Après avoir eut la vérité, il est temps de s'expliquer!
Une confrontation de choc s'impose :3


Chapitre 26 : Confrontations !

Jack et Hans se firent face. Le palot sortit son cutter tandis que le tueur prit un mouchoir au chloroforme. Il n'avait aucune arme sur lui. Mais le duo sembla se fixer comme deux lions combattants pour une promise. Ils se jaugeaient, la rage déchirant leurs traits.

- Tu es toujours dans mes pattes Jack. Tu es le pire mioche que j'ai jamais pu rencontrer. Mais tu caches un secret n'est-ce pas ? Qui es-tu à la fin ? Comment fais-tu pour deviner mes pensées ? Comment connais-tu ma liste ? Si tu réponds à ces questions, peut-être te laisserais-je mourir en douceur.

Jack eut un rictus amer. Mais il se sentit étonnamment en position de force. Il savait quelque chose que son ennemi ne savait pas. Et il semblait le haïr tout autant que lui le haïssait. Le sourire qui se glissa sur les lèvres de Jack fit enrager Hans qui sentait ses mains se crisper.

- C'est énervant de ne pas savoir hein ? Balança Jack avec sadisme. Moi j'aime cette sensation d'avoir un coup d'avance pour une fois.

- Tu vas tellement souffrir Jack... Tu sais pourtant bien que tu ne pourras rien contre moi. Tu es seul et personne ne viendra t'aider cette fois-ci. Tu es à moi.

- Il est vrai que j'ai souvent perdu face à toi Hans Westergaard. Mais cela ne veut pas dire que j'abandonnerais la partie. C'est toi qui souffriras, je m'en suis fais la promesse et je compte bien la tenir. Peu importe la façon dont tu tentes de me briser. Peu importe si j'en perds la tête. Je te ferais payer tous tes crimes. Toutes les filles que tu as mutilées. Que tu as fait violer. Mais je suis sûr que tu ne te souviens pas de tout. Peut être devrais-je te rafraichir la mémoire ?

Hans grommela de colère.

- Ne te prends pas pour un grand Jack ! Seulement parce que tu as réussi à freiner mes plans une ou deux fois. Tu n'es rien et tu ne deviendras qu'un cadavre rempli de vers qui dévoreront ta chair putride en décomposition.

Le tueur en sourit mais Jack garda sa confiance ce qui l'horripila. Il voulait comprendre ce qui le dérangeait tant chez lui.

- Je suis grand pourtant, j'ai au moins vingt ans maintenant.

Le jeune Frost en gloussa dans un rire tordu. Hans allait ouvrir la bouche mais il reprit.

- Je vais t'avouer mon petit secret puisque tu y tiens tant. Et en échange tu me diras ce que tu recherches tant en kidnappant ces jeunes filles.

Hans fronça les sourcils mais sembla en accord. Jack continua donc sur sa lancée.

- Mon cher vieil ennemi. Moi, et Harold, te connaissons plus que tu ne l'imagines. Oh je pense que tu ne me croiras guère quand je te le dirais mais peu importe. La vérité c'est que... Nous venons du futur. De différents futurs et de différents passés. La où à chaque fois tu tuais et t'en prenais à nos amies. Et à nous aussi. Oh tu as toujours gagné la partie je l'avoue. Et je ne sais même pas si je suis proche ou non de gagner cette finale. Mais sache qu'à chaque fois on t'a mis des bâtons dans les roues. Et que l'on compte bien jouer de nos vies jusqu'au bout dans le grand labyrinthe du temps.

Hans ne répliqua pas. Il resta interdit, analysant les paroles du jeune rival. Puis il fronça les sourcils.

- Combien ? Tu en es à combien de sauts dans le temps ?

Jack sembla surpris qu'il le croie sur parole.

- Je suis parti du futur. Trois fois dans le passé et deux retours dans le futur entre. Je sais ce que tu seras plus tard. Je savais qui tu voulais comme prise dans l'ordre précis hormis une erreur avec Mérida. Et j'ai tout fait pour t'en empêcher.

- Mais oui ! Tout s'explique donc ! S'exclama Hans d'un regard fou. Tous ses étranges souvenirs. Toute cette haine accumulée contre vous. Ah... Oui... voilà pourquoi !

Il sembla jouir sur place. Jack le regarda sans bouger.

