Versailles Drabble :

Ton père te l'avait bien dit :

Note de l'auteure : Hey ! Bonne rentrée à tous ! Je suis trop heureuse de vous retrouver avec ce nouveau texte sur Marie-Louise. Donc, on a eu son arrivée, la découverte du secret de son papa, il est donc maintenant temps pour notre petite d'apprendre ce qu'est un galant. Alors, pour ceux qui ont lu la biographie de Marie-Louise vous devez savoir que cette partie là n'est pas franchement joyeuse. C'est donc tout naturellement attachée à cette gamine que je refuse catégoriquement de la marier au roi d'Espagne et ainsi, de la rendre malheureuse. Donc, je me suis un peu amusée avec l'histoire et la chronologie. J'ai commencée avec les premiers chapitres alors pourquoi ne pas continuer hein ?! Bon, alors du coup tout de suite, un petit Philippe surprotecteur qui va nous briser un joli câble. On est parti pour le chapitre et nous on se retrouve en bas !

Le quotidien, voilà ce qui la hachait, l'épuisait, la vidait de toutes ses forces. Pourtant, elle ne faisait rien de sportif, rien de physique. Mais ces salons, ces faux compliments, ces fuites d'hommes trop extravagants, trop impétueux, allant rapidement sur l'irrespectueux, ces danses qui n'en finissaient plus, ces repas aux milles rires incessants et assourdissants. Tout ça l'assommait, la rendait presque folle tant elle était fatiguée. Sa seule échappatoire ? Sa chambre, ou celle de son père lorsqu'il n'était pas occupé ou qu'elle devait fuir un homme trop insistant.

Certes, elle était jeune, certes elle était belle et presque en âge de se marier. Mais tout de même, elle n'avait que quatorze ans, c'était trop tôt, beaucoup trop tôt pour commencer envers elle, toute cour ou toute proposition de mariage. Elle en était dégoutée, à chaque fois qu'elle pensait à ces hommes, la bile remontait et menaçait de sortir. Mais quel irrespect d'agir ainsi avec elle, faisant fit de son avis sur la question, arguant qu'elle aurait besoin d'eux pour après, pour le futur, pour survivre. Mais la vérité est qu'elle n'en avait pas besoin, elle n'en a jamais eue besoin, et ils le savaient très bien, voilà pourquoi ils insistaient tant sur de petits détails insignifiant, parce qu'elle était exigeante et qu'ils le savaient. Son père était Monsieur, le frère du roi, ce n'était pas rien tout de même, et c'était surement le plus important. De plus, au vu de son sang royal elle se devait bien de choisir un homme de premier choix. Un homme bien droit en toute mesure et poli à chaque instant. Quelqu'un de mature, de protecteur, de doux, d'attentionné si possible, quelqu'un qui respecte les femmes, qui les aimes, qui a une bonne position financière et qui n'a pas plus de son âge de dix ans. Enfin, d'après son père, l'homme parfait et inexistant donc. De toutes les manières qu'il soit, il ne voulait aucunement entendre parler de mariage dès qu'il s'agissait de sa fille. Du point de vue de son oncle, le mariage était tout autre, ce n'était qu'un simple contrat presque sans importance, à part pour une quelconque alliance avec un autre pays, plus ou moins avantageuse. Alors, évidemment, dès que ces deux là parlaient ensemble de son sort, un festival se créait, les cris fusaient, les portes claquaient et la colère s'exprimait, surtout en ce moment, son oncle semblait avoir une idée de son futur d'ailleurs. Son père et elle en avaient bien peur, il avait une idée en tête.

Elle souffla, étalée sur son lit, les bras avant écartés, ouverts, se ramenant contre sa poitrine. Cet homme, celui que voulait son père, celui avec une bonne situation, l'homme doux et respectueux des femmes, elle l'avait trouvée, il y a quatre jours de ça, ils s'étaient percutés au bout d'un couloir, et tout de suite, elle y a trouvé un intérêt. Mais visiblement l'intérêt ne se trouvait pas du côté de son père.

« Il en est hors de question ! Je ne veux pas qu'il rode auprès d'elle ! Suis-je le seul à m'inquiéter du fait qu'elle n'a que quatorze ans ?! »

Vraiment pas. Mais pourquoi cet homme l'avait retrouvée dans les jardins pour lui caresser la joue pas loin de son père. Mais où avait-il cherché ça ? Quoique, ce ne fut pas désagréable. Mais tout de même ! Même si elle appréciait cet homme, il avait vingt ans, six ans de plus… Mais il était gentil, attentionné, drôle, avenant. Ses joues rosirent et elle se mit à rire. Enfin ! On s'intéressait à sa personnalité et on venait lui parler pour ce qu'elle était sans s'intéresser à son titre.

