Yo, people ! Comment ça va ? :D Voici donc le dernier chapitre de la première partie !

Chapitre corrigé par Celikwi.


Chapitre 26 – Le dernier cadeau

Il était à peu près dix heures quand Brian porta un Gus endormi dans sa chambre. Il le déshabilla, lui mit son pyjama et le mit au lit.

Une fois que Gus fut bien installé dans son lit, Brian rencontra Justin dans le bureau au bas des escaliers. Il s'assit près de son ange qui prenait un dernier verre. Dès le premier moment où il avait commencé à rénover la maison, il savait qu'ils allaient adorer le bureau. En effet, c'était une pièce importante pour lui car c'était ici qu'il avait demandé Justin en mariage et que ce dernier avait accepté. Par conséquent, il avait essayé de rendre le bureau aussi confortable et chaleureux que possible. Dans les premières étapes de rénovation, Brian avait pris toutes les idées que Justin avait eues en tête pour cette pièce. En face de la cheminée, il y avait une petite table basse et, de chaque côté, des canapés confortables, l'un couleur crème et l'autre couleur moka. Il avait également fait poser un tapis blanc sous la table basse.

Dans le coin gauche le plus éloigné, il avait mis le bureau avec les ordinateurs et, le long du mur, des étagères avec les livres et CD pour le coin musique et un bar avec tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Instinctivement, il savait qu'ils allaient passer la plupart de leurs soirées ici, devant le feu.

Un peu plus tôt, quand ils étaient revenus de chez Debbie, Gus avait explosé de joie du fait d'être à la maison mais Brian et Justin étaient simplement soulagés de voir Jennifer déjà là..

Tout comme la matinée, l'après-midi s'était passé tranquillement, et Jennifer, Tucker et Molly étaient partis vers 18h. Gus avait demandé à Brian pourquoi Justin avait eu si peu de cadeau et ce dernier lui avait simplement expliqué que la maison était un grand cadeau et qu'il n'en voulait pas plus.

Ce soir-là, ils étaient tous les deux assis sur le canapé. Justin s'était installé dans les bras de Brian, profitant de la douce musique qui était jouée en fond sonore.

«C'est comme un premier Noël à la maison pour nous, fit remarquer Justin.

– Ouaip.

– Gus était content de voir sa chambre, continua doucement Justin.

– Ouais… je suis heureux aussi, admit tranquillement Brian.

– Je pensais que tu adorais le loft.

– J'adore le loft mais pour le moment je préfère la maison, répondit Brian avec un sourire.

– Dommage qu'on ne puisse pas passer notre temps tous les deux.

– Oui mais jusqu'à ce que tu rentres, je te garde prisonnier.

– Vraiment ?

– Ouaip. Il y a eu assez de réunion et de disputes familiales pour l'année, fit Brian.

– N'oublies pas Gus. Tu dois te préoccuper de la famille.

– Ce n'est pas un problème et tu le sais bien. » dit Brian.

Un silence confortable s'installa dans la pièce. Quelques minutes plus tard, Justin prit la parole.

« T'avais-je dit qu'au printemps prochain j'aurai mon diplôme ? »

Brian baissa les yeux vers lui, un sourcil levé.

« Non, comment ça ?

– J'ai réussi à transférer l'ensemble de mes unités obtenues à l'école des Beaux Arts de Pittsburgh à celle de New York et j'ai complété le trimestre que j'ai raté à Pittsburgh. J'ai tout prévu, donc si je dois revenir ici, je pourrais finir mon année aux Beaux Arts et avoir mon diplôme. J'ai même signé un document pour le doyen certifiant que je ne compromettrai pas l'université avec mon attitude, répondit Justin avec désinvolture.

– C'est vrai ? Ouah, je suis impressionné, répondit Brian.

– Ne te moques pas de moi. J'ai pensé que je pourrais peut-être enseigner ou quelque chose comme ça quand je ne peux pas dessiner ou si mon art ne se vend pas.

– Hum, je ne me moque pas de toi, je suis vraiment fier de toi. Maintenant, je sais pourquoi tu étais si fatigué et maigre comme clou. Et pourquoi tu ne mangeais pas assez. Pourquoi tu ne me l'avais pas dit ?

