué dans cette étreinte.

- Content de te compter parmi nous, Rachel. Ta décision de rester me ravit. Dit-il

- Merci, Emmett. Fis-je, un peu émue par cet accueil.

- Je croyais qu'on avait convenu que je serai le premier informé. Me taquina-t-il.

- Manque de temps et d'occasion. Répliquai-je. Et puis, je crois que tu étais occupé quand j'ai pris ma décision. Continuai-je en regardant Rosalie.

- Tu es pardonnée, alors. Rétorqua Emmett en partant d'un grand rire.

Puis, ce fut Rosalie qui me serra contre elle.

- Bienvenue, Rachel. Je suis heureuse que tu fasses partie de la famille.

- Moi de même.

- Quand ce sera fini, rejoins-moi au dernier étage. Murmura-t-elle à mon oreille.

Sans me laisser le temps de répondre, la belle me lâcha et disparut dans l'escalier. Ce fut Edward qui poursuivit la ronde des accolades.

- Je suis ravi de t'accueillir parmi nous.

- Je te remercie, Edward. Et je te suis grée d'avoir demandé à Carlisle de me rejoindre.

- C'est naturel. Répondit-il. Par ailleurs, je te promets autant d'intimité que possible.

- Curieuse de voir cela. Répliquai-je.

Il me lâcha et Bella prit la relève. Elle m'enlaça avec un bras, le deuxième tenant Renesmée, endormie.

- Je suis contente que tu nous rejoignes.

- Merci beaucoup, Bella.

Je commençais à me sentir gênée. Jamais, je n'avais été au centre de l'attention, de cette manière. Mais, je sentis ma nervosité me quitter d'un coup. Une vague de bien-être m'envahit. Jamais je n'avais été capable de cela. Je lançais un regard interrogateur à Jasper. Il sourit, en hochant presque imperceptiblement la tête. Je le remerciai de la même façon. Soudain, Jacob fut devant moi.

- Alors, que t'avais-je dit ? Fit-il, en me donnant une amicale bourrade sur l'épaule

- Il semblerait que tu avais raison. Admis-je.

- Tu m'excuseras de ne pas te serrer dans mes bras, mais ...

- Pas de problème, Jacob. Je ne voudrai pas que tu t'enrhumes. Quoique… je n'ai jamais vu cela. Il faudrait y remédier. Le taquinai-je.

- Très drôle. Vraiment hilarant. Répliqua-t-il.

Le visage brun et souriant de Jacob laissa la place à celui d'Esmée. Elle semblait rayonner et me serra fort chaleureusement contre elle.

- C'est un plaisir de te compter dans la famille.

- Le plaisir est partagé, Esmée.

- Je ferai ce que je peux pour te rendre la tâche plus aisée, ma fille. Me susurra-t-elle

- Vous m'en voyez comblée.

Sans le vouloir, j'avais repris le parlé de mon époque, celui que j'employais avec ma propre mère. Comme quoi, il y a des choses qui ne s'oublient pas. Jasper s'approcha à son tour et m'enlaça cordialement.

- Je te souhaite la bienvenue, Rachel.

- Merci. Pour ça et pour tout à l'heure.

- Ce n'était rien. Fit-il, en souriant

- Si tu le dis. Répliquai-je.

Puis, sans comprendre comment, je me retrouvais dans les bras d'Alice.

- Bonjour et bienvenue.

- Je te remercie.

- On va bien s'amuser. Poursuivit-elle, en me relâchant

- Tu as l'air bien sûre de toi. Remarquai-je

- Je sais. Fit-elle, avec une adorable moue. Allez, viens ! Poursuivit-elle, en me saisissant la main. Je n'en peux plus d'attendre !

Alice m'entraînait vers l'escalier. Interloquée, je jetai un regard interrogateur autour de moi. Jacob, Edward et Bella n'étaient plus là. Ils devaient être rentrés chez eux, et je ne les avais pas entendus partir. Jasper m'adressai un sourire d'un air entendu. Emmett levai les yeux au ciel. Quant à Carlisle et Esmée, ils m'encouragèrent d'un signe de tête à suivre Alice. Un peu surprise, j'emboîtai le pas à ce petit vampire, qui semblait déborder de joie.

- Tu vas adorer. Affirma-t-elle, pendant que nous montions l'escalier.

- Si tu le dis. Murmurai-je.

- Allons, un peu d'enthousiasme.

