Alors, j'ai réussi à trouver un peu de temps pour écrire dans mon emploi du temps. Donc, bonne lecture !
« Non… Non, non, non !
- Feli…
- Pourquoi ?, cria Feliciano.
- Au vu du climat politique entre la France et la Russie, je suis obligé de commencer la campagne militaire de Russie.
- En retard !
- En avance !
- Tu m'as très bien compris !, s'énerva Feliciano. On ne passera pas avant l'hiver !
- Avec une tactique audacieuse, on peut arriver à Moscou avant les grands frimas, y passer l'hiver et terminer de conquérir la Russie dès le printemps. Pas de quoi en faire un drame…
- La Russie est le plus grand pays du monde ! Tu ne le soumettras pas en un an. Tu as vu le temps qu'il t'a fallu pour mettre un terme au conflit en Espagne !
- Antonio a été l'un de mes plus grands rivaux sur les océans. Il n'allait pas se laisser mettre la bride au cou comme ça !
- Je n'ai pas la bride au cou, se vexa Feliciano.
- Aux dernières nouvelles, tu es indépendant contrairement à lui. »
Feliciano prit des rougeurs délicieuses aux joues, conscient de s'être laissé emporter par sa colère pour sortir une bêtise pareille.
« Angleterre est à bout de force ! Il faut que je frappe Russie avant d'être attaqué par lui. Ensuite, je botterai le cul d'Angleterre. Et ce sera terminé !, conclut Francis.
- L'Angleterre peut récupérer assez de force pour prendre ta Capitale pendant ton absence. Et tu fais quoi de l'Empire ottoman !
- Je m'entends très bien avec Sadiq.
- Tu disais la même chose concernant Ivan. Qu'est-ce qui a changé ?
- Un échange implicite de menaces.
- Implicite comment ? », se méfia Feliciano
Francis se mit à grimacer, car il s'agissait plus d'indices que de certitudes. Pourtant, Ivan pouvait se montrer subtil quand il désirait atteindre son but plus que tout.
« Des menaces sur l'Europe entière, le fait qu'Ivan me fasse faux pas sur deux rendez-vous importants diplomatiquement parlant avec des excuses bidons… Il s'intéresse aux richesses de l'Europe beaucoup trop avidement. Ivan s'est permis de ne pas signer ce traité en sachant que je ne peux pas l'attaquer maintenant. Je sens qu'il nous veut tous. J'ai peur pour nous tous. Tu connais Ivan, n'est-ce pas ? »
Feliciano pâlit, sourit faiblement et le prit dans ses bras.
« Oui… Je te suivrai jusqu'au bout du monde.
- J'ai confiance en toi. Je ne peux pas partir dans cette aventure sans toi, dit Francis.
- Je sais. Ça me fait peur. Je déteste faire du mal aux autres. Si on pouvait résoudre les conflits par la diplomatie et non par la guerre, je me sentirais en paix avec moi-même…
- … et avec les autres, souffla Francis avec un espoir irraisonné coincé au fond de la poitrine.
- Oui. Je ne me bats que pour protéger mon peuple et ceux que j'aime. Donc, oui, je vais te suivre. »
Francis se sentit très bête dans les bras aimants de Feliciano. L'homme dans ses bras n'était pas seulement devenu une nation accomplie grâce à son aide. Il défendait ses propres convictions et les assumait, que ça plaise ou non.
Il sourit de bonheur, sentant Feliciano prêt à se défendre seul et à lui apporter sa propre vision du monde.
« Tu penses que c'est une bêtise ?, demanda Francis.
- Je pense qu'on n'a pas trop le choix et qu'on ne doit pas se louper.
- C'est pour cette raison qu'il nous faut toutes nos troupes.
- Ça passe ou ça casse », gémit Feliciano, conscient des conséquences pour leur couple.
Francis embrassa tendrement Feliciano pour les rassurer. Il n'avait pas envie que leur histoire se termine dans le froid et la neige dans un pays hostile. Il savait qu'il tombait dans le piège tactique d'Angleterre. Francis n'arrivait pas à espérer qu'Arthur soit toujours prisonnier quelque part, ce qui lui donnerait le champ libre pour tenter toutes ses folies habituelles. Il tenait assez à Arthur pour ne pas lui souhaiter des souffrances terribles.