– Parce que je voulais le faire seul. Je voulais prouver que je pouvais me débrouiller seul et devenir quelqu'un. Que je pouvais être ton égal que je pouvais avoir autant de succès que toi. Mais je dois dire que les six premiers mois ont été un enfer, chuchota Justin.

– Eh bien, tu sembles avoir atteint ton objectif mais pas d'une façon douce, tu es toujours trop maigre.

– Je sais. Je suis en train de régler ça j'ai repris le poids que j'avais perdu depuis que tu es venu me voir la première fois. Je suis un patient obéissant, rigola Justin.

– Je suis chanceux, je vais pouvoir botter ton joli petit cul à nouveau rebondi, sourit malicieusement Brian.

– Tu penses ? Peut-être que ça serait plutôt moi qui te donnerais la fessée pour une fois, lui sourit Justin en retour.

– Je pense pas que je vais m'en plaindre même si tu le fais. »

Brian s'allongea pour embrasser Justin mais leur moment fut vite interrompu quand ils entendirent frapper légèrement à la porte. Ils se retournèrent pour voir Daphné entrer dans le bureau avec un cadeau dans les mains.

« Salut les gars.

– Salut.

– J'ai appelé ta mère et elle m'a dit qu'elle était déjà partie. »

Brian acquiesça et elle continua.

« Tu m'avais dit que vous passeriez les vacances à Britin donc j'ai roulé directement jusqu'ici. J'espère que ça te dérange pas. »

Un léger acquiescement de Brian lui assura que tout allait bien.

« Et donc, je suis venue ici pour vous donner ça. »

Elle leur tendit le cadeau.

« C'est pour vous deux. J'ai pensé que vous apprécieriez tous les deux. »

Voyant le regard interrogateur qu'elle obtint des deux hommes, Daphné ajouta.

« Eh bien, j'ai demandé à chaque ami de la « grande famille » et j'ai aussi eu de l'aide d'anciens étudiants de St James et des Beaux Arts. »

Elle vit la mâchoire de Brian se crisper et Justin pâlir mais continua.

« Et j'ai utilisé tout mon temps libre pour faire ça. »

Elle leur donna le cadeau, se retourna et se dirigea vers la porte. Elle ramena une douzaine de bougies dans le bureau et commença à les allumer en parlant.

« J'espère que vous ne serez pas en colère contre moi mais je pense que ça peut vous aider tous les deux. Je me souviens de ce que le médecin vous avait demandé de faire à New York. Avant que vous ne l'ouvriez, attendez que je sois en dehors de la pièce, c'est plutôt privé. »

Elle posa la dernière bougie.

« Bien, c'est tout pour moi. Il est temps de rentrer à Pittsburgh. »

Elle s'arrêta de marcher quand elle entendit la voix de Brian.

« La troisième porte à gauche, celle toute décorée en violet, ajouta-t-il avec un sourire.

– Ouais, celle où tu as dit, je cite : 'Quelle est la couleur que ma meilleure amie aimerait.'

– Ouais, celle-ci, fit Brian.

– Ok, très bien, bonne nuit.

– Bonne nuit Daphné. » Fut la réponse dite en chœur.

En sortant, Daphné baissa la lumière et ferma la porte derrière elle, puis se dirigea vers "sa" chambre.

« Tu penses qu'il y a une bombe à l'intérieur ? Demanda Brian pour détendre l'atmosphère tendue.

– Brian !

– Je sais, je voulais juste m'amuser, répliqua-t-il.

– Tu sais ce que c'est ? S'enquit Justin.

– Comment saurais-je ce qu'est ce putain de truc ?

– Tu as passé ces six derniers mois avec elle. Pour être exact, TU as vécu ces six derniers mois avec elle.

– Et tu penses peut-être que…, demanda Brian.

– Elle aurait pu se confier ? Termina Justin.

– Aucune chance, Sunshine, désolé.

– Ok, allons-y alors… »

Il prit le cadeau sur la table basse et déballa le papier. C'était un album photo intitulé :

Brian & Justin

Il leva les yeux vers Brian.

« Si tu veux, je peux le regarder quand je serais de retour à New York, chuchota Justin.

– Non, ça va. Daphné a dit que c'était un cadeau de Noël pour nous deux, alors ouvrons-le. » Répondit Brian bien qu'il ait des problèmes à cacher l'émotion dans sa voix. Il se blottit dans le canapé en tirant Justin vers lui et prit l'album.