- Tu me crois sans aucun problème. C'est bien la première fois que je vois ça.

- Hm, je suis pragmatique, je sais où se cache la vérité du mensonge. Et vu ce qui tourne dans mon esprit depuis un moment, je ne peux pas en douter. C'en est même vraiment logique si on excepte que je ne sais pas par quel procédé ça puisse exister.

- Ah ça, ce n'est ni plus ni moins que toi, Hans, qui nous as forcés à avoir un tel don. A force de nous asticoter. Tu as cherché ton propre mal. On récolte ce que l'on sème après tout.

A nouveau le tueur fronça les sourcils. Il n'aimait pas le ton qu'employait Jack. Mais la révélation lui fit du bien.

- C'est à ton tour maintenant Hans. Toi mon ennemi juré, explique-moi tes raisons. Après tout, que ce soit toi ou moi qui finit en miettes, il faut bien que la vérité soit connue. C'est la moindre des choses pour nos âmes en perdition.

Le tueur approuva. Il sembla en accord avec Jack. C'était la moindre des choses maintenant qu'il connaissait son visage. Au dehors la tempête s'intensifia comme le jour de la mort de Melody, Jim et Elena. Cela fit frissonner Jack. Les fenêtres claquaient à tout rompre par le vent et la neige glacée s'agrippa au bâtiment avec violence en une sorte de pluie gelée.

- Je n'ai qu'un seul et unique but en allant sauver ces jeunes filles de leur horrible famille. Avoir une petite sœur qui me comprenne et une famille qui m'aime. Je suis une âme brisée, avoua-t-il d'un ton sombre. Je le sais. Et je cherche d'autres âmes déchues pour me tenir compagnie. Je veux trouver ma place dans ce monde et je veux une famille qui m'aime. Pas comme la mienne. Les Westergaard. Tsss. Issu d'une famille de nobles salauds qui ne pensent qu'à leur poire. Toujours être au sommet, me répétait mon père. Toujours se tenir droit et fier, rabrouait ma mère. *Il mima leurs paroles avec la plus grande antipathie* Alors que mes frères, mes douze misérables frères recevaient tous les honneurs je passais mon temps à me faire rabaisser. A me faire battre et enfermer. Parce que j'étais le petit dernier. Parce que j'étais trop naïf et trop gentil. Ils se moquent tous de moi. Ils disent que mon travail de gardien est pathétique autant que je suis un déchet pour la famille. Bien sûr ils sont tous médecins, politiciens, ingénieurs et j'en passe. Ils me renvoient encore et toujours que je ne devrais même pas être né. Que ma mère aurait dû s'arrêter au onzième enfant. Que je salis leur nom si noble et si pur. Ils ne jurent que par leur emblème de famille. Obtenue par nos ancêtres chevaliers et fiers combattants. Mais moi je ne suis qu'un rebut, disent-ils en boucle. Et ils essaient même de me faire disparaitre depuis toujours. Ma mère a tenté de me noyer deux fois avant de renoncer. Mon père m'a quant à lui ignoré. Comme si je n'existais pas en ce monde.

Hans serra les poings, il avala avec douleur et pour la première fois, Jack ressentit une once d'empathie pour son ennemi juré. Cela le déstabilisa. Il ne fallait pas qu'il perde sa motivation...

- Alors quoi ? Continua-t-il. Je ne devrais pas exister parce que je n'arrive pas à atteindre les sommets avec eux ? Parce que je suis différent d'eux ? Et bien peu importe ! Je me trouverais une place ailleurs. Et j'ai tout de suite compris que je n'étais pas le seul à vivre comme ça. J'ai rencontré des enfants qui étaient comme moi. Mavis incomprise de son propre père. Incapable de lui parler. Raiponce battue par sa belle-mère et proche de se faire tuer par la veuve noire. Melody vivant dans une famille nombreuse remplie de sœurs plus grandes et toujours plus parfaites. Petite dernière incomprise et rabrouée par les autres enfants. Proche de mourir à son tour par ses tantes. Et j'en ai d'autres sur ma liste. Pleins d'autres qui n'attendent que moi pour les sauver. Mais aucune n'a compris que je les avais sauvées et m'a craché au visage. Comme mes frères. Elles ne méritaient pas de vivre si c'était pour devenir comme eux.