« Mais Philippe, voyons, calme-toi. On ne va tout de même pas les marier et ce n'est pas comme si elle l'aimait. Elle est petite tu sais, elle ne sait pas ce que c'est. C'est son premier, le premier qui s'intéresse à elle. Tu ne vas tout de même pas hurler au scandale pour une simple amourette ? »

Merci Liselotte, enfin une qui comprenait. Non, elle ne l'aimait pas, enfin, pas tout de suite, non elle n'était pas sotte comme toutes les autres filles. Elle savait qu'elle était touchée, mais elle n'est en rien aveugle, elle savait ce qu'était l'amour, ou du moins, elle en avait une idée et ce qu'elle vivait n'était en rien de l'amour, juste une certaine attirance et petite fierté à l'idée qu'on puisse l'apprécier. Après, peut-être que d'ici un ou deux ans, s'il était toujours aussi bon et sympathique, il se pourrait qu'elle l'aime, ou du moins, qu'elle se prenne à l'aimer et que l'idée du mariage vienne effectivement sur le tapis. Ses joues rougirent une fois de plus et, souriante, elle mit ses mains sur son visage tant il chauffait.

« Une simple amourette ?! Une simple amourette ?!

-Oui, c'est ce que j'ai dit.

-Liselotte, mais tu ne te rends pas compte de ce que tu dis !

-Si…J'en suis tout à fait consciente. Et je sais aussi, donc, qu'il ne faut pas s'énerver. Comme tu l'as si bien dit, elle n'a que quatorze ans. Et elle est mature.

-Plus que son âge, justement, mais pas assez pour ne pas y croire. Elle reste une jeune fille, et par extension. Il haussa la voix. Elle est naïve !

-Philippe, calmes-toi voyons ! Elle est méfiante et tu le sais très bien. Et c'est tout aussi bien d'être naïve, d'être insouciante justement.

-Chez toi peut-être, ici, non ! »

C'est fou ce que le Liselotte pouvait être calme et patiente certains jours. Comment faisait-elle ? Si elle avait été à sa place, elle et son père se seraient déjà hurlés dessus plus que de raisonnable et Louis serait surement venu pour voir si tout allait bien en les entendant hurler depuis la salle de conseil.

« Philippe d'Orléans, ça suffit maintenant ! Bon, d'accord, elle hausse la voix. Finalement, elle n'est peut-être pas si calme. Tu vas te calmer et avoir une vraie discussion avec ta fille. Lui parler comme je l'ai fait tout à l'heure t'aurais permis de savoir qu'elle n'est en rien si naïve. Alors maintenant tu te calmes et tu la laisse s'exprimer et te parler ! C'est bien compris ? Non mais ce n'est pas possible d'être aussi buté qu'un sanglier ! »

D'accord, une porte venait de claquer dans un sens, puis dans un autre.

« Si je me suis bien faite comprendre alors ta fille devrait être ici non ? Ou bien tu devrais être partit dans l'autre pièce pour pouvoir clairement et calmement ! Lui parler. Non ?

-Si, peut-être bien. Mais je tiens à te dire que tu n'as pas à me parler comme ça. »

Bon, ça y est, c'était le moment venu de partir de son lit pour regagner la pièce d'à côté d'où s'élevait tout les cris.

Elle entra donc dans les appartements de son père et fila vers le buffet sous son regard lourd, se prit un macaron dans le plus grand des calmes et but un peu d'eau. Elle jeta un petit regard timide vers son père, ce qui ne l'adoucit pas réellement, puis reposa son verre et se posta face à lui. Elle s'en approcha comme lorsque l'on veut éduquer un animal sauvage, se mit sur la pointe des pieds pour se faire la tête qui lui manquait et embrassa sa joue, l'adoucissant d'un coup. Puis, toute guillerette, elle regagna la chambre sous les yeux ronds de son papa et le sourire moqueur de Liselotte qui se retenait de rire. Philippe se retourna vers sa femme avec un air sévère, ne recevant comme réponse qu'un haussement d'épaules et un petit sourire et regard moqueur, rieur. Il souffla, lui fit un rapide sourire bien vite disparus et grogna sur l'impossibilité de sa fille tout en la suivant dans la chambre qui lui appartenait tout de même, refermant la porte derrière lui.

Il l'observa de cet air supérieur qu'à tout père en colère et s'assit sur le matelas à ses côtés, près à lui donner une bonne leçon de vie.

« Tu pense donc pouvoir m'acheter si facilement ? Il l'observa, un peu plus sévère, se faisant répondre par un sourire entre le timide et le rieur.