Une fois confortablement installé, Justin ouvrit l'album. Sur la première page, il y avait une lettre de l'écriture de Daphné.

« Je ne veux pas vous rendre mal à l'aise mais j'ai eu l'occasion de trouver des photos de vous deux depuis que vous êtes ensemble et quelques autres du bal de promo. Je sais que vous n'aimez pas tellement les photos et que Justin ne se souvient en rien de ce moment. Je sais aussi que Brian n'aime pas parler de ce qu'il s'est passé. Je ne suis pas stupide mais je sais que vous avez tous les deux des difficultés à dormir. Vous vivez et luttez à la fois contre ce moment. Scientifiquement et médicalement, ça s'appelle TSPT. (Trouble de Stress Post Traumatique) J'ai fait quelques recherche sur internet pour avoir le terme exact.

Je le sais parce qu'on en a parlé. Vous savez aussi que, pour guérir, vous devez être capables d'en parler avec la personne en qui vous avez confiance. Ça aurait pu être moi mais vous n'avez jamais essayé. Ou ça aurait pu être un psy mais ce n'est pas une solution pour vous deux...

Dans tous les cas, c'est entre vos mains. Regardez les photos, essayez de vous souvenir et laissez les émotions prendre le pas.

Je ne voulais pas faire juste un album du bal de promo, c'est pourquoi il y a tellement de photos… il y en a même certaines qui viennent « d'anciens coups ».

Avec amour,

Daphné. »

Justin leva les yeux vers ceux de Brian et y vit passer une lueur de douleur.

« Tu es sûr que tu veux le faire ? »

Brian acquiesça.

« Si tu ne te sens pas à l'aise, on peut toujours arrêter.

– Promets-moi de me le dire si c'est trop pour toi, répondit Justin.

– Promis, chuchota Brian. Maintenant, allons-y, ouvrons-le, je suis plutôt curieux de voir ce qu'elle a fait »

Justin ouvrit l'album et les premières photos qu'ils virent étaient deux photos de bébés, sous la première il y avait écrit 'Justin', et sous la seconde, 'Brian'.

« Putain, comment elle a trouvé ça ? Demanda Brian, complètement abasourdi.

– Tu ne la connaissais pas comme ça, hein ? Je t'avais dit qu'elle avait beaucoup de ressources. Tu veux que j'arrête ?

– Non, non, continues. Je pense que je vais voir plus de photos de ma jeunesse et je crois savoir où elle les a trouvé. Rappelles-moi de lui poser la question au petit-déjeuner. Je suis sûr que ça va être une conversation intéressante. De plus, je sais que nous aurons un superbe petit-déjeuner car ce qu'elle fait est toujours bon !

– En fait, j'avais tord, tu la connais plutôt bien, sourit Justin.

– Comme tu l'as dit, six mois avec elle et tu commences vraiment à comprendre comment elle fonctionne. Allez, maintenant, tournes les pages. Je crois qu'il y aura encore d'autres surprises pour nous en magasin. » Dit Brian. En tournant la page, ils virent deux autres photos où lui et Justin devaient avoir six ou sept ans. Celle avec Justin fut prise à une fête d'anniversaire et Daphné était aussi sur la photo celle avec Brian fut prise sur un terrain où il était en train de faire du vélo.

Ils continuèrent à regarder les photos de leur jeunesse. À chaque fois, Brian se demandait comment Daphné avait réussi à faire pour que, des images, se dégagent tant de tendresse et d'intérêt, il lui semblait qu'elle avait simplement choisi les bonnes images pour chacun d'eux dans les meilleurs moments.

Puis, les photos commencèrent à changer. Ils arrivèrent à la partie où ils commençaient à se fréquenter. Les premières photos furent prises à l'hôpital, avec Brian et Gus, une autre était chez les goudous de Justin et Gus et certaines photos n'étaient tout simplement qu'avec Gus. Tous deux se mirent d'accord sur le fait que la photo prise à l'expo du Centre Gay et Lesbien et quelques autres que Daphné avait pris, à leur insu, étaient très bonnes.

Il y avait d'autres photos du reste de l'année, de Noël et du Nouvel an, sur la plupart il y avait Justin. Vic ou quelqu'un d'autre, en avait prises certaines au dîner où Brian et Justin étaient ensemble, et d'autres étaient de Mel et Lindsay.