- Je peux savoir où nous allons ? Priai-je

- Non. C'est une surprise.

- Euh… Alice…

- On n'a pas eu le temps de préparer quelque chose, mais je suis certaine que tu vas aimer quand même. M'interrompit-elle.

Résignée à ne pas réussir à la faire taire, je la suivai docilement. Elle m'entraîna d'un pas vif vers une porte que je n'avais jamais franchi. Alice semblait danser tout en marchant. Sa démarche avait une grâce que je n'avais encore jamais vue. Je ne sus si c'était l'excitation qui la faisait marcher ainsi, ou si c'était habituel. J'espérais que ce soit naturel. Elle s'arrêta devant la porte close.

- Rose, c'est bon ? Fit-elle, à travers la porte.

- Ça ira, je suppose. Répondit l'intéressée, de l'autre côté de la porte close.

- Rachel, tu es prête ? Demanda Alice, en se tournant vers moi, resplendissante.

- Allons-y. Soupirai-je

Alice ouvrit d'un mouvement vif la porte et me tira à l'intérieur. Je découvris alors une pièce dont les proportions me plurent aussitôt. Ce n'était pas un semblant d'appartement comme celle de Rose et d'Emmett. Cette chambre était plus intimiste. Une baie vitrée constituait tout un mur. La vue était tout simplement splendide. Pendant un instant, je m'abandonnais à la contemplation de la rivière et de la forêt qui s'étalaient devant moi. Une moquette dorée recouvrait le sol et des tissus cachaient les murs. Cela contribuait à offrir à la pièce une ambiance douce et chaleureuse. Des étagères vides couraient le long d'un mur et un canapé en cuir noir trônait au milieu de la pièce.

Je me tournai vers Alice et Rosalie.

- Et c'est … Commençai-je

- Ta chambre. Répondit aussitôt Alice.

- C'est l'ancienne chambre d'Edward. Compléta Rose. Comme elle est un peu à l'écart des nôtres, on a pensé que tu apprécierais. Maintenant, si tu préfères, tu peux te choisir une autre pièce. Il y en a d'autres de disponibles.

Je regardai encore une fois autour de moi, avant de me tourner vers les deux complices.

- Non. Elle sera parfaite. Fis-je, en souriant. Merci beaucoup.

- De rien. J'étais certaine qu'elle te plairait. Applaudit Alice

- Facile. Tu l'as vu. Répliquai-je

- Un petit avantage, je l'avoue. Avoua-t-elle. Demain, je la meublerais. Bien sûr, tu pourras m'aider si tu le souhaites. Continua Alice, ne pouvant cacher son enthousiasme à cette idée. J'imagine très bien le résultat final. Ce sera magnifique Pour le dressing, ne te fais aucun souci, je m'en occupe.

- Pardon ? Tu peux répéter la fin, je te prie ?

- Oui. Je vais prendre les choses en main. Tu n'as rien à te mettre, alors je vais remédier à cela. Tu verras, tu vas adorer. Affirma-t-elle, sans chercher à masquer la joie qu'elle ressentait.

- Je crois que je dois me méfier de ça. Rétorquai-je. Déjà avec Rose, ce n'était pas évident tous les jours. Alors, si vous vous y mettez toutes les deux… pas que j'ai des doutes, non. Juste un peu d'appréhension.

- Fais-moi confiance et tout ira bien.

- Je ne sais pas pourquoi, je suis certaine que je n'aurai pas le dernier mot, Alice. Tu as gagné. Abdiquai-je. Mais une requête, alors. Que des affaires simples. Pas de chichi, ni de fanfreluches, ni pompons, ou rien de ce style.

Alice fit mine d'écouter attentivement, mais son regard et son sourire étaient suffisamment espiègles pour que je comprenne qu'elle n'en ferait qu'à sa tête.

- C'est noté. Mais, je ne te promets rien. Des fois que j'ai un coup de cœur. Fit-elle, avec une moue adorable

Je poussai un soupir. Ayant déjà eu un aperçu de Rosalie et ses idées vestimentaires, je résolus de ne pas porter ce qui ne me plairait pas, sauf si j'avais un moment de faiblesse. Moi qui avais peur de l'accueil, il était un peu trop débordant ! Je vis Rosalie se diriger vers une commode. Elle tenait mon sac à dos à la main.

- Rose, que fais-tu ? L'interpellai-je

- Je vais juste mettre tes maigres affaires dans cette commode.