Jack assimila durement la vérité, il avait du mal à garder son cutter bien en face de son assaillant. Il avait pitié de lui en cet instant. Pourtant il se força à parler. Il devait essayer de le raisonner, de lui faire comprendre.

- Mais ces filles ne voulaient pas être sauvées de cette manière ! Elles ne voulaient pas d'un autre tortionnaire !

- J'étais bon pour elles ! Hurla-t-il couvert par le bruit du vent. Normalement une fille c'est plus doux et plus gentil ! Mais je me trompais ! Frères ou sœurs c'est du pareil au même ! Mensonges, haine, moquerie. Ils nient tous mon existence et ma valeur !

Jack avait toujours pensé qu'Hans ainsi que le tueur étaient les plus confiants des hommes qu'il avait connus. Il comprit qu'il s'était lourdement trompé. C'était finalement tout le contraire qui émergea de son ennemi.

- Mais Melody est différente j'en suis certain. Elle est comme moi. Elle a une grande famille. Elle est incomprise de ses sœurs et de ses amis. Elle est seule et a besoin de moi comme j'ai besoin d'elle. Je suis certain que c'est la bonne. Oui c'est elle qui sera ma perle rare. Je ferais d'elle une princesse. Une reine !

Il eut un sourire fou. Le jeune Frost comprit qu'il ne pouvait pas grand chose pour sauver Hans de sa folie. Il était allé trop loin et il était trop tard. Mais sa haine envers lui ne diminua pas pour autant. Il fallait l'arrêter quoiqu'il en coûte et se venger de lui. Quitte à le faire souffrir à vie. Il ne s'arrêterait pas en si bon chemin malgré la pitié qu'il ressentait pour lui.

- Tu aurais pu choisir d'autres voies. Ou voir des psychologues pour ton cas. Mais non tu as fait les mauvais choix et pour ça, je ne te pardonnerais pas. Même malgré ce que tu viens de me dire. Tu mérites de passer le reste de ta vie à cogiter sur ce que tu aurais dû faire. Partir de ta famille et trouver ta place par la gentillesse et l'aide envers les autres. C'est là l'erreur de ta vie.

- Parce que tu crois que je demande ton pardon ? Ou que j'ai besoin de ces débiles qui se croient intelligents en lisant dans le cerveau de leur patient ? Pathétique. Inutile. Toi tu n'es ni plus ni moins qu'un autre cafard sur ma route. Et je t'écraserais. Tu n'as de toute façon aucune chance face à moi. Le passé et le futur le prouvent non ?

Il rit longuement. Il sembla que la conversation se termina ainsi car Jack ne trouva plus rien à lui répondre. Ils s'étaient dit ce qui se cachait encore entre eux. Brisant ainsi leurs dernières barrières. C'était désormais en ayant pleinement conscience de leur but, de leur objectif et de leur raison qu'ils se fixaient.

- Je pense qu'il est grand temps d'en finir, Jack Frost. Une bonne fois pour toutes.

- Pour une fois je suis d'accord. En ce monde il n'y a pas la place pour nous deux. Je sauverais, quoiqu'il m'en coûte, les âmes de mes amis. Je ne les laisserais pas disparaitre.

- C'est ce que l'on verra. Je trouverais ma place, dus-je te tuer pour y arriver.

Sur ces derniers mots, le tueur fonça sur Jack à grandes enjambées. Le jeune enfant balança son cutter en face de lui mais Hans l'attrapa par le bras et le tordit en arrière pour qu'il lâche son arme. Jack hurla de douleur. Le cutter resta cependant dans sa main et il le regarda avec colère. Hans approcha alors le mouchoir d'où Jack bloqua sa respiration. Puis il se tortilla et donna un coup de pied sur son genou droit qui le fit grommeler. Il tint tout de même prise. Jack se balança alors en avant, tirant de toute ses forces sur ses maigres bras. Il se débattait comme jamais et se laissa tomber sur le sol. Fixant Hans dans les yeux qui tentait de lui faire aspirer le chloroforme. C'est alors que Jack balança son pied en l'air, visant la partie la plus faible du corps des hommes. C'était à la fois un geste simple mais efficace qui fit tomber Hans à terre. Il se tint les parties.

- C'est dingue comme ça peut être efficace, s'exprima Jack en roulant sur le côté.