Ce fut juste après qu'ils tombèrent sur la photo du bal de promo, prise chez Deb ; juste avant que Justin n'aille chercher Daphné.

Justin bougea un peu et Brian resserra son étreinte, n'ayant aucune idée de la manière dont Justin pourrait réagir.

« Tu veux continuer à regarder les photos ou les garder pour une autre fois ? Demanda Justin, sachant que c'était le moment qu'ils craignaient tous deux depuis un certain temps.

« Non, je vais bien, on peut continuer, dit Brian, se disant que peut-être ce soir-là était le bon moment pour faire ça.

- Promets-moi que si ça devient trop dur, tu me le diras, ok, chuchota Justin

- Promis, répliqua Brian en embrassant la tête de Justin. C'est la même chose pour toi d'accord.

- Ouais. »

Justin tourna la page et il y avait une photo que l'école avait prise de tous les couples qui avaient participé au bal. Il sourit.

« Daphné était sexy.

– Ouais, pas trop mal, mais tu étais aussi sexy, ajouta Brian avec un petit rire.

– Ouais, je vois ça. » Il passa sa main sur la photo et s'y arrêta au bas. « Mais je ne me rappelle toujours pas de ce moment.

– N'essaies pas de forcer ta mémoire, regardes juste les photos et laisses le reste venir à toi, ok, dit Brian en caressant la tête de Justin, à l'endroit où se trouvait la cicatrice.

– Ok. »

Justin fit un geste vers le verre vide de Brian. « Tu en veux un autre ?

– Non, je pense que pour une fois, avoir l'esprit clair va nous aider, tu ne penses pas ? » Demanda Brian. Justin acquiesça et tourna la page de l'album. Ses yeux tombèrent sur une magnifique photo de Brian et lui en train de danser.

« Comment…, quand…, pourquoi…, commença Justin, alors que Brian passait une main sur la photo. Tu étais magnifique Brian, chuchota-t-il. Si beau. »

Il continuait à fixer la photo et il inspira profondément avant de tourner page. La photo d'après était celle où Brian soulevait Justin dans les airs et le faisait tourner. Brian vit l'image et resserra son emprise sur son amant, se demandant comment Daphné avait, cette fois encore, réussi à obtenir ces photos.

Brian n'en avait jamais parlé mais les photos étaient arrivées par courrier un an après l'agression de Justin. À cette époque le jeune homme était avec Ethan. Quand Brian avait ouvert l'enveloppe, il avait vu les deux photos avec un morceau de papier où il était simplement dit : « J'espère qu'il se souvient. ». Bien entendu, il avait essayé de découvrir qui avait envoyé les photos mais il n'y était pas arrivé. Il n'y avait pas d'adresse d'expéditeur et il ne reconnaissait pas l'écriture. Brian les avait rangé avec beaucoup d'autres objets personnels et les avait oublié mais, apparemment, Daphné les avait trouvées quand ils avaient déménagé du loft au manoir.

Bien que Brian soit content de les voir dans l'album, parce que c'était un très bon moment pour tous les deux, il n'était pas sûr que Justin soit prêt à être confronté à ces photos.

Justin les examina de près, laissant ses émotions le guider. Il ne pouvait toujours pas se rappeler cette nuit-là. La seule chose qu'il semblait se rappeler était lorsqu'il avait demandé à Brian de l'accompagner au bal de promo et qu'il avait refusé. Puis que quelqu'un appelait son nom encore et encore et priait Dieu pour qu'il le laisse vivre. Après des mois de doutes, il s'était dit que c'était Brian.

Maintenant, il avait quelque chose de plus à laquelle se raccrocher, ces deux photos le réchauffaient de l'intérieur. Il les regarda et vit bien plus que deux images. Il vit l'émotion dans les yeux de Brian, l'amour qui était là. Justin pouvait dire que Brian était heureux, qu'il aimait le jeune homme qu'il avait dans ses bras. Il vit aussi une trace de tendresse et de paix dans le visage de Brian.

Justin aurait voulu pouvoir se souvenir de ce moment ou encore même d'une partie des émotions qu'il avait ressenties à ce moment-là mais il n'y arrivait pas. Il ne se souvenait de rien. C'était juste un espace vide dans le temps.

Il tourna la tête et regarda Brian.