- Laisse, je vais le faire. Fis-je, en la rejoignant.

- Pendant que vous faites cela, je réfléchis à mes futurs achats. Dit Alice, en s'asseyant sur le canapé.

En un tournemain et avant que je ne la rejoigne, Rosalie avait pris le livre dans mon sac et l'avait déposé sur le meuble. Elle ne sortit pas ma tenue de rechange, ce que je compris parfaitement. Je ne pensais qu'elle m'aurait laissé la porter. De plus, je n'étais pas fâchée de cela, au vu de la provenance des habits. Dire que je les avais pris sur un cadavre ! Cela me semblait loin, à présent, même si ça ne datait que de quelques semaines. Puis elle glissa la main dans la poche avant et en sortit les bijoux de ma mère, derniers reliquats de mon existence humaine.

- Ils sont beaux. Déclara Rosalie. D'où viennent-ils ?

- De ma mère.

- Je peux regarder ? Demanda-t-elle

- Parce que ce n'est pas ce que tu fais déjà ? Répliquai-je. Allez, fais-toi plaisir.

D'une main experte, Rosalie disposa les quelques colliers, bagues et bracelets que je possédais. Son regard s'arrêta sur un collier.

- Celui-là, il vient de ta mère aussi ? S'enquit-elle, d'une voix soudain tendue.

- Oui. Pourquoi ? Répondis-je, un peu surprise

- Tu en es persuadée ? Tu ne confonds pas ? Insista-t-elle.

- Bien sûr que j'en suis certaine. Affirmai-je. Qu'y a-t-il, Rose, avec ce collier ?

- Attends-moi là. Ordonna-t-elle, en me rendant le bijou.

Elle sortit à toute vitesse de la pièce. Je me tournai vers Alice. Elle savait sûrement ce qui se passait, ou du moins, elle s'en doutait.

- Où va-t-elle ? Demandai-je à Alice

- Dans sa chambre. Répondit-elle. D'ailleurs, elle revient.

A ce moment-là, les yeux d'Alice s'écarquillèrent.

- Alice ? Fis-je, ne comprenant pas ce qui se passait.

Rosalie entra en coup de vent dans la pièce.

- Rose, Alice a l'air bizarre. Que lui arrive-t-il ?

- Elle a une vision. Me répondit mon amie. Alice ! Alice ! Que vois-tu ?

Mais, Alice ne répondit pas. Ses yeux reprirent leur aspect normal, si ce n'est que de la tristesse semblait voiler le beau doré de ses iris.

- Alice, réponds ! Qu'as-tu vu ? Continua Rosalie.

- Un moment difficile, mais nécessaire. Répondit l'intéressée, en me regardant.

Je la regardais, interloquée. Que voulait-elle dire ? Je n'aimais guère les énigmes

- Tu peux en dire plus ? M'enquis-je

- Non. Fit Alice, catégorique. Je préfère laisser les choses se réaliser.

- Bon, si c'est ce que tu estimes le mieux. Dit Rosalie, avant de se tourner vers moi. Rachel, tu maintiens que le collier que tu tiens te vient de ta mère ?

- Bien entendu. Si tu en venais au fait, Rose !

- Tu pourras alors m'expliquer cela. Continua Rosalie, en me montrant ce qu'elle tenait dans la main.

- C'est impossible. Murmurai-je, stupéfaite.

Je saisi doucement le collier que Rose était allé chercher. Pas de doute possible ! C'était le même que le mien ! J'approchais les deux objets, afin d'y déceler d'éventuelles différences. Mais non, tout était identique. Les médaillons avaient la même taille, la même forme, le même poids. Tous les deux étaient ornés de deux roses entrecroisées. Le même fermoir se trouvait sur le côté du bijou. La seule différence résidait dans la forme de la clé suspendue à chaque chaîne.

- Impossible. Répétai-je

- La clé n'ouvre pas le pendentif. Indiqua Rosalie.

- Je sais. Murmurai-je, encore ébahie. D'où te vient celui que tu as apporté ?

- Ce n'est pas le mien. Objecta-t-elle. C'est celui d'Emmett.

- Emmett ? Fis-je, ne pouvant comprendre ce que cela signifiait

- Oui.

- Qu'est-ce que cela signifie, Rose ? Demandai-je.

- C'est plutôt moi qui attends des explications. Répliqua-t-elle.