Puis il fit son choix. Il laissa le tueur là pour partir vers les toilettes. Il avait encore une chose à faire avant d'en finir. Hans avait trop de complices, ça ne pouvait pas se finir ici. Celui-ci se tortillait d'ailleurs sur le sol tant la douleur pouvait être horrible. Jack en profita pour entrer dans les toilettes. Elles étaient fermées tout à l'heure mais maintenant ouvertes. Jack avait compris qu'Hans avait tenté de l'amener là-bas pour en finir en toute discrétion. Heureusement que Jack avait compris à temps qui il était vraiment. Sinon il n'aurait jamais pu s'en sortir. Il se douta par ailleurs que le trio devait se trouver là.

Une porte de cabine était fermée à clef. Il frappa donc à coups de pied pour l'ouvrir, son cœur battant à la chamade. Fixant le couloir. Le tueur pouvait se relever d'un moment à l'autre. Voyant qu'il n'arrivait à rien, le jeune Frost empoigna l'extincteur des toilettes et martela la porte de bois avec une force inouïe. La force du désespoir.

Le bois commença à céder. Jack entendait des bruits de pas dans le couloir. Il en tremblait avant d'atteindre le loquet. Il ouvrit ce qu'il restait de la porte et repéra le trio qui dormait sur la cuvette et au sol. Il eut un instant de colère où il serra les poings. Puis il sortit une bouteille de son sac, toujours sur son dos, et envoya de l'eau sur eux. Cela ne les fit pas émerger. Il remarqua même qu'Elena saignait du nez et semblait souffrir. Le tueur avait dû utiliser une grosse dose. Ce qui pouvait être mortel. Il jura.

Jack entra dans la cabine et les frappa en envoyant sans ménagement leur tête dans la cuvette. Il devait à tout prit les faire émerger.

- Jaaaaaaaaaaaack !

Hans arriva proche de là. Le blanc sentit les larmes de terreur monter avant que Jim ne papillonne des yeux avec difficulté. Jack le secoua comme jamais et lui cogna la tête contre le mur.

- Réveille-toi bon sang ! JIM HAWKINS ! C'est le moment où jamais de sauver la fille la plus importante de toute ta vie !

Le jeune garçon avait été assommé mais pas chloroformé. Si bien qu'il ouvrit grand les yeux en tenant Jack par le col.

- ARRÊTE ! Ca fait mal !

- AIDE-MOI ! Il faut sauver Melody et Elena !

Jim prit quelques secondes pour comprendre avant de voir Hans débouler dans la cabine. Il avait le visage crispé et se protégeait les parties pour ne pas que Jack recommence.

Le jeune Hawkins comprit rapidement la situation et les dires de son ami. Il regarda Hans prendre Jack et le balancer dans l'évier. Il n'avait pas remarqué Jim tant il était furieux. Ils hurlaient si fort que plusieurs professeurs les entendirent depuis un bon moment. Callaghan, Delbert et Silver arrivèrent en trombe pour regarder ce qu'il se passait. Ils tombèrent des nues en voyant Hans tenter de noyer Jack. Celui-ci se débattait avec ferveur mais Hans avait une force incroyable. Il commençait à perdre son air et paniquait. Non ça ne pouvait pas se finir comme ça ! Il tenta de lui balancer des coups mais Hans protégea ses jambes.

- Ca ne marchera pas deux fois !

- HANS ? Qu'est-ce que vous faites !

Delbert accourut et se prit une droite. Il s'effondra au sol.

- Ne me dérangez pas ou Pitch et Frollo vous le ferons payer ! Hurla-t-il de son regard fou.

Callaghan n'osa pas avancer. Sa famille, sa fille, étaient directement menacées par ses propos. Mais Silver lui n'avait aucune famille. Il sauta sur Hans.

- Vous êtes complètement fou ! Hurla Silver.

Il le tint par derrière d'où Hans beugla des insultes. Jack tomba au sol et cracha ses poumons. Il tremblait et remarqua qu'il avait uriné sur lui même. Jim essayait de se lever en vain en face de lui. La douleur qu'il ressentait à la tête était invivable. Mais voir Silver se battre lui donna de la force. Il avait toujours considéré ce professeur comme un père pour lui.

- Si vous me barrez la route, je dirais à tout le monde que vous détournez l'argent de l'école et de la ville toute entière ! Hurla Hans.

- ...

Silver hésita. Puis il regard Jim, Melody, Elena et Jack.

- Non... ! Je ne peux pas vous laisser faire ça ! Même au prix de ma propre vie !