« Feli, le soleil de mon âme… Quoi qu'il arrive, je t'aime.
- Ne dis pas ce genre de choses déprimantes, se moqua de lui Feliciano.
- Tu ne sais pas de quoi Arthur est capable.
- On attaque la Russie, pas l'Angleterre.
- Je pense que l'Angleterre y a mis son petit grain de sel. Je n'ai pas correctement rompu avec Arthur, alors quoiqu'il arrive, je t'aime. »
Feliciano le regarda intensément, comprenant que Francis serait peut-être obligé de jouer la comédie pour ne pas froisser Arthur. Ce qui tordit le ventre de Francis fut la légère lueur de doute dans ses yeux mordorés.
« Ti amo, mi cielo.
- Le ciel ?, en sourit Francis.
- Je suis ton soleil, tu peux bien être mon ciel !, en rit Feliciano.
- Je croyais que j'étais il tuo amore.
- Aussi. Mais ça sonne mieux : Ti amo, mi cielo ! »
À travers la fenêtre, Francis jeta un regard inquiet vers la lune argentée et pleine dans le ciel.
Francis avait toujours comparé Arthur à l'astre lunaire. Froid, solitaire, majestueux et fascinant, Arthur l'embarquait toujours dans un cycle de vie à l'apparence chaotique alors qu'il était réglé à la seconde près. Arthur revenait comme la marée à heures fixes, mais semblait tourner autour de lui de manière désordonnée. Apparence. La lune ne se cachait pas toujours dans l'obscurité de la nuit et rappelait toujours de manière surprenante son existence. Pourtant, elle évoluait dans le ciel à la même vitesse, suivant son axe sans en dévier, et se montrait sous des aspects différents comme pour jouer, narguer et surprendre. Arthur l'entraînait dans les ténèbres de leurs lits et de leurs Histoires, pour devenir le plus doux et le plus torturé des amoureux.
Feliciano était son soleil bien aimé qui lui réchauffait le cœur tous les jours. Constant, agréable, adorable, rassurant et magnifique. Il était bon de retrouver sa chaleur rayonnante tous les matins, de se fondre dans ses câlins et ses baisers, de se laisser porter par son enthousiasme et son amour débordant et de pouvoir ainsi profiter de la journée. Feliciano représentait un bonheur simple, comme des rayons de soleil sur la peau un samedi après-midi dans un jardin, seuls ou entourés d'amis et de rires. Tout ceci n'empêchait pas les difficultés. Les obstacles avec Feliciano étaient plus faciles à dépasser. En se tenant la main et en s'entraidant, ils avançaient et s'adoraient.
Si Francis avait été un homme mortel, il aurait tout plaqué pour vivre avec Feliciano tout ce bonheur.
Seulement, il était une nation en pleine préparation pour une guerre difficile aux enjeux importants pour tout un continent.
« Tu n'aimes pas que je t'appelle, mi cielo ?, demanda Feliciano.
- Oh ! Excuse-moi. Les soucis et la fatigue me submergent. J'aime bien.
- Je trouve que ça te correspond bien en plus, rit Feliciano avant de déposer un baiser sur sa bouche.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Déjà, tu m'amènes facilement au 7ème ciel, le taquina Feliciano, le rose aux joues, en posant sa tête sur son torse.
- Je ne m'en serai pas douté, surenchérit Francis en caressant langoureusement son dos.
- Et le bleu du ciel est aussi beau que celui de tes yeux.
- Charmeur, s'en amusa Francis en attrapant le regard de Feliciano.
- Le ciel donne une impression de liberté.
- Je te donne des ailes. J'aime bien l'idée. »
Feliciano rit avant de fondre sur sa bouche, pour initier un baiser brûlant avec lui. Leurs langues dansèrent un moment, avant que Feliciano se dérobe à ce plaisir naissant en posant ses lèvres sur la ligne de sa mâchoire.
« Et il y a toujours un horizon avec le ciel, souffla-t-il à son oreille. Un avenir plein de surprises et de découvertes. Mi cielo. »
Tout ceci sonnait comme un : « ne me quitte pas par calcul politique ». Francis aimerait le rassurer par des mots, lui dire qu'il ne retournerait jamais vers Arthur pour de mauvaises raisons, mais était incapable de lui dire ce que leur réservait l'avenir.
