Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna et Sergueï

Béta : BettyMars

Zarakinel, merci pour ta fidélité.

Allez… voici un chapitre tout doux, tout mignon, du Nutella© au pays des Bisounours … Un peu de tendresse dans ce monde de brute… lol. J'en dis pas plus et je vous laisse découvrir...

Bonne journée, bonne lecture et à mercredi


Chapitre 26 : Famille.

Dimanche 22 Juin 1986.

Severus regarda l'heure pour la troisième fois. Huit heures quarante huit. Il grogna avant de se fustiger mentalement. Il se donnait l'impression d'être un gamin bourré aux hormones qui attendait lors de son premier rendez-vous. Et tout ça pour quoi ? Pour être dans le salon lorsque Milo arriverait afin d'arrêter l'alarme le plus rapidement possible. Même si la veille il avait donné une potion à son fils pour qu'il passe une bonne nuit de sommeil, il préférait faire le moins de bruit possible. Ioann avait été très perturbé après le passage des Malfoy. Les paroles de Draco l'avaient visiblement bien bouleversé. Il s'était retenu de pleurer toute la soirée. Du moins c'est ce qu'il avait essayé de faire croire. Car il avait tout de même versé des larmes quand il croyait que son père ne le voyait pas. Ensuite il avait voulu faire par lui-même, sans aide, même s'il n'y arrivait pas tout seul. C'était finalement au moment d'aller au lit, alors qu'il se battait avec son pyjama pour l'enfiler qu'il avait craqué. Il avait éclaté en sanglots en s'effondrant au sol.

Severus qui avait toujours un œil sur lui était arrivé dans la seconde pour le prendre dans ses bras. Et alors qu'il le rassurait, il l'avait entendu murmurer qu'il n'était qu'un bébé incapable de se débrouiller, qu'il ne méritait pas d'être avec lui et qu'il n'avait qu'à le ramener chez son oncle. Oh, bien sûr il n'avait pas dit cela comme ça. Il l'avait prononcé avec ses mots, de façon incertaine, et pendant de très longues minutes. Mais cela n'avait pas empêché le cœur de l'homme en noir de se serrer. Il avait mis presque une heure pour arriver à lui faire comprendre que jamais il ne retournerait là-bas. Que jamais il ne laisserait Sergueï s'approcher de lui et que s'il restait toujours un petit bébé, alors il serait Son petit bébé et que c'était tout ce qui importait. Puis il l'avait aidé à enfiler son vêtement correctement avant de l'installer sous les draps. Il lui avait fait boire la potion en lui promettant une surprise pour le lendemain. Mais avant que l'enfant ne l'interroge, la potion avait déjà fait effet et il dormait d'un sommeil récupérateur.

La cheminée se teinta de vert. Baguette à la main Severus se leva face à elle. Le Russe arriva dans le salon avec sa valise et son visage enjoué malgré la fatigue. Le sort d'alarme fut arrêté avant que l'anglais ne range calmement sa baguette. Milo lâcha son bagage, s'approcha de son ami et le broya dans une étreinte à couper le souffle.

- Sev ! Que je suis content de te revoir !

- Enlève tes sales pattes de moi.

- Je vois que tu es toujours aussi avide de câlins, ironisa Milo.

- Je ne les aime que d'Iva et Ioann. Tu n'es ni l'un ni l'autre alors je préfère que tu restes à une distance décente de moi.

- Vieux rabat-joie rabougri et rachitique. Bon et il est où mon angelot de filleul ?

- Vieux ? Et puis quoi encore. Tu as trois ans de plus que moi !

- Au moins tu n'as rien dit sur le rabat-joie rabougri et rachitique. C'est bien de reconnaître ses défauts ... et tu ne m'as pas répondu pour Io.

- Il dort, marmonna Severus peu ravi de s'être fait avoir.

- Ok. Alors prépare-moi un café sinon je risque de m'endormir avant son réveil.

- Tu as dû me confondre avec un elfe de maison ... Alors, dure journée ?

- T'imagines même pas ! Les deux matchs ont duré le maximum ... jusqu'aux tirs aux buts ils nous ont menés ... pour les deux ... j'ai à peine dormi deux heures avant d'écraser mon réveil et d'arriver.

- Tu n'auras qu'à faire la sieste avec Ioann cet après midi. Et après ça me serine que ça passe des nuits et des nuits à faire la fête. Tu parles, quel petit joueur surtout.

- On verra quand tu auras mon âge, jeune insolent.

- Voilà, tu prends enfin la mesure de ton âge. La barbe c'est dans une optique bien spéciale ? J'aurais espéré que tu sois net en venant nous voir. Tu vas faire peur à Ioann, tu as l'air d'un voyou.

- Méfies-toi Severus, la Sagesse est dans la tête, et non dans la barbe. (*)

- Chez toi il y a eu un sacré raté alors, tu n'as rien dans la tête, c'est bien connu.

- Et ce café il arrive oui ? Râla Milo en s'avachissant sur le fauteuil. C'est chouette chez toi. J'aime bien la déco. Surtout les photos de moi. Je savais bien que tu ne pouvais pas te passer de ma chère personne.