Delbert fut heureux de l'entendre alors qu'il gisait sur le sol avec du sang sur la bouche.

Hans devint rouge de haine.

- CALLAGHAN AIDEZ-MOI ! Ou j'irais tuer votre fille !

Celui-ci se sentit prit entre deux feux. Etre complice de meurtre ? C'était beaucoup pour lui. Il décida de s'enfuir.

- Lâche !

Silver en sourit en voyant Hans se débattre. Mais celui-ci n'avait pas dit son dernier mot.

Hans avait gardé une arme secrète, il était contrarié de l'utiliser là mais préféra éliminer Silver de sa vue. De sa poche il sortit de l'acide citrique pris en salle de science et le lui balança au visage. Silver hurla comme jamais. Il sentit son œil droit se liquéfier sous les yeux des deux garçons qui hurlaient de terreur. Silver se gratta le visage qui se déforma avant qu'Hans ne se saisisse de la petite hache à côté de l'extincteur pour le marteler de coup. Il s'acharna sur son bras droit et sa jambe droite qui fit exploser du sang sur les murs. Jim se sentit vomir dans les toilettes alors que Jack rampait, traumatisé, vers lui.

- Non… Pas Silver, pleura Jim entre deux vomissements.

Jack s'agrippa contre la porte avant de reprendre son cutter.

Hans le remarqua et laissa Silver sur le sol qui était recouvert du sang de ses membres à moitié arrachés.

- Non. Non. Non, répliqua Hans qui fit claquer sa hache contre les cabines dans un bruit d'avertissement. Je ne te laisserais pas m'avoir par derrière.

Il ne lâcha pas la hache mais attrapa Jack par le cou. Celui-ci lui planta le cutter dans le bras gauche. Hans se crispa mais garda prise et le cutter tomba au sol. Le sang coula le long de son bras sans qu'il ne s'en rende vraiment compte tant il était fou furieux et psychotique. A nouveau Jack se débattit. Il manquait d'air et sentit sa gorge rétrécir. Il bavait.

C'est alors que Jim fonça sur lui dans un geste désespéré. Il donna un grand coup de tête sur sa partie intime. A nouveau Hans lâcha prise et s'effondra au sol en hurlant d'une douleur infâme.

- Toi jamais plus tu n'auras d'enfant et c'est tant mieux, commenta Jim sans trop s'en rendre compte.

Il tremblait et avait de la bave tant il avait vomi. Il avait peur, si peur. Jack cracha et pointa Melody du doigt. Hans hurla des noms d'oiseaux à tout va en jurant de les étriper si lentement qu'ils verraient la mort les lécher avec délice.

Delbert s'était quant à lui précipité sur Silver et tentait de le sauver en bloquant l'hémorragie. Jim comprit le geste de son nouvel ami et prit Melody sur son dos avec une difficulté hors norme. Jack se força à tenir debout et agrippa Elena dont le sang coulait à flots de son nez. Il lui mit un mouchoir complet dans les narines et regarda si elle respirait par la bouche. Ce qui était le cas. Il la porta alors et les deux clopinèrent hors de la pièce.

- Où sont... Harold... et Mérida ? Balbutia Jim en panique.

- Je sais pas... Faut qu'on se barre...

- On va chercher près de la sortie mais on ne peut pas revenir en arrière. J'ai confiance en eux... !

Jim le suivit non sans éprouver une peur sans nom.

Peu avant ça, Harold repoussa Mérida contre le mur alors que Claude Frollo allait l'empoigner.

- Je ne te laisserais pas la violer pervers !

Claude se recula en voyant qu'il brandissait son cutter devant lui. Il salivait en regardant Mérida. Pitch en rit.

- Qu'est-ce que vous vouliez dire par le fait que Jack soit du mauvais côté de la porte ? Balança Harold. PARLEZ !

L'homme en noir se leva et regarda au dehors comme si Harold ne représentait aucune menace pour lui. La tempête était si dense qu'on n'y voyait pas à un mètre devant soi.

- Je te pensais plus intelligent Harold. Ce que ma phrase veut dire est exactement ce qu'elle est. Jack est plus en danger là-bas qu'ici.

Le brun fronça les sourcils. Il fit tourner son cerveau à plein régime. Mais il eut du mal à rassembler la totalité des informations. Pitch se retourna sur lui et se colla contre la vitre.