-Ça a marché pourtant. Tu t'es adoucis. »

Philippe acquiesça puis abandonna son air sévère pour un, un peu plus lassé et fataliste. Il regarda sa fille de façon douce et inquiète et caressa sa joue de son pouce, la faisant se coller contre sa paume il dégagea les mèches brunes qui lui cachaient les doux yeux bleus lui étant semblables puis la lâcha. Pour toute réponse, elle se colla à lui, épaule contre épaule et posa affectueusement sa joue contre lui. Puis, elle lui prit doucement la main pour mêler ses doigts à ceux de son père, calquant sa respiration sur la sienne.

« Je sais que tu te méfies papa. Mais je me dois de faire ma propre expérience. C'est ce que tu m'as toujours appris non ? Que sa propre expérience était toujours la bonne à garder.

-Je sais ma puce mais…J'ai peur. Et cet homme ne m'aspire vraiment pas confiance.

-Parce qu'il est un homme. Elle s'attira un regard de son père.

-Parce qu'il n'en n'est pas digne, qu'il n'est pas digne de toi et qu'il te fera forcément du mal. Le petit cœur de sa fille se serra. Pourquoi se sentait elle d'un coup triste à cette idée ?

-Bien, si tu le dis… Alors quelles preuves as-tu ?

-On ne peut pas s'attacher à une jeune personne aussi vite.

-Mais je ne l'aime pas.

-Je sais, c'est d'une autre chose dont je parle. Je parle de ton innocence. Il joue avec et gagne du galon il n'est intéressé que par ta richesse, j'en suis sûr.

-Papa… Tu ne lui as jamais parlé et ce n'était pas comme si j'étais allée bien loin.

-Et tu n'iras jamais plus loin, sois en sûre. »

Philippe dit cette phrase d'une voix sûre puis se leva. Il ne sourit pas vers sa fille et se contenta de filer vers la porte qu'il ouvrit et referma immédiatement, choquant quelque peu la petite.

C'est assez rapidement qu'il atteint les sous-sols de Marchal. Il traversa les prisons où une myriade de nobles arrêtés pour divers motifs et agents espagnols et hollandais le fixaient avec la gueule amochée et le plus grand des désespoirs peint sur leur visage. Il déglutit un peu difficilement sur ces horreurs puis se reprit et ravala son envie de vomir.

Il gagna rapidement le bureau de l'homme qu'il cherchait qui se leva à son arrivé.

« Monsieur ?

-Marchal. J'aurais besoin de quelques informations concernant un homme. »

Marchal se raidit à cette demande. Il était peut-être frère du roi mais il ne pourrait, malheureusement pour lui, rien lui donner de trop spécial sans autorisation royale.

« De qui s'agit-il ?

-D'un certain Joffre de Boulogne. »

Fabien chercha un instant dans les tréfonds de son esprit. Ce nom lui disait quelque chose. Il l'avait vu sur les registres des nouveaux arrivants, ça oui. Mais il l'avait aussi vu autre part, où ? Il observa un moment le brun impatient puis partit en direction de registres qu'il gardait pour un résumé d'informations. Il fronça les sourcils, puis tiqua. Soit le Joffre n'avait rien fait, soit il apparaissait sur une autre liste. Il observa un instant Philippe puis revint sur son livret. Malheureusement. Il se redressa, ferma son registre et rejoignit Monsieur.

« Je suis navré Monsieur, mais je n'ai rien pour l'instant. Peut-être que si vous me laissiez un peu de temps je pourrais vous en donner davantage. Enfin, plus que son identité et son lieu de naissance qui est, comme vous vous en doutez, Boulogne.

-Bien, vous l'avez. Merci de votre aide mon bon Marchal.

-Je vous en prie. »

Le chef de police s'inclina, puis, au départ du frère royal, sauta sur le livret qu'il ne voulait surtout pas ouvrir face à lui. Celui des criminels supposés.

OoOoOoO

Riant aux éclats, Marie Louise, profitant de la douce brise nocturne, se promenait en douce compagnie, celle de Joffre, qui, loquace, racontait les déboires d'un jeune homme qui avait rencontré madame malchance. S'arrêtant devant des torches, le jeune homme se tourna vers la brunette qui lui sourit. Il lui répondit du même étirement de lèvres et se laissa faire avec un léger rosissement aux joues lorsque le plus âgé lui prit doucement la main pour l'embrasser. Elle eut un petit rire, puis, entendant son père l'appeler depuis l'autre bout des jardins, elle se retira en s'excusant, promettant une rencontre plus longue le lendemain.

Elle sautilla en le quittant, regardant en arrière pour lui sourire à nouveau puis couru plus franchement pour se retrouver face à son père qui, un sourcil relevé, ne semblait pas très heureux devant ses escapades nocturnes.