- Et oui que veux-tu. C'est pratique pour jouer aux fléchettes. De toute façon tu es comme de la mauvaise herbe. Plus on te vire et plus tu reviens.

Et avant qu'il n'ait pu riposter, Milo regarda Severus disparaître dans sa cuisine. Il sourit avant de poser la tête sur le dossier de son fauteuil et de fermer les yeux. C'était la première fois qu'il venait dans cette maison mais il l'appréciait déjà. Elle n'était visiblement pas très grande mais pas besoin d'un palace pour être à l'aise. Une odeur de café chaud lui chatouilla les narines. Il rouvrit les yeux pour voir son ami arriver avec un bol de café et une tasse de thé. Il attrapa le récipient avec vénération et en avala trois gorgées bien chaude. Il savoura le goût sous l'œil moqueur du brun. Celui-ci en profita pour lui donner la formule contre le sort de traduction et il lui expliqua qu'il devrait le lancer dès que Ioann arriverait afin qu'il puisse communiquer en Russe sans interférence. Le blond râla un peu comme quoi il avait beau connaître plusieurs langues, le grec n'était pas sa préférée. Puis un silence confortable s'installa entre eux. Le journaliste se sentit doucement partir dans un monde onirique. Il était prêt à s'endormir profondément quand il réalisa qu'on déposait sur lui une couverture. Il sourit paresseusement.

- Tu te ramollis, Sev'. Bientôt tu viendras me border et m'embrasser pour me souhaiter une bonne nuit.

- J'ai juste goût que tu ne tombes pas malade afin de protéger mon fils de tes microbes.

- Il dort encore ?

- Oui, et tu devrais en faire autant. Je te réveillerais quand il se lèvera. Du moins si l'alarme ne t'a pas réveillée avant.

Milo hocha à peine la tête et se laissa entrainer dans les limbes. Severus le regarda en secouant la tête. Et voilà, il avait deux bébés à la maison. Mais que le Russe ne compte pas sur lui pour le tenir façon Koala. De un il était trop grand et trop lourd et de deux, c'était l'exclusivité de son fils. Avec un sourire en coin, il débarrassa la petite table et alla préparer le petit déjeuner du plus jeune : un grand bol de chocolat au lait avec trois tartines à la confiture de mûre et un verre de jus de citrouille. Il mit le tout sur un plateau avant de poser un sort de conservation dessus. Puis il revint au salon. Il attrapa un livre et s'installa confortablement. Un léger ronflement lui servait de musique douce. Et il se promit d'en faire la remarque au dormeur quand il serait éveillé.

o0o

Une alarme se mit en route. Le Russe sursauta et se leva chancelant, baguette à la main. Il fronça les sourcils, perdu dans ses repères avant de tomber sur le regard moqueur que son hôte. Et tout lui revint en mémoire alors qu'il grognait de mauvaise foi quand il s'entendit dire que c'était juste la sonnerie signalant le réveil de l'enfant. Severus se permit un petit rire avant de se diriger vers l'étage. Il entra dans la chambre éclairée par le soleil s'invitant au travers des interstices des volets. Ioann était toujours allongé. Il se frottait les yeux tout en baillant allégrement. Dès qu'il vit son père, un sourire illumina ses traits ensommeillés. Le traditionnel câlin matinal échangé, l'adulte ne put s'empêcher de lui demander s'il voulait aller voir son cadeau. L'enfant releva la tête et le regardant plein d'incompréhension. Severus se demanda un instant si la veille il avait rêvé lui en avoir parlé ou s'il l'avait bien fait. Mais en fouillant dans sa mémoire, il se revit lui promettre une surprise. Un enfant normal aurait tout de suite pensé à ça en se levant. Mais son fils l'avait oublié.

Il lui embrassa le nez avant de lui signaler qu'il y avait quelqu'un dans le salon qui voulait le voir. La crispation ne passa pas inaperçue. L'enfant n'appréciait pas trop les surprises. Elles n'étaient pas toujours bonnes et certaines faisaient mal. Mais Ioann se leva docilement. Il enfila ses chaussons et sa veste avec l'aide de son père. Puis ils descendirent tous les deux, main dans la main. Le garçon gardait la tête basse pour bien surveiller les marches et ne pas tomber alors que Severus avait le regard fixé sur son visage ne voulant rien rater de sa réaction. Ils arrivèrent en bas des marches et le garçon releva les yeux pour tomber dans le regard de Milo. Il écarquilla les yeux au maximum alors que sa bouche formait un petit « o » de surprise. La main qui tenait celle de son père se serra brusquement comme pour se prouver qu'il ne rêvait pas. Puis la joie prit le pas sur son visage et un grand bonheur illumina ses pupilles. Il lâcha la main et courut vers leur invité en criant « Oncle Milooo ». Celui-ci le réceptionna, l'attrapa dans ses bras et le serra fortement.

- Hey bonhomme, que je suis content de te revoir ! Tu as l'air en plein forme.

- Oui, vais bien. T'es là longtemps ?