- Je ne suis pas celui que vous recherchez. Bon je ne dirais pas que je n'ai rien à voir dans l'histoire, je suis toujours présent partout de toute manière.

Il gloussa longuement.

Mérida se releva avec son petit couteau de cuisine pris chez les Frost. Elle serra la mâchoire.

- On est sûrs que c'est vous ! C'est votre école et les garçons vous ont démasqué grâce à votre nom de famille. On sait que vous aimez voir la peur chez les gens, vous êtes un psychopathe qui aimez torturer les autres !

Elle parla d'une traite et le menaça. Claude regarda l'échange sans bouger. Il ne savait pas trop ce que Pitch l'autorisait à faire. Ni Hans d'ailleurs. L'homme en noir sembla ne jamais s'être autant amusé de toute sa vie.

- Alors voyons, on va éclaircir quelques points avant que vous ne soyez un peu trop perdus les enfants. Ce serait dommage que vous mourriez sans savoir la vérité non ?

Mérida se serra contre Harold qui lui prit la main, tout aussi fou de colère.

Pitch continua.

- Déjà, oui, c'est bien mon école. Et j'en suis très fier je dois dire. Même si j'ai l'impression que son avenir va être corrompu. J'ai beaucoup travaillé pour que Lionheart, la maire, m'accorde le droit d'en construire une. Mais je voulais absolument réunir plein d'enfants sur qui exercer mon pouvoir. Voir leur peur, leur traumatisme, les détruire de l'intérieur, c'est une passion qui me rend fou de plaisir.

- MONSTRE ! Grogna Mérida. Vous êtes une ordure !

- Oh c'est une passion comme une autre. Moi je ne tue personne, je préfère porter un coup au mental, c'est beaucoup plus satisfaisant que toute cette barbarie. Enfin voilà pourquoi cette école a vu le jour. Et ce fut facile à construire vu que je suis riche comme Crésus. Les poisons que je vends dans le monde entier ont leur petit succès. Il faut dire que je prends bien soin à ce qu'ils soient efficaces. A ce jour il n'y a que Mavis qui n'en soit pas encore morte. Mais elle a eu le temps d'être soignée, ceci explique cela. Je finirais le travail plus tard.

Il sourit en voyant Harold se tordre de douleur et de colère. Ah, ce visage, il adorait cette expression. C'était jouissif.

- Bien sûr, je n'allais pas la remplir de personnes saines d'esprit qui pleureraient à la moindre de mes actions. Ce n'aurait pas été drôle. J'ai donc recruté une petite bande de joyeux lurons. Tous avaient leur désir lubrique et fantaisiste. Certains pour voler de l'argent comme Silver, d'autres pour pouvoir continuer à faire des expériences secrètes dans les sous-sols de l'école comme Callaghan et son délire de portails dimensionnels pour attendre les lignes du temps. Un vrai fou.

Harold fut surpris. Il cligna des yeux. Quelqu'un qui avait foi en la vérité qu'étaient les lignes du temps c'était rare. Mais il n'aboutirait de toute façon à rien. C'était un domaine bien trop compliqué et insaisissable.

- Ah ça semble vous parler. Viendriez-vous du futur ? J'en ai le sentiment depuis un moment.

- Ca ne regarde personne, commenta Harold froidement.

- Je prends ça pour un oui alors. Mais cela ne m'importe guère. En fait c'est sans intérêt. Quoi que vous fassiez contre moi ce sera vain. Mais bon, pour en revenir à nos moutons, après avoir choisi mon ami Frollo ici présent j'ai fait une trouvaille incroyable. Un homme détruit qui ne savait même pas lui-même qu'il était fou. Il se croyait et se croit toujours saint d'esprit. C'était le saint-graal pour moi. Il avait un désir qui allait de paire avec ce que je voulais alors je lui ai offert le poste parfait. Et il s'est montré à la hauteur de la tâche. Hans était parfait.

- HANS !? Hurla Harold.

- Oui, Hans Westergaard est celui que vous recherchez. Il doit probablement être en train de tuer Jack et d'embarquer les autres dans ma maison. Enfin une de mes maisons de montagnes. J'en ai tellement. Il aurait dû faire ça depuis le début plutôt que de prendre une maison à ses frères. Quand elle a brûlé ils sont devenus fous, les Westergaard.