- Je suis désolée, mais je ne comprends rien à tout ceci. Confessai-je

Je continuais d'observer les deux bijoux. Comment se faisait-il qu'Emmett possédait un collier identique au mien ? Je n'arrivais pas à trouver une explication à cette énigme.

- Tu as vraiment l'air de ne rien savoir. Convint Rosalie. Il ne reste plus qu'à essayer de les ouvrir.

- Tu penses que… ma clé ouvre le médaillon d'Emmett, et inversement ? Demandai-je

- Celle d'Emmett n'ouvre pas son pendentif, et j'ai cru comprendre que c'était pareil pour le tien. Alors, on peut toujours tenter.

- D'accord. Reprends celui-là. Déclarai-je, en lui tendant le collier qu'elle était allée chercher.

Rosalie se saisit du pendentif. Je lui tendis la clé de mon collier, sans pour autant la détacher. Si, par hasard, Rosalie se trompait, je ne voulais pas risquer de confondre les clés. Elle la prit, et j'attrapai la seconde.

- Ensemble. Exigea Rosalie.

Je lui répondis par un hochement de tête. Avec appréhension, je glissai la clé dans le fermoir. Je fus surprise de constater qu'elle entrait parfaitement. Je poussai un soupir et tourna la clé. Quelle stupéfaction de voir le pendentif s'ouvrir. Cela faisait 70 ans que je me demandais ce qu'il y avait à l'intérieur et là, j'allais le savoir. Mais, rien ne m'avait préparé au choc que j'allais recevoir !

- Ça alors ! S'écria Rosalie

- Non ! C'est impossible ! M'exclamai-je, d'une voix étranglée.

Je lâchai mon collier, comme s'il venait tout d'un coup de me brûler. J'avais l'impression de suffoquer, bien que je savais la chose impensable. Je perçu le fourmillement dans mes bras. Je ne devais pas rester ici ! Je repoussai Rosalie, sans la toucher toutefois et m'élançai par la fenêtre qu'Alice avait ouverte. Elle l'avait su avant que nous n'ouvrions les pendentifs ! Ses mots me revinrent : « Un moment difficile, mais nécessaire » ! Quelle gageure ! J'entendis la voix d'Alice résonner derrière moi

- Non, Rose ! Ne la suis pas ! Laisse-la.

- Quoi ?

- Ce n'est pas de nous qu'elle a besoin. Descendons ! Les autres s'inquiètent de ce qui a provoqué ce raffut !

J'atterris sur un arbre faisant face à ma chambre. Je me saisis d'une branche et, à l'aide d'un coup de rein, je me propulsais le plus loin possible. Je voulais m'éloigner, afin de digérer le choc. Je sautai à terre et me mis à courir. Tout en poursuivant ma cavalcade, je ne pouvais m'empêcher de revoir ce que j'avais découvert. A l'intérieur du médaillon, il y avait deux photos. La première représentait mes parents. Sur la seconde, il y avait un jeune homme d'environ 18 ans et une jeune fille de 12 ans. Je m'étais reconnue immédiatement, et je n'avais guère eu de mal à identifier le jeune homme. Emmett. En dessous des photos, une inscription que je n'oublierai plus jamais :

A nos enfants, Emmett et Rachel. Avec tout notre amour.

Mon frère ! Emmett était mon frère ! Comment se faisait-il que je ne l'avais pas reconnu ? J'avais oublié le visage de mon propre frère ! C'était impardonnable. Avec toutes les heures que nous avions passées ensemble, nous ignorions que nous étions de la même famille. Que lui ne m'ai pas reconnue, je le concevais sans problème. Après sa disparition, il s'était écoulé 3 ans. J'avais changé. Je ne ressemblais plus guère à la gamine de 14 ans qu'il avait connu. Mais, moi, je n'avais aucune excuse ! Pas étonnant que nous ayons le même humour et que nous nous charrions sans cesse. Nos âmes s'étaient reconnues, si nous en avions encore une. Cette complicité instinctive, ce sentiment de bien-être et de sécurité que je ressentais lorsqu'il était à mes côtés, tout cela s'expliquait ! J'avais l'impression que mon cœur allait exploser, bien qu'il ne battait plus depuis des décennies.