- Non, juste quatre jours.

- Oh !

- Ne sois pas déçu Petit Ange. Tu vas voir, on va bien s'amuser pendant ce temps là. Et puis je reviendrais dans une quinzaine de jours si Papa le veut bien.

- Veux bien papa ? Demanda Ioann en se retournant vers lui tout excité.

- Bien sûr Mon Cœur, lui répondit-il en se disant que s'il gardait toujours cet air de pur bonheur, il était prêt à inviter Milo toutes semaines pour les années à venir.

- Tu vois, on pourra se voir souvent.

L'enfant hocha de la tête avant de resserrer son emprise autour de son cou et d'y fourrer son nez profondément. Severus s'approcha et lui caressa le dos en lui disant qu'il fallait qu'il aille déjeuner. Le Russe le porta jusqu'à la cuisine avant de le déposer sur sa chaise. Il se resservit un café et versa un deuxième thé au père de famille. Il regarda l'enfant manger avec appétit sans se soucier de savoir si on allait lui prendre son assiette ou non. Il sentit un soulagement infime de voir que là-dessus au moins, il avait compris qu'il ne craignait rien. Il le vit se mettre de la confiture sur le nez et la joue droite. Severus attrapa un mouchoir et le nettoya. Le regard que l'enfant lança à son père et celui que celui-ci lui renvoya, réchauffèrent le cœur de Milo. L'amour qu'il y avait entre ces deux êtres était indéniable. Il ne l'avouerait jamais, mais il avait eu peur que chacun ait réellement des problèmes à accepter entièrement l'autre. Ses craintes étaient à l'instant même balayées par le tableau qui se jouait devant lui. Et quand l'enfant se tourna vers lui avec un grand sourire et les yeux pétillant de joie, il se dit que cette famille là était plus importante pour lui que n'importe quelle autre. Car elle était Sa famille. Celle qu'il s'était choisie.

Une fois le repas fini, Ioann se dépêcha de monter dans la salle de bain pour finir d'enlever les traces qui lui barbouillaient le visage, puis il s'habilla et Severus lui attacha les cheveux. Pendant ce temps là, Milo fixait les photos avec nostalgie. Mais il écarta très vite les souvenirs douloureux. Il se laissa à regarder le reste de la pièce en ce disant qu'il y avait bien assez de place pour rajouter quelques clichés de plus. Comme ceux qu'il avait l'intention de prendre du père et du fils réunis. Les deux seuls qui n'étaient jamais ensemble sur une même photo. Il était temps de réparer cette erreur. N'entendant plus de bruit, il se décida finalement à monter voir où ils étaient passés. Il les trouva dans la chambre du plus jeune, dans les bras l'un de l'autre ... Ioann en train de pleurer.

- Hey, qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda-t-il, inquiet, en rentrant dans la pièce.

- Je crois qu'il est tellement content de te revoir que ses émotions lui ont un peu donné le vertige.

Milo sourit tendrement avant de caresser la joue humide de l'enfant. Puis il regarda la chambre avec attention. Il la trouva très agréable. Il remarqua tout de suite le Dragon fétiche reposant sur le lit. Il l'attrapa et lui donna. Ioann le serra dans ses bras tout en se collant au torse de son père et en agrippant la main de son oncle. Celui-ci se sentit très ému d'être ainsi intégré à ce cercle si fermé. Il se dit qu'en fait, c'était cette famille qui l'avait choisi lui et non plus contraire. Finalement Severus se dirigea vers l'amas de coussins et y installa son petit fardeau.

- Mon Cœur, je vais devoir aller préparer le repas. Tu veux bien rester avec Milo et lui lire une histoire ? Il a fait un long chemin et il est fatigué.

- D'accord ! Répondit-il en secouant fermement la tête de haut en bas, prenant très au sérieux sa mission.

Severus les regarda du seuil. Milo s'était avachi dans les coussins, Ioann sur ses genoux. Celui-ci avait le livre posé sur les siens. Il tenait sa peluche d'une main et de l'autre il montrait les images tout en babillant dans un langage peu compréhensible. Pourtant le Russe avait un visage très sérieux et semblait l'écouter avec une grande attention. Il referma la porte et les laissa profiter l'un de l'autre. Avant de s'installer aux fourneaux, il passa un coup de cheminette à Poppy lui demandant si elle voulait se joindre à eux. Ils avaient convenu que le baptême Sorcier serait effectué l'après midi même. Avec une légère déception il se rappela que quelques semaines avant, il avait décidé que ce serait Albus qui la présiderait. Mais il n'en était bien sûr plus question. L'infirmière avait accepté de le remplacer et de prononcer les mots et le sort qui rendrait officiel le lien entre le parrain et le filleul. Plus tard ils effectueraient également une cérémonie Moldue, surtout pour le folklore. Mais Ioann étant sorcier comme ses parents, seule la partie sorcière était indispensable. Et heureusement celle-ci était plus simple et plus rapide.