Le ciel changeait d'humeur en quelques heures à peine.
S'il devait protéger Feliciano, il le ferait, quel qu'en soit le prix. Les nations se tiraient plus facilement dans les pattes avec des rancunes personnelles.
« Je t'aime, mon soleil. »
C'est tout ce qu'il put dire pour le rassurer.
Ses mains remontèrent sur la peau de la courbure du dos de Feliciano et sa bouche se posa dans son cou pour attiser son désir. Son amant déboutonna sa chemise fébrilement. Francis se délecta des lèvres de Feliciano sur les siennes et de sa langue taquine. Son corps se réchauffa doucement sous ses caresses et son excitation vint à tendre son pantalon. Feliciano tira sur les mèches de ses cheveux sous le coup de la passion. Leurs hanches vinrent à la rencontre l'une de l'autre. Ils étaient déjà torse nu et se dirigeaient à petits pas vers le lit qu'ils avaient partagé pendant plusieurs années.
Feliciano s'assit sur les couvertures et lui enleva son pantalon avec une impatience non dissimulée.
« Je t'ai manqué.
- Terriblement.
- À moi aussi. »
Francis allongea Feliciano sur les draps et lui enleva ses derniers vêtements. Il roula avec lui au centre du lit pour profiter de leurs corps nus et excités. Leurs sentiments forts se mêlèrent encore aux pulsions charnelles de leurs corps, intensifiant leur plaisir.
Épuisé par l'intensité de leurs unions de cette nuit, Francis s'endormit apaisé dans le creux de ses bras.
« Mais t'as complètement perdu la tête !, s'exclama Gilbert.
- Je ne te demande pas ton avis. Tu es obligé de venir avec nous en Russie.
- T'es en train de me faire une blague pour te foutre de ma gueule !
- Mais non. Je suis sérieux.
- Il est où Antonio ? C'est sûrement son idée !
- C'est mon idée de partir botter le cul d'Ivan qui me menace ouvertement. Alors, réunis tes hommes qu'on l'attaque avant de se prendre le rouleau compresseur russe. Et ça ne sort pas de tes frontières ! Interdis de boire avec n'importe qui ! Antonio n'est pas au courant !
- Tu ne prends pas que mes hommes quand même ! Ce serait la catastrophe !
- Non. On y a va avec un contingent de plusieurs nationalités. »
Entretemps, il avait réussi à convaincre plusieurs autres pays européens que la menace russe était imminente. Même ses alliés et ses ennemis étaient partants ! À son grand étonnement, Portugal, Norvège et Pologne s'étaient joints à lui. Roderich et Romano ne s'étaient pas priés pour lui envoyer des hommes. Seules l'Espagne et l'Angleterre restaient les grands absents dans cette guerre.
Certains envoyaient de l'aide symbolique, mais tout de même, Francis se sentait soutenu par énormément de nations pour défendre leurs territoires.
Il l'expliqua calmement à Gilbert qui n'en revenait toujours pas.
« Pourquoi je suis le dernier au courant ! Je suis pourtant le mec le plus awesome de cette planète !
- On était en froid la dernière fois qu'on s'est vu. J'ai préféré ne pas prendre de risque. Et Antonio, Arthur et Ivan seront les derniers au courant. On mise sur l'effet de surprise.
- Avec autant de nations avec toi, il y a aura un effet de surprise ?, s'étrangla Gilbert.
- Tu me sous-estimes, Gilbert. Je suis un grand Empire avec des alliés puissants.
- Putain ! Je t'en veux encore, mais en tant qu'ancien ami, je tiens à te dire que tu commets une immense connerie ! »
Francis rit devant l'inquiétude de Gilbert. Il n'aurait pas cru que son ami redevienne comme avant avec lui.
« Je veux toujours te voir mort et enterré, mais ne m'entraine pas avec toi, bordel ! »
Le fou rire de Francis s'intensifia, devant la panique de Gilbert qui donnait déjà des ordres pour réunir ses hommes. Gilbert était la personne qui le prenait le moins bien.
« Non, mais sérieux, bordel ! Il s'agit de Russie. Je sais de quoi il est capable !