« Je t'ai dit…

-Pas plus tard que neuf heures…Je sais… Mais papa, je me promenais, c'est tout. »

Elle lui prit le bras et marcha en silence, ignorant un peu difficilement le regard paternel vexé qui lui brûlait l'épaule. Ils atteignirent les appartements de la petite brune, puis, sans crier gare, le frère du roi attrapa les épaules de sa fille et se mit à son niveau, la forçant ainsi à le regarder dans les yeux.

« Il ne t'a pas touché au moins ?

-Papa ? Elle était choquée, mais quelle était cette question ?

-Je veux dire. Évidemment que non qu'il ne pas touché…Mais, t'a-t-il promis des choses ? T'a-t-il embrassé ? »

Il était pressé, semblait peureux. Oui, c'est ça, il avait peur. Sa fille le comprit assez vite. Aussi, elle lui fit un baiser sur la joue et lui sourit, rassurante.

« Non, il ne m'a rien promis et oui, je n'ai encore jamais embrassé de garçon. Ça te va ?

-C'est vrai au moins ? Il montrait son inquiétude, la faisant un peu rire.

-Mais oui papa. Allez, je vais me coucher. Elle le serra dans ses bras puis ouvrit la porte. Bonne nuit papa. Puis, elle referma la porte et partit se coucher. »

Philippe souffla. Peut-être n'était-elle effectivement pas si insouciante que ça…Mais maudit malotru ! Philippe allait s'assurer que cet homme n'approcherait plus jamais de son enfant. Oui, vraiment, il n'avait jamais exécré un homme avec tant de force. Tout en lui respirait et sentait le faux.

OoOoOoO

« Et comment s'appelle-t-il ?

-Joffre de Boulogne je crois.

-Joffre ? De Boulogne ?

-Pourquoi, tu le connais ?

-Mais voyons chérie, je connais tout le monde ici.

-Évidemment…

-Tu le connais ? »

Les deux têtes blondes et bouclées se tournèrent vers celle brune qui venait d'arriver. Philippe referma la porte sans quitter le Chevalier des yeux. Il était sérieux, mais tellement sérieux qu'il fit peur au pauvre blond qui goba d'un coup son macaron, ne le mâchant presque pas.

« C'est possible que j'ai pu rencontrer cet homme durant une fête ou bien même une soirée ou alors, quand il est arrivé à Versailles. Après, je ne suis pas en train de dire que je le connais personnellement… Peut-être que je me trompe mais il me semble qu'il fut fiancé. Après, je crois bien que je me trompe de personne... Il marmonna pour lui même. Enfin, j'espère…

-Pardon ? Philippe s'approcha de lui, presque menaçant.

-Rien ! Rien ! Répondit le Chevalier d'un coup paniqué. À quoi il ressemble ton Joffre ?

-Au pire des crétins… Dit Philippe, le plus sombre possible tout en s'asseyant à ses côtés.

-Mais encore ? Demanda le Chevalier blond en prenant un macaron en main tout en faisant la moue. »

Philippe souffla et regagna son lit. Bon, la soirée semblait joyeuse, surtout lorsque l'on voyait le brun faire une tête de six pieds de long et ruminer des choses incompréhensibles tout en passant dans la pièce voisine en claquant fortement la porte. Liselotte fixa un instant le blond qui semblait réfléchir, les sourcils froncés et la moue boudeuse. Il était concentré, quelque chose devait le déranger.

« Tu as dit qu'il s'appelait comment déjà ? »

Ça y est, Liselotte voulait définitivement rentrer chez elle.

OoOoOoO

Il faisait chaud dans les jardins ce jour là. Les fleurs, guidées par une douce brise, s'ouvraient devant les rayons qui irradiaient le sol de leur lumière. Les joues rougissaient, les peaux, protégées tant bien que mal, chauffaient sans pour autant suer. Oui, il faisait chaud, et c'était des plus agréable, une chaleur douce, caressante qui détendait l'esprit. C'était définitivement une bonne journée, les plantes parfumées coloraient le paysage au ciel dégagé et les nobles parlaient amicalement entre eux, riant de bonnes plaisanteries. Rien ne pourrait gâcher cette bonne journée. Rien mis à part peut-être ce jeune mais bien trop vieux pour sa fille, homme qui s'en approchait un peu trop.

Le visage de Philippe se décomposa devant une Liselotte bien inquiète. Elle l'observait Depuis maintenant dix minutes et avait ainsi put voir le changement radical entre, « L'homme avenant et amical et L'homme qui allait écarteler le premier venu qui allait lui parler. » d'ailleurs, n'étais-ce pas Louis qui venait de faire demi-tour ?