Poppy accepta avec joie l'invitation à manger. Faire la connaissance d'un véritable ami de Severus était quelque chose à laquelle on n'assistait pas tous les jours. Elle reprit son parchemin et continua son inventaire général. Elle avait rarement eu des stocks aussi bas. Avec un soupir, elle posa sa feuille emplie de notes avant d'en attraper une vierge. Elle finit tout de même de s'occuper de sa réserve avant de vérifier l'heure. Elle prit un petit coup de panique en voyant qu'il était bien plus tard qu'elle ne l'avait pensé. Elle passa dans ses appartements afin de se nettoyer un peu et d'enfiler ses vêtements de cérémonie. Elle se devait d'être impeccable pour faire honneur aux trois jeunes hommes qu'elle allait visiter.

o0o

Le repas sous sort de conservation, la table dressée, Severus monta prévenir ses deux pensionnaires qu'il était temps de descendre. Il entra dans la chambre et dut retenir le rire qui lui montait petit à petit le long de la gorge. Ioann avait son pouce en bouche et chuchotait son histoire dans l'oreille de sa peluche en lui disant souvent de ne pas faire de bruit. Il était toujours assis sur et dans les bras de Milo. Par contre celui-ci finissait sa nuit. Il ronflait comme un bien heureux, inconscient de son filleul. Le brun s'avança faisant lever la tête à son fils. L'enfant le regarda avant de mettre son doigt devant sa bouche et de lui lancer un « chuuut, Oncle Milo fait dodo » absolument craquant. Severus lui fit un clin d'œil et ressortit de la pièce. Il descendit et alla fouiller dans les affaires du journaliste. Le connaissant, il était sûr d'y trouver un appareil photo. Et cela ne manqua pas. Il regarda le fonctionnement avant de remonter. Il demanda à Ioann de continuer son histoire comme s'il n'était pas là. Il en profita pour prendre une photo. Le tableau était tellement beau et attendrissant qu'il se promit de l'agrandir et de l'encadrer. Puis il lui demanda de reprendre la position du « Chut ». Celui-ci s'exécuta. Un déclic et un flash. Severus était ravi de sa prise. Celle-ci, c'était pour son plaisir personnel de voir le blond tourné en ridicule. Il conseilla ensuite à son fils de réveiller son oncle pour aller manger. Ioann se retourna doucement vers le Russe, posa la main sur son épaule. Il la secoua doucement, ce qui, avec ses forces, n'était pas grand-chose. Puis il attrapa le bras qui le tenait et le remua plus fermement en prononçant des « Oncle Milo, faut réveiller ».

L'oncle se permit de grogner et resserra sa prise sur le petit corps avant de reprendre sa litanie de ronflements. Le garçon glapit de surprise de cette réaction avant de rougir de la sienne. Il se redressa un peu et colla sa bouche à l'oreille de l'adulte pour lui dire qu'il était l'heure d'aller manger. Pendant ce temps là, Severus prenait des photos avec joie et sadisme ... il aurait là un excellent moyen de pression sur son ami. Après tout, il était Serpentard et donc il profitait de chaque bon plan qu'il dégotait. Ioann se tourna vers lui avec une petite moue contrariée de ne pas réussir sa mission.

- Je vois qu'on s'amuse bien ici.

La voix féminine qui brisa le silence fit sursauter le maitre des potions. Merlin, il s'était fait surprendre chez lui. Honte à lui. D'ailleurs elle le regardait semblant dire : « Je vous aie eu, mÔnsieur l'espion de pacotille ». Puis une petite voix claire résonna dans la pièce attirant un grognement intense du dormeur.

- Poppy !

- Bonjour mon p'tit Bouchon, comment tu vas aujourd'hui ?

- Bien ! Oncle Milo l'est là ! T'as vu ? Mais il dort et peux pas le réveiller, bouda-t-il

- Si si, tu m'as bien réveillé, P'tit Ange. Je confirme, répondit le Russe d'une voix ensommeillée se frottant l'oreille en se demandant si son tympan n'avait pas été percé par la voix aigue de son filleul.

- T'as vu Oncle Milo ? C'est Poppy ! L'est super gentille Poppy !

- Au moins en voilà un qui est content de me voir. Severus, aurais-je enfin droit à mon bisou aujourd'hui ? Railla-t-elle

- Vous pouvez toujours y croire, cela ne vous fera pas de mal. Mais n'attendez pas trop non plus. Ce n'est pas bon pour votre âge de trop espérer.

- Ne faites pas trop le dédaigneux. J'ai des informations croustillantes sur vous et je pourrais les révéler par inattention.

- Oh ... des infos compromettantes sur ce roc inébranlable ? Voilà qui est intéressant.

- Range tes oreilles de journaliste, tu es en repos, grogna Severus. Et vous, Infâme Dragon, je vous conseille de tenir votre langue. Ou vous pourriez bien avaler une quelconque potion de mon cru dans votre repas à ma table !

- Cela fait longtemps que vous ne me faites plus peur Severus. Sûrement depuis que j'ai vu vos fesses pour en extraire les pics du hérisson sur lequel vous vous êtes malencontreusement assis lors de votre deuxième année.