Je m'arrêtai au milieu d'une petite clairière, près d'une rivière. Je ne percevais plus le fourmillement dans mes bras, annonciateur de mon don. Cette course effrénée m'avait calmée. Assise sur un rocher, j'inspirai profondément. Toutes les pièces du puzzle s'emboîtaient, et l'ironie de la situation ne manqua nullement de m'échapper. Mon frère avait disparu en 1935. A présent, je savais pourquoi. Il avait été transformé par Carlisle et était devenu un vampire. Il devait être mourrant, puisque le docteur n'aurait jamais fait cela autrement. J'essayais de raviver ma défaillante mémoire d'humaine. Au bout de quelques minutes, j'abandonnais mes efforts. Jamais je n'arriverai à me souvenir s'il était malade ou pas, ou si j'avais su autre chose que le fait qu'il ait disparut. Trois ans plus tard, en 1938, Thomas et Carole avaient tué nos parents et m'avaient transformée à mon tour. Soixante-dix ans plus tard, Emmett et moi nous retrouvions au hasard d'un chemin. Puis, les choses s'étant passées comme un scénario bien monté, j'avais décidé de rester chez les Cullen et de faire partie de leur famille. Sans ces médaillons, jamais je n'aurai su que je vivais avec mon véritable frère. Nous avions été séparés par des vampires et nous nous étions retrouvés grâce à des vampires ! Décidément, le hasard pouvait bien faire les choses.

Mais, que faire à présent ? Je ne voulais pas partir, pas de cette manière. Maintenant que j'avais fait mon choix, je désirais rester avec les Cullen. Mais, je n'étais pas sûre non plus de pouvoir rentrer comme si de rien n'était. Surtout que Rose et Alice avaient dû tout expliquer aux autres. Les autres ! Comment avaient-ils réagi en apprenant qu'Emmett et moi étions frère et sœur lorsque nous étions humains ? Et lui ? Heureux ? Choqué ? J'aurai voulu posséder le don d'Edward, afin de répondre à toutes les questions qui se bousculaient dans ma tête. Je maudissais ma curiosité ! Si seulement je n'avais pas ouvert les médaillons, tout serait plus simple ! Mais, Rosalie avait vu le mien, et tout s'était brusquement enchaîné.

Je poussai un soupir et baissai la tête. Pourquoi tout devait-il se compliquer ? J'aperçus mon reflet, dans l'eau calme de la rivière. Ce que j'avais changé ! Je ne décelais plus aucune trace de la vampire nomade que j'avais été. A la place, il y avait à présent une jeune fille resplendissante. Rosalie pouvait se vanter d'avoir fait du bon travail ! Mais, penser à Rosalie me ramenait immanquablement vers son compagnon. A l'heure qu'il est, il devait avoir été mis au courant de la situation, tout comme le reste de la famille. Ma décision ne changerait pas ! Je n'avais jamais été lâche, je n'allais sûrement pas commencer aujourd'hui ! J'allais retourner à la villa, et je verrai bien ce qui se passera.

A cet instant, j'entendis un bruit de course. Quelqu'un se dirigeait vers moi, à une allure toute vampirique. Si Moïse ne va pas à la montagne, c'est la montagne qui va à Moïse ! D'ailleurs, cette formule ne m'avait jamais paru aussi bien adaptée que maintenant. Je n'avais aucun mal à savoir qui était le vampire qui arrivait. Un seul pouvait courir avec tant de force et de puissance. Un léger sourire naquit sur mes lèvres. Je ne me voyais absolument pas dans le rôle de Moïse, mais une montagne d'humour et de muscles allait bientôt se trouver ici.

Emmett rappliquait, et il était seul.

Je respirai profondément, afin d'être la plus calme possible lorsqu'il serait là. Ce n'était absolument pas le moment de se laisser submerger par ses émotions. Nous allions avoir une petite discussion privée, d'autant plus privée que nous étions trop loin pour qu'Edward entende quoi que ce soit, et nous verrons bien ce qu'il en sortira.

Une seule personne savait peut-être comment tout allait se dérouler. Alice. Si j'avais eu un téléphone portable, j'aurai été tentée de l'appeler, juste pour connaître l'issue de la conversation qui n'allait pas tarder à s'amorcer. Allez, un peu de courage ! Après tout, pourquoi ce « détail » changerait-il quelque chose à la situation ? Tout va bien se passer !