Philippe en faisait trop, il s'irritait pour rien. Mais c'est vrai qu'en y réfléchissant bien, Liselotte n'arrivait pas à faire confiance à cet homme. Quelque chose chez lui la dérangeait, la gênait, il semblait…Opportun. C'est ça, pour elle, c'était un opportuniste. Mais elle ne dirait rien, Marie-Louise se devait de faire son expérience par elle-même. On bougeait à côté d'elle. Elle regarda son mari brun qui crispait ses bras et commençait s'impatienter. Elle l'arrêta en sentant qu'il allait bouger pour s'interposer entre les deux jeunes et le maintint auprès d'elle en lui faisant un signe de négation, le plus calmement possible. C'est cet instant que choisit le Chevalier pour arriver essoufflé, disant qu'il avait retrouver ce à quoi le nom du « galant de Marie-Louise », lui faisait penser. Philippe, évidemment, c'est immédiatement retourné vers son blond qui eut un peu peur au point d'en reculer en voyant son air sévère et fermé, puis pointa le concerner, demandant si c'était bien lui. Une fois que l'affirmatif lui fut donné, le blond expliqua alors qu'il s'agissait bien de la personne à laquelle il pensait.

Il parla vite, mais il fit peur, très peur à tout le monde de par ses paroles et son air paniqué. Néanmoins, Philippe eut du mal à le croire, se disant que ce n'était pas possible. Certes il n'aimait pas ce jeune conte, mais de là à penser qu'il serait capable de faire ça…À sa fille ? Sa petit fille chérie ? Possible, ou alors il fallait qu'il se calme et qu'il ne croit pas n'importe quoi. Il lui demanda gentiment et certes, un peu sèchement, d'arrêter de dire des bêtises, ce à quoi voulu répondre Chevalier avant de se faire couper par un Marchal qui arrivait en courant vers lui.

Le policier s'inclina légèrement et ouvrit un petit carnet dans lequel se trouvait ses informations qu'il avait réussit à amasser. Le brun lui fit un signe de tête pour lui permettre de parler.

« Votre altesse, il est urgent que vous interdisiez votre fille d'approcher cet homme tant que nous n'aurions pas certaines informations. Nous attendons encore des témoignages mais il est possible qu'il soit à l'origine de la mort d'une jeune noble dont il était au préalable fiancée. Mais nous sommes déjà sûr qu'il est à l'origine de la disparition de sa fortune. L'argent de la belle a disparus en même temps qu'il devint riche. Il connaît comment arnaquer et voler mais il ne paraît pas très intelligent. Néanmoins, il ment très facilement et arrive aussi à mettre les plus doués et malins dans sa poche.

-Donc… Le brun se tourna vers son amant d'un air désolé alors que celui-ci lui lançait le regard du « je te l'avais bien dit. »

-Vous avez besoin de témoignage ? Demanda Chevalier alors que Fabien se tournait vers lui.

-C'est effectivement ce que je vous ai dit.

-Je peux vous en donner un. Il se trouve que j'ai, pendant un temps, été assez proche d'une famille dont la fille est aujourd'hui défunte. La pauvre jeune femme, très adorable d'ailleurs, serait morte peut de temps après le passage d'un homme d'une maladie don nul ne connaissait la provenance. Il fit semblant de pleurer à une fête où j'étais d'ailleurs présent puis se sauva en apprenant que ça belle se fit empoisonner. Nul doute pour les parents, c'était bien lui. Malheureusement pour eux, ils se firent tuer dans un accident de calèche. Parlons-nous des mêmes personnes Marchal ? »

Le chef de police haussa un sourcil tout en notant ce qui avait été dit avant d'acquiescer et de remercier le Chevalier de Lorraine de s'être fait remarquer, l'empêchant ainsi de l'interroger car il avait en effet vu que le blond tenait un lien avec la famille dont il était question. Il allait ajouter quelque chose, mais déjà, Monsieur se dirigeait vers sa fille en courant, lâché par un Liselotte livide et choquée par ce qu'elle venait d'entendre.

Et c'est à partir de cet instant, que tout s'enchaîna très vite. L'homme mal aimé eut l'aimable plaisir de prendre un coup de poing magistral de la part du frère du roi qui serrait sa fille aux yeux écarquillés contre lui. Le chef de police, arrivé en courant sur ces entrefaites, se saisit sans la moindre compassion de l'homme a terre et l'emmena sans douceur sous les yeux des passants choqués. Marie-Louise observa son père sans comprendre puis se fit emmener par son paternel, loin du lieu.