« Tu me l'as dit, chuchota Justin. Tu m'as tout dit, ici, regardes tes yeux. Dit Justin, caressant l'image.

- Ouais, fut la réponse étranglée de Brian. Je voulais, je voulais… je, et puis… Brian s'arrêta, ayant du mal à maîtriser ses mots.

- Je sais mais ce n'était pas de ta faute. Tu le sais ça, n'est-ce pas ? Demanda Justin.

- Ouais, répondit-il d'un ton calme. Mais tu sais que les humains se sentent souvent responsables. C'est comme ça qu'on fonctionne et bien que tu dises que ce n'était pas de ma faute, je le ressens comme ça. Ta mère l'a ressentit de cette manière aussi. Tu l'as aussi ressenti parce que tu disais que c'était de ta faute.

- Tu sais, Brian, je pense que c'est beaucoup plus simple que ça. »

Brian leva un sourcil, attendant que Justin continue.

« Ouais, Hobbs voulait une branlette et je lui en ai donné une. Il a adoré mais bien sûr il ne l'avait jamais dit à personne. Il est venu à Liberty Avenue où je l'ai traité de gay devant ses amis – c'était de ma faute. Il ne pouvait pas assumer ce qu'il était, ou qui il était et il s'en est pris au seul gay de sa classe, moi. La nuit du bal de promo, il a vu rouge parce que tu es venu m'offrir la meilleure nuit de ma vie et il était piégé avec sa pseudo petite-amie. Je ne pense pas que ce qu'il a fait était calculé, je pense vraiment qu'il était hors de contrôle. Qu'il était fou que je puisse vivre de la façon dont je voulais et qu'il ne pouvait pas. »

Il s'arrêta et de ses mains se frotta les yeux.

« C'étaient toutes ces choses combinées qui lui ont fait faire ce qu'il m'a fait. » Termina Justin.

Ils restèrent assis pendant un moment dans le silence.

« Tu penses qu'on peut se mettre d'accord sur ça ? Demanda Justin, plein d'espoir.

– Ouais, je pense qu'on peut le faire, répondit Brian, l'embrassant encore une fois sur le haut de la tête.

– Bien, que dirais-tu d'aller au lit ? Demanda Justin doucement. Je suis plutôt fatigué, vraiment fatigué.

– Allez, jeune homme, on y va. » Dit Brian poussant Justin avec lui vers la porte et les escaliers, puis vers leur chambre à coucher.

Ils entrèrent dans la chambre en silence, à cause du trop plein d'émotions qui les traversaient. Une fois qu'ils furent déshabillés, ils se glissèrent sous les couvertures et, comme de nombreuses nuits auparavant, Brian entoura de son corps celui de Justin, tenant le jeune homme tremblant comme pour le protéger de l'extérieur. Ils n'avaient pas besoin de parler, les mots n'étaient pas obligatoires entre eux. Justin bougea dans l'étreinte de Brian comme s'il essayait de disparaître dans son corps.

Brian attendit jusqu'à ce que le léger tremblement du corps de Justin semble s'arrêter et il mit sa bouche près de son oreille et lui parla d'une voix à peine plus haute qu'un murmure.

« Je suis venu au bal de promo pour te dire que tu étais important. »

Silence.

« Que je tenais à toi. »

Silence.

« Que tu étais quelqu'un de spécial pour moi. Que je t'aimais déjà alors. »

Justin acquiesça.

«Je ne pouvais peut-être pas dire les mots, encore aujourd'hui j'ai du mal à les dire, mais maintenant, je sais que mes sentiments envers toi sont bien réels.

– Je n'en ai jamais douté, fit lentement Justin. Je me souviens de la première nuit où tu m'as emmené chez toi. Tu planais complètement et, tu avais raison, j'étais terrifié, putain.

– Je le savais et je ne pouvais pas m'en empêcher. Tout ce que je voulais alors c'était de t'éloigner de cette rue, te ramener chez moi et te baiser et, d'une certaine façon te protéger. Tu étais de la viande fraîche pour tout le monde et, je ne sais pas pourquoi, mais quand j'ai regardé dans tes yeux, je savais juste que ça allait être différent.

– Je n'ai jamais compris pourquoi tu m'as demandé de venir à l'hôpital avec toi, dit Justin.