Un changement dans le rythme de la foulée m'avertit aussitôt. Emmett était tout proche et il ralentissait. J'étais prête, aussi calme que je le pouvais. Lorsqu'il s'arrêta, je tournai la tête vers l'orée de la clairière. Il n'avait pas l'air d'être en colère. D'ailleurs, pourquoi l'aurait-il été ? Je ne connaissais pas un seul autre vampire qui soit capable de tout prendre avec un humour à toute épreuve. Mon sourire s'élargit. J'avais encore une fois cherché des problèmes là où il n'y en avait probablement aucun. Je réalisai enfin que tout était clair depuis le départ. Dès que j'avais vu comment les Cullen vivaient, j'avais désiré rester avec eux. Je n'avais fait que chercher des mauvaises excuses pour partir, sans en être convaincue moi-même. La réalité était que je voulais cette vie, que je m'y sentais bien, mais elle était tellement à l'opposé de tout ce que j'avais connu que j'en avais été effrayée. A présent, la crainte n'avait plus sa place.

Je réalisai qu'Emmett n'avait pas fait un pas dans ma direction. Il semblait plutôt attendre quelque chose. Mais oui ! Evidemment ! Comment en aurait-il été autrement ! J'avais quitté la villa bouleversée, j'avais utilisé la télékinésie pour repousser Rosalie (avec douceur, néanmoins) ! Le pauvre ! Il devait se demander si j'étais suffisamment calmée pour approcher sans risque. Je n'eus pas le temps de l'inviter à s'approcher, car ce fut lui qui prit les devants.

- Rachel ? Fit-il, une légère appréhension perçant dans sa voix. Tout va bien ?

- Oui, rassure-toi. Affirmai-je

Dès qu'il entendit cela, il franchit rapidement la distance qui nous séparait et prit place à l'autre bout de la pierre me servant de siège.

- Je crois qu'il faut qu'on discute. Commença-t-il, un peu gêné.

- Je le pense aussi. Confirmai-je. Je suppose qu'Alice et Rose vous ont tout raconté.

- Exact. Edward, Bella et Nessie sont venus très vite, sans doute appelés par Alice. Les filles ont attendu leur arrivée avant de tout expliquer. Elles nous ont montré aussi les médaillons. Jolies photos. Continua Emmett, son naturel jovial refaisant surface

- Et… qu'en a-t-on dit ? Demandai-je, un peu tendue

- Et bien…Alice était hyper enthousiaste. Un vrai petit lutin, à sautiller de joie ! Rose était heureuse pour nous. Après le premier moment de surprise, les autres ont réagi. Esmée était totalement enchantée. Carlisle, très heureux aussi. Jasper, contaminé par la bonne humeur ambiante. Bella m'a charrié sur mon manque de mémoire. Je la retiens, celle-là ! On verra bien de quoi elle se souviendra, dans 70 ans. Je compte lui rappeler deux ou trois petits trucs de sa vie d'avant. Déclara Emmett, sa bonne humeur naturelle revenant au triple galop. Edward était ravi et il s'est même découvert de l'humour. Comme quoi, il change, le frangin. Le mariage lui fait du bien !

- Tu n'as pas l'impression d'oublier quelqu'un ? M'enquis-je, souriante.

- Jacob n'était pas là. Ce que Rose apprécie, d'ailleurs.

- Ce n'est pas vraiment à lui que je pensais. Remarquai-je

- Oh ! Moi ? Fit-il, feignant la surprise.

Nous éclatâmes de rire. Décidément, il était le meilleur pour détendre une situation. C'était sûrement son don. Je n'aurai pu rêver mieux comme frère.

- Allez, Emmett. Dis-moi. Insistai-je, une fois notre rire calmé.

- Franchement, j'ai été stupéfait. Je ne m'y attendais pas ! Et puis, une fois la surprise passée, ce qui a mis un peu de temps, j'ai été enchanté de cette nouvelle. C'est inouï, incroyable, même ! Se retrouver, comme ça. Ne m'en veux pas, mais j'avais accepté naturellement l'idée de ta mort.

- Je ne t'en veux pas. Moi aussi, je pensais que tu étais mort.

- Ce qui est normal, vu la façon dont j'ai disparu. Fit-il, avant de reprendre. En plus, on s'entend super bien ! C'est vraiment trop cool ! Mais, ensuite, après la joie de cette annonce, je m'en suis voulu. Avoua-t-il.

- De quoi ? Demandai-je

- D'avoir oublié le visage de ma charmante petite sœur. Répondit-il, en replaçant doucement une mèche derrière mon oreille.