OoOoOoO

La brune observa son père longuement, devenant d'un coup pâle. Son père, comprenant son choque, la prit doucement dans ses bras, la serrant, soulagé de la savoir loin se tout ça. Il lui expliqua à quel point il avait eu peur et elle rit en lui répondant que pour une fois, sa paranoïa fut utile. La remarque le fit sourire, mais il fut tout de même étonné par un point.

« Tu…Tu ne cherche pas à le défendre ? Tu n'es pas triste ? Tu me crois ?»

Elle le maintint contre elle, puis après un petit temps de réflexion et une petite moue, elle donna sa réponse.

« Tu sais papa, je ne le connaissais que depuis cinq jours et l'on était bien loin du coup de foudre. Je n'ai aucune raison de ne pas te faire confiance, de ne pas te croire. Je ne l'aimais pas au point d'en être amoureuse…J'étais…Curieuse, c'est tout. Et apprendre ce qu'il a été possible de faire…Dans un sens, ça ne m'étonne même pas qu'il soit un escroc. Après tout, cet homme à fait certaines remarques qui m'ont choqué et paru étranges. Non papa, je n'en étais pas amoureuse… C'est juste que…J'ai l'impression d'avoir été idiote…

-Tu t'es méfiée ma fille. Et c'est bien loin d'être une preuve d'idiotie. Au contraire.

Elle se mit à grogner, pas sûre quand à ce propos, faisant rire son père qui reconnut bien là l'égo familiale, tout comme cette méfiance héréditaire. Mais elle aurait tout aussi bien pu s'y attacher directement. Quoi que… Il semblerait que tous détiennent une sorte de capteur de mauvaises émotions. Philippe ne pouvait pas juger quelqu'un vivant un coup de foudre, après tout, c'est ce qui c'était passé pour lui et Chevalier. Mais son blond était bien loin de tout ça. Il s'agissait plus d'une pâte gourmande et luxueuse qu'autre chose, qui fait de temps à autres des bêtises stupides. Mais bon, c'était un autre sujet.

C'est après un petit temps de blanc que le père et la fille se décollèrent puis se regardèrent avant d'exploser de rire, toujours dans les bras de l'autre. Il lui proposa de l'accompagner dans les jardins, ce qu'elle accepta volontiers, prenant le bras de son père avec enjouement, retrouvant sa joie enfantine naturelle, faisant ainsi sourire tendrement le brun et lui donna, plus tard, encore plus envie de tuer l'homme qui se trouvait en ce moment même dans les prisons.

OoOoOoO

Son souffle se coupa. Elle avait envie de partir, de courir voir son père, de lui hurler de l'aider, de lui dire que son oncle était devenu fou. Avec qui voulait-il la marier ? Le roi d'Espagne ? Elle ? Reine espagnole ? Enfermée dans une tour toute l'année, loin de son père, loin de tout, clôturée dans une chapelle, en présence suivie par les représentant de dieu ? Hors de question.

Elle resta neutre, déglutissant, répondant simplement que si ce que sa majesté souhaitait, alors sa majesté devrait en partie justifier un tel choix, gardant la sureté patiente qu'elle avait gagnée de sa mère. Louis se tourna vers elle et resta tendre. Il savait que ce qu'il lui demandait était dur, mais c'était aussi nécessaire, et lui ferait comprendre.

« Écoute ma belle. Il posa une main sur son épaule, la regardant dans les yeux, captant son inquiétude, sa panique, son appel au secours. Mais il te faudra être forte, il s'agit de l'avenir de la France, d'une nouvelle fraternité entre la France et l'Espagne. Tu comprends ?

-Oui, je comprends…Sire… Elle serra les dents, baissa la tête et souffla, ravalant son envie de pleurer, avant qu'une idée, certes risquée, mais sure, ne germe dans son petit esprit futé.

-Bien, je suis heureux de l'entendre. Évidemment, comme tu t'en doutes, au vu de ta jeunesse, cela ne se fera pas tout de suite et…

-Sire ? Mon oncle ? Puis-je vous demander une condition pour ce mariage ?

-Cela dépend. Qu'elle est elle ?

-Je veux une promesse sans autres conditions. Elle fronça les sourcils, amenant un souffle de résignation de la part du roi.

-Bien. »

Il fouetta l'air de sa main. Alors, quel est elle ? Sa nièce sourit de toutes ses dents. Bon, d'accord, il allait surement le regretter, mais bon, il lui devait bien ça. Et puis, une promesse est une promesse, il se devait de la tenir. Après tout, qu'est ce que cela pouvait être et qui l'empêche de se marier ?