- C'était un sale coup de Black ! Et je vous prierais de ne pas parler de mon postérieur comme si vous parliez du dernier bonbon à la mode. Evitez également de le faire devant mon fils. Je tiens encore à ce qu'il ait une image correcte de moi, râla le raillé.

- Vous savez quoi Miss Poppy, je crois que je vous aime déjà, rigola Milovan

Severus marmonna dans sa barbe inexistante après les faux amis qui riaient de lui. Il déposa l'appareil photo sur le chevet. Puis il attrapa la main de son fils pour le diriger au salon en lui disant qu'au moins lui il l'aimait. Ioann lui serra fort la jambe en lui répondant qu'il l'aimerait très fort et toujours. Severus lança un regard supérieur aux deux autres avant de se pencher, et de caler son précieux paquet contre sa hanche avec la fierté d'un paon.

Après une présentation plus orthodoxe de l'infirmière et du journaliste, tous les quatre passèrent à table. Le repas se passa dans la bonne humeur générale. Alors qu'il revenait avec le dessert, Severus s'arrêta sur le pas de la porte. Milo était en train de faire des chatouilles à Ioann qui rigolait à en perdre le souffle. Poppy les regardait tendrement tout en prenant de temps en temps des photos avec l'appareil qu'elle avait récupéré. Une vague de chaleur s'empara de lui. C'était sa famille. Les seuls avec qui il pouvait laisser le masque tomber. Les seuls qui ne le jugeaient pas. Ils n'avaient pas vraiment de lien entre eux. Sauf pour son fils. Milovan était le meilleur ami d'Ivanna, et pourtant il était l'oncle indispensable. Poppy était juste le médecin de famille et finalement elle était tellement maternelle avec eux deux. Il sourit à les voir. Oui, c'était la famille qu'il s'était choisi. Il apporta la salade de fruits, intimant au Russe de laisser son bébé finir de manger en paix. Celui-ci avait les joues rouges, les yeux humides de larmes et le souffle court. Un autre flash. Ce merveilleux moment était immortalisé sur papier glacé.

Quand le déjeuner fut fini, Poppy proposa de débarrasser la table pendant que les trois hommes revêtiraient leur tenue de cérémonie. Severus dut expliquer longuement à son fils ce qui allait se passer et comment cela se déroulerait. Il l'habilla d'une magnifique robe noire avec des reflets bleu-nuit et des boutons argentés. Lui s'était habillé de la même façon sauf que les reflets étaient vert-sombre. Dans le couloir ils croisèrent le Russe avec une robe élégante bordeaux avec des chatoiements sombres, fermée par des lacets noirs. Quand ils arrivèrent dans le salon, ils ne purent échapper à une Poppy très agile de l'appareil photo.

Ils se placèrent devant la cheminée. Milo déposa son appareil sur un pied et le régla pour qu'il prenne des photos automatiquement. Il ne garderait que les meilleures mais il tenait absolument à avoir plus d'un souvenir de la cérémonie. Severus sortit un parchemin estampillé avec le cachet du ministère. C'était le papier à signer pour rendre le baptême officiel auprès des autorités. Puis il attrapa Ioann dans ses bras et se positionna devant Poppy. Milo se mit à sa droite. L'infirmière lut les différentes recommandations qui incombaient au futur parrain.

- Le parrain devra seconder les parents de l'enfant si jamais ils sont dans l'incapacité temporaire de lui apporter protection. Acceptez-vous votre rôle ?

- Oui, je l'accepte.

- Le parrain devra seconder les parents de l'enfant si jamais ils sont dans l'incapacité physique ou mentale, sur courte ou longue durée, d'assumer leurs fonctions. Acceptez-vous votre rôle ?

- Oui je l'accepte.

- Le parrain devra se substituer aux parents si jamais ils sont dans l'incapacité physique ou mentale permanente d'assumer leurs fonctions. Acceptez-vous votre rôle ?

- Oui je l'accepte.

- Le parrain devra se substituer aux parents en cas de décès desdits parents. Acceptez-vous votre rôle ?

- Oui je l'accepte.

- Quelques soient le cas de figure, le parrain se doit d'élever l'enfant comme s'il était le sien. Lui offrant les mêmes avantages que s'il était le sien. Lui offrant la même sécurité que s'il était le sien. L'aidant à grandir et à s'épanouir comme s'il était le sien. L'accompagnant dans toutes les étapes de sa vie comme s'il était le sien. Le parrain devra aimer et chérir l'enfant comme s'il était le sien. Acceptez-vous votre rôle ?

- Oui je l'accepte.

- Prenez-le dans vos bras pour que je puisse finaliser la cérémonie.