- Tu n'as pas à t'en vouloir. J'ai changé, depuis la dernière fois qu'on s'est vu. C'est plutôt moi qui suit à blâmer. J'aurai dû te reconnaître, et j'ai honte d'avouer que ça n'a pas été le cas. Confessai-je, attendrie par son geste.

- Tu étais jeune, et je vadrouillais souvent. Conclusion, nous sommes ex aequo. Personne n'est à blâmer. Sauf…

- Sauf quoi ?

- Tu as l'habitude de te calmer seule, je le conçois. D'ailleurs, tout le monde a compris ta réaction. Mais à présent, tu fais partie de notre famille. Il va falloir que tu apprennes à compter sur nous, à te reposer un peu sur nous. A ce propos, la prochaine fois qu'il est prévu de te bouleverser, on s'assurera que Jasper est à tes côtés. Déclara-t-il, avant d'ajouter. Et puis, maintenant, je suis là. Et je compte bien veiller sur ma petite sœur.

- Ben tiens ! Je suis curieuse de voir comment tu vas faire ça ! Raillai-je

- On a des doutes ?

- Aucun. Assurai-je.

Néanmoins, je me demandais quand même ce qu'il entendait par « veiller sur moi ». Comme Emmett reprenait la parole, je n'allais pas tarder à connaître la réponse

- Tout d'abord, il me semble que ta chambre a besoin de nouveaux meubles et d'être décorée.

- Il paraît, en effet. Admis-je.

- Tu as carte blanche. Achètes ce que tu veux, ne regardes pas à la dépense. Je me charge de tous les frais. Affirma-t-il, avec sérieux.

- Quoi ? Fis-je, ébahie. Mais, il n'en est pas question !

- Tu as de l'argent ? Reprit-il, sans se laisser démonter.

- Non, évidemment. Soupirai-je.

- Alors, la question est réglée. Mes fonds sont à ta disposition. Et, je te le dis tout de suite, ma petite Rachel, c'est non négociable.

- Quel grand frère autoritaire ! Répliquai-je, en souriant.

- De vieilles habitudes, sans doute, qui refont surface. Confirma-t-il, avec un immense sourire.

- Pour en revenir à la chambre, Alice compte s'en occuper. Déclarai-je, curieuse de voir sa réaction.

- T'inquiètes, je lui parlerai. Et puis, elle a très bon goût, tu verras. Dit-il, avant d'enchaîner, tout sourire. Un peu de confiance, que diable !

- Ok, je m'incline. Alice choisit, tu paies. C'est ça ?

- Tout à fait. Et je ne parle pas que pour la chambre. D'ailleurs, il faudra que je t'ouvre un compte. Reprit-il, songeur. Je verrai ça avec Carlisle. Et bien sûr, je te l'approvisionne.

- Bien sûr ! Fis-je, avec une petite moue sarcastique. Tu es à la tête d'une véritable fortune et tu me fais profiter de tes largesses.

- Tu crois quoi ? Evidemment, l'argent ne nous pose aucun souci. Je t'explique. Nous avons tous plusieurs comptes, et ils fructifient très bien grâce à Alice, qui nous dit comment l'optimiser grâce à la Bourse. Comme elle voit tout à l'avance, c'est un jeu d'enfant. Tu verras. Bientôt, tu comprendras à quel point c'est facile.

- Emmett, on ne peut pas faire l'inverse de ce que tu proposes ? Demandai-je.

- Comment ça ?

- Ça me gêne que tu dépenses autant d'argent pour moi. Avouai-je. Même si tu en as beaucoup. Alors, on pourrait m'ouvrir d'abord un compte, tu mets la somme de départ, et ensuite je me débrouille.

- Pas question. Laisse-moi faire ça pour toi. On dira que c'est pour tous les Noël et les anniversaires que j'ai loupés. Ne me gâche pas mon plaisir, s'il te plaît.

- C'est bien ce que je disais, tu es entêté. Mais, j'apprécie beaucoup.

- Youpi ! J'ai gagné ! S'exclama-t-il, en me gratifiant au passage d'une bourrade amicale sur l'épaule. Donc, je m'occupe de toutes tes premières dépenses !

- Attends, attends. L'interrompis-je. Je croyais qu'on parlait seulement de la chambre ! Qu'est-ce que tu entends par « premières dépenses », exactement ?

- Tu pensais que j'allais me contenter de t'offrir quelques meubles ? C'est mal me connaître, ma petite. Non, je parlais aussi de la garde-robe…

- Comment n'y ai-je pas pensé ? Soupirai-je.