« Je veux l'autorisation de mon père. »

Louis se stoppa, perdant son sourire et son air compatissant de bon oncle bien gentil. Il voulu revenir en arrière sur sa promesse, mais il savait que c'était impossible. Un coup comme ça, il ne l'avait pas prévu, il allait devoir utiliser son plan de secours, il n'avait pas le choix. Il s'appuya sur sa table et regarda l'air fier et droit de sa nièce qui balançait son bassin gentiment, les mains croisées derrière son dos. Il ferma les yeux un instant, souffla, puis se retourna vers Bontemps qui avait observé la scène d'un œil amusé. Cette famille était vraiment originale. Il fronçait maintenant les sourcils, qu'est-ce que son roi allait faire maintenant ?

« Bontemps. Il fixait sa nièce. Allez chercher mon frère s'il vous plait. Vite. »

C'est inquiet que Philippe entra dans la salle de conseil, se demandant ce que sa fille aurait bien pu faire de si spécial qui puisse recourir à sa présence. Il rencontra l'air neutre et à semi en colère de son frère et celui ignorant ou plutôt faignant l'ignorance. Il s'en approcha et se retourna vers Louis, qui avait lâché sa table, au moment où il avait raclé sa gorge. Le roi fit un sourire crispé tout en s'approchant du brun.

« Bon. He bien, je crois que tu as entendu cette histoire d'alliance ? Le brun se crispas et hocha la tête. J'ai fais cette proposition à ta fille qui a accueillit cette nouvelle de façon très mature. »

Philippe se retourna vers sa fille qui baissa la tête et releva timidement les yeux vers lui. Il se retourna vers Louis et hocha de nouveau la tête, attendant la suite.

« Et elle a acceptée. Philippe retint sa respiration. Mais à une condition. Le brun releva les yeux vers sa fille puis de nouveau vers son frère.

-Qu'elle est elle ?

-Elle veut…Ton approbation. Souffla Louis qui voyait le visage de son frère s'éclairer et ainsi, son projet s'écrouler.

-Ah oui ? Il s'approcha de sa fille et lui caressa la joue. C'est vraiment ce que tu veux ?

-C'est un devoir que je dois accomplir non ?

-Oui, mais tu n'en es pas obligé. Tu veux mon avis et je ne le donnerais que si je connais le tient. Répond moi franchement.

-Non…Je ne veux pas. Dit-elle d'un petit air implorant qui fut récompensé d'un petit sourire de son père. Il se retourna vers Louis sans quitter son sourire.

-Alors ce sera non. »

Louis resta un instant interdit avant de leur faire signe de partir mais, après un petit temps à regarder la table, il haussa la voix.

« Non, Philippe, reste. »

Le brun regarda son frère avant de pousser sa fille et de lui demander de rejoindre les autres, ce qu'elle fit sans rien demander de plus.

« Oui, qu'y a t il mon frère ? »

Louis se tourna vers Philippe, puis sourit à son frère de manière contrite et vexé.

« Rien. Tu viens tout juste de gâcher une entreprise diplomatique. J'espère que tu es fier de toi, mon frère. Dit-il tout en se tripotant les bagues.

-Tu as essayé de lui imposer un mariage !

-Je ne lui ai rien imposé du tout. Maintenant, c'est fait. Il souffla puis, résigné, reprit d'un ton plus calme. De toute façon, je m'en doutais, je m'y suis préparé. Il regarda Philippe puis redevint d'un coup fraternel, rendant l'autre suspicieux. Tu es près pour la guerre ? Tu pars bientôt. »

Louis s'assit sur le coin du bureau, se triturant les bagues, regardant son frère qui fronçait les sourcils, suspicieux. D'accord, son cadet se doutait de quelque chose, peut-être se connaissaient-ils mieux qu'il ne le pensait. Sans quitter son regard, Philippe s'approcha en deux pas et se posa face à lui.

« Oui, il faut juste que je regroupe mes affaires.

-Bien. Tu pars…

-Je crois que je ne vais pas partir. Dit Philippe, d'un coup, rapidement, bloquant Louis qui perdit son sourire, se mettant à rire nerveusement.

-Pardon ?!

-Je n'ai pas confiance en toi, tu as encore prévu quelque chose. Je te connais, eh oui… Si tu ne t'es pas encore énervé, c'est que tu as un plan de secours. Au cas où, je préfère rester près d'elle. De plus, je n'ai pas confiance en ces vautours qui tournent autour d'elle. Je préfère rester à ses côtés.

-Voyons Philippe, tu n'es pas sérieux. Il le pointa du doigt, parlant sérieusement. Tu vas partir et ta fille sera mise sous la surveillance d'une personne de mon choix. Cette personne a été contactée après la mort de ses parents et donc, l'obtention de son héritage. Il arrivera demain, dans la matinée, soit, après ton dépars, qui, je te le rappel au cas où tu l'aurais oublié, se fait ce soir. »

Philippe se tut, le regardant comme s'il ne le connaissait pas. Alors son frère avait tout prévu et au vu de sa tête royale, il serait impossible de le faire changer d'avis. Philippe crispa mâchoire et poing puis parla d'une voix banche.