Harold tomba des nues. Il avala difficilement la chose. Dire qu'Hans était si proche d'eux depuis tout ce temps. Il en fulminait et à nouveau Pitch saliva sur son regard. Mérida sembla perplexe mais elle serra les poings.

- Les monstres se cachent partout. De toute façon cette école est remplie de monstres ! Vous ! Hans ! Frollo ! Les Benson ! Et l'autre Astoria, là !

- Ah Astoria est aussi pas mal dans son genre. Elle est chez moi en ce moment même. Je l'héberge vu qu'elle est en fuite. J'adore sa façon de traumatiser sa belle-fille juste pour de l'argent. Et le poison que je lui fournissais pour les parents de la jeunette me procurait un grand plaisir. Dommage qu'elle se soit fait avoir, en quelque sorte. Surtout que Raiponce est toujours en vie.

- J'ai adoré travailler avec eux tous. J'espère que cela pourra continuer, sinon je devrais me trouver d'autres victimes, soupira Pitch.

- On vous arrêtera avant ça. Je n'ai plus aucune pitié pour rien.

Harold s'avança fermement avec son cutter. Mérida le suivit mais Claude Frollo sortit une arme à feu de sa poche et les menaça.

- Je les tue, Pitch ?

- Hum, ce serait gâcher le plaisir. Je pense qu'Hans sera plus à même de s'occuper du garçon. Il le déteste après tout. La fille, je pense qu'il te la laissera.

- Oh oui ! Voilà qui me plait.

Frollo eut un regard pervers et lubrique qui fit frissonner Mérida.

- JAMAIS ! Jamais je ne vous la laisserai de nouveau ! Beugla Harold.

- J'aime les petites filles difficiles comme Esméralda, commenta Frollo. Je sent que je vais bien m'amuser.

Harold en devint fou de rage. Il allait s'avancer mais Claude tira un coup de feu qui passa juste à côté de lui. Il se bloqua, mort de peur. La fumée sortait doucement du canon et Harold fixa les yeux déments de son adversaire.

- Pas un pas de plus mon cher Haddock. C'est déjà la fin pour vous. Si vous ne vous étiez pas mêlés de tout, vous n'en seriez pas là. C'est de votre faute.

- Mais bien sûr, grogna Mérida qui n'avait pas perdu de son mordant. On aurait dû vous laisser, non laisser Hans tuer Raiponce et les autres sans rien faire.

- Exact, répliqua Pitch. Mais moi je préfère que vous soyez intervenus, c'est beaucoup mieux comme ça.

Le quatuor se tut. Se fixant les uns et les autres. Mérida se sentit prise au piège. Ils étaient faits comme des rats. Elle imaginait déjà se faire violer à nouveau. Elle en pleurait presque mais Harold resserra la prise sur sa main. Il avait eu un plan de fuite dès qu'il était entré dans la pièce. Il devait juste éviter le pistolet. Ce qui était compliqué...

- Il en met du temps pour revenir, Dit Claude inquiet.

- Il a peut-être eu un imprévu, va savoir, gloussa Pitch.

- Jack l'a sûrement mis en déroute c'est tout, dit Mérida fièrement.

- Ca pourrait oui. Mais ça m'étonnerait que cette force de la nature se fasse renverser par un petit enfant d'une dizaine d'années, comment Pitch. Il est du genre déterminé.

- Jack aussi ! Insista-t-elle. Il a bravé le temps lui-même et la folie pour nous sauver. Tout comme Harold.

Le brun lui sourit avec reconnaissance. Puis doucement, pendant leur conversation, il glissa sa main dans son sac à dos. Il en sortit des pétards en mitraillette. Et autres boules pétantes. Il les avait trouvés chez les Frost qui fêtaient toujours le nouvel an avec ça. Bien que cette année ce fut corrompu. Il essaya de rester impassible alors qu'il prenait aussi un briquet. Pitch sembla se douter de quelque chose. Il se leva.

- Qu'est-ce que tu caches dans ton dos mon petit Harold ? Un cadeau pour nous peut-être.

Claude le visa d'emblée. Harold se stoppa. Mérida regarda les pétards. Elle comprit.

- Je cache une arme blanche, mais je ne vous dirais pas laquelle. Je sais que le cutter ne tiendra jamais le coup face à vous.

- Un mensonge pour couvrir une vérité. Ce n'est pas très gentil.