Milo attrapa Ioann qui s'accrocha à lui comme il le faisait avec Severus. Puis ils regardèrent Poppy, attendant la suite. Elle levant sa baguette faisant frissonner l'enfant. Une main lui frotta le dos pour le rassurer. L'infirmière pointa son instrument sur le front du plus jeune et commença à réciter l'incantation ancienne. Puis elle la déplaça jusqu'à son cœur. Ioann regarda avec attention le filet lumineux argenté qui apparut. La baguette fut déplacée vers le cœur du Russe puis vers son front, laissant à chaque fois une trainée brillante. L'infirmière leur demanda de se tenir la main. Milo cala l'enfant sur sa hanche pour pouvoir dégager sa main droite et ainsi attraper la main de Ioann. Poppy dirigea sa baguette vers leurs doigts emmêlés. Une lumière les entoura et les deux Russes sentirent une légère chaleur leur parcourir le corps. Puis tout s'arrêta d'un coup.

- Milovan Dmitri Gabrilov, vous êtes désormais le parrain officiel de Ioann Luka Soloviev-Snape

Avec un grand sourire elle rangea sa baguette avant de signer le papier du Ministère officialisant la cérémonie. Elle passa ensuite la plume à Severus qui apposa sa marque. Milo embrassa la tempe de son filleul en le serrant dans ses bras. Ioann lui répondit par un bisou bruyant sur la joue avant de tendre les bras à son papa pour un câlin en règle. Le Russe en profita pour signer lui aussi le parchemin avant qu'il ne disparaisse dans un éclair et un petit 'pop' sonore. Les trois hommes remontèrent se changer pour ne pas salir leurs robes de cérémonie alors que Poppy métamorphosait la sienne en une toilette plus confortable. Puis ils se retrouvèrent tous dans le jardin pour profiter du soleil.

Severus avait ressorti le matelas pour son fils mais celui-ci semblait bien trop excité par la présence de son oncle pour penser à sa sieste. D'ailleurs, l'adulte en question avait décidé de jouer au ballon avec lui. Il posa la balle devant lui et donna un coup de pied léger dedans pour qu'elle arrive dans les pieds de l'enfant. Celui-ci dut l'attraper avec les mains pour ne pas qu'elle parte trop loin. Puis il la posa bien devant lui. Il voulut donner un grand coup de pied dedans mais fut déséquilibré et tomba sur les fesses. Il regarda le ballon avec de grands yeux ronds comme pour se demander comment cet objet avait pu réussir à le faire tomber. Puis il se releva prestement et cette fois réussit à le renvoyer à Milo. Le Russe l'arrêta facilement en posant le pied dessus. Puis il attendit que son filleul soit en position pour relancer. Ioann fixa le ballon en fermant légèrement les yeux pour se concentrer. Il voulut faire comme l'adulte et essaya de poser le pied dessus pour le stopper. Mais il y mit beaucoup d'entrain et pas assez de précision. Son pied prit le ballon sur le bord et avec l'élan, il se retrouva allongé par terre, le nez dans une touffe d'herbe.

Milo accourut pour voir si tout allait bien. Il l'aida à se relever et remonta ses jambes de pantalon pour voir s'il n'avait pas les genoux égratignés. Puis il attrapa ses mains pour regarder qu'elles n'étaient pas blessées. Mais il n'y avait aucun mal. Ioann était tout rougissant d'être tombé et de ne pas avoir rattrapé le ballon comme un grand mais le Russe le rassura en lui frottant le dos, lui disant que ce n'était pas grave et que plus tard il saurait faire lui aussi. Puis le garçon se libéra de l'étreinte et courut chercher la balle qui était arrivée dans la haie. Il revint plus tranquillement, posa son fardeau au sol et la frappa du pied.

Assis à table, Severus et Poppy les regardaient faire tout en sirotant une orangeade bien fraiche. L'ex-professeur avait un sourire sur les lèvres et ne semblait pas vouloir s'en défaire. Pour la première fois depuis des années, il se sentait parfaitement bien. Et ce qui lui réchauffait le plus son cœur, c'était le rire clair et joyeux de son fils. C'était décidément une belle journée que celle où ce son résonnait aussi régulièrement. Ses yeux ne quittaient pas l'enfant d'une seconde. Le ballon passa à côté de ses jambes et s'enfuit au fond du jardin. Ioann trottina à sa suite en criant. Il se baissa pour l'attraper mais l'objet continua sa course. Il se releva et repartit à sa poursuite avant de se rebaissait une fois de plus sans succès. Finalement se fut une fois la balle arrêtée qu'il put l'attraper. Severus était totalement sous le charme. Son fils était tout débraillé, le visage rougi, les cheveux en bataille, le souffle court et les yeux brillants. Jamais il ne l'avait vu aussi vivant et bien portant. Et il espérait qu'il le resterait tout le temps.

- Je tenais à vous remercier Severus.

- Et pour quelle raison ?

- Pour me permettre de partager ces moments avec vous. Il y a un mois nous étions deux collègues qui nous disions tout juste bonjour. Et aujourd'hui je suis là à vos côtés à regarder un petit garçon adorable reprendre goût à la vie avec son oncle. Et je voulais aussi vous remercier de votre confiance pour la cérémonie. Je sais que vous êtes méfiant de nature envers tout le monde et je suis très touchée par votre geste.

- Il me semble que nous avions déjà établi que nous étions amis. Or il me semble que les amis font régulièrement ce genre de choses.