- C'est bien pour cette raison que j'ai besoin de toi sur cette campagne de Russie. Tu sais comment le battre.
- Le calendrier est trop juste.
- J'en fais mon affaire.
- On devrait partir l'année prochaine. On est trop en retard.
- Je te dis qu'on arrivera à Moscou à temps. »
Gilbert eut un air contrarié, comme s'il n'aimait pas se presser dans le temps.
« Il faut gagner toutes les batailles.
- Avec l'effet de surprise et notre contingent d'hommes, c'est possible.
- Sauf que Russie a plus d'un tour dans son sac… Et il est le pire adversaire pour toi.
- Arthur est mon pire adversaire. »
Gilbert eut un sourire machiavélique et une lueur dans les yeux très dangereuse.
« Non. Arthur est ton meilleur rival. C'est différent.
- En quoi ?
- Vous partagez les mêmes valeurs.
- N'importe quoi. On n'arrive pas à s'entendre. »
Gilbert hocha la tête, résigné, comme s'il voyait quelque chose que Francis n'avait pas encore saisi à propos d'Arthur.
« Tu comprendras sur le champ de bataille.
- Je veux savoir avant de partir en campagne.
- Russie est aussi cruel que le froid de son pays. Je ne partirai d'ici que si tu me jures que tu ne vas pas tous nous tuer.
- Je dois attaquer avant lui. C'est encore possible au niveau du timing. »
Gilbert comprit l'urgence de la situation.
« Mes hommes seront prêts à partir dans deux jours.
- Je ne t'en demandais pas tant.
- La discipline de mon armée va te faire du bien.
- J'y compte bien.
- Comment arriveras-tu à coordonner des armées d'autant de nationalités différentes ?
- Tu n'as jamais vu mon Empereur à l'œuvre, lui sourit Francis.
- Un jour, tu vas me tuer.
- Mais non, je t'apprécie trop pour ça.
- Ouais… »
Francis vit la tristesse se peindre sur le visage de Gilbert avant d'être remplacée par de la haine.
« Avec tes bêtises, tu risques de tous nous perdre.
- Angleterre est épuisé. On ne sera pas attaqué de ce côté.
- Des nouvelles de lui ?
- Non, pas encore. J'attends avec impatience. On a une piste solide sur sa localisation. »
Gilbert eut un air absent, hésitant entre la joie et l'inquiétude. Francis avait du mal à le déchiffrer bien qu'ils aient été longtemps meilleurs amis.
« J'ai un accord avec les pays les plus problématiques, continua Francis.
- Russie à lui seul me fout les jetons. La cruauté, Francis. Tu n'as jamais affronté la cruauté dans ta vie.
- Gilbert, je pense que si. La guerre de Cent Ans a été épouvantable. »
Gilbert planta son regard dans le sien. Il ressemblait à un vieux fatigué qui avait affronté les pires atrocités. Francis frissonna de peur quand Gilbert se transforma en un gosse insolent avec des yeux fous et un sourire sadique.
« Non, tu ne connais pas la cruauté de l'Est. Quand est-ce qu'on se met en marche ? »
Francis eut un immense mauvais pressentiment. Malheureusement, il était trop tard pour faire marche arrière. Les troupes étaient réunies, les stratégies mises en place et il avait un ennemi puissant à mettre hors d'état de nuire.
Quelques semaines plus tard, Francis et Feliciano contemplaient effarés et dévastés les incendies provoqués par la fuite des Russes vers l'intérieur de leurs terres. Toutes les cultures et les réservoirs de céréales étaient partis en fumée. Gilbert se tenait à leur côté, pensif et désespéré.
« Je t'avais dit, Francis. Tu ne connais pas les limites de la cruauté d'Ivan.
- Il s'automutile !, cria Francis, explosant enfin. Il se brûle consciemment la peau !
- Effectivement, constata Gilbert. Je n'aurais jamais cru qu'il irait jusque-là. Il m'impressionne de plus en plus…
- Il affame sa propre population pour plusieurs hivers ! C'est un gros masochiste ! Il fait du mal aux siens ! Je ne sais même plus s'il est sadique ou masochiste ! Mais quel enfoiré de première ! C'est pas normal ! »
Pour une nation, c'était une notion inconcevable. Encore plus pour Francis. Il aimait prendre soin de ses populations à un point inimaginable en construisant des hôpitaux et des centres d'accueil et en amenant l'eau et les vivres même dans les endroits les plus reculés. Il avait même développé ce genre d'attention dans les pays qu'il avait conquis. Il était un bâtisseur, pas un destructeur. Tout ceci le dépassait et l'anéantissait.