- On se le demande, en effet ! Railla-t-il. Et tu as oublié aussi le téléphone portable et la voiture.

- Emmett ! T'es sérieux, ou tu te fous de moi ? C'est trop !

- Générosité est mon deuxième prénom. Et si cela peut te rassurer, je suis certain que je ne suis pas le seul à vouloir dépenser de l'argent pour toi. J'ai quelques autres noms en tête. D'ailleurs, on a fait pareil pour Bella, même si Edward voulait tout payer. On a notre fierté, quand même. Toute la famille s'y met pour accueillir un nouveau membre. Alors, ne fais pas la petite sœur capricieuse. On a déjà eu droit au film.

- C'est bon. J'abandonne. Je vous laisse tout organiser. Et on verra plus tard.

- Super ! Ça va être top ! S'écria-t-il, avant de demander. Au fait, tu aimes quoi, comme voiture ?

- Parce que j'ai le choix ? Répliquai-je, un peu sceptique quant à la réponse.

- Bien sûr. Affirma-t-il.

- Je ne sais pas trop. Je ne m'y connais pas vraiment.

- Pas grave. Rose et Ed s'y connaissent très bien. On verra ça ensemble, tous les quatre.

- Emmett, je peux t'avouer quelque chose ? M'enquis-je, feignant l'embarras.

- Qu'y a-t-il ? Je te trouve bien sérieuse, tout d'un coup.

- C'est que… je ne compte pas rester quelques mois avec vous. Continuai-je, d'une petite voix.

- Que veux-tu dire ? Demanda-t-il, visiblement soucieux

- Je suis au regret de t'annoncer que…

- Attends ! Qu'est-ce que tu nous fais, là ? M'interrompit-il, la voix teintée d'inquiétude

- Tu vas devoir me supporter très longtemps. Je ne compte plus repartir. Terminai-je, avec un sourire narquois.

- Rachel ! Tu m'as fais peur, là ! Pendant un instant, j'ai cru…Je ne veux plus te perdre, petite sœur. Fit-il, en me serrant entre ses bras puissants.

- Moi non plus, je ne veux plus te perdre, grand frère. Affirmai-je, émue, en me laissant aller dans la chaleur de son étreinte.

- Tu vas voir, l'avenir sera formidable ! Affirma Emmett, sans desserrer les bras. Chasse et plaisirs, le tout ponctué par quelques impondérables, la vie de famille et la mascarade pour les humains. Tu vas adorer ! Et rien de fâcheux ne t'arrivera.

- J'ai confiance en toi, grand frère. Murmurai-je. Ne me laisse pas faire de bêtises et tout gâcher.

- Je prendrai soin de toi. Je t'aiderai à passer le cap du changement de régime. Il n'y aura pas de problèmes. Si jamais tu fais un écart, à un moment donné, on s'arrangera. On est tous passé par là, et j'ai aussi fait des erreurs au début. Personne ne t'en voudra, ne t'inquiètes pas. Et quand tu seras prête, tu viendras en cours, avec nous. Tu as tant de choses à découvrir ! Et l'éternité pour le faire.

- Je ne demande rien de plus. Soupirai-je, heureuse.

Nous restâmes enlacés quelques instants. Nous étions heureux de ces retrouvailles, et rien ne viendrait les entacher, j'en avais la conviction. Si j'avais pu, j'aurai pleuré de joie !

- Quel grand sentimental tu fais ! Le taquinai-je

- Je sais. Fit-il, en me relâchant.

Il se remit debout et me tendit la main.

- Prête pour le retour à la maison, petite sœur ?

Je saisi sa main et me relevai à mon tour.

- Bien sûr. Rentrons, grand frère.

- Une petite course ? Proposa-t-il, en souriant.

- Tu crois être en mesure de me battre ? Ironisai-je.

- Pourquoi pas ? Ou alors, tu as la frousse de perdre ?

- Pas du tout. Prêt ?

Nous quittâmes la clairière en courant, main dans la main. Nous riions, heureux d'être à nouveau ensemble. Puis, nos mains se séparèrent. Sans ralentir, ni cesser de rire, ravis de courir côtes à côtes, nous nous dépêchâmes de rentrer. Quand nous arrivâmes en vue de la villa, j'en ressenti un bonheur immense. L'avenir était plein de promesses et s'annonçait sous les meilleurs auspices.

FIN