- Oui. Mais je ne vois pas là Lucius Malfoy alors que vous dites être également ami avec lui.

- Un point pour vous, concéda Severus sans vouloir approfondir ce sujet.

- Je sais également que vous auriez préféré que ce soit Albus qui préside le baptême.

- Il y a quelque temps oui. Mais maintenant je suis très content que ce soit vous qui l'ayez fait. Albus est un grand homme qui a toujours fait beaucoup. Malgré sa façon chronique de toujours manipuler tout le monde, il est quelqu'un sur qui on peut compter ... mais ...

- Mais il vous a blessé. Il a trahi votre confiance avant de trahir celle de Ioann. Je comprends Severus. J'aimerais que les choses se passent mieux entre vous mais je pense qu'il faut vous laisser du temps. Un jour vous pourrez de nouveau lui parler sans être en colère. Un jour vous pourrez sûrement lui pardonner.

- Sûrement. Mais je ne sais pas si je pourrais de nouveau lui offrir ma pleine confiance.

- Vous verrez cela en temps voulu. Pour l'instant, contentez-vous de profiter de l'instant présent sans vous soucier du passé ou du futur.

- Et dans le présent, j'ai un petit garçon qui s'amuse comme un fou et qui ne va pas tarder à tomber d'épuisement. Je vais lui dire de se reposer un peu.

- Non, laissez-le faire. Au pire il ne se réveillera pas pour manger ce soir. Mais dans tout les cas, cette fatigue est bonne pour lui. Et il sera si fatigué qu'il ne devrait pas faire de cauchemar. Alors laissez-le jouer un peu plus. Attendez qu'il s'arrête de lui-même.

- C'est l'amie ou la professionnelle qui parle ? Taquina le maître de potion

- Un peu les deux je pense, rigola-t-elle

- Vous n'avez jamais eu d'enfant n'est-ce pas ? Demanda Severus après un court silence.

- Non, mais j'en vois tellement passer dans mon infirmerie que cela compense.

- Peut-être qu'un neveu vous tenterez.

- Que voulez vous dire Severus ?

- Je vous aurez bien proposé de jouer le rôle de la grand-mère de Ioann, mais vous vous seriez sûrement encore mise en colère. Alors je vous propose celui de la tante super gentille.

- Merlin Severus ! S'écria Poppy, légèrement bouleversée.

- Je ne pensais pas que cela vous dérangeriez autant, dit-il méfiant.

- Oh ce n'est pas cela. C'est ... Merlin ... Vous rendez-vous compte de ce que vous me proposez ? Vous me donnez une place dans votre famille !

- Vous pouvez toujours refuser si ma famille ne vous convient pas.

- Rangez vos crocs. Je crois que je me suis mal faite comprendre. Alors je vais aller directement au but. C'est un honneur pour moi de prendre place dans votre famille, Severus. Et je suis très émue par votre proposition. Je ne m'y attendais pas du tout.

Elle attrapa la main de l'homme et la serra fortement pour faire passer un peu plus le message. Celui-ci rassuré, lui rendit cette étreinte avant de se concentrer sur les deux joueurs. Le jeu tournait maintenant au ralenti. Ioann ne courrait plus pour aller chercher le ballon et le lançait de plus en plus mollement. Il baillait régulièrement. Milo relança la balle qui passa devant lui sans qu'il ne bouge. Il se tourna pour la regarder s'arrêter plus loin avant de partir la chercher. Mais au retour, au lieu de se remettre en position il alla vers son père. Il lâcha le ballon qui rebondit et s'éloigna à nouveau. Puis il s'agrippa au pantalon de Severus lui murmurant « veux faire dodo ». Son père lui sourit et attrapa le petit garçon tout transpirant dans ses bras. Il lui fit d'abord boire un grand verre d'eau pour le réhydrater. Puis il l'entraina dans la salle de bain pour une petite douche avant de lui passer des vêtements propres pour qu'il n'attrape pas mal. Il revint au jardin, son fils endormi contre lui, pour voir que Milo avait transformé sa chaise en une chaise longue et qu'il sirotait son orangeade les yeux fermés. Il déposa l'enfant sur le matelas à l'ombre du parasol et le recouvrit d'un plaid pour qu'il ne prenne pas froid. Bientôt le jardin retrouva son calme avec ses deux joueurs transformés en dormeurs.

- Vous savez quoi Severus ?

- Non mais je sens que vous allez bientôt me le dire.

- Je crois que je vais faire comme eux, répondit Poppy sans se soucier de l'ironie.

Elle se leva, métamorphosa sa chaise en un agréable transat et s'y installa avec délice. Elle leva un regard sur son ami.

- Profitez du présent. Et ce présent c'est actuellement une bonne sieste dans un jardin avec un soleil estival et des chants d'oiseaux comme berceuse.

- J'aurais plutôt dire des ronflements russes comme berceuse mais c'est vrai que si on écoute bien, derrière on entend aussi des oiseaux.

Poppy rigola à la réplique avant de le voir changer sa chaise contre quelque chose de plus confortable et de se laisser aller à la douceur d'une journée d'été.