« Non !, hurla Francis. Pourquoi ? Une nation ne ferait jamais ça à son peuple !
- Je t'ai dit qu'Ivan était ton pire ennemi, s'énerva Gilbert. Bon sang ! Tu es incapable de réagir face à sa cruauté pour son peuple ! Je t'avais prévenu !
- Francis, on ne peut pas rebrousser chemin, le prévint Feliciano, pâle comme un linge, sa lumière intérieure éteinte par le froid et la méchanceté.
- Pourquoi ?, demanda Francis avec une voix plus douce et désenchantée.
- Je m'occupe de toute la logistique. Et on a emmené le plus de vivres possible. Seulement, on arrive bientôt à épuisement. Pour la campagne de Russie, on comptait se servir en chemin pour aller jusqu'au bout.
- Il faut rebrousser immédiatement chemin, tonna Gilbert.
- On n'a pas assez de vivres pour rentrer, s'excusa Feliciano. On ne rencontre que des champs brûlés et aucune résistance. On a juste assez pour aller jusqu'à Moscou.
- Ivan est capable d'incendier cette grande ville ou de résister à un long siège, râla Gilbert. Voulez-vous vraiment prendre ce putain de risque ? Si on rebrousse chemin maintenant, on pourra revenir le ventre vide et affamé, mais vivant !
- L'hiver arrive. Il nous faut un abri pour l'hiver. On ne reviendra pas entier si on se rebrousse chemin maintenant, l'informa Francis.
- Je t'avais dit que tu partais trop tard ! Un abri ne sert à rien sans vivres ! Sans bois de chauffage !, hurla Gilbert.
- Nous devons tenter le coup. Si on prend Moscou et les vivres, on survit.
- Sinon, on peut finir en statut gelée dans la steppe ! Awesome. Je prendrai la pause, ironisa Gilbert. Avec un peu de chance, je dégèlerai au printemps. Youhou ! Et je te buterai si Russie ne l'a pas déjà fait. Je te ferai sentir si minable que tu supplieras que je prenne ton dernier souffle. Je te baiserai dans tous les sens du terme ! Tu ne ressembleras plus à rien quand j'en aurai fini avec toi !
- Calme-toi, Gilbert !, tonna Francis, ne voulant pas mettre plus mal à l'aise Feliciano.
- Tous mes soldats vont mourir à cause de ta folie des grandeurs ! Mon petit frère est mort à cause de toi ! Je te hais tellement !
- On va trouver une solution pour se sortir de là, tenta Francis. Et je ne désespère pas qu'on s'entende à nouveau tous les deux.
- Permets-moi d'en douter, se moqua de lui Gilbert. Je suis assez awesome pour être encore pire que Russie avec toi. »
Francis se sentit complètement perdu. Tout d'abord, il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'une nation puisse s'infliger autant de dégâts pour stopper des troupes ennemies. Il venait d'atteindre le réservoir de vivres de la Russie. Sans ce réservoir, leurs troupes et les Russes finiraient morts de faim. C'était presque suicidaire. Oui. Ce n'était pas seulement cruel. C'était désespéré. Ivan jouait sa survie, le vivait ainsi et prenait tous les risques, quitte à s'infliger du mal. C'était cruel, mais terriblement humain à la fois. Ivan allait perdre une grande partie de sa population dans le processus et en souffrait certainement. En temps de guerre, il fallait faire des sacrifices. Et, vu sous cet angle, il s'agissait de la seule tactique valable pour arrêter une armée aussi efficace que la sienne.
Par contre, les mots de Gilbert sonnaient à son oreille comme une promesse de vengeance sordide.