« Tu es vraiment près à tout pour avoir ce que tu veux hein…

-Calme toi Philippe. Je ne vais pas marier ta fille ni même la fiancée pendant que tu seras partit. Rit Louis, se détendant et cherchant à faire de même pour son frère.

-Tu y es presque pourtant…

-Allez, calme-toi. Je veux juste que le jeune homme la surveille. En plus, je connaissais ses parents. Et peut-être toi aussi d'ailleurs. La famille de Strasbourg ne te dit rien ? »

Philippe fit une moue ironique, tout en répondant que non, il ne savait pas, ce qui fit sourire Louis. Son frère et ses mimiques.

« Bien, je n'aurais pas de vrai réponse alors. Eh bien, il se trouve que le fils de monsieur de Strasbourg est le seul héritier de celui-ci à l'âge de seize ans. »

Le brun se statufia et écarquilla les yeux.

« Deux ans de plus que Marie-Louise ?! Avoue ton but, tout de suite.

-Je t'assure, je veux simplement qu'il la surveille. C'est tout. Rit nerveusement Louis, ne quittant pas son sourire. Allez mon frère. Va réfléchir à tout ça dans tes appartements et va préparer tes affaires. Tu verras, c'est un garçon très bien. »

Louis amena son petit frère jusqu'à la porte puis la referma derrière lui. Il souffla puis sourit. Les prochains jours s'annonçaient amusants.

OoOoOoO

Fermant une bonne fois pour toute sa malle, Elliot se redressa en soufflant. Un sourire fier sur le visage, il ordonna à la faire descendre par une femme de chambre qui partit à sa suite jusqu'à la calèche. Il vérifia que tout ses bagages soient présents, et avec un air satisfait, il dit au cocher d'attendre encore un petit instant, flattant les chevaux isabelle au passage. Il entra dans sa bâtisse blanche, gagnant le grand salon en remettant son manteau correctement, il remarqua sa fratrie qui l'attendait. Il les observa un instant puis leur sourit, embrassant ses trois frères une dernière fois avant un bon bout de temps. Une fois les au revoir faits et les moqueries habituelles vécues, il dit au revoir aux deux ainés, puis se fit suivre à l'extérieur par le troisième. Celui-ci, plus inquiet, lui demanda encore une fois s'il était sûre de vouloir partir. Elliot tenta de le rassurer, lui disant que tout ce se passerait bien, et que de toutes manières qu'il soit, il n'avait pas le choix. Ils se dirent au revoir encore une fois, puis le plus jeune entra dans la calèche qui partit une fois l'autorisation donnée.

Par la vitre, il vit s'éloigner la maison de son enfance. Une grande bâtisse en pierres blanches, model d'une architecture nouvelle et baroque de cette époque. Dominant tout les arbres autour, ce petit château lui parut bien moins imposant une fois la forêt passée. Il devint mélancolique puis se reprit, recoiffant rapidement ses cheveux châtain clairs. Il sortit une lettre de sa poche grise brodée, la lisant de ses yeux marrons. Le roi l'attendait pour une mission. Son torse se gonfla de fierté, avant de s'abaisser de stress. Il espérait pouvoir la mener à bien et pouvoir se fondre dans la foule. Lui qui était si timide, ça allait être dur. Puis, il regarda en arrière. Il n'était jamais allé aussi loin de chez lui seul. Non, ce n'était pas le moment de s'inquiéter. Il se repositionna, droit, fixant le paysage face à lui à travers la fenêtre. Ça se passerait bien. Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Pas vrai ?

Note de l'auteure : Et voilà ! Alors, qu'est ce que vous en avez pensé ? Ce chapitre me trottait depuis un petit moment dans la tête. Bon, eh bien, je suis fière d'avoir tout pu condenser en un chapitre. J'espère que ça ne va pas trop vite pour vous. Bon, sinon la suite n'arrivera pas tout de suite vu que j'ai une petite histoire à propos de Fabien et Claudine dans la tête et je dois encore écrire un nouveau chapitre de Maastricht. Trop de choses. De plus, comme je suis en Terminale et que j'ai d'autres projets un peu plus personnel, je ne pourrais pas toujours apporter un chapitre. Enfin, peut-être pas aussi souvent qu'avant. Bon, eh bien je vous laisse. Si ça vous intéresse, le chapitre cinq de Maastricht est sortit. Je vous laisse et vous fait plein de gros bisous !

Big bisous à tous et à toutes mes lapins du Népal qui boivent du thé chinois dans un restaurant japonais !