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Ce fut Milo qui se réveilla en premier. Il fut désorienté en ouvrant les yeux. Puis en laissant son regard naviguer autour de lui, il reprit pied dans la réalité. Il s'assit en s'étirant. Finalement, il était bien content d'être ici. Il avait passé une excellente journée. Un mouvement attira son attention. Ioann étant en train de bouger doucement pour coller son oreiller contre son ventre et le serrer fortement. Le Russe se leva. Il s'agenouilla devant son filleul et lui caressa les cheveux tendrement. Le voir jouer et rire comme il l'avait fait plus tôt avait été le meilleur médicament qu'il puisse trouver à sa mélancolie. Il se releva pour regarder les deux autres. Il commença à détailler l'infirmière. Ioann avant raison, elle était d'une grande gentillesse. Mais elle avait aussi un grand sens de l'humour et faisait visiblement partie du très petit cercle de ceux qui osaient taquiner Severus. Et ça, c'était un bon point indéniable de son point de vue.

Puis il reporta son attention sur son ami. Le froid et imposant Severus Snape qui se transformait en tendre bonbon à la guimauve lorsqu'un être haut comme trois pommes était à ses côtés. Il n'avait plus aucun doute sur sa décision de le prévenir qu'il était père. Et il était sûr que de là où elle était, Iva lui pardonnerait d'avoir trahi sa promesse. Elle n'avait jamais voulu que Severus sache qu'il avait un fils. Pour la bonne raison qu'elle ne voulait pas mettre celui qu'elle aimait en danger plus qu'il ne l'était déjà. Et puis elle avait, quelque part, était déçue qu'il ne lui revienne pas. Alors elle avait préféré garder le secret et lui avait fait jurer de ne jamais rien lui dire.

Oui, il n'avait pas tenu sa promesse mais si c'était à refaire, il le referait. Severus avait pris son rôle de père avec sérieux et semblait très bien se débrouiller avec cet enfant traumatisé. Et puis il avait visiblement su s'entourer de personnes de confiance. Milo posa sa main sur l'épaule du potionniste dans l'idée de le réveiller. Il ne s'attendait pas à se retrouver avec une baguette incrustée sous le menton.

- Hu ... Ok, ne jamais te réveiller brutalement ... Je retiens.

- Oh, ce n'est que toi, répondit nonchalamment Severus en rangeant sa baguette.

- T'as failli me perforer d'un sort et c'est tout ce que tu trouves à dire ?

- Oui ... ah non ... ne me réveille jamais si tu ne veux pas avoir un accident.

- J'avais remarqué ... mais merci de me prévenir.

- Arrête de bouder et va prendre une douche. On dirait que tu as dormi avec un dragon tellement tu empestes la sueur fermentée.

- Vous ne parlez tout de même pas de moi quand vous parlez de « Dragon » ? N'est-ce pas ? Coupa la voix fraiche de Poppy.

- Si vous vous sentez visée par ma phrase, c'est votre droit. Mais vu le côté peu flatteur de ma réplique, je ne pensais pas à vous. En attendant, resterez-vous diner avec nous ?

- Non, je dois rentrer. Il n'y a plus d'élèves mais je dois faire acte de présence jusqu'au bout. Et je me suis déjà sauvée une bonne partie de la journée. Je ne peux donc pas trop tirer sur la ficelle. Mais c'était bien appréciable que vous me l'ayez proposé. Sans compter que j'ai passé une excellente journée.

Elle se leva, rendit sa forme originelle à la chaise. Elle tendit la main à Milo pour lui dire au revoir mais il l'attira dans ses bras pour l'embrasser énergiquement sur les deux joues, argumentant qu'il se serrait pas la main aux jolies femmes. Elle rougit légèrement sous le compliment avant de se tourner vers Severus. Celui-ci la regarda un sourcil relevé et les bras croisés sur la poitrine.

- Allons Severus, soyez un grand et gentil garçon. Venez faire un bisou à Tatie Poppy, lança-t-elle en indiquant sa joue de son index.

- Dans vos rêves, vieille dame. Et d'où avez-vous vu que j'étais gentil ?

- Hmm ... c'est vrai que tu es un vilain garçon qui mérite une correction. Ne bougez pas Poppy, je m'en vais le fesser cul-nu et vous aurez enfin votre baiser !

- Ose seulement t'approcher de moi et de mes fesses en particulier et je te renvoie au Mexique par cheminée sans prendre la peine de l'activer, грязный извращенец (Sale pervers) ! Menaça Severus d'une voix polaire.

- Vous n'êtes que des gamins, rigola Poppy. Mais croyez-moi, Severus Snape, un jour je l'aurais mon bisou, j'en fais la promesse !

Après un regard tendre à l'enfant endormi, elle se dirigea vers la maison avant de se retourner pour voir les deux hommes se tirer la langue dans une grimace tout à fait immature. Elle regretta d'avoir abandonner l'appareil photo sur la table. Ce cliché là, il aurait valu son pesant de gallions.


(*) Expression Russe qui s'apparente à l'expression française : L'habit ne fait pas le moine.