Francis craignait tellement que Gilbert débarque dans sa tente pour le planter à coups de couteau qu'il se servait de Feliciano comme une sorte de bouclier moral. Feliciano dormait donc à ses côtés toutes les nuits. Gilbert tenait assez à Feliciano pour ne pas le mêler à ce genre d'histoire. Quelque part, il avait aussi contribué à l'éducation de l'Italien. Et Gilbert avait toujours été faible face à sa bouille d'ange. Francis ne risquait donc rien la nuit. Par contre, le jour et sur les champs de bataille, il faisait très attention à ses arrières.
« J'en doute de moins en moins, Gilbert, le menaça Francis. Fais attention à ne pas créer d'incident, maintenant qu'on n'a pas assez de vivres pour se coltiner un boulet dans ton genre.
- À votre place, je prendrais une jument avec encore du lait dans le réservoir et je la garderai à l'œil pour la traire de temps à autre. On ne sait jamais. En plus, c'est bon la viande de cheval.
- On se met en route pour Moscou immédiatement. »
Le lendemain, Gilbert s'était tiré avec assez de vivres pour rentrer sur des terres habitables et avec un cheval et une jument.
Francis dut expliquer aux troupes prussiennes et allemandes qu'il avait envoyé Gilbert transmettre un message. Il évita ainsi de parler de la désertion de leur chère nation et de leur plomber le moral, voire de les laisser suivre son exemple.
Au moins, il n'aurait pas l'impression d'avoir une dague prête à le planter dans le dos quand il mourrait de froid et de faim.
Francis savait reconnaître l'amertume de la défaite. S'ils couraient tous vers Moscou et arrivaient à temps, ses soldats seraient sauvés et cette campagne aurait un sens.
Alors, ils se dépêchaient d'atteindre Moscou avant que les Russes atteints de pyromanie n'incendient tout sur leur passage et signent l'arrêt de mort de tous les Hommes de la région.
Francis avait la plus grande armée de l'Histoire de l'Europe. Elle était encore plus imposante que celle de l'Empire romain. Elle se composait de toutes les nationalités de son Empire, car finalement, il avait même reçu l'aide des Espagnols. D'autres pays s'étaient joints à lui. Pourtant, cette tactique de la terre brûlée, simple et sordide, et l'hiver à venir allait balayer cette grande armée menée pourtant par l'un des meilleurs tacticiens de l'Histoire.
Effectivement, ils étaient partis trop tôt ou trop tard.
Francis espérait de tout son cœur que l'armée restée en Europe saurait protéger les populations. Il restait encore beaucoup de troupes françaises, italiennes et espagnoles capables de riposter.
Que Moscou ne soit pas en flammes à son arrivée !
Feliciano prit sa main et lui sourit. La fatigue creusait ses traits, mais il rayonnait à nouveau.
« Je suis heureux d'être parti avec toi.
- Feli, je sais que tu détestes avoir le ventre vide et te réveiller aux aurores.
- Au moins, je me bats pour ce qui a de l'importance. Et je ne me défile pas comme certains. »
Francis sourit à son tour. Son Empereur avait loué l'aide précieuse des soldats italiens dans cette campagne ainsi que leur esprit combattif. Feliciano était de tout cœur avec lui pour protéger leurs terres et leurs peuples.
« Je suis désolé de t'entraîner là-dedans.
- Dans la campagne de Russie ou ses conséquences ?
- Ses conséquences. Si l'Empire tombe…
- Je m'en sortirai. Tu m'as donné toutes les armes pour exister en tant que nation. Je t'en serai éternellement reconnaissant. Ne doute pas de moi.
- Jamais », dit Francis.
Francis ne regrettait rien avec Feliciano. Il aimait profondément une grande nation. Il espérait qu'Arthur l'accepterait sans qu'il y ait des conséquences politiques.
« Ne doute pas de moi, non plus. On va signer ce traité de paix avec Ivan et on reviendra vivre dans nos champs ensoleillés. »
Le sourire de Feliciano était crispé par le froid et l'anxiété. Francis aimait imaginer une telle fin avec lui, alors qu'il chevauchait en direction de l'une des plus grandes villes de Russie qui scellerait leur destin.
J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me le faire savoir avec une review. ça me fait toujours plaisir. Je n'irai pas trop dans les détails des batailles, même si la Campagne de Russie est passionnante (et glaciale).
Mon irrégularité dans les posts devrait durer encore deux semaines. Ensuite, j'aurai plus de temps libre pour vous écrire la suite.