Pitch s'avança et Harold se dépêcha de les allumer dans son dos. Ce fut complexe mais il entendit le bruit significatif que la mèche était en train de brûler.

Aussi rapidement que possible il envoya la mitraillette. Frollo tira et Harold sentit la balle se planter dans sa jambe gauche. Il hurla et s'effondra au sol en envoyant d'autres feux d'artifice qui sifflèrent dans la pièce et se mirent à brûler des feuilles sur le bureau. Claude bascula devant une fusée folle. Mérida se baissa en prenant Harold contre elle. Pitch ne voyait plus rien de son côté.

- Choppe-les Claude ! S'ils s'échappent ce ne sera pas drôle !

Frollo les chercha.

- Vers la porte Mérida ! Hurla Harold.

La rouquine se tourna vers la porte mais Harold la tira. Il fit non de la tête et l'entraina vers la fenêtre. Claude fonça à la porte et bloqua le passage.

Dès qu'Harold ouvrit la fenêtre et monta sur le rebord, le souffle aspira la fumée et les crépitements cessèrent. Ils étaient à quelques mètres de Pitch.

- Oh ! Quelle splendide tactique. Mais je ne suis pas certain qu'en sautant d'ici vous en reviendriez en un seul morceau. On est quand même au troisième étage.

- Oh vous savez, sourit Harold, j'ai déjà sauté de deux grands étages et il y avait moins de neige que ça.

Claude en profita pour tirer, Pitch sursauta. La balle se logea dans le mur.

- PAS UN GESTE !

Harold tenait Mérida contre lui. Puis il sourit et bascula en arrière. Mérida hurla contre lui alors qu'il la protégeait de l'impact. Pitch et Frollo foncèrent et les regardèrent s'enfoncer dans la tempête de neige. Allaient-ils vraiment s'écraser sans finir en bouillie dans la cour ?

Jack s'acharna avec Jim sur la porte pour la briser. Ils utilisèrent une chaise qui trainait dans le couloir. Ensemble ils frappèrent de toutes leur forces jusqu'à ce que la grande vitre ne cède. Puis ils reprirent les filles sur leur dos et passèrent par le trou qui les plongea dans le froid mordant de la tempête qui semblait s'intensifier de minute en minute. Jim protégea Melody en lui mettant sa capuche. Jack en fit de même et ils essayèrent d'avancer dans le vent sibérien.

Plus loin Hans se releva, plus fou qu'il ne l'eut jamais été. Il prit des bouts de bois de la porte et les mit dans son caleçon pour protéger ce qu'il restait de sa partie intime plutôt violacée. Plus jamais cela ne l'handicaperait. Puis sans un regard envers Delbert qui tremblait de terreur en essayant de sauver Silver, il prit la hache ensanglantée et quitta la pièce. Il courut après les garçons.

L'infirmier soupira, tant il était mort de peur de finir dans le même état que le professeur de sport.

- Tenez bon, je vais tout faire pour vous maintenir en vie, je vais appeler une ambulance.

Silver ne put répondre mais il hurlait toujours en glapissant de temps à autre. Le pauvre n'arrivait même pas à tomber dans les pommes.

Au dehors, Jack ne pensa plus qu'à s'enfuir. Il ne savait pas comment retrouver Harold et ne pouvait plus se retourner. Avec Jim ils s'enfoncèrent dans la neige qui leur arrivait jusqu'au ventre. Cela les ralentissait et les faisait paniquer. Melody et Elena semblaient ressentir le froid tant leurs corps se contractèrent.

- On va crever de froid avant qu'on ne soit retrouvé..., déglutit Jim

- COURAGE ! Ne perds pas espoir ! Jamais ! Hurla Jack.

Jim approuva. Un peu plus sceptique. Puis ils virent deux gros points noirs tomber du ciel. Jack, dont le vent fouettait son visage rougi et faisait danser ses cheveux dans un rythme endiablé, regarda en hauteur. Il vit peu distinctement Pitch et Frollo dans leur bureau.

- Non ! Harold ! Hurla-t-il.

Presque en larmes, il se dirigea vers lui. Etaient-ils morts ? Les avait-on balancés de là-haut pour s'en débarrasser ?

- Pas toi, mon ami ! Tout sauf ça ! Alors qu'on est sur le point de non-retour !

Il s'approcha et le regarda sur le sol neigeux. Celui-ci se tintait de rouge...