– C'est sorti tout seul, soupira profondément Brian. J'ai pas pu m'arrêter avant que les mots ne sortent. »

Justin ne bougea pas, dans le silence et les ténèbres de leur chambre, en cette nuit de Noël, il sut finalement ce qui avait poussé Brian à lui demander de venir avec lui.

« J'ai aimé la façon dont tu me défiais depuis le début. Quand tu semblais à l'aise sur Liberty Avenue, quand tu essayais de cacher si fortement ta peur. J'ai aimé ce que tu m'as dit en essayant de te convaincre en même temps, rit Brian. J'ai aussi adoré le faux contrôle que tu essayais d'avoir sur tes émotions. »

Brian bougea légèrement, alors Justin en profita pour se tourner dans les bras de Brian et faire face à son amant.

« J'ai aimé la façon dont tu m'as enseigné comment être un bon amant. »

Brian ne put s'empêcher de grimacer à ce commentaire. Justin sourit.

« Ok, comment être un bon coup.

– Mieux, bien mieux. » Fit Brian en embrassant la tête de Justin.

Ils furent silencieux un moment. Brian pensait que Justin s'était endormi jusqu'à ce qu'il entende encore le jeune homme dire : « Je t'aime, Brian. »

Brian soupira profondément et se dit qu'il aurait dû dire ce qu'il ressentait à Justin depuis le début. Justin ressentit le changement dans l'attitude de Brian leva la tête. « Tu vas bien ? »

Brian acquiesça, pensant : « Je peux le faire, je dois le faire. ». Il soupira de nouveau et commença lentement : « Je veux, je dois, je… » et il s'arrêta.

Justin ne bougea pas il attendit juste. Après un moment, il déplaça ses mains et demanda : « Quand as-tu su que tu m'aimais ? »

Brian soupira, il savait que ça allait arriver. Il eut un soupir mais c'était plus un soupir de soulagement qu'autre chose.

« Dès l'instant où je t'ai vu, répondit-il calmement.

– Non, honnêtement, Brian, tu l'as su quand ? Redemanda Justin.

– Je t'ai vu sous le lampadaire et j'ai ressenti quelque chose de différent, quelque chose qui m'a dit que je serais probablement dans la merde jusqu'au cou d'un claquement de doigt. »

Il fit des aller-retour dans le dos de Justin avec sa main.

« Je ne sais pas quand c'était, ça m'est venu comme ça doucement. Un jour, tu n'étais qu'un véritable stalker et l'autre, tu étais là, et tout semblait bien, tout semblait à sa place. »

Justin acquiesça.

« La première fois que tu es revenu vers moi et que tu m'as dit que tu avais besoin de moi, j'ai senti ... , je ne sais pas, c'était étrange et je ne connaissais pas ce sentiment ou plutôt je ne savais pas ce que c'était d'aimer quelqu'un. »

Justin resserra son étreinte autour de la taille de Brian.

« Je ne savais pas ce qu'était l'amour, jusqu'à ce que je te vois étendu au sol, quand je priais pour que tu vives. C'était comme si quelqu'un m'avait coupé en deux. »

Brian inspira fortement, Justin lui caressa le bras.

« Je pense que j'ai commencé à ressentir cet effet quand tu as gagné le concours au Babylon. Je t'ai suivi dans la backroom et j'ai ressenti quelque chose que je ne connaissais pas jusqu'à maintenant, c'était de la jalousie.

– C'était juste parce que j'ai volé ton coup, dit Justin.

– Non, oui. NON, c'était parce que tu étais avec lui. Merci mon dieu tu l'as baisé et pas le contraire.

– Ouais, je n'ai jamais, eh bien, tu sais…, chuchota Justin.

– Été en dessous pour les autres, tenta de demander Brian.

– Ouais, la plupart du temps, j'étais au dessus.

– La plupart du temps.

– On change de sujet, fit remarquer Justin. Dis-moi quand tu as su.

– Le moment dont je t'ai parlé. » Chuchota Brian, l'embrassant doucement.

Justin savait qu'il avait perdu la bataille. Brian n'était pas prêt. Son esprit était surmené sachant ce qu'il devrait dire à Justin. Malgré ça, Brian ne savait que trop bien qu'un jour il devrait dire à Justin qu'il avait vu son avenir sous un réverbère cette première nuit, des années plus tôt.

A